Gaz Coombes vient de sortir un nouveau single, "Sonny The Strong". S'inspirant de la légende de la vie extraordinaire et turbulente de Randolph Turpin, "The Leamington Licker", Coombes tisse magistralement un conte folklorique moderne avec les compétences…

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Vous trouverez, ci-dessous un aperçu des sorties récentes et futures les plus intéressantes chez PiaS ; bien sûr dans l’esprit de la ligne éditoriale de Musiczine. Et pour vous donner un avant-goût, rien de tel que d’y associer l’un ou l’autre clip vidéo. Two…

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Whispering sons

L’ombre du Covid planait peut-être encore sur l’AB…

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Enfin un concert sans masque ni distanciation sociale. Le CST est encore de rigueur, mais il ne devrait bientôt plus être réclamé à l’entrée. Ce soir, l’AB accueille Whispering Sons, et la salle est bourrée comme un œuf.

Whispering Sons (trad : les fils chuchotants) sont issus de la Province du Limbourg. Les lauréats enfumés de l’édition 2016 du Humo’s Rock Rally ont publié, l’an dernier, un second album. Excellent par ailleurs. Un opus qui nous replonge dans les cryptes musicales sombres des eighties. Son cocktail de cold wave, post punk et shoegaze est pimenté par le baryton ténébreux de Fenne Kuppens. Au fil du temps, la formation s’est forgé une belle notoriété sur la scène indie ; ce qui lui a permis de se produire à Paris, et notamment au défilé de Raf Simons. Naomi Campbell est même venue féliciter les musiciens. Nominé en 2018, pour trois MIA, le combo s’est produit dans le cadre de l’édition 2019 du Rock Werchter, et il est de nouveau à l’affiche, cette année…

Le supporting act est assuré par Teen Creeps, un power trio gantois responsable de deux Eps et de deux albums, à ce jour, dont le dernier « Forever », est paru l’an dernier.

Le set est particulièrement énergique. Manifestement, sa musique est influencée par la scène alternative américaine ; depuis, Dinosaur Jr à Sonic Youth, en passant par Nirvana (donc Foo Fighters) et Metz, même si ce dernier band est canadien. Mais il le bon goût de traiter l’ensemble, sous une forme contemporaine. L’efficacité du drumming, le bourdonnement enivrant de la basse et les envolées de la guitare se fondent en une expression sonore à la fois intense et percutante. Dommage que le public soir resté aussi statique…

A revoir dans le cadre d’un festival, et pourquoi pas aux Lokerse Feesten… (voir notre section photos ici)

Les cinq musicos de Whispering Sons grimpent sur l’estrade. Outre Fenne Kuppens, la chanteuse, il implique un guitariste, un bassiste, un drummer et un claviériste. Fenne est vêtue d’une chemise bleu ciel, à longs pans, ainsi que d’un pantalon et d’une veste de couleur bleu pétrole, adornés de motifs ésotériques.

On remarque la présence du logo du dernier elpee, projeté sur un écran, à l’arrière-plan, alors que constitué de leds, le light show va passer régulièrement du rouge au bleu, et inversement.

Ce qui frappe d’abord, c’est ce baryton sombre, caverneux et envoûtant de Fenne, qui semble parfois sortir des rives du Styx.

A deux reprises, le guitariste s’installe derrière les ivoires pour soutenir sa voix, lors de chansons plus paisibles, mais déchirantes. Des claviers qui semblent d’ailleurs bien plus présents dans la musique de Whispering Sons.

Dès le début du set, la musique baigne au sein d’un climat gothique.

« (I Leave You) Wounded » fascine et intrigue à la fois. Sauvages, les riffs de gratte électrisent « Heat » et « Visions ». Fenne hurle sa « Vision » tourmentée de l’existence. « (I Leave You) Wounded » adopte un profil davantage électro, alors que « Screens » s’enfonce dans l’indus.

L’ambiance devient carrément sépulcrale tout au long de « Satantango », alors que plutôt brefs, « Surface » et « Aftermath » sont relativement dépouillés.

Dernier titre de la prestation, « Surgery » monte progressivement en intensité et entre alors dans une sorte de frénésie

En rappel, le band attaque « Tift », le dernier single sorti il y a quelques jours. Une compo dont le climat oscille de Joy Division à Portishead en passant par Placebo, Idles, Fontaines D.C. et Shame, démontrant que sa musique a évolué depuis 2013, année de sa formation.

Un excellent concert auquel le public s’est montré un peu trop mou, au goût de votre serviteur. Bon, maintenant, il est vrai si Fenne a de la présence sur scène, elle manque encore de pétulance. Et puis, le style musical, ne s’y prête probablement pas. C’est un choix ! Mais quand même, certains morceaux auraient mérité de voir se déclencher des pogos ou même du crowdsurfing. L’ombre du Covid planait peut-être encore sur l’AB… (voir notre section photos )

Setlist : « Dead End », « Heat », « Got A Light », « White Noise », « (I Leave You) Wounted », « Performance », « Vision », « Seasons », « Flood », « Surface », Hallow », « Aftermath », « Santantango », « Surgery ».

Rappel : « Tift », « Alone », « Waste »

(Organisation : Ancienne Belgique)

Animal Collective

Time Skiffs

Écrit par

 Si les prestations ‘live’ d’Animal Collective demeurent des sujets à controverse, il faut reconnaitre que ses enregistrements studio se distinguent par leur originalité et leur évolution. Et c’est une nouvelle fois le cas pour son 10ème elpee, « Time Skiffs », une œuvre qui brille par la richesse de ses harmonies vocales, ses textures séduisantes, ses mélodies flottantes et la complexité de ses rythmes. En outre, le groupe a multiplié, au cours des dernières années, des tas d’expérimentations et développé des projets audiovisuels. Si cet opus en revient à une forme plus pop, malgré le recours à une armée de synthés, il n’est pas pour autant dénué d’impulsions improvisatrices. On a même droit à de la lap steel sur « Dragon slayer ». Et même des tas d’instruments plus conventionnels comme des grattes (basse y compris), des drums, du xylophone (sur l’hommage à Scott Walker, « Walker », ainsi que « Passer-by ») et du saxophone sur « Royal and desire », un morceau de lounge exotique, sur lequel Deakin pose son baryton, pour la deuxième fois, depuis la naissance du band. Une forme d’exotisme, mais hawaïen, qu’on retrouve également sur l’ensoleillé « Strung with everything », une piste qu’illumine une pedal steel…

Cate Le Bon

Pompeii

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« Pompeii » constitue le sixième elpee de Cate Le Bon, une œuvre pour laquelle, outre le chant, elle se réserve la plupart des instruments (synthés, basse, piano, percus), concédant les drums à Stella Mozgawa et les cuivres à Euan Hinshelwood ainsi qu’à Stephen Black ; sans oublier Samur Khouja à la coproduction. La Galloise y explore des thèmes qui lui tiennent à cœur : la culpabilité religieuse, la famille et la mort, sur un ton poétique, mais également humoristique.

Stereolab, Talk Talk, The Blue Nile, Scritti Politti, la pop urbaine japonaise et même The Monochrome Set, pour la forme sinusoïdale des mélodies, traversent l’esprit du mélomane averti, à l’écoute de cet opus. Le tout est hanté par le falsetto de Cate Le Bon, infiltré par une ligne de basse rampante et circonstanciellement éclaboussé de remous de saxophone ou de clarinette.  

Un album exotique, parfois surréaliste, peut-être dadaïste, mais original, c’est une certitude.

Madrugada

Chimes at midnight

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Suite au décès de son guitariste Robert Burås, le 12 juillet 2007, Madrugada a préféré de se séparer. Le chanteur, Sivert Høyem, s’est alors lancé dans une carrière solo. C’est à l’issue de retrouvailles destinées à célébrer le vingtième anniversaire de la sortie de l’album « Industrial silence », que la formation a décidé de retourner en studio, en engageant non pas un, mais deux sixcordistes, Cato Thomassen et Christer Knutsen. Enfin, la section rythmique constituée du drummer Jon Lauvalan et du bassiste Frode Jacobsen est toujours fidèle au poste.

A première écoute, un constat s’impose : les guitares sont moins tranchantes. Est-ce dû à la production, impeccable, par ailleurs, c’est possible ? Mais c’est surtout la voix de Sivert qui est particulièrement bien mise en exergue. Un baryton de crooner qu’on pourrait nicher quelque part entre celui de feu Leonard Cohen et de Chris Isaak. Encore que parfois, cette voix grimpe un octave au-dessus de son registre, pour devenir carrément limpide. Deux morceaux sont signés Burås, dont « The world cold be falling down », parcouru d’une pedal steel. Une pedal steel qu’on retrouve sur « Empire blues », piste country/blues qui aurait pu figurer au répertoire de Calexixo.

Constitué de ballades, « Chimes at midnight » baigne au sein d’un climat romantique, parfois solennel et même épique. Et certains titres, dont l’irrésistible « Slowly turns the wheel », sont susceptibles de faire craquer le cœur des filles…

Sivert partage un duo masculin/féminin tout au long « Help yourself to me », une plage tramée sur les accords de piano profonds.

Un bémol quand même, la longueur de l’album. Plus d’une heure, c’est un peu trop, même si sous la forme du vinyle, cet opus est double. On regrettera également la présence d’un titre totalement dispensable, le final « Ecstasy », au cours duquel Høyem réalise plutôt un exercice de style avec sa voix…

On espère revoir Madrugada en concert, bientôt…

The Dream Syndicate

What Can I Say? no regrets... Out of the Grey + Live, Demos & Outtakes

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« Out of the grey » est paru en 1986. L’album a été remasterisé, mais il recèle, en outre, 34 enregistrements inédits : un concert datant de 1985, des démos, dont celles consacrées à cet elpee, des versions alternatives et deux prises ‘live’ immortalisées au célèbre club punk/new wave Scorgie’s, à New York, en juillet 1985. Le plus surprenant procède des reprises de compos signées Alice Cooper, Dolly Parton, Neil Young, Pink Floyd, Slim Harpo, The Cream, War et même The Temptations.

Figure de proue du Paisley Underground, mouvement qui a engendré des groupes comme Green On Red, Rain Parade, True West, The Three O’Clock, et la liste est loin d’être exhaustive, The Dream Syndicate a connu plusieurs vies, entrecoupées par la carrière solo de Steve Wynn (interview à lire ou à relire ici)

Pour votre info, sachez qu’il a existé une autre formation du même nom. Elle a sévi de 1962 à 1966 et de 1969 à 1974, impliquant des légendes comme La Monte Young, John Cale, Jon Hassell, et même Terry Riley !

Pour en revenir à ce box 3 cds, les 34 plages peuvent s’écouter d’une seule traite, sans provoquer la moindre seconde d’ennui ; et vous vous surprendrez peut-être, à fredonner ou à siffloter l’un ou l’autre refrain. Bien sûr, si vous êtes réceptifs à ce type de musique…

Feu ! Chatterton

Palais d’argile

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Feu ! Chatterton est un groupe pop/rock originaire de Paris. Fondé en 2011, il réunit Antoine Wilson à la basse, Arthur Teboul au chant, Clément Doumic et Sébastien Wolf aux guitares et aux claviers ainsi que Raphaël de Pressigny à la batterie.

Juxtaposés, l'expression Feu ! et le nom Chatterton, en forme d’hommage au poète Thomas Chatterton, servent de patronyme.

Paru en 2021, « Palais d’argile », le troisième elpee studio du quintet a été récompensé par une certification d'or, soit l'équivalent de 50 000 exemplaires écoulés !

Cet opus a été entièrement réalisé par Arnaud Rebotini, grand nom de la scène électronique française et producteur césarisé pour la bande originale du film ‘120 battements par minute’.

Arthur Teboul possède un timbre de voix granuleux, très caractéristique. On le reconnait de suite. Il est agréable et permet à ses textes poétiques d’être intelligibles et sensibles à la fois. Lui est d’une énergie et d’une authenticité qui nous emportent. La musique n’est pas en reste grâce à une orchestration mêlant chœurs travaillés, instruments acoustiques et nappes électroniques qui nous offrent des moments de calme et de volupté ainsi que des montées aux résolutions majestueuses.

Quelle joie d’avoir de la musique et des textes de cette qualité, de cette richesse ! Une belle promesse d’une musique exigeante et populaire à la fois ; ce qui en fait un diamant rare !

Titre magnifique, « Monde nouveau » est un des singles de cet album. ‘Fresque cyberpunk pour les temps confinés, pamphlet adressé à la start-up nation obsédée par le progrès et ode lumineuse à la Nature et à la transcendance’. 

Un texte qui décrit l’espoir d’un lendemain radieux tout en dénonçant l’asservissement de l’humanité aux technologies, son impuissance et son inaction pour y arriver. D’un air bête, l’humain, qui n’a rien fait pour éviter la catastrophe, se trouve devant le fait accompli. Il vit dans une étuve ne sachant que faire de ses mains hormis surfer sur Internet et dépendre du serveur central. Mais, rappel d’importance, malgré toutes ces dérives, il lui reste encore l’élan fraternel bienveillant. Ce qui nous fait une belle jambe…

Méthode chanson

Le Skeleton Band

Tigre-Teigne

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Actif depuis 15 ans, Le Skeleton Band traduit en musique ses envies d’explorer les ambiances blues poisseuses liées au bayou ou issues de la Nouvelle-Orléans, mais dans l’esprit des incantations chères à 16 Horsepower ou à Tom Waits. Sur ce 4ème album studio, enregistré en Italie, ces 4 Montpelliérains épicent leur folk/blues de banjo (« Hearken Me ») ou de mandolines, tout en adoptant une attitude théâtrale voire cabaret assumée. Enfin, la pochette de cet elpee est joliment illustrée par le célèbre tatoueur Jean-Luc Navette.

Amy Morrey

Je suis anglaise et fière de l’être !!!

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Bien qu’elle vive dans le Brabant Wallon, Amy Morrey est anglaise, et fière de l’être. Elle est surtout connue comme compositrice et collaboratrice, une fonction qu’elle remplit régulièrement pour des artistes comme Loïc Nottet, Franky Fool ou Alex Germis. Elle a décidé de passer de l’autre côté du décor en gravant un premier single. Il s’intitule « Parachute ». L’interview se déroule dans les couloirs de la RTBF, juste avant qu’elle n’y accorde un showcase accompagnée, pour la circonstance, d’un guitariste.

Amy Morrey, c’est ton véritable nom ou ton patronyme pour la scène ?

C’est mon véritable nom. Je suis d’origine britannique comme mes parents.

Tu vis dans le Brabant Wallon, tout comme Nicolas Testa, Konoba, Alex Germis (Lucas) et Franky Fool. Cette province deviendrait-elle un véritable vivier de talents ?

J’ai fréquenté la même école qu’Alex Germis. Alex Lucas (NDR : Alex Lucas Schönfelder) est également issu de la même région. Il fréquentait des membres de ma famille. J’ai commencé à m’intéresser au monde de la musique à l’âge de 21 ans. Au sein de cet univers, comme on est issu de la même région, on finit par tous se connaître ; et finalement on a commencé à se réunir en petit comité, dans le même coin.

C’est ainsi que tu t’es lancé dans l’écriture pour des artistes comme Loïc Nottet, Franky Fool, Kid Noize et Alex Germis. Mais pourquoi as-tu finalement décidé de chanter tes propres chansons ?

Mes premiers pas, je les ai faits pour Alex Germis. C’est lui qui m’a ouvert les portes pour un premier titre (« Sweet Afterglow »). Et en fait j’ai adoré ce rôle dans l’ombre. Me concentrer sur l’écriture, le travail en studio et la collaboration. C’est vraiment tout ce qui me passionne le plus. Je n’avais pas trop confiance dans ma voix. Je composais beaucoup de titres. Juste des chansons que j’écrivais à la maison. Il m’a fallu plusieurs années pour que je prenne de l’assurance. Et puis après avoir trempé 4 ou 5 ans dans le milieu, j’ai découvert une véritable passion pour la musique et pour la chanson. Quand je me suis sentie plus sûre de moi et que j’ai mieux cerné l’environnement et le milieu, je me suis dit que j’étais prête à m’y investir personnellement. C’est un nouveau challenge, et c’est une première…

Quel est ton processus d’écriture ?

Tout dépend s’il y a déjà un projet en cours. Souvent, on m’apporte un morceau qui a toute la musique derrière. De mon côté, je compose les mélodies. Quand elles sont abouties, j’essaie de trouver un thème, une inspiration, un univers. A partir de là, les idées commencent à foisonner. Puis elles subissent un peu l’effet entonnoir et je les trie pour que ce soit plus clair dans ma tête, afin que les mots choisis correspondent le plus possible avec le thème et l’univers. C’est ainsi que je travaille. Et en anglais. Comme je suis d’origine britannique, c’est plus facile. Je n’ai toujours pas eu la chance d’écrire en français, mais je suis toujours ‘up for chalenge’…

Quelles sont tes influences majeures ?

Il y en a beaucoup, mais parmi les principales, je citerai Paolo Nutini, Matt Corby et puis sous un angle plus contemporain, Billie Eilish et Dj Edd. Côté harmonies j’aime beaucoup Sabrina Claudio et Dennis Lloyd.

Est-ce que tes influences te servent pour l’écriture et la composition de tes chansons ?

Oui. J’ai fait mes premiers pas en compagnie de Tori Kelly. C’est vraiment la personne avec qui je m’associe le plus en tant qu’artiste. C’est elle qui m’a donné l’envie d’écrire et de composer de la musique. Pendant 2 semaines, je me suis acharné sur ma guitare afin d’interpréter mes chansons. Forcément, on va entendre cette ardeur dans mes compositions. Et c’est la raison pour laquelle il sera intéressant de suivre mon parcours cette année ? Il va explorer des styles où on pourra découvrir mes influences musicales.

Ta chanson du moment ?

Celle d’Amy Morrey, « Parachute » (moment de silence, suivi d’éclats de rires). Je rigole ! Ce que j’écoute en ce moment ? J’ai une longue playlist et il y a beaucoup de nouveautés. Mais aussi des morceaux plus anciens. Je consulte mon spotify.

Lost Frequencies, Henri PFR, c’est la relève ?

Ce sont deux styles tout à fait différents. J’ai déjà collaboré avec Funky Fool. Il est signé sur le label de Lost Frequencies. Je raffole travailler en compagnie de Nico et ce milieu-là. C’est un autre style que je veux développer, mais en ciblant le public. J’adore créer ce genre pour d’autres ou en collaboration. Mais pour l’instant, je bosse beaucoup sur mon projet personnel.

Tu prépares certainement une suite à « Parachute ». Tu envisages de sortir un Ep ou un album ? Penses-tu poursuivre tes collaborations en même temps que ta carrière solo ?

Je vais essayer de conserver les deux créneaux. La solution idéale serait d’y parvenir. Je dispose de pas mal de chansons. Elles sont prévues pour un Ep ou un album. Je vais regarder les opportunités qui vont se présenter, cette année. Mais c’est l’orientation que je me suis fixée, c’est sûr…

Puma Blue

Un moment de sérénité… au milieu de la tempête…

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Ce n’est pas trop une bonne idée de se rendre à Bruxelles, ce vendredi 18 février. Et pour cause, la tempête Eunice fait rage. Le vent souffle jusque 130 km/h. Et sur le parcours, la route est jonchée de branches d’arbres et même de troncs brisés ou déracinés. Dantesque ! Bref, arrivé sans encombre dans la capitale européenne, cap vers l’Ancienne Belgique où se produit, ce soir, Puma Blue. L’accès à la salle, qui sera remplie aux ¾, est conditionné à la présentation du CST. Assis, masqué, le public ne peut ni se lever ni quitter sa place.

Londonien, Jacob Allen, aka Puma Blue, est âgé de 27 ans. Il a suivi des cours de batterie dès l’âge de huit ans. Il cite D'Angelo, Radiohead et John Frusciante parmi ses références majeures. Il est également à la tête de deux autre projets, Ruby Bliels et Boss Nass, bien qu'il n’ait encore rien gravé sous ces patronymes.

Il a passé ces dernières années entre crises d’insomnie et idées noires, une période douloureuse qui a donné naissance à un premier opus baptisé « In Praise Of Shadows », paru l’an dernier. Les thèmes de ses chansons s’inspirent de la romance, de l’angoisse, de la contemplation et de la nostalgie…

Le supporting act est assuré par le producteur londonien Lucy Lu, aka Luke Bower. Egalement londonien, il lui arrive de se produire tantôt épaulé par un collectif d’une dizaine de musicos ou en solo. À la veille de la fermeture des frontières décrétées suite à la pandémie, Luke s’était installé en Espagne, dans la campagne, proche de Barcelone, afin de cultiver ses légumes, mais surtout composer, écrire et enregistrer son premier album qui devrait paraître bientôt ; sa discographie se limitant, pour l’instant, à deux Eps.

Mais ce soir, il est accompagné du batteur de Puma Blue et surtout d’Uma. Née en Catalogne en 1995 d'une mère britannique et d'un père thaïlandais, Uma a été formée au violon classique dès l'âge de quatre ans, avant de s’ouvrir vers d’autres alternatives instrumentales et notamment contemporaines.

Lucy Lu se consacre à la gratte électrique et Uma aux machines. Si ces deux artistes semblent vraiment fusionnels, les interventions du drummer sont plutôt discrètes. Cependant, il règne un climat plutôt étrange tout au long de ce set, climat entretenu par des vocaux profonds et cette guitare jouée en picking. Une forme de psycho-folk underground susceptible de rappeler Animal Collective…

Setlist : « Seadog », « Send Me Off », « Lost Your Mind », « Ultraviolet », « Going », « Bring Me The Mountain », « Talking Walls », « Super Quiet », « We Are The Heroes », « Only Trust A Liar ».

Place ensuite à Puma Blue. Le set s’ouvre par « Velvet Leaves », un concentré de bedroom-pop, soul, jazz et post-dubstep. Jacob est accompagné de son groupe. Soit Cameron Dawson à la basse à cinq cordes, Harvey Grant derrière ses synthés, ses ivoires et son saxophone et enfin le drummer Ellis Dupuis, bien plus dynamique que lors de sa participation au supporting act.

Jacob pratique un jazz hybride, où se mêlent cordes et groove lancinant et au sein duquel sa voix soul peut s’épanouir. Il est vraiment émouvant lorsqu’il interprète des chansons feutrées et fragiles comme « Already Falling » ou « Cherish (furs) », au cours de laquelle les chœurs préenregistrés sont samplés. C’est lors de morceaux downtempo et chill tels que « Snowflower » ou bien encore « Oil Slick », le single qui hésite entre britpop et jazz lancinant, que l’on se familiarise un peu plus avec la voix si sensible du musicien, une voix voilée par les synthétiseurs, mais aussi noyée sous les accès de percus et de basse profonde, une voix chargée d’émotion et de mélancolie qui peut aussi parfois rappeler celle de Jeff Buckley voire de Chet Baker. « Already Falling » est une chanson d’amour douce et enivrante. Il semble s'inspirer des travaux antérieurs de King Krule en ce qui concerne l'arrangement des accords et des paroles, qu’il combine, pour produire un élixir mielleux. L’amour est un concept sujet à de multiples interprétations. « Bath House » est un bel exemple de cette proclamation si complexe à avouer, mais tellement touchante. Le jeu de guitare dans ce titre, a été inspiré par John Frusciante. Et lorsque l’expression sonore devient intimiste, lo-fi, c’est à James Blake qu’on se met à penser.

Le concert est souvent planant, relaxant même, mais sans pour autant sombrer dans la léthargie. Jacob y mêle des textures aqueuses avec des grooves soul. Il y développe ainsi une certaine conception de la beauté…

Setlist : « Velvet Leaves », « Cherrish (Furs) », « (She’s) Just A Phase », « Lust », « Snowflower », « Already Falling », « Bruise Cruise », « Sheets », « Want Me », « Oil Slick », « Bath House », « Hounds », « Moon Undah Water ».

Rappel : « Silk Print » (solo), « Midnight Blue », « Only Trying 2 Tell U ». 

(Organisation : Ancienne Belgique)

Juan Wauters

Real Life Situation

Écrit par

L’Uruguayen –mais new-yorkais d’adoption depuis 2002– Juan Wauters est occupé de se construire une petite place douillette au sein de l’indie-folk coolisime à souhait aux côtés de Mac deMarco, depuis qu’il a entamé ses aventures solos (lancées après ses débuts au sein de The Beets). Son folk décontracté et légèrement déviant s’avère de plus en plus passionnant à travers ses voyages et ses collaborations multiples. Ainsi pour concocter ce « Real Life Situation », il a bénéficié des participations de HOMESHAKE (« Monsoon »), Air Waves (« Lion Dime »), Cola Bovy (« Unity ») et … Mac deMarco (« Real ») !

Son r’n’b-folk lo-fi souvent interprété en anglais, parfois en espagnol (dont un excellent duo avec la star mexicaine El David Aguilar), composé en pleine pandémie, atteint sa cible à de nombreuses reprises via ses différentes ambiances, tout en nous baladant entre musique urbaine et folk pastoral, dans l’esprit du Beck des 90’s.


 
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