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L’ostréiculture de Quivers…

La formation australienne Quivers sortira son troisième long playing, « Oyster cuts », ce 9 août 2024. Ses deux premier elpees ont été salués par les musicos de R.E.M. ! Faut dire que sa jangle pop rêveuse et délavée par le soleil est parfois susceptible de…

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Tagada Jones

TRNT - Best-of - 1993-2023

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L’heure du ‘Best Of’ a sonné pour les trublions punk hardcore de Tagada Jones. A l’heure de fêter leurs 30 ans et 10 albums au compteur, les Rennais ont choisi de nous offrir une compilation avec une particularité : celle d’une relecture musicale de leurs tubes emblématiques réenregistrés et réorchestrés, notamment en compagnie des Bidons de l’An Fer ou d’un quatuor à cordes, sans oublier un inédit (« Le Poignard »), qui démontre que les interprètes de « Mort Aux Cons » préparent déjà la suite !

« TRNT - Best of 1993-2023 » (trente ans déjà pour les non-initiés) nous propose 15 morceaux repensés... et un inédit, en un peu plus de 54 minutes, qui pètent le feu. Aux antipodes d’une simple compilation, cet opus concentre tout ce que représente Tagada Jones depuis ses débuts : rester fidèle à son indépendance et à des principes tels que l’absence de concessions, le politiquement incorrect et une véritable conscience sociale.

Piochant dans le punk, le hardcore voire le métal avec un certain sens de la mélodie, Tagada Jones est un phénomène inédit francophone partageant l’ADN des Béruriens Noirs, des Sheriff, de Parabellum et le goût fougueux de The Exploited ou de Bad Religion, tout en incarnant personnifiant la rage et la ténacité. Il s’est construit sur une base solide en explorant, au cours de sa carrière, différents paysages musicaux.

« Le Dernier Baril » est un des hits sauvages de la formation parmi les plus récents. Il a bénéficié d’un mixage qui fait rebondir les notes contre les parois en fer de bidons d'or noir.

Totalement dépoussiéré par un hardcore vif et clair (vif éclair en somme), « Zéro de Conduite » est l’occasion de remonter aux premiers tubes du combo, avant les trois derniers long playings qui ont achevé de propulser Tagada Jones parmi les bulldozers de la scène alternative française.

Si le très électro/rock « Manipulé » ne nous rajeunit pas, « Le Poignard » (la vidéo est à voir et écouter ) plante un inédit susceptible de nous faire patienter jusqu’au successeur de « A Feu Et A Sang ». Rapide, revanchard et jouissif, ce punk-rock puissant suggère un Bad Religion à la française et serait bien capable de nous fera sautiller tels des démons dans les futurs circles-pit. Dans la même veine, le réenregistrement du punk « Combien De Temps En Cordes » (le clip est disponible ici), arrangé au violoncelle, est surprenant. Cette intervention parvient à puiser le spleen qui est en nous. Du punk symphonique ? Fallait oser, et c’est réussi.

« Nation To Nation » émarge davantage au rock indus. Intéressant, le chant british affiche ce côté rugueux sur les angles(ais).

Beau bilan de carrière pour Tagada qui possède toujours la hargne et la fougue d’une jeunesse toujours d’actualité.

 

Suif

Hollow (Ep)

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Suif, basé à Bordeaux, a débuté ses premières répétitions en 2019. Puis la crise de la COVID a freiné son élan.

En 2021, les musiciens se réunissent à nouveau et se produisent lors de quelques festivals en France.

Son deuxième Ep, « Hollow », est paru ce 14 février 2024.

Un premier album devrait voir le jour prochainement

Une voix mélancolique, une basse rêveuse et des riffs de guitare déchirants : le clip consacré à « Hollow » est disponible .

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Ischia

Sleep (single)

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Ischia, c’est le nom d’une île sise dans la baie de Naples, mais aussi un quatuor viennois capable de nous entraîner dans des endroits mystérieux. Si les harmonies peuvent se révéler ténébreuses, elles ouvrent un univers sonore complexe qui navigue quelque part entre shoegaze, dream pop, jazz, bossa nova et rock indé, au sein duquel les guitares brutes rencontrent des refrains accrocheurs. Quant aux textes, ils fustigent le patriarcat et la soi-disant méritocratie. Et ce n’est pas le moment de dormir !

Intitulé « Leave Me To The Future », l’album sortira ce 13 septembre 2024.

« Sleep » est disponible sous forme de clip ici

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Jean-Marie Aerts

Décès du producteur Jean-Marie Aerts, ancien guitariste de T.C. Matic…

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Le guitariste et producteur belge Jean-Marie Aerts, connu comme ancien membre de T.C. Matic, est décédé à l'âge de 72 ans, après une longue maladie.

Aerts a été le guitariste et le bras droit d'Arno Hintjens dans T.C. Matic, un groupe qui a marqué les années 80 avec des succès comme « Oh la la la » ou « Putain putain ». Il a aussi produit plus de 200 albums belges et internationaux, notamment pour Urban Dance Squad, De Kreuners, Arbeid Adelt !, Raymond van het Groenewoud et Jo Lemaire.

Aerts a été salué comme un héros et un monument de la musique pop belge par le journaliste et mélomane Jan Delvaux. Il a également contribué au récent spectacle de danse d'Anne Teresa De Keersmaeker. Son travail auprès d’Urban Dance Squad a été reconnu comme une source d'inspiration pour des groupes comme Red Hot Chili Peppers et Rage Against The Machine.

RIP

Hollow Coves

Convainquant !

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Ce dimanche 14 avril, l’Ancienne Belgique est en configuration ‘Ballroom’ pour accueillir Hollow Coves, un groupe australien, issu de Brisbane, très exactement.

Fondée en 2013 par les auteurs, compositeurs et chanteurs, Ryan Henderson et Matt Carins, cette formation pratique un indie folk, caractérisé par de superbes harmonies vocales à deux voix.

A son actif, quatre Eps et deux elpees, dont le dernier, « Nothing To Lose », est paru en mars dernier. Le band avait fait salle comble à l’AB Box, il y a 2 ans.

Le supporting act est assuré par Garrett Kato, un Canadien émigré en Australie.

A ce jour, il a gravé trois long playings : « Small Town Ritual « (2022), « Hémisphères » (2020) et « That Lown Lomesone Sound (2018).

Il débarque sur les planches, coiffé d’une casquette de basketteur et armé d’une gratte semi-acoustique. En 35 minutes, il va nous réserver 6 morceaux et notamment une compo écrite en l’honneur de son chien. L’artiste raconte que son canidé aime les belles femmes, tout comme son propriétaire. Ce qui déclenche l’hilarité dans l’auditoire. Il empoigne ensuite un harmonica qu’il présente comme son collaborateur sur scène.

Il bavarde beaucoup entre ses chansons ; mais quoique agréable, son set s’avère monotone…

Place ensuite à Hollow Coves.

Le décor est simple : une tenture est tendue en arrière-plan. Elle changera de couleur en fonction des morceaux. Installé au plafond, le light show émane d’une armée de spots.

Deux estrades, l’une à gauche, l’autre à droite, légèrement de biais, sont destinées à accueillir, respectivement, le bassiste et le drummer.  

Ryan Henderson s’installe derrière son clavier, mais au cours du set, il va surtout se servir d’une guitare semi-acoustique. Armé de sa sixcordes électrique, Matt Carins se plante au centre de la scène.

Le bassiste ne tient pas en place. Il déménage et pas seulement littéralement. Pendant « The Woods », il s’installe aux avant-postes et vole carrément la vedette aux deux leaders. Mais, la plupart du temps, il s’établit une véritable communion entre les artistes et les premiers rangs.

Avant « Evermore » les comparses divisent la salle en deux. La partie de gauche est invitée à reprendre le refrain en compagnie de Ryan, alors que Matt entraîne celle de droite. Et le résultat, guidé par les deux superbes voix du duo, est remarquable. Le hit « Photographs » est de la même trempe. A l’invitation des deux compères, les smartphones s’allument dans la salle pour créer un univers parsemé d’étoiles.

Pendant « Anew », Matt incite la foule à s’accroupir et puis à jumper. Toute la fosse obtempère. Tout au long de « The Open Road », Matt souffle dans son harmonica et l’auditoire est tellement enflammé par cette intervention, qu’il n’arrête pas d’applaudir. Cocasse, la formation embraie brièvement par « Les 4 saisons » de Vivaldi.

En rappel, le band nous réserve « Costaline », la compo qui lui a permis de se faire connaître à travers le monde. Et le show de s’achever par le magnifique « Milk & Honey ».

Une prestation convaincante aux morceaux bien construits et raffinés par des harmonies vocales surprenantes qui prennent aux tripes…

Lors des deux concerts, le son était clair, presque cristallin. Installé devant la table de mixage, votre serviteur a pu constater que le volume oscillait entre 85 et 92 db. Merci pour avoir pris soin de nos portugaises !

Setlist : « Nothing To Lose », « The Woods », « Letting Go », « Purple », « Moments », « Harder To Fake It », « Let’s Go », « Evermore », « See You Soon », « Photographs », « The Open Road », « Blessings », « Anew », « On The Way ».

Rappel : « Coastline », « Milk & Honey ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Joe BeL

Family Tree

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Votre serviteur doit avoir assisté à une dizaine de concerts accordés par Joe Bel, une Lyonnaise aux cheveux roux et aux yeux noisette qui lui avait d’ailleurs accordé une interview en 2015.

« Family tree » constitue son second elpee. L’arbre familial est un arbre généalogique remontant jusqu’au XVIIIe siècle, mais surtout se réfère au grand-père paternel, Narcisso, né à Izmir en Turquie en 1916 et décédé en 1995, alors que Joe n’avait que 8 ans. Elle lui rend hommage en expliquant simplement son histoire dans « Ladino » (la langue des Juifs séfarades espagnols). Elle raconte qu’il parlait cet idiome avec les parents de l’artiste, mais pas avec elle. Et utilise le même langage tout au long de « Morenika », une chanson douce, touchante et surtout très belle comme elle seule est capable de la chanter, en s’accompagnant à la sèche. Elle pourrait chanter en allemand ou en japonais, en grec ou en turc (pour faire référence à ses origines) tellement sa voix traverse les frontières, les sons, les langues. Mais elle interprète les autres morceaux en anglais ou en français.  A l’instar de « Your Own Hands » qui ouvre cet album, « The Secret », « Montréal » et « Two Weeks », autres plages à épingler au cours desquelles son folk empreint d’émotion, aux mélodies entêtantes et aux couleurs méditerranéennes touche délicatement les cœurs…

Hildebrandt

Will

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Après avoir gravé « Les Animals » et « îLeL », Wilfried Hildebrandt, aka Hildebrandt, nous propose son troisième elpee « Will », une œuvre au cours de laquelle il allie mélancolie, douceur et ironie.

Au début, depuis son petit studio sis près de sa ville natale, le Rochelais postait, sur les réseaux sociaux, de petites vidéos à voix nue sur instrument brut, des clips reflétant sa simplicité, sa clarté, sa sincérité et sa générosité.

Lescop l’a remarqué le premier et lui a indiqué qu’il pourrait, un jour, produire un de ses albums. Ils sont devenus amis et non seulement Lescop a mis en forme ce « Will », mais il a construit une véritable colonne vertébrale aux douze compos à l’aide du piano, des chansons aux mélodies simples, sans arrangements électroniques ; des airs à fredonner et des paroles faussement désinvoltes.

Wilfred a des choses à raconter. Dès « A Part Ça », il initie une électro/pop hautement relevée, à l’aide de mots sensibles et poétiques. On doit tout repousser, remettre les projets à plus tard pour chérir l’urgence, pour se sentir vivant dans les tripes. Ensuite, il faut relativiser reconnaître que l’on ne va pas si mal en se préservant des angoisses.

« Rater Sa Vie « l’inspire et se sert de petits gimmicks attractifs. Il se passe d’idéal. Son duel vocal, sur le refrain, est vraiment superbe.

Bien en rythme, « On Voit Mieux La Nuit » est à la fois dansant, tendre et classieux.

Sur le plus mélancolique « Pour L’Apparat », il s’interroge sur l’utilité des artistes et leur travail de création tandis qu’il est justement rejoint par Buridane, dans sa recherche de vérité brute pour « Tu Ne Mens Jamais ».

Tout au long de « Méfie-Toi », l’ironie et la détermination mènent la danse. Cette ballade aux allures de fin de bal des années 60 monte en crescendo avant de s’élancer vers des guitares presque noisy.

« La Soif » évoque l’amour charnel qui s’inscrit dans le temps.

Le titre maître va à l’essentiel, l’artiste espérant que chacun y trouve un écho personnel. Pour Wilfried, une musique qui se fredonne est une musique réussie…

 

The Maniax

Before The End

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Fondé en 2019, The Maniax est une formation originaire d’Audincourt en région Bourgogne-Franche-Comté.

« Before The End » constitue son premier long playing. Toutes les prises ont été réalisées en live afin de de conserver l’énergie libérée sur les planches.

Sa musique oscille de l’alt rock au surf, en passant par le stoner. Une exception qui confirme la règle, « Dance Macabre ». A cause de la voix qui entraîne la solution sonore vers le métal âpre.  

Sur cet elpee on y rencontre des riffs puissants à la Billy Talent, les distorsions profondes de Mastodon et les mélodies inaltérables de Dick Dale. De l’orgue Hammond, également. Les influences ne suffisent pourtant pas à étouffer la singularité du band qui concocte ici un rock sombre, mélancolique, parfois détraqué, au climat trouble et très cinématographique. Rien que des titres comme « Portrait Of A Murderer » et « Sortilège » ne peuvent que confirmer cette impression.

Ce concept album nous plonge dans le Londres du XIXème siècle, celui de l’Angleterre victorienne d’Edgar Alan Poe, des ruelles sombres, mal éclairées, effrayantes et mal famées de Whitechapel dans l'East End, où à sévit, en son temps, Jack l’Eventreur, et raconte l’histoire d’une femme vouée à un destin funeste, de l’adolescence jusqu’à sa mort. Elle finira par se convertir à la sorcellerie pour s’émanciper de sa condition d’être humain, et de femme également, puisqu’elle n’avait aucune place dans ce monde. Paru en single, « Wrong Book » a bénéficié d’un clip vidéo (à voir et écouter ), et nous entraîne au sein d’un univers fantastique digne du romancier. En outre, il est en parfaite adéquation avec la musique du band.

Très réussi, l’artwork est signé par Julian et Alex du studio Vaderetro.

 

Catherine Graindorge

De l’élévation de l’âme par la poésie, l'amour et la musique… à la célébration de nos êtres chers disparus…

Sur son nouvel elpee, « Songs For The Dead », Catherine Graindorge communique une dimension métaphysique à son art. Basées sur un poème d'Allen Ginsberg et sur le mythe d'Orphée et Eurydice, les 8 nouvelles compositions révèlent un univers onirique, romantique et paradoxalement, à la fois sombre et éclatant de lumière. Un opus que la violoniste belge a réalisé en collaboration avec, entre autres, Simon Huw Jones, le chanteur du groupe culte And Also The Trees, qui a partagé la profondeur tellurique de sa voix et son inspiration lyrique. Un LP d'une touchante beauté, que l'artiste a présenté à Musiczine au cours d'une interview réalisée en collaboration avec l'émission WAVES.

Catherine, les lecteurs de Musiczine t'ont déjà découverte l'an dernier, lors de notre première interview, au cours de laquelle on a parlé de ton projet réalisé en compagnie d’Iggy Pop et du dernier opus de Nile On waX. On avait juste évoqué celui pour lequel on se rencontre aujourd'hui, qui s'intitule “Songs For The Dead”. Quelle est l'idée derrière ce projet ?

Cet album est une manière de célébrer les êtres chers disparus. Je l'ai construit autour d'un poème d'Allen Ginsberg, ‘A Dream Record’. Dans ce rêve, Allen Ginsberg raconte qu'il retrouve Joan Vollmer, la femme de William Burroughs. Elle est assise sur une chaise et ils discutent. Et puis, tout à coup, il voit sa tombe. Il se rend compte qu'elle est décédée. Et dans la réalité, effectivement, Joan Vollmer a été accidentellement tuée par William Burroughs, son mari. Ils étaient sous l'influence de stupéfiants et d'alcool et ont voulu jouer à Guillaume Tell. Il a tiré une balle de revolver sur un verre posé sur sa tête et il a mal visé. Ce qui m'a interpellée dans ce poème, c'est la question de la disparition subite. Que des événements peuvent basculer tragiquement en un instant. C'est une question qui me hante et m'interroge.

Et tu as voulu combiner ce drame et la mythologie ?

Cette femme qui, tout à coup, réapparaît, et ensuite, re-disparaît subitement, me rappelle le mythe d'Orphée et Eurydice. C'est l'idée de vouloir ressusciter les morts. Orphée va rechercher Eurydice dans les enfers, mais il ne peut pas se retourner s'il veut la ramener à la vie. Et malheureusement, il se retourne, et elle est perdue pour toujours. Mélanger ces deux histoires me semblait en harmonie.

Lorsque tu as eu l'idée de ce projet, c'était dans le cadre des Nuits Botanique...

Lorsque le Botanique m'a proposé une carte blanche, pendant un an, j'ai pu explorer de nouvelles pistes et réfléchir à un nouveau projet. J'avais envie de mettre en scène une figure féminine qui incarne Eurydice et Joan. En l'occurrence, moi. J'ai aussi souhaité incorporer un antagoniste, un homme qui soit à la fois la figure d'Orphée et de Ginsberg, cette figure masculine de la Beat Generation. J'avais envie d'une voix qui ait une dimension poétique, un peu théâtrale, capable d'alterner chant et ‘spoken word’. Mon conjoint, Elie, qui est un fan d'And Also The Trees, m'a fait entendre la voix de Simon Huw Jones et je me suis dit : ‘Oui, elle correspondra bien à mon univers. Simon possède cette dimension onirique...’

Et il affiche aussi un côté 'dark romantic'.

Oui, ça, d'office. Je vais toujours chercher des chanteurs 'dark romantic' (rires)…

Effectivement, on voit le lien avec Iggy Pop, Nick Cave, les Bad Seeds...

Pourtant, Iggy Pop n'est pas si 'dark' que ça... Il a quelque chose de très lumineux. Mais c'est vrai que Hugo Race et les autres... J'aime les personnages dark romantiques. Voilà...

Tu ne pouvais pas trouver mieux que Simon Huw Jones... En plus, il a participé à l'élaboration des paroles.

Oui, ça s'est fait de manière très naturelle. Quand je choisis quelqu'un je fais toujours confiance à mon intuition et souvent, mon intuition est plutôt juste. Que ce soit pour Simon Huw Jones, Iggy Pop ou Hugo Race, il n'y a rien à dire : c'était parfait.

C'est comme si les planètes s'étaient alignées.

Absolument ! C'était étonnant, la facilité avec laquelle Simon Jones a glissé ses textes sur mes musiques.  Comme si on était partis de zéro tous les deux. Je pense que son univers et le mien se combinent à la perfection.

C'est un peu comme un voyage rêvé en dehors d'And Also The Trees. On a la voix de Simon Huw Jones, mais placée dans un écrin musical complètement différent.

Oui, et pour compléter l'historique du projet, à l'issue de ma carte blanche, Paul-Henri Wauters, du Botanique, m'a proposé de jouer à Bozar dans le cadre des Nuits Botanique 2023. Et c’est devenu, d'une certaine manière, un 'try out', mais sous la forme d'un véritable concert, accordé dans une des salles les plus prestigieuses en Belgique. Les morceaux tels qu'ils avaient été construits à ce moment-là ont été utilisés comme 'démos' pour l'enregistrement de l'album.

C'est Pascal Humbert (NDR : un ex-16Horsepower impliqué chez Lilium et Détroit) qui joue de la basse et de la contrebasse. Comme Simon, c'est quelqu'un de très authentique...

Oui. Comme Simon, Pascal est très fidèle à ses idées, à sa conception de la musique et de la vie, également. Tous deux préfèrent aller travailler la terre ou s'occuper d'animaux, plutôt que de coopérer à des projets qui ne les amusent pas du tout...

Et tu as aussi reçu le concours de Simon Ho.

Oui. Simon Ho est un Suisse allemand qui vit à Bruxelles depuis pas mal d'années. On vit dans la même rue. C'est ainsi qu'on s'est rencontrés. C'est un pianiste, compositeur et claviériste formidable. Tant sur le plan humain qu’artistique. Je joue beaucoup avec lui. Comme sur « Eldorado », mon album précédent. Et puis, j'ai aussi convié mon compagnon, Elie, qui joue de la batterie sur deux morceaux et, enfin, ma fille aînée, qui chante sur « Eurydice » et « Time is broken ».

Oui, c'est Lula ! J'avais une question assez abrupte. Pourquoi cet intérêt pour la mort ?

Ce n'est pas un intérêt pour la mort. Disons que c'est peut-être...

Une obsession ?

Oui, c'est une obsession. Elle me hante, en fait, depuis toujours. Moins de manière angoissée aujourd'hui que quand j'étais plus jeune. Mais je ne me ferai jamais à cette absurdité, le fait de perdre quelqu'un qu'on ne reverra plus jamais.

Des êtres chers ?

Oui, je ne m'en remettrai jamais. Et donc, qu'est-ce qu'on peut faire ? L'idée n'est pas d'attendre que le temps passe pour oublier et panser ses plaies, comme on le conçoit dans nos sociétés occidentales. Je pense, au contraire, qu'il faut réserver une place pour les défunts, afin qu'ils puissent nous accompagner dans nos vies et ce, de manière joyeuse et apaisée. Je suis très attachée aux traces laissées et à la transmission.

Et donc, il y existe cette dimension, on va dire, un peu tragique dans ta musique. J'avais imaginé le terme 'Tragic Ambient' pour la décrire. Qu'en penses-tu (rires) ?

Oui, pourquoi pas ?

Parce qu'il y a ce côté mélancolique, auquel je suis particulièrement sensible. Mais, il y a aussi ce côté lumineux. L'idée que l'on va aller chercher une expérience qui, à l'origine, est négative, et qu’ensuite, on essaie de la transmuter pour en concevoir quelque chose de beau. C'est un processus alchimique que l'on rencontre au sein de la littérature 'dark' et dans la musique 'dark' en général. Chez Nile On waX, on détecte une touche cosmique, surtout dans l'album « After Heaven ». Pour tous ces projets, on retrouve cette dualité entre le yin et le yang, entre le dark et le light. Est-ce que ça te parle ?

Oui, complètement. Je serais malheureuse qu'on me dise : ‘Ton album est complètement plombant et dark’. Même si le titre peut sembler un peu lourd, j'ai justement choisi comme pochette une photo de moi que j'ai retrouvée chez ma mère, où l'on me voit, petite fille, jouant de la trompette dans un jardin, en Provence, à côté d'une chaise vide. Je trouvais qu'il y avait une symbolique lumineuse puisque la photo baigne dans le halo d'un soleil éclatant. Pour moi, le mot-clé, c'est l'élévation. S'élever...

Ça élève l'âme.

Oui. On retrouve également ce concept dans la musique classique.

Dans le « Requiem » de Brahms...

Oui, le « Requiem » de Brahms, je vois que tu n'as pas oublié... (rire)

… que tu écoutais avec ton ami allemand lorsque tu étais plus jeune...

Bravo (re-rires) ! Et puis il y a également Bach. Par exemple, la « Matthäus-Passion », la Passion selon St-Matthieu. C’est magnifique ! Ou les oratorios. Il existe une dimension métaphysique dans tout cela. Sans être croyant, on peut y voir le mystère de la vie. C'est l'idée que l'on ne saura jamais, que l'on n’aura jamais de réponse, mais qu'on essaie de vivre, avec nos petits corps d'êtres humains, un peu comme des petits cloportes. En tant qu'humains, on essaie de s'élever par la poésie, par l'amour, par la musique...

Catherine, merci beaucoup. Et une fois de plus, bravo pour ce magnifique album, « Songs for the Dead ». On a attendu presque un an, mais cette attente valait la peine parce que le résultat est magnifique. Faisons un petit coucou en passant à Koen et à An Pierlé, qui ont participé à l'enregistrement.

An a participé avec son sourire et son magnifique accueil mais sinon, c'est Koen Gisen qui a enregistré et mixé.

Oui, au Studio La Patrie, à Gand !

Tout à fait !

Merci beaucoup Catherine et à bientôt.

À bientôt.

 

Catherine Graindorge jouera « Songs For The Dead » en concert :

- le 8 mai à Liège, au Reflektor

- le 9 mai, à Gand, au Palmarium, dans le cadre du Festival Democrazy

- le 12 mai, à Den Haag, au Paard

- le 27 septembre à Bruxelles, au Beursschouwburg.

Simon Huw Jones participera aux 3 concerts, ainsi que Simon Ho et, à la basse, Cyrille de Haes. 

Pour écouter le titre « Joan », c'est ici

Pour acheter « Songs For The Dead » sur le site du label, tak:til/Glitterbeat, c’est et sur Bandcamp, cliquez sur le nom de l’artiste dans le cadre ‘Informations complémentaires’ ; vous y retrouvez les liens vers les réseaux sociaux ainsi que les articles qui ont été consacrés à Catherine Graindorge, dont une interview accordée en 2023. 

Scott Hepple

Ashes to Wildflowers

Écrit par

 Scott Hepple and the Sun Band

Issu de Newcastle, en Angleterre, Scott Hepple and the Sun Band est une formation de rock psyché dont les références ultimes sont puisées chez d’illustres rockeurs comme Black Sabbath ou Neil Young mais aussi le plus ‘moderne’ Ty Segall. Son premier elpee, « Ashes to Wildflowers », a été enregistré dans les studios de Duncan Lloyd (leader de Maxïmo Park) par le producteur américain Carl Saff (vu aux côtés de Sonic Youth, Ty Segall, J. Mascis) et il met en exergue des sonorités psyché, blues, rock et folk comme aux meilleurs moments des années 70. La voix ressemble parfois à celle de Jack White mais surtout Neil Young et le tout est parfaitement vintage jusqu’à la production analogique qui devrait faire des ravages sur vos platines.

Podcast # 16 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

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