Italia 90 publiera son premier elpee, "Living Human Treasure", le 20 janvier 2023. Le groupe londonien a sorti un certain nombre de singles et d'EPs depuis sa percée et s'est construit un culte en Angleterre et en Europe continentale. Italia 90 a reçu…

logo_musiczine

« The ride », c’est le titre du nouvel elpee de Daan, qui sortira ce 11 novembre 2022. En attendant, il nous propose son nouveau single « Western », un instrumental qui ouvrira ce prochain album. Le caractère cinématographique, émouvant et rageur de ce…

Le charivari de Marcel

Marcel est un fantôme de carnaval qui aime faire beaucoup de bruit en frottant sa joue…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Camp Cope

Running with the hurricane

Écrit par

Trio australien (NDR : il est issu de Melbourne), Camp Cope nous propose son troisième album. Un opus dont les lyrics traitent, notamment, des relations amoureuses, et tout particulièrement des échecs ainsi que des aventures secrètes, mais également de la confiance qui vous rend invincible. Georgia Maq, la frontwoman a d’ailleurs déclaré que toutes ses chansons étaient des tragédies grecques. En fait, bien que réunissant deux filles et un gars, la formation se déclare ouvertement féministe. Ainsi, sur son elpee précédent, elle dénonçait le sexisme qui règne au sein de la scène musicale.

Hormis le morceau d’entrée, « Caroline », et le titre final « Sing your heart out » (NDR : auquel Courtney est venu donner un petit coup de gratte), le reste du long playing est essentiellement tramé sur les cordes acoustiques et semi-acoustiques. La valse « One wink at a time » et « Blue » émargent même carrément à la country. C’est la section rythmique basse/batterie qui communique les impulsions groovy aux compos. Ainsi, sur l’épique morceau de clôture, elles tournoient autour de la voix de Georgia Macq, une voix ample, chaude et puissante, susceptible de se muer en falsetto (« The mountain »), mais dont le timbre et les inflexions, parfois enrobée d’harmonies vocales vaporeuses, peuvent faire penser à Alanis Morissette. Malheureusement, le cœur de cet LP manque de ce relief qui rend les pistes dangereuses, mais tellement grisantes. Il aurait peut-être fallu électrifier un peu plus les parties de guitare…

Dinner

Dream Work

Écrit par

Troisième elpee pour Dinner, le projet du multi-instrumentiste danois Anders Rhedin. Intitulé « Dream work », il fait suite à « Psychic Lovers », paru en 2016 et « New Work », en 2017.

Après une pause de 4 ans consacrée à l’ambient (Ryuichi Sakamoto ?) et à la méditation, Anders est quelque peu revenu sur terre et nous propose, aujourd’hui, une musique plus conventionnelle qu’on pourrait qualifier d’électro/indie/pop, se servant autant des synthés que des guitares. Mais il n’a pas pour autant abandonné ses introspections contemplatives, puisqu’il lie son inspiration à la nature, la mythologie égyptienne et les forces occultes…

Lorsque les parties de guitare prévalent, on ne peut s’empêcher de penser à Luna. A cause de ces cordes de gratte frémissantes, chatoyantes ; et puis de la voix de Rhedin, aussi douce et laconique que celle de Dean Wareham. Sous sa forme la plus synthé/pop, l’expression sonore réveille en notre fors intérieur, successivement le spectre de New Muzik (« Midnight in my head »), de Stereolab (« Anima ») et surtout de Beach House…

Stephan Eicher

Le plus léger au monde (Ep)

Écrit par

Trois années après avoir gravé l'excellentissime « Homeless Songs », œuvre empreinte de mélancolie douce, Stephan Eicher est de retour.

Après « Autour de ton cou », publié en mars dernier, il nous en propose son deuxième Ep, « Le plus léger au monde ».

S'il espérait encore, il y a quelques années, « Déjeuner en paix », l'artiste a pris le parti, non pas de se nourrir d’un long playing, mais d’enfiler quatre Eps, histoire de marquer une transition marquée entre les saisons.

En réalité, Stephan se veut plus proche des habitudes nouvelles des consommateurs, ceux-ci préférant désormais s'intéresser au format plus court. Cette manière de procéder lui donnerait aussi plus de visibilité sur le plan marketing.

Autre changement de taille également, son plus fidèle compagnon, Philippe Djian, n'apporte sa plume que sur "Doux Dos", une compo aux versants électriques et au refrain entêtant. Les autres sont signées Gisbert Zu Knyphausen, Nils Koppruch, Simon Gerber ou encore Martin Suter, romancier helvète.

Si les plages de son premier Ep « Autour de Ton Cou », reliées par un même piano, marquait l'arrivée du printemps, le chanteur poursuit sa vision des cycles saisonniers par un titre éponyme qui se découvre délicieusement, rappelant les heures de gloire d’Eicher vécues au cours des 90’s. Une chanson qui met en exergue le talent de Reyn Ouwehand, aux ivoires.

Sans renier ses origines, le Bernois rend un hommage vibrant au groupe Stiller Has en reprenant "Intercity", un de ses tubes, dont la nouvelle version est emportée par le souffle d’un harmonica tournoyant.

Interprété à la sèche, « Liblingslaebe » clôt cet Ep. Un titre folk et certainement le plus paisible du disque.

Sur cet Ep, on retrouve cette voix grave, chaude et éraillée reconnaissable entre mille. Eicher s’y met à nu en revenant à ses fondamentaux, après s'être égaré sur des sentiers qui ne menaient qu’à une impasse (« 1000 Vies »).

Épidermique, Stephan Eicher apparaît aujourd'hui plus posé. « Le plus léger du monde » et la force de ses mélodies, lui permet de tirer parti des échecs du passé et marque bel et bien le début d'une toute nouvelle ère, alors que ses fans craignaient qu’il ne retrouve plus jamais son chemin...

Angel Olsen

Big Time

Écrit par

En quelques années, Angel Olsen a complètement changé de statut. Après avoir été choriste auprès de Bonny Prince Billy, la native de Saint-Louis a décidé de se lancer dans une carrière solo. Depuis, elle a publié six albums (partagé entre compositions personnelles et reprises). Son premier, « Half Way Home », est paru en 2012. Intitulé « Burn Your Fire For No Witness », le deuxième émargeait au folk rock. Un style qu’elle va embrasser jusqu’en 2019, moment choisi pour se plonger dans la dream pop aux accents 80’s, en gravant « All Miror ».

Tout au long de « Big Time », Angel explore le terroir américain en revisitant la country. Riche et soignée, l’instrumentation (lap steel, cuivres, orgue, …) met bien en exergue la magnifique voix d’Olsen. A l’instar des superbes « All The Good Times » et « Right Now ». Certaines plages sont propices à l’introspection. Une compo comme « Big Times » a été marquée par son ‘coming out’ et le décès de ses parents. Et des morceaux tels que « Ghost on » ou « All the Flowers » baignent au sein d’un climat particulièrement mélancolique.

A 35 ans, Angle Olsen est devenue une des songwritrices les plus talentueuses de sa génération…

Los Bitchos

Let the Festivities Begin !

Écrit par

Los Bitchos, c’est la grosse hype, pour l’instant. Issues de Los Angeles, établies à Londres mais originaires de Suède, d’Amérique du Sud, d’Australie et du Royaume-Uni, les filles trustent les festivals, cette année (elles se produisaient à Dour le week-end dernier, par d’ailleurs !). Mais leur premier album, « Let the Festivities Begin ! », mérite-t-il un intérêt particulier ? La réponse est affirmative, car le quartet nous balance une petite bombe anachronique mais qui ne manque pas de charme, grâce à ce cocktail au sein duquel se mêlent cumbia, sonorités 70’s et 80’s, volutes psyché ainsi que musique surf. Un elpee rétro mais addictif comme une version ‘fun’ de Khruangbin ! Idéal pour cet été et parfaitement produit par Alex Kapranos (oui, oui, le leader des Franz Ferdinand !)

Bambara

Love on my Mind (Ep)

Écrit par

A l’origine, soit en 2001, cette formation répondait au patronyme de 23jinx. C’est dès 2007 qu’elle décide de le changer en Bambara. Et depuis, sa musique est en évolution constante. Originaire de Géorgie, le band s’est cependant établi à Brooklyn, en 2013.

Enregistré dans l’appartement d’un des musicos, le tout premier elpee, « Dreamviolence », était naturellement lo-fi. Le deuxième, « Swarm », devait se distinguer par ses sonorités abrasives et distordues de guitare (NDR : c’est sous cette forme qu’avaient été enregistrées les démos initiales) ; mais suite au vol de l’ordinateur contenant les pistes de cet LP, la version finale se révèlera moins décapante. Le combo a ensuite gravé un Ep expérimental de bruit pur intitulé « Night Chimes », en août 2015.

Sorti en 2018, « Shadow on Everything » développait un post-punk aux accents noise et aux rythmiques sémillantes. Deux ans plus tard, « Stay » adoptait un ton plus cool tout en s’ouvrant au country & western. Ce qui a permis au combo d’acquérir une certaine notoriété et d’assurer la première partie de la tournée européenne d’Idles.

Nouvel Ep, « Love on my Mind » poursuit la métamorphose, même si l’expression sonore continue de baigner dans le post punk. Un post punk ténébreux qui marche sur les traces d’un Nick Cave voire de Swans. Lors des sessions, le trio drivé par les frangins Bateh et William Brookshire a reçu le concours de quelques invités. Tout d’abord aux vocaux. Soit Bria Salmena et Drew Citron. La première avait assuré les chœurs pour Orville Peck ; mais c’est surtout la moitié du duo Bria. La seconde a milité ou milite encore au sein du backing group de Frankie Rose, de The Pains Of Being Pure At Heart, de Bervely, de Public Practice et se produit même en solo. Enfin, Jason Disu et Jeff Tobias (Sunwatchers) se chargent respectivement du trombone et du saxophone.

Ecorchée et reconnaissable entre mille, la voix de Bateh est susceptible de vous flaquer des frissons partout. Etincelantes et précises, les sonorités de gratte semblent extraites d’une B.O. pour ‘western spaghetti’. Enfin, les compos imprimées sur un low tempo prennent le temps d’installer l’ambiance tout en s’autorisant quelques fameux crescendos.

Les six titres sont particulièrement réussis. De quoi espérer la sortie prochaine d’un nouvel elpee…

Louis-Jean Cormier

Même les loups versent des larmes de joie (single)

Écrit par

Après la sortie de son magnifique opus, « L’ironie du sort », Louis-Jean Cormier nous propose le single « Même les loups versent des larmes de joie », un titre issu de « 1969 », une compile réalisée par Connor Seidel qui a bénéficié du concours de 12 artistes. Il a été fort remarqué lors de sa sortie en avril dernier. « 1969 » revisite les sonorités des décennies 60-70, en proposant des chansons originales.

Sur « Même les loups versent des larmes de joie », tout en douceur et en subtilité, des sonorités sixties de guitares, de piano, de basse, de mellotron et de djembé se mettent au service de la voix au grain si particulier, enchanteresse, doublée pour la circonstance, de Louis-Jean Cormier, lorsque dans la foulée, il ne module pas son sifflement…

Les arrangements sont simples, minimalistes et d’une belle authenticité.

Il s’en dégage un force tranquille et apaisante.

Le texte, poétique, évoque la peine que l’on peut ressentir après la mort d’un être aimé, son papa en l’occurrence, et du travail d’acceptation.

Pur savoir ce qu’en pense l’artiste, c’est .

 « 1969 » est disponible sur toutes les plateformes depuis le 12 avril et il est possible de se procurer l’album physique et la version vinyle en ligne ici

Pour regarder le très beau documentaire consacré au concept album, c’est

Méthode chanson

 

 

Roméo Elvis

Tout peut arriver

Écrit par

Alors que son dernier et excellent opus, « Chocolat », avait été abordé sous un angle plus pop, « Tout peut arriver » en revient à un format hip hop.

Près de deux ans après avoir été accusé d’agression sexuelle (cette plainte lui coûtera d’ailleurs son contrat chez Lacoste et un featuring avec Damso), ce troisième LP semble lui servir de thérapie, puisque qu’il aborde particulièrement des thématiques liées à la remise en question. En n’oubliant pas d’y apporter ce soupçon d’autodérision qui lui est propre !

Mais pas que, puisque parmi les seize titres de ce long playing, certains sont ouvertement autobiographiques (« Maquette »). Et puis d’autres adressent un pied de nez ses détracteurs qui le pensaient définitivement hors de course à cause de cette histoire (« Flanchin »). Le second degré n’a pas été négligé, à l’instar de « Radio Culture Bruxelles » au cours duquel il caricature, sur fond humoristique, la puissance fragile des médias.

Fer de lance de la nouvelle scène hip-hop, le frangin d’Angèle, conçoit ce disque de manière plus homogène et introspective que son précédent opus ; son énorme succès et ses nombreuses collaborations lui ayant laissé, finalement, comme un goût de trop peu. L’unique invitée sera d’ailleurs ici sa grand-mère, mamie Pilou, sous la forme de l’enregistrement d’une conversation téléphonique avec son petit-fils (« Skit Mamy »).

Soutenu par ses fidèles comparses Vynk, PH Trigano, Dee Eye, Myd, JeanJass, Florent Jeunieaux, Todiefor, Seezy, Vladimir Cauchemar, Jonathan, Martey ou encore BBL, Roméo produit sur la majorité des titres de ce « TPA ».

Grâce à son flow hypnotique et ses textes caustiques dispensés d’un baryton puissant sur un ton nonchalant, le Bruxellois de souche s’amuse en dévoilant ci et là des pans de vie et des états d’âme que seuls les vrais fans apprécieront, mais qui lui permettent de revenir aux fondamentaux.

Opérant une courbe à 180°, ce nouveau format personnel et intimiste est un pamphlet ambitieux d’autocritiques, moins formaté radio et donc davantage éloigné pour le néophyte, déstabilisant ceux qui l’on découvert sous un autre jour en écoutant « Chocolat ».

Les autres y verront le reflet d’un égo surdimensionné et une forme de narcissisme qui semble bien lui coller à la peau.

La question essentielle est de savoir si au travers cet ouvrage musical, sa note personnelle reflète quelque chose de plus juste… Mais au fond, tout peut arriver, n’est-ce pas ?

LaSemo 2022 : dimanche 10 juillet

Écrit par

Dernière journée d'un triptyque haut en couleur. Il est effectivement déjà temps de se dire au revoir.

Si la veille, les températures étaient plus que supportables, ce dimanche, les rayons de soleil ont décidé de cogner dur. Autant dire que les fontaines dispersées sur le site vont avoir une tâche bien ardue. C'est gratuit, alors autant en profiter !

C'est par Fleur que les festivités commencent. Le combo exécute sa prestation sur la scène de la Tour. Une jeune demoiselle est vêtue d'une robe verte à gros motifs ; des fringues probablement empruntées à son arrière-grand-mère.

Elle semble ingénue, baragouine quelques mots en français, mais c'est dans la langue de Shakespeare qu'elle s'exprime le mieux. De ses aveux, elle trouve que le français reste la plus belle langue de l'univers.

Une petite fille de 6 ou 7 ans semble carrément tombée sous le charme de la roussette et de ses trois comparses. En retour, elle recevra un vinyle dédicacé en plein concert sous les applaudissements du public.

L'univers du groupe nous replonge dans les années yéyé, un courant musical qui a sévi en France au début des années 1960. Et un morceau aussi décousu que décalé comme « Mon ami martien », en est un parfait exemple. Un peu gauche, la nymphette s'exerce en flash-back. Sa voix est fragile et posée. Ce petit accent accentue encore un peu plus le charme de cette artiste.

C'est sympa, mais le show s’avère un peu trop linéaire. Les spectateurs sont couchés dans l'herbe, brindille dans la bouche et chapeau de paille sur la tête, dans une ambiance qui rappelle, quelque part, Woodstock…

Ne retenons que le positif, cette brise musicale fraîche est la bienvenue, compte tenu de la température.

Friday Frida se produit à La Guinguette. Il s'agit de neuf gonzesses issues de la région de Liège. Elles reprennent de gros standards de la pop des années 2000 et des morceaux de folk américain.

Pas de musicos sur scène. Une des demoiselles se charge de donner le rythme à l’aide d’un gros tambour tandis que ses comparses se chargent de l'accompagner avec leur corps (elles utilisent leur torse, les doigts ou toute autre partie susceptible de produire du bruit). Bref, un résultat détonnant.

Si musicalement, ce set n'apporte rien de très particulier, la magie opère tout de même. Le public est conquis. Les filles sont satisfaites. Que demander de plus ?

La scène de la Tour accueille son plus fervent invité en la personne de Cédric Gervy. Il est présent au LaSemo depuis des années.

En ce dimanche, il a troqué sa casquette de prof de néerlandais pour revêtir celle de troubadour/chansonnier.

Hormis la présence de sa mascotte favorite (une espèce de peluche déglinguée), il est seul sur les planches.

Alors qu'il y a quelques années, il militait au sein d’un projet collectif : Cedric (et les) Gervy, impliquant Mr Chapeau, le gratteur RenRadio et le drummer Tyler Von Durden (remplacé en 2019 par The Robot), il se produit désormais en solo.

Lors d'une des dernières éditions, il avait invité le collectif à l'accompagner en ‘live’, ce qui avait débouché sur un set très performant.

Armé d'une gratte acoustique (qui elle aussi a déjà bien bourlingué), il revisite des sujets brûlants, dépeignant l'injustice de ce monde en format très second degré.

Lui, ce n’est pas du sang qui coule dans ses veines, mais un savant mélange de bonne humeur et de joie de vivre.

Autant dire que ses concerts sont synonymes de franche rigolade (« George est content », « « Que c'est chiant le reggae, etc.). C’est une thérapie contre la morosité ambiante à lui tout seul.

Bon, on ne peut pas dire que le gars possède un organe vocal très développé. Dès lors, considérez Gervy, n'en déplaise à l'artiste, comme un amuseur et non un chanteur.

Même si Cédric apporte un soin particulier lors de chacune de ses prestations, son set commence doucement à sentir la naphtaline. Ce sont toujours les mêmes carabistouilles, les mêmes jeux de mots, les mêmes sujets à dépeindre. On dirait un vieux sénile qui répète sans cesse les mêmes propos.

Un changement de line-up dans la programmation du festival serait de bon goût, car Gervy une fois, ça va, plusieurs années de suite, bonjour les dégâts.

Bon allez Cédric, ‘Bonne année quand même et à l’année prochaine !’ Enfin, si tu pouvais passer ton tour, quand même ...

Retour à la scène de la Tour pour y découvrir Ladaniva.

Pas question de bagnole, mais du groupe multiculturel fondé par la chanteuse arménienne Jacqueline Baghdasaryan et le multi-instrumentiste français Louis Thomas.

La rencontre tient d'un conte de fée. Baghdasaryan a 19 ans lorsqu'elle débarque en France avec sa mère. Arménienne qui a grandi en Biélorussie, elle est logée dans un foyer à Tourcoing.

Lors d'une jam organisée au bar ‘l’Intervalle’, dans le Vieux-Lille, un de ces endroits miteux où il encore possible de s'exprimer musicalement sans trop de souci, elle rencontre Louis Thomas, enfant de Quesnoy-sur-Deûle, trompettiste touche-à-tout et ouvert sur le monde et ses musiques.

Ladaniva naît ce soir-là. Un mini-concert sur Radio Nova est repéré par la suite par Michka Assayas (ce célèbre dénicheur de talents est également le maître d'œuvre d’une bible du rock, parue en 2000,) les propulsera vers l'autel du succès.

Leur popularité croît encore davantage lorsqu'en 2020, en plein Covid, Ladaniva publie deux vidéos qui vont générer plus d’un million de vues chacune sur YouTube.

La musique de Ladaniva est plurielle. Elle oscille du folk arménien à la musique traditionnelle des Balkans, en passant par le maloya, le jazz et le reggae.

Jacqueline est à l'image de la musique qu'elle produit : joyeuse et évasive, entre histoire, tradition et modernité.

Parfois un brin nostalgique, elle ne peut s'empêcher de revivre son vécu à travers l'une ou l'autre composition.

Direction la scène du Château pour le dernier concert de cette édition 2022.

Il s'agit de Ben Mazué. Promis à une carrière de médecin, Benjamin Mazuet à l'état-civil, opte pour la musique alors qu'il n'a que 25 ans.

Il est accompagné de deux musiciens multi-instrumentistes. Lui se réservera la sèche sur l'un ou l'autre titre.

Un écran blanc géant trône sur le podium qui permettra d'habiller en images le show qui s'annonce excellent.

D'emblée, amis des mots et de l’émotion, Ben Mazué aime se dévoiler à travers ses compostions. Ses joies, ses peines, ses émotions, ses états d'âme, ses paroles retentissent au gré de ses maux.

Auteur-compositeur-interprète, Benji couche ses sentiments sur le papier pour en construire des mélodies qui ont du sens. Pour lui et pour les autres. Ses récits sont tout simplement familiers, sincères et véritables.

L'amour est au centre des débats. Celui qu'on a perdu. Celui que l'on va retrouver aussi. Il parle ouvertement de la femme qui l'a quitté. Les chansons de son album « Paradis » ont été directement inspirées de cette période lorsque sur l'Ile à la Réunion, il se levait à 4 heures du matin faire son jogging, histoire d'évacuer toutes ces histoires obsédantes, tandis que son ex dormait paisiblement.

Mais à en croire ses propres propos, il vaut mieux une belle histoire qui se termine trop tôt, qu'une médiocre qui dure toute une vie (« Le cœur nous anime »).

Intellectuellement trituré (« Quand je marche »), Mazué reste un artiste qui rend à la chanson française ses véritables lettres de noblesse.

Agé de 41 ans, en pleine crise, l'homme se cherche et tente de se réinventer pour mieux se retrouver. Et si cette crise avait commencé plus tôt pour ne jamais prendre fin ?

Quoi qu'il en soit, Mazué s’épanouit dans ses chansons qui content la vraie vie. Fondamentalement curieux, la nature humaine le rend interrogateur. Mais les questions fusent, sans nécessairement trouver de réponse.

Durant toute sa prestation, il ne cessera de prendre le public à partie sur des sujets qui lui tiennent à cœur : la vie, la mort, les rencontres, les amis, etc.

Après plus de 10 ans de carrière, Ben Mazué est l’un des artisans de la chanson française. Un enfant aussi en quête de réponse.

Il est 22 heures 15 lorsque le show se termine. Une bien belle édition. Un site formidable. Des jeux. Des concerts. Une ambiance bon enfant. Un soleil radieux. De quoi attendre impatiemment l'édition 2023…

(Organisation LaSemo)

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

LaSemo 2022 : samedi 9 juillet

Écrit par

Depuis 2013, le Parc d'Enghien, domaine de 182 hectares situé sur les communes belges d'Enghien et de Silly, accueille le LaSemo.

Caractérisé par ses espaces verts exceptionnels, ses pièces d'eau, ses jardins et des bâtiments qui couvrent près de 400 ans d'histoire, le site est propice à la découverte ainsi qu’au lâcher-prise et convient donc parfaitement bien à ce type de festival.

Après avoir traversé plusieurs crises sanitaires successives, le LaSemo revient sous sa version originale. Suite à la pandémie, les organisateurs avaient dû se contenter de versions épurées baptisées ‘Ceci n'est pas le LaSemo’ en 2020 et ‘Ceci n'est pas encore le LaSemo’, l'année suivante.

Contrairement aux deux années précitées, les masques ont totalement disparu reléguant au passé (?!), les vicissitudes atroces causées par les incertitudes épidémiologiques. Situation paradoxale puisque à l'heure d'écrire ces lignes, les contaminations reprennent de plus belle ...

Quoi qu'il en soit, pour cette nouvelle édition, tout y est : le Château est magnifiquement mis en évidence et on y retrouve les jeux pour les têtes blondes, les spectacles pour les plus grands enfants ou encore un espace ‘Amusoir’ basé sur le modèle intergénérationnel. Et cerise sur le gâteau, le temps est de la partie.

Autant de détails faisant du LaSemo un événement unique en son genre. Mais pas que, puisque ce festival mise aussi sur le développement durable. Vous cherchez du neuf ? Rebroussez votre chemin, vous n'y trouverez rien ! Tout est recyclé ! De vieilles bécanes qui permettent de recharger son portable à la force des guibolles, les chaises de mamy dispersées ici et là, histoire de poser son popotin, des casquettes faites de boîte en carton, sans oublier les toilettes sèches, évidemment. Inutile de préciser que cette liste est loin d'être exhaustive.

La vraie seule grosse déception sera l’absence de Jean-Jean, l’habituel géant givré de service chargé d’introniser avec humour, décadence et légèreté les artistes. Ce n'est pas sa première défection. Déjà en 2018, il avait été remplacé au pied levé par une Schtroumpfette qui ne lui arrivait pas à sa cheville (au sens propre comme au figuré).

Le festival se déroule à nouveau sur trois jours. Votre serviteur n'a malheureusement pu se rendre à temps sur le site le vendredi, là même où se sont produits notamment Fugu Mango et Girls In Hawaii.

Les hostilités débutent donc ce samedi par Barcella sur l’estrade de la Tour.

Homme de scène, il a décroché plusieurs prix émérites : championnats de France de ‘Slam Poésie’, prix ‘Jacques Brel de Vesoul’, récompense auprès de l'académie ‘Charles Cros’ pour son spectacle ‘Charabia’, etc.

Très à l’aise sur les planches, il jouit d’une longue expérience, puisqu’il a notamment assuré le supporting act de Jacques Higelin, Francis Cabrel, Sanseverino, Cali, Tryo, Zebda ou encore Thomas Dutronc.

Mathieu Ladevèze, à l’état civil, est un amoureux de la langue de Voltaire. Il aime le mot, le détourne de son contexte, l’utilise comme matière première, le façonne, l’envie, l’élève, le fait grandir, trie le bon grain de l’ivraie, avant qu’il ne renaisse dans chacun de ses textes, sur une musique dont la poésie moderne colle parfaitement à la chanson française.

Une évidence ! Il propose un ‘live’ où n’ont droit de cité que l’humour et la joie de vivre. Le gaillard rend festif ses propos, les malmène, les triture, les enjolive parfois, mais sans tomber dans la mièvrerie. Les seuls maîtres mots : bonheur et onirisme !

Cataloguer cet artiste de bouffon serait lui faire honte. C’est plus que ça. Bien plus ! Toujours en recherche d’exigence et d’inédit, sa conception musicale est concise et précise, entourant des jeux de mots percutants et réfléchis, tout au long d’un flow soutenu par des textes rageurs et affûtés, qu’il dispense en manifestant une autodérision majeure et éphémère.

Moment fort du spectacle, lorsque dans un élan de courage, il adresse un message au public féminin venu en masse. Lors d’un discours éloquent, il rend hommage aux… ‘salopes’.

Mesdames, ne le prenez pas pour vous ! Il sous-entend derrière cet idiome, les maladies, les catastrophes, etc. Bref, toutes ces saloperies qui nous empoisonnent la vie et qu’il qualifie ainsi…

Le public, pris au jeu, scande de plus en plus fort, cette expression rendue vulgaire aux oreilles des plus jeunes, présents eux aussi. Que les parents ne s'offusquent pas, c'est pour la bonne cause !

Autre scène, autre genre. Les membres de What The Funk se pressent à la Guinguette.

C'est sans doute l'endroit le plus atypique. La scène est constituée de palettes de bois. De vieux vinyles ont été cloués sur le pourtour du site, histoire de feindre un espace cosy. Si l'objectif final n'est peut-être pas atteint à cent pour cent, l'idée est originale en tout cas.

Ce podium bénéficie d’un bel espace ombragé car il se situe au milieu d'un espace arboré. Les spectateurs se sont installés au centre de l'hémicycle et attendent patiemment, une chope à la main.

Énergiques et passionnés, les membres de What the Funk sont au nombre de neuf. Leur truc, ce sont les reprises qui s’étalent des années 60 à aujourd'hui.

S’inspirant du meilleur de la black music, WTFunk mêle rythmes groovy et vibrations brûlantes : un cocktail bien frappé qui balance du lourd !

S’appuyant sur un répertoire judicieux et intergénérationnel, le groupe a offert un spectacle complet en visitant les gros standards du genre, le tout dans une bonne humeur contagieuse. Fallait voir le public se déhancher au gré de la basse syncopée et des guitares triturées par les pédales wah wah.

Bien que les formations de reprises soient dans l'air du temps, on peut quand même regretter l'absence de compos originales pour un festival de cette trempe.

Quoi qu'il en soit, le combo n'avait qu'un seul objectif : réveiller la pulsion rythmique qui sommeillait au plus profond de chacun de nous. Pari plutôt réussi et définitivement funky.

Retour à la scène de la Tour pour faire connaissance avec un jeune gaillard qui répond au nom de Tim Dup. Il est venu présenter les couleurs d'un nouvel album « La course folle ».

A vrai dire, cet artiste constitue la première belle surprise de la journée.

Agé de seulement 26 ans, ce garçon a tout d'un grand.

Il embrasse un univers où se marient volupté et mélancolie, le tout aiguisé par des textes empruntés à la langue de Molière.

En se servant de mots puissants, modernes et intimes à la fois, Tim brasse des thématiques vives et ensoleillées sur un lit de sonorités variées et audacieuses.

Des chansons qui invitent à l'évasion, tantôt avec légèreté, tantôt avec cette pointe d'autodérision. Il y parle de ses soirées d'apéros, de copains ou encore de l'Italie. Bref, une fraîcheur qui sent bon la jeunesse insouciante.

Devenu aujourd'hui une figure marquante de la scène française, le gaillard est aussi bien à l'aise devant le piano que le micro ; et il impressionne par la maturité de ses compos.

Si vous appréciez l'univers d'un Dominique A, vous devriez assez naturellement succomber au charme de Tim Dup.

L'heure est à la prestation de Patrice maintenant. L'artiste avait marqué les esprits en 1999 en publiant un elpee intitulé « Lions ». Pas étonnant donc que les groupies se soient pressées en masse devant le podium du Château.

L'homme dispose d'une large palette musicale. On passe de la soul au reggae et du blues au folk mélancolique en un tour de main.

Objectivement intéressant, l'homme ne parvient cependant pas à attirer l’attention de votre serviteur qui préfère remplir une fonction physiologique en se rendant au stand food.

Ce sera le dernier concert ‘organique’ de la journée, le reste étant consacré à la musique électronique. Un genre aux antipodes de ce que votre serviteur se met dans les portugaises. Curieux de nature, il prend la peine de jeter œil et une oreille au set de Thylacine.

Si dernière ce nom barbare se cache le loup de Tasmanie, ici, il en est tout autre puisqu'il s'agit de William Rezé, un musicien et compositeur français de musique électronique.

Issu du conservatoire, il prête ses talents de saxophoniste dans divers groupes et devient véritablement actif dans le milieu électronique, en 2012.

Si l'artiste se dit proche artistiquement de Fakear, Superpoze, Massive Attack, Four Tet ou Moderat, il s'inspire surtout de ses voyages pour composer sa musique qu'il façonne comme de la pâte à modeler.

La nuit vient de tomber. Des néons d'un bleu profond viennent s'immiscer subrepticement, faisant de ce moment de grâce, une parenthèse inattendue.

Planté au milieu de tout ce bidouillage électronique, Rezé est soutenu, sur certains morceaux, par un préposé aux ivoires. Et ses interventions sont subtiles. D’un noir étincelant, le piano à queue est planté au milieu de l'estrade.

Le jeune Français et son comparse sont d'une précision impressionnante. Tout est millimétré et calibré. Pourtant, par moments, lorsque l'on y est attentif, il semble que cette rigueur s’estompe pour laisser place à l'improvisation ; ce qui leur permet à la fois de revisiter, mais aussi de se forger un style unique.

Cette approche artistique permet au moins à Thylacine de renouer avec son passé de musicien du conservatoire.

Un vrai régal pour les yeux et les tympans.

Il est temps maintenant de regagner ses pénates, la dernière journée du LaSemo s'annonçant, elle aussi, très riche en découvertes et en surprises.

(Organisation : LaSemo)

(Voir aussi notre section photos ici)

Page 5 sur 1298