Duo féminin formé par Angel (Angelique Le Poulichet) et Caro (Caroline Gabard), Kojin Nikki a gravé son premier opus, le 17 mars 2022. Un éponyme. Ces deux femmes, ces deux âmes, ces deux voix étaient destinées à se rencontrer, à se mélanger pour révéler…

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« Exister », c’est le titre du nouvel opus de The Soft Moon, qui paraîtra ce 23 septembre 2022. ‘Le but de cet album était de partager toutes mes émotions’, déclare Luis Vasquez, l’homme derrière The Soft Moon. ’Il n’y a pas deux chansons identiques. Il…

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Miles Kane

Un final qui a fait la différence…

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Miles Kane se produisait à l’Aéronef de Lille ce vendredi 22 avril. Il y a bien moins de monde que pour Fontaines DC. Le balcon a été condamné, mais la fosse est quand même bien garnie. Le natif de Birkenhead est venu défendre son dernier et quatrième elpee, « Change the show », paru le 21 janvier dernier. Pas vraiment transcendant, à l’instar du précédent, « Coup de grace », paru en 2018. Mais c’est sur les planches, que le Britannique se transcende…

Le supporting act a presque terminé son show, lorsque nous débarquons dans la salle. Ce qui permettra quand même d’assister aux trois derniers morceaux du concert d’Oracle Sisters. Le trio a été formé par deux amis de longue date : Lewis Lazar (NDR : il est également peintre) et Christopher Willatt. Respectivement Danois et Irlandais du Nord, ils ont grandi ensemble à Bruxelles, écrivant et jouant de la musique. Ils ont déménagé séparément à New York et à Edimbourg et se sont retrouvés à Paris où ils ont commencé à travailler sur de nouvelles chansons. Le line up implique également Julia Johansen, une Finlandaise de grande taille, vêtue d’une minirobe plutôt sexy, mais laissant apparaître de longues jambes qui n’en finissent pas (NDR : en référence à une pub pour des collants, diffusée au cours des seventies). Et elle se consacre à la basse et aux claviers. Le trio pratique une forme de folk/pop teintée de rock et de psychédélisme. Falsettos, les harmonies vocales sont superbes et susceptibles de rappeler celles de Tahiti 80. Les deux autres musicos se partagent les grattes (acoustique pour l’un, électrique pour l’autre) et se révèlent plutôt doués. On n’en dira pas plus, mais ce groupe est manifestement à revoir…

Miles Kane débarque sur les planches. S’il se consacre le plus souvent à la guitare, il est soutenu par un autre soliste, un bassiste, un claviériste et un drummer. Le set s’ouvre par les très énergiques « Don’t let it get you down » et « Rearrange » que la foule reprend déjà en chœur. Le light show privilégie la couleur rouge, en référence à la teinte du dernier elpee (pochette, support, clip vidéo, …) La voix de Mike rappelle parfois celle de Marc Bolan ; et c’est flagrant sur les titres les plus glam comme « Cry on my guitar » et « Change the show ». Mais à partir du quatrième morceau, le concert vire au r&b bien british, soit dans l’esprit de The Style Council, les sonorités rognées de l’orgue accentuant cette impression. Une période entrecoupée du funk blanc « Coup de grace » (Gang of Four ? A certain Ratio ?), moment choisi par le claviériste pour marteler ‘tribalement’ deux toms que sont venus lui installer provisoirement un roadie. On a même droit à une ballade mid tempo au cours de laquelle Miles a abandonné sa gratte et puis à un « Tell me what you’re feeling » réminiscent du Spencer Davies Group. Le show va vraiment prendre son envol à partir de « Aviation », une compo de son side project The Last Shadow Puppets. Miles Kane nous réservera d’ailleurs encore un titre de ce band, « Standing next to me ». Le claviériste troque ses ivoires pour un saxophone, tout au long de « Never get tired of dancing », moment au cours duquel il rejoint le front de scène. Les cordes de Kane rugissent tout au long de l’excellent « Inhaler ». C’est vraiment un frontman. Il se cabre en arrière tout en pliant les genoux. Il harangue la foule qui réagit au quart de tour. Mais lorgne carrément vers la britpop (Richard Ashcroft ?) sur « Loaded ». A l’issue de l’hymnique « Don’t forget who you are », le public reprend les ‘la la la’ de la chanson alors que la chanson est terminée. Ce qui incite le band à jouer les prolongations du morceau. Avec une grosse acclamation de l’auditoire, à la clef. Petite pause pour « Colour of the trap », au cours duquel le soliste se consacre à la lap steel guitar, mais ses interventions manquent de relief (NDR : n’est pas Ben Harper qui veut !). La fin du concert s’emballe et redouble d’intensité électrique. « Change the show » est le théâtre d’un duel de grattes. Pendant « Give up », Miles présente ses musiciens qui en profitent pour s’autoriser un petit solo. Puis, lorsque la compo reprend son cours, le drummer se déchaîne. Et il récidive sur « Come closer » dont le public reprend en chœur les ‘Oooh, ooh, oooh, aaah, aaah, aaah’ à la fin du morceau. Ce qui inévitablement permet au combo de refaire le coup de la reprise dans une ambiance de folie. Et puis, le quintet tire sa révérence. Les baffles crachent le « Nutbush City Limits » de Tina Turner et les lumières se rallument. Rideau. Petite anecdote (merci Ludo), tout le long du concert, les musicos d’Oracle Sisters ont dansé, en coulisses… (voir notre section photos )

Setlist 

Don't Let It Get You Down
Rearrange
Cry on My Guitar
Nothing’s Ever Gonna Be Good Enough
Coup de grace
Tears Are Falling
Tell Me What You’re Feeling
Caroline
Blame It on the Summertime
Aviation (The Last Shadow Puppets song)
Never Get Tired of Dancing
Inhaler
See Ya When I See Ya
Loaded
Don't Forget Who You Are
Standing Next to Me (The Last Shadow Puppets song)
Colour of the Trap
Give Up
Change The Show
Come Closer

(Organisation : Aéronef)

Alaska Gold Rush

Human Flare

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Succédant à « Wild Jalopy Of The Mist » (2016) et « Camouflage » (2020), deux albums qui lui a valu de très nombreuses critiques favorables, Alaska Gold Rush s’émancipe encore davantage de ses fondamentaux en gravant un « Human Flare » accompli.

Présents sur la scène rock belge depuis 2014, Renaud Ledru (guitare, chant) et Nicky Collaer (batterie) s’exposent singulièrement tout au long d’un patchwork animé et psyché conjuguant deux talents hors normes.

Enregistrés et mixés à Bruxelles par Gaethan Dehoux (Témé Tan, BRNS), et bien qu’évoluant entre folk et garage, les titres de ce troisième elpee nous plongent au sein d’un univers théâtral, énergique, délirant mais subtil, tout en traçant des lignes mélodiques aérées sur fond de rythmes syncopés. Parfois l’ombre de Kings Of Leon se met quand même à planer.

Minimaliste mais précis, solennel mais sobre, « Human Flare » s’inscrit cependant totalement dans son époque, et peu importe que les compos adoptent un profil léché (« My Hands ») où tonitruant (« Arsonist »).

Bref, une affaire à suivre.

Sparks

Du grand art !

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Le dernier concert accordé par Sparks, en Belgique, remonte au 17 septembre 2019. A cette époque, il était venu défendre son album « Hippopotamus ». Sparks (Trad : étincelles) est considéré comme le duo le plus kitsch de la planète rock. Les frères Russel (75 ans) et Ron (77 ans) Mael ont fondé ce projet en 1968. Le monde les avait découverts en 1974, lors de la sortie du single « This Town Ain't Big Enough For Both Of Us », paru sur l’elpee « Kimono My House ». Le tandem vient de fêter ses 50 ans de carrière

La grande salle de l’AB est en configuration semi-flex, et elle archicomble. Après avoir été un des groupes phares du glam rock, Sparks est passé à la synthpop et la new wave, tout en s'inspirant du disco. Mais il a surtout eu le bon goût d’évoluer au fil des 5 dernières décennies. Sparks est considéré comme une influence majeure pour des groupes comme New Order et Depeche Mode, mais également par des formations et des artistes de rock alternatif tels que Morrissey, Siouxsie and the Banshees et Sonic Youth. Même Björk a reconnu avoir été inspiré par sa musique. Le duo a demandé de porter le masque buccal, afin de ne pas risquer une contamination susceptible d’interrompre sa tournée mondiale.

En 2022, Sparks reste vraiment d’actualité. Non content d’avoir signé un « Best Of » en trois volumes l’année dernière, il a sorti un documentaire (« The Sparks Brothers » par Edgar Wright), un film (« Annette », césarisé à Cannes et mis en scène par Léos Carax) et un nouvel opus, « A Steady Drip, Drip, Drip », précédé par le single « Please Don’t Fuck Up My World ».

Le set débute exactement à 20h15. Et c’est parti pour un show de 120 minutes découpé en 23 titres (NDR : 23, c’est également le nombre de long playings que le duo a gravés).

Derrière les frangins, un claviériste, deux guitariste et un bassiste sont installés sur une estrade qui fait toute la largeur du podium.

Entre chaque chanson, Russel s’exprime dans un français impeccable. Ron se plante à l’extrême-droite de la scène derrière ses claviers. Son look démodé est en total décalage avec celui de tous les autres musiciens, y compris son frère. Vêtements sobres, cheveux gominés, moustache en brosse à dents, pantalon noir trop court aux pattes d’éléphants ; il me fait penser à un personnage du musée Tussauds. Russel a enfilé un pantalon large (genre baggy trousers) et porte un pull de couleur noire.

Le set débute par « So May We Start », un extrait de la bande-son du long métrage « Annette ». Russell sautille sur place tout en chantant. On dirait qu’il est monté sur ressorts. Et il doit être en parfaite forme physique, puisqu’il va régulièrement sautiller tout au long des deux heures de set.

Il y a quelque chose de contagieux et insidieux dans chaque chanson des Sparks. Parce que Ron est un mélodiste hors pair. Et puis parce que ces chansons s'insinuent jusque dans votre âme tout en martelant votre cerveau. Les mesures de « When Do I Get to Sing 'My Way' » et « My Baby's Take Me Home » dansent dans notre tête et entre nos oreilles. Malgré son âge, la voix de Russell est encore très puissante, mais elle est aussi capable d’osciller du grave au falsetto en passant par le baryton d’opéra, avec une facilité déconcertante.

L’expression sonore est aussi susceptible d’emprunter une dimension symphonique, mais mise au service d’une pop originale et flamboyante. Cependant, sous les couches d'humour et d'ironie pointent toujours une émotion sincère.

La setlist inclut les inévitable hits comme « This Town Ain't Big Enough For Both Of Us », « Number One Song In Heaven » ou encore « When Do I Get To Sing My Way », mais aussi des surprises telles que l’échec commercial « Wonder Girl » et bien sûr la reprise du « Johnny Delusional » de Franz Ferdinand.

Avant d’attaquer « Stravinsky’s Only Hit », Russel signale que son frère avait effectué des recherches sur Stravinski avant de composer ce morceau. Outre, « We Love Each Other So Much », second extrait d’« Annette », la setlist nous réserve quelques extraits du génial « Lil’ Beethoven », un LP construit autour de collages de boucles vocales répétées inlassablement et arrangées de façon minimaliste. Le travail effectué sur les voix est phénoménal et chaque morceau recèle le petit détail qui force l’admiration. Pendant « I Married Myself », Russel se regarde dans un miroir vintage. Projetant une lumière éblouissante et chaleureuse sur notre existence, « I Predict » frôle le sublime. L’auditoire est alors aux anges.

Ron est toujours aussi impassible. Parfois il esquisse un demi-sourire pendant quelques secondes. Il se lève quand même pour rejoindre son frère afin de poser une voix de slammer sur « Shopping Mall of Love », avant de retourner derrière ses claviers. Mais c’est l’euphorie dans l’auditoire lorsqu’il se redresse une nouvelle fois, jette son manteau noir sur ses claviers et exécute une danse d’automate désarticulé, avant de revenir, derechef, tranquillement derrière ses ivoires. Le passionnant « The Rhythm Thief », le déferlement électrique provoqué par « My Baby’s Taking Me Home » et en rappel, « Suburban Homeboy », constituent les points d’orgue du concert de Sparks. Parfois, le backing group s’efface afin de laisser la fratrie donner toute la mesure de son talent…

Un vrai régal ! Impérial ! Du grand art ! Un des meilleurs concerts auquel votre serviteur a assisté depuis longtemps. Du grand art !

Setlist : « So May We Start », « Angst in My Pants », « Tips for Teens », « Under the Table With Her », « Get in the Swing », « I Married Myself », « I Predict », «Wonder Girl », « Stravinsky’s Only Hit », « Shopping Mall of Love », «  Johnny Delusional » (FFcover), « We Love Each Other So Much », « Edith Piaf (Said It Better Than Me) », « Lawnmower », « Music That You Can Dance To », « The Rhythm Thief », « Never Turn Your Back on Mother Earth », « When Do I Get to Sing ‘My Way’ », « My Baby's Taking Me Home », « The Number One Song In Heaven », « This Town Ain't Big Enough For Both Of Us ».

Rappel : « Suburban Homeboy », « All That ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

Franz Ferdinand

Comment dépoussiérer des hits…

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Fondé à Glasgow, en 2001, Franz Ferdinand a sorti une compile en mars dernier. Intitulée « Hits to the Head », elle fait suite au dernier album studio, « Always Ascending », son cinquième, qui remonte déjà à 2018. Si vous l’ignoriez encore son patronyme est une référence à l’archiduc autrichien, assassiné à la veille de la première guerre mondiale. Bref, ce soir, le band écossais se produit au Cirque Royal de Bruxelles…

Et il est aux trois-quarts vide pour accueillir, en supporting act, la formation néerlandaise Pip Blom. Il est 20 heures, et il faut croire que le temps estival a incité le public à s’éterniser devant l’entrée ou sur les terrasses aux alentours, qui elles, sont toutes bondées. Des conditions pas évidentes pour une première partie qui doit assurer un set de 30 minutes chrono.

Particulièrement marqué par la musique des 90’s, Pip Blom pratique une forme de rock garage porté par une voix féminine forte et mélodieuse. La prestation ne manque pas d’allure ; et pour preuve, les applaudissements sont nourris, malgré le remue-ménage provoqué par les spectateurs qui investissent progressivement les lieux…

Vers 21h15, les lumières déclinent et un responsable du Cirque Royal annonce l’entrée sur scène imminente des Franz Ferdinand. Les fans de la première heure, qui ont quelque peu décroché, semblent surpris de constater qu’hormis Alex Kapranos et le bassiste d’origine Bod Hardy, le line up a été complètement chamboulé.

Ce sont donc trois nouveaux musicos qui sont venus apporter un vent de fraîcheur au Franz ; ce qui va nous permettre de découvrir quelques titres phares sous des versions contemporaines. Gros bémol, quand même, le drumming est définitivement bien trop en retrait. La frappe particulièrement rigoureuse et énergique de Paul Thomson manque cruellement au rock très écossais du quintet

D’emblée, « No You Girls » (2009) et « The Dark of the Matinée » (2004) confirment que la tournée est bien estampillée ‘best of’, dans l’esprit de « Hits To The Head ». Dans ces conditions, il n’est guère surprenant que de nombreux spectateurs commencent à reprendre ces chansons en chœur. Et cette réaction confirme que l’auditoire est constitué de fans, et pas de mélomanes lambda venus découvrir un combo actif depuis plus de 20 ans.

La plupart des titres sont imprimés sur un tempo beaucoup plus soutenu. Alex Kapranos est toujours un aussi bon showman, nonobstant ses 50 balais qu’il a fêtés le 20 mars dernier. Il saute, danse, se déplace d’un bout à l’autre de la scène sans relâche. Il libère une énergie véritablement galvanisante. Dans l’ensemble, la setlist est très bien équilibrée. Les morceaux cultes déchaînent une foule qui se trémousse dès les premières minutes du show, alors que les titres plus récents enregistrent des baisses de régime au sein de la foule.

« Take Me Out » vient littéralement retourner la salle, et l’incontestable ‘madeleine de Proust’ « Ulysses » ainsi que l’incontournable « Outsiders » clôturent un set qui procure un immense moment de joie autant chez les musicos que les spectateurs.

Les rappels font la part belle à l’elpee « Right Thoughts, Right Words, Right Action » (2013). Un choix pas tellement judicieux, puisqu’il va faire redescendre l’ambiance d’un cran, avant que l’inévitable et fédérateur « This Fire » ne la fasse remonter en flèche, pour le grand bonheur des irréductibles fans toujours gonflés à bloc, malgré ce coup de mou…

Une bien belle soirée, malgré tout, au cours de laquelle, l’auditoire a pris énormément de plaisir à réentendre les classiques du band, subtilement dépoussiérés, tout en conservant leur empreinte rock. En espérant, quand même que, à l’avenir, les Franz Ferdinand ne se contentent pas de tournées ‘best of’, mais bien de périples destinés à nous faire découvrir de nouvelles et solides compos que l’on puisse chanter à tue-tête. Ce ‘rock scottish’ que le groupe incarne si bien est bien trop précieux pour qu’il finisse dans les tiroirs aux souvenirs. Vu l’énergie manifestée par le leader (NDR : en grande forme, par ailleurs), on est en droit de l’espérer. En attendant, ne gâchons pas notre plaisir d’avoir savouré cette délicieuse madeleine !

(Voir aussi notre section photos ici)

Setlist :

  1. No you Girls
    2. Curious
    3. The Dark of the Matinée
    4. Right Action
    5. Walk Away
    6. Stand on the Horizon
    7. Glimpse of Love
    8. Always Ascending
    9. Do You Want To
    10. Lucid Dreams
    11. The Fallen
    12. Darts of Pleasure
    13. Michael
    14. Jacqueline
    15. Take Me Out
    16. Ulysses
    17. Outsiders

Encore :

  1. Billy Goodbye
    19. Evil Eye
    20. Love Illumination
    21. This Fire

(Organisation Live Nation)

Arno

Décès d’Arno, le poète des bistrots et des bords de mer…

Écrit par

Arno Hintjens, mieux connu sous le nom d’Arno, est décédé ce 23 avril 2022 des suites d’un cancer du pancréas. Il aurait fêté ses 73 ans dans un mois.

Trilingue, il a d'abord surtout chanté en anglais avant de privilégier le français et parfois le flamand.

Il était capable de se réapproprier n’importe quelle chanson (pop, folk, blues, chanson française, variétés, …) et de la transformer en morceau rock ou cabaret. Il a ainsi notamment repris « Les filles du bord de mer » d’Adamo, « Le Bon Dieu » de Brel », « Comme à Ostende » de Ferré, « Elisa » de Gainsbourg », « All the Young Dudes » de Bowie, « Mirza » de Nino Ferrer, « Drive my car » des Beatles, « Jean Baltazaarr », un medley du « Jean Genie » de Bowie et de « La fille du père Noël » de Dutronc, et même « Vous les femmes » de Julio Iglesias. Mais il avait aussi et surtout son propre répertoire, au sein duquel des chansons comme « Les yeux de ma mère », « Vive ma liberté » et « Putain Putain », sont devenus des incontournables de sa discographie. Il a publié près d’une vingtaine d’albums solo, sans compter ceux qu’il a gravé au sein de ses projets alternatifs, Subrovniks, Charles et les Lulus ainsi que Charles & The White Trash European Blues Connection ; et puis lors de sa période pré-solo chez Frecklance, Tjens Couter et surtout TC Matic que votre serviteur avait découvert le 6 octobre 1980, à la VUB, en première partie de The Cure. C’est d’ailleurs en compagnie de ce groupe qu’il avait composé, début des eighties, « O la la la », « Elle adore le noir (pour sortir le soir) » et l’incontournable hymne à l’Europe, « Putain putain ».

Arno avait annoncé sa maladie en pleine promotion de son album « Santeboutique », paru en septembre 2019. Il avait dû interrompre sa tournée pour subir une opération. La pandémie ne lui a cependant pas permis de reprendre sa tournée. Et finalement, il a enregistré un nouvel opus, « Vivre » en compagnie du pianiste français Sofiane Pamart, elpee paru en mai 2021. Il était finalement remonté les planches en février dernier, programmant quelques dates à Bruxelles et à Ostende pour une tournée baptisée ‘Vivre’… Et lors de ces derniers spectacles, assis, amaigri, il parlait de son état de santé et reconnaissait ses excès, confession dont il faisait écho dans « Lady Alcohol ».

Il a finalement encore eu le temps d’enregister un nouvel LP au studio ICP d’Ixelles ; mais la date de sortie n’a pas encore été fixée.

Né le 21 mai 1949 à Ostende, ville côtière flamande à laquelle il est resté très attaché et dont il parle dans ses chansons, Il s’est lancé en solitaire, à partir de 1986.

Comme acteur, il a joué dans une dizaine de films dont ‘Camping Cosmos’ de Jan Bucquoy (1996), ‘Alors voilà’ de Michel Piccoli (1997), ‘Komma’ de Martine Doyen (2006) et ‘J’ai toujours rêvé d’être un gangster’ de Samuel Bencherit (2008), en compagnie de Bashung.

Icône de la scène belge, Arno incarnait une certaine belgitude, l'âme européenne et bien sûr celle d’un poète des bistrots et des bords de mer... Il a parfois été surnommé le Tom Waits belge.

Lors de ses interviews, il assénait de véritables punchlines complètement surréalistes. Invité sur un plateau dans une émission de télévision sur France 2, en 2004, après avoir eu son tour de table, et commençant à trouver le temps long, il s’était exclamé : ‘Mais je m’emmerde ici…’ En tout cas, là-haut, « Le Bon Dieu » ne risque pas de s’emmerder avec lui…

Suivant la volonté de l’artiste, ses cendres seront dispersées en mer du Nord au large de sa ville natale.

Un registre commémoratif est ouvert à partir du lundi 25 avril à l'ABCafe, de 18 à 23 heures, lorsque vous ne pourrez plus vous rendre à l'hôtel de ville de Bruxelles (11-18h).

RIP

 

 

Fleddy Palooza 2022 : samedi 16 avril

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Fleddy Melculy a donc programmé la troisième édition de son ‘Fleddy Palooza’ (NDLR : le ‘lollapalooza’, dans un coin de la tête), ce samedi 16 avril 2022. Les deux premières s’étaient déroulées en 2017 et 2019. Le groupe flamand y invite, chaque fois, les pointures du métal qui sévissent au Nord de la Belgique. En septembre 2021, le groupe a gravé son 4ème album, « And Just Niks For All ». Ouverture des portes à 15h00. On se demandait quand même quel serait l’ordre de passage des groupes ; car rien n’avait filtré sur le net. Le festival n’a cependant attiré que 350 âmes…

Hippotraktor

Les hostilités débutent dès 16h30 par Hippotraktor, un poulain de l’écurie allemande Pelagic. Réunissant des musiciens issus de Psychonaut et Before He Shot Her, cette formation malinoise a publié son premier elpee, « Meridien », en octobre 2021. Elle pratique une forme de metal, qu’on pourrait qualifier de sludge progressif, les compos se révélant tour à tour sauvages ou fluides. Particularité, le line up implique deux vocalistes. Chevelu, Stefan De Graef, tient solidement son pied de micro et lorgne constamment vers le second, Sander Rom. La tignasse blonde, il se cache derrière les amplis entre chaque chanson. En fait, il est normalement préposé à la guitare, mais comme il s’est blessé, il se limite aux parties vocales. C’est Chiaran Verheyden qui se consacre à la six cordes, alors que Jakob Fiszer se réserve la basse et Lander De Nyn, les drums.

Deux toms basse sont mis à la disposition de Stefan, qui ne va cependant s’en servir qu’à deux reprises. Point d’orgue du set, « God Is In The Slumber » se distingue par la rythmique basse-batterie-percussion très prog. Une rythmique qui se révèle particulièrement saccadée sur « Joncture », un autre morceau prog au cours duquel les cordes électriques paisibles et le tempo martial jouent sur les contrastes. Un peu court, mais excellent !

Coffin Feeder

Chez Coffin Feeder, les musicos sont issus des trois régions différentes de la Belgique. Le band implique des membres d’Aborded et Leng Tch’é, ainsi que le chanteur de Fleddy Melculy, Jeroen Camerlynck, reconverti pour la circonstance, à la guitare. La setlist est puisée au sein d’un Ep 6 titres. Baptisé « Stereo homicide », il est paru début mars 2022. Quelque part entre screamo, death metal, grindcore et hardcore, la musique de Coffin Feeder décoiffe littéralement. Au micro, Sven hurle à s’arracher les cordes vocales. Parfois, ses cris supplantent le volume des drums. Sur les planches, Sven est partout à la fois. Heureusement que le set n’a duré que 30’, sans quoi, il terminait aphone. Une prestation énergique, mais franchement assourdissante !

Setlist : « Volumes », « Plug It In », « Dead Or Alive, You’Re Coming With Me », « Capture For », « Consumption », « Toolbox », « DFENS », « A Good Supply Of Body Bags », « Stereo Homicide », « Doomsday Device », « Several Survival »

Bark

Place ensuite au trash metal de Bark. Dont le sigle est reproduit sur une toile à l’arrière du band, soit celle d’un loup aux yeux rouges, la gueule ouverte et montrant les crocs.

De petite taille et coiffé d’une crête d’Iroquois, Ron Bruyneels se consacre aux vocaux. Sa voix est susceptible de déchirer vos tympans. Une chose est sûre : il a du coffre. Et puis, les grattes libèrent des sonorités sales et graisseuses. Pourtant, ténébreuse, l’expression sonore demeure mélodique. 

Martin Furai, le sixcordiste de Destruction, est revenu expressément de Glasgow, pour se produire en compagnie de Bark. Les compos sont bien structurées. Très présent, le chanteur invite la foule à exécuter des round circles qui s’amorcent timidement. La setlit va privilégier des extraits du dernier long playing, « Relics » (le groupe doit en avoir sorti une dizaine, à ce jour), gravé l’an dernier, et ne pas oublier le dernier single, publié en novembre 2021, « Stitches ». Un set bien structuré, mais pas vraiment conseillé aux tympans délicats…  

« Voice of dog », « All hell breaks loose », « Mass lobotomy », « Day of the witch », « I'm a wreck », « Hollow words », « Written in stone », « They are all dead », « Roll the dice », « Last breath », « I remain untamed ».

Killthelogo  

Originaire de Kontich, Killthelogo réunit deux anciens membres de .Calibre et de Facedown. En l’occurrence le chanteur Daniel Mies et le guitariste Niko Poortmans. Fondé en 2002, .Calibre pratiquait une forme de funk/metal. Et il avait intitulé un de ses albums « Killthelogo », dont le band s’est inspiré pour déterminer le patronyme du groupe. Qui est devenu particulièrement populaire, se produisant notamment dans le cadre des festivals Pukkelpop et Werchter. Le band a cependant pris une pause de 16 longues années, avant de refaire surface, mais en compagnie de trois autres musiciens. En l’occurrence Sven Leyemberg (ex-Minus45°, Cyclus) à la guitare, Herwig Scheck (ex-Quiet, ex-Concrete) à la basse et le drummer Jonas Sanders (Pro-Pain, Angel Crew, Komah, Emptiness). Et un nouvel album est paru en novembre 2021, « Reset ».

Tout comme chez Bark, le logo imprimé sur une grande toile, est tendu à l’arrière-plan. De larges extraits du dernier long playing figurent au sein de la setlist.

« Iconoclast » ouvre les hostilités. D’abord paisible et bercée de cordes de gratte empreintes de sérénité, cette ballade finit par s’emballer. Malgré l’injection d’une dose furieuse de nu-metal, « The Deep State » trahit toute la fragilité du chanteur. Les textes tiennent parfaitement la route, dénonçant les injustices sociales, s’insurgeant face à la vente sur Internet, condamnant les entreprises qui exploitent les transporteurs de colis ou encore critiquant les taxes, l'industrie pharmaceutique et le culte des individus. Musicalement, le mélange de metal, de rap (NDR : la voix est plus scandée que chantée) et de funk s’inspire naturellement de Rage Against The Machine et de Linkin Park. La section rythmique s’impose tout au long des puissants « Taxes » et « Conspiracy ». La ligne de basse domine « Buy More Sh!t », alors que les lignes de guitares s’activent, dans l’esprit d’un Limp Bizkit originel. « Calibre » et « Meritocrazy » retournent aux sources. Back to the 90’s !

Setlist : « Iconoclast », « The Deep State », « Taxes », « Boutique Pharma », « Calibre » (cover), « Meritocracy » (cover), « Conspiracy », « Warehouse Moguls », « Fuck Your Data », « Buy More Sh!t », « Riot As One »

Spoil Engine

Il était temps ! Enfin une femme figure au sein du line up d’un groupe, ce soir. Une chanteuse, fallait s’en douter. Jeune et jolie, Iris Goossens possède une voix grave, mais puissante. Dommage que ce soit la dernière fois qu’elle se produit en concert, car elle a décidé de suivre son ami à Los Angeles, pour s’y installer. Car, c’est elle qui apporte la touche d’originalité au metalcore de Spoil Engine. Pas de bassiste cependant, mais deux gratteurs (Loco et Gaze), dont les interventions huileuses et graisseuses sont pourtant rigoureuses ; et un drummer dont la frappe métronomique est implacable. Le band s’autorise une excellente cover du « Yesterday Don't Mean Shit » de Pantera. D’après les mauvaises langues, la version serait bien plus pétillante que l’originale. La setlist va nous réserver plusieurs extraits du dernier elpee du combo, « Renaissance noire », publié en 2019, ainsi que le single « Unlock And Release », paru en 2021. Lorsque les riffs de gratte commencent à galoper, c’est pour talonner la voix particulière d’Iris. Un concert vraiment épatant. Signe qui ne trompe pas, la formation a réveillé la foule. Elle a même mis une ambiance de feu et déclenché, dans la fosse, de nombreux rounds circles…  Une belle claque métallique dans la tronche…

Fleddy Melculy 

Pendant, le changement de matos, les haut-parleurs crachent des morceaux du Queen. Car évidemment, Fleddy Melculy s’est invité pour son festival. Il assure la tête d’affiche. Au sein du line up, la tête pensante, c’est le chanteur, Jeroen Camerlynck, autrefois impliqué chez Fanfaar. Le patronyme est emprunté à une pièce de théâtre consacrée à feu Farrokh Bulsara. Le quatrième album du combo, « And Just Niks For All », est sorti en 2021.

Les aficionados sont maintenant chauffés à blanc. Votre serviteur également. Une immense rampe lumineuse s’étale sur toute la largeur du podium. Derrière le drummer une toile sur laquelle figure le nom du band a été tendue.

Les gratteurs sont masqués (un guitariste et le bassiste). Ils sont hyper actifs, livrent des riffs dévastateurs et viennent constamment haranguer le public. Les textes sont dispensés dans un dialecte bruxellois flamand. L’idiome est amusant à écouter.

Jeroen est particulièrement interactif. Entre les morceaux, il raconte des blagues dans son patois si truculent. Sculptés dans un metalcore intense, les titres s’enchaînent dont le plus connu reste toujours « Tee Shirt Van Metallica ». Mais Fleddy a également son tee-shirt. Mais pas de trace du succulent « Apu Van De Nightshop ». Toutes les chansons sont devenues des hits au Nord de la Belgique.

Sven (Goffin Feeder) débarque pour chanter d’une voix puissante « De Wereld Is Wondermooi ». Ross de Length Of Time fait le pitre sur les deux estrades placées à l’avant du podium où sont dissimulées d’impressionnantes machines à fumigènes. Iris prête aussi sa voix à « 668 ». Enormément d’intensité au cours de ce show qui a conquis le public venu applaudir Fleddy Melculy.  

A l’année prochaine pour la quatrième édition du Fleddypalooza !

Setlist : « Slaap », « Ik Ben Kwaad », « Stop », « Fuck Uw Vrienden » », « Feest Je In Uw Huisje », « Geen Vlees Wel Vis », « God Is Een Kapper », « De Wereld Is Wondermooi », « 668 », « Freddie », « De Hel Niet Gezien », « Beest », « Backstage », « Niks », « Geen Tijd Voor Spijt », « Brood », « Tee Shirt Van Metallica-Fleddy ».

Rappel : Voor Altijd Jong ». 

(Organisation : Ancienne Belgique)

Fleddy Melculy + Spoil Engine + KillTheLogo + Bark + Coffin Feeder + Hippotraktor

Juliette Armanet

Juliette tout en Sanson et Berger…

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Ce soir, le Cirque Royal est bien rempli pour accueillir la nouvelle sensation hexagonale, Juliette Armanet. Elle est issue des Hauts-de-France et plus précisément de Villeneuve D’Asq, dans la banlieue lilloise. Ses parents, pianistes, la plongent dans le bain de la musique dès son plus jeune âge. Elle se consacre ainsi aux ivoires, jusqu’à l’âge de 11 ans, moment où elle commence à délaisser la musique classique pour la chanson française. Après des études de lettres et de théâtre, elle devient journaliste et réalise des documentaires pour Arte et France Culture, job qu’elle va assumer pendant 6 ans. Elle travaille également durant 2 années pour l'émission de TF1, ‘50 minutes inside’. Inspirée par Souchon, Alain Bashung et Barbara, elle aurait pu être la fille cachée de Véronique Sanson et Michel Berger, mais également revendiquer l’héritage musical de Souchon et Sheller. Son premier elpee, « Petite Amie », a récolté un énorme succès ; ce qui lui a permis de décrocher deux disques de platine. Son second, « Brûler Le Feu », est paru en 2021.

David Numwami assure le supporting act. Cet auteur-compositeur-interprète belge a d’abord milité au sein du groupe Le Colisée. Multi-instrumentiste, il a aussi accompagné Charlotte Gainsbourg et François and the Atlas Mountain. Il a aussi signé deux morceaux pour le dernier album de Moodoïd. Diplômé en musicologie et philosophie, il est devenu une figure incontournable de l’underground bruxellois et parisien. Sans oublier qu’il slamme avec Flavien Berger.

Sur les planches, David est soutenu par Clément Marion aux claviers. Vêtu de noir, la tête recouverte d’un bandana blanc sur des dreads, il se consacre à la guitare. Il se présente en chansons. Son falsetto est délicat et aérien. Et les harmonies vocales vocodées, auxquelles participe Clément, sont éthérées. Enfin, les arrangements musicaux sont soignés. Caractérisé par ses paroles déprimantes, « Beats ! » s’avère paradoxalement dansant. « Numwami World » nous entraîne tout en douceur dans l’univers de l’artiste. David ne se contente pas, en ‘live’, de reproduire fidèlement les morceaux de son premier opus, il laisse de la place à l’impro et à l’artisanat calculé. C’est ce qu’il déclare. Il souhaite, en outre, perpétuer une tradition initiée sous Le Colisée : réaliser des montages débiles. Bref, il ne se prend pas au sérieux…

Sortons du monde créé par David pour rentrer dans celui coloré de Juliette Armanet, une Lilloise à l’esprit bien trempé et à l’humour décalé.

Le décor extérieur est constitué d’une énorme voûte divisée en 3 niveaux.  Sous celle-ci une estrade installée sur toute la longueur de la scène et de moitié en largeur est destinée à supporter les deux claviéristes, dont l’un des deux est également préposé aux congas, djembés, cymbales et autres cuivres. Le line up du backing group implique également un drummer, un guitariste et un bassiste. Un piano à queue se dresse au pied de l’estrade, devant les claviéristes. Libre, le reste de la scène est destiné à Juliette afin qu’elle puisse danser, s’exprimer en toute liberté et interagir avec le public.

Vêtus de noir, Juliette et ses musicos montent sur les planches. Le set s’ouvre par « Boum Boum Baby », un morceau chargé d’intensité percussive. D’ailleurs, lorsque le show monte en puissance, le décor s’anime de mille feux. On entre à pieds joints dans le monde de « Brûler Le Feu ». Tout au long de « L’Epine », derrière le piano, Juliette fait parler son cœur et sa tendresse. Sa voix est claire et cristalline comme celle de Véronique Sanson. Encore que parfois, elle me fait penser à celle de France Gall. Les chœurs soutiennent le sax mélancolique, tout au long de ce morceau dont le spleen coule à volonté. Le public est touché et applaudit chaleureusement.

Quand elle ne se consacre pas au piano, Juliette est partout à la fois. Elle bouge ou danse !

Elle revisite « L’Indien », derrière les ivoires, un titre qui monte en puissance avant de s’achever par une fameuse valse de sons comparable à une jam. « Imaginez L’Amour » opère un retour au calme.

Plus rock, « La Carte Postale » est extraite de son premier album.

Après « L’Amour En Solitaire », Juliette se réserve un petit entracte afin de changer de tenue. Constituée de petits miroirs collés, on dirait une boule à facette humaine. Elle aborde alors « Le dernier jour du disco ». C’est le moment fort du set. Juliette est devenue la star du dancefloor. Mi-électro, mi-funk », cette compo adresse un clin d’œil à Nile Rodgers. La basse est attaquée en slapping. Le drumming devient sauvage, tribal même. Juliette revient derrière son piano pour « J’Te L’Donne », une chanson interprétée dans l’esprit d’« Aline » de Christophe.

En extrapolant, on pourrait imaginer Sanson et Berger revenir sur les planches pour « Brûler Le Feu », une compo allumée, non pas par Johnny, mais par les percus et les cuivres.... Et le set de s’achever par le puissant « Tu Me Play ».

Juliette Armanet va cependant encore accorder deux rappels.

Tout au long de ce concert d’une énergie et d’une élégance folles, Juliette Armanet nous a ouvert grand les portes de son cœur, de ses chagrins et de ses espoirs, alternant audace et timidité, joie et de tristesse, lumière et obscurité, tout en confirmant au passage, avec cette sincérité brute qui n’appartient qu’à elle, qu’elle incarnait une certaine idée d’une pop music contemporaine chic, stylée, instinctive et exquise.

Elle reviendra à l’Ancienne Belgique le 5 décembre prochain.

Setlist : « Boum Boum Baby », « L’Epine », « Vertigo », « Qu’importe », « L’Indien », « Imaginer L’Amour », « La Carte Postale », « L’Amour En Solitaire », « Le Dernier Jour Du Disco », « J’Te L’Donne », « A La Folie », « Brûler Le Feu », « Tu Me Play »

Rappel 1 : « Je Ne Pensais qu’A ça, « Sauver Ma Vie ».

Rappel 2 : « Le Rouge Aux Joues », « Tu Me Play »

(Organisation : Back In The Dayz)

Lisa Portelli

L’Innocence

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Depuis la sortie de son très inspirant single « Spleen », son nouvel elpee était très attendu. Il s’intitule « L’innocence ».

Avant de graver cet opus, Lisa Portelli était parvenue, en trois albums, à se forger une place de choix dans la chanson française à la fois insolente et réfléchie, tout en portant déjà haut la beauté des idées et du monde.

En douceur et profondeur, elle nous invite à une promenade, pas au sens d’une simple déambulation contemplative mais plutôt en gardant les sens aux aguets, en regardant et acceptant les choix que la vie offre à celles et ceux qui veulent bien le voir.

Dès le premier titre de l’elpee, « Ennemi », la voix douce et envoûtante de Lisa a de quoi réjouir. Le titre est prononcé dans le refrain par un chanteur et elle, en parfaite harmonie. Le piano, les détails électro et les instruments à vent apportent à ce titre une belle dimension. Son texte poétique nous parle de l’humanité et de son effondrement muet et salvateur.

En réponse, « Réalité », la deuxième chanson, nous parle d’une autre réalité possible en consonance avec la terre et ses promesses via l’humilité et la reconnaissance de ses richesses. La musique davantage acoustique laisse la part belle à la voix et au texte.

Les clips de ces deux premiers titres sont visibles ici et

Le reste de l’album nous réserve encore huit titres dont un étonnant « Prière », au cours duquel la voix grave de Dani récite un poème qui traite de l’après fête et de la prière à l’immensité bleue qu’elle rejoindra un jour ; mais pas tout de suite. Parce qu’il Il reste encore d’autres choses à vivre.

« Promenade » dénote de l’ensemble de cet LP, par son côté funk et léger.

Caractérisé par sa mélodie au piano et ses quelques légers bruits énigmatiques, le titre maître a été composé par Lisa Nicolas Worms. La plage est exclusivement instrumentale.

Une œuvre à savourer sereinement.

En concert :

6 MAI - A THOU BOUT D'CHANT - LYON (69)
12 MAI - LA MARBRERIE - MONTREUIL (93) // RELEASE PARTY
19 MAI - FESTIVAL "ENTRE DEUX RIVES" - TANGER (MAROC)
8 JUIN - GRAND AUDITORIUM DU CONSERVATOIRE - REIMS (51)
17 JUILLET - LES FRANCOFOLIES - LA ROCHELLE (17)
8 NOVEMBRE - LA BOUCHE D'AIR - NANTES (44)
22 NOVEMBRE - FESTIVAL "CHANTS D'ELLES" - SOTTEVILLE-LÈS-ROUEN (76)

Méthode chanson

 

 

 

Laurent Bardainne & Tigre d’Eau Douce

Oiseau (single)

Écrit par

Laurent Bardainne & Tigre d’Eau Douce (feat. Bertrand Belin)

Quelle jouissance d’écouter enfin un titre qui sert de bel écrin au répertoire de Bertrand Belin.

Parce que pour être honnête, le virage artistique opéré sur les trois derniers albums par le natif de Quiberon n’a pas vraiment convaincu votre serviteur. Répétitions de mots à outrance, plus secs. Débit vocal plus parlé que chanté.  Direction musicale essentiellement électronique.

Mais ici, quelle claque ! La collaboration avec le compositeur et saxophoniste Laurent Bardainne flanqué du band Tigre d'Eau sublime sa voix et son texte.

Talentueux, Laurent Bardainne a apporté son concours aux artistes les plus notoires, de Pharrell Williams à Tony Allen…

Il évolue en souplesse au milieu de courants musicaux qui oscillent de la soul des années 70 à l’éthio-jazz en passant par le jazz de Coltrane.

À ses côtés, Tigre d’eau douce, quartet de jazz puissant, implique Arnaud Roulin à l’orgue Hammond, Sylvie Daniel à la basse, Philippe Glaizes à la batterie et l’incontournable Roger Raspail, qui a déjà joué aux côtés de Kassav’, Cesária Évora et Meshell Ndegeocello, entre autres, aux percus.

La plage nous transporte littéralement dans une ambiance électro douce suivie rapidement par les instruments à vent, le saxophone principalement, et des chœurs qui procurent une magnifique accroche dès le début du morceau. La basse et la batterie ne sont pas en reste en apportent un génial soutien tout au long du single.

C’est un très subtil mélange entre des instruments réels et une musique électronique ciselée à l’or fin. Il a un côté solaire et extrêmement réjouissant.

Quant au texte... Attention spoiler ! C’est l’histoire de quelqu’un ou de quelque chose qui souhaiterait ardemment devenir un oiseau. Quelles belles images pour décrire cette envie. On découvre vers la fin du titre que le serpent le jalouse, alors que par sa nature, c’est tout son contraire. Pour vivre, il est même forcé de manger les œufs de celui qu’il admire. Ultime bassesse, Il se moque in fine de l’être admiré en imitant son ‘cui-cui’. Terrible fatalité ! Un beau parallélisme à la condition humaine.

Merci Laurent Bardainne, d’avoir invité Bertrand Belin sur votre très beau morceau de jazz flamboyant !

Pour écouter le titre sur YouTube c’est par ici et sur Spotify,

Méthode chanson

 

November Ultra

Bedroom Walls

Écrit par

Au travers de sa musique, November Ultra nous invite à plonger dans la lecture de son journal intime. Dans un élan qui vient du fond du cœur, elle partage autant d’histoires enrichies des multiples facettes de la vie (des plus lumineuses au plus sombres), mises en musique au son d’une pop patinée d’influences r&b, folk et de comédies musicales, entre autres.

La musique –et le chant notamment– a toujours été source de bonheur, une discipline apaisante aux oreilles de November. Pourtant, l’artiste n’est pas que douceur et tendresse, mais également force et puissance.

D’une voix envoûtante, elle chante tour à tour en français, anglais ou espagnol. Ce qui lui permet de se procurer une certaine assurance dans sa zone de confort. L’artiste a été découverte grâce à « Soft & Tender », une chanson douce colorée par quelques pincements de sèche. Cette combinaison guitare/voix est reproduite sur plusieurs morceaux.

Chargés d’émotion, « Fade » et « Nostalgia / Ultra » mettent en exergue sa jolie voix qu’elle pose sur des accords d’ivoires atmosphériques. Une voix parfois samplée ou vocodée. Sur le second morceau, lorsqu’elle opte pour la langue de Cervantès, à mi-parcours, elle nous emmène dans son jardin secret en parlant de ses origines espagnoles et tout particulièrement de son grand père.  

« Septembre » et « Open Arms », piste qui clôt d’opus, sont sculptés dans un folk particulièrement limpide.

L’artiste se produira en concert à l’Ancienne Belgique le 10 juin 2022.

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