Formidable guerrier psychique, canalisateur du mystique et partisan d'une quête spirituelle qui transcende ce royaume, Goat reste un groupe empreint de mystère. Depuis ses origines insondables dans le village suédois de Korpilombo, il a parcouru les scènes et…

logo_musiczine

Sang Froid, c’est un trio nantais réunissant des membres de Regarde les Hommes Tomber et de The Veil. Il sortira un Ep éponyme, ce 7 octobre. Passionné par le rock gothique, la new et cold wave, la formation reconnaît pour influences majeures, Cocteau Twins,…

Le charivari de Marcel

Marcel est un fantôme de carnaval qui aime faire beaucoup de bruit en frottant sa joue…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Béber

Béber

dimanche, 25 septembre 2022 11:56

A matter of life…

C’est en 2009 qu’Arthur Jeffes décide de relancer le Penguin Cafe Orchestra, un projet monté par son père Simon, décédé en 1997, alors qu’il n’avait que 48 ans. Fort d’une formation musicale (et accessoirement archéologique), il cherche alors faire renaître de ses cendres, les desseins de feu son paternel. Pour y parvenir, il invite alors différents musiciens aux solides références. En l’occurrence Cass Browne (Gorillaz), Neil Codling (Suede), Oli Langford (Florence and the Machine) ou encore Darren Berry (Razorlight) et rebaptise le projet Penguin Café, orphelin donc, de son ‘Orchestra’…

« A Matter of Life » constitue le premier album d’Arthur Jeffes. Il est paru en 2011 sur un label méconnu. Et pour célébrer le 10ème anniversaire de sa sortie, le musicien anglais et l’écurie Erased Tapes (hébergeant aujourd’hui Penguin Cafe) ont décidé de ressortir le disque remastérisé. Pour la circonstance, un titre supplémentaire a été ajouté, « Harry Piers », un morceau qu’il a composé, en souvenir de la mort son père…

Tout au long de ce long playing, Arthur Jeffes pose les bases de la future production de Penguin Cafe. Sans recours à l’électronique, le collectif privilégie l’aspect classique de l’expression sonore à travers la mise en exergue du piano. Une musique qui nous invite également au voyage. Les interventions d’une cornemuse nous entraînent jusqu’au Northumberland tout au long de « Landau » et « Two Beans Shaker », mais aussi en Amérique du Sud sur « Ghost in the Pond ». Et si les autres pistes sont moins aventureuses, elles n’en restent pas moins intéressantes.

Cette réédition devrait inciter certains mélomanes à sonder la discographie de Penguin Cafe, voire du Penguin Cafe Orchestra...

lundi, 05 septembre 2022 17:06

Oxy Music

C’est en 2014, suite à la réédition de « Jumping the Shark » que votre serviteur a découvert Alex Cameron. Personnage attachant, ce crooner australien au célèbre déhanché est parvenu depuis à s’imposer, en enchaînant les albums sentant bon les 80’s. Assumant un goût prononcé pour le kitsch, il n’a jamais reculé devant le recours (excessif ?) des synthés et des boîtes à rythmes.

Pour ce quatrième opus intitulé « Oxy Music », Alex Cameron reprend les choses là où il les avait laissées. On retrouve cette pop sucrée, caoutchouteuse, et cette voix de crooner. Il a de nouveau reçu le concours de plusieurs collaborateurs (NDR : on se souvient que sur « Forced witness », son second elpee, il avait partagé un excellent duo en compagnie d’Angel Olsen). Dont son camarade, Roy Molloy, au saxophone, et tout particulièrement sur le single « Sara Joy ». Mais aussi, le rappeur californien Lloyd Vines, qui vient poser sa voix sur « Cancel Culture » ainsi que Jason Williamson (Sleaford Mods) pour le titre maître. Car finalement, musicalement, « Oxy music » baigne au sein d’un climat fort proche du précédent long playing, « Miami Memory » …

L’unique changement procède des thèmes abordés. Malgré un semblant de légèreté qui semble planer sur les compos, l’elpee traite de sujets aussi sérieux que la solitude, la vulnérabilité, l’échec, la peur de l’avenir et les excès.  

Alex Cameron poursuit son petit bonhomme de chemin sans prendre trop de risques. Faute d’étincelles, ce quatrième long playing, même s’il est de qualité, ne trônera toutefois pas au faîte de sa discographie.

dimanche, 28 août 2022 19:27

Regards to the End

Texane de naissance mais établie à Brooklyn, Emily Wells a déjà accompli un sacré parcours. Quasiment inconnue chez nous, cette multi-instrumentiste, auteure-compositrice et vidéaste vient pourtant de graver son douzième opus, outre les nombreuses collaborations auxquelles elle a participé.

Tout au long de « Regards to the End », Emily Wells n’a rien de réjouissant à nous raconter… Et pour cause, elle explore des thèmes aussi brûlants que la crise du SIDA et le réchauffement climatique. Et elle ose même établir un parallèle entre les militants qui ont porté à bout de bras ces deux luttes. Ainsi, l’artwork de la pochette emprunte un cliché da photographe new-yorkais Alvin Baltrop qui dans les 70’s et 80’s a immortalisé sur pellicule les entrepôts de West Side Manhattan, lieux désaffectés mais fréquentés par bon nombre d’homosexuels. Et certains morceaux sont dédiés à des artistes et autres activistes de ces deux causes. « Come on Kiki » rend ainsi hommage à Kiki Smith, une artiste américaine. « Arnie and Bill to the Rescue », à Bill T. Jones et Arnie Zane, un couple de danseurs. « David’s got a problem », à David Wojnarowicz, artiste qui a dénoncé la passivité du gouvernement face à la crise du SIDA. Enfin, « Love saves the day » est dédié à David Buckel, avocat des droits civiques et militant écologiste qui s’est auto-immolé, pour attirer l’attention sur la crise écologique.

L’Américaine déverse ses incantations lyriques sur une pop sombre et magistralement orchestrée. Elle vient superposer des synthés, des nappes de chants ainsi que des instruments à vent et/ou à cordes. Lors des sessions, elle a cependant reçu le concours de quelques collaborateurs. Dont son père, préposé à l’orgue sur « Come on Kiki ».

Difficile de définir l’expression sonore d’Emily Wells. On pense parfois à celle de Björk ou à alors à l’univers plus gothique d’Emma Ruth Rundle. Si plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’assimiler les compos, elles finissent par se révéler accrocheuses et bouleversantes. Emily Wells : une personnalité qui mérite une attention particulière, tout comme sa musique, par ailleurs…

vendredi, 26 août 2022 18:16

What is pop music anyway ?

Quatre années après avoir publié son premier elpee, « Slot Logic », le quatuor breton (NDR : il s’est établi basé à St-Brieuc) nous propose son second, « What is pop music anyway ? ». Contrairement aux compos du précédent opus issus d’une écriture collective, les onze pistes de « What is pop music anyway ? » sont signées par le crooner australien Maxwell Farrington. Qui les chante, également. Ce qui communique aux plages, une saveur particulière. Au départ, elles n’étaient pas spécifiquement destinées à Dewaere ; mais qu’importe, car elles s’avèrent bien mélodiques. Maintenant, ne vous attendez quand même pas à découvrir des pépites pop. D’ailleurs, le titre de l’album nous informe du caractère tout relatif de la ‘popitude’ d’un morceau …

En fait, le trio s’est évertué à ‘dewaeriser’ le travail de Farrington en l’adaptant au format punk-noise. Incisifs mais dissonants, les riffs de guitare se révèlent particulièrement efficaces. Et tout au long du long playing, le tempo imposé par le drumming est soutenu.

Finalement, hormis sur « Satellite », c’est le format couplet/refrain qui confère aux morceaux leur aspect pop. Les aficionados du premier LP de Dewaere ne doivent dès lors pas trop s’inquiéter…

dimanche, 07 août 2022 09:56

Giant Palm

Née à Glastonbury d’un père brésilien et d’une mère grecque, Naima Bock, mieux connue sous le pseudonyme Naima Jelly lorsqu’elle militait au sein de la formation de post-punk anglaise Goat Girl, a décidé, sur ce premier opus solo, de rendre hommage au Brésil, pays où elle a passé une partie de son enfance. Mais aussi au folk britannique. A l’instar de « Tou ». A cause des arrangements et puis du timbre de voix qui évoquent Nick Drake.

Pour la bossa nova brésilienne, elle s’inspire de légendes telles que Veloso, Joao Gilberto, Tom Jobim ou encore Vinicius de Moraes dont elle reprend « O Morro ».

Vu la participation d’une trentaine de musiciens, dont de nombreux cuivres sur les excellents « Working » et « Campervan » et de la clarinette pour « Natural »), l’instrumentation est étoffée, diversifiée, mais parfaitement dosée.

Lors des sessions, elle a bénéficié du studio de Dan Carey (Fontaine D.C, Squid, Black Midi et Goat Girl) à Londres et, derrière les manettes, elle a pu compter sur Syd Kemp (Thurston Moore, Sinead O’Brien, Spiritualized, …) Et c’est Joel Burton qui s’est chargé des éléments synthétiques et électroniques.

L’expression sonore de Naima puise dans la famille, la terre et la transmission de la musique de génération en génération.

« Giant Palm » est un album riche qui nécessite plusieurs écoutes avant que les mélodies se dévoilent. Le songwriting de Naima Bock est original et se démarque clairement de ses contemporaines.

dimanche, 07 août 2022 09:52

Ramon

Il y a quelques années qu’on avait plus entendu parler de Caleb Nichols. La dernière fois, c’était en 2009, lors de la sortie du dernier album de Port O’Brien, groupe au sein duquel il se consacrait à la basse. Depuis lors, après s’être lancé dans des études de littérature américaine, il a enseigné et travaillé dans une librairie. A côté de ces activités, il n’a cessé de publier des poèmes et autres écrits engagés qui ont reçu un accueil favorable.

Le Californien revient donc à la musique en proposant son premier elpee solo, paru chez le label mythique Kill Rock Stars. Sur « Ramon » qu’il qualifie d’‘opera queer rock’, Nichols raconte ses aventures de figure queer, porte-drapeau de la scène LGBT californienne à travers les personnages de Mean Mr.Mustard et de sa sœur Polythene Pam. Joli clin d’œil aux Fab Four ! C’est d’ailleurs un fan des Beatles ; ainsi ses chansons sont manifestement hantées par McCartney. Mais aussi Elliott Smith. Le premier pour la voix. Le second pour le style folk/rock DIY. « Ramon » et « Listen to the Beatles », en sont certainement les plus belles illustrations. Encore que sur « Dog days », c’est le spectre de l’illustre Daniel Johnston qui se met à planer.

Impossible de rester de marbre à l’écoute des mélodies particulièrement efficaces torchées par Nichols, a l’instar de l’incroyable « Run Rabbit Run ».

Enfin, tout au long de cet opus, il a le bon goût d’alterner ballades acoustiques (« Captain Custard ») et plages plus rock (« She’s the Beard »).

Une œuvre qui mérite de figurer auprès de la discographie d’Elliott Smith sur Kill Rock Star…

dimanche, 24 juillet 2022 17:54

Big Time

En quelques années, Angel Olsen a complètement changé de statut. Après avoir été choriste auprès de Bonny Prince Billy, la native de Saint-Louis a décidé de se lancer dans une carrière solo. Depuis, elle a publié six albums (partagé entre compositions personnelles et reprises). Son premier, « Half Way Home », est paru en 2012. Intitulé « Burn Your Fire For No Witness », le deuxième émargeait au folk rock. Un style qu’elle va embrasser jusqu’en 2019, moment choisi pour se plonger dans la dream pop aux accents 80’s, en gravant « All Miror ».

Tout au long de « Big Time », Angel explore le terroir américain en revisitant la country. Riche et soignée, l’instrumentation (lap steel, cuivres, orgue, …) met bien en exergue la magnifique voix d’Olsen. A l’instar des superbes « All The Good Times » et « Right Now ». Certaines plages sont propices à l’introspection. Une compo comme « Big Times » a été marquée par son ‘coming out’ et le décès de ses parents. Et des morceaux tels que « Ghost on » ou « All the Flowers » baignent au sein d’un climat particulièrement mélancolique.

A 35 ans, Angle Olsen est devenue une des songwritrices les plus talentueuses de sa génération…

dimanche, 24 juillet 2022 17:49

Love on my Mind (Ep)

A l’origine, soit en 2001, cette formation répondait au patronyme de 23jinx. C’est dès 2007 qu’elle décide de le changer en Bambara. Et depuis, sa musique est en évolution constante. Originaire de Géorgie, le band s’est cependant établi à Brooklyn, en 2013.

Enregistré dans l’appartement d’un des musicos, le tout premier elpee, « Dreamviolence », était naturellement lo-fi. Le deuxième, « Swarm », devait se distinguer par ses sonorités abrasives et distordues de guitare (NDR : c’est sous cette forme qu’avaient été enregistrées les démos initiales) ; mais suite au vol de l’ordinateur contenant les pistes de cet LP, la version finale se révèlera moins décapante. Le combo a ensuite gravé un Ep expérimental de bruit pur intitulé « Night Chimes », en août 2015.

Sorti en 2018, « Shadow on Everything » développait un post-punk aux accents noise et aux rythmiques sémillantes. Deux ans plus tard, « Stay » adoptait un ton plus cool tout en s’ouvrant au country & western. Ce qui a permis au combo d’acquérir une certaine notoriété et d’assurer la première partie de la tournée européenne d’Idles.

Nouvel Ep, « Love on my Mind » poursuit la métamorphose, même si l’expression sonore continue de baigner dans le post punk. Un post punk ténébreux qui marche sur les traces d’un Nick Cave voire de Swans. Lors des sessions, le trio drivé par les frangins Bateh et William Brookshire a reçu le concours de quelques invités. Tout d’abord aux vocaux. Soit Bria Salmena et Drew Citron. La première avait assuré les chœurs pour Orville Peck ; mais c’est surtout la moitié du duo Bria. La seconde a milité ou milite encore au sein du backing group de Frankie Rose, de The Pains Of Being Pure At Heart, de Bervely, de Public Practice et se produit même en solo. Enfin, Jason Disu et Jeff Tobias (Sunwatchers) se chargent respectivement du trombone et du saxophone.

Ecorchée et reconnaissable entre mille, la voix de Bateh est susceptible de vous flaquer des frissons partout. Etincelantes et précises, les sonorités de gratte semblent extraites d’une B.O. pour ‘western spaghetti’. Enfin, les compos imprimées sur un low tempo prennent le temps d’installer l’ambiance tout en s’autorisant quelques fameux crescendos.

Les six titres sont particulièrement réussis. De quoi espérer la sortie prochaine d’un nouvel elpee…

mardi, 12 juillet 2022 17:49

Texas Moon

Deux années après avoir ouvert la voie à leur collaboration, Khruangbin est de retour en compagnie de Leon Bridges. Pour la circonstance, les Texans ont également embarqué Austin Jenkins dans l’aventure, un guitariste, chanteur, compositeur, producteur qui a régulièrement apporté son concours à White Denim. 

Alors que « Texas Sun », le premier elpee de Khruangbin & Leon Bridges, se distinguait par ses plages ensoleillées, voire enjouées, « Texas moon » nous propose la face cachée de son astre sonore. Un Ep qui se révèle bien plus mélancolique et paisible. Quatre pistes sur les cinq baignent ainsi au sein de ce climat. Seul « B-Sides » élève légèrement le tempo.  

Mais malgré ce changement d’atmosphère, le style de Khruangbin est toujours aussi facilement identifiable, à cause de cette basse caoutchouteuse et de cette ligne de guitare funk/psyché. Sans oublier la voix soul de Leon Bridges qui colle toujours bien à la musique, qu’elle soit bien ou mal lunée…

On regrettera cependant que le fruit de cette nouvelle coopération se soit limitée à un Ep et pas un véritable elpee. 22 minutes, c’est un peu court pour s’imprégner de l’ambiance ! 

jeudi, 07 juillet 2022 10:36

Crease

Vicky Mettle, alias Kee Avil, n’est clairement pas l’artiste la plus notoire du mythique label montréalais Constellation. Elle appartient à cette catégorie d’artistes expérimentaux qui gravitent autour de locomotives telles que Gospeed You ! Black Emperor ou A Silver Mount Zion. Pourtant, la jeune guitariste et productrice est parvenue à se forger un nom au sein de la scène locale, notamment grâce à un premier Ep paru en 2018. Ce qui lui a permis de jouer en compagnie de Land of Kush et d’assurer les premières parties de Pere Ubu, Marc Ribot ou encore Suuns.

« Crease » constitue son premier album. L’univers de Kee Avil se distingue par son originalité, car tout en se révélant expérimental, il s’avère accessible. Un challenge plutôt difficile à accomplir, il faut le reconnaître. Le spectre d‘influences de la Canadienne est plutôt large. Du moins sur cet opus. Parmi les plus marquantes, on citera Fiona Apple, Juana Molina, Gastr Del Sol et même Björk. Enfin, c’est ce que l’artiste a déclaré.

Elle chante ou plus exactement chuchote, en se servant d’une gratte électro-acoustique. Son jeu de guitare est atypique, intuitif, tout en nuance et délicatesse. Minimaliste, sa musique est subtilement teintée d’électronique. Mais manifestement, le climat qui règne tout au long de cet elpee n’est clairement pas propice à la joie. De ses compos, il émane même une forme de mal-être ; un peu comme chez Jenny Hval.

En outre, plusieurs écoutes de cet LP sont nécessaires avant de pouvoir s’en imprégner. Et même si l’atmosphère qui y règne est manifestement sombre, sa singularité mérite une attention particulière...

Page 1 sur 95