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Slowdive
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A Deeper Heaven

Future fear (Ep)

Écrit par

A Deeper Heaven, c’est le projet de Marc Wheeler. Auteur, compositeur, interprète et multi-instrumentiste, il est originaire de Salt Lake City, dans l’Utah.

« Future Fear » constitue son second Ep deux titres. Il fait suite à « Don’t say » et « Fire », parus l’an dernier.

L’artiste adore autant la vague des eighties (Echo & The Bunnymen, New Order, The Cure, Suede, The Smiths), que le shoegaze, aussi bien des nineties (Ride, Adorable, Catherine Wheel, Slowdive, etc.) que contemporain (Wild Nothing, Beach Fossils, DIIV, Film School, The Haunted Youth, etc.)

Et c’est en puisant le suc de ces références qu’il crée une musique douce-amère, susceptible de vous entraîner au cœur d’un univers empreint de nostalgie…

« Future fear » est en écoute ici

Podcast # 34 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Van Houten

The tallest room

Écrit par

« The Tallest Room » constitue le second long playing de Van Houten. Il fait suite à un éponyme paru en 2019.

Faite de hauts et de bas, l’aventure du combo compte quand même, déjà, sept années d’existence.

Fusionnant lo-fi, shoegaze et rock garage, la musique du sextet est fortement imprégnée des nineties. Paradoxalement mélancolique et optimiste, elle libère une énergie intense.

À propos de l’elpee, Van Houten déclare : ‘Cet album est le premier véritable jalon de notre parcours musical. Pour nous, il représente un nouveau départ en tant que groupe et pour moi personnellement. Au cours des deux dernières années, pendant que nous écrivions, j'ai vécu des changements importants dans ma vie qui ont vraiment changé ma vision des choses et ils se reflètent naturellement dans notre musique...’

Extrait de cet LP, « Note to self » est en écoute

Podcast # 34 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Spindrift

Roving

Écrit par

Spindrift est originaire de Santa Maria en Californie. Intitulé « Rove », son premier elpee navigue quelque part entre grunge et shoegaze. La formation avoue même être fan de Smashing Pumpkins

Par définition, Spindrift est la brume qui s'échappe d'une vague, mais cet opus semble issu de la plume d’un compositeur qui a l'impression de se noyer dans l'anxiété.

Extrait de « Tweelve years », le titre maître est en écoute

Podcast # 34 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Superfan

Twilight Living (single)

Écrit par

Originaire de Los Angeles, le chanteur, auteur-compositeur, multi-instrumentiste et producteur en herbe Kali Flangan - il était âgé de 17 ans quand il a sorti son premier Ep, « Circles » en 2021 - a choisi pour pseudo Superfan.

Son premier elpee, « Tow truck Jesus », paraîtra ce 28 juin. Et l’artiste y joue de tous les instruments.

Pour l’enregistrer, il a quand même reçu le concours du producteur Gabriel Wax. Quant aux thèmes développés, ils traitent du désir, de la dysphorie ainsi que de l'acceptation et de la découverte de soi.

Quelque part entre alt rock et psychédélisme, il faut reconnaître que sa musique tient la route. Jugez plutôt ce « Twilight Living », proposé sous forme de clip,

Podcast # 34 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Joe BeL

Entre bossa nova, country, americana, rock, ladino, psychédélisme et chanson française...

Écrit par

On se dit que la voix est un vrai miroir de l’âme. Aussi y a-t-il de la mélancolie et du soleil, de l’assurance et de la douceur dans celle de la songwriteuse Joe Bel. Ce dimanche 19 mai 2024, la Lyonnaise vient défendre et son nouvel opus, à la Rotonde du Botanique.

Née d’une famille cosmopolite, Joe Bel grandit à travers ses expériences de voyages. A ce goût de la découverte se mêle celui de la musique qu’elle explore dès l’enfance : il y a un piano à la maison, les vinyles de Paul Mc McCartney, George Harrison, Otis Redding, ainsi que les chants traditionnels judéo-espagnols chers à sa famille, qui tournent en boucle. Instinctive et autodidacte, Joe fait ses tous premiers pas sur scène seule à la guitare en 2012 dans la ville natale : Lyon. C’est Asaf Avidan qui découvre son soul folk envoûtant et lui offre toutes les premières parties de sa tournée européenne, jusqu’à l’Olympia de Paris ! Depuis, elle a fait du chemin, et son dernier elpee –son second– « Family Tree » (arbre généalogique), est paru en mars dernier.

La petite salle à l’acoustique exceptionnelle est blindée. Et c’est Anwar qui assure le supporting act. Originaire de Forest, ce globe-trotteur atypique est un auteur-compositeur qui s’est construit à travers ses voyages, racontant ses histoires de tous les jours et celles de gens qu’il rencontre sur sa route. Sa musique navigue quelque part entre pop, folk, reggae et blues. A son actif, un album paru cette année, baptisé « Lights », au sein duquel il va puiser généreusement pour alimenter la setlist de ce concert, et un single, intitulé « Follow Me (Jamy Ben Rework) ».

Très chaleureux, Awar va dispenser un récital cool, cosy et de bonne facture, tout au long duquel la foule va se montrer attentive (voir sa page ‘Artistes’ ici).

Place ensuite à Joe Bel. Elle est vêtue d’un pantalon et d’une veste de couleur noire. Mais on la reconnaît surtout à sa chevelure rousse et à ses yeux marrons qui brillent sous les feux des projecteurs. 

Outre le micro, elle se consacre à la gratte semi-acoustique. Elle est accompagnée par un sixcordiste (excellent, par ailleurs) un bassiste (à la technique irréprochable) et son fidèle drummer (il est présent à ses côtés, sur les planches, depuis ses débuts).

Elle va nous proposer de larges extraits de son dernier long playing, dont les titres sont plutôt mélancoliques, mais également des compositions plus anciennes comme « In The Morning », « No, no » ou encore « Hit The Roads ». Le répertoire est varié et interprété, en général, dans la langue de Shakespeare. Dans celle de Molière, elle nous réserve, notamment, cette jolie ode à « Montréal » où Joe a enregistré et vécu un certain temps.

L’expression sonore s’autorise des incursions dans la bossa nova, la country et l'americana, mais également dans le rock, à l’instar de « What Lullaby », et dans le psychédélisme, lorsque le guitariste et le bassiste se mettent à torturer leurs cordes. Les clappements de mains des spectateurs battent la mesure tout au long de ce morceau, mais également de « In the morning. Elle n’oublie pas « Morenika » qu’elle chante en Ladino (NDR : un dérivé de vieil espagnol parlé au Moyen Age par ses ancêtres, parfois encore utilisé dans certains pays méditerranéens et couramment parlé par ses parents et ses grands-parents), tout en rendant hommage à ses racines latines.  

Joe déclare être ravie de revenir dans un des plus belles salles de la capitale bruxelloise. Elle nous parle que son plus grand fils, âgé de 12 ans, qui découvre les chansons signées par sa maman et notamment « No, no » qu’elle a écrit lorsqu’elle osait dire non à tout. Elle signale alors qu’il est difficile de fournir des explications à un gamin de 12 ans et qu’il comprendra un peu plus tard …

L’auditoire et l’artiste sont d’ailleurs très complices. Très agréables à découvrir, les morceaux sont caressés par son timbre de voix feutré.

Le drummer troque ses fûts contre un xylophone. C’est inattendu et la situation provoque l’hilarité dans l’hémicycle. En outre, la Grenobloise sort régulièrement de petites vannes afin d’entretenir l’interactivité

Au beau milieu d’une chanson, une dame s’écroule. Joe s’arrête de chanter et s’enquiert immédiatement de cette spectatrice et lui demande si elle a besoin d’eau ou d’autre chose. Joe s’excuse presque devant le public. Elle est vraiment bienveillante. A trois reprises, elle abandonne sa guitare pour s’installer derrière les ivoires. Et franchement, elle est aussi douée sur cet instrument que sur sa guitare.

Lors du rappel, Anwar la rejoint, pour exécuter un morceau en acoustique, à la sèche. Vivement le prochain concert annoncé pour cet automne !

(Organisation Botanique)

 

 

Thot

A la rencontre du Mystère des voix bulgares…

 Il existe des groupes inclassables. On les appelle ‘crossover’ et ce mot ne se réfère pas à un modèle de voiture. On pense ici à Nine Inch Nails, Radiohead, Dead Can Dance, etc. Thot, le projet fondé en 2005 par le Franco-bruxellois Grégoire Fray, appartient à cette ‘non-catégorie’. Tout au long de ses 3 elpees et 4 Eps, la formation, dont le patronyme a été emprunté à un personnage du dessin animé ‘Les Mondes engloutis’ ainsi qu’au dieu égyptien du même nom (‘Thoth’), a évolué d'un style post-indus / post-metal très brut vers un post-rock plus sophistiqué. Ce 10 mai 2024, Thot a publié son 4e album. Baptisé “Delta”, il s’agit clairement de la production la plus ambitieuse et la plus aboutie du combo. Un signe qui ne trompe pas, Grégoire Fray est parvenu à convaincre le Mystère des voix bulgares de participer aux sessions. Le collectif est d’ailleurs présent sur plusieurs pistes. Musiczine a rencontré Grégoire Fray et Michael Thiel.

Commençons par préciser les rôles. Grégoire, tu es le fondateur de Thot ?

Grégoire Fray : Oui. Je me charge de l'écriture des morceaux, des paroles, de la guitare, des claviers, de la programmation et de la production. J'assume aussi la direction artistique pour les créations visuelles, et entre autres pour le design des pochettes. Je ne réalise pas les pochettes, mais j'apporte les idées. Tout comme pour les clips vidéo.

Et toi, Michael, tu te consacres aux percussions ?

Michael Thiel : Effectivement. Les percussions depuis fin 2018 et je m'occupe aussi du volet visuel, notamment des vidéos. Ainsi que de certains aspects graphiques comme les artworks.

Votre nouvel opus s’intitule “Delta”. Comment évaluez-vous l'évolution par rapport aux précédents ?

GF : Le titre a été pensé comme l'image de cette évolution. Un delta, c'est un triangle. Chaque facette représente un des trois albums précédents. D'un point de vue musical et artistique, “Delta”, c'est donc la somme quantique des trois précédents. C'est aussi l’embouchure d'une rivière qui se jette dans la mer. Il se reporte un peu à l'album précédent dénommé “Fleuve”. L'évolution a également été humaine puisque le line up a changé au gré des sorties. Et, en toute logique, notre progression musicale a été nourrie par les personnes actives au sein du projet.

Faisons le point sur les membres du groupe.

MT : Alors, outre Grégoire et moi, Stéphane Fedele se réserve la basse, Lukas Melville la batterie et Anaïs Elba les claviers. Lukas et Stéphane participent aussi aux arrangements.

Juliette est également de la partie.

GF : Juliette Mauduit, active au sein du groupe entre 2018 et 2020, a participé aux sessions. Au moment de la crise du Covid, elle a changé de vie et est retournée vivre en France. Elle n’est plus membre de la formation, malheureusement. Mais, avant de partir, elle avait conduit le projet “Delta” jusqu’au bout, tant au niveau de l'écriture que pour les enregistrements. Et elle sera présente au Botanique le 13 juin, lors du concert.

“Sleep Oddity” est ma compo préférée. La chanteuse Lenka Dusilová y est créditée. Qui est-ce ?

GF : Lenka Dusilová est une musicienne tchèque très connue et reconnue dans son pays. Elle joue de la musique depuis plus de 20 ans et a décroché de nombreuses récompenses en République tchèque. Je l'ai découverte en 2022. Je séjournais à Prague et un de mes amis, Tomasz, était son manager. C'est lui qui m'a invité à écouter son album précédent, “Řeka”, un mot qui signifie “rivière”.

Tiens, le monde est petit…

GF : Oui ! Je suis tombé immédiatement amoureux de sa musique et de sa voix. Et, au moment de finaliser “Sleep Oddity”, on a eu l'idée de l'inviter à participer à la chanson.

J'aime particulièrement ce titre parce qu'il affiche un petit côté ‘prog’, surtout à partir du milieu du morceau... Et ce que j'aime aussi, c'est la mélodie de base. A mon avis, c'est la plus belle mélodie composée par Thot depuis les débuts.

GF : Merci ! En fait, la première version de ce titre est parue à l'origine sur l'Ep “Méandres”, en 2022. C'est une ancienne composition que j'ai écrite en formule guitare-voix, fin 2019. J'ai très vite eu envie de la faire chanter par Juliette. Donc, on a réalisé cette version sur “Méandres”. Et puis, quand est arrivé le moment de réaliser les nouveaux enregistrements pour “Delta”, les arrangements ne correspondaient plus à la voix de Juliette. C'est alors qu'on a conclu qu’il était nécessaire qu’une autre voix intervienne. Donc, j'ai contacté Lenka Dusilová et je lui ai donné carte blanche. Elle a repris les choses à sa manière, en ajoutant ses propres idées et je suis très, très content, du résultat.

J'aime beaucoup. C'est superbe !

GF : Après, pour le côté prog, je n'y connais rien, donc je ne peux pas juger (rires).

Bien sûr, c'est un avis subjectif. Le problème de Thot, c'est que votre musique est impossible à classifier. C'est de la musique ‘crossover’. A l'instar de Nine Inch Nails ou Radiohead. Impossible de lui coller une étiquette. On peut avancer des références plus ou moins pertinentes mais pour définir le style de Thot, on en est réduit à devoir combiner des termes comme post / prog / metal / noise / power, etc.

MT : Perso, je dirai tout simplement ‘post-indus’. Le terme ‘post-‘ est maintenant connu, grâce au ‘post-rock’...

Le Mystère des voix bulgares a collaboré aux sessions d’enregistrement. Comment une telle coopération a-t-elle pu se réaliser ?

GF : Je suis fan du Mystère des voix bulgares depuis longtemps. J'ai toujours été intrigué, fasciné, par cette musique, par ces voix, par ces chœurs. Il s'avère que leur musique est présente dans la discographie de Thot depuis longtemps et ce, par le biais de samples.

Sur quels morceaux, par exemple ?

GF : Sur “Icauna”, “Odra”, “Rhein”, “Samara” et “Rhône”.

MT : Et aussi sur “Bosphore” ?

GF : Oui, sur “Bosphore”, également. Et donc, en 2018, j’assiste au concert du Mystère des voix bulgares et de Lisa Gerrard, à l'Ancienne Belgique.

J'y étais également.

GF : Je suis ressorti de ce concert totalement subjugué. J'ai contacté la manageuse du groupe via Instagram et je l’ai invitée à découvrir Thot. Et, plus tard, pendant la conception de “Delta”, je me suis décidé à tenter le coup. Donc, j'ai recontacté cette personne, Boyana Bounkova. J'ai exposé un peu mes envies, mes idées et tout ça. Et puis, après plusieurs échanges de mails, j'ai proposé des idées concrètes. Juliette et moi avons écrit des textes et concrétisé des idées mélodiques. On a travaillé en compagnie d’une amie bulgare, qui nous a aidés à rédiger des paroles dans cette langue, basées sur des contes. Et on a proposé l’ensemble à Boyana, qui en a parlé aux chanteuses. Et la réponse a été affirmative ! Je me souviens du moment où je l’ai reçue. J'en ai presque pleuré.

Bingo ! Et vous êtes allés en Bulgarie ?

GF : On ne voulait pas effectuer ce défi à distance. On voulait y aller. On voulait vivre le truc. Juliette aussi. Michael aussi. On a donc attendu que les règles Covid soient allégées, et on est partis en Bulgarie. On a bossé avec six chanteuses du collectif parce qu’en inviter vingt n'était pas réalisable, ne fût-ce que d'un point de vue financier. On a passé une journée en studio pour enregistrer les morceaux. Et en plus, une version acoustique de “Hüzün”.

“Hüzün” constitue, à mon avis, le ‘magnum opus’ de l’œuvre, le titre le plus ambitieux.

GF : Oui, également au niveau visuel. On a tourné un clip en Bulgarie.

Oui, un clip que j'aime particulièrement, surtout grâce aux références chamaniques.

GF : Tu évoques sans doute le rituel montré dans le clip ? Il s'agit des ‘Kukeri’. Cette tradition existe dans de nombreux pays. On peut la comparer au Carnaval. Les gens se couvrent de peaux de bête, pour chasser les mauvais esprits et annoncer l'arrivée du printemps. Quand on a préparé le voyage en Bulgarie, j’avais l’intention d’en profiter pour tourner un clip. Et “Hüzün”, c'était le morceau idéal pour y parvenir, car la chanson évoque un long voyage. C'est une composition très personnelle pour Juliette, car c'est elle qui a écrit le texte. Elle a directement eu un coup de cœur. On a donc modelé la compo autour de ses idées, et c'est devenu ce que c'est aujourd'hui. Et le chœur des Voix Bulgares occupe une position centrale, au milieu de la chanson. Pour le clip, j'ai passé beaucoup de temps sur internet à chercher des lieux où tourner. Donc, on a vraiment préparé, un peu improvisé, en fonction de ce qu'on voyait, de ce qu'on trouvait, de la météo… favorable, car on a pu bénéficier d’un très beau temps.

Comment avez-vous pu filmer les ‘Kukeri’ ?

GF : Quelques semaines avant le voyage, j’ai découvert, par hasard, des photos des ‘Kukeri’ dans National Geographic bulgare. Des clichés réalisés par un photographe bulgare, Ivo Danchev. Tout s'est organisé dans ma tête. Comme les textes d'“Hüzün” proposent une espèce de rituel intérieur, décrivant ce que Juliette a vécu ; j’en ai déduit qu’il fallait que l'on fasse intervenir les ‘Kukeri’. Ils allaient donner vie à ce passage, au milieu de la compo, où il se produit une sorte d'élévation. Leur présence visuelle allait renforcer cette impression. Donc, j’ai contacté le photographe, Ivo.

Celui du National Geographic ?

GF : Oui ! Je l'ai contacté sur Instagram. Il connaissait les ‘Kukeri’ mais il a fallu dénicher des candidats prêts à assurer une telle représentation en plein été, parce que, normalement, c'est un rituel qui se déroule à la fin de l'hiver. On avait besoin de costumes, parce qu'après les rituels, généralement, ils les démontent. Finalement, tout s'est mis en place presque miraculeusement et on a pu tourner la séquence des ‘Kukeri’ au même endroit que sur la couverture du National Geographic. On a passé quelques heures en fin de journée devant un coucher de soleil à tourner ces scènes du rituel autour du personnage de Juliette.

Et donc, Michael, au niveau des vidéos, comment as-tu abordé le travail de mise en forme, le travail visuel ?

MT : Je me suis efforcé de traduire visuellement les idées de Grégoire. C'est lui a écrit le script du clip et scénarisé ce périple bulgare. Pour moi, c'était surtout un travail de cadrage et de montage. J'ai essayé de définir et d'appliquer de manière cohérente un concept visuel propre à cet album. Pour l’étalonnage, les clips baignent toujours au sein d’une ambiance très sombre. Il y a un côté très bleu nuit, ‘dark blue’, mais également une pointe de flamboyance. Suivant les couleurs ou la lumière utilisée. Ou tout simplement selon le jeu des personnages ou les effets.

Il est intéressant de retrouver cette dualité, que je qualifierais d'alchimique. On part d'une ambiance très 'dark', mais on assiste à un mouvement qui se dirige vers quelque chose de lumineux, comme si c'était un voyage initiatique. On rencontre ce phénomène au sein d’énormément de projets artistiques depuis cinq ou six ans. C'est vraiment une tendance lourde, dans ce milieu.

MT : Je pense aussi personnellement que les groupes qui ne s’enfoncent que dans le 'dark' commencent tout doucement à m'ennuyer. Il faut qu'il y ait un truc en plus. Sinon, cette démarche devient trop répétitive et finit par lasser.

Elle devrait correspondre à un processus de maturation, d'éveil, un peu comme un passage de l'adolescence, de la destruction à un moment où on construit quelque chose.

MT : C'est aussi ça qui fait la force de Thot. Comme tu le disais, il est difficile de mettre le projet dans une case et c'est ce qui en fait sa beauté.

Quid de la pochette et de l’artwork ?

MT : L'artwork a été 'commis' par David Crunelle, un artiste collagiste bruxellois. Il est très minutieux, voire obsessionnel. Il réalise des œuvres de grande taille, créées à partir de tout petits éléments. Et dans cet artwork, une composante graphique a acquis un rôle central car on l'a utilisée pour la décliner en cartes dans les clips vidéo. On s’en est servi un peu comme une rose des vents. Cet aspect cartographique peut aussi ramener à une forme de chamanisme, d'alchimie. C'est une combinaison entre des éléments numériques et des collages, qui permettent d'introduire une dimension plus organique.

En parlant d'organique, on pourrait se référer au monde végétal, qui est omniprésent chez Thot. Un côté tellurique...

GF : C'est intéressant d’entendre le terme ‘tellurique’, parce lors d’une interview, accordée il y a quelques jours, on m'a signalé que Thot avait quelque chose de ‘minéral’…

C'est quasi un synonyme.

GF : Mais ce que j'ai vu dans les artworks de David Crunelle, c'est quelque chose de plus céleste, de stellaire. Pendant l’écriture de “Delta”, j'ai lu énormément de livres qui traitaient d'astrophysique, de la question du temps et de l'espace, etc. Et quand j'ai vu les œuvres de David Crunelle, j’ai compris qu’il s’agissait de l'univers qui se déploie. Dans ses couleurs et ses formes.

Et, en même temps, il existe un rapport quantique entre l'infiniment grand et l'infiniment petit…

GF : Oui, voilà. Effectivement.

Quels sont vos nouveaux projets ? Une tournée est-elle en voie de concrétisation ?

GF : La release party de l'album se déroulera le 13 juin, au Botanique. Sinon, on se produit le 1ᵉʳ juin au Salon à Silly. Et puis, on est programmé aux festivals ArcTanGent à Bristol le 17 août, puis au festival de Pelagic Records...

… Qui est votre label ?

GF : Oui, qui est notre label. Donc ce sera à Maastricht, le 24 août. Et on attend la confirmation pour d'autres dates.

Pour terminer, je vous ai demandé de sélectionner deux ou trois morceaux qui n’appartiennent pas à la discographie de Thot.

GF : Le premier choisi, c'est évidemment un morceau du Mystère des voix bulgares qui s'intitule “Mome Malenko”. C'est la première plage de leur dernier album, “BooCheeMish”, auquel Lisa Gerrard, de Dead Can Dance, a participé. Et comme deuxième titre, “Justice” du groupe RIVE, un groupe belge que j'apprécie beaucoup. J'aime beaucoup les textes de Juliette, qui n'est pas notre Juliette à nous. Ils m'ont beaucoup nourri lorsque je me suis mis à écrire des textes en français.

En effet, c'est la première fois que tu écris des paroles en français.

GF : J'avais rédigé quelques lignes en français sur “Rhône”, un morceau qui figure sur l'album “Fleuve”. Le français est présent sur de nombreux titres, tout au long de “Delta”, en symbiose avec l'anglais.

Et enfin, la sélection de Michael.

MT : J’ai choisi “Ungod” de la formation Stabbing Westward. C’est le titre éponyme. C'est une fresque sonore, 'indus', sombre, ‘électronisante’ qui, je pense, est assez proche de la musique de Thot, en tout cas dans l'idée du voyage...

GF : C'est marrant que tu choisisses ce morceau et ce groupe. C'est une référence qui est souvent mentionnée dans les chroniques des albums de Thot.

Merci !

GF : Merci à toi, Phil.

Pour écouter et commander “Delta”, c'est ici

Pour voir et écouter les dernières vidéos de Thot

-  “Céphéide” https://www.youtube.com/watch?v=X-zxsYaWyH8

-  “Hüzün” https://www.youtube.com/watch?v=xNZQNKp4G5w

-  “Supercluster” https://www.youtube.com/watch?v=b-b9Q3TZHLk

Do Not Machine

Celebration of the end

Écrit par

Formation angevine, Do Not Machine a sorti son deuxième opus, ce 2 février 2024.

Quelque part entre grunge et post rock bien british, sa musique baigne au sein d’une atmosphère lourde, puissante et caustique, chargée de fuzz d’où émerge la voix de de Ben, tantôt harmonieuse, tantôt énervée mais jamais hurlée. Mais le groupe a le bon goût de soigner les mélodies.

Une atmosphère lourde, saturée laissant la place à la voix de Ben tantôt harmonieuse, tantôt énervée mais jamais hurlée.

Extrait de « Ceberation of the end » « Nineteen something «  est disponible sous forme de clip

Podcast # 33 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Adiós Cometa

FDA94 (single)

Écrit par

Issu de San José, au Costa Rica, Adiós Cometa est un quatuor dont la musique, fruit d’un cocktail entre shoegaze, dream-pop et post-punk, se distingue par ses sonorités mélodieuses introspectives et mélancoliques.

Fondé en 2019, il n’a, pour l’instant, gravé que des singles, une cassette et un Ep. Il prépare l’enregistrement d’un premier elpee.

Son dernier single, « FDA94 » est en écoute ici

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Lord Buffalo

Holus Bolus (single)

Écrit par

Issu d’Austin, Lord Buffalo barbote dans les mêmes eaux troubles que Wovenhand. Son psyché/folk crépusculaire voire gothique véhicule une poésie lyrique obsédante et méditative. Son nouvel album, « Holus Bolus » (qui signifie "tout à la fois" ou "tout d’un bloc") paraîtra ce 12 juillet 2024. Et sur le label Blues Funeral. Difficile de faire plus dark !

Bien que fondé en 2010, « Holus Bolus » ne constituera que son troisième long playing. En attendant cette sortie, il nous propose son single. Le titre maître ! Et sous forme de vidéo ici

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Wine Pride

12 : 01 AM (single)

Écrit par

Originaire de Caroline du Nord, Wine Pride est responsable d’une musique puissante, chargée d’émotion et empreinte de nostalgie.

Après avoir sorti un premier album (un éponyme) en 2023, et un second, « Crafting pride », ce 23 mai 2023, il nous propose son tout nouveau single, « 12 : 01 AM ».

Des lignes de guitare acérées s’imbriquent dans celles de la basse mélodique et aux roulements de drums pour créer une progression musicale rythmique, tandis que la voix d'Aaron Felger se pose doucement au-dessus des harmonies tourbillonnantes.

Tout au long de ce morceau on est plongé au cœur d’un univers, brumeux, agité, malsain et incertain, comme l'explique Aaron :

‘La personne qui raconte l'histoire s'efforce de comprendre si son désir de faire la fête est alimenté par sa soif de vivre ou par sa dépendance. « 12:01 AM » symbolise la première minute d'une nouvelle journée et toutes les possibilités de changement qui l'accompagnent. Vous pouvez l'apprécier en passant du temps avec vos amis ou redouter ce qui vous attend…’

La compo est disponible sous forme de vidéo,

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