Un kit de survie pour Bertrand Betsch…

Au crépuscule du grand et joyeux ballet de ses 19 précédents ouvrages, l’exubérant Bertrand Betsch s’inscrit, une nouvelle fois, dans ce qu’il fait de mieux : la belle chanson française en première lecture, l’ironie ensuite, la justesse enfin. Comme toujours,…

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Enter Shikari - Ancienne ...
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Didier Deroissart

Didier Deroissart

mercredi, 30 septembre 2015 01:00

Lucy and The Birds (Ep)

Lucy And The Birds, c’est le nouveau projet d’Elke Bruyneel, l’ex-vocaliste du défunt Delavega, formation qui a rencontré un certain succès dans les années 2000. Son nouveau backing group, The Birds, réunit le claviériste Van Caenegem, le drummer Steven Cassiers et  le bassiste Steven Van Loy. Elke a toujours une superbe voix ; et elle nous le démontre à nouveau tout au long des six titres de cet Ep. Une voix capable de toucher au sublime, à l’instar de Norah Jones, Lora Groeseneken, Laura Mvula, Rickie Lee Jones ou Mélanie De Biaso.

Et pourtant, cet organe est trafiqué par un vocodeur sur le premier morceau de ce disque, « Strongest Girl ». Avant de reprendre tout son éclat naturellement clair et cristallin, sur le deuxième titre, une compo jazz/soul à la mélodie accrocheuse. Le timbre d’Elke me fait même parfois penser à Lara Chedraoui, la vocaliste d'Intergalactic Lovers ; mais aussi à Billie Holiday voire Nina Simone sur le plus swinguant « Golden Sounds ». Percus, cymbales, clochettes et ivoires entretiennent cette atmosphère feutrée. Une ambiance reproduite sur « Missing », mais en plus énergique.

Lucy et sa troupe se produiront ce 2 octobre à Gand, le 9 du même mois au Centre Culturel d'Herzelle, le 11 décembre au Centre Culturel de Zottegem et le 20 mi 2016 au Centre Culturel de Grammont.

mercredi, 30 septembre 2015 01:00

Mandarine

2015 marque donc le retour des Innocents. Petit historique. Le groupe s’est formé en 1982, à Paris. Le chanteur/guitariste Jean-Pierre Nataf en est le fondateur. Il choisit pour patronyme Les Innocents, en hommage à The Clash, dont il était fan. Quelques jours avant d’opter pour ce nom, la formation insulaire avait accordé un concert surprise au club One Hundred de Londres, sous le pseudo 'The Innocents'. Les Innocents décrochent un premier succès en 1987, grâce au single « Jodie ». Le combo va graver 4 elpees entre 1989 et 1997 : « Cent Mètres Au Paradis » en 1989, « Fous A Lier» en 1992, « Post-Partum » en 1995 et un éponyme en 1995. Ce dernier est bien accueilli par les médias. Mais les ventes ne décollent pas et stagnent même à 30 000 exemplaires.

Le départ de Christophe Urbain et l'annulation de la tournée prévue pour 1996 précipitent la séparation du groupe. Nous sommes alors en 1999. En 2004, après la sortie du premier album solo de JP Nataf, « Plus de sucre », Nataf reprend contact avec Urbain. Ce dernier réapparaît à ses côtés sur scène et collabore à la confection du deuxième opus de Nataf, « Clair », qui paraît en 2009. En 2013, le duo décide de repartir en duo sous le patronyme Les Innocents. Il publie un single intitulé « Les Philharmonies Martiennes », en mars 2015, prélude à un nouvel opus, « Mandarine » qui sort en juin, soit 16 longues années ans après « Meilleurs Souvenirs », une compilation de singles. Il recèle quelques tubes intemporels : « L'Autre Finistère », « Colore » ou encore « Un Homme Extraordinaire »…

Publié en single, « Les Philharmonies Martiennes » est donc le prélude à la sortie du nouvel LP. Un retour aux sources pour le duo, même s’il a décidé de saupoudrer discrètement sa pop sucrée d’un soupçon d’électro.

« Love Qui Peut » se distingue par sa mélodie allumée. Elle devient irrésistible sur « Les Souvenirs Devant Nous », dans un registre digne de Souchon et Voulzy. Un duo qui hante également le plus paisible « Sherpa ». « Harry Nilsson » nous entraîne au cœur de la Cité des Milles lumières, Paris. « Petite Voix » évoque leur jeunesse. Presque une chanson de Noël avant l’heure. Le titre maître est doux et suave. Comme une mandarine qui pousse au soleil. Les « Floués du Banjo » sont transportés par l’envol parfaitement ciselé… non pas du banjo, mais d’une sèche ; une plage très différente de l’ensemble… « J'ai couru » adopte un profil plus rock. « Erretegia » est interprété dans la langue de Shakespeare. On y entend des pépiements d’oiseaux. Serait-ce un clin d’œil au « Black bird » des Fab Four ? On imagine même le parfum des fleurs qui envahit le paysage sonore. « Oublier Waterloo » véhicule un message ; enfin, on le suppose. Car il n’est pas évident de faire avaler cette pilule aux habitants de l'Hexagone...

Des mélodies simples mais efficaces, des textes bien torchés, une rythmique percutante, des cordes de gratte acoustiques élégantes, un zeste de claviers voire d’électro et des harmonies vocales généreuses et raffinées. Une parfaite synthèse de « Mandarine », l’album qui scelle le comeback des Innocents… A consommer sans modération.

Ils se produiront au Botanique de Bruxelles ce 1er novembre ; mais c’est complet depuis bien longtemps. Ils sont également programmés au Reflektor de Liège ce 26 novembre. Et puis, ils écumeront tout l'Hexagone jusque l’an prochain…

mercredi, 30 septembre 2015 01:00

Many Years (Ep)

“Many Years” constitue le deuxième Ep de Beautiful Badness. Un disque qui a bénéficié d’une excellente mise en forme. Et pour cause, Koen Gisen, le mari d'An Pierlé s’est chargé de produire deux de ses plages. La pochette est soignée, ce qui ne gâte rien. Elle est illustrée par une colonne vertébrale entourée de branches et de fleurs, tel un fruit mûr qui ne demande qu'à être croqué. Ce pilier est assuré par un professeur de chant. Son nom ? Gabriel Sesboué. Pas étonnant dès lors qu’il soit capable de pousser sa voix dans ses derniers retranchements. Aussi bien dans les graves que les aigus. Il est soutenu par Olivier Delescaille à la gratte acoustique et électrique, Gilles Servais aux drums et Antoine Guenet aux claviers. Sans oublier une petite nouvelle qui vient d'intégrer le groupe, Raphaëlle Germser, préposée à la basse et au violon. Elle apporte une touche féminine à un ensemble, exclusivement mâle jusqu’alors. Le combo doit manifestement puiser ses influences chez Queen, Jeff Buckley et Radiohead. C’est indéniable. Il avait publié son premier Ep (7 titres) en 2013. Et avait reçu une excellente critique tant de la presse que du public. Ce qui lui avait permis d’assurer le supporting act pour Stereo Grand, Kodaline, Perry Rose, Fuel Fandango et BirdPen. Grâce aux internautes, ce second Ep est paru chez KissKissBangBang. L'objectif a même été plus qu’atteint, puisqu’il a passé la barre des 150%.

Le début de « Manys Years » baigne au sein de chœurs atmosphériques. L’instrumentation est léchée. Haut perchée, la voix est céleste. Les percus sont emphatiques. La mélodie est balisée par les ivoires et les arrangements de cordes. Le spectre de Freddie Mercury plane...

« A Sunny Morning », c’est le single qui a précédé la sortie de cet Ep. Pas de piano en ouverture, mais un harmonium. Et à nouveau les chœurs enrichissent l’ensemble.

Le piano est cependant de retour pour « I Will Hunt You Down ». La voix de Gab est lyrique. Les orchestrations semblent empruntées à la musique classique.

« It's Hard To Do It » propose un duel entre ivoires agressives et chant. Il est à la limite de la rupture, mais finalement Gabriel le maîtrise parfaitement.

« Goodbye » encore un ballet piano/voix aérien classieux. Fermez les yeux, le voyage vers le Taj Mahal peut commencer.

Beautiful Badness se produira en concert le 15 octobre 2015, à la Rotonde du Botanique, dans le cadre de la release party consacrée à la sortie de cet Ep...

Votre serviteur débarque pour la première fois au Zénith de Lille. Une salle à taille humaine,  malgré sa capacité de 7 000 places. Un endroit très accessible à atteindre en voiture. Tout  comme le parking. Comme conseillé par le rédacteur en chef néerlandophone, je stationne  mon véhicule sous le Grand Palais, situé à moins de 5 minutes, à pied. La rumeur colporte que le public français est froid. Nos amis et cousins nordistes sont bien loin de l’être ; ils sont même sympas et chaleureux. Lorsque vous vous adressez à un voisin, dans l’arène, il vous répond gentiment : ‘T'es Belge, toi, t'as un accent’.

Ghost Culture aka John Greenwood assure le supporting act. Il porte de longs cheveux et se  produit seul sur l’estrade. Il se sert d’un laptop, de machines, d’une boîte à rythmes et de  synthés. Insulaire, cet artiste vient de publier en 2015, un album éponyme, «  Ghost Culture  », dont il va nous  proposer quelques extraits. Sa voix me fait penser à celle de Gary Numan, le chanteur charismatique de Tubeway Army, un personnage qui avait fait des ravages au sein des clubs électro et dancehall, pendant les années 80. Les beats sont parfois spasmodiques, comme chez Orchestral Manoeuvres In The Dark (OMD). Ou précis et métronomiques. A l’instar de Metroland voire Kraftwerk. Une chose est sûre, la scène berlinoise hante sa musique. Le retour parmi les premiers rangs est conséquent. Même que certains aficionados commencent à mettre le souk. Bref, un artiste à suivre de près.

Christine and The Queens, c’est le pseudo d’Héloïse Létissier. Elle est née en 1988, à Nantes.  En 2014, son premier opus, « Chaleur Humaine », rencontre un succès certain. Il a été enregistré sous la houlette d'Ash Workman (Metronomy, Klaxons, Summer  Camp) et est nominé à cinq reprises, lors des Victoires de la Musique 2015. Elle y décroche 2  récompenses, dont celle de l'artiste/interprète féminine de l'année.

Et il faut reconnaître qu’elle en a parcouru du chemin, depuis 18 mois. Au fil des concerts, elle se produit au sein de salles de plus en plus grandes. Elle avait accordé un show  remarquable à l'Orangerie du Botanique, puis un autre exceptionnel au Cirque Royal. Elle  opère une tournée des ‘Zénith’ dans l'Hexagone qui transitera par Forest National le 2 octobre  prochain.

Christine affiche un look androgyne à la Bowie et porte un costume de scène de couleur noire  et de coupe masculine. Elle est accompagnée par 4 danseurs et trois musicos, dont un préposé aux synthés, un autre à la boîte à rythmes et un gratteur qui se charge également des backing vocaux. L'intégralité du concert sera filmée.

Le set s’ouvre par « Starshipper ». Des lumières bleues se focalisent sur les danseurs –qui se  contorsionnent– et Christine, dont les déhanchements sont endiablés. Le light show émane  également du plancher, entre les trois musiciens. La fin de la chanson est accueillie par un  tonnerre d'applaudissements. Christine salue le public de Lille et déclare qu’il s’agit d’un  grand début de concert. Manifestement ravie, elle s'adresse toujours à lui, en utilisant la seconde personne du singulier. Son 'Tu' est renversant.

Des beats électro dynamisent « Half Ladies ». Sur l’écran, en arrière plan, elle apparaît tout  de blanc vêtue. Elle exécute alors des pas de danse inspirés par Michaël Jackson (NDR : les  mauvaises langues diraient Fred Astaire…) Le décor change ; enfin surtout l'écran. Il devient  rouge et est entouré de 14 néons jaunes et verticaux. Flanquée de deux danseurs, elle opère un  petit retour sur l'estrade rétro­éclairée, destiné à accomplir un autre petit pas de danse sur «  Science Fiction ». Lorsqu’elle revient au bord du podium, elle est talonnée par deux des  danseurs, le troisième demeurant en retrait. Elle interprète ensuite trois morceaux dans la  langue de Shakespeare : « Save And Holy », « Here » et « No Harm Is Done ». Très yankee,  ce dernier déchire, mais ne figure pas sur le long playing. Deux rangées de néons bleus  éclairent la diva qui passe et repasse, entourée de ses danseurs. Le show est magique,  fabuleux même.

La voix masculine enrichit le « Pump Up The Jam » de Technotronic et « Short Dick Man »  (NDR : une compo signée par 20 Fingers). Il s’agit de celle du rappeur américain Tunji Ige. Et  le résultat est terriblement dansant. Il incite même les spectateurs dans la fosse à se remuer le  popotin et le bas des reins.

Avant d’attaquer « Christine », elle confesse que ce prénom, elle l’a choisi pour le ‘live’. Et  elle s’adresse alors à l’auditoire en lui demandant : ‘Et toi public, nomme­toi !’ Dans une  belle cacophonie, les spectateurs crient donc le leur. Alors imaginez 7 000 personnes en  même temps. Complètement fou ! Mais également le résultat d’une belle communion entre  l'artiste et le public. Des néons tour à tour rouges, bleus ou oranges descendent du ou montent  vers le plafond, suivant les morceaux. Ils magnifient le spectacle.

Pendant le « Who Is Hit » de Michael Jackson, les lumières éclairent Christine par l'arrière. Sa  chorégraphie s’en inspire encore et toujours. (NDR : c’est quand même une fan !) En poussant  le bouchon, on pourrait même affirmer que l’élève a surpassé le maître. Elle et ses danseurs  sont omniprésents sur l’estrade.

Lorsqu’elle aborde « Intranquilité » et « Ugly­Pretty », elle s’assied sur les planches, au milieu des fumigènes. Pendant « Chaleur Humaine », titre maître de son LP, elle empoigne un  bouquet de fleurs et parcourt la fosse à la rencontre de son public, tout en continuant à chanter. Elle le remercie et lance une vanne : ‘Vous n'avez qu'à suivre le bouquet et ce que tout le monde fait’. Un moment fort qui marque la fin du concert en compagnie de quelqu’un qu'elle apprécie et décide de baptiser « Saint Claude ». Habillée d'une veste immense, elle adapte brillamment le « Paradis Perdus » de Christophe. Fin du spectacle…

Enfin, pas tout à fait, car un rappel est accordé. Avant d’aborder « The Loving Cup », elle  déclare penser à Beyoncé, Rihanna et Elton John. Et d’achever les 90 minutes de show par le  splendide « Nuit 17 à 52 ».

Chaque nouveau concert de la diva est une véritable performance musicale, visuelle, théâtrale et chorégraphique. Un spectacle à l’américaine, réglé comme du papier à musique, qui s’appuie sur un light show impressionnant. Héloïse, les stades t'ouvrent les bras, car ton public  t'adore…

(Organisation : Vérone Production + Corida)

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samedi, 19 septembre 2015 01:00

Les Nuits Du Soir 2015 : samedi 19 septembre

Depuis quelques années, les Nuits du Soir ont élu domicile à l’Orangerie et à la Rotonde du Botanique. Il s’agit déjà de la onzième édition. De nombreux artistes internationaux s’y sont déjà produits. Mais aussi belges. Dont Antoine Chance. Dans le cadre de Mons 2015, elles se sont également déroulées à l’Alhambra. C’est une première. En outre, tous les regards et toutes les oreilles sont tournés vers Baptiste Lalieu. Pas étonnant, car c’est un régional. Il va se produire au sein de son nouveau projet, Gonzo. Et puis Nicola Testa, la nouvelle sensation électro/pop, est également de la partie…  

Par rapport au Bota, la configuration de l’affiche a été sensiblement modifiée, puisque si à Bruxelles Nicola servait d’apothéose, ce soir, il est programmé avant Gonzo, alors que le final est assuré par la belle Isolde. En aparté, le responsable m’a confié qu’il n’était pas aisé de goupiller l’ordre de passage d’autant de groupes, quand il n’existe qu’une seule scène. Bonne nouvelle, des aménagements performants ont été apportés à l’acoustique de la salle.

Le premier artiste à grimper sur l’estrade est un poulain de Black Gizah, le label de Kid Noize. Et le Kid figurait au sein de l’auditoire. Incognito. Vous ne l’avez pas reconnu ? Normal, sur les planches, il est toujours masqué. Je n’en dirai pas davantage. Mustii ouvre donc le bal. Il s’agit du chanteur du groupe bruxellois Seek The Duke.

Agé de 24 printemps, le gamin est diplômé de l'IAD, section théâtre. Et bien évidemment son show est particulièrement marqué par sa discipline. Mustii se consacre au chant. Il est soutenu par Grégory à la guitare et aux claviers ainsi que Nicolas aux percussions électroniques et aux machines. Sur le podium, Mustii ne reste jamais en place. Perçant, son regard vous hypnotise. Marqué par la musique électro des eighties, son style évoque tour à tour à Dave Gahan, Visage ou encore OMD. Il a publié son premier Ep fin de l’année ; et ce soir, en a interprété son hit « The Golden Age ». Une excellente prestation…

Changement de matos pour accueillir le combo bruxellois, The Panties. Le band a publié un premier Ep, « Here And Now », sous forme de vinyle. Sophie Frison en est la colonne vertébrale. Elle focalise tous les regards. Son look campe un hybride entre Siouxsie Sioux, Jo Lemaire et Christine And The Queen. Sa voix est envoûtante, spectrale… Le line up implique également deux gratteurs : Paul Normann et Seb Dec ; mais aussi le drummer Hugo Fernandez et le claviériste Tony Bambinelli. L’expression sonore puise manifestement son inspiration chez The Cure, même si certains titres lorgnent davantage vers l’électro. Trente minutes de set. Un peu court, mais plutôt intéressant. Difficile d’en dire davantage. A revoir, c’est sûr… 

Alpha Whale nous vient d’Ostende. Cette formation est venue défendre son premier album, paru début juin. Il est éponyme. Surf et ma foi fort classique, sa musique est légèrement teintée de psychédélisme. Des références ? Les Beach Boys et The Animals. Il y en a certainement d’autres, mais elles sont moins flagrantes. Mountain Bike, peut-être ; mais les cyclistes ont au moins la pêche.

Je pointe alors le nez dehors ; et il commence à y avoir du peuple dans le centre de Mons, car à deux pas, se déroule le concert d'Adamo qui sera suivi par celui de Mister Cover. J'entends alors « Tombe la Neige » ; aussi, je me réfugie bien vite dans la salle de peur de prendre un coup de froid.

Place ensuite à la sensation électro/pop de la soirée et de l'année 2015 : Nicola Testa. Son fan club le suit partout. Il s’agit de la sixième fois que votre serviteur le voit sur les planches ; mais jamais plus de deux ou trois morceaux. Motif ? Des interviews sont chaque fois et malencontreusement calées au même moment. Alex, l’ingé-son de Puggy est aux manettes. Les tympans seront donc épargnés et même mieux cajolés…

Nico va nous présenter des extraits de son brillant premier album « No More Rainbows ». Testa est sympa et charme les filles. Mais c’est surtout un professionnel jusqu'au bout des ongles. Chantés dans la langue de Shakespeare, ses morceaux sont est endiablés et particulièrement sucrés. En 30 minutes, il va nous livrer « World », « Lost And Found », « Koko », « Land Of Glass », « Violet », « Sour », le lumineux « Rainbow » et pour terminer le set, « F. M. ». On en aura cependant eu plein les mirettes et les feuilles de chou…

Son concert au Salon de Silly du 7 novembre est presque sold out, et celui de l’AB, prévu ce 19 mars 2016 risque de le devenir rapidement.

Véritable bête de scène, Baptiste, le leader de Saule est aussi surnommé l’Homme-Bio. Un Géant, Montois pure souche, qui a monté un nouveau projet, Gonzo. Le combo a écumé tous les festivals cet été pour défendre son Ep 5 titres. Sur les planches, le combo est à la fois capable de vous secouer les tripes, de vous inciter à remuer le popotin, à faire la chenille ou à jumper en cadence. Des rockeurs qui ont simplement envie de mettre le souk et vous communiquer leur bonne humeur. Et les textes, très second degré, y contribuent largement.

Pendant « Girls » les meufs, sans la moindre discrimination, sont invitées à grimper sur l’estrade. Et lorsque la chanson est terminée, comme le signale avec humour Baptiste, on dégage gentiment... elles sont alors en pleurs ; et on les comprend…

« Gay » fait la part belle à la dérision. Il ne manque ici que Charlie Winston pour que le délire atteigne son paroxysme. Un tout bon moment du spectacle. Qui se prolongera d’ailleurs en coulisses, lors de l’interview qu’il a accordée à Musiczine…

Isolde Lasoen et la dernière artiste à se produire ce soir. Prof de batterie, elle est gantoise. Mais surtout, c’est la moitié de la section rythmique du néerlandophone francophile, Daan. Bien que réservée et discrète, elle est installée au beau milieu du podium, derrière ses fûts. Elle est soutenue par un backing group : les Bens. Soit le gratteur Ben Van Camp, le bassiste  Ben Brunin et le claviériste Luke Vermeir. Pas de section de cuivres, comme sur l’Ep. Dommage ! Votre serviteur ne peut cependant vous en relater davantage, car il s’entretenait avec Baptiste Lalieu, dans sa loge. Son interview paraîtra prochainement sur Musiczine.

Finalement, j’assisterai quand même aux trois dernières chansons du set. Isolde a finalement pas mal d’humour ; elle chante dans la langue de Molière, et son accent est ravageur. Et si sa musique reste bien pop, ses références oscillent entre France Gall, Pierre Bachelet et Serge Gainsbourg…

(Organisation : Le Soir et L'Alhambra)

Isolde et Les Bens + Gonzo + Nicola Testa + Alpha Whale + Les Panties + Mustii

 

mercredi, 23 septembre 2015 01:00

En route vers la voie lactée…

Surprise en pénétrant au sein de Forest National, la salle a été rénovée. Les vieux fauteuils de couleur orange ont été remplacés par des flambants neufs. C'est la sixième fois que j’assiste à un spectacle de Mika ; et chaque fois, il est différent. Ce phénomène nous communique de bonnes vibrations dans les oreilles et nous laisse des étoiles plein les yeux. Pas de paillettes ni de confettis, cependant ce soir. Si tu souffres de rhumatismes, le kiné Mika te remettra sur pied. Si tu es cardiaque, il soignera ton cœur. Bref, un show de Mika vous permet d’oublier les tracas de l’existence, pendant 120 minutes. Rien que de l’émotion, du rire et surtout du bonheur…

Sur la gauche du podium on remarque la présence d’une caravane vintage. C'est une invitation au voyage dans l’univers de Mika. Mais tout d’abord, place au supporting act, Citizens. Un quintet londonien réunissant Tom Burke, Lawrence Diamond, Mike Evans, Martyn Richmond et Thom Rhoades. Fondé en 2012, le groupe a été repéré par Alex Kapranos, le leader charismatique de Franz Ferdinand. Il tombe sous le charme de leur musique et décide de produire leur album, « Here We Are », qui paraît en mai de la même année.

Tom, le chanteur, s’exprime parfaitement dans la langue de Molière. Derrière lui, deux toms basse sont posés aux pieds d'un guitariste et d’un bassiste. Le drummer s’est planté à l'extrême droite, de biais. A gauche un claviériste/guitariste est coincé près du timon de la caravane.

La formation est venue défendre son dernier elpee, « European Soul », paru en avril 2015 (NDR : lors des sessions d’enregistrement, Laurent D'Herbecourt, responsable de la mise en forme du dernier opus de Phoenix, était derrière les manettes).

Citizens assure donc la première partie de la tournée européenne de Mika, baptisée ‘European Heaven Tour 2015’.

Le set s’ouvre par un morceau dynamisé par un flot de percus. Les accords de grattes sont léchés. Les arrangements ‘beatlenesques’. Et le tout est épicé d’un zeste d’électro. La voix de Tom est perçante, mais harmonieuse elle colle parfaitement aux mélodies soignées et accrocheuses. Burke est également très proche du public. Un futur grand entertainer ! Quant à la musique, outre les références aux Fab Four susvisées, elle se veut dansante, à l’instar de Franz Ferdinand voire des Arctic Monkeys. Un groupe à suivre de très près…

(Set list : It was Idiots, Lighten Up Reptile, Brick Wall, Are You Ready, Caroline, True Romance) 

 

Forest National est sold out pour accueillir Mika. C’est la seconde fois qu’il s’y produit. Mais il s’agit de sa première grande salle en Europe pour ce nouveau périple. Le public est impatient de participer à la fête. Et ce dernier va rappeler cette invitation, à plusieurs reprises. 

Dès l’entame, il marque des points : 'Plus Loin que la lune. Plus loin que le ciel. Plus loin que l'arc-en-ciel', les paroles de la petite intro sont percutantes. Et elle se poursuit par un melting pot constitué d’extraits du répertoire de Judy Garland (« Somewhere over the rainbow » a été popularisé par cette chanteuse, un titre signé Harold Arlen/E.Y. Harbug, dans les années 30), de Prince (« Purple rain »), de Luis Mariano, d’Aznavour et de Juliette Gréco. Une ouverture qui frappe déjà les esprits. Les lumières des Smartphones brillent de mille éclats. La salle ressemble à la voie lactée. Magique ! Et la setlist (NDR : 21 titres quand même) d’embrayer par le morceau maître du dernier LP, « Heaven », moment au cours duquel des leds de teinte rouge/orange descendent du plafond.

Mika est coiffé d’un chapeau et vêtu d’un imperméable de couleur noire. Il s’installe devant la caravane, sur laquelle se sont focalisées des lumières blanches. Il attaque seul au chant, « No Place In Heaven », en s’accompagnent uniquement de quelques accords de piano. L’auditoire acclame cet exercice de style presque a cappella. Mika le salue, ôte son couvre-chef et jette son ciré. Il est alors tout de blanc vêtu. L'avant de la caravane se déploie et laisse apparaître un harmonium. Au dessus de celle-ci s’illumine (NDR : encore des leds !) le mot 'Paradise'. Mika s'accroupit et mime devant l'instrument. Il se retourne plusieurs fois vers la foule et grimace. Fou rire général. L'harmonium s'emballe. L’artiste fait à nouveau face à l’audience pour saluer le public en 5 langues et présenter « Big Girl (You Are Beautiful) ». Le tracklisting fait la part belle au premier long playing, « Life In Cartoon Motion », une machine à hits qui lui a permis d’acquérir une notoriété certaine, en Belgique. D’une  durée de 6 minutes, cette compo est à la fois festive tout en exerçant son charme. Parfois, cependant, elle suscite une forme de délire, dans la fosse. Mika s'arrête 120 secondes, interpelle les spectateurs, leur demande de devenir féroce, de fermer les yeux et de penser aux gladiateurs. Le refrain est alors repris en chœur par l’ensemble de l’auditoire qui ne fait plus qu’un avec lui.

A partir de « Good Wife », il est soutenu par le quintet. Le même que dans le cadre des Lokerse Feesten, fin juillet dernier. En retrait, on remarque –à nouveau– la présence d’une charmante percussionniste. Sans quoi le line up implique trois claviéristes, dont deux doublent aux guitares et un à la basse. Sans oublier le gratteur soliste (également préposé aux cuivres). Le déhanchement de Mika est ravageur. Les bras se lèvent. La fosse est brûlante. Y a-t-il des pompiers dans la salle ? Les spectateurs dans les gradins semblent apathiques. C’est là que votre serviteur est installé. Il aurait préféré l'ambiance de la fosse, plus chaleureuse et instinctive.

Le début de « Grace Kelly » est exécuté au ralenti. Mika signale qu'il a un peu grandi et va tout décélérer. Mika éclate de rire et joint le geste à la parole. Il ajoute que la durée du concert sera de 4 heures. On baigne encore et toujours dans le délire…

Il avoue ses 32 balais. Qu’il a vieilli, mais bonifie comme un Pétrus. Il sent qu’il prend de l’âge et proclame : 'Pour annuler les années. Une seule solution : la danse’. Les plages du premier elpee défilent (« Billy Brown » « Lollipop » « Love Today », sans oublier « Relax, Take It Easy », « Grace Kelly » et « Happy Ending »). De quoi maintenir l’auditoire au sein d’un climat de folie et d'effervescence. Des percussions ibériques agitent « Boum, Boum, Boum ». Mika est dos au public et se déhanche. Il interprète cette belle chanson d’amour dans la langue de Voltaire. Moment choisi pour faire vibrer les cœurs. Au cours de ses 120 minutes de prestation, il va d’ailleurs en chanter d’autre en français ; « L'Amour Fait Ce Qu'Il Veut », « Staring At The Sun (Tant Que J'ai Le Soleil) », « Elle Me Dit » et « J'ai Pas Envie ».

Sur l’estrade, le décor est magnifique. Lors du premier volet, la caravane avait déployé ses ailes pour dévoiler un cadre de rêve. Lors du second, il est illuminé par une boule à facettes ; mais surtout révèle une toile dessinée par Mika et l'Anversois Job Smeets. Un travail qui leur a pris 5 semaines. En fin de parcours, Job est d’ailleurs invité à monter sur les planches pour participer à l’interprétation de « Love Today ». Humble, cet artiste pose une fesse sur un siège minuscule, à côté de Mika. Ce dernier se consacre alors aux claviers et lui au tambourin basque à cymbalettes. Avant que le morceau ne s’emballe.

Tout au long du spectacle on sent qu’une grande complicité existe entre Mika et ses musicos.  Mika mouille sa chaise, tout en préservant une élégance bien insulaire. Il manifeste énormément de respect pour son auditoire. En visionnant la vidéo du concert de Mika au Zénith de Lille, accordé deux jours plus tôt, il appert que celui de Forest était tout spécialement taillé pour le public belge.

« Love Today » termine le show. Mais ce n'est pas fini. En rappel on aura encore droit à « Last Party ». La troupe s’est livrée à fond pendant deux heures. Et la foule lui a bien rendu. Mika remercie ardemment le public belge. Il précise même que la Belgique est une terre d'accueil pour lui. Et j’ai envie de lui répondre : ‘Et toi, l'artiste, du pain béni pour le rêve’.

(Organisation : Live Nation)

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dimanche, 20 septembre 2015 19:06

Isola de plus en plus radical…

Son premier album « Gravity » était paru en août 2009. Il avait donné naissance à toute une série de singles, dont « This Dream Is Gone »,« Never Let Me », « Covet Me», « What Can We Do », avant la sortie d’un opus éponyme brillant, l’année suivante.

« Radical », c’est le titre du nouveau single. Et il est en écoute ici

http://isola.adsy.me/#7

 

samedi, 19 septembre 2015 13:41

Le vertige et la fuite d'Armand Méliès

Le label AT(h)OME héberge quelques poulains prometteurs. Responsable d’un folk astral, Arman Méliès nous propose son sixième elpee, «Vertigone ». Jean Louis Fiévé aka Arman Méliès est né en 1972. Il débute sa carrière en solo en 2003 décidé à créer une musique singulière, épique et impétueuse. Il a choisi son pseudo en référence à l'artiste peintre Arman et au cinéaste Georges Méliès. A partir de cet instant, il faudra désormais compter avec lui sur le terrain de l'indie rock. « Vertigone » est un album sanguin, lyrique et ombrageux. Produit par Pete Prokoviw et Antoine Gaillet il recèle 8 plages. Sa date de sortie ? Le 23 octobre 2015.

Tracklisting :

1. Constamment Je Brûle
2. Fort Everest
3. A Deux Pas Du Barrage
4. Tessa
5. Les Chevaux Du Vent Fou
6. Olympe (A La Mort)
7. Mercure
8. Vertigone
9. Le Volcan Même

Arman se produira en concert au sein de l'Hexagone :

-Le 16 octobre au Palais des Sports de Paris, en première partie de Hubert Félix Thiéfaine.

-le 23 octobre 2015 au Festival MaMA au Théâtre Atalante, situé entre Pigalle et Montmarte à Paris.

-le 10 novembre 2015 au Festival les RDV Soniques  à  St Lô.

- le 12 novembre à Le Summum de Grenoble en première partie de Hubert Félix Thiéfaine.

-le 13 novembre 2015 à L’Amphithéâtre de Lyon, en première partie de Hubert Félix Thiéfaine.

-le 21 novembre 2015 au Zénith de Dijon, en première partie de Hubert Félix Thiéfaine.

- le 27 novembre 2015 au Zénith de Cournon d’Auvergne, en première partie de Hubert Félix Thiéfaine.

- le 16 février 2016 au Café de la Danse à Paris.

Pas encore de dates en Belgique, pour l'instant.

http://armanmelies.com/

https://www.facebook.com/arman.melies.9?ref=ts&fref=ts

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Et pour le teaser de l’opus, c’est encore ici

 

 

 

 

dimanche, 13 septembre 2015 01:00

Plus très neuf, mais toujours aussi flamboyant !

Ce soir, l’AB est en mode Box. L’auditoire est essentiellement constitué de jeunes pubères dont l'âge moyen doit osciller entre 15 et 18 ans. On remarque quand même la présence de quelques papys, pour la plupart photographes ou scribouillards. Mais aussi de parents venus surveiller leur progéniture. Il n’y a pas plus de 400 personnes dans la salle. Pas trop difficile, dès lors, de s’installer contre les barrières devant la scène.

Basement est un quintet insulaire, établi à Ipswich. Il pratique un post-hardcore mélodique aux influences grunge. Formé en 2009, il a publié deux albums : « I Wish I Could Stay Here »  en 2011 et « Colourmeinkindness » en 2012. Fin de cette même année, il décide de splitter, laissant à ses fans, des hymnes tels que « Crickets Throw Their Voice », « Faded », « Covet » et « Whole ». Début de l’an dernier, il annonce sa reformation sur son Facebook. Et dès la fin janvier, il repart déjà en tournée. Il publie ensuite un Ep 3 titres, baptisé « Further Sky », prélude à un troisième long playing.

Le combo réunit le chanteur Andrew Fisher, le chanteur/guitariste Alex Henery, le bassiste Duncan Stewart, le drummer James Fisher et le second gratteur Ronan Crix. Dès le début du set, les guitares vrombissent, mais on n’entend guère les vocalistes. Le son est pénible. Trop puissant et brouillon aussi. En outre, les infrabasses sont insupportables. On se demande à quoi sert le gars derrière les manettes. Il est au service de la formation ? Ah, bon ; pas un cadeau alors…

Setlist : « Whole  »/« Fading »/« Canada Square »/« Spoiled »/« Summer's Colour »/« Earl Grey »/« Crickets Throw Their Voice »/« Covet »

Trente minutes sont nécessaires pour changer de matos. Deux batteries sont érigées sur une petite estrade. Les trois micros, placés sur le podium, sont fleuris, un peu comme lors du concert de B.J. Scott, lorsqu’elle a voulu rendre un hommage à Janis Joplin.

Issu de Long Island, le line up de Brand New implique les chanteurs/guitaristes Jesse Lacey et Vincent Accardi, le drummer Brian Lane et le bassiste Garrett Tierney. Brand New signifie 'Flambant Neuf’, dans la langue de Voltaire. Le groupe n’est cependant plus de première jeunesse, puisqu’il est né en l’an 2000. A son actif, 4 elpees : « Your favorite Weapon » en 2001, « Déjà Entendu » en 2003, « The Devil And God Are Raging Inside Me » en 2006 et « Daisy » en 2009. Paru en 2015, le nouveau single, « Mene », constitue la première sortie officielle du band depuis le dernier opus. Il n’est disponible qu’en téléchargement.

Le concert s’ouvre par « Sink » et embraie par « Gasoline », deux extraits de « Daisy ». Les deux batteurs s’emballent derrière leurs fûts. La ligne de basse bourdonne. Manifestement, la section rythmique est très efficace. Les grattes tournent à plein régime. Chevelu, le sixcordiste de droite semble vivre dans son trip. Il malmène son instrument, mais en extirpe des tonalités percutantes. Les balances sont impeccables. Les musicos déménagent sur les planches. Et dans la fosse, la foule remue allègrement. Un bémol : le light show, il ne met pas suffisamment en évidence les musicos. Fruit d’un cocktail de rock, de punk et de grunge, le set monte graduellement en puissance. Parfois on pense au chaînon manquant entre Blink 182 et Pearl Jam.

Jesse Lacey a recours au vocodeur pour attaquer « Limousine (MS Rebridge) ». Un gratteur barbu et un préposé aux machines rejoignent le team sur scène. Ce qui va permettre au band de rocker plus dur encore. Les deux brûlots, « Jesus » et « Luca », en sont certainement les deux plus belles illustrations. Mon voisin de droite reprend en chœur les paroles. Manifestement, il les connaît par cœur. Et la prestation de s’achever par « Sowing Season ». Et si la musique n’est plus très neuve, elle est toujours aussi flamboyante. Un seul rappel de trois titres pour ce set qui a finalement sauvé ma soirée. Elle avait été suffisamment gâchée par le supporting act… 

(Organisation : Ancienne Belgique)

mercredi, 09 septembre 2015 01:00

Sympa, mais à revoir en mode électrique…

Concert de rentrée pour votre serviteur. Pas de supporting act lors de ce set qui se déroule à la Rotonde. Un show intimiste et acoustique qui s’apparente à un showcase. Peu de peuple dans l’hémicycle. Plus au moins 70 personnes. Ce qui va renforcer la proximité entre le public et l’auditoire. Un contexte que j’apprécie tout particulièrement.

Etabli dans le Queens à New York, Juan Wauters n’est autre que l’ex-leader et vocaliste de The Beets. D’origine uruguayenne, il pratique une sorte de garage/folk urbain aux connotations hispaniques. Il est venu défendre son deuxième elpee, « Who Me ? », un disque plus pop, paru en mai 2015, au cours duquel les thèmes de ses compos abordent, tour à tour dans la langue de Cervantès ou de Shakespeare, les choses de la vie. Intitulé « N.A.P. (North-Américan Poetry) », son premier opus baignait au sein d’un univers plus dépouillé, proche de Daniel Johnston voire de Syd Barrett.

Juan entame le concert, seul à la gratte, par « Voy A Crear Un Universo ». Une compo interprétée chaleureusement, dans sa langue natale. Le rejoignent ensuite un Matthew à la sèche et à l’harmo, ainsi qu’un percussionniste/claviériste. Qui ne parvient pas sortir le moindre son, au moment d’attaquer le deuxième titre. Fou rire général, il avait oublié de brancher la prise de courant. Attentionné, Wauters se charge de réparer cette distraction.

Tout au long de « This Is I », Juan excelle à la six cordes. Il se sert la plupart du temps d’une semi-acoustique, mais il en libère des sonorités particulièrement métalliques. A de nombreuses reprises, il s’accroupit pour la triturer en se servant de pédales, afin d’en extraire une palette de tonalités différentes.

Les percus pourtant sobres et le zeste d’harmonica (pour une seule chanson) parviennent à rendre ses chansons plus allègres. Si sa voix évoque Mac DeMarco, il emprunte également parfois les intonations à Ty Segall. Et si son timbre souffre de quelques imperfections, le sens mélodique n’en est pas pour autant altéré. Entre l’auditoire et l’artiste, s’est établi une belle connectivité. Ce qui va lui permettre de revenir deux fois sur les planches ; et à la demande du public il va notamment nous réserver « Nena ». Juan Wauters le souligne alors, il a concocté un set de 50 minutes afin que le public ne sombre pas dans l’ennui. D’ailleurs, je souhaiterai le revoir en concert, mais en mode électrique…

(Organisation : Botanique)

 

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