Vous trouverez, ci-dessous un aperçu des sorties récentes et futures les plus intéressantes chez PiaS ; bien sûr dans l’esprit de la ligne éditoriale de Musiczine. Et pour vous donner un avant-goût, rien de tel que d’y associer l’un ou l’autre clip vidéo ou…

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Le binôme parisien DEMAGO s’est fait connaitre en 2008, grâce à la sortie de son elpee « Hôpital », dont plusieurs titres (« Hey doc », « Respirez » …) sont diffusés sur les ondes. Un deuxième opus, « BatTement », voit le jour en 2019, et marque le retour…

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Paradise Lost
Didier Deroissart

Didier Deroissart

Milow se produisait deux jours de suite à l’Ancienne Belgique, et votre serviteur avait choisi le dimanche pour assister à son set. Le James Taylor belge va nous accorder un show de plus de deux heures face à un auditoire sold out. Une soirée qui s’annonçait inoubliable et chargée d’émotion…

Stephen Kellogg déboule seul sur l’estrade. Barbu, coiffé d’un chapeau de cow-boy et armé d’une sèche (électrifiée), il se lance dans un récital teinté d'americana, de country et de bluegrass. Il a une superbe voix, mais grevée d’un accent à couper au couteau. Agé de 37 balais, il nous vient de Northampton dans le Massachusetts. Sa prestation va se limiter à 30 minutes au cours desquelles les grandes plaines de l'Ouest Américain vont défiler dans notre subconscient. Il parle volontiers avec la foule ; ce qui va le rendre sympathique. D’ailleurs, il sera bien applaudi à l’issue de son spectacle.

Milow, aka Jonathan Vandenbroeck, possède également une très belle voix. Très caractéristique, chaleureuse, elle évoque celle de James Taylor. En outre, malgré le succès récolté à travers le monde, il ne se prend pas la tête et reste fondamentalement humain.

C’est en reprenant le « Ayo Technology » de 50 Cent qu’il va se faire connaître. En 2008. Une version qu’il va désacraliser en l’épurant de sa bestialité pour lui insuffler une bonne dose d’humour. Mais le succès, il ne va le décrocher qu’à partir de 2011, en publiant son troisième elpee, « North And South ». Recelant une multitude de tubes, dont « Never Gonna Stop », « You And Me (In My Pocket) » et « Little in The Middle », il devient disque d'or, six semaines à peine après sa sortie en Belgique. Et s’écoule à plus d'un million d'exemplaires à travers le globe. Depuis lors, l'artiste enchaîne les tournées mondiales, à guichets fermés. Et son dernier périple est destiné à défendre son quatrième elpee, « Silver Linings », une œuvre dont les dix perles ont été enregistrées à Los Angeles, au célèbre studio Fairfax Recordings, qui a notamment accueilli, dans le passé, Fleetwood Mac, Neil Young et Nirvana. Lors des sessions, le Belge a reçu le concours d’une multitude de collaborateurs. Notamment le fidèle guitariste Jo Francken, le producteur Kevin Augunas (The Lumineers, Cold War Kids) et l'ingénieur du son Clif Norrell (Bruce Springsteen, R.E.M.). Et parmi les autres musiciens, du claviériste Larry Goldings (Norah Jones, Maceo Parker), du batteur Matt Chamberlain (Smashing Pumpkins, David Bowie, Kanye West), ainsi que les gratteurs Val McCullum et Tom Vanstiphout.

D’ailleurs le Louvaniste nous rappelle qu’il y a 10 ans, il foulait les planches de cette même scène, dans le cadre de la finale du Humo’s Rock Rally. Il bavarde énormément entre chaque morceau. Le plus souvent en néerlandais et en anglais. Rarement en français. Il nous parle de sa rencontre avec Stephen Kellogg, de l'amitié, de la tournée, du bus de tournée, de son chien, des Etats-Unis ; et même de sa maman ainsi que celle de Tom, présentes dans la salle, sous le ton de la plaisanterie. Un discours qui finit cependant parfois par lasser…   

Le décor est dépouillé. On remarque la présence d’une petite estrade qui ne doit pas dépasser la quinzaine de centimètres pour accueillir à droite, le batteur, le bassiste ainsi que la choriste et à gauche le claviériste. Milow est en front de podium, tout comme Tom Vanstiphout qui va essentiellement se servir de la sèche et plus rarement de la guitare électrique. Assurant également les backing vocaux.

Le concert s’ouvre par une superbe reprise du « Blue Skies » d'Irving Berlin, un classique (1926 !) notamment interprété par Frank Sinatra ou Ella Fitzgerald. Milow passe la plupart de son temps aux States. Et tant sa voix que sa musique ont pris une forte coloration américaine. Dans un style qui oscille du folk à la country en passant par l’americana et le bluegrass.

Pendant « Learning How To Disappear », morceau d'entrée du nouvel opus « Silver Linings », on a l’impression de traverser les plaines de la Californie à bord d’un 4x4, confortablement installé. Tout au long de son « You Don't Know », le public reprend les paroles qu’il connaît par chœur et réserve à l’artiste une formidable ovation. Un premier grand moment de ce spectacle qui débute à peine. Et autre hit, « Little In The Middle », déclenche une même réaction de l’auditoire. Qui n’est pas venu pour sauter, jumper, crowdsurfer, organiser des round circles ou se bousculer. Mais pour apprécier paisiblement le concert d’un crooner. « Echoes In The Dark », c’est la deuxième piste du dernier opus ; une jolie ballade au cours de laquelle Milow et la choriste se partagent les vocaux. Une chanson qu’on imagine parfaite pour danser un slow tout en enlaçant sa partenaire... Egalement issue du nouvel LP, « Wind Me Up » est une autre plage empreinte d’une grande tendresse. La voix, le chant, la mélodie et la musique : tout converge pour communiquer cette perception. 

Milow attaque « One Of It », une plus ancienne compo. Les spectres très sixties de Donovan et Dylan planent. Les cordes sont sublimes. Les accords efficaces. Nouveau titre du nouveau long playing : « We Must Be Crazy », un morceau tapissé en arrière-plan par le piano Hammond. Mais perso, je me concentre sur les vocaux et les deux grattes. Et honnêtement, c’est ce que je tente de faire depuis le début du show. La voix de Milow est très proche de James Taylor, tout au long du romantique « Building Bridges ». Quand on écoute Milow, on a le blues… Entre le public et Milow ainsi que Jo se crée une forme d’échange à deux voix provoquant un moment d'émerveillement lors de « Cowboys Pirates Musketeers ». Milow a 2 000 personnes dans le creux de la main et d’un coup de baguette magique les propulse dans les étoiles grâce à « She Might She Might », « Mistaken », « The Ride », « Ayo Technology », « You And Me (In My Pocket) » et « Against The Tide », qui clôt le set.

Après une petite pause, Milow revient seul armé de sa gratte interpréter « Out Of My Hands ». Le public est aux anges. Milow s'adresse alors à son public : 'Nog een liedje'. Il en voudrait encore jusqu’au bout de la nuit. Stephen Kellogg vient rejoindre son ami et complice. Et les deux compères  se lancent en duo pour deux derniers titres qui vont clôturer définitivement la soirée. Idéale pour oublier les tracas de la vie quotidienne…

(Organisation Ancienne Belgique + Live Nation)

mercredi, 26 novembre 2014 19:02

This Marauder's Midnight

Le parcours étonnant de Gabriel Rios débute en 1998. Il participe au Humo's Rock Rally, en compagnie du groupe The Nothing Bastards. C'est en 2004 que Gabriel publie son premier album solo, « Ghostboy ». Après avoir rencontré Jo Bogaert (Technotronic). Le single « Broad Daylight » rencontre un immense succès et permet à Rios de dépasser les frontières de la Belgique. Musicien talentueux, chic et sexy, Gabriel séduit aussi bien sûr disque que sur scène. Faut dire que, fruit d'un mélange détonant de swing, de rock et de funk et parfois de jazz, sa musique ne manque pas de charme. Il décroche de nombreuses récompenses belges et internationales. En 2007 il grave son deuxième opus, « Angelhead », qui squatte à nouveau la tête des charts, durant de longues semaines. Devenu alors une star de la pop, il décide d'en revenir à une formule plus intimiste. En solitaire ou en se limitant à un minimum de collaborateurs, comme Jef Neve et Kobe Proesmans.

Il y a 14 mois, le Belgo-portoricain commence à poster, tous les mois (NDR : très exactement chaque troisième lundi), une nouvelle compo sur son site. Un projet qui va aboutir, septembre 2014, par la réunion de ces 12 titres sur un nouvel album qu’il intitule « This Marauder's Midnight ». Il s’agit de son quatrième.

L’elpee a été minutieusement mis en boîte à New York (Chinatown). Pour la circonstance, l’artiste a reçu le concours de deux musiciens néerlandais de formation classique, Ruben Samama à la contrebasse et Amber Docters van Leeuwen au violoncelle. Et le courant est passé instantanément entre les différents intervenants. Toutes les chansons ont été écrites en une semaine. Et enregistrées pour moitié dans une petite église de Woodstock, et l’autre au sein d’anciens studios sis aux Pays-Bas et en Belgique. Gabriel a privilégié l'utilisation d'instruments athentiques et en bois, afin d'obtenir un son chaleureux et naturel. Le plus naturel possible. Gabriel a également bénéficié de la participation de cuivres ; soit Matt Holman et Sam Vloeimans aux trompettes, Tom Verschoore et Nick Grinder aux trombones, enfin John Morgan Bush et Peter Van Montfort aux cors français.

L’elpee possède un son exceptionnellement clair et chaleureux, entretenu par la voix latino de Rios ainsi que les instruments basiques. Pour la circonstance, Gabriel est uniquement armé d’une sèche. Le climat est dépouillé. La structure des compos est simple, afin de les rendre les plus intemporelles possibles. Contagieuses, elles peuvent se siffloter aisément sous la douche. Lorsqu’il a écrit les chansons, Gabriel a reconnu avoir éprouvé certaines difficultés pour élaborer les arrangements et trouver les mots justes.

« Gold », c’est son premier single. Gabriel ne s'attendait pas à un tel succès auprès des radios. A ce jour, c'est devenu son plus grand hit en Belgique.

« This Marauder's Midnight » constitue certainement le meilleur album de Gabriel Rios. Il a d’ailleurs été unanimement salué par la critique. Et a séduit de nombreux mélomanes avertis. Un album 5 étoiles ! 

Cd1 : « Gold » / « Madstone » / « Apprentice » / « Police Sounds » / « City Song » / « Burning Song » / « Song n°7» / « Work Song » / « Your Gods » / « Skip The Intro » / « All Is Fair » / « Swing Low ».

Les mêmes compos figurent sur le second compact disc, mais en version ‘live’. Un tracklisting enrichi d’un bonus track, « World Of Sex »

 

mercredi, 26 novembre 2014 19:00

Lullaby And... The Caeseless Roar

Il s’agit déjà du dixième album solo de Plant, depuis qu’il a quitté Led Zeppelin. Plant s'affranchit définitivement de l'ombre du groupe légendaire qui l'a rendu célèbre. Ce n'est pas le cas de Page, qui faute de mieux, semble condamné à célébrer son oeuvre passée en rééditant les uns après les autres les albums du dirigeable, enrichis de quelques bonus. Il faut évoluer avec son temps Mr Page. Le passé, c’est le passé. Bob a 66 berges. Et depuis 1982, il va de l’avant. Bien sûr, il n’a plus la voix perçante des débuts. Il a donc décidé d’adapter sa musique à son timbre et ses inflexions actuels. Elle est devenue plus douce. Une évolution qu’on peut juger positive.                                                           

« Lullaby And... The Caeseless Roar » constitue le premier long playing réunissant des compositions originales depuis « Mighty ReArranger », publié en 2005. Entre-temps, Plant ne s’est pas tourné les pouces. Il a revisité la musique d’autres artistes, dont Alison Krauss, en 2007, à travers « Raising Sand ». Puis au sein du projet Band Of Joy, en 2010. Robert signe ici son premier LP sur son nouveau label, Nonesuch. Il en a assuré la production et a confié le mixing à Tchad Blake et Tim Oliver. Les sessions se sont déroulées en Angleterre, au Helium Studios, dans le Wiltshire, et au Real World de Bath. 

Plutôt blues et raisonnablement rock, ce long playing est balayé d’influences orientales, celtiques et même électroniques. Il recèle neuf pistes signées par Plant, une adaptation d'un blues traditionnel (« Little Maggie ») et un morceau issu de la plume du bluesman américain Lead Belly, « Poor Howard ».                                                                     

Depuis « Mighty ReArranger », l’artiste enregistre ses albums en compagnie d’un nouveau groupe. Pour la circonstance, il l’a baptisé The Sensational Space Shifters. Au sein du line up, le guitariste Justin Adams est également préposé au bendir (NDR : Justin a bossé en compagnie du combo touareg Tinariwen et Peter Gabriel. Puis le claviériste John Baggott, un proche de Massive Attack et de Portishead. Ensuite, le bassiste Billy Fuller (NDR : aux gènes plus rock) et le drummer Dave Smith (NDR : formé à l'école jazz). Adams et Baggott formaient déjà la section rythmique en 2002, pour « Dreamland ». Et enfin le Gambien Juldeh Camara, un virtuose du violon, préposé au peul ou ritti  (violon à une corde).                                                                                  

Plant ouvre l’elpee par la version du classique folk « Little Maggie ». Une compo qui a déjà fait l’objet d’une multitude de reprises. Dylan en tête. Le folk britannique, la country et la world music constituent trois des influences majeures chez Robert. Il les agrège ici à la perfection, en leur inoculant des rythmes électroniques. De l’électro dispensée tout au long d’« Up On The Hollow Hill (Understanding Arthur) ». Légèrement prog/rock, « Pocketful Of Golden » nous replonge apparemment dans le passé. Mais le concours des percus et du fifre irlandais, démontre qu’il cherche un chemin alternatif…                                                                                                                          

Robert Plant aime la world, ce n’est un secret pour personne. Et il adore en explorer toutes les facettes. Une expérimentation qu’il a remis au cœur de cet elpee, invoquant les énergies des transes du désert saharien sur plusieurs titres. A l’instar de « Rainbow », une compo qui puise ses lyrics dans un poème de William Morris, intitulé « Love Is Enough ».                                               

Plant s’intéresse également au patrimoine celtique. Pour lui, le folklore anglo-saxon et breton a une base commune. Il estime même qu’il existe un fil conducteur commun entre toutes les musiques traditionnelles d'Europe, d'Amérique et d'Afrique. « Poor Howard », une piste détournée du « Po' Howard » de Lead Belly en est la parfaite démonstration. Le duo banjo/violon y mène la danse.

« Embrace Another Fall », « Turn It Up » et « Arbaden (Maggie's Babby) » conjuguent harmonieusement rythmes métalliques et percussions orientales. Plant cède le micro à Julie Murphy sur « Embrace Another Fall ». Tendres, les accords de gratte ne sont pas sans rappeler ceux dispensés par Page sur « Somebody There » et « Turn It Up ». « House Of Love » se distingue par sa mélodie contagieuse. Tout comme « A Stolen Kiss », dont les écoutes répétées finissent par vous transcender l'âme. C'est beau et mélancolique à la fois.                                                          

Un très bel album pour cet artiste incontournable qui ne souhaite plus reprendre un quelconque envol à bord d’un vieux dirigeable…

           

mercredi, 26 novembre 2014 18:59

I'm Not Bossy, I'm The Boss

Sinéad O'Connor vient donc de publier son dixième elpee, « I'm Not Bossy, I'm The Boss ». Après avoir transité par une période mystique, opéré un retour –parfois réussi– vers les racines celtiques et reggae (NDR : malgré son titre interminable, « She Who Dwells in The Secret Place Of The Most High Shall Abide Under The Shadow Of The Almighty » constitue certainement une de ses œuvres les plus abouties ; et elle remonte à 2003), Sinéad O'Connor a brusquement décidé de revenir à un style pop/rock plus conventionnel. Soit à ses premiers amours. En 2012, elle grave « How About I Be Me (And You Be You) ? », un disque qui lui permet de retrouver une certaine popularité auprès des aficionados de la première heure, même si le long playing n’atteint pas l’excellence de « The Lion And The Cobra » (1987) ou de « I Do Not Want What I Haven't Got » (1990), opus qui recelait le succès planétaire « Nothing Compares 2 U », écrit par Prince. 

Mais penchons nous sur « I'm Not Bossy, I'm The Boss ». En observant l’image reproduite sur la pochette, on a l’impression que quelque chose cloche. En fait, Sinéad O'Connor est représentée comme un hybride entre Suzi Quatro et Miley Cyrus. Serait-ce une caricature destinée à tromper l'ennemi ? Probable, car Sinéad O'Connor est devenue, au cours des dernières années, une fervente féministe.

L’album s’ouvre par deux chouettes titres pop. Tout d’abord un très 90’s « How About I Be Me » et puis « 8 Good Reasons ». Insignifiante, « Dense Water Deeper Down » prend pourtant une autre dimension en live. Ce titre est davantage country, americana, même. Dommage que ce ne soit pas cette version qui figure sur le cd. « The Vishnu Room » est une jolie ballade bien ficelée. « The Voice Of My Doctor » lorgne vers le blues du Delta. Agréable à l’écoute, « Harbour » ne manque pas de charme. Seun Kuti, le fils de Fela, se réserve le saxophone tout au long de « James Brown ». Et son intervention est brillante. Sculpté dans le rock par les guitares, « Take Me To Church » est une compo de bonne facture. C’est également le single qui préludait la sortie du long playing. Et Sinéad semble y avoir retrouvé une certaine énergie juvénile. Soulignée par des accords de piano, « Streetcars » est une plage empreinte de douceur. Encore un morceau magnifié en public. Bref, si on a retrouvé sur son nouvel elpee, la voix hantée et frémissante d’O’Connor, il faut reconnaître qu’on aurait aimé quand même qu’elle prenne un minimum de risques. D’autant qu’elle a pu bénéficier du concours d’un backing group de classe. 

 

mercredi, 26 novembre 2014 18:58

La Cavale (Ep)

Etienne Villeminot, aka Tony Melvil, est né en 1982 à Dijon. Tony entame sa carrière en 2002, au sein de différentes formations lilloises, notamment auprès du chanteur Lulu au sein du groupe de rue Tchobello. Violoniste de formation classique, il passe rapidement à la guitare et au chant et enchaîne de nombreuses expériences de spectacle pour lesquelles il est tour à tour violoniste, guitariste, comédien, choriste, compositeur, figurant, roadie, mais aussi chargé d'administration ou comptable.

En 2009, poussé par Thibauld Defever (Presque Oui) et Romain Delebarre (Delbi), il se lance en solo sous le pseudo de Tony Melvil et teste ses propres chansons sur scène. Thibauld Defever le conseille pour l'écriture et pose un oeil expérimenté à ses concerts. Quant à Delbi, il prend en charge les arrangements. Repéré par 'Tour de Chauffe' en 2010, puis par ‘Domaine Musiques’ en 2011, il enregistre automne de la même année « Tentative d'évasion », un premier Ep 7 titres, arrangé et réalisé par Delbi.

En mars dernier, Tony publiait son second Ep « La Cavale ». Chez At(home) un label qui ne se contente donc pas de signer des artistes de rock alternatif ou de métal. La chanson française à textes, surtout si elle est doublée par une attitude rock’n’roll a également voix au chapitre. A l’instar de ses prestations ‘live’ qu’il accorde en formule trio, Tony Melvil se consacre à la guitare, au violon et au chant. Il est épaulé par Delbi au dobro et aux claviers ainsi que Maxence Doussot à la batterie et aux percussions.

« On M'A Dit » ouvre le disque. Tony y parle de la vie et signale que tout ira mieux... un autre jour. Tony est d’abord violoniste, un instrument avec lequel il fait corps depuis l'âge de 4 ans. Et il nous le rappelle tout au long de « Les Miroirs A L'Envers », une chanson qui baigne dans un climat particulièrement mélancolique.

Pour « L'Esprit Aventurier », les paroles sont à prendre au second degré. Elles ne manquent pas d'humour et reflète son esprit aventurier. Une aptitude qu'il développe particulièrement bien sur disque, mais encore mieux en 'live'. C'est la raison pour laquelle je souhaitais absolument assister à un des concerts de cet asticot (NDR : pardon, dans la chanson il parle plutôt du papillon ou de la libellule). « Sans Langue Sans Visage » est la chanson la plus rock de cet Ep. Elle engage directement à se rendre sur le dancefloor. « Bien Avant » termine très bien ce second Ep. On attend avec enthousiasme et intérêt son troisième, actuellement en chantier. Tony est un artiste éclectique. Parallèlement à sa carrière solo, il tente un tas d'expérimentations, notamment au sein de sa Compagnie Illimitée qu'il a créée en 2012, afin de monter des représentations pluridisciplinaires sur base de chansons. Destiné au jeune public, son spectacle baptisé 'Quand je serai petit' sera mis en scène par Marie Levavasseur (Cie Tourneboulé). Il s'y produira en duo en compagnie du musicien/producteur lillois Usmar, à partir de la fin décembre 2014.

 

mercredi, 26 novembre 2014 18:53

KermesZ A L’Est (Ep)

Ce collectif implique 9 musicos issus de la région de Rochefort et de Bruxelles : Maxime Bocahut (trombone et clavier), Martin Chemin (grosse caisse, percussion et chant), Gaëtan Dardenne (clarinette), Emmanuel Haessig (saxophones alto et baryton), Thibault Jungers (caisse claire), Gilles Kremer (hélicon et clavier), Luc Lambert (trompette), Simon Menot (saxophones soprano et ténor) et enfin Maxime Tirtiaux (banjoline et basse). En 8 années d’existence, le band wallifornien a accordé plus de 500 concerts. Donc les planches, il connaît bien.

Le team s’adapte constamment aux circonstances. Imprévisible, il peut se produire au coin d’une rue, lors d'une festivité locale, au sein d’une salle de spectacle, dans le cadre d’un festival des Arts urbains, une kermesse au boudin ou à l'entrée d'un supermarché. Il se proclame première fanfare frigotartinable de Belgique. Elle est également taxée de ‘Fanfare de l'E411’, car elle est constituée d’anciens membres issus d’un collectif de promotion des arts de la rue à Louvain-la-Neuve. Ses musiciens sont aujourd’hui éparpillés le long de l'axe Nord-Sud de la Wallonie, et c’est la raison pour laquelle elle a reçu cette appellation.

KermesZ à l'Est privilégie avant tout, l’aspect festif de la musique. Une musique énergique et dansante. Née essentiellement de la rencontre entre musique traditionnelle klezmer (soit d’origine juive et pratiquée en Europe centrale et de l'Est), balkanique et rock. Et le résultat proposé sur ce premier Ep est détonnant. Il déménage et invite à danser. Si vous appréciez en même temps le trash metal, le bal musette et la musique manouche, vous allez adorer. « Zumkid » et « Papazov » incitent à vous remuer le popotin sur. Pot-pourri festif, « Rampi Rampi » agrège world music, musique manouche et slave. Cet Ep est exclusivement instrumental. « Sadovzko » est dominé par les cuivres. Plus expérimental, « La Noire » sort du cadre de cet Ep. Court, « La Blanche » s’ouvre dans un climat de bal musette. Pourtant, il s’agit de la dernière composition de cet essai parfaitement réussi.

Une fanfare d’un tel calibre est toujours impressionnante lorsqu’elle se produit en ‘live’. Et pour cause, pour faire partie d'un tel collectif, il faut être de fameux musiciens. Et ceux de KermesZ A L'Est le sont tout particulièrement…

 

mercredi, 26 novembre 2014 18:49

The Three Poisons

« The Three Poisons » constitue le troisième opus d’Elephant Stone, un trio canadien qui pratique une forme de rock psychédélique à coloration orientale. Et pour cause, il a également recours à des instruments issus de la musique traditionnelle indienne, comme le sitar, le tabla ou le dilruba. Le trio réunit Rishi Dhir (chant, basse et sitar), Miles Dupire (drums) et Gabriel Lampert (guitares et choeurs). En ajoutant un peu de patchouli, quelques volutes de ganja et beaucoup de fleurs, on pourrait se croire revenu en 1970, sur la côte Ouest des States. Encore que le combo évoque plutôt les Black Angels, Brian Jonestown Massacre et même Stone Roses, comme références majeures. Solides, il faut le reconnaître. La naissance d’Elephant Stone remonte à 2008/2009. Rishi Dhir venait de quitter The High Dials pour monter ce nouveau projet. A ce jour, le band a publié deux long playings, « The Seven Seas » en 2009 et « Elephant Stone » en 2013.

Tout au long de « The Three Poisons », le son est clair, limpide et soyeux. Le sitar constitue le fil conducteur de l’œuvre. Il supplante rapidement le riff de guitare sur « Motherless (Love's Not For War) » et se révèle souverain sur le grisant « Child Of Nature (Om Nava Shivaya) ».

Enrobés de chœurs, le titre maître et « All Is Burning » libèrent un excellent groove. « Wayward Son » est hanté par John Lennon. « Echo & The Machine » adopte un profil plus contemporain. Si « Worlds Don't Begin And End With You » manque un peu de puissance, il constitue une invitation à rejoindre la piste de danse en compagnie de votre partenaire.

Manifestement, ces musicos sont doués et ont bien assimilé les références de leurs maîtres es psychédélisme. Les esprits chagrins les taxeront probablement de revivalistes ; mais perso, j’estime que leur approche est finalement bien dans l’air du temps, évoquant même parfois en mon for intérieur la formation belge, Moaning Cities…

 

mercredi, 26 novembre 2014 18:44

Harlequin Dream

L’Australie a souvent donné naissance à des artistes ou groupes qui ont acquis une notoriété internationale. Pensez à INXS, Midnight Oil, AC/DC, Nick Cave, John Butler Trio, Angus et Julia Stone. Boy And Bear devrait leur emboîter le pas. Aux pays des kangourous, leur popularité est acquise. La formation a donc décidé de s’attaquer au Vieux Continent. Originaire de Syndney, elle a publié un premier elpee en 2011, « Moonfire », un disque qui avait rencontré un franc succès dans son pays d'origine, récoltant par ailleurs plusieurs prix lors des 'Victoires de la Musique Australienne'. Elle s’était produite en avril dernier, en première partie de Noa Moon. Des musiciens ouverts et sympathiques qui ne refusent pas de dialoguer à bâtons rompus, même dans la langue de Molière…

Le combo a gravé son deuxième opus, « Harlequin Dream », une œuvre classieuse, qui fait la part belle aux guitares et aux chœurs, dans l’esprit de Fleetwood Mac, Band Of Horses ou Fleet Foxes, en sculptant ses compos dans un folk/pop/rock/bluegrass/americana indie qui fleure bon le début des seventies.

En 2009, Boy and Bear n’était alors que le projet solo de Dave Hosking. Et sa première chanson « The Storm » devient l’indicatif d'une station de radio australienne. Il rencontre alors le chanteur/compositeur/guitariste Killian Gavin, qui milite alors chez Ovell. Les deux compères décident de collaborer. Le line up est ensuite complété par Tim Hart, le drummer de Wintersound et son frère Jon Hart, qui se consacre aux claviers, au chant, à la mandoline et au banjo. Un team que rejoint encore l’ex-bassiste de Tripartisan Approach, Jake Tarasenko, qui sera ensuite remplacé par Dave Symes.

Les mélodies torchées par Boy & Bear, tout au long de cet LP, sont terriblement contagieuses. Les harmonies vocales (« Southern Sun ») évoquent tour à tour Crosby, Stills & Nash ou Mumford & Sons, une formation insulaire pour laquelle, il avait assuré le supporting act de leur dernière tournée. « Old Town Blues » évoque les grandes plaines du Far West. Et « Harlequin Dream », « Three Headed Woman » ainsi que « Bridges » prolongent le trip. Sucre et miel enrobent la confiserie « A Moment's Grace », une plage caractérisée par un lead vocal vraiment bouleversant. Une jolie envolée de guitare et une superbe intervention de banjo dispensée à la manière de Marcus Mumford fustigent « End Of The Line ». Et « Back Down The Black » est une compo visionnaire de 6 minutes, à écouter les yeux fermés…

 

L’entretien se déroule le 30 août 2014, dans le cadre du festival des Barges à Scène sur Sambre. Les deux piliers et membres fondateurs sont au crachoir ; en l’occurrence le chanteur John Rohan et le bidouilleur/électronicien Hendrik Willemyns. C’est en 2003 que le duo a véritablement pris son envol ; et tout particulièrement lorsqu’il s’est rendu compte que le renouvellement des collaborateurs permettait à sa musique de prendre une autre envergure. Un concept que le band va reproduire, au fil des albums. Ainsi, pour enregistrer « Furu », il a bénéficié du concours de la très jolie Lydmor, une chanteuse féringienne. Quand au climat de l’elpee, il nous plonge carrément dans l’univers du pays au soleil levant…  

A chaque nouvel LP, les influences sont différentes. Est-ce intentionnel ?

Hendrik : On essaie toujours d’innover. Tant musicalement que vocalement. Au début, on engageait des artistes vivant à Bruxelles. Mais issus des quatre coins du globe. Surtout des Congolais et des Maliens. Un choix qui, au départ, a marqué notre style. Il a même été taxé de world. Une étiquette que je n’aime pas vraiment. En outre, on n'apprécie pas tellement ce style musical. A contrario de la musique brésilienne qui est primordiale, pour nous. Cependant, on a voulu se remettre en question et élargir nos expérimentations. Pour réaliser le second elpee, on a bossé en compagnie du chanteur de rock Aaron Perrino. C’était une première. Mais le projet nous a semblé intéressant. Novateur. A l’instar de ce qu’on réalise à l’aide de nouveaux instruments. C’est ce qu’on a voulu approfondir sur le nouveau cd. On a ainsi intégré des steel drums, des marimbas et autres instruments insolites. On se demandait quand même, quel serait le résultat. Mais finalement il ne nous a pas déçus.
John : Ce qui nous a permis d’acquérir davantage d’expérience. Et c’est primordial pour nous.

Dans quelles circonstances avez-vous rencontré Lydmor ?

Hendrik : On a découvert Lydmor sur YouTube. Ses chansons sont très belles. Sa voix est exceptionnelle. Ma copine estimait que beaucoup de filles chantaient comme elle. Je n’étais pas d’accord. Elle possède un feeling rare, spécial et différent dans la voix. Quelque chose qui dégage. Une forme de combinaison entre l’explosivité et l’originalité. Et on en eu la confirmation en studio. Si Lydmor est bien suivie et correctement managée, elle peut faire un malheur et recueillir un succès phénoménal. C'est tout ce qu'on lui souhaite.

Sur les planches, on ressent une belle connivence entre John et Léonie. Elle est instinctive ?

John : Notre coopération a très vite évolué. Nous avons rapidement été à l’aise ensemble, tout en se montrant respectueux ; ce qui a permis d'expérimenter et de se produire sur scène en sa compagnie, sans devenir pour autant un duo comique. Une certaine énergie se libère de notre connivence. Mais que nous souhaitons dispenser avec classe.

Vous vous produisez régulièrement dans le cadre des Lokerse Feesten. Et vos spectacles y sont toujours particuliers. C’est la conséquence d’une histoire d’amour entre Arsenal et le public de cette région ?

Hendrik : Oui, je pense. Il s’agit d’un des premiers festivals auxquels on a participé. On a un peu grandi grâce et au fil de ce festival. On s’y est produit pendant 8 ans. Chaque année, on y était. Non pendant 7 ans, pas l'année dernière ; mais on y est revenu en 2014. Oui, il est exact que nos shows y sont chaque fois explosifs. Le public est parfois nombreux pour applaudir des stars, mais parfois il est peu ou pas réceptif. Pour nous, il réagit toujours au quart de tour.
John : Curieux quand même ! Et pourquoi Lokeren ? Mais c'est très bien. A Lokeren, on n’a que de bons souvenirs.

Un concert d'Arsenal ressemble davantage à une fête de la musique qu’à un concert. Une explication ?

Hendrik : Ce n'est pas intentionnel. C'est parce qu’on aime ce qu’on fait. Et ce que le public aime. Au début, le concept se résumait à John et moi. On ne s’investissait pas beaucoup en ‘live’. On partageait simplement notre passion pour la musique. Puis, on s’est livré, et le public nous l’a rendu mille fois. C'est magnifique, c'est organique. Il y a une belle interactivité entre le public et nous. C'est Arsenal, quoi.
John : Et on s’est rendu compte que c’était chouette d’assister à un concert quand les artistes se livrent totalement. C’est ainsi qu’ils ont un retour. C’est ce qui marche le mieux.

Vous avez accordé la ‘release party’ de votre nouvel LP au Lotto Arena d'Anvers. Vous étiez dans une forme olympique, ce soir-là…

John : Merci, nous étions enchantés du concert. Pourtant, nous stressions avant de monter sur les planches. A cause du décor, du light show, de la mise en scène et surtout du son. Dans cette salle, tu as intérêt qu’il soit au top. Quand on organise un tel événement, il ne faut rien laisser au hasard. Finalement, on a le droit d’être fiers et satisfaits. D’autant que les réactions de la presse étaient bonnes. C'était du jamais vu pour nous en Belgique.

Avez-vous le projet de vous produire à nouveau plusieurs jours de suite à l’Ancienne Belgique ? A guichets fermés, bien sûr ?

Hendrik : On y sera le 15 mai de l’an prochain. Mais je ne crois qu’on reproduira ce type de spectacle en série. Sinon, pas que ce concept deviendrait une blague, mais plutôt une forme de concours. On veut quand même bien encore jouer quatre soirs d’affilée. La dernière fois, c’était à 6 reprises. La formule peut devenir ennuyeuse. En plus, aujourd’hui, tu ne peux plus rien faire à l’AB. Ni boire, ni fumer.

Entre vous et Gabriel Rios, il y a une grande complicité ?

Hendrik : Nous avons rencontré Gabriel à Amsterdam, alors que nous étions à la même affiche. C'est un très bon ‘performer’. Il a une belle voix. Et son concert baignait dans la world. On en a conclu qu’une collaboration pourrait déboucher sur un résultat concret. Après avoir tenté l’expérience, on en a conclu que ce n’était pas trop mal. Enfin, les compos qu’on lui avait refilées n’étaient quand même pas terribles ; mais sa carrière a explosé par la suite.  Parce qu'on était devant l'explosion avant l'explosion de Gabriel Rios. Nous disposions d’un morceau de Gabriel, « The Coming ». Et on l’a joué en studio. Puis mis en boîte. Et il a marché du tonnerre. Ce titre est devenu incontournable pour nous. Il en existe peu de comparables. Ensuite on est devenus amis. C’est un artiste que nous respectons. Je pense que c’est réciproque. Enfin, je ne sais pas, mais nous on l’estime énormément.

John le sait, je suis un fan de Puggy, et paradoxalement, les membres de Puggy sont des aficionados d’Arsenal. Ce qui m’a permis de me faire pas mal d'amis en Flandre. Votre musique est fédératrice, c'est fou quand même ?

John : Fédératrice, j'aime bien ce mot.
Hendrik : Fédératrice, je n'ai jamais entendu ce terme. C'est possible. On n'est pas un groupe flamand, mais belge. Au sein d’Arsenal, la plupart de nous parlent le français. Mais nous sommes moins connus en Wallonie que Puggy en Flandre ; et c'est dommage…
John : Je pense que Puggy est plus populaire en Flandre que nous en Wallonie. C'est bon pour eux, j'aime bien ce qu'ils font. Ils libèrent une bonne énergie en ‘live’.
Hendrik : C'est bon pour eux.

Vous vous êtes rendus au Japon pour apporter votre concours au film « Furu ». Comment s’est déroulé ce périple ?

Hendrik : En fait il s’agit d’un long métrage dont j'ai écrit le scénario en compagnie de Johny Whiteney, le mec des Blood Brothers. Celui qui participe aux vocaux sur « Lokemo » et le dernier disque aussi. On a écrit une histoire qui a servi de canevas à l'album. Nous avons produit ce film au Japon. L'avant-première sort mi-septembre à Tokyo. Ensuite, il sera présenté dans le cadre d’un festival cinématographique à Gand ; et puis, on le défendra en tournée. C'est l'histoire d'un personnage qui souhaite devenir musicien. Il habite le long de la mer. Il atteint son objectif. Et devient même célèbre. Mais il doit en payer le prix. Et il tombe ; or le verbe tomber se traduit en japonais par « Furu ».

Pas trop difficile le tournage du clip dans la piscine ?

Hendrick : Pas facile, mais finalement chouette. Y plonger en conservant ses vêtements et ses chaussures était très éprouvant. D’autant plus qu’on est resté un certain temps, au fond. J’ai bien cru que ma dernière heure avait sonné. Et à un certain moment, j'ai dit adieu.
John : C'était vraiment beau. J'ai montré le clip à Hendrick dans une prochaine vie, mais il est retourné dans l'eau.

La musique d’Arsenal est-elle tournée vers le futur ?

John : Un son du futur ! Difficile de donner une telle dimension à ta propre musique. C'est quand même un compliment, je l’avoue. Nous voulons aller de l’avant, c’est vrai. Nous ne sommes pas comme ces revivalistes qui recyclent les Beatles, les Stones ou d’autres groupes britanniques. Finalement, ils repassent toujours les mêmes plats. On essaie donc d’éviter la recette. Donc, si on me dit qu’Arsenal a un son du futur, c'est un compliment. Merci !

Mirko a bossé sur l’album de Marie Warnant. C'est une belle ouverture pour elle, en Flandre. Arsenal a de nombreux fans en Wallonie, mais y est rarement programmé en concert. Un problème de barrière linguistique ?

John : Il n’y a pas de booking ici. Depuis qu’on a sorti « Fury », c’est la première fois qu’on rejoue au Sud du pays. C’est dommage ! J’adore venir ici. Lors de la parution de nos anciens albums, nous avions accordé quelques dates à Mons, à Liège et à Charleroi. Et on a eu un franc succès. Hormis Scène sur Sambre, c’est le vide. J’espère que la situation va changer.

La musique est-elle devenue une drogue dure pour les membres d’Arsenal?

John : C'est un job superbe. Ce n'est pas une drogue dure, mais la musique en général, c'est le réveil du matin. Elle est très importante dans notre vie. C'est la première chose à laquelle on pense. Et puis je l’adore. Si je devais choisir aujourd'hui entre perdre mes yeux ou mes oreilles, j’opterai pour les yeux. Je ne peux pas vivre sans musique. C'est un choix très clair.

Hendrik, ne crains-tu pas qu’on te vole tes machines. Quelle serait ta réaction si tu subissais un tel préjudice ?

Hendrik : Aucune. Je rentre chez moi.

 

lundi, 17 novembre 2014 00:00

Avoir voix au chapitre…

Une superbe soirée nous attend à l'Orangerie du Botanique, ce 17 novembre 2014. A l’affiche Birdpen, le projet du claviériste/guitariste Mike Bird et de Dave Penney, un des chanteurs d’Archive, responsable d’un tout nouvel opus solo (le troisième) –intitulé « In The Company Of Imaginary Friends ». Et Beautiful Badness en supporting act. Votre serviteur avait assisté à leur prestation l’an dernier, à la Ferme du Biéreau de Louvain-La-Neuve, en première partie de Perry Rose.

Combo franco-belge, Beautiful Badness réunit le chanteur/claviériste/guitariste Gabriel Sesboué, l’autre gratteur Olivier Delescaille, le bassiste Eric Renwart, le drummer Gilles Servais et le claviériste Antoine Guenet. Eric et Antoine sont les petits nouveaux du groupe. Le Botanique leur a prêté ses installations pour répéter. Le band connaît bien les lieux, puisque ce n’est pas la première fois qu’il foule les planches d’une des salles. Côté son, pas de souci, puisque c’est l’ingé-son de Puggy, Alex Leroy qui est derrière les manettes.

Le quintet monte sur l’estrade. Gabriel a déjà viré ses godasses et ses chaussettes afin d’être plus à l’aise. Dès la première chanson, « Elders' Choir », il module sa voix comme un instrument. Il s’agit d’une nouvelle compo. A ce jour, Beautiful Badness a publié un Ep éponyme ; et un premier elpee devrait paraître en 2015. Un disque que votre serviteur attend impatiemment. Prof de chant, Gabriel a reçu une formation classique. Sa voix est vraiment prodigieuse. Pourtant, la soirée sera résolument rock'n'roll. D’ailleurs après l’envolée vocale de Gabriel, la section rythmique reprend ses droits, talonnée par la guitare. Le combo embraie par « Everybody Knows » et « Hard To Do It », deux autres nouvelles chansons. Le public semble apprécier. Lors de « Wasting Your Time », Gabriel pousse sa voix dans ses derniers retranchements, à la manière de Matthew Irons chez Puggy. Malgré le contexte, il faut avouer qu’il a voix au chapitre…

« Slipping Away » est un titre plus connu, tout comme « Run », leur single –et cheval de bataille– qui en général, met le feu. Un morceau mélodieux, précis et superbement construit. Un vrai régal ! Leur version du « We Will Rock You » de Queen est un peu casse-gueule, mais le résultat est surprenant. A croire que Freddie s’est réincarné dans la peau de Gabriel. Le set s’achève par « Sunny Morning », le premier single extrait du futur long playing. Et de nouveau, Gabriel se sert de sa voix comme d’un instrument. La formation a un talent fou et l’auditoire le reconnaît en applaudissant chaleureusement. D’ailleurs, à l’issue de leur prestation, la vente des Eps va littéralement cartonner.

Changement de matos et on va passer au set de Birdpen. Dave et Mike se consacrent tous les deux à la guitare, au chant, aux claviers et aux machines. Ils sont épaulés par le drummer James Livingstone Seagull et le bassiste Tim Slade.

Mike est philanthrope. Il s’est investi dans l’organisation caritative ‘Quest For Mont Blanc’ afin de lever des fonds en faveur de l'association Treskstock qui se charge de financer la recherche du cancer qui touche les jeunes. Dave a déjà récolté 30 000 livres pour alimenter son beau projet. Et à travers « Like A Mountain », il révèle son amour pour les sommets des montagnes. Tel un oiseau qui déploie ses plumes, sa prose plane au-dessus de cimes…

Pour info, Dave et Mike ont eu la gentillesse d’accorder une interview à Musiczine. Nous reviendrons donc sur cet entretien réalisé en compagnie de deux artistes éminemment sympathiques…

Il s’agit de la troisième fois que Birdpen visite la Belgique, cette année. La formation s’était ainsi déjà produite au sein d’un Witloof bar bien peuplé et dans le cadre du festival de Ronquières. On imaginait donc que leur retour au Bota se serait déroulé à la Rotonde. Une progression logique. Mais à l’instar des Strypes, Passenger et The Vaccines, ils passent directement à l'Orangerie. Pour le compte-rendu du concert de Birdpen, c’est ici.

(Organisation Botanique)

 

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