Formidable guerrier psychique, canalisateur du mystique et partisan d'une quête spirituelle qui transcende ce royaume, Goat reste un groupe empreint de mystère. Depuis ses origines insondables dans le village suédois de Korpilombo, il a parcouru les scènes et…

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Marcel est un fantôme de carnaval qui aime faire beaucoup de bruit en frottant sa joue sur les humains avec tendresse. Comme un chat boiteux avec des cymbales attachées à sa queue. Insupportable mais étrangement sympathique. Sa musique doit autant à Jonathan…

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Didier Deroissart

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lundi, 14 mars 2022 09:28

Machines De Guerre

Darcy est une formation rennaise qui implique le chanteur/guitariste Irvin Tollemer, le bassiste Clément Tollemer, le second sixcordiste Vincent Cosson et le drummer Marc Corlett. Une vraie machine de guerre qui pratique un punk rock frénétique. La formule peut paraître incongrue, vu la situation géopolitique actuelle, mais ce quatuor breton mène un combat sonore permanent et écrase tout sur son passage.

Ce second opus fait suite à « Tigre », paru en 2016,

Darcy, c’est le chant de la colère, celui la solidarité face à l’extrême droite, mais aussi un manifeste contre la résignation. A l’instar de « Solution », le premier single sorti en juillet 2021.

« La Force » sonne la révolte. Véritable brûlot, « Notre Hymne » bénéficie du concours du chanteur de Mehrzin, Pierre Le Bourdonnec, le skud ultime « L’Etincelle Au Brasier », de Niko, celui de Tagada Jones, et « Vient Chercher Pogo », de Kemar, le chanteur de No One Is Innocent. « Rediaboliser » aurait ainsi pu figurer au répertoire du band parisien. A cause des textes, qui fustige les fachos, les indécis, les politiciens, les banquiers et les flics. Pourtant, « Police Partout », rappelle qu’elle est là pour maintenir l’ordre établi et garantir la démocratie. Elle faire preuve de discrétion lors des manifs, même s’il y a des cowboys et parfois des fachos qui crachent sur les forces de police.

Titre semi-acoustique, « Eva » achève le long playing en douceur.

Darcy c’est une force de frappe mise au service de combats sociaux aussi vieux que ceux défendus par Trust ou Bérurier Noir. Et qu’est-ce qui a changé depuis ces années de révolte ? Pas grand-chose en vérité. Tout est dit.

En espérant pouvoir les découvrir bientôt el ‘live’ !

lundi, 14 mars 2022 09:19

DSM III

Dirty Sound Magnet est un trio suisse, issu de Fribourg très exactement. Le line up réunit le chanteur/guitariste Stavros Dzodzos, le bassiste Marco Mottolini et le drummer Maxime Cosandey. Son sixième elpee, intitulé sobrement « DSM-III », paraît ce 18 mars 2022. Il a été enregistré, en prise ‘live’ à l’aide de micros et d’une table de mixage vintage, par Marco Mottolini, mixé par Stéphane Chapelle et masterisé par Paul Gold, du studio Salt Mastering, à New York. Vu les conditions de la mise en forme, le son est très naturel et organique.

La formation helvète pratique une forme de psyché-blues-rock parfois teinté de stoner et porté par une irrésistible rythmique funk. Certains médias n’ont pas hésité à comparer sa musique à celle des Suédois Graveyard ou des Américains Radio Moscow. Tame Impala a    ainsi que, King Gizzard and the Lizard Wizard figurent probablement et également, parmi ses références majeures. Pourtant, le groupe déclare puiser son inspiration dans les sixties et les seventies.

L’expérience sonique proposée est unique. Le band la qualifie, non sans une pointe d’humour, de ‘retour mystique vers le futur’. Les morceaux véhiculent, en outre, des textes sarcastiques, qui dépeignent les problèmes tumultueux que la société traverse aujourd’hui.

Morceau rock qui ouvre le long playing, « Body In My mind » balance sec, côté guitare et rythmique. Surannée, la voix semble venir d’une session des seventies.

Troisième single issu de cet LP, « Meet The Shaman » véhicule des accents dark-indie-psych, une piste imprimée sur un rythme tribal implacable qui souligne les surprenantes harmonies orientales. Une atmosphère intense et enveloppante que le groupe a voulu recréer comme lors de ses concerts, lorsqu’il entre en totale communion avec le public.

La guitare lancinante conduit les cymbales vers un univers feutré tout au long de « Mr Robert », la plage la plus paisible de l’elpee.  

« Pandora’s Dream » lorgne manifestement vers les Red Hot. A cause de cette basse très présente qui claque sec, et puis de ces longs solos de guitare. Caractérisé par son groove irrésistible, le titre maitre est sans doute la plage la plus vintage et quelque part aussi spirituelle. Mais dans l’esprit des Doors, même si on y décèle l’une ou l’autre référence au Led Zeppelin pour la maîtrise technique et au Floyd, circa « The Nile song » pour la violence. 

Plus métallique, « Heavy Hours » nous entraîne au Sud des States, depuis la Louisiane (le bayou ?), jusqu’au Texas…  

« Sunday Drama » a fait l’objet d’un clip (à découvrir ) réalisé par Arturo Baston (Bass-Tone). La vidéo relate l’histoire de l’univers de sa création à sa destruction. Une magnifique ballade instrumentale aux délicats arpèges acoustiques et aux riffs cosmiques. La guitare est reine dans ce morceau qui procure un moment de rêverie absolue, hors du temps…

Dirty Sound Magnet se produira le 1er avril (NDR : et ce n’est pas un poisson !), au Zik-Zak, d’Ittre.

Annika Grill est née en Suède. Elle est artiste, compositrice (Olivia Ruiz), parolière et chanteuse. Elle a cofondé avec Edith Fambuena le studio Afternoon sessions. Ensemble, elles ont travaillé avec des artistes comme Jane Birkin, Polar et Kaolin.

En compagnie de son groupe, The Forest, elle a sorti, il y a quelques mois, son troisième album, « Même La Nuit ». La formation a déjà publié trois clips, extraits de cet opus. Après « Pretence », « You and Me » et « Thinking Crazy », elle nous propose aujourd’hui le titre phare du disque. Dans le clip de « Même La Nuit », Annika apparaît sous la forme d'un personnage au visage tout blanc qui découvre une pièce vide avec une boule à facettes. Elle commence à danser toute seule jusqu'à ce qu'elle rencontre un autre personnage blanc lui aussi qui lui ressemble étrangement. Elle se demande : l'amour est-il simplement une projection de soi, ou la personne idéale vient-elle de se révéler juste devant elle... ?

On retrouve sur ce disque les musiciennes qui accompagnent la carrière d'Annika : Edith Fambuena (guitares, claviers) et Zoé Hochberg (programmations, batterie) qui sont elles aussi allées enregistrer dans le pays natal d’Annika pour ce titre aux couleurs franco-suédoises. « You And Me » est une superbe ballade amoureuse.

« Même La Nuit » est un titre poétique qui évoque aussi bien la littérature française moderne du XXe siècle que la musique d'Alain Bashung. Un titre qui laisse déjà entrevoir la lumière dans les ténèbres – ce vers quoi nous emmène ce troisième album d’Annika Grill, qui a trouvé une nouvelle potion magique et pop.

Ainsi, ces nouvelles chansons éclairent une forêt parfois envahie par la brume, parfois secouée par les orages, mais qui persiste à se dresser dans sa végétation luxuriante. Riche, la pop d’Annika and the Forest l’est de plus en plus, en mesurant cependant chaque note, chaque arrangement, sans oublier d’être accessible.

C’est sur ce troisième album qu’Annika Grill signe un manifeste de pop catchy, à la fois exigeante et accessible, comme pouvaient l’être les tubes des Cardigans dans les années 90.

La vidéo de « Même La Nuit », est à découvrir

https://www.facebook.com/AnnikaAndTheForest/

https://www.instagram.com/annikaandtheforest/

https://twitter.com/annikagrill

vendredi, 11 mars 2022 10:48

Le Hollywood Bazar perse…

« Mon Iran » est une chanson calquée sur le fameux 'choc des cultures' quand la rencontre entre les gens bouleverse les aprioris. Un thème qui résonne malheureusement avec l'actualité.

Bayan Mohammadi, chanteuse traditionnelle Iranienne et Azzah Sawah, danseuse syrienne, participent respectivement à la compo et au clip. La chanson a aussi été traduite en perse (adaptation par Panthéa Kian) et a reçu l'écoute et le soutien du centre franco-iranien.

Les morceaux au ton urbain d’Hollywood Bazar permettent de prendre le temps de la réflexion sur des sujets de société. A la rencontre de la chanson, du rap et de la pop, les textes incisifs de Vincent viennent épouser les brillants arrangements aux machines de Grégory sur le tempo métronomique et sans concession de Pierrick. Les 3 garçons, au fil des chansons, dessinent un scénario qui se ficelle pour rendre audible les paradoxes que la société impose. La séance commence : ‘Grattons nos cocons, grattons les paillettes, découvrons le Bazar qui fait ce que nous sommes…’

La vidéo de « Mon Iran », est disponible ici

https://www.facebook.com/HollywoodBazarMusic

https://www.instagram.com/hollywoodbazarmusic/

https://hollywoodbazar.bandcamp.com/

Enfin un concert sans masque ni distanciation sociale. Le CST est encore de rigueur, mais il ne devrait bientôt plus être réclamé à l’entrée. Ce soir, l’AB accueille Whispering Sons, et la salle est bourrée comme un œuf.

Whispering Sons (trad : les fils chuchotants) sont issus de la Province du Limbourg. Les lauréats enfumés de l’édition 2016 du Humo’s Rock Rally ont publié, l’an dernier, un second album. Excellent par ailleurs. Un opus qui nous replonge dans les cryptes musicales sombres des eighties. Son cocktail de cold wave, post punk et shoegaze est pimenté par le baryton ténébreux de Fenne Kuppens. Au fil du temps, la formation s’est forgé une belle notoriété sur la scène indie ; ce qui lui a permis de se produire à Paris, et notamment au défilé de Raf Simons. Naomi Campbell est même venue féliciter les musiciens. Nominé en 2018, pour trois MIA, le combo s’est produit dans le cadre de l’édition 2019 du Rock Werchter, et il est de nouveau à l’affiche, cette année…

Le supporting act est assuré par Teen Creeps, un power trio gantois responsable de deux Eps et de deux albums, à ce jour, dont le dernier « Forever », est paru l’an dernier.

Le set est particulièrement énergique. Manifestement, sa musique est influencée par la scène alternative américaine ; depuis, Dinosaur Jr à Sonic Youth, en passant par Nirvana (donc Foo Fighters) et Metz, même si ce dernier band est canadien. Mais il le bon goût de traiter l’ensemble, sous une forme contemporaine. L’efficacité du drumming, le bourdonnement enivrant de la basse et les envolées de la guitare se fondent en une expression sonore à la fois intense et percutante. Dommage que le public soir resté aussi statique…

A revoir dans le cadre d’un festival, et pourquoi pas aux Lokerse Feesten… (voir notre section photos ici)

Les cinq musicos de Whispering Sons grimpent sur l’estrade. Outre Fenne Kuppens, la chanteuse, il implique un guitariste, un bassiste, un drummer et un claviériste. Fenne est vêtue d’une chemise bleu ciel, à longs pans, ainsi que d’un pantalon et d’une veste de couleur bleu pétrole, adornés de motifs ésotériques.

On remarque la présence du logo du dernier elpee, projeté sur un écran, à l’arrière-plan, alors que constitué de leds, le light show va passer régulièrement du rouge au bleu, et inversement.

Ce qui frappe d’abord, c’est ce baryton sombre, caverneux et envoûtant de Fenne, qui semble parfois sortir des rives du Styx.

A deux reprises, le guitariste s’installe derrière les ivoires pour soutenir sa voix, lors de chansons plus paisibles, mais déchirantes. Des claviers qui semblent d’ailleurs bien plus présents dans la musique de Whispering Sons.

Dès le début du set, la musique baigne au sein d’un climat gothique.

« (I Leave You) Wounded » fascine et intrigue à la fois. Sauvages, les riffs de gratte électrisent « Heat » et « Visions ». Fenne hurle sa « Vision » tourmentée de l’existence. « (I Leave You) Wounded » adopte un profil davantage électro, alors que « Screens » s’enfonce dans l’indus.

L’ambiance devient carrément sépulcrale tout au long de « Satantango », alors que plutôt brefs, « Surface » et « Aftermath » sont relativement dépouillés.

Dernier titre de la prestation, « Surgery » monte progressivement en intensité et entre alors dans une sorte de frénésie

En rappel, le band attaque « Tift », le dernier single sorti il y a quelques jours. Une compo dont le climat oscille de Joy Division à Portishead en passant par Placebo, Idles, Fontaines D.C. et Shame, démontrant que sa musique a évolué depuis 2013, année de sa formation.

Un excellent concert auquel le public s’est montré un peu trop mou, au goût de votre serviteur. Bon, maintenant, il est vrai si Fenne a de la présence sur scène, elle manque encore de pétulance. Et puis, le style musical, ne s’y prête probablement pas. C’est un choix ! Mais quand même, certains morceaux auraient mérité de voir se déclencher des pogos ou même du crowdsurfing. L’ombre du Covid planait peut-être encore sur l’AB… (voir notre section photos )

Setlist : « Dead End », « Heat », « Got A Light », « White Noise », « (I Leave You) Wounted », « Performance », « Vision », « Seasons », « Flood », « Surface », Hallow », « Aftermath », « Santantango », « Surgery ».

Rappel : « Tift », « Alone », « Waste »

(Organisation : Ancienne Belgique)

vendredi, 04 mars 2022 10:37

Un disciple de Ben Harper…

Ce sera le dernier concert limité à 50 spectateurs au Zik-Zak, à Ittre. Bientôt, il ne faudra plus rester assis par bulles, présenter un CST pour accéder à la salle et porter un masque lorsqu’on se déplace.

C’est la sixième fois que votre serviteur assiste à un concert de Thomas Frank Hopper. Né à Bruges, Thomas Verbruggen, aka Thomas Frank Hopper, est également le chanteur le Cheeky Jack, une formation responsable d’un seul elpee à ce jour, « Black Sheep », paru en 2014. En solo, Thomas a gravé deux Eps, « No Man’s Land », en mars 2015, « Till The Day I Die », en 2019, ainsi qu’un premier elpee, en 2021, « Bloodstone ». Ce soir, Thomas Frank Hopper est soutenu par le guitariste Diego Higueras, le bassiste Jacob Miller, le drummer Nicolas Scalliet et, c’est une nouveauté, un préposé aux claviers.

Le set d’ouvre par le titre maître de son album, dont il va nous en réserver de nombreux morceaux. Mais également quelques compos qu’il n’a jamais interprétées en ‘live’. Il raconte qu’il a vieilli (comme tout le monde) et signale qu’il faut profiter du moment présent, parce qu’il est unique. Et qu’il ne faut pas oublier de prendre du bon temps.

Dans sa musique on ressent, parmi ses influences, celles du Led Zeppelin (et pas seulement à cause de sa voix qui rappelle celle de… Robert Plant) de John Butler et de Jack White. Faut dire que sa musique est fondamentalement blues/rock.

Thomas Frank Hopper prend de plus en plus d’assurance sur les planches. Il passe avec une facilité déconcertante de la gratte électrique à la steel guitar qu’il joue assis, à la manière de Ben Harper. Son bootleneck y glisse naturellement, que ce soit à la lap steel ou en slide. Quand il s’arme d’une sèche, c’est en solitaire ; le public est alors particulièrement attentif et on n’entendrait pas une mouche voler.

Sa musique est particulièrement ancrée dans les 70’s, et l’utilisation d’amplis vintage ainsi que de synthés qui reproduisent els sonorités d’un orgue Hammond ?) accentuent cette impression. Le lightshow devient aveuglant lorsque les guitares se chargent d’intensité maximale.

On épinglera quand même « Come Closer », un morceau qui, à la fois, remue vos tripes et caresse vos tympans. A vous flanquer des frissons partout !  

Un excellent concert qu’il aurait été agréable de savourer dans la salle, pleine à craquer, dans l’esprit du blues/rock… A conseiller vivement, si vous êtes fans de Ben Harper.

Thomas se produira en supporting act d’Eiffel au Botanique, le 13 avril 2022. Si vous adorez Ben Harper, ne le manquez surtout pas ! D’autant plus que sur les planches, le groupe déménage littéralement. Votre serviteur, en tout cas, est convaincu de son talent…

Setlist : « Bloodstone », « Tales From The Rail », « Into The Water », « Crazy Mojo », « Cold Meat », « Change », « Mad Vagabond », « Dirtylicious », « Come Closer », « The Sinner », « Mississippi », « Bad Busines », « Savages », « Thousand Suns », « Whipping Boy », « SBMSB », « Till The Day I Die ».

Organisation : (Rock Nation et Zik-Zak)

(photos Philippe Ruelle ici)

 

lundi, 28 février 2022 16:30

Je suis anglaise et fière de l’être !!!

Bien qu’elle vive dans le Brabant Wallon, Amy Morrey est anglaise, et fière de l’être. Elle est surtout connue comme compositrice et collaboratrice, une fonction qu’elle remplit régulièrement pour des artistes comme Loïc Nottet, Franky Fool ou Alex Germis. Elle a décidé de passer de l’autre côté du décor en gravant un premier single. Il s’intitule « Parachute ». L’interview se déroule dans les couloirs de la RTBF, juste avant qu’elle n’y accorde un showcase accompagnée, pour la circonstance, d’un guitariste.

Amy Morrey, c’est ton véritable nom ou ton patronyme pour la scène ?

C’est mon véritable nom. Je suis d’origine britannique comme mes parents.

Tu vis dans le Brabant Wallon, tout comme Nicolas Testa, Konoba, Alex Germis (Lucas) et Franky Fool. Cette province deviendrait-elle un véritable vivier de talents ?

J’ai fréquenté la même école qu’Alex Germis. Alex Lucas (NDR : Alex Lucas Schönfelder) est également issu de la même région. Il fréquentait des membres de ma famille. J’ai commencé à m’intéresser au monde de la musique à l’âge de 21 ans. Au sein de cet univers, comme on est issu de la même région, on finit par tous se connaître ; et finalement on a commencé à se réunir en petit comité, dans le même coin.

C’est ainsi que tu t’es lancé dans l’écriture pour des artistes comme Loïc Nottet, Franky Fool, Kid Noize et Alex Germis. Mais pourquoi as-tu finalement décidé de chanter tes propres chansons ?

Mes premiers pas, je les ai faits pour Alex Germis. C’est lui qui m’a ouvert les portes pour un premier titre (« Sweet Afterglow »). Et en fait j’ai adoré ce rôle dans l’ombre. Me concentrer sur l’écriture, le travail en studio et la collaboration. C’est vraiment tout ce qui me passionne le plus. Je n’avais pas trop confiance dans ma voix. Je composais beaucoup de titres. Juste des chansons que j’écrivais à la maison. Il m’a fallu plusieurs années pour que je prenne de l’assurance. Et puis après avoir trempé 4 ou 5 ans dans le milieu, j’ai découvert une véritable passion pour la musique et pour la chanson. Quand je me suis sentie plus sûre de moi et que j’ai mieux cerné l’environnement et le milieu, je me suis dit que j’étais prête à m’y investir personnellement. C’est un nouveau challenge, et c’est une première…

Quel est ton processus d’écriture ?

Tout dépend s’il y a déjà un projet en cours. Souvent, on m’apporte un morceau qui a toute la musique derrière. De mon côté, je compose les mélodies. Quand elles sont abouties, j’essaie de trouver un thème, une inspiration, un univers. A partir de là, les idées commencent à foisonner. Puis elles subissent un peu l’effet entonnoir et je les trie pour que ce soit plus clair dans ma tête, afin que les mots choisis correspondent le plus possible avec le thème et l’univers. C’est ainsi que je travaille. Et en anglais. Comme je suis d’origine britannique, c’est plus facile. Je n’ai toujours pas eu la chance d’écrire en français, mais je suis toujours ‘up for chalenge’…

Quelles sont tes influences majeures ?

Il y en a beaucoup, mais parmi les principales, je citerai Paolo Nutini, Matt Corby et puis sous un angle plus contemporain, Billie Eilish et Dj Edd. Côté harmonies j’aime beaucoup Sabrina Claudio et Dennis Lloyd.

Est-ce que tes influences te servent pour l’écriture et la composition de tes chansons ?

Oui. J’ai fait mes premiers pas en compagnie de Tori Kelly. C’est vraiment la personne avec qui je m’associe le plus en tant qu’artiste. C’est elle qui m’a donné l’envie d’écrire et de composer de la musique. Pendant 2 semaines, je me suis acharné sur ma guitare afin d’interpréter mes chansons. Forcément, on va entendre cette ardeur dans mes compositions. Et c’est la raison pour laquelle il sera intéressant de suivre mon parcours cette année ? Il va explorer des styles où on pourra découvrir mes influences musicales.

Ta chanson du moment ?

Celle d’Amy Morrey, « Parachute » (moment de silence, suivi d’éclats de rires). Je rigole ! Ce que j’écoute en ce moment ? J’ai une longue playlist et il y a beaucoup de nouveautés. Mais aussi des morceaux plus anciens. Je consulte mon spotify.

Lost Frequencies, Henri PFR, c’est la relève ?

Ce sont deux styles tout à fait différents. J’ai déjà collaboré avec Funky Fool. Il est signé sur le label de Lost Frequencies. Je raffole travailler en compagnie de Nico et ce milieu-là. C’est un autre style que je veux développer, mais en ciblant le public. J’adore créer ce genre pour d’autres ou en collaboration. Mais pour l’instant, je bosse beaucoup sur mon projet personnel.

Tu prépares certainement une suite à « Parachute ». Tu envisages de sortir un Ep ou un album ? Penses-tu poursuivre tes collaborations en même temps que ta carrière solo ?

Je vais essayer de conserver les deux créneaux. La solution idéale serait d’y parvenir. Je dispose de pas mal de chansons. Elles sont prévues pour un Ep ou un album. Je vais regarder les opportunités qui vont se présenter, cette année. Mais c’est l’orientation que je me suis fixée, c’est sûr…

Ce n’est pas trop une bonne idée de se rendre à Bruxelles, ce vendredi 18 février. Et pour cause, la tempête Eunice fait rage. Le vent souffle jusque 130 km/h. Et sur le parcours, la route est jonchée de branches d’arbres et même de troncs brisés ou déracinés. Dantesque ! Bref, arrivé sans encombre dans la capitale européenne, cap vers l’Ancienne Belgique où se produit, ce soir, Puma Blue. L’accès à la salle, qui sera remplie aux ¾, est conditionné à la présentation du CST. Assis, masqué, le public ne peut ni se lever ni quitter sa place.

Londonien, Jacob Allen, aka Puma Blue, est âgé de 27 ans. Il a suivi des cours de batterie dès l’âge de huit ans. Il cite D'Angelo, Radiohead et John Frusciante parmi ses références majeures. Il est également à la tête de deux autre projets, Ruby Bliels et Boss Nass, bien qu'il n’ait encore rien gravé sous ces patronymes.

Il a passé ces dernières années entre crises d’insomnie et idées noires, une période douloureuse qui a donné naissance à un premier opus baptisé « In Praise Of Shadows », paru l’an dernier. Les thèmes de ses chansons s’inspirent de la romance, de l’angoisse, de la contemplation et de la nostalgie…

Le supporting act est assuré par le producteur londonien Lucy Lu, aka Luke Bower. Egalement londonien, il lui arrive de se produire tantôt épaulé par un collectif d’une dizaine de musicos ou en solo. À la veille de la fermeture des frontières décrétées suite à la pandémie, Luke s’était installé en Espagne, dans la campagne, proche de Barcelone, afin de cultiver ses légumes, mais surtout composer, écrire et enregistrer son premier album qui devrait paraître bientôt ; sa discographie se limitant, pour l’instant, à deux Eps.

Mais ce soir, il est accompagné du batteur de Puma Blue et surtout d’Uma. Née en Catalogne en 1995 d'une mère britannique et d'un père thaïlandais, Uma a été formée au violon classique dès l'âge de quatre ans, avant de s’ouvrir vers d’autres alternatives instrumentales et notamment contemporaines.

Lucy Lu se consacre à la gratte électrique et Uma aux machines. Si ces deux artistes semblent vraiment fusionnels, les interventions du drummer sont plutôt discrètes. Cependant, il règne un climat plutôt étrange tout au long de ce set, climat entretenu par des vocaux profonds et cette guitare jouée en picking. Une forme de psycho-folk underground susceptible de rappeler Animal Collective…

Setlist : « Seadog », « Send Me Off », « Lost Your Mind », « Ultraviolet », « Going », « Bring Me The Mountain », « Talking Walls », « Super Quiet », « We Are The Heroes », « Only Trust A Liar ».

Place ensuite à Puma Blue. Le set s’ouvre par « Velvet Leaves », un concentré de bedroom-pop, soul, jazz et post-dubstep. Jacob est accompagné de son groupe. Soit Cameron Dawson à la basse à cinq cordes, Harvey Grant derrière ses synthés, ses ivoires et son saxophone et enfin le drummer Ellis Dupuis, bien plus dynamique que lors de sa participation au supporting act.

Jacob pratique un jazz hybride, où se mêlent cordes et groove lancinant et au sein duquel sa voix soul peut s’épanouir. Il est vraiment émouvant lorsqu’il interprète des chansons feutrées et fragiles comme « Already Falling » ou « Cherish (furs) », au cours de laquelle les chœurs préenregistrés sont samplés. C’est lors de morceaux downtempo et chill tels que « Snowflower » ou bien encore « Oil Slick », le single qui hésite entre britpop et jazz lancinant, que l’on se familiarise un peu plus avec la voix si sensible du musicien, une voix voilée par les synthétiseurs, mais aussi noyée sous les accès de percus et de basse profonde, une voix chargée d’émotion et de mélancolie qui peut aussi parfois rappeler celle de Jeff Buckley voire de Chet Baker. « Already Falling » est une chanson d’amour douce et enivrante. Il semble s'inspirer des travaux antérieurs de King Krule en ce qui concerne l'arrangement des accords et des paroles, qu’il combine, pour produire un élixir mielleux. L’amour est un concept sujet à de multiples interprétations. « Bath House » est un bel exemple de cette proclamation si complexe à avouer, mais tellement touchante. Le jeu de guitare dans ce titre, a été inspiré par John Frusciante. Et lorsque l’expression sonore devient intimiste, lo-fi, c’est à James Blake qu’on se met à penser.

Le concert est souvent planant, relaxant même, mais sans pour autant sombrer dans la léthargie. Jacob y mêle des textures aqueuses avec des grooves soul. Il y développe ainsi une certaine conception de la beauté…

Setlist : « Velvet Leaves », « Cherrish (Furs) », « (She’s) Just A Phase », « Lust », « Snowflower », « Already Falling », « Bruise Cruise », « Sheets », « Want Me », « Oil Slick », « Bath House », « Hounds », « Moon Undah Water ».

Rappel : « Silk Print » (solo), « Midnight Blue », « Only Trying 2 Tell U ». 

(Organisation : Ancienne Belgique)

Quelques semaines après les deux premiers épisodes de sa saga visuelle, « You Don't Have To Know » et « When Love Is Getting Bad », Juicy dévoile « Treffles - MOBILE PART III », extrait de son futur album « MOBILE », qui sortira le 18 mars.

Dans la continuité des thématiques sombres de ce premier album, « Treffles » dépeint une société malade dirigée par le réseau social omniscient « Treffles ». Ce média qui sait tout, sur tout le monde, qui punit, récompense et octroie des points de bonne conduite.

Ce nouveau single parle de l’aliénation que les réseaux sociaux opèrent dans nos vies quotidiennes. Musicalement parlant, ce morceau révèle des influences plus hip-hop et électroniques des deux musiciennes. La vidéo est à la fois étrange et envoûtante.

Ce premier album sociétal et engagé est marquant de réalisme, frappé par l’époque que nous traversons. Écrit avant la rupture mondiale de mars 2020 et produit pendant, « Mobile » fait état du désenchantement de Sasha Vonk et Julie Rens, enfants de leur temps, surinformés, désabusés, déprimés, révoltés. L’angoisse y est omniprésente, mais constamment et énergiquement repoussée.

La vidéo de « Treffles » c’est ici 

Juicy se produira en concert à l’Ancienne Belgique le 25/03/2022.

https://www.instagram.com/juicyrnbitch/?hl=fr

https://www.facebook.com/juicyrnb/


 
jeudi, 10 février 2022 15:59

Sans setlist !

L’Espace Toots du Centre Culturel d’Evere est une très belle salle qui peut accueillir 150 personnes, assises. Elle bénéficie, en outre, d’une excellente acoustique. Ce soir, elle accueille Ghalia Volt. Cette Bruxelloise qui s’est établie à la Nouvelle Orléans pratique, bien évidemment, du blues. Le public est masqué. Espérons que cette situation va bientôt se terminer…

Votre serviteur avait découvert cette artiste en écoutant l’émission radio du dimanche, présentée par Beverly Joe Scott, sur Classic 21, ‘B.J.’s Sunday Brunch’. Ghalia a publié son quatrième LP, « On woman band », en janvier 2021. Elle a écrit ses compos en voyageant à travers les States ; depuis la Louisiane à l’Oregon en passant par le Texas et la Californie. Ou à travers le Mississippi. Pendant un mois et en empruntant le transport ferroviaire. L’elpee a été enregistré à Memphis (Tennessee) au Royal Studio (siège de Hi Records) là où des des pointures du blues et de la country comme Willy Mitchell et Al Green se sont illustrées. Elle y a reçu le concours du bassiste Dean Zucchero (NDR : membre de son backing group) et du sixcordiste Monster Mike Welch.

La scène est plutôt dépouillée. On y discerne la présence de 4 guitares dont deux électriques rutilantes et deux cigar-boxes (une superbe de couleur rouge et une autre ornée d’une plaque d’immatriculation du Mississipi). Quatre spots led sont plantés sur les planches, derrière l’artiste. Dès qu’elle grimpe sur l’estrade, Ghalia annonce qu’elle n’a pas de setlist. Mais tout en privilégiant les morceaux de son deuxième long playing, elle va également nous réserver des titres des opus précédents, de nouvelles compositions, quelques medleys ainsi qu’une cover très couillue du « Lithium » de Nirvana.

Elle est vêtue d’une robe noire et a enfilé des bas-résille de la même couleur. Elle ôte ses chaussures et s’assied sur un siège dont elle ne décollera pas avant la fin du concert. En fait, sa position lui permet de manipuler plus aisément les pédales, la deux caisses (grosse et claire) ainsi que le charleston et les cymbalettes

Ghalia converse énormément avec le public. Et elle est tellement interactive qu’elle lui permet de choisir quelle gratte elle va utiliser pour une chanson. Elle avoue apprécier l’Orval, la fête, le monde de la nuit et signale être insomniaque. Elle doit prendre un avion pour le Mexique le lendemain (via Ryanair ; donc le poids des bagages est limité). Par conséquent, elle ne pourra pas emporter son matos, et tout particulièrement ses deux amplis. Ajoutant que les contacts établis au sein des différents pays qu’elle visite lui permettent de dénicher le matériel pour se produire en ‘live’.

Elle raconte également que 4 jours après avoir passé son permis de conduire à la Nouvelle Orléans (c’était en 2021 !), elle entamait une tournée américaine en emportant l’ensemble de son matos. Elle qui n’avait jamais roulé sur l’autoroute, et ne s’était jamais fait klaxonner !!!!

Traitées à la slide, les sonorités de cordes dispensées tout au long d’« Esperitu Papago » vous flanquent des frissons partout, alors que les percus reproduisent le roulement du train qui traverse le désert californien. Pendant « Evil Thoughts », elle implore ses mauvaises pensées de la laisser tranquille. A l’aide de paroles soignées, elle aborde des sujets au travers desquels chacun se reconnaît, se raccroche. Elle suscite la réflexion chez chaque spectateur.

« Last Minute Packer » laisse une belle place à l’impro. Un titre qui nous plonge dans la vie d’une baroudeuse, bourlinguant d’hôtels en hôtels, de concerts en concerts.

« Meet Me In My Dreams » nous révèle la chance et le plaisir de revoir en rêves une personne décédée qui était appréciée.

Elle rend hommage à Tampa Red, en interprétant, lentement, son « It Hurts Me Too ». Sa voix est granuleuse, rocailleuse même, un peu comme celle de Beth Hart. Une voix qu’elle éclaircit en sirotant un petit whisky.  

« It Ain’t Bad » évoque les débuts de la pandémie aux Etats-Unis.

Energique, « Just One More Time » se nourrit de rock et de rockabilly. En fin de parcours, c’est l’auditoire qui choisit son répertoire.

Au cours de son show Ghalia Volt s’est frotté tour à tour au rhythm’n’blues, rock’n’roll, boogie rock, blues roots et delta blues, tout en ne négligeant ni le groove, ni le rythme. On espère la revoir bientôt en formule full band…

(Organisation : Rock Oasis)


 
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