Inspiré par l’indie pop des labels Flying Nun et Sarah Rcds, EggS est né à Paris, en 2018. Porté par une vision sans concession héritée de Television Personalities, alors influence notable du groupe, le quatuor compose rapidement une poignée de titres au…

logo_musiczine

Avec plus de 10 millions d’albums vendus à travers le monde, il est bon de se souvenir combien Dani Klein et sa bande ont compté et qu’elle a été, dans son genre, une pionnière à se distinguer sur la scène internationale. A l’initiative d’une maison de…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Paradise Lost
cave_in_soulcrusher_2022_...
Didier Deroissart

Didier Deroissart

jeudi, 04 décembre 2014 00:00

Une bonne dose d’électricité en plus…

Votre serviteur se rend pour la deuxième fois, cette semaine, à l’Aéronef de Lille. A l’affiche,  Angus et Julia Stone. Le concert est sold out, et le mot est faible. Il sera quasi-impossible de se faufiler au cœur de l’auditoire. Et pour cause, les spectateurs sont entassés comme dans une boîte à sardines. Il reviendra à The Staves, un trio réunissant trois sœurs, d’assurer le support acting act…

Les trois frangines nous viennent de Watford (NDR : c’est dans le comté de Hertfordshire, en Grande-Bretagne). En fonction des compos, Emily, Jessica et Camilla Staveley-Taylor se réservent les grattes acoustiques ou le ukulélé. Mais participent toutes aux vocaux. Conjuguées, leurs harmonies sont d’ailleurs superbes. On comprend mieux pourquoi Tom Jones les avait plébiscitées en son temps. Elles s’expriment quelque peu dans la langue de Molière, entre les chansons. Mais adoptent une attitude plutôt statique. De leur setlist, je retiendrai deux perles, « If I Was » et « Mexico ». Leur musique trempe dans le folk/rock, même si les puristes y détecteront sans doute de la country et de l’americana. Bref, un concert plutôt sympa, mais pas vraiment transcendant. Ce qui n’a pas empêché le public d’applaudir généreusement la prestation de The Staves

Après avoir gravé « A Book Like This » en 2008 et « Down the Way » en 2010, le couple a publié un troisième long playing, ce 29 juillet 2014. Et il est éponyme. Les deux premiers opus se sont bien vendus et tout un chacun sait pertinemment que le troisième essai est souvent un cap difficile à franchir. Il est même parfois vital pour la survie d’un groupe ou d’un artiste. Ce dernier LP est moins cérébral, plus nerveux et surtout plus électrique.

Votre serviteur a déjà eu le loisir d’assister aux sets d’Angus, de Julia ou ensemble. Des musiciens que j’apprécie énormément. Et Julia, tout particulièrement, même si le couple est à la fois complice et complémentaire. Le concert va durer 60 minutes. Préposé aux cordes, le duo est soutenu par un bassiste, un claviériste, un drummer et un guitariste. Ce qui porte le nombre de gratteurs à trois. En arrière-scène, de petites leds scintillent sur une toile, comme pour représenter la voie lactée.

Le set d’Angus & Julia Stone s’ouvre par « A heartbreak », la plage d’entrée du nouvel opus. Le son est puissant. Agressif, privilégiant les teintes bleues et rouges, le light show se focalise sur les artistes, mais par groupe de deux (NDR : pas un cadeau pour les photographes !) Angus est coiffé d’un bonnet à pompon flashy. Toujours aussi jolie, la longue chevelure en tresses, Julia est vêtue d’une petite jupe noire sexy (NDR : trente balais de moins, et je la raccompagne aux Antipodes). Malgré l’avalanche de sonorités de cordes, « Main street » est un morceau plus paisible, plus doux, caressé par la voix sensuelle de Julia. Une voix susceptible de vous faire fondre comme un glaçon sous les rayons du soleil. Et puis son sourire me fait craquer. On ferme les yeux et on atteint déjà le Taj Mahal musical. Tout comme lors de « For you », un titre fluidifié par un filet de piano et ciselé dans les cordes de guitares d’une grande limpidité. Le timbre de Julia se fait plus rocailleux sur « Crash And Burn », une compo découpée par des riffs de gratte sauvages, dans un climat proche de Neil Young.

« Private Lawns » met le cap vers Kingston. Julia soutient la rythmique à l’aide de son banjo ; mais empoigne ensuite un cornet à piston, tout en continuant à se servir de son instrument à cordes. Place ensuite au hit « Big Jet Plane ». J’adore. Et toujours ce chant qui vous flanque des frissons partout. La cover du « You'Re The One That I Want » de John Travolta et d'Olivia Newton-John est particulièrement réussie. Elle est même originale. Serein, « Grizzly Bear » est un autre extrait du dernier elpee, un morceau qui projette dans votre inconscient des images du désert australien. Toujours tiré du même opus, « Wherever You Are » est une ballade savoureuse, à consommer en hiver, près d'un bon feu de bois. Les harmonies vocales dispensées par Angus et Julia sont stupéfiantes. Lors du rappel, le couple va nous réserver des versions acoustiques de « And The Boys » et « Santa Monica Dreams ». En duo. La setlist était totalement différente de celle proposée lors de leur show accordé, au Cirque Royal. Et de toute bonne facture, ce concert a surtout mis en exergue la différence entre les anciens titres du groupe, toujours sculptés dans le folk rock, et les nouvelles chansons, bien plus électriques…

Organisation : Vérone Productions

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

mardi, 02 décembre 2014 00:00

Troisième sold out à l’AB en 7 ans !

L’hiver est à nos portes. Dehors, il fait froid. Pour se réchauffer, rien de tel qu’une petite tartiflette avant de faire la file (NDR : les ‘Plaisirs d'Hiver’ sont à deux pas), déjà assez conséquente, avant de récupérer mon sésame au guichet de l’AB. Et pourtant, il n’est que 18h00. Ce soir Julien Doré se produit dans la grande salle ; et à peine entré dans la vénérable institution, je fonce au balcon pour disposer d’une place assise…

Le supporting act est assuré par Maryvette. Aka Maryvette Lair, elle est née en 1984. Elle vient donc de fêter ses 30 ans. Une artiste qui nous vient du monde du cirque. Cette chanteuse est également comédienne et trapéziste. Elle avait ainsi participé à l'aventure X Factor, en 2011. Elle va exécuter son show devant le rideau rouge. Elle est soutenue par Feed. Coiffé d’un chapeau, il se consacre à la sèche. Les deux musicos se servent cependant parfois de claviers, installés à proximité. Maryvette est venue présenter son nouvel Ep, « Embrasse-Moi Superman ». Elle a assuré la première partie de Julien à l'Olympia, mais c’est la toute première fois qu’elle accorde un concert en Belgique. Sa voix est bien maîtrisée, mais la musique est plutôt légère. A contrario, interprétés dans la langue de Voltaire, les lyrics véhiculent un message. Qui reflètent sa forte personnalité et qu’elle tente de faire passer à l’aide d’un humour, ma foi, souvent cocasse. En 30 minutes elle va nous réserver « La Fille En Face De Moi », « Viens Voir Tata », « C'est Toujours », « I Remember », « Au Bord De La Mer », « Oh Johnny Johnny » et enfin « Sentiment ».

Après un petit coup de feu, le rideau s'ouvre enfin à l'heure prévue. Au-dessus de la scène, trône le sigle ‘LØVE’. Lumineux, il va briller pendant plus de deux heures aux couleurs vives du light show, mis en place par la régie de Julien. Les musiciens sont répartis sur une structure à deux niveaux. Un escalier ‘rutilant’ est posé de chaque côté de cette structure. Le sourire aux lèvres, Julien débarque au milieu des fumigènes. Il est vêtu d’un costume noir ; ce qui va permettre au light show de donner davantage de relief à sa silhouette. Les premières notes de « Viborg » résonnent. Puis s’enchaînent « Hôtel Thérèse », « Habemus Papaye », « London Nous Aime » et « Chou Wasabi », quatre extraits du dernier elpee, « LØVE ». Dès le départ, une communion s’établit entre Julien, ses musicos, et le public, composé pour la plupart d’aficionados. Julien reste humble tout en dégageant une énergie hors du commun. Paradoxalement, il est bien dans sa tête et se permet des accès de folie. Ce qui explique pourquoi on l’apprécie…

« Kiss Me Forever » est le titre très attendu. Un premier grand moment de la soirée. A cet instant, la communion entre le public et le band est totale. Julien s’installe ensuite derrière un piano pour attaquer « Memories ». Il a le sens de la dérision et pose une boule à facettes sur la tête. Eclats de rires partagés. Tout comme pour « Panda Roux », moment au cours duquel il se prend pour un Musteloidea. Néanmoins, on se rend compte que toute la mise en scène est réglée comme du papier à musique. De temps à autre il va tapoter sur des claviers. Ou s’approche de ses musicos pour toucher leurs instruments du bout des doigts. Il empoigne un ukulélé pour attaquer « Heaven ». De quoi se rendre compte que c’est aussi un excellent musicien. Il invite le public à donner de la voix pour « Winnipeg ». La foule reprend alors le refrain en choeur : ‘I want to go to Winnipeg with you’. Julien nous signale que toute son équipe vient de Paris. Il confesse adorer Bruxelles, la Belgique ainsi que la Jupiler ; et qu’en outre, il vient de remplir l’Ancienne Belgique 3 fois de suite en 7 ans. Il est heureux et fier de nous le rappeler.

Plutôt rock’n’roll, « Les Limites » est une compo qui remonte à ses débuts. Il embraie par l’énergique « Paris-Seychelles », moment choisi pour se percher face à votre serviteur, sur les rampes des balcons, faire le pitre puis redescendre dans la fosse qu'il traverse pour rejoindre le podium. Un parcours réalisé sous les confettis que propulse un canon. « Les Bords De Mer » est une très jolie chanson. Tout comme « Bleu Canard ». Deux morceaux à la fois doux et intenses. Place ensuite au dernier single, « On Attendra l'Hiver ». On sent la fin. Il y a plus de 90 minutes que Julien est sur les planches. Il passe alors à « Corbeau Blanc », un des morceaux les plus aboutis de « LØVE ». Tout comme en début de show, un écran de fumée s’élève. Julien interprète alors « Mon Apache », avant de disparaître sous des faisceaux de lumières blancs et rouges, sans pour autant oublier de saluer son auditoire.

Julien revient seul et s’installe derrière le piano pour aborder « Laura Non C'è », un morceau empreint d’émotion. Avant d’embrayer par la cover du célèbre « Je Suis Venu Te Dire Que Je M'en Vais » de Gainsbourg. Le set s’achève alors par « Paris-Seychelles », d’abord en version piano/voix, avant que les musiciens ne réapparaissent pour relancer la machine une toute dernière fois. Une belle soirée au cours de laquelle Julien Doré a renforcé les liens qui le lient au public belge…

(Organisation : Ancienne Belgique et Nada Booking)
 
Voir aussi notre section photos ici

 

 

 

dimanche, 30 novembre 2014 00:00

Sans grande conviction…

Le concert prévu à l’Orangerie du Botanique, ce dimanche 30 novembre est presque sold out. Votre serviteur débarque plus tôt que prévu et se farcit le soundcheck du supporting act : Kiko King And Creativemaze. Le son est beaucoup trop puissant.  Les structures métalliques du Botanique en tremblent. Je crains donc le pire… Le plus important, ce sera ensuite. C’est-à-dire le set de GusGus, une formation islandaise (NDR : de Reykjavik, très exactement), dont la naissance remonte à 1995 ; et qui après s’être consacré à la musique de film, a décidé de passer à la musique électronique. Il s’est même forgé une belle notoriété à travers 9 albums studio, coulés dans une électro-house unique en son genre.

Un DJ vient se planter derrière les machines pour y tripoter des boutons et des curseurs, alors qu’un chanteur arpente l’estrade de long en large. Kiko King And Creativemaze ouvre la soirée. Le son est médiocre. Je me déplace vers la table de mixage. Ce n’est pas mieux. Je regarde la console et constate que les 120 décibels sont déjà atteints. Inadmissible ! Je tiens à conserver mes tympans intacts afin de pouvoir continuer à apprécier d’autres concerts, dans le futur. Je déserte les lieux en attendant que le massacre soit terminé.

Près de 20 ans déjà que GusGus sévit sur la scène musicale. Un collectif qui a vécu une multitude de changements de line up. A une certaine époque, il comptait même une dizaine de musicos. Hafdis Huld et une certaine Emiliana Torrini y ont même milité. Il ne compte plus aujourd’hui que 4 membres actifs : President Bongo, Biggi Veira, Daníel Ágúst et Högni Egilsson.

Deux Dj's montent sur le podium, et vont s’installer derrières les machines. Je me place de nouveau à hauteur de la console au fond de la salle. Le son est potable. Il y a mieux, mais aussi pire (Kiko King And Creativemaze). Un chanteur/danseur se présente sur la scène. Il est suivi par un second vocaliste aux longs cheveux blonds. Manifestement, ils ont de superbes voix ; et l’auditoire semble apprécier. Ils ne sont que quatre sur l’estrade. Malheureusement, les Dj’s manquent cruellement d’inspiration. Ils assurent le mixing. Point barre. Le light show est discret. Un peu trop même à mon goût, alors qu’il aurait pu donner davantage de relief à la prestation des musicos. Les lyrics sont exclusivement interprétés dans la langue de Shakespeare. Manque d’audace ? Chez Sigur Rós, par exemple, le recours, même circonstanciel, à la langue natale apporte une autre dimension à leur musique.

Bref, j’ignore si c’est dû à l’énervement causé par la première partie ou parce que la veille, j’ai assisté au spectacle fantastique d’EZ3kiel, à l’Aéronef de Lille, mais un profond ennui commence à m’envahir. J’avoue que je connais très mal le band islandais. Je ne parviens pas à accrocher au set. Et je subis les événements. Si bien qu’après 30 minutes, je tire ma révérence. 

(Organisation : Botanique)

Un spectacle d’EZ3kiel est censé nous en mettre plein les oreilles et la vue. Sa tournée passait par le Rockhal, au Luxembourg, et l’Aéronef de Lille. Votre serviteur a choisi la métropole nordiste, et il ne va pas le regretter. L’accueil est chaleureux. La salle est superbe. Pour la circonstance elle a été adaptée en configuration Box, comme à l'AB. Les rideaux son tirés et isolent l’auditoire du premier étage et du balcon. Le concert est sold out. L'ouverture des portes est programmée à 20h00 précises. Le supporting act entamera son set 35 minutes plus tard et l’achèvera à 21h05. EZ3kiel monte sur les planches à 21h30 et va nous livrer un show de 90 minutes.

Dorian And The Dawn Riders assure donc la première partie. Il vient de signer sur le label bordelais Animal Factory. Vu le matos sur l’estrade, quelle surprise de voir débouler un gaillard barbu, coiffé d’un chapeau de cow-boy et affublé de dreadlocks. Le Bordelais serait-il un adepte du reggae ? Pas du tout. Il est armé d’une gratte et se sert de machines pour créer des beats efficaces, imprimer des percus tribales et dispenser des sonorités en tous genres. Et puis il chante, quand même. Vocodée, sa voix est tour à tour singulière et lumineuse ou glaciale et ténébreuse. Trippante, sa musique baigne dans une pop alternative. Psychédélique et atmosphérique, surtout. Et le climat varie en fonction de tous ces paramètres. Des images sont projetées derrière l’artiste. Par exemple celle d’un grand-duc, dont l’envol est majestueux. Et l’ombre chinoise de Dorian, judicieusement reflétée sur cet écran est allégorique. Elle convie votre âme à se recueillir tout en suivant l’artiste dans son monde particulier. Qui me fait parfois penser à celui de Sigur Rós. Dorian n’est pas parvenu à chauffer la salle, il a tout simplement épaté la galerie, tout en nous préparant religieusement à la suite des événements. En attendant, il a été chaleureusement acclamé. Et c’est tout à fait mérité.  

Mais avant de passer au set d’EZ3kiel, une présentation du groupe s’impose. A l’origine, il avait choisi le patronyme EZEKIEL, en référence au film « Pulp Fiction » de Quentin Tarantino. Après avoir publié l’album « Handle With Care », il crée son site internet ; cependant le nom de domaine ezekiel.com est déjà réservé, alors il décide de le transformer en EZ3kiel. Matthieu Fays et Yann Nguema en sont les fondateurs. Drummer, le premier a quitté le navire en mai 2012, après plus de vingt ans de navigation. Joan Guillon se charge aujourd’hui des claviers, machines, guitares et autres samplings. Au départ, Yann Nguema se consacrait à la basse et de tout ce qui touche à l’image. En 2012, il a abandonné la quatre cordes pour se concentrer uniquement sur cette dimension visuelle ainsi que la programmation.

Après avoir participé à l'enregistrement de l'album « Naphtaline » comme invité, Stéphane Babiaud a rejoint officiellement le line up en 2007, lors des sessions de « Battlefield. Multi-instrumentiste, il joue de la batterie, du vibraphone, du glockenspiel, de la basse et même des claviers. C’est également le chef d’orchestre du Naphtaline Orchestra, projet alternatif du groupe. Sylvain Joubert récupère ensuite cette basse délaissée par Yann Nguema, à partir de l’elpee l'album « LUX ». Il avait auparavant participé à la tournée Extended. « LUX », c’est bien sûr le dernier long playing d’EZ3kiel. Ce soir il est donc venu le défendre sur les planches.   

Difficile de coller une étiquette sur la musique pratiquée par ce combo. Elle oscille constamment entre électro, dub, rock et classique. Et puis à chaque album, elle est différente, le band prenant le soin de proposer un projet novateur voire même en avance sur son époque…

En 2009, le groupe lance le Naphtaline Orchestra à Grenoble. Il s'agit de déclinaisons de morceaux, notamment de l'album « Naphtaline », exécutées en compagnie d’un orchestre symphonique. L'expérience est renouvelée en 2011, à Tours, pour trois nouvelles dates. En février 2012, le concept EZ3kiel Naphtaline Orchestra se produit au théâtre Sébastopol de Lille. Un événement retransmis en direct sur plusieurs sites internet. 7 000 internautes vont le suivre. Suite à ces expérimentations, EZ3kiel monte un autre projet, l’EZ3kiel Extended, en septembre 2012. Qui va accorder toute une série de concerts associant image et musique. Lors de ce périple, le combo implique Sylvain Joubert à la basse, Cyril Soufflet au piano, Gérald Bouvet à la guitare, Erick Pigeard au séraphin et aux percussions, Thomas Quinart au thérémine, au saxophone baryton et à la scie musicale, Bertrand Margelidon à la trompette et au bugle, Simon Dupire au trombone, Pierre Malle et Ombeline Collin aux violons, Anthony Chéneau au violon alto et Benjamin Garnier au violoncelle. C'est le cd et le dvd consacrés à cette aventure qui m’ont permis de découvrir EZ3kiel.

L’ouverture des tentures laisse apparaître 48 projecteurs équipés sur deux faces. Ecrans de projection d'un côté, lumières de l'autre, les deux dispositifs fusionnent dans des impressionnants mouvements rotatifs, générant en temps réel des explosions de couleurs, calibrées pour interagir avec la musique. Un dispositif scénique et technologique inédit qui place EZ3kiel parmi les pionniers d'un genre qui n'a pas de nom. Il faut rappeler que Yann Nguema contrôle les lasers, lumières, robots et des visuels au sein d’un même support de projection. Et lorsque le drummer se lance dans ses frasques, c’est pour participer à une course interactive avec ces lumières. Les trois musicos s'amusent sur scène et le public en prend plein les yeux et les oreilles.

L'album « Lux » sera intégralement interprété et prendra réellement vie sur scène. On ressent par la musique, les émotions des artistes qui sont à la fois torturées et vous entraînent dans un voyage intemporel. Ou carrément dans la troisième ou quatrième dimension. Le concept/concert qui se déroule devant nous pourrait même servir de bande originale du troisième millénaire pour une rencontre visuelle du troisième type. La musique, l'image et la lumière fusionnent, nous prouvant le savoir-faire du quatuor. Tel est le secret du nouveau support de la musique d'EZ3kiel.

Les guitares sont acérées et à la limite incendiaires sur « Born in Valhalla ». « L'Oeil Du Cyclone » est une ballade atmosphérique. « Lux », la plage éponyme vous entraîne sur le dancefloor d'une autre galaxie. Enfin, sur celui de la fosse également où règne un fameux remue-ménage. En fermant les yeux, « Dead in Valhalla » pourrait vous transporter du côté de la voie lactée. Mais il est préférable de les garder grands ouverts, afin d’apprécier le déluge de lumières et de lasers. « Anonymous » est un titre déconcertant. Caractérisé par la douceur de l’instrumentation, « Never Over » concède quelques minutes paisibles. La version ‘live’ de « Via Continum » (NDR : tirée de l’opus « Handle With Care ») est plus nerveuse que sur disque. L’expédition est plus aquatique, nous emportant dans les profondeurs de la grande bleue en compagnie du Capitaine Nemo, à bord de son Nautilius. La mélodie de « Zero » est particulièrement contagieuse. Et le set de s’achever par le jubilatoire « Versus », une compo à la fois tribale et éthérée. Pendant 1h30, les yeux des spectateurs ont pétillé de bonheur. Pas étonnant qu'EZ3kiel ait été applaudi pendant plus de sept minutes.

Et on aura même droit à un rappel d’enfer. Deux titres. « Antiloop ». Et puis surtout « Wagma », un morceau complexe, digne de la face la plus atmosphérique de Pink Floyd. Autrefois alchimistes du son et de l’image, EZ3kiel a aujourd’hui acquis une maîtrise totale de son art. Et ce concert exceptionnel en est la plus belle illustration.

 (Organisation : Base Productions + Aéronef)

mercredi, 26 novembre 2014 00:00

Un Slash des grands jours…

Il y a bien longtemps que votre serviteur n’a plus mis les pieds dans l'ancien temple dédié au rock'n'roll : Foret National. Pour assister au spectacle, vous avez le choix. Soit vous débarquez suffisamment tôt et allez vous coller contre les barrières du frontstage. Soit arrivez ‘pépère’ et vous vous installez assis, face à la scène, juste à côté de la table de mixage. Votre serviteur a choisi la seconde solution et il ne va pas regretter son choix.

Il revenait à Monster Truck d’assurer le supporting act. Pas vraiment un cadeau d’ouvrir pour un mythe comme Slash. La salle a été configurée en taille club. Elle est alors susceptible d’accueillir 4 000 spectateurs. Le combo est drivé par deux barbus. Jon Harvey et Jeremy Widerman. Ils se partagent les vocaux. Le premier se charge de la basse et le second de la guitare. Brandon Bliss, le claviériste, s’est planté à gauche. Il se sert le plus souvent d’un vieil Hammond. Et le drummer Steve Kiely, occupe une position centrale. A ce jour, le combo a publié deux Eps : « Monster Truck » en 2010 ainsi que « The Brown » l’année suivante ; et un premier elpee en 2013, « Furiosity ».

La musique de cette formation canadienne trempe dans le rock'n'roll. Le set s’ouvre par  « The Lion », un démarrage sur les chapeaux de roues. Les riffs de gratte sont puissants et huileux. Les barbus arpentent toute la largeur du podium. Un peu à la manière du band australien, Airbourne. Les claviers ruissellent comme ceux de feu John Lord, lors des débuts de Deep Purple. Quel bonheur de revivre ce rock aussi musclé que mélodieux. « Furiosity » est le titre maître du dernier LP. Les riffs de gratte vous donnent envie de vous lever de votre siège et de rejoindre la fosse afin de participer à la fête. D’ailleurs, dès le deuxième morceau, c’est déjà le bordel, là-dessous. « Old Train » est un autre extrait du dernier opus. Le morceau est puissant, mais la mélodie est palpable et le refrain efficace. Wolfmother, AC/DC, Led Zeppelin, Airbourne et In Flames vous traversent l’esprit. « Sweet Mountain River » s’inscrit dans le même registre. Les sensations sont excellentes, d’autant plus que le son est irréprochable. « Swordest Beest » est une compo speedée et dynamique. Franchement, pour une première partie, Monster Truck a assuré grave. A revoir absolument comme tête d’affiche. En tout cas, il faut remercier Slash pour avoir emporté ce combo dans ces valises… (Pour les photos voir ici)

De son véritable nom Saul Hudson, Slash est né le 23 juillet 1965, dans le quartier de Hampstead, à Londres. Il a cependant grandi au sein d'un petit village répondant au nom de Burton. Le pseudo 'Slash' lui aurait été attribué par le père d'un ami lors d'une soirée. Depuis qu’il a quitté Guns N' Roses en 1995, le légendaire guitariste a multiplié les projets : Velvet Revolver, Slash’s Sankepit et une aventure solo ; des épisodes auxquels ont participé, selon les circonstances, de grosses pointures comme Ozzy Osbourne (Black Sabbath) et Lemmy Kilmister (Motörhead). Faut dire que l’artiste jouit quand même d’une solide notoriété. Son étoile brille d'ailleurs fièrement depuis quelques années sur le Walk Of Fame d'Hollywood. Pas étonnant, puisqu’il a aussi bossé en compagnie d’Iggy Pop, de Dave Grohl, de Chris Cornell, d’Alice Cooper et de Myles Kennedy.

Eponyme, le premier LP de Slash est paru en 2010. Le deuxième LP en solitaire, « Apocalyptic Love », remonte à 2012. « World On Fire » constitue donc son troisième. Une oeuvre pour laquelle il a de nouveau bénéficié du concours de Myles Kennedy flanqué de ses Conspirators. Compositeur et guitariste rythmique, Myles s’est forgé une fameuse réputation de vocaliste. Et pour cause, sa voix est susceptible de couvrir 4 octaves. Excusez du peu !  

A contrario du show qu’il avait accordé à l'Ancienne Belgique, et tout au long duquel, je l’avais trouvé particulièrement statique, Slash –coiffé de son éternel haut de forme– ne tient pas en place. Hormis pendant un solo de guitare kilométrique qu’il réserve à « Rocket Queen ». Surdoué, il dégaine ses riffs avec une énergie sans faille. Tout au long du set, la part belle sera donnée à six reprises judicieusement choisies des Guns. A l’instar de son dernier opus, et comme il y a deux ans, à l'Ancienne Belgique, Slash est épaulé par Myles Kennedy, le brillant chanteur d'Alter Bridge, ainsi que de ses Conspirators. Soit le drummer Brent Fitz et le bassiste, ainsi que le gratteur Franck Sidoris, aux vocaux pour deux compos.

Le logo du dernier opus de Slash (NDR : un smiley !) trône en arrière plan. Le nom du band y est bien sûr associé. Et celui de Myles, en-dessous. Pour bien rappeler qu’il est de la partie ce soir. Ce smiley est également reproduit sur la face avant de la grosse caisse.

Après une intro digne d’une musique de cirque, le concert s’ouvre par « You're a Lie », un extrait du deuxième elpee, « Apocalypse Love ». Slash s’est planté à droite du podium. Myles a vraiment une voix remarquable. Et franchement je la préfère à celle d’Axl Rose, qui ne m’a vraiment jamais bottée. Ce qui ne va pas empêcher Slash de nous rappeler qu’il a sévi chez les Guns N' Roses. Et tout au long du set. Notamment à travers « Nightrain », « Mr. Brownstone », « Rocket Queen » et le splendide « Sweet Child O' Mine » (« Appetite for Destruction ») ainsi qu’une version percutante du « You Could Be Mine » (« Use Your Illusion II »).

La section rythmique est solide. La gratte de Slash est bien plus amplifiée que celle de Franck. Dès « Halo », Slash se dégourdit les jambes, arpente l’estrade de gauche à droite ou encore vient confronter le drummer. « Avalon » est imprimé sur un tempo rapide. Dans la fosse, la foule commence à jumper. Dispensées en ‘live’, les nouvelles compos passent bien la rampe.

Myles remercie le public. Slash fait une véritable démonstration sur sa Gibson, tout au long de « Back From Cali ». Il mérite manifestement son statut de guitar hero. « Automatic Overdrive » est également tiré du dernier long playing ! Le maître de cérémonie nous réserve un petit solo sur « Ghost », plage qui figurait sur l’opus éponyme de Slash. Myles prend un pause backstage et cède le micro à Todd Kerns pour les deux chansons suivantes : « Doctor Alibi » et « Out Ta Get Me », encore un titre des Guns, qui relève à nouveau d’« Appetite for Destruction ». Brent se fend d’un superbe solo de batterie pour introduire « Too Far Gone », moment choisi par Myles pour reprendre sa place aux vocaux. Après « Beneath the Savage Sun », les quelques instants de calme sont consacrés à une chouette ballade intitulée « Bent To Fly ». « World on Fire » redémarre en trombe. Myles y étale l’amplitude de sa voix. Tout au long d’« Anastasia », piste issue de son dernier LP, Slash se sert d’une Gibson à 12 cordes (NDR : de couleur verte !) et livre alors un exercice de style époustouflant de technique. Manifestement, il vient de marquer des points.

Et le show –qui a quand même duré deux heures– de s’achever par « Slither », une cover du Velvet Revolver, issue de l'album « Contraband ». Myles présente les musicos et remercie le public. Slash le remercie également. Il faudra attendre la fin du show avant qu’il ne place 3 mots.

Le rappel va se limiter à une ultime reprise de Guns N' Roses, « Paradise City ». En délire, la foule reprend le refrain en chœur. Une apothéose magnifiée par la pluie de confettis multicolores tirée par deux canons. Un remarquable concert pour un Slash des grands jours… Peut-être même le meilleur set post Guns N' Roses du Londonien auquel j’ai pu assister ! (Pour les photos voir )

(Organisation : Live Nation)

vendredi, 28 novembre 2014 22:54

Romano Nervoso : né pour le boogie!

Depuis sa première prestation accordée sur scène en 2009, Romano Nervoso ne cesse de repousser les limites de ses aptitudes sans montrer le moindre signe d’essoufflement.

Désormais reconnu comme parrain du ‘Spaghetti Rock’, il a sévi au sein des salles les plus mythiques de la Belgique. Le Sportpaleis d’Anvers, en supporting act de Johnny Hallyday, le Vk*, le Botanique et le Théâtre National. « Italian Stallions », premier opus du groupe, était parvenu à séduire un public sensible à la sensualité de leur rock’n’roll.

Après avoir mis le feu à quelques-uns des plus grands festivals européens et joué en première partie pour les Electric Six, Band of Skulls, Skip The Use, Boots Electric, il était temps qu’il se retrouve sous le feu des projecteurs. Les Britanniques les réclament, les Italiens les ont récupérés et même nos amis Français les apprécient.

Romano Nervoso a marqué les esprits lors de la release party de leur nouvel elpee qui s’est déroulée devant une salle comble au Botanique. Très attendu, « Born to Boogie » est paru chez Mottow Soundz.

Et pour regarder le clip vidéo du single « Aline/Maria », c’est ici 

https://twitter.com/romanonervoso

 

vendredi, 28 novembre 2014 22:54

Pas peur de Diablo Blvd ?

Anversois, Diablo Blvd réunit Alex Agnewn, Andries Beckers, Dave Hubrechts, Kris Martens et de Tim Bekaert. Un groupe de métal actuellement en tournée des clubs pour présenter son troisième album, « Follow The Deadlines », sorti en 2014. Il assure pour l’instant, le supporting act de Machine Head et Life Of Agony.

Le combo vient de publier un nouveau single, « Son Of Cain », doublé d’un clip. Ce clip a été tourné à la manière d'un film d'épouvante, en reprenant tous les codes du genre. C'est plutôt réussi. Il a été réalisé par Jelle Boucher d'Unleached Visuals qui s'est inspirée des films 'Hammer Horror'. Diablo Blvd a tourné cet été aux États-Unis. Le groupe a rejoint Slayer, Machine Head et Sepultura sur le label Nuclear Blast.

Pour la vidéo, c’est par ici 

vendredi, 28 novembre 2014 22:52

Un clip inédit pour Chicos Y Mendez

Après avoir sillonné la Flandre, la Wallonie, le Luxembourg et s’être produit à Bruxelles et Paris, Chicos y Mendez a terminé sa tournée estivale lors du Festival Esperanzah! à Barcelone. C'est donc le moment de remercier tous ceux qui ont contribué, de près ou de loin, à faire vivre le groupe durant cette tournée !

Chicos y Mendez travaille actuellement sur un premier album ! Pour fêter cet événement et vous donner un petit avant-goût, une version inédite du titre "Multi Belgica", featuring deux incontournables musiciens haïtiens de passage en Belgique, en l’occurrence le chanteur B.I.C. et le percussionniste MarcoPercu. #ANSANM NOU PI BÈL, est disponible sur Youtube. Et c’est ici

 

 

samedi, 22 novembre 2014 00:00

Rock and Chill 2014 : samedi 22 novembre

Il s'agit de la troisième édition du festival Rock And Chill. Un événement qui se déroulait ce 22 novembre dernier, au centre culturel Victor Jara de Soignies. Il y a quelques années, j’avais assisté à un concert dans cette salle ; et j’étais reparti déçu par la qualité du son. Depuis lors, il faut avouer que de sérieuses améliorations ont été apportées à l'acoustique des lieux. On peut même ajouter que ce soir, le son était irréprochable.

Fastlane Candies réunit Alexis Alvarez, aka El Niño, au chant et à la sèche, Krispy Velours, aka Laurent Boutefire, à la guitare, Baptcha à la basse, Jrm aux drums ainsi que Sandy C., aka Cheesy Cliché, aux claviers et au chant. Signé chez JauneOrange, le combo implique des Liégeois et des Namurois. Après avoir publié un Ep 6 titres en 2011, baptisé « Cold Cold Caribbean », le groupe a sorti son premier opus en 2013, « Telenovelas », un album réalisé au Studio 5 (NDR : c'est aussi à Liège) et produit par Xavier Guinotte (My Little Cheap Dictaphone) ainsi que Raphaël Wynands.

C’est la dernière date de la tournée du band. Il y a un bon bout de temps qu’il est sur la route. Il a accordé quelques concerts mémorables en Belgique et lors des festivals d'étés. Ce qui devrait avoir rôdé les musicos en ‘live’. Cependant, il n’est pas toujours facile d’amorcer ce type de manifestation. Le public est peu nombreux. Les spectateurs bavardent. Des conditions malaisées pour capter leur attention. Mais Fastlane Candies est habitué aux ouvertures et premières parties. Il est même devenu habile pour exploiter au maximum la situation.

Caractérisé par sa mélodie contagieuse, « Nothing At All » entame les hostilités. Offensives, les grattes s’imposent. Les percus trament la compo. Les harmonies vocales caressent les tympans. Le public sonégien est mou et sans réaction. C'est comme un moteur diesel, faut le temps pour qu'il démarre. « Second-Hand Boyfriend » est un morceau allègre et sucré. On pense alors à Violent Femmes voire à Clap Your Hands Say Yeah. Le set atteint sa vitesse de croisière à partir de « Girls ». Alexis, dont la mèche de cheveux penche toujours à gauche,  demande au public de se rapprocher du podium. Il concède timidement à l’invitation. La rythmique est entraînante et syncopée tout au long de « Telling Stones ».

« Always On The Go » nous replonge dans la cold wave. Celle de The Cure, tout particulièrement. Même la voix est alors proche de celle de Robert Smith. Risqué et réussi à la fois.

« Enough » incite à la danse et à se bouger le popotin. Son refrain est immédiat. Allez Soignies, on y va ! « Wound Me », c’est le premier single du groupe qui a totalisé 10 000 vues sur YouTube depuis sa sortie, en 2011. Il en a fait du chemin, depuis. « Charm » n’en manque pas et « Let Yourself Go » est une invitation à se relâcher. Sandy se réserve le lead vocal pour « La Chica », une superbe compo. Le show s’achève par « Be Like you » et « Summertime's Away », moments choisis par Alexis pour descendre dans la fosse afin d’affronter un auditoire bon enfant. Il le pousse à participer à la fête, tout en distribuant des flyers… Une bonne entrée en matière !

The Whylanders va se produire entre les changements de matos sur scène, à deux reprises. Nous réservant chaque fois 2 ou trois morceaux. Il avait assuré le supporting act de Von Durden, au Botanique, il y a un bon mois. Un duo réunissant le guitariste/chanteur Maxime Simon et le drummer Quentin Jossin, également préposé aux fûts chez Cheeky Jack, programmé ensuite. La paire libère une énergie folle sur les planches et va même y mettre le feu pendant le soundcheck de Jane Doe. Une très bonne idée de combler ainsi les intermèdes.

Cheeky Jack est un sextuor issu du Brabant Wallon. Encore que le rôle de gratteur soit confié à Gregory Chainis (Abel Caine). J’ignorais que Carnières appartenait à cette province… C'est la première fois que votre serviteur assiste à un concert de ce groupe, responsable d’un chouette premier album intitulé « Superlicious ». Actif depuis 2011, il vient de publier « Black Sheep », un Ep 5 titres particulièrement prometteur. Le line up implique également Thomas Verbruggen au chant et à la six cordes, Benoit Tempels au saxophone et machines ainsi que Maxime Siroul aux synthétiseurs. La musique de Cheeky Jack est le fruit d’un cocktail entre pop, funk, soul, reggae et world. Un univers sonore particulier qui puise ses influences dans toute l’histoire de la musique pop/rock. Depuis les sixties aux années 2000. Sur disque, les cuivres occupent une place importante. Moins en ‘live’. Ce qui n’empêche pas leurs compositions de libérer énormément de groove. La participation de Grégory apporte manifestement un plus à l’ensemble. Colorée, la musique nous transporte de Saint-Louis à Minneapolis en passant Kingston (« Lilith Is On Fire »). Une guitare funkysante et un beat électro dynamisent « Paper Chase », afin de nous conduire vers le dancefloor. « Piece Of Wax», issu du premier album « Superlicious », clôt leur prestation, un titre hanté par Big Brother & The Holding Company et James Brown…

Le Centre Culturel sonégien commence progressivement à se remplir. Ce n'est pas souvent la fête à Soignies et il faut en profiter. Jane Doe and The Black Bourgeoises est chargé de mettre le souk. Ou plus exactement de chauffer l’ambiance pour la tête d’affiche, en l’occurrence Sharko.

Issu de La Louvière, Jane Doe and The Black Bourgeoises est une formation qui déborde d’énergie rock'n'roll. Les cordes de guitare sont bien huilées et vintage (Angel Ognito), les claviers bien dosés (Djamys 'Norton'), les lignes de basse fédératrices (Dan Diaz) et les fûts dévastateurs (Nico Scarmardi). Sans oublier le rôle de la chanteuse Jane Doe, aka Julie Meganck, dont la voix campe un hybride entre Joan Jett et Courtney Love. Parfois épaulée par deux voire trois choristes dont les harmonies vocales sont judicieusement dispensées.

Fondé en 2012, leur parcours est antinomique : naissance, composition, studio, album et enfin concerts. Après avoir gravé un premier elpee baptisé « Angel Crash », bien reçu par la critique, le second vient de paraître et s’intitule « Popaganda ».

Leur arrivée sur le podium est triomphale. Et dès les premiers accords on est propulsé outre-Atlantique par « The Hunt », la plage d’ouverture de leur nouvel elpee. Planté à gauche de l’estrade Dan se charge de la basse. Son look doit autant à Don Quichotte qu’à Buffalo Bill (dixit Jean Dujardin). Suffit de demander à Mr. Dan Diaz De La Vega. Baignant dans un climat suranné, « It's All About Risky (When The Wolf Is Coming Down) » est découpé par des riffs de gratte incisifs. Angel se montre à son avantage sur sa six cordes. C’est le nouveau guitariste. Et il fait déjà l'unanimité. A contrario de Dan, la force tranquille, il ne tient pas en place. Il grimpe, bondit et menace du regard. Une bête de scène qui vient davantage booster la vitalité pourtant débordante du combo. Julie n'a rien perdu de sa verve ; mais surtout elle focalise l’attention des mâles, par son attitude sensuelle. Quoique kitsch, son pied de micro lumineux fait toujours sensation.

Les perles s’enfilent : « Boyz Rock It », « Bad Gurtz », « Runaway », « She's A Bitch», « Mercedes » et « Popaganda ». La reprise du « Paint It Black » des Stones est à la fois glamoureuse et rock’n’rollesque. Et le band de clore sa prestation par une autre cover, mais chargée de testostérone, le « Kids In America » de Kim Wilde. Mr. Angel Hendrix et Jane Doe, en toute grande forme, vont alors descendre dans la fosse, pour le plus grand plaisir du plaisir, ravi de ce contact privilégié. 2015 devrait être une année faste pour Jane Doe and The Black Bourgeoises. C’est tout la mal qu’on leur souhaite.

Je fais l'impasse sur Sharko, que je viens de revoir en concert il y a peu ; et puis ma soirée est déjà réussie. J’en profite d’ailleurs pour féliciter et encourager les organisateurs de l'évènement dont la motivation n’a d’égale que leur passion pour la bonne musique.

(Sharko + Jane Doe And The Black Bourgeoises + Cheeky Jack + Fastlane Candies)

 

 

vendredi, 21 novembre 2014 00:00

Pas mal, mais pas phénoménal non plus…

La soirée est un peu froide, normal l’hiver approche. Direction rue du Miroir, juste derrière la Grand-place de Mons pour, se rendre à l'Alhambra. Il y a une fameuse file d’attente à l’entrée pour obtenir son sésame. The Boxer Rebellion a attiré la grande foule. Faut dire que le groupe s’était déjà produit à Mons, et une relation privilégiée s’est établie entre le combo et le public local. En outre, le supporting act sera assuré par les régionaux de l'étape, Larko. Ca tombe bien, Larko vient de sortir un Ep 6 titres. Et il est venu nous le présenter ce soir.

Larko est issu de la Cité du Doudou. Aussi, de nombreux fans ont tenu à venir les encourager. Et c’est tout à fait normal. Le quatuor réunit le chanteur/guitariste Jean Tourneur, le claviériste Alexis Andrigo (NDR : un barbu coiffé d’une casquette), le bassiste Jérémie Gilbert et le drummer Timothée Huge, également préposé au sampler. J’avais assisté à leur concert, il y a au moins deux ans et suis heureux de revoir le quatuor en ‘live’. Pas un combo inconnu. Et pour cause, en 2009 il avait remporté le prix Franc'Off des Francofolies de Spa. Il a aussi pas mal bourlingué, assuré quelques scènes prestigieuses et participé à certains festivals. En 2011, il a publié son premier elpee, « Empathie » sur le label LDM (Les Disques Modernes). Après avoir pris une pause, il vient de graver un nouvel Ep, dont ils vont interpréter ce soir quatre morceaux.

Vu la présence du matos de The Boxer Rebellion sur l’estrade, il ne reste plus beaucoup d’espace pour la première partie. Les 4 musicos se sont donc postés en ligne à l’avant-scène. Le drummer à l'extrême droite, le claviériste au milieu, et les deux grattes à gauche. Jérémie va quand même s’autoriser quelques allers-retours entre les fûts et son pied de micro, afin de se dégourdir les jambes. Les textes sont chantés dans la langue de Voltaire. Et les nouvelles compos lorgnent davantage vers la pop et l’électro que le rock.

Après une petite « Intro », « Obsession » entre dans le vif du sujet. Le claviériste donne le ton. Il est appuyé par la section rythmique, même si c’est la basse qui aura finalement le dernier mot. Les accords de gratte dispensés tout au long de « Pour Une Heure » sont funkysants, dans l’esprit d’un Nile Rodgers. « Empathie » est un morceau qui a récolté un certain succès. C’est également le titre maître du premier LP, plus sauvage et plus rock. « 28 Janvier » est littéralement découpé par les riffs électriques. Mais le refrain est contagieux. « Ce Que tu Veux ». Je ne sais pas ! Une nouvelle compo pas mal torchée. « Lâcher Les Chiens » se singularise par ses lyrics réalistes. Des textes qui peuvent se révéler plus sombres, traitant de l’existence, de la guerre.

Plus électro, « Rotterdam » est une compo hymnique. Place ensuite à « Myself ». Le single. Qui fait l’objet d’un clip vidéo. Jean invite d’ailleurs le public à aller la découvrir sur la toile. Le set s’achève par « La Nuit », c’est-à-dire la piste qui ouvre l’Ep. Caractérisé par son ‘beat’ irrésistible et ses 'lalala', c’est une belle invitation à rejoindre le dancefloor tout proche. Encore une ou deux chansons et tout le monde jumpait. Trente minutes, c'est un peu court pour un groupe de cette trempe ; et en plus issu de la région. Bah, c'est aussi le rôle du support act de chauffer l’ambiance. J'espère bientôt revoir Larko en tête d'affiche.

The Boxer Rebellion est une formation que votre serviteur a eu le loisir de voir et d’écouter à trois reprises au Botanique de Bruxelles. Parce que sa musique me plaît. Le groupe a entamé une longue tournée pour présenter son quatrième opus studio, « Promises », déjà paru en 2013. Natham l'a annoncé, c'est la dernière date ; aussi on espère que les musicos vont se lâcher pour la circonstance. Le quatuor vient juste de publier un LP live, « Live At The Forum ». Le line up réunit Nathan Nicholson (chant, guitare, claviers), Adam Harrison (basse) Piers Hewitt (drums) et Andrew Smith (guitare).

En ouverture, le band attaque « The Gospel Of Goro Adachi » (extrait du long playing « Union »). Dans le passé ce morceau achevait en apothéose ses concerts. Permettant alors aux aficionados de les rejoindre sur l’estrade. Ce ne sera donc pas le cas ce soir.

Nathan a une voix très particulière, qui monte assez haut dans les aigus, un peu à la manière de Matthew Bellamy (Muse). Le très poignant « Take Me Back » en est une parfaire illustration. Les mélodies sont accrocheuses, mais quoique puissant le son n’est pas suffisamment net à mon goût. Je me déplace et me recentre près de la table de mixage. Tout au long de « Locked In The Basement » (NDR : un extrait du troisième opus « The Cold Still »), la voix de Nathan me paraît quelque peu étouffée par les autres instruments. ‘u2esques’, les guitares sont soutenues par des nappes de claviers légèrement agressives sur « Keep Moving ». Encore issu de « Union », « Evacuate » est une des perles de l’album. La voix, est alors proche de celle de David Jakes (chanteur de Lonely The Brave, une des nouvelles sensations du rock insulaire). Quant à l’expression sonore, littéralement poussée par la section rythmique, elle monte en crescendo avant d’atteindre son apogée. « The Runner » et « Diamonds » adoptent une structure semblable. « You Belong To Me » évoque un bonbon sucré qui fond lentement dans la bouche. Les problèmes de mixing semblent résolus. Faut dire que la configuration de la salle n’est pas de nature à faciliter la tâche de l’ingé-son. Nonobstant leur refrain immédiat, « Flight », « Semi-Automatic » et « Always » montent dans les tours. Sur « New York », bien soutenue par les drums, la voix de Nathan s’envole vers les sommets. Et elle atteint le sublime sur le dernier titre du spectacle, « Promises ». En fermant les yeux on l’accompagne dans la stratosphère…

Pas de final festif, mais un rappel de trois morceaux : « No Harm », « Spitting Fire » et « Watermelon ». Quoique content d’avoir retrouvé The Boxer Rebellion, je dois avouer que les musicos me paraissaient fatigués. Le band achevait sa tournée à l’Alhambra. Ce qui explique sans doute pourquoi la magie n’a pas opéré, comme les fois précédentes…

(Organisation : Mons 2015-Alhambra)

Page 86 sur 93