Deerhoof a publié "My Lovely Cat", son nouveau single dédié au célèbre chat Lil Bub. Ecrit et chanté en japonais par Satomi Matsuzaki (qui a également illustré la pochette), "My Lovely Cat" est aussi groovy que doux-amer, et marque la première sortie de…

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Après avoir trempé dans le synth-pop sur « CYR », en 2020, The Smashing Pumpkins a décidé d’en revenir à ses racines électriques, à travers « ATUM : A Rock Opera In Three Acts », qui sortira en sections au cours des sept prochains mois. Chaque acte comprendra…

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Tiny Legs Tim

Décès du bluesman gantois Tiny Legs Tim…

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De son véritable nom Tim De Graeve, Tiny Legs Tim est décédé à l’âge de 44 ans, ce 25mai 2022. Ce bluesman gantois jouissait d’une solide réputation dans le milieu, et notamment en Flandre ou il était considéré comme une jeune icône du blues. Il est décédé après un arrêt cardiaque au cours d’une opération.

Responsable de six albums studio, un album live et plusieurs Eps, son dernier elpee, "Call us when it's over", était paru en pleine pandémie et devait le révéler au grand public.

Tim De Graeve a également été l'un des inspirateurs du ‘Missy Sippy Blues & Roots Club’ à Gand, le point chaud de la scène blues de la ville. Il était également l'homme derrière le label ‘Sing My Title’, sur lequel il sortait ses propres disques, mais aussi de Paul Couter et Little Jimmy, entre autres.

Non seulement il avait une voix immédiatement reconnaissable, mais c’était un virtuose du fingerpicking tout en excellant à la slide.

RIP

50 Foot Wave

Black pearl

Écrit par

Si on tient compte de Throwing Muses, de 50 Foot Wave et de son parcours solo, Kristin Hersh doit avoir gravé plus ou moins 25 albums et une belle volée d’Eps.

Découpé en 7 plages, « Black pearl » joue sur les atmosphères. Une œuvre particulièrement électrique, mais également complexe et parfois empreinte de mystère. La guitare grince, rugit, gémit, hurle. Sinistre, la basse rampe, sature, rebondit. Mais le drumming ne se contente pas de pilonner, il fédère. Ce n’est qu’au fil des écoutes, que les compos dévoilent leurs subtilités. Elles se chargent d’intensité, menacent, reprennent leur souffle, serpentent et finissent par exploser, alors que la voix tour à tour éraillée, rauque, désarmante, amère ou rêveuse de Kristin, épanche toute sa mélancolie...

Le long playing recèle cependant deux instrumentaux. Tout d’abord le titre maître, puis le final, « Double barrel ». Une plage hantée par Sonic Youth (« Blush »). Et puis une valse, « Hog child », un tempo que l’on retrouve régulièrement dans l’œuvre de Kristin Hersh.

Black Doldrums

Dead awake

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Basé au Nord de Londres, Black Doldrums est passé d’un duo à un trio depuis que Matt Hold est venu les rejoindre pour se consacrer à la basse. Si Sophie Landers se réserve les drums et Kevin Gibbard la guitare, les deux musiciens se chargent également des vocaux, et paradoxalement les inflexions de ce dernier rappellent parfois celles de Philip Oakey (Human League).

Produit par Jared Artaud (le chanteur/compositeur/guitariste/poète de The Vacant Lost), « Dead awake » constitue son premier long playing, un œuvre qui navigue à la croisée des chemins du psyché rock, du shoegazing et du post punk gothique. Après avoir écouté cet opus, il est manifeste que parmi ses influences majeures figurent Jesus & Mary Chain, Crystal Stilts, Joy Division et The Brian Jonestown Massacre. Encore que sur le morceau qui ouvre cet LP, « Sad Paradise », la mélodie semble inspirée de Dandy Warhols, alors que les lyrics se réfèrent à Ginsberg et Kerouac. Les mélodies sont d’ailleurs, en général, accrocheuses et mélancoliques, même si le climat s’avère souvent ténébreux pour ne pas dire glacial.

Soufflant un léger parfum oriental, « Dreamcatcher » véhicule des accents empruntés à Sisters of Mercy, alors que « Now you know this » emprunte le tempo d’une valse. Un album excellent, mais qui nous replonge 4 décennies dans le passé. Ce qui n’est pourtant pas fait pour nous rajeunir.

Vincent Delerm

Avec Jeanne (Single)

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Vincent Delerm nous offre un moment de vie touchant et simple à travers son nouveau titre « Avec Jeanne ».

Touchant car il déclare son amitié, via la description d’une expérience partagée, à son amie Jeanne Cherhal, à travers un clip (à découvrir ici) dans lequel ils figurent tous les deux.

Ils ont commencé à se produire au même moment, il y a vingt ans, et finissaient par un rappel commun en interprétant la chanson « L'Avventura », sur la scène de l’Européen, à Paris.

Malgré leurs pérégrinations musicales personnelles, ils se sont toujours retrouvés avec plaisir.

Il y a toujours ce ton du quotidien qui le rend humain comme les autres tout en exerçant une proximité auprès de ses auditeurs. Ainsi, il n’hésite pas à prononcer les mots ‘bordel’ ou ‘truc’ dans ses chansons.  

Enfin, l’éternel piano et les cordes qui alimentent cette composition nous enveloppent d’une musique douce…

Un moment savoureux !

En concert :

Jeu 03 novembre : Théâtre Sébastopol, Lille, France
Ven 04 novembre : Bozar – Pba, Bruxelles, Belgique
Mar 22 novembre : Halle aux Grains, Toulouse, France
Mer 23 novembre : Théâtre Femina, Bordeaux, France
Jeu 24 novembre : Grande salle Arsenal, Metz, France
Jeu 01 décembre : Emc2, Saint Grégoire, France
Ven 2 décembre : Le 106, Rouen, France
Mar 6 décembre : Bourse du Travail, Lyon, France
Mer 7 décembre : Le Silo, Marseille, France
Mar 13 décembre : Folies Bergère, Paris, France

Méthode chanson

 

The Waterboys

All souls hill

Écrit par

Avant de publier ce 15ème long playing, The Waterboys avait sorti une trilogie (« Out all this blue » en 2017, « Where the action » en 2019 et « Good luck » en 2020) dominée par l’instrumentation électronique (synthés, boucles, etc.).

Pour ce nouvel opus, la formation britannique en est revenue à une formule davantage traditionnelle, plus proche de l’œuvre de Mike Scott, même si l’électronique n’a pas été complètement abandonnée. Elle est, en fait, bien intégrée.

Pas de trace cependant du violoniste Steve Wickham, qui a décidé de ne plus partir en tournée, tout en restant ouvert à des participations aux sessions de studio ultérieures. Par contre, sur certaines compos on retrouve des interventions au saxophone, mais exécutées par l’Américain Pee Wee Ellis.

Autre changement, sur les neuf plages de l’elpee, six sont cosignées par le producteur/écrivain Simon Dine. Mike reprend également le traditionnel country/folk « Passing through », une épopée gospel de plus de 9’ et puis « Once Were Brothers » de Robbie Robertson auquel il a ajouté des paroles, un morceau rogné par un orgue vintage.

Si les sessions d’enregistrement ont bénéficié du concours de nombreux invités, dont Ian McNabb aux backing vocaux sur « Blackberry Girl », Mike se consacre à de nombreux instruments, outre le chant, dont les inflexions peuvent parfois rappeler Dylan.

C’est en ‘spoken word’ que Scott s’exprime tout au long du lunatique « In my dreams ». Et à propos de mots (toujours en vers, bien sûr), Mike n’est pas tendre avec Trump, tout au long de « Liar » …

The Black Keys

Dropout boogie

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L’an dernier, Dan Auerbach et Patrick Carney avaient décidé de retrouver leurs racines, en gravant "Delta Kream", un album constitué de covers signées par des légendes du Delta Blues, morceaux qu’ils interprétaient au cours de leur jeunesse. Dont celles de John Lee Hooker, R.L. Burnside et surtout Junior Kimbrough.

« Dropout boogie » se révèle beaucoup plus éclectique. Et si « Good love », pour lequel le duo a reçu le concours de Billy Gibbons, baigne allègrement dans le blues, les autres plages qui s’y frottent finissent par se diluer dans le rock, le glam, la soul et même la pop. Ainsi « Baby I’m coming home » se distingue par de jolies harmonies vocales à la Gerry Rafferty, avant de s’enfoncer dans le delta du Mississippi, alors que « For the love of money » concède des riffs de gratte au glam. Tout comme le nerveux « Burn the dawn thing down ».

L’opus s’ouvre d’ailleurs par deux morceaux qui pourraient aisément être diffusés sur la bande FM. Soit « Wild child », qui malgré sa référence au « Wild Thing » des Troggs, s’autorise une intro disco ; et les cordes de guitare sont tellement chargées de fuzz, qu’on croirait entendre une section de cuivres. Quant à « It ain’t over », il véhicule carrément des accents r’n’b. Finalement, « How long » constitue la piste la plus intéressante. Une ballade qui affiche l’élégance soul des 60’s, tout en se nourrissant d’électricité crazyhorsienne.

Bref en tirant un peu trop dans toutes les directions Dan et Patrick s’éloignent de leurs fondamentaux. Maintenant, en acceptant que des auteurs-compositeurs externes participent à l’écriture des morceaux, c’était inévitable…

Fruit Bats

The Pet Parade

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Fondé à Chicago en 1997, Fruits Bats évolue autour de son leader Eric D. Johnson (qui a milité chez The Shins) au sein d’un univers sonore élégant sis entre pop (« The Pet Parade »), folk (« Cub Pilot ») et rock (« Eagle Below Us »), tout en témoignant d’une qualité d’écriture indéniable !

« The Pet Parade », son 9ème album, est particulièrement lumineux (un antidote antimorosité ambiante lors de sa confection en temps de Covid ?) malgré des enregistrements opérés à distance. Et finalement, l’indie-pop ouatée aux arrangements subtils rappelle, bien entendu, le formidable The Shins. En outre, la voix légèrement nasillarde de Johnson enveloppe judicieusement les compos d’un voile de mystère. Un véritable travail d’artisan !

Ashinoa

L’orée

Écrit par

Ashinoa est une formation lyonnaise qui pratique une musique expérimentale, fruit d’un hybride entre instrumentation organique et synthétique. Pas de chant, mais des halètements, des râles, des bribes de conversation, des crépitements, des chants d’oiseaux, des drones et des bruitages urbains. Quant à l’expression sonore, plutôt indus, elle se frotte tour à tour au jazz, au psychédélisme, au krautrock, au hip hop, au dub et surtout à l’électronique, notamment à travers ses beats…

The Dream Syndicate

Je ne suis pas américain, mais j'habite New York

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Emmené par Steve Wynn, The Dream Syndicate Groupe est un groupe culte des eighties. Ressuscité il y a dix ans, il a pris une autre dimension depuis sa reformation, symbolisée par "Ultraviolet Battle and True Confessions" son dernier elpee, comme l'explique son leader…

Californien devenu new-yorkais il y a 25 ans, Steve Wynn a réactivé The Dream Syndicate en 2012, plus de vingt ans après sa disparition. Auteur, par ailleurs, d'une carrière solo intéressante, lui et son nouveau ‘syndicat’ ont depuis 2017 gravé autant d'albums studio, c'est-à-dire quatre, qu'au cours de leur période initiale. Le dernier confirme la tendance observée depuis la reformation, celui d'un passage des guitares noisy à un univers psychédélique krautrock mêlé de jazz et de shoegazing assumés et… assurés.

Qui a-t-il de changé depuis la reformation du groupe en 2012 ?

Ces quatre derniers albums, dont celui-ci, nous ont permis de réécrire la fin de notre propre histoire, tout en préservant le son, l'esprit et l'épopée du groupe initial, mais en les décalant vers un psychédélisme, en migrant d'une formation de guitares ‘en avant’ vers du rock alternatif au synthé à l'image des Headphones, une image plus fidèle de ce à quoi nous voulions correspondre dès le départ. Bref, nous sommes meilleurs aujourd'hui que nous ne l'étions à l'époque.

Votre carrière solo a-t-elle modifié votre vision du groupe ?

C'est certain. Je me souviens qu'au moment d'enregistrer ces quatre premiers albums, autant j'adorais ça, autant j'étais dans un état de panique constante en studio, craignant qu'avant la fin de l'enregistrement, nous ne soyons en mesure de finaliser le morceau tel que je l'avais imaginé. Au fil du temps, je suis devenu plus à l'aise tant pour composer, entrer en studio ou monter sur scène.

Ce n'est plus un problème, mais une sorte de seconde nature, exempte d'une quelconque nervosité ou insécurité. On peut appeler cela l'expérience… (il sourit)

Vous vivez à New York à présent. Le fait d'y déménager a-t-il influé sur votre musique ?

Absolument. J'ai déménagé de Los Angeles il y a quasi trente ans, après la première période du groupe. J'ai toujours aimé New York et souhaité y vivre. J'y suis venu pour la première fois lorsque j'avais 21 ans et suis tombé amoureux de la ville. Pas seulement à cause de la vitesse, de la vibe et du look de cette mégapole, mais également de sa culture musicale, que ce soit le Velvet Underground, Television ou les Ramones, la littérature, Norman Mailer, le cinéma avec Martin Scorsese... bref, tout ce qui était New York m'attirait.

Et lorsque j'ai déménagé, tout a changé pour moi. J'étais sans doute dans une période de doute et d'incertitude, plus jeune ; m’installer à New York m'a procuré un capital confiance. Je ne pourrais imaginer vivre autre part.

Est-ce un cliché de prétendre que New York est la plus européenne des villes américaines ?

Pas forcément européenne, mais certaines mégapoles vivent en dehors de leur propre pays. Quand on me demande ce que je pense en tant qu'américain, je réponds : ‘Je ne suis pas américain, mais j'habite New York’ (rires)…

Votre musique sonne un peu comme du punk new-yorkais justement, celui de Televison, d'Alan Vega…

C'est sûr. Je suis né et j'ai grandi à Los Angeles, et je serai le premier à défendre cette ville. Mais, même si j'apprécie les Beach Boys ou Buffalo Springfield, ces formations n’ont jamais fait partie de ce à quoi j'aspirais musicalement, ce côté ensoleillé, poppy. J'étais plutôt dans la veine de Suicide, plus noire. Nous, The Dream Syndicate, ne sommes pas des gens sinistres dans la vie, mais, musicalement, nous gravitons autour de ce genre d'ambiances.

"Damian" est une compo qui aurait pu naître de la rencontre entre Roxy Music et de Steely Dan ; et justement, ils étaient issus de New York...

S'il existe un groupe chez The Dream Syndicate qui met tout le monde d'accord au niveau des influences, c'est bien Roxy Music, dont nous sommes tous de grands fans. En compagnie de Jason Victor, le guitariste, nous avons monté, à New York, un groupe de reprises de Roxy Music auquel nous nous consacrons notre temps libre. Sal Maida, notre ami bassiste dans cette formation ponctuelle, était d'ailleurs celui de Roxy Music, au cours des seventies.

Quant à Steely Dan, il a toujours été un de mes groupes favoris. Ce qui est amusant à propos de ce duo new-yorkais, pour en revenir à la comparaison Los Angeles-New York, c'est qu'en surface ils possèdent ce côté harmonie et cette superficialité californienne, démentie par un propos souvent grave.

Et j'ai toujours aimé cette étrangeté sombre sous la surface ensoleillée.

"Damian" est en effet une sorte de chanson pop lumineuse, mais dans laquelle quelque chose se produit au niveau des personnages, des paroles, de l'histoire et même de la musique. Il y règne un trouble indéchiffrable et inquiétant. Une chanson, en effet, très Steely Dan…

C’est pareil pour le titre de notre album. Steely Dan communiquait à ce sujet quelques indices et il appartenait à l'auditeur d’imaginer le reste. Une idée qui nous plaisait...

À votre avis, quels groupes pourraient être vos successeurs ?

Certaines formations sont fan de notre musique comme Yo La Tengo, Galaxy 500 et même les Black Crowes. Je ne parlerais pas de successeurs, mais tous les musiciens que je connais sont avant tout de grands fans de musique possédant des collections de disques impressionnantes ; en tout cas ceux de ma génération. Nous étions tous des mordus de musique qui ressentaient le besoin irrépressible de nous intégrer nous-mêmes dans notre collection de disques... c'était notre plus grande motivation ! (il rit)

Je me souviens avoir jeté un œil sur la mienne en me disant : ‘Ah, the Dream Syndicate est avant Dylan, mais après les Doors’. Se voir soi-même rangé parmi les albums de vos artistes préférés vous rend fier. Les groupes d'aujourd'hui qui nous apprécient et sonnent un peu comme nous ont sans doute la même panoplie de disques que nous ; peut-être ont-ils écouté The Dream Syndicate, mais certainement le Velvet, Television et des artistes de ce genre. Nous appartenons à la même mouvance que les Modern Lovers, The Only Ones ou The Gun Club…

Etre culte vous laisse quelle impression ?

(Il rit) Je suis très satisfait de ma vie, de ma carrière. J'ai en fait connu le parcours que la plupart de mes héros ont vécu.

Je connais beaucoup de formations qui rêvaient d'être les Beatles, que j'aime, mais je savais que ce ne serait pas moi. J'en ai observé d'autres qui ont développé et inspiré un public réduit, mais fidèle et dévoué, et qui procuraient l'envie à ceux qui les écoutaient de faire de la musique ou de trouver dans leur existence une certaine clarté. À mon tour, j'ai connu cette carrière... ce qui me convient très bien (il sourit)

The Dream Syndicate : Ultraviolet Battle and True Confessions (Fire Records / Konkurrent)

En concert

20 octobre 2021 – Het Depot, Louvain

21 octobre 2021 – De Zwerver, Leffinge

 

 

Duran Duran

Duran Duran, des nouveaux ou des anciens romantiques ?

Écrit par

Près de quarante-cinq ans d'existence pour Duran Duran, archétype des groupes de nouveaux romantiques au cours des eighties qui, malgré les changements de personnel, s'est maintenu à flots, a vendu plus de 80 millions d'albums, et sorti fin de l'année dernière « Future Past », sans doute l'un de ses meilleurs opus depuis... le premier. Rencontre avec le bassiste John Taylor, co-fondateur du groupe, qui lui aussi semble insensible au passage du temps. Ce qui atteste que Duran Duran est fait pour encore... durer durer…

Vous avez fondé Duran Duran en compagnie de Nick Rhodes lorsque vous fréquentiez une école d'art, tout comme Bryan Ferry de Roxy Music que vous écoutiez, et vous avez conçu la pochette du premier elpee. Quelle a été l'importance des arts dans la naissance de Duran Duran ?

Il existe une tradition, chez les musiciens anglais des années soixante notamment, de fréquenter les écoles d'art. Si vous ne vouliez pas passer par le versant académique de la musique, ce que très peu de musiciens rock ont fait, les écoles d'art ont toujours été une façon de prendre le temps. Par exemple, si vous ne voulez pas commencer un travail parce que vous avez un rêve, et certainement pas un boulot qui pourrait saper votre énergie et votre enthousiasme, vous optez pour l'école d'art ! (il rit)

Ce n'est pas que peindre et dessiner ne m'intéressait pas, mais, en même temps, à l'époque, en fréquentant ce genre d'école, il me semblait qu’il aurait été plus facile de rencontrer quelqu'un prêt à se lancer dans l’aventure d’un nouveau groupe. Et c'est ce qui s'est produit.

Vous êtes issus de Birmingham ; mais êtes-vous plus proche de Black Sabbath, originaire de la ville ou du club de foot local d''Aston Villa dont vous êtes ‘supporter’ ?

(il rit) Je pense que les deux appartiennent à la légende de la cité. Mais c'est une ville intéressante lorsque l'on grandit. Ce n'était pas une grande métropole comme Londres, mais tout passait par Birmingham. Et c'était une ville qu'il était facile à conquérir. Lorsque j'étais adolescent, je connaissais chaque salle de concert, chaque disquaire, chaque ruelle de la cité.

En Angleterre, les habitants des Midlands, les Midlanders, sont considérés comme humbles et tranquilles. Plutôt un profil ouvrier et pas du tout arrogant ou bling-bling.

Trois d'entre nous sommes issus de Birmingham et y avons grandi. Simon y étudiait l'art dramatique à l'université, tout en étant originaire de la région de Londres, et Andy Taylor, notre guitariste, venait lui du Nord-Est de l'Angleterre, de Newcastle très exactement ; un gars du Nord, plus rugueux, qui est descendu dans les Midlands pour rejoindre la formation.

Bien que le noyau dur soit originaire de Birmingham, nous possédions ces deux particularités : un côté plus brut, plus dur, qu'Andy apportait avec lui du Nord et de l’autre, une sophistication que Simon amenait de Londres. Quelque part, l’arrivée de ce dernier atténuait ce caractère des Midlands qu'aurait pu afficher Duran Duran ; cette image du type moyen que nous aurions pu incarner en provenant tous de cette région d'Angleterre. Cela nous a bien aidés...

Que reste-t-il, d'après vous, de l'image des nouveaux romantiques, aujourd'hui ?

Je ne sais pas… Focalisons-nous d'abord sur ce qu'elle était à l'époque. Commençons d'abord par le punk, qui était en colère, politique. Un genre autocentré, pas romantique, pas de la musique sur laquelle danser. Un mouvement plutôt rebelle.

La vague suivante, la new wave, admettait les chansons d'amour, au contraire du punk, et, opérait un retour à des morceaux sur lesquels il était permis de danser... et pas de pogoter.

Les nouveaux romantiques en étaient une forme sophistiquée et Simon était sans doute le parolier le plus romantique du début des années 80.

C'est certainement l'une des raisons pour lesquelles les jeunes filles aimaient tant notre musique.

C'était très ‘keatsien’, très poétique, et, en même temps, oblique, inhabituel : ‘des devinettes enveloppées dans des énigmes’ comme l'on dit en anglais, à l'instar de la chanson "The Reflex".

La situation est compliquée aujourd'hui, car musicalement, nous ne sommes pas dans une période hautement romantique

La vague suivante, illustrée par U2 et Sting, se voulait d'une intense réalité. De la musique pour les masses.

Simon venait du punk ?

Mais le punk se concentrait vraiment sur la singularité. C'était avant tout un esprit, qui donnait l'envie de jouer, mais je n'ai jamais voulu écrire de chansons politiques.

J'écoutais bien sûr les Clash et j'aimais leurs paroles et leur engagement, mais je savais que musicalement ce ne serait pas mon truc.

Notre dernier album « Future Past », sorti fin de l'an dernier, est très romantique et le line up du groupe est le même que sur le premier, hormis le guitariste. Il y a donc une philosophie légèrement autre dans le groupe, parce que désormais Graham Coxon de Blur nous a rejoint. Un musicien un peu plus intellectuel qu'Andy Taylor. C'est un tantinet plus existentiel, plus réfléchi, mais dans les grandes lignes, c’est le même mode opératoire que sur le premier album.

D'une certaine façon, quarante ans plus tard, Duran Duran est encore un groupe de nouveaux romantiques.

Nick Rhodes n'arrête pas d'asséner que nous sommes ‘un groupe moderne, un groupe moderne…’ Et j'avais l'habitude de lui rétorquer : ‘What the fuck does that mean ?’ (rires)

Mais désormais, je suis en mesure d'apprécier de ne pas être, bien sûr, un band de blues rock, mais que nous sommes capables d'inclure constamment de nouveaux éléments dans notre musique, si nous le souhaitons, et de les diluer dans l'approche Duran Duran.

Mais c'est un boulot délicat de s'ajuster, de s'adapter à de nouveaux sons et styles, et il faut agir prudemment. Parfois, l’expérience fonctionne et parfois... c'est un désastre. (il rit)

Vu la reprise de « Save the prayer » d’Eagles of Death Metal et des attentats de Paris perpétrés lors de son concert au Bataclan qui ont suivi cette version, l’impression est-elle différente depuis ces évènements lorsque vous l’interprétez ?

Cette chanson ne nous appartient plus. Elle est tombée, au sens propre, dans le domaine public...

Nous nous connectons aux émotions des fans qui la chantent avec nous… et même seuls désormais, nous devons juste nous asseoir et, dans mon cas, jouer de la basse.

Interpréter un tel morceau est incroyable, peu importe l’affluence du public qui nous fait face. Les auditeurs ont toujours eu une connexion très forte avec cette chanson, et ce, dès sa sortie. C'est un privilège que de jouer « Save a Prayer » …

 

 

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