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Le flux existentiel de Maxïmo Park…

Maxïmo Park publiera son nouvel elpee « Stream Of Life », ce 27 septembre 2024. L’information du huitième album studio du groupe arrive en même temps que la sortie du premier single, « Your Own Worst Enemy ». Pour préparer » Stream Of Life », la formation…

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Didier Deroissart

Didier Deroissart

dimanche, 08 mai 2016 03:00

Souvenirs de jeunesse…

Trente-sept ans de carrière, c’est un fameux bail ! Et ça se fête ! C'est d’ailleurs ce que compte faire UB40, lors de sa nouvelle tournée mondiale. Qui transitait par l’Ancienne Belgique, ce dimanche 8 mai.

Membre fondateur du combo britannique (NDR : le combo est né en 2008), Ali Campbell avait claqué la porte suite à un différent avec les autres musicos, et tout particulièrement son frère Duncan. Ce dernier avait décidé de poursuivre l’aventure en reprenant le patronyme originel. Mais en 2014, Ali reforme le groupe, en compagnie d’Astro et Mickey (Michael Virtue), réunissant ainsi les 3 membres de départ. Mais Ali a quelque peu changé le nom, en y ajoutant leurs prénoms (‘feat Ali, Astro et Mickey’). Il existe donc aujourd’hui deux variantes de UB40, puisque Duncan a poursuivi son chemin, de son côté, en conservant l’appellation. Un album (« Silhouette »), un Ep acoustique et un live plus tard, la nouvelle mouture de UB40 est donc repartie en tournée.

UB40 est au reggae ce que Madness et The Specials sont au ska. Car si le reggae constitue la charpente de sa musique, il se colore, suivant l’inspiration, de teintes irlandaises, galloises, écossaises, yéménites ou africaines. Et même de blues ! Si le line up du band implique aujourd’hui notre trio de base, c’est-à-dire le chanteur et guitariste rythmique Ali Campbell, l’autre vocaliste Astro ainsi que le claviériste Michael Virtue, il s’est enrichi de la présence de Don Chandler et Matthew Hoy aux basses, de Paul Slowley aux drums, de Michael Martin à l’autre gratte (également une rythmique), de Winston Delandro au trombone, de John Johnson à la trompette, de Colin Graham au saxophone et de Winston Rose aux chœurs.

Une estrade de 2 mètres de haut est érigée à l’arrière, sur laquelle vont s’installer le drummer et le claviériste. Sur laquelle un des bassistes ou des guitaristes va également se planter circonstanciellement. Des images seront projetées sur l’avant du podium et sur une toile tendue au-dessus du batteur.

Beaucoup de souvenirs se bousculent dans la tête de votre serviteur avant que le set ne débute. Il avait 17 ans et un peu de poil au menton. Il avait eu le bonheur de voir Bob Marley, en ‘live’. Puis s’est épris du reggae blanc pratiqué par un combo issu de Birmingham, UB40. Il avait succombé aux rythmes irrésistibles du ska, livré alors par Selecters, Madness ou encore Specials. Puis vécu les prémices du punk, en assistant aux frasques des Sex Pistols, mais surtout vibré à l’écoute du Clash, qui va marquer un tournant dans son éducation musicale. Il ne pouvait donc pas manquer le retour de cette formation insulaire…

Une image apparaît sur les écrans. On peut y lire en grandes lettres bleues ‘We Are’ et jaunes ‘UB40’. Puis les artistes déboulent sur les planches. Le set s’ouvre par « Reefer Madness », qui sert d'intro. Ali a pris du poids. Il tient toujours sa guitare à la manière de Macca, mais sa voix est intacte. A la fin du morceau, Astro s'époumone pour saluer l’auditoire qui applaudit chaleureusement. C’est d’ailleurs lui qui communique le plus souvent avec le public ; Ali, légèrement en retrait, se concentrant surtout sur sa six cordes. Et le voyage vers Kingston peut commencer.

A l’instar de « Keep On Moving », la cover des Wailers, qui figurait sur l’elpee mythique « Soul Revolution ». L’entame du morceau est même légèrement dub. La set list va proposer 12 reprises dont « Wear You To The Ball » (John Holt), « Stick By Me » (The Paragons), « Homely Girl » (The Chi-Lites), « The Way You Do The Things You Do » (The Temptations), « Cherry Oh Baby » (Eric Donaldson), « Please Don't Make Me Cry » (Winston Groovy), Kingston Town (Lord Creator) et « Many Rivers To Cross » (Jimmy Cliff). Des hits à la pelle, dont bien sûr leur « Just Another Girl ». Pour une première partie de 75 bonnes minutes.

Car le rappel va durer trois quarts d’heure. Pendant « Food For Thought », Paul Slowley étale toutes les facettes de son talent. Tous les musicos sont de retour pour aborder « Silhouettes », titre maître du dernier opus studio. Et UB40 va encore nous réserver deux autres adaptations, « Can't Help Falling In Love » (Elvis Presley) et « Red Red Wine » (Neil Diamond).

(Organisation : Ancienne Belgique)

Soirée sous le signe de l’Hexagone, ce vendredi 6 mai, dans le cadre des Nuits Botanique. Le Cirque Royal accueille The Avener, Synapson et Greg June devant un auditoire au départ clairsemé. Compte-rendu.

Greg June est un baroudeur qui puise son inspiration à travers ses voyages accomplis aux quatre coins du monde, mais également ses rencontres (Steve Forward, John Watts, Paul Breslin, Franck Authié), des expériences qui lui ont permis de définir son parcours musical. Découpé en 5 titres, son premier Ep, « One », est paru en septembre 2015. Un disque qui a exigé 8 ans de travail et dont il va proposer plusieurs extraits au cours de son set. Qui s’ouvre à 19h30 précises, soit une demi-heure avant l’horaire prévu. Ce jeune prodige pratique une musique folk/pop teintée de touches urbaines et électro. Il fait déjà très chaud dans la salle. L’artiste se consacre au chant, à la gratte semi-acoustique et aux ivoires. Il est épaulé par un préposé aux machines dont une boîte à rythmes. Souriant, sympathique même, il demande à la foule si tout va bien avant d’attaquer « Hey ». Sa voix est chaude et légèrement rocailleuse. Très interactif, il invite le public à reprendre en chœur le bref refrain. Et il s’exécute de bon cœur. Il utilise à bon escient le peu d’espace qui lui est réservé sur les planches. Il se déplace de gauche à droite (ou de droite à gauche, selon) en accentuant ses expressions à l’aide de ses mains. « No regrets » est un titre nettement plus électro. Et déjà, la fosse se transforme progressivement en immense dancefloor. Armé de sa gratte, Greg n’en oublie pas pour autant « Unify », une compo qui lui tient particulièrement à cœur. Et pour cause, il s’agit d’un vibrant hommage aux victimes des attentats de Bruxelles et de Paris. Ce qui lui vaudra des acclamations nourries… Quoique apparemment plus calme, cette chanson permet à sa voix de monter davantage dans les aigus, en fin de parcours. Le bidouilleur abandonne, le temps d’un morceau, ses machines et percus pour siéger derrière les ivoires. Et le show, de s’achever par le single « We Can't Never Talk ». Greg n’oublie pas de remercier Synapson, dont il assure le supporting act pour la tournée.

Synapson est sans doute le duo électro le plus prometteur, pour l’instant. Responsable de véritables tubes comme « All in You » (feat. Anna Kova) ou « Djoon Maya Maï » (NDR : auquel avait participé le regretté Victor Démé), il suscite énormément d’engouement de la part du public, tant pour ses prestations ‘live’ que lors de ses enregistrements studio. A son actif un Ep éponyme, publié en 2010, et un elpee, « Convergence », paru en octobre 2015, qui caracole toujours au sommet des charts. Paul et Alex ont accompli le tour de l'Hexagone au sein du projet Flash Deep, afin de mettre en exergue une nouvelle scène house française, aussi électronique que mélodique, capable de squatter les playlists, mais surtout destinée à faire danser les foules.

Derrière les 2 bidouilleurs (NDR : un préposé aux synthés et à la boîte à rythmes et un autre derrière les platines), on découvre une grande structure en triangle, sur laquelle est disposée des néons. Et ce light show va impressionner !

L’électro/pop contemporaine du combo est largement contaminée par des percus aux sonorités africaines. Mais elles sont dispensées par des synthés. Electrifiée, la guitare de Sirius Tréma est très susceptible de dynamiter le show. Faut dire que le musicien est doué. Il s’autorise même des solos hendrixiens. Le groove libéré par Synapson est unique en son genre. Originale, la musique vous communique de bonnes sensations dans les jambes, mais sans les fourmis. En finale, la très jolie Anna Kova vient poser la voix sur le tube « All In You ». Ce qui démontre l’ouverture d’esprit du tandem, dont la musique s’inscrit dans la lignée de Hyphen Hyphen. Et finalement, la prestation va mettre le souk dans la fosse. Tout le monde danse, y compris dans les balcons. Surpris et impressionné par l’enthousiasme manifesté par le public, le duo va le remercier à plusieurs reprises.   

Tristan Casara s’installe derrière une immense table. Le producteur va bénéficier d’un light show tout aussi blaise. Mais l’ambiance est glaciale. Pourtant chaud, le public ne parvient pas à faire fondre cette glace.

Et ce n’est ni la cover du « Lonely boys » ou celle du « Big Jet Plane » d'Angus et Julia Stone qui changera la donne. Le Niçois clôture son set par une version du « Around The World » de Daft Punk, dans la plus grande indifférence. En se contentant de tirer des sonorités de ses machines, sans leur injecter le moindre feeling, et sans la moindre interactivité avec son public, The Avener ne méritait sans doute pas de figurer en tête d’affiche. Les artistes qui l’ont précédé se sont montrés bien plus convaincants…

(Organisation : Les Nuits Botanique)

The Avener + Synapson + Greg June

Pour les photos, voir ci-dessous

 

 

dimanche, 01 mai 2016 03:00

Tout doit disparaître…

Manic Street Preachers se produisait ce dimanche 1er mai à l’Ancienne Belgique. Qui est de nouveau sold out. Le groupe gallois est venu interpréter son quatrième elpee, « Everything Must Go », un disque paru, il y a déjà 20 ans. Et pas seulement, puisque le concert est divisé en deux volets. Le premier est consacré à l’album mythique. Qui s’est écoulé à plus d’un million d’exemplaires. Le premier gros succès du combo qui pour la circonstance, a décroché plusieurs ‘brits awards’. Le deuxième est réservé aux hits ainsi qu’aux nouvelles compos.

Manic Street Preachers a d’abord forgé sa notoriété sur une image de bad boys. Iconoclastes, brefs, ses sets constituaient un concentré d’énergie pure. Nés au sein d’un milieu prolétaire, les musicos revendiquaient une idéologie gauchiste. Ils ont vécu de près –alors qu’ils étaient encore des gosses– les grèves des mineurs qui ont éclatées entre 1984 et 1985. Ce qui explique l’engagement de leurs lyrics. Ils ont dédié une de leurs récompenses au syndicaliste Arthur Scargill, un leader politique insulaire travailliste particulièrement charismatique. Son guitariste, Richey James Edwards, se serait apparemment suicidé, même si on n’a jamais retrouvé son corps. Ce qui n’a pas empêché le band de continuer son aventure…

Sleepers' Reign assure le supporting act. Issu d’Herentals, le groupe a terminé second de la finale du Humo’s Rock Rally, en 2012, récoltant au passage le prix du public. Il lui a fallu cependant un certain temps avant de sortir son premier elpee, « King Into Delight », paru en mars de cette année, un disque qui a reçu le concours du New-yorkais Justin Gerrish (The Strokes, Vanpire Weekend, Weezer, etc.), à la mise en forme.

Le sextuor implique un chanteur/bidouilleur, deux gratteurs, un drummer, un bassiste, un drummer et un claviériste. Superbe, harmonieuse, la voix de Luke Hermans est capable de grimper dans les aigus, un peu comme Andy Partridge (XTC) voire Graham Gouldman (10CC). Pendant une petite demi-heure, le band va dispenser une musique sculptée dans une electro/pop de bonne facture, mais aux réminiscences 70’s particulièrement marquées...

James Dean Bradfield, le chanteur charismatique de Manic Street Preachers déboule seul sur les planches. Armé de sa gratte, il attaque « Elvis Impersonator: Blackpool Pier », l’intro de l'album « Everything Must Go ». Il est ensuite rejoint par le drummer Sean Moore –il a enfilé ses inséparables gants noirs– et le bassiste Nicky Wire, qui a chaussé des lunettes fumées. Le trio est soutenu par un deuxième guitariste et un claviériste, qui se tiennent à l’écart.

La voix de James est superbe, mais elle est trop étouffée par l’instrumentation. Dont les grattes, incisives, qui se taillent la part du lion. Les plages d’« Everything Must Go » sont dispensées dans l’ordre de la set list (« Small Black Flowers That Grow In The Sky », « The Girl Who Wanted To Be God », « Removables », « Australia », « Interiors (Song for Willem De Kooning)», « Further Away » et « No Surface All Feeling ». Fin de la première partie.

Au cours de la seconde, les versions acoustiques de « Little Baby Nothing » et « The Masses Against The Classes » sont un véritable enchantement. Que James nous réserve en solitaire, uniquement accompagné de sa gratte semi-acoustique ; et au cours desquelles sa voix fait à nouveau merveille. Du ‘best of’, que va ensuite nous réserver Manic Street Preachers, on épinglera encore « Suicide Is Painless (Theme from MASH ) » (NDR : la B.O. du film !) et une cover de Johnny Mandel. Mais dès « Motorcycle Emptiness », le volume sonore est devenu insupportable, malgré les bouchons. Tout doit disparaître ! Votre serviteur, le premier, qui tire sa révérence…

(Organisation : Live Nation)

lundi, 25 avril 2016 03:00

Tout en cassant les codes…

La release party de Sirius Plan devait se dérouler le 23 mars 2016, soit le jour des attentats perpétrés à Bruxelles. Le band avait été bloqué à Paris. Le concert a donc été déplacé un bon mois plus tard. Et il est quasi-sold out. Le premier elpee de la formation, « Dog River Sessions », est paru l’an dernier. Il avait fait l’objet d’une chronique dans Musiczine (voir ici)

Une image du Delta est figée sur un écran tendu devant le podium. Et à 20h20, le ‘making of’ de cet elpee est présenté en images. Dix minutes au cours desquelles on découvre, en toute décontraction, un reportage consacré aux sessions d’enregistrement, aux concerts accordés dans les bistrots ou encore sur la Dog River. Et à 20h30, l'écran se lève, alors que les filles déboulent sur les planches. Elles sont accueillies par un tonnerre d'applaudissements. Pas de Big Mama (B.J. Scott) en vue, ni sur les planches, ni dans la salle.

La coiffure de Skye est plus courte. Mais ses cheveux blonds sont toujours aussi étincelants. Elle s’installe à gauche de l’estrade. Claire se plante à droite, et Gaëlle derrière ses fûts. Le set s’ouvre par « Du Rose Dans Les Veines», le premier single extrait de l’opus. Une petite leçon de morale qui proclame que l’amour est une solution universelle. Les trois filles pratiquent une forme de folk/blues/rock susceptible de remuer les tripes. Les harmonies vocales sont particulièrement raffinées. La voix de Gaëlle est plus rock. Celle de Skye, sensuelle. Et de Claire, enjôleuse. Bref, un micro, trois voix, deux guitares et une batterie : la recette est simple et terriblement efficace. En outre, elles se débrouillent aussi bien dans la langue de Voltaire que celle de Shakespeare. La musique de Sirius Plan est à la fois lumineuse, élégante et instinctive, tout en conservant une taille humaine. Sans prise de tête.

« In The City » est imprimé sur des percus puissantes. Mais ce sont les harmonies vocales à trois voix qui font la différence. Elles sont même parfois divines. A l’instar de « Moi l’animal », une nouvelle compo. Ou de « Là », qui s’achève par des incantations amérindiennes. L’atmosphère générale du set baigne dans le Bayou. « Big River », une surprenante cover de Johnny Cash, en est une belle illustration. Une pirogue s’enfonce dans le Delta. Les alligators guettent… Mais sains et saufs, les explorateurs débarquent à Baton Rouge.

Ballade empreinte de délicatesse, « Old Man » est une chanson qui aurait pu figurer au répertoire de Neil Young, même si on y ressent la patte de Rick Hirsch, responsable du mixing et de la production. Claire sort une petite cuillère de sa musette et enfile une bague qu'elle sort de sa poche gauche. Puis elle la tapote sèchement contre le bijou. Magique !  

Petit conciliabule sympathique au sujet du 'W'. Les Françaises charrient Gaëlle dont les tâches ménagères semblent la rebuter. Un morceau au cours duquel elle doit répondre ‘Whuai’. Ce qui déclenche un fou rire général dans l’auditoire. Le train est « Sur Les Rails » et nous entraîne à travers les grandes plaines. Les filles l’annoncent : place au quart d'heure américain. « Wish I Could » est un slow crapuleux ; mais surtout le nom d’une association caritative qui vient en aide à la Louisiane, et dont elles sont les ambassadrices. Une autre reprise. Celle du « Come together » des Fab Four. Et elle est allègre. Le concert s’achève par le swinguant « Plus Que Parfait ». Skye et Gaëlle remercient la foule. Claire s’était déjà éclipsée, mais revient en courant pour le saluer également.   

En rappel, Sirius Plan rend hommage à feu Prince, à travers une version bouleversante de « When Doves Cry ». On est littéralement sur le cul ! Mais, cerise sur le gâteau, celle de « La Complainte De la Butte » (paroles: Jean Renoir, musique : Georges Van Parys) est interprétée a cappella et clôt le spectacle en beauté, tout en cassant les codes. Epatant !

(Organisation : Ancienne Belgique)

Isola avait disparu du paysage musical depuis près de 4 longues années. Puis fin de l’an dernier, il a publié un single « Radical », qui a squatté le ‘Décompte’ de Pure FM, pendant 25 semaines. Et son second elpee, devrait sortir bientôt. Un peu de moins de 150 personnes se sont déplacées pour aller applaudir la formation hutoise.

Garcia Goodbye assure le supporting act. Fondé en 2008, ce duo est issu Vilvoorde, et réunit le drummer Jens Leen et le claviériste/guitariste Tommy Gontie. A l’instar de Cats On Trees, il pratique une électro/pop percutante. Mais paradoxalement, il a davantage de succès au Brésil et en Turquie que dans sa Flandre natale. Un constat quand même assez courant pour bon nombre ou artistes issus du Nord de la Belgique. Qui éprouvent même des difficultés à se produire en Wallonie. Et c’est la raison pour laquelle le club Plasma a été créé…

Le combo est venu défendre son premier elpee, paru en 2014. Un disque au titre éponyme.

Le set s’ouvre par « Shade Of Light ». Les voix sont harmonieuses. A l’instar d’Arsenal, le tandem ose une chanson d’amour dans la langue de Molière, « L'Amour C'est Toi ». « Exactly » lorgne manifestement vers Coldplay. Et « Dancing School » est encore plus radiophonique. Une prestation plutôt sympathique qui s’achève par « Just Say Yes ». Ben oui, alors… (NDLR : Huy ?)

Formation hutoise, Isola implique Frédéric Migeot (guitare, claviers, chant), Mike Van Bogget (guitare), Ludo Catalfamo (claviers), Xavier Lesenfans (basse) et Didier Dauvin (drums). Lorsque Fred commence à chanter, on a envie de fermer les yeux et de se laisser porter par ses rêves. Si le combo est venu présenter ses nouvelles chansons, il n’en oublie pas son ancien répertoire, afin de ne pas trop perturber ses aficionados. Et tout particulièrement ses hits.

Le concert s’ouvre par « Mad ». Le son est un peu trop puissant. Pas assourdissant, mais à la limite. En fin de set, Fred expliquera que nouveau, l’ingé-son doit encore s’adapter à sa fonction.

Multi-instrumentiste, il jongle souvent entre sèche et gratte électrique. « Gravity » constitue bien sûr un moment attendu, et ce titre de britpop rafraîchissant met tout le monde d’accord. Y compris le fracassant «Radical », dispensé en fin de parcours. Et le spectacle de s’achever par « Covet me » et « Never Let Me », deux brûlots incendiaires…

On attend donc impatiemment la sortie du nouveau long playing. Evoluant dans un univers sonore proche de Crowded House, même si le sens mélodique lorgnait très souvent vers les Beatles (NDR : ne pas oublier que le premier elpee avait été masterisé dans les studios londoniens d'Abbey Road), le premier avait été mixé par Chris Sheldon (Garbage, Foo Fighters, Pixies, Roger Waters et Jeff Beck)… Le second devrait s’intituler « WORD ». Dix mots en dix tests, et on suppose qu’Isola fera le reste…  

(Organisation : Le Salon de Silly et Silly Concerts ASBL)

Afin de défendre son nouvel album, « Two Days At A Time », Gaëtan Streel se tape 30 jours de concerts d’affilée. Un véritable marathon ! Qui va transiter, tour à tour, par une chaumière, une église, la salle des fêtes d'un village, un appartement, un manoir et quelques endroits intimistes et insolites. Il en est à son neuvième jour. Il va donc à la rencontre de son public.

Le Moulin Fantôme est un ancien moulin transformé en café-concert, sis au milieu d'un cadre idyllique. C’est loin d’être commun. Il est érigé près des étangs du Coeurcq. Et souriant, le patron du club est un personnage vraiment rock'n'roll. Conviviale, la salle peut accueillir –au grand max– 100 âmes. Ce soir, il n’y en aura qu’une trentaine pour ce showcase proposé en format semi-acoustique.

Gaëtan Streel avait  déjà interprété quelques unes des compos du nouvel LP, dans cadre du Brussels Summer Festival, en août 2015, au sein d’un sextuor. Il confesse déjà accumuler une certaine fatigue, mais que cette tournée a du bon.

Poète, Gaëtan compose indifféremment dans la langue de Voltaire ou de Shakespeare. Mais son premier LP, « One day at a time » recelait exclusivement des titres en anglais. Son dernier le révèle cependant sous un angle différent. D’abord il est partagé entre morceaux des deux idiomes. Et empreints d’une grande sensibilité, ses textes s’inspirent de ses rêves, ses angoisses, ses désillusions, mais également de ses espoirs… 

Gaëtan se réserve le micro. Il s’accompagne au ukulélé ou à la guitare semi-acoustique. Tout comme Jérôme Magnée (Dan San), lorsqu’il ne se consacre pas aux drums. Des drums réduits à leur plus simple expression : un tom basse retourné, sur lequel est posé un essuie de vaisselle et une cymbale. Sara Lejeune est préposée à la contrebasse moderne (Electric upright bass) et aux choeurs.

Le set s’ouvre en douceur par « Go And See The Lights », un extrait du premier elpee, paru en 2012. Un bluegrass au cours duquel les deux guitares nous entraînent à travers les grandes plaines de l'Ouest américain. Le tout magnifié par les chœurs à trois voix.

Jérôme (NDR : il va se multiplier tout au long de la soirée) accorde son ukulélé et le band peut attaquer « Sort Of Happy », un extrait du dernier opus. Le son est parfait.

Gaëtan signale qu'il attaque aujourd’hui le neuvième show de son long périple. Qu'il éprouve des difficultés à se souvenir de son nom, mais que son cd est en vente près du bar. Fin de spot publicitaire… Les harmonies vocales à trois voix constituent certainement le point fort de ce spectacle. A l’instar de « Unless You'Rer Lyung Too », un titre qui figure sur le nouvel LP, subtilement souligné d’un filet de guitare. Ou encore de « The Well And The  Key ». A cet instant, on se croirait même dans une église.  

Jolie ritournelle, « 138 G De Chanson » est une chanson d’amour interprétée en français. Gaëtan révèle qu'il écrit des chansons dans sa langue natale depuis longtemps, mais qu'il n'avait pas encore eu l'opportunité de les graver sur cd.

« Nostalgie » est une compo dont il avait entamé l’écriture à l’âge de 23 ans. Faussement nostalgique, elle est chargée d’autodérision. Il vient seulement de terminer le second couplet. Ce qui ne l’empêche pas de la glisser dans la set list. Intimiste, le show s’achève par « Words ».

Et en rappel, Gaëtan clôt le concert par un titre chanté a cappella, au milieu de l’auditoire. Pour son plus grand bonheur.

(Organisation : Le Moulin Fantôme)

La salle est presque comble, ce soir, pour accueillir Anastacia qui se produit dans le cadre de sa tournée ‘The Ultimate Collection Tour 2016’. Ce n’est pas la première fois qu’elle est programmée en Belgique. Et tout particulièrement à l’Ancienne Belgique. La dernière, c’était en février 2014. Pour un concert mémorable.

Lyn Newkirk Anastacia est née à Chicago en 1968, d'un père chanteur d'origine allemande et d'une mère de souche irlandaise, actrice dans l’univers des comédies musicales à Broadway. C’est en 2000 qu’elle décroche un énorme tube, grâce à « I'm Outta Love », un extrait de son premier elpee, « Not That Kind » (NDR : n°1 dans 8 pays quand même !) Et l’album suivant,  « Freak Of Nature », lui vaudra 3 disques de platine. Depuis, elle a écoulé près de 40 000 000 à travers le monde, mais surtout traversé pas mal d’épreuves. On lui a diagnostiqué la maladie de Crohn, à l’âge de 13 ans. Et deux cancers. Le premier à 34 ans et une récidive 11 ans plus tard. Sans oublier de la tachycardie supra ventriculaire en 2002.

La scène est rehaussée d'un podium assez haut sur lequel Anastacia et deux de ses danseuses/choristes vont évoluer. L'estrade entoure les musicos, placés juste devant celle-ci. Plusieurs escaliers permettent d’y accéder. Le drummer, Steve Barney, est au milieu du jeu de quilles. Un guitariste et un bassiste sont plantés de part et d'autre. Le claviériste est installé à droite et la troisième choriste au pied d'un des escaliers, à gauche. Le light show est posé sur la grande estrade. En partie centrale, des leds forment un grand ‘A’.

Anastacia débarque par l’arrière. Les deux choristes l’introduisent en frappant vigoureusement sur des toms basse. Le show s’ouvre par « Army Of Me » (« Ultimate Collection »). Et embraie par les hits « Sick and Tired » (« Anastacia »), « Stupid Little Things » (« Resurrection »), « Paid My Dues » (« Freak Of Nature ») et le somptueux « Welcome To My Truth » (« Anastacia ») que tout le public fredonne en compagnie de l’artiste. Qui finalement se montre très interactive.

Mezzo-soprano, sa voix est exceptionnelle. Très chaude aussi, capable de faire vibrer les mélomanes. Et la musique oscille entre soul, funk, rock et surtout pop.

Elle présente régulièrement ses musicos et demande au public de lui dire ‘bonjour’. Amusant !  Et l’auditoire s’exécute. Elle évoque son combat contre le cancer. Recueillement. Anastacia change à plusieurs reprises de lunettes. Une valise recelant différentes paires, est d’ailleurs déposée au pied de l'estrade. Mais aussi de costumes. Qui sont aussi chatoyants les uns que les autres. Dont une robe noire particulièrement cintrée, moment choisi pour interpréter « Heavy On My Heart » (« Anastacia ») et « You'll Never Be Alone » (« Freak of Nature »), dans un climat à la fois solennel et intimiste. Elle nous réserve « Pieces Of A Dream » (« Pieces Of A Dream »), en mode piano/voix. Puis une version latino de « Why'D You Lie To Me » (« Freak Of Nature »). Pas mal du tout ! Sans oublier le très rock « Best of You » de Foo Fighters. Excellent !

Elle se frotte au blues, à travers « The Saddest Part ». Faut dire qu’elle est capable de moduler sa voix en fonction des compos. Mais aussi au funk, dans l’esprit de Michael Jackson ou encore de Nile Rodgers.

Le set s’achève par le bouleversant « I'm Outta Love » (« Pieces Of A Dream »). Avant un rappel au cours duquel Anastacia invite deux ados à l’accompagner au chant. Et les voix des deux filles sont solides. Etonnant ! A moins qu’il ne s’agisse d’une mise en scène…

Ce soir le public a vibré. Anastacia est une battante, mais aussi une Artiste avec un grand ‘A’…

Organisation : Live Nation

(Voir aussi notre section photos ici)

 

Suite aux plaintes émises par le voisinage, dorénavant, tous les concerts qui se dérouleront au Magasin 4 doivent s’achever avant 22 heures. Pas une mauvaise nouvelle, puisque les provinciaux pourront rentrer plus rapidement au bercail. Ce soir, The Inspector Cluzo est à l’affiche. Un duo gascon originaire de Mont-de-Marsan. Il réunit le guitariste Malcom Lacrouts et le drummer/chanteur Philippe Jourdain. La moitié de l’année, le tandem part en tournée mondiale. L’autre moitié, ces gentlemen farmers élèvent des oies et des canards, de manière traditionnelle. Pour fabriquer des rillettes, du foie gras et du confit, qu’ils vendent sous le label ‘Lou Casse’ ; et notamment au merchandising (NDR : en deux temps trois mouvements, tout à été écoulé !) Ils comptent même planter du riz sur leurs terres. Une terre qu’ils ont dans le cœur, mais le rock dans la peau. La paire compte plus de 800 concerts à son actif, en 8 ans d'existence, spectacles accordés à travers plus de 40 pays. Autoproduit, son cinquième elpee, « Rockfarmers », a été enregistré à la ferme et mixé à Nashville.

A Supernaut, c’est le titre qui figure sur une flip side d’un single de Black Sabbath. C’est également le patronyme d’un power trio réunissant le chanteur/guitariste Thomas Venegoni, le bassiste Nicolas Dekeuster et le drummer/vocaliste Jean-François Hermant. Un combo dont les membres ont milité chez Montevideo, Driving Dead Girl, Highsleep With Sloane, Ok Cowboy!, Zacharia, Thibet ou Course of Action. De sacrées références !

Supporting act, le combo est responsable d’un rock carré, énergique et percutant, abordé dans l’esprit des 70’s. Et « Birdman », une de ses compos, en est certainement la plus belle illustration. Sans quoi, brute de décoffrage, sa musique –sans être particulièrement originale– est puissante, mais bien équilibrée. Entre riffs graisseux, ligne de basse ronflante et drums martelés sauvagement, elle n’écorche jamais les tympans… 

Setlist : « Deep Inside », « Ice », « La Menace », « Georges », « Future », « Birdman », « Russian Roulette », « Xception ».

Place ensuite à The Inspector Cluzo. Pas de set list, mais un répertoire qui ressemble plutôt à une grosse jam, au cours de laquelle le combo va nous réserver de nouvelles compositions. Mais surtout une majorité de plages issues du dernier opus, « Rockfarmers ». Et c’est le titre maître de cet LP qui ouvre le show. Pour rester dans le ton, l’intro est balayée de cacardements ou de cancanements avant que la gratte déjà incisive ne baigne déjà dans l’huile. Et lorsqu’elle s’apaise, c’est pour laisser entendre les sifflements des anatidés, avant de repartir de plus belle. Des joueurs de leur équipe de rugby favorite avaient été invités pour mettre le souk tout au long du clip de « I'm A Japanese Mountain » (voir ici

Les rugbymen ne les ont cependant pas accompagnés au Magasin 4. Ce qui ne va pas empêcher la compo de mettre le souk. Malcom va régulièrement à la rencontre de l’auditoire, et d’un doigt vengeur, il invite les premiers rangs à se rapprocher du podium. Philippe enlève assez rapidement son béret pour être plus à l’aise afin de défoncer ses fûts et ses cymbales qui ont déjà bien vécu. En fin de set, ces dernières sont, en général, balancées vers le fond de la scène. Ce qui n’a pas toujours été le cas. Cinq ans plus tôt, au Botanique, elles ont atterri sur le crâne de votre serviteur, avant qu’il ne s’étale. Confus, les artistes ont promis qu’on ne les y reprendrait plus. Mais dans le déchaînement, ce débordement est encore très susceptible de se produire. Alors, il est préférable de rester sur ses gardes. Quand The Inpector Cluzo s’emballe, gare aux cymbales !

Le duo puise son inspiration chez Black Sabbath, Led Zeppelin et bien d’autres formations de hard rock, issues des seventies. Mais également dans le grunge. Parfois aussi chez Jimi Hendrix. Surtout lorsque les accords de gratte sont torturés. Egalement dans le funk. Et même dans le blues et le gospel. Le registre vocal de Malcolm est ample et capable de dépasser une octave, sans se casser la figure.

Au bout de 60 minutes, les musicos sont complètement trempés de sueur. Mais il sont surtout parvenus à nous réserver un excellent set live, une prestation explosive et bourrée d’énergie, ponctuée de deux jams. Le duo se produit, en général, une fois par an en Belgique. Une bonne raison pour ne pas le manquer. 

(Organisation : Magasin 4)

dimanche, 17 avril 2016 01:00

Une surprise de taille !

C’est le retour de Louise Attaque. Et bien évidemment, ce soir, c’est sold out. Si le peuple est venu en masse, toutes les générations sont réunies. Après un épisode en solo (NDR : enfin, si on peut le qualifier de solo !), Gaëtan Roussel a relancé son groupe qui lui a permis de se faire connaître. Des rumeurs colportaient que les concerts de la formation française souffraient d’une absence de constance. Ce ne sera pas le cas, lors du spectacle accordé à l’AB. Il sera à la fois intense et intimiste. Le groupe va même agréablement surprendre votre serviteur.

C’est à partir de la fin des années 90 que Louise Attaque va littéralement prendre son envol, en publiant 3 superbes long playings recelant des titres devenus incontournables (« J't'emmène au vent », « Tu dis rien », « Est-ce que tu m'aimes encore ? », etc.). En 2001, le quatuor s’était séparé une première fois pour laisser la place à deux projets Tarmac, réunissant Gaëtan Roussel et Arnaud Samuel ainsi qu’Ali Dragon, impliquant Robin Feix et Alexandre Margraff. Avant de se reformer en 2005, pour graver un troisième elpee. Puis de splitter à nouveau en 2007, ouvrant ainsi la voie à la carrière solo de Roussel. En 2015, le combo reprend sa route et décide d’enregistrer « Anomalie », son quatrième elpee, sous la houlette d’Oliver Som. Un disque plus adulte, enrichi par les expériences vécues des différents musicos…

Dalton Télégramme assure le supporting act. Il réunit Quentin Maquet (chant, guitare semi-acoustique), Olivier Cox (drums, percussions, flûte à bec), Rémi Rotsaert (gratte électrique, banjo, ukulélé) ainsi que Bernard Thoorens (contrebasse, guimbarde). Dalton Telegramme est issu de la Wallifornie sauvage et profonde et plus précisément de la Cité Ardente. A ce jour, il a publié deux Eps, « La Cavale » et « La Planque ». Son premier LP, « Sous la Fourrure », est paru en février dernier. Le quartet liégeois pratique une forme de country/americana festive, qui sent bon l'herbe fraîche des grandes plaines américaines (?!?!?) Truffés de calembours, les lyrics sont interprétés dans la langue de Voltaire. Les compos sont construites comme des bandes dessinées. Une approche qui évoque quelque part San Antonio. De quoi finalement vous mettre de bonne humeur.

Tous ces cow-boys sont sur la même ligne de départ. « Babyface Nelson » est une jolie chansonnette, allègre également, bercée sur un lit de cordes. Plus paisible, la fin de parcours permet une brève présentation des cavaliers qui sillonnent les grands espaces de l’Ouest. Le public applaudit chaudement. Pipette passe à la râpe pour « Réveil Matin ». Il va nous flanquer des fourmis dans les gambettes. Titre maître de l’opus, « Sous La Fourrure » met en exergue le talent du contrebassiste, un morceau sombre qui suscite la réflexion. Pour « Le Surfeur Mort », Master QQ se consacre à la trompette. Le set d’achève par « Tequila », un rockabilly nerveux, caractérisé par l’intervention récréative de la guimbarde. Une bonne entrée en matière, avant d’attaquer le plat de résistance.  

Soit celui de Louise, qui implique aujourd’hui Gaëtan Roussel (chant, guitare), Arnaud Samuel (violon, gratte) et Robin Feix (basse). Alexandre Margraff (drums) n’a pas réintégré le line up. Pour la tournée, le trio a engagé deux musiciens, plantés chacun sur une estrade : un claviériste à gauche et un batteur à droite.

Gaëtan se réserve, bien évidemment, la position centrale. Très particulière, sa voix est une source d’émerveillement. Tout comme ses textes, d’une grande profondeur. Habile à l’archet, Arnaud est toujours prêt à répondre aux injonctions. La basse de Robin est ronflante. La set list va intégrer ancien et nouveau répertoire. Et paradoxalement, les plus récents titres font même de l’ombre aux anciens. Huit plages du dernier elpee vont être interprétées (*).

On est séduit par « L’insouciance », morceau qui frôle la perfection. Faut dire aussi que la vivacité communicative des premières années a cédé le relais à une maîtrise irréprochable de l’écriture. Les deux musiciens complémentaires se montrent particulièrement brillants aux fûts et aux ivoires. Ils apportent, en quelque sorte, une nouvelle jeunesse aux compos de Louise Attaque. Et pas mal énergie. La machine est bien huilée et le show est réglé comme du papier à musique. L’accueil de la foule est plus que chaleureux. D’ailleurs Roussel doit régulièrement faire un break, en attendant que les nombreux applaudissements de l’auditoire s’achèvent, un auditoire qui connaît pratiquement toutes les paroles des chansons, et les reprend en choeur. En deux heures, dont deux rappels, Louise Attaque va combler de bonheur ses nombreux aficionados. Et tout particulièrement votre serviteur, lorsque le quintet va attaquer « Sur Un Volcan », une reprise bouleversante de La maison Tellier. Qui méconnaissant la formation, a vécu une surprise de taille.

(Pour les photos c’est ici).

Setlist : « Ton Invitation », « Avec Le Temps* », « Anomalie* », « Si l'on marchait jusqu'à demain », « Il n'y avait que toi* », « A l'intérieur* », « L'Insouciance* », « Léa », « La Plume », « Du Grand Banditisme* », « La Chute* », « Sur Un Volcan », « Tu Dis Rien », « Qu'Est-Ce Qui Nous Tente ? », « Savoir », « Amours », « Les Nuits Parisiennes », « J't'Emmène Au Vent ».

Rappel 1 : « Si c'était hier », « Arrache-moi », « Chaque jour reste le nôtre »

Rappel 2 : « Un Peu De Patience* ».

(Organisation : Live Nation)

 


L’histoire de Hollywood Undead débute en 2005, à Los Angeles. A l’époque, le band se produit sous le patronyme de The Kids. Ce n’est que trois ans plus tard qu’il décide d’opter pour son nom actuel. L’étonnant « Swan Songs » rencontre un succès immédiat. Il décroche un album de platine et atteint la vingt-deuxième place au ‘Billboard 200’ américain. Souvent comparé à Linkin Park et Slipknot, Hollywood Undead ne renie pas ses influences mais revendique son propre style. Et son propre discours. Vilipendant une société qui prend, broie et jette tout, les objets comme les êtres humains. Son dernier opus, « Day Of The Dead » est paru le 31 mars 2015.

La fosse et les balcons du premier étage débordent de monde. Les places assises sont –normalement– condamnées. Formation géorgienne (Atlanta), Attila assure le supporting act. De quoi ravir les amateurs de deathcore et metalcore. Actif depuis 2005, il s’est forgé une certaine notoriété, en Europe, après avoir tourné en première partie d’Asking Alexandria. Son dernier LP, « Guilty Pleasure » remonte à 2014.

Chris Fronzak, le frontman, est un personnage charismatique. Entrecoupée de f****, sa voix est gutturale, mais mélodieuse. Il est vêtu d’un short et de collants noirs. Surprenant ! Mais bonjour la transpiration ! Et rien qu’à le regarder dégouliner, on en attrape des suées… Il est soutenu par le drummer Sean Heenan, le guitariste Chris Linck et le bassiste Kalan Blehm. Ces deux derniers circulent de gauche à droite et inversement, malgré le peu d’espace qui leur est réservé. Percutants, les riffs sont gras et huileux. La frappe du drummer est métronomique. Très interactif avec son auditoire, Chris l’incite à former des circle pics. Et enthousiaste, elle s’exécute. Une gymnastique un peu folle et jouissive pour les jeunes amateurs du genre. La communion entre le groupe et la foule va durer 45 bonnes minutes. De quoi préparer idéalement le terrain pour la tête d’affiche… (Pour les photos, c’est ici)

Tous les intervenants sont masqués et ont enfilé des chemises, vestes ou sweaters (avec ou sans capuche) lorsqu’ils montent sur l’estrade, faciès qu’ils vont abandonner au bout de la deuxième compo pour arborer le maillot des Diables Rouges (NDR : en 1994, Rage Against The Machine avait fait de même lors du festival Torhout/Werchter). Même s’ils se relaient, les 4 MC’s resteront bien présents sur les planches durant tout le set. Un percussionniste est installé à gauche de l'estrade et un second drummer planté à droite, derrière une double batterie. Il est protégé par un paravent en plexiglas. Entre les 2 batteries, des platines sont disposées sur une table. Les interventions du synthé sont préenregistrées.

Look de rappeur, Charlie Scene est coiffé d’une casquette, chaussé de lunettes fumées et un bandana de couleur noire et blanche lui dissimule le visage. Il se consacre au chant. Le deuxième vocaliste, Danny, porte un masque de couleur or –une croix blanche imprimée sur la face droite– qui lui couvre les yeux. Capable de monter dans les aigus, sa voix est puissante. Celui du troisième, Johnny 3 Tears, est de teinte bleue et blanche, le chiffre trois mentionné sur la gauche. Il est orné d’un sigle bizarre à hauteur de la bouche. De ses yeux coule du sang. Sa voix est agressive. Celui de Da Kurlzz, le percussionniste, est blanc du côté droit et rouge sur la face gauche. Sa chevelure est hirsute. Il symbolise probablement Lucifer. Look de rapper, Funny Man, le drummer, en porte un sur lequel est gravé le sigle "L.A." devant. Un foulard de couleur brune enserre le visage de J-Dog. On dirait un bandit de grand chemin prêt à sévir au Far-West.

« Usual Suspects » ouvre le show sur les chapeaux de roues. La musique de évolue quelque part entre Run DMC, Beatsie Boys et Linkin Park. Un mix singulier entre hip hop, rapcore et métal qui vire, suivant les compos, dans l’un ou l’autre style. La spécificité du combo procède de l’éventail de voix. Elles sont judicieusement exploitées. Chaque vocaliste possède son timbre particulier, parfaitement identifiable. Et a son rôle à jouer. Les refrains sont accrocheurs et ne suscitent jamais l’ennui. Inattendu, mais point d’orgue de la soirée, 3 spectateurs grimpent sur le podium pour participer à l’interprétation de « Comin'In Hot ». L’un d’entre eux empoigne une gratte, le deuxième une basse et le troisième s’impose derrière un micro pour épauler les autres MC’s. L’ambiance est à son Hollywood Undead comble, et la sécurité ne chôme pas pour récupérer les surfeurs. Sur la toile, tendue en arrière-plan, on peut lire la phrase ‘Parental Advisory Explicit Content’. Tout est dit ! Partagé entre nouveau et ancien répertoire, la set list nous a réservé 17 morceaux. Encore une chouette soirée au cours de laquelle les artistes n’ont pas hésité à tomber le masque… (Pour les photos, c’est )

Setlist : « Usual Suspects », « Undead », « Tendencies », « Been To Hell », « Dead Bite », « Kill Everyone », « City », « Grazity », « War Child », « Comin'In  Hot », « 7 Nation/ Boston », « Bullet », « Party By Myself», « Another Way Out »,  « Day Of The Dead »

Rappel : « Everywhere I Go », « Hear Me Now ».

(Organisation Live Nation)

 

 

 

 

 

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