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Flat worms

Witness marks

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Les ‘Flat worms’, ce sont des vers plats, des plathelminthes, très exactement, mais c’est également le patronyme choisi par un trio californien (Los Angeles), dont le troisième elpee, « Witness marks » a bénéficié de la collaboration de Ty Segall.  Les musicos ne sont pas des néophytes, puisqu’ils ont milité soit chez Hunx & His Punx, Oh Sees ou The Babies. 

Entre garage punk, post punk et noisy rock, la plupart des compos sont imprimées sur un tempo enlevé voire frénétique ou carrément volcanique, mais diablement efficace. Les sonorités de guitares sont tour à tour stridulantes, acides ou fuzz. La section rythmique est implacable. Etrange, mais la mélodie de « Suburban swans » rappelle parfois le « Nice‘n’sleazy » des Stranglers. Glaciale et métallique, la voix de Will Ivy balance des textes surréalistes, mais empreints de rage et de folie. Punk is not dead !

Squirrel Flower

Tomorrow’s fire

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Née à Boston, Ella Williams s’est établie à Chicago, ville où le rock indé contemporain est à nouveau en pleine effervescence. Pour enregistrer « Tomorrow’s fire », le troisième LP de son projet Squirrel Flower, elle a reçu le concours de musiciens qui militent chez Bon Iver, Wednesday et War on Drugs. Mais si l’instrumentation est, en général, bien électrique, sa voix puissante passe aisément à travers pour communiquer son angoisse face au dérèglement climatique. En fait, toutes les compos qui figurent sur ses trois albums traitent du même sujet. Cependant ce dernier opus est manifestement celui qui adopte le format le plus rock, tout en préservant l’aspect délicat et nostalgique des mélodies.

Ce long playing s’ouvre par « I don’t use a trash can », un titre qui figurait déjà sur son premier album, « Early Winter Songs From Middle America », paru en 2015, mais qu’elle a complétement remodelé, en l’enrichissant d’harmonies vocales complexes. Indolent, « When a plant is dying » libère une intensité électrique digne du Crazy Horse de Neil Young. Caractérisé par ses guitares distordues, « Stick » libère davantage de sonorités grunge. La lente combustion de « Canyon » nous enveloppe dans un brouillard de guitares fuzzées et chargées de reverb. Et le dernier titre de cet opus, « Finally rain », s’ouvre sur une trame acoustique avant de monter progressivement en intensité électrique. Contagieux, « Intheskatepark » frôle l’univers de l’indie pop alors que « What kind of dreams is this ? » prend la forme d’une prière…

Elephant (Netherlands)

Shooting for the moon

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Elephant est une formation néerlandaise, établie à Rotterdam, aux Pays-Bas. Produit par Pablo van de Poel (Dewolff), « Shooting for the moon », constitue sons second LP, un disque au cours duquel le combo a reçu le concours de la chanteuse belge, Meskerem Mees, pour deux titres. Et paradoxalement, ce sont les deux morceaux les plus proches de Wilco. En l’occurrence, « The morning » et « April ». A cause de cette section rythmique propulsive et des solos de guitare subtils et lumineux, dispensés par Michael Broekhuizen, dans le style de Nels Cline. Des interventions de guitare le plus souvent élégantes, parfois orientalistes, traitées en slide voire délicatement psychédéliques. Et en général, les compos sont enrobées de jolies harmonies vocales. Tramée au départ sur une sèche en picking, la plage finale, « Moonlight, s’électrifie peu à peu, avant de replonger dans la dream pop entretenue par Elephant, tout au long de ce long playing dont les pistes révèlent des mélodies particulièrement soignées. Dommage que l’intensité électrique ne pas un peu plus vivifiante…

Silver Car Crash

Shattered Shine

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Silver Car Crash peut compter sur trois chanteurs et compositeurs différents : les guitaristes Connor Kapelewski et Justin Bennett ainsi que le bassiste Brandon Walker. Ce qui est manifestement un fameux atout pour ce groupe issu de Pittsburgh, aux Etats-Unis. En outre, dans leurs textes, ils sont témoins de la destruction du climat, de l’effondrement de la société et du destin des jeunes, face à l’état de notre civilisation au XXIème siècle.

« Shattered Shine » constitue son second elpee, un disque enregistré, suivant la volonté les musiciens, dans les conditions les plus proches du ‘live’ possibles. Et si le résultat tient la route, il faut reconnaître que le long playing est plutôt diversifié. On y croise pas mal de punk hardcore frénétique, du shoegaze (My Bloody Valentine ?), du noise-rock bien américain (Sonic Youth ?), de la lo-fi (« Crime » hanté par Sebadoh »), un clin d’œil aux sixties (« Lessons »), du post punk et on en passe. Enfin si les guitares peuvent se révéler chaotiques, rugueuses, denses ou explosives, elles peuvent devenir claires et sonores (Sad Lovers & Giants ?), à l’instar de « Pleasure zone » ou de « Sun dried tomatoes », même si cette plage concède quelques accès au funk blanc. La ligne de basse est littéralement meurtrière sur « Interference », le morceau qui ouvre le long playing. Quant à la voix du lead singer, Connor Kapelewski, elle est très souvent douloureusement déclamatoire…

Woods

Perennial

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Jeremy Earl, la tête pensante de Woods, a d’abord envoyé les boucles de claviers, de guitare et de percussions, qu’il avait créées, à ses compères Jarvis Taveniere et John Andrews. Puis ces deux derniers ont commencé à communiquer leurs idées, avant que le trio ne commence à composer. En studio, Woods a alors reçu le concours de John Andrews à la pedal steel ainsi que Kyle Forester au saxophone et au piano électrique (Würlitzer). En résulte un douzième opus, baptisé « Perennial » sur lequel figure 11 plages dont quatre instrumentaux, qui nous entraînent au sein d’un univers multicolore, ensoleillé, nostalgique et propice au rêve, mais surtout sophistiqué que certains médias n’ont pas hésité à qualifier de psych folk. Les harmonies vocales sont particulièrement soignées ; ainsi, celles dispensées sur « Sip of happiness » rappellent The Communards.

Le tout est saupoudré d’accents dispensés ça et là, de jazz, de dub, de soul, d’électro et même de country (cette pedal steel). On imagine la présence d’un saxophone et d’un mellotron sur « The seed », mais la piste est tellement éthérée qu’on ne distingue plus vraiment les instruments. Bref, une œuvre agréable à écouter mais dont votre serviteur ne fera certainement pas le disque de chevet…

Lathe Of Heaven

Bound by naked skies

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Lathe of Heaven est une formation issue de Brooklyn, New York, fondée en 2021 et « Bound by naked skies » constitue son premier elpee. Son patronyme est inspiré du titre d’un roman de science-fiction signé Ursula Le GuM. Certains textes des compos traitent d’ailleurs de cosmologie, mais également de la simulation, de la maladie mentale et de la métaphysique dans son contexte contemporain.

Musicalement, on est replongé dans l’univers du post punk gothique des eighties. Le climat est ténébreux. La ligne de basse est aussi cotonneuse que celle tracée par Simon Gallup au sein de The Cure. Les morceaux sont imprimés, en général, sur un tempo enlevé voire frénétique. La voix est caverneuse. Les percus sont assurées par une boîte à rythmes. Deux pistes sortent quand même du lot : « Moon – Driven sea » et le titre final, « Herald of the circuit-born », deux plages dont aux sonorités de guitare brimbalantes, carillonnantes, rappellent les Chamelons. Un elpee qui devrait plaire aux nostalgiques de Sisters of Mercy…

Deadletter

Un peu court, mais percutant !

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Deadletter est un sextet issu du sud le Londres qui, selon les médias les plus perplexes, se contente de faire revivre le post punk des eighties, alors que les plus ouverts estiment qu’il appartient à la nouvelle vague du rock qui s’abat depuis quelques années en Grande Bretagne. Certains le considère même comme une révélation sur la scène contemporaine insulaire. Lors du dernier festival BRDCST, qui s’était déroulé à l’AB, le public avait été conquis par sa prestation. Et puis, c’est quand même la dixième fois que la formation se produit en Belgique… Ce dimanche 22 octobre, il est programmé au club de l’AB. Et le concert est sold out.

Le supporting act est assuré par Nona Problemo. Originaire de la région de Louvain, il s’agit d’un des lauréats de l’édition 2021 du concours Sound Track, en Flandre. Ce quatuor implique un guitariste, un claviériste, un drummer et un chanteur/bassiste, dont la voix évoque Robert Smith. Il n’est donc pas étonnant que son post punk soit influencé par The Cure, même s’il est teinté de psychédélisme.

La salle est blindée lorsque Deadletter grimpe sur l’estrade : Zac au micro, George à la basse, Poppy (une fille) aux saxophones, Will et James (il mesure plus de 2 mètres !) aux guitares, et enfin Alfie à la batterie.

Le show s’ouvre par « Mysterical ». Les interventions de Poppy au saxophone sont envoûtantes. C’est manifestement ce qui fait l’originalité de la musique du band. Dès le deuxième morceau, Zac a trop chaud et enlève sa chemise, geste que va imiter Will, un peu plus tard. Le vocaliste est constamment au contact des premiers rangs. Il prend régulièrement des bains de foule. Elle est tout aussi enthousiaste, s’agite et on se bouscule à l’avant de la fosse. Un spectateur audacieux monte sur le podium puis se lance dans le vide, mais les mains des spectateurs lui permettent de crowdsurfer jusqu’au milieu de la salle.

 Efficace, la section rythmique se distingue par une ligne de basse cotonneuse et souvent plus puissante que les autres instruments. Et même de la voix de Zac. Les compos ne manquent pas d’énergie, mais elles sont régulièrement tramées sur une même structure. On en oublierait presque les paroles qui reflètent l’engagement sociopolitique du groupe.

Plus pop, « Degenerate Inanimate » permet un peu à tout le monde de souffler.   Avant le retour à l’intensité électrique, qui parfois évoque celle que dispensait Franz Ferdinand à ses débuts.

Pendant « Madge's Déclaration », les tambourins et les cymbalettes s’invitent et dynamisent le show, alors que Zac, déambule au milieu de l’auditoire, lui demande de s’accroupir, puis de se relever pour vivre un pur moment de folie. Zac peine alors à revenir sur les planches.

« Zeitgeist » achève un show d’à peine 50 minutes dont plusieurs titres ont été puisés au sein de l’Ep « Heat », paru l’an dernier. Pas de rappel. Un peu court, mais percutant !

Setlist : « Mysterical », « The Snitching Hour », « Murdered », « Hero », « Degenerate Inanimate », « Madge's Declaration », « Haunting », « Fit for Work », « Credit », « Binge », « Deus Ex Machina », « It Flies », « Zeitgeist ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

Haru Nemuri

Expérimental, excitant et inventif…

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Haruna Kimishima aka Haru Nemuri est l’une des artistes émergentes les plus passionnantes du Japon. Sa musique est le fruit d’un mélange unique entre J-rock, noise pop, punk, hardcore et hip-hop. De quoi faire tourner les têtes. Elle chante, bien sûr, dans sa langue natale. Elle se produit ce mardi 17 octobre, à la Rotonde du Botanique. Paru l’an dernier, son dernier elpee, « Shunka Ryougen », recèle de nombreux bangers (NDR : de puissantes sonorités de basse qui incitent à la danse). Elle incarne la parfaite ambassadrice improbable de la scène alternative nippone, riche et fertile qui y a prospéré depuis des décennies.

Dorothy Gale assure le supporting act. C’est une des 5 finalistes du Concours-Circuit qui se déroulera ce 8 décembre au Bota. Il n’y a pas grand monde dans la salle, lorsqu’elle grimpe sur l’estrade. Dorothy Gale est un personnage de fiction dans l'univers imaginaire d'Oz, inventé par l'auteur américain L. Frank Baum. C’est également le patronyme choisi par une jeune Bruxelloise responsable d’une musique électro. Derrière elle s’installent deux collaborateurs qui bidouillent des machines face à une table : Alwis et Jordan Le Galèze.

Tout au long de ce set, Dorothy chante d’une voix pop suave en racontant des histoires ou à travers un cri poignant et punk, dynamisant le tout par les productions électroniques. Face à son pied de micro, elle remue pas mal. Elle danse, sautille et invite le public à la suivre. Et il est réactif. Si la scène est dépouillée, elle se distingue par un contraste entre ombre et lumière. Malheureusement, le son est bien trop fort pour les oreilles de votre serviteur. Alors il préfère les préserver pour la tête d’affiche…

Quelques instants avant que Haru Nemuri ne monte sur le podium, la salle est comble. Elle est vêtue comme une geisha vaporeuse et froufrouteuse rappelant la mode japonaise à la lolita, fière de ses couettes. En retrait, se plante un bidouilleur devant une table sur laquelle sont posés des tas de machines électroniques. Pas de musicos ni d’instruments, seulement son collaborateur, Haru et son scratcher.

Une belle interactivité s’établit entre l’artiste et les premiers rangs, mais elle s’exprime dans un anglais approximatif que l’on comprend à peine. Il faut dire que lorsqu’elle parle, sa voix est fluette, enfantine et très chantante. Mais quand sa prose prend un ton détaché presque clinique, c’est pour mieux exploser en cris gutturaux qui tendent chaque syllabe dans une cadence grotesque. Chaque mot libère alors une certaine émotion. Sur fond de percussion tribale, elle matraque le public de ses ‘Ai ai ai ai ai’. Conquis, celui-ci lui répond en vociférant ces paroles entêtantes. Quant aux machines, elles répandent des sonorités vocales, parfois criées, de guitares bruyantes et de cordes lointaines.

Elle rit très souvent et son rire est communicatif. Elle se balance sur scène et danse comme dans un état de folie.

Une couture de sa tunique a cédé. Elle s’en amuse, mais file dans les loges, deux petites minutes, pour revenir dans un accoutrement aussi vaporeux. Elle récupérera, par la suite, sa tenue raccommodée. Elle n’en n’oublie pas « Angry Angry », une compo co-écrite avec sa compatriote Jaguar Jonze, un hymne au féminisme déterminé en réponse à la prédation et à la tentative de meurtre d'une concitoyenne, par un homme de 36 ans.

Manifestement, ses expérimentations défient le paysage pop japonais d'une manière aussi excitante qu’inventive. Belle découverte !

(Organisation : Botanique)

Adé

Entre pop luxuriante et country lumineuse…

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À la suite de l’attentat perpétré l’avant-veille au Boulevard Sainctelette, peu de monde s’est déplacé pour assister au concert d’Adé programmé ce mercredi 18, au Crique Royal de Bruxelles. Seul les sièges du bas et la fosse sont remplis.

Adélaïde Chabannes de Balsac, aka Adé, a déjà bien baroudé. Elle a milité au sein de Thérapie Taxi avant de se lancer dans une carrière solo. On aimait alors déjà, son aplomb, sa voix claire, son allant et la fougue de sa jeunesse. La chanteuse a choisi aujourd’hui d’entamer sa mue, de développer les registres musicaux de son chant. Elle est venue défendre son premier elpee, « Et alors ? », un disque aux influences folk-pop et aux mélodies entêtantes.

Le supporting act est assuré par Hélène Sio, une jeune artiste de 22 ans qui a suivi des cours au Conservatoire auprès d’Ibrahim Malouf. Autrice, compositrice et interprète, celle qui a fait succomber des milliers de followers via ses reprises, dévoile enfin ses compositions originales. Originaire de Narbonne, elle a débuté le chant lyrique à l’âge de 9 ans. Elle avoue puiser ses influences chez Alain Bashung, Franck Sinatra, Michel Legrand et Juliette Armanet. A tout juste 17 printemps, elle a participé à l’édition française de The Voice où elle a atteint la demi-finale.

Sur les planches, Hélène, tête blonde bouclée à la Blondie, est soutenue par un guitariste et un bassiste/claviériste. Elle chante tantôt au milieu du podium, face à son micro ou à sa droite, derrière ses ivoires.   

Elle possède une voix profonde, cristalline, douce et aérienne, sorte d’hybride entre Emma Louise, Louane et France Gall. Elle nous réserve de jolies ballades romantiques aux sonorités pop, à l’instar de son premier single « Je Veux Toucher Vous » ainsi que « Fin de Film ».

Solaire, sensible et particulièrement interactive, elle établit un excellent contact avec le public.

Elle nous explique brièvement qu’elle a vécu une relation amoureuse qui s’est terminée brusquement. Son ex l’avait blacklistée sur le net. Elle devait lui transférer des virements de 50 cents via PayPal. Elle a traduit cette mésaventure dans la chanson « Les Virgules », qu’elle interprète aux claviers. Une bonne première partie.

A 21 heures, les lumières s’éteignent pour dévoiler le décor. Des spots accrochés au plafond illuminent la salle d’une lumière bleue. Sur la tenture sise en arrière-plan, apparaît des parties de néons bleus qui finissent par dessiner le nom ‘ADE’ en grand. Il réapparaîtra à plusieurs reprises, au cours du spectacle.

Après une courte intro pré-enregistrée, les musicos débarquent. Les deux guitaristes se plantent aux extrêmes du podium. Les rejoignent un bassiste et un drummer qui s’installe sur une estrade. Telle une princesse des temps modernes, Adé arrive à son tour. Du haut de ses 27 ans, les cheveux de couleur geai au vent, elle est vêtue d’un tee-shirt orange sur une petite jupe portefeuille noire de type trapèze ressemblant fortement à un short court.

Le set s’ouvre par « Les Silences ». Et on est immédiatement balayé par le vent qui souffle d’ordinaire sur les grandes plaines de l’Ouest américain. Il n’y manque que les saloons où traînent les cowboys. Car la musique dispensée ce soir évolue essentiellement dans un mix pop luxuriante et country lumineuse.

Dès « J’me barre », Adé met son public en poche. Toutes les chansons sont bonnes, efficaces, touchantes ou entêtantes. Adé occupe bien la scène libère une belle énergie et affiche un naturel plus qu’assumé. Il existe une vraie fraîcheur dans les mélodies de ses compos. Sa voix, à la fois pure, sucrée et sensible, y est pour beaucoup et porte des textes qui semblent souvent focalisés sur les désillusions amoureuses et le courage nécessaire pour les surmonter (« Solitude imprévue », « Insomnies » et « Side By Side »).

Lors du premier rappel, Adé va nous réserver un petit medley acoustique au cours duquel seront repris « Jolene » de Dolly Parton et « Jimmy » de Moriarty. Toute la formation se serre sur l’estrade du drummer, ce dernier se concentrant sur un petit tambourin. Pendant cet intermède country/folk, la voix d’Adé acquiert ce petit supplément d'âme qui apporte une autre dimension au concert. On l'imagine alors exceller dans un registre crooner jazzy.

Adé accorde un second encore constitué de trois nouvelles chansons : « 20 ans », « Nuit Américaine » et « Juke Box ». Elles seront intégrées à la réédition de son premier opus qui paraîtra en novembre 2023. La setlist a d’ailleurs été essentiellement consacrée à cet LP, enregistré à Paris, Bruxelles et -parce que la Parisienne rêvait de pedal steel, dobro, banjo, mandoline et harmonica- au studio Sound Emporium de Nashville, là où Emmylou Harris et Willie Nelson y ont enregistré…

Aucun titre de Thérapie Taxi n’y a été inclus lors de ce show de très bonne facture, mais malheureusement un peu court…

Setlist : « Les Silences », « J’Me Barre », « 20 Ans », « Berceuse », « Solitude Imprévue », « Nuit Américaine », « Side By Side », « Insomnies », « Juke Box », « Q », « Avec Des Si », « Tout Savoir ».

Rappel 1 : « Eh Alors », Medley « Jolene, Home, Don't Think Twice, It's Alright » (Elvis Presley cover), « America » (Razorlight cover).

Rappel 2 : « Sunset », « Si Tu Partais », « Bonne Année ».

Organisation : (Live Nation en accord avec Uni-T)

 

Festival des Libertés 2023 : mercredi 18 octobre

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Le monde est chaud !      

Le Théâtre Naional est situé à quelques centaines de mètres du lieu de l’attentat qui s’est déroulé à Bruxelles, l’avant-veille. On aurait pu craindre une annulation du festival ou un renforcement des mesures de sécurité. Finalement, par rapport à la soirée de dimanche (Vitalic), rien n’a vraiment changé : pas de longue file ni de fouilles à l’entrée. Pour notre plus grand bonheur, et une façon de ne pas céder à la peur. Même si certaines connaissances présentes le lundi, redoutaient de revivre un deuxième ‘Bataclan’, en apprenant, en direct, la tuerie perpétrée à deux pas de la salle.

Mais ce soir, l’ambiance est et restera bon enfant. En outre, elle sera définitivement ‘peace’ comme dans tout bon concert de reggae et world music. Et d’ailleurs, celui de Tiken Jah Fakoly est programmé, lors de cette 7ème soirée de festival, entre deux films engagés et de qualité. ‘Behind the line’ raconte le parcours d’une artiste (dessinatrice) syrienne, confrontée à l’instabilité dans son pays et le choix de le quitter ou d’y rester. Puis ‘The mind game’, un film/documentaire de Sajid Khan Nasiri, jeune Afghan de 15 ans, qui a fui le sien pour la Belgique et raconte ses périples. Des thèmes qui correspondent parfaitement aux valeurs sociopolitiques défendues par l’artiste.

Tiken Jah Fakoly est originaire de la Côte d’Ivoire, et a commencé tardivement (à l’âge 30 ans) à chanter du reggae. Mais près de 25 ans plus tard, il s’est forgé une réputation de militant. Un engagement politique qui lui a valu d’être persona non grata dans son propre pays, le forçant à s’exiler au Mali et pendant quelques années, au Sénégal. Responsable de 11 albums intéressants, à ce jour, et assurant de fréquentes tournées (NDR : dont une dernière date sold-out à l’AB, en mars 2023), il est toujours actif sur le circuit musical.

Et le concert de ce soir ne va pas faillir à sa réputation. Les 8 musiciens débarquent d’abord sur les planches : 3 cuivres, 1 bassiste aux allures de Jamaïcain, 1 guitariste, 1 batteur et 1 claviériste. Et surtout une touche d’originalité : un préposé au Xalam (NDR : ce n’est pas le nom d’un médicament, mais un luth sénégalais). Les deux choristes suivent, puis l’ensemble se lance dans une impro de quelques minutes, qui s’achève par la phrase ‘le passager Tiken Jah Fakoly est demandé’. Et le chanteur de s’exécuter en déboulant sur « Dernier appel » (NDR : issu de l’elpee éponyme, paru en 2014). Il embraie par « Le peuple a le pouvoir » et « Africa » (NDR : dans un anglais très approximatif, mais on lui pardonnera). « Tonton d’America » communique son premier message sur le réchauffement climatique, avant un second en soutien à ‘SOS Méditerranée’. Puis « Gouvernement 20 ans » (NDR : issu du dernier opus, « Braquage de pouvoir », sorti en 2022). Et surprise, le ‘capitaine’ Winston Mcanuff débarque pour chanter en duo « I can hear ». Le Jamaïcain, qui collabore régulièrement avec des artistes français, affiche un look plutôt exubérant. Ses pas de danse enragée et sa puissance vocale collent naturellement à la prestation du quinquagénaire (NDR : il est âgé de 55 balais). L’énergie est partagée aussi bien sur les planches que dans le public. « Le monde est chaud » lui permet de faire passer de nouveaux messages sur le dérèglement climatique (‘La planète nous donne des coups’). Il n’en oublie pas « Plus rien ne m’étonne », « Quitte le pouvoir » ou « Ouvrez les frontières », des tubes interprétés en fin de parcours, puis en rappel, « Françafrique » et « Braquage de pouvoir » qui ponctuent plus de deux heures d’un concert intense.

Et la fête va se poursuivre, pour les plus persévérants, dans le couloir de l’étage, où une scène gratuite propose un set de Bantu Continua Uhuru Consciousness (BCUC en abrégé, et affiché en arrière-plan), un groupe issu de l’Afrique du Sud dont la musique mêle allègrement la world, la pop et une sorte de funk. Que d’émotions en cette soirée, et positives cette fois-ci. Cela fait du bien après celles de tristesse, éprouvées deux jours auparavant, à l’issue de l’attentat. Merci Tiken, merci le festival des Libertés !

(Organisation : Festival des Libertés)

 

 

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