Lylac rencontre les esprits de la nature…

Telle une allégorie d’un paradis perdu, le nouveau single de Lylac, “The spirits of the wild”, évoque son fantasme ‘Eastwoodien’ des grands espaces sauvages et inexplorés. Fleuretant avec l’idée de la recherche du mythe ultime cher aux artistes californiens…

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L’interaction de Ride…

Le septième elpee studio de Ride, « Interplay », sortira le 29 janvier 2024. Ce nouvel album est le troisième du quatuor d'Oxford depuis sa reformation en 2014. Ces pionniers du shoegaze, quelquefois proche du noise rock des années 90, sont davantage ensemble…

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Didier Deroissart

Didier Deroissart

vendredi, 31 juillet 2015 01:00

Holding Up Balloons (Ep)

Graham Candy est né à Auckland, en Nouvelle-Zélande. Il y a grandi. C'est le plus jeune d'une famille de 4 enfants. Peu studieux, il rêve déjà de se consacrer à la musique, au cinéma et à la danse. En 2012, il est repéré par un label allemand. Qui le signe et l’invite à rejoindre Berlin, pour donner une nouvelle impulsion à sa carrière. 

C'est donc en Allemagne que l’artiste commence à prendre ses marques. Il y rencontre les Dj's Parov Stelar et Alle Farben aux studios Riverside de Kreuzberg. Il apporte son concours aux vocaux à deux compos du second cité, en 2014, « She Moves » et « Sometimes ». Elles deviennent d’énormes tubes outre-Rhin.

Graham possède une voix particulière. Androgyne et légèrement ébréchée. Un peu dans le registre d’Asaf Avidan, mais sans –ou très rarement– la teinte soul.

Pour concocter cet Ep 4 titres, il a reçu la collaboration du groupe teuton… « Holding Up Ballons » est une compo pop sucrée et lumineuse. Ce titre a comptabilisé 5 millions d'écoutes sur la seule plate-forme. C'est fou !

« Worth It All » baigne au sein d’une forme de trip hop. Envoûtante, troublante, cette plage fait la part belle aux chœurs, nappes de synthé complexes et samples…

« Addictive Personality » est contaminé par quelques beats électro. Une piste indolente qu’interprète Candy d’un timbre délicat, instinctif… Langoureux, « Don't You Worry » incite à rejoindre le dancefloor. Plus soul, sa voix est ici la plus proche d’Asaf Avidan. 

A conseiller, si vous appréciez Two Kids In Holiday. « Plan A », son premier véritable album, devrait paraître en septembre 2015.

vendredi, 31 juillet 2015 01:00

Black Mirrors (Ep)

Marcella Di Troia a une fameuse voix. Probablement hantée par Janis Joplin. Elle affiche un look improbable. De Sioux, pour être plus précis. Ses plumes, ses grelots et la fine bande noire sur les yeux et le nez accentuent le côté sauvage et mystérieux de la chamane. C’est aussi la chanteuse de Black Mirrors, un groupe issu du Brabant wallon, au sein duquel militent également le gratteur Pierre Lateur, le bassiste Gino Caponi et le drummer Edouard Cabuy.

Le quatuor pratique un stoner boosté à la testostérone. Mais un stoner susceptible de déraper dans le blues, le rock, le garage ou le métal. L’influence de Queens of The Stone Age est palpable. Mais aussi de Jimi Hendrix. A cause de ces riffs de guitare incandescents, incendiaires, volcaniques même, et puis de cette frénésie électrique. 

Des accords de guitare qui donnent le ton dès « The Mess ». Derrière son micro, Marcella vous remue les tripes.

La section rythmique balise un train d’enfer à « Make The Same Old Day ». Les années Woodstock refont surface…

Plus classique, « Something », permet au chant de Marcella d’adopter des intonations plus douces et rocailleuses.

Une voix qui exprime tout son potentiel sur « Mind Shape ». Les riffs de guitare son précis. Les drums métronomiques.

Et « Drop D » de clore ce superbe Ep dans un climat bien stoner.

vendredi, 31 juillet 2015 01:00

Valium Tremens (Ep)

Valium Tremens est issu des Hauts-de-Seine, en région parisienne. Fondé en 2013, son line up impliquait alors le drummer Djo, le chanteur Martin, le bassiste Matt ainsi que les gratteurs Chris et Nikooz. Depuis, trois des musicos ont quitté le navire.

« Post Coïtal Blues » ouvre l’Ep. Un titre de stoner gras, huileux même. Lourds, métalliques, les riffs évoquent Black Sabbath. « Ta nuit » est davantage incisif. Nonobstant une intro paisible, « Chambre 2220 » est plus écrasant. Et l’envol des guitares atteint même un point de saturation qui exclut tout retour en arrière. « Lâche pas l’morcif » est une piste imprimée sur un tempo plus rapide. Et manifestement, il ne faut pas lâcher le morceau que l'on tient bien entre les dents.

Valium Tremens s’inspire des seventies, mais les adapte sous une forme contemporaine. La voix de Martin est aussi puissante et percutante que celle du chanteur d’ AqME, Vincent. Et les lyrics sont également interprétés dans la langue de Voltaire.

Quatre titres, c’est un peu court pour se faire une bonne idée de leur potentiel ; mais cet Ep augure un futur intéressant…

jeudi, 30 juillet 2015 10:13

A l’instinct…

Elle est belle, rousse et a des yeux noisette. Une jeune artiste pleine de talent. Elle est timide aussi, mais capable de se transcender sur les planches. Et nous vient de Lyon. Joe BeL se produira dans le cadre du Brussels Summer Festival le 18 août 2015 et le 29 janvier 2016 au Club de l'Ancienne Belgique. Chaude, sa voix campe un hybride entre Nneka, Selah Sue, Nina Simone, Norah Jones et BJ Scott, le grain soul de Sarah Carlier, en plus. Elle a accordé une interview à Musiczine, dans le Château du Parc d'Enghien, lors du festival LaSemo.

Alors que tu suivais des cours d’histoire de l’Art, tu as quitté prématurément tes études, pour te lancer dans l’univers de la musique. Pas de regrets ?

Pas du tout. Mais, il est vrai que j’ai pris un risque. Ce monde m’était totalement inconnu. J'écrivais déjà beaucoup de chansons. A un certain moment, j’ai voulu partager cette passion avec d’autres ; et je n’ai plus eu le choix. C'est le point de départ.

Par quel hasard as-tu rencontré Asaf Avidan ?

Un coup de bol. Son producteur de spectacles lui avait proposé plusieurs artistes pour assurer le supporting act. Je figurais dans la liste. Je l’ignorais. Deux semaines avant de partir, j’ai reçu un coup de fil pour me signaler qu’Asaf m’avait choisie pour l’accompagner sur sa tournée. J'ai accepté et tout annulé tout ce que j'avais prévu. Et je l’ai suivi. C'était en 2013.

Quel est ton parcours musical ? Et à partir de quel moment as-tu décidé de t’entourer de collaborateurs ?

Je me suis produit sous différentes formules. D'abord, en solo avec ma guitare acoustique et ma voix. Puis en duo. Il y a deux ans. Benoît Richou alterne alors entre guitare et basse. Enfin, en trio. Lorsque Jean Prat est venu nous rejoindre pour assurer les drums. Nous sommes tous issus de Lyon. Je me consacre également au piano et Jean au synthétiseur. Fin janvier 2016, c’est sous ce line up que nous nous produirons au Club de l'Ancienne Belgique.

Ta chanson « Ten » abord le thème des premiers amours difficiles. Soit ça passe ou ça casse. Du vécu ?

Tomber amoureux une seconde fois est de l’ordre du possible. Souvent on imagine qu’on ne pourra jamais retrouver une relation aussi intense. Dans la vie, en général, on peut vivre des tas de premières fois. Mais ces histoires seront systématiquement différentes. Elles peuvent même devenir aussi fortes, si pas plus. Mais pas la peine de se faire de fausses idées, en amour, on ne revivra jamais le même scénario.

« Stronger » est une compo fragile. Est-ce le reflet de ta personnalité ?

Oui, je suis fragile et je l'assume. Nous avons tous des faiblesses. Ce qui va nous rendre plus fort, c’est de s'en rendre compte et les assumer, au lieu de les cacher, à soi-même est aux autres, pour paraître invincible. Il est important de bien connaître ses propres failles, et ne pas craindre de les révéler à autrui. C'est cela la vraie force. Et c’est le thème de cette chanson.

Lors de tes concerts, et je l’ai encore remarqué aujourd’hui, certains spectateurs son inattentifs et bavardent. C’est dérangeant ?

Au début de ma carrière, cette attitude m'indisposait quelque peu et surtout me déconcentrait. Comme je n’avais pas encore suffisamment de planches, j'étais perturbée. Lorsque j’assiste personnellement à un spectacle, il m’arrive de causer avec mon entourage, tout en écoutant la musique. Parler ne veut pas dire que les spectateurs s’ennuient. Peut-être ont-ils envie d’échanger leurs impressions. Mais lorsque certains individus se mettent à élever la voix ou à hurler, c’est parce qu’ils se fichent royalement du concert. En plein air, l’agitation apporte de la vie au show. Les conversations. Les mouvements de la foule. Certains spectateurs débarquent, d’autres partent, puis reviennent. Certains écoutent ou dansent, d’autres pas. C'est animé et ce remue-ménage me plaît.

Apparemment, tu apprécies le public belge, et c’est réciproque…

Effectivement, je l’ai encore signalé au cours du concert. Et j’y pensais encore, il y a 5 minutes. Qu’a-t-il de si différent ? Peut-être l’envie d’être heureux ensemble. De partager certains moments. D’être là et de ne pas constamment juger. Je ne sais pas. Je ne veux pas émettre de comparaison avec d'autres endroits ; mais simplement qu’humainement, il en émane quelque chose de beau.

De festif surtout, tu ne penses pas ?

Absolument. J'espère revenir le plus souvent possible en Belgique. Chaque fois, l’ambiance y est particulière. Les Belges ont une envie de kiffer la vie.

Ce qui explique pourquoi tu te produis à LaSemo, puis à Louvain-La-Plage, au BSF et en fin à l'AB. Tu ne vas plus nous quitter ?

C’est parce que je me m’y sens bien. Et pas seulement à cause des concerts. J’ai déjà eu envie de m'y installer. J'y réfléchis. L’état d’esprit et la relation entre les gens me plaisent. C'est la base de l’existence.

Tu aimes te produire sur les planches ?

Oui, c'est l’endroit où la musique prend vie. Enregistrer en studio est passionnant. Ecouter un disque chez soi aussi. Mais le live contribue au partage. Se produire devant un auditoire, c’est ce qu'il y a de plus beau. C'est sûr.

Tu as assuré les premières parties d'Ayo et Milow. Tu en gardes de bons souvenirs ?

Que de bons souvenirs. Milow est un mec super, génial, hyper généreux et particulièrement sympa.

On en arrive à la question bateau, celle des influences. Elles sont surtout américaines, insulaires ou françaises ?

Perso, le dieu absolu, c’est Stevie Wonder. « Innervisions », son album paru en 1973, constitue le disque de référence. J’apprécie également la pop anglaise. La plus mélodieuse. Qui a l’air simple, mais pas si simple qu’elle ne paraît. Paul McCartney est mon autre idole. Je suis plus Paul que John. Mais les Beatles demeurent la source de la musique contemporaine. L'afrobeat me botte également. Surtout lorsqu’elle prend une coloration funk. Celle de Fela Kuti, par exemple, qui a marqué les années 70. La musique africaine est très chaleureuse. Elle me transporte. Ses rythmes endiablés m'inspirent, m’hypnotisent. Je n’ai jamais mis les pieds en Afrique profonde, et je ne sais pas pourquoi. J'aimerai beaucoup m’y produire et assister à des concerts…

Ton dictaphone t’accompagne partout. C’est pour immortaliser les bruits de la vie ?

C’est exact. Dès que j'entends un bruit qui m'intéresse ou qui m'interpelle, je l'enregistre. Mon inspiration se manifeste le plus souvent quand je marche dans la rue. Ou lorsque je me déplace en bus, en camion ou en voiture, pendant une tournée. Sans son concours, mes idées s’envolent…

Un premier elpee en préparation ?

J'ai tourné dans un film en France. Il sortira fin 2015. J’y joue le rôle d’une chanteuse. Et j’y interprète mes propres chansons. Ce premier album devrait paraître au printemps 2016, juste après le lancement de ce long métrage.

Joe, utilises-tu ta voix comme un instrument ou te sert-elle à simplement accompagner les mélodies et des harmonies? Elle est sableuse, rocailleuse, un peu soul également, tu la travailles ou est-elle naturelle ?

Difficile de répondre à cette question. Je pense que j'utilise ma voix comme un autre instrument. Je compose tout de a à z pour tous les instruments : la ligne de basse, les guitares, les claviers et la batterie. La voix, c’est un instrument qui se sert de mots. Il apporte ainsi un. Je dois t'avouer que je ne la perfectionne pas du tout. Maintenant que c’est devenu mon outil de travail, je devrais y penser…   

Es-tu instinctive, intro ou extravertie ou encore passionnée ?

Tout ce que tu as dit sauf extravertie. Monter sur les planches exige un effort pour moi. Ce n’est pas comme si j’allais faire des courses. Je dois me dépasser, affronter les regards de la foule. Ce n'est pas un comportement naturel. J’ai le trac. C’est une épreuve. Pourtant, vu de l’extérieur, cette démarche semble normale. Je ne suis pas extravertie de nature. Mais il faut que je fasse violence, car j'aime partager ma musique. Si je suis passionnée ? Absolument, sans quoi, je n’aurais pas embrassé cette carrière. Il faut vraiment de la passion pour exercer ce métier. Il exige beaucoup de travail. C'est parfois un peu difficile. Surtout quand on reste longtemps sans jouer. Et on est frustré. J’ai un petit garçon de 3 ans, et quand je pars 15 jours, loin de lui, c’est une souffrance. Instinctive, c'est le qualificatif qui me va le mieux. Je bosse constamment à l'instinct et dans l'impro. Toutes les chansons que j'ai écrites son accidentelles. Elles sont nées par hasard. Je me suis arrêtée et je me suis dit: ‘Là, c'est bien!’. Je vais l'enregistrer. Les textes émergent et je commence écrire. Cet instinct, je ne voudrais surtout pas le perdre. Dans ce domaine, réfléchir et calculer, ce n’est pas dans ma nature…

Envisages-tu un jour d’écrire tes textes dans la langue de Molière ?

J'adore la langue française. J'ai accompli des études en littérature et lettres modernes. Ce n'est pas du tout un choix que je rejette et qui ne m'intéresse pas. Comme je te l'ai dit, je travaille suivant mon instinct. Et cet instinct m’a poussé vers l'anglais. J'ai de plus en plus envie d'écrire aussi en français. Je ne dresse pas de barrière entre les langues. Cette option s’inscrit dans un processus d’évolution naturel...

 

 

lundi, 27 juillet 2015 21:00

Oh Desire

Jonathan est auteur/compositeur/interprète. Chanteur également. Il possède une voix de baryton irrésistible. Un crooner dans l’esprit de James Taylor, Frank Sinatra, Scott Walker, John Martyn ou Elvis Presley. Et puis il excelle à la guitare, dont il a appris à jouer depuis l’âge de 5 ans.

L'histoire de Jonathan est marquée par la conquête perpétuelle de son inspiration. Jonathan est parti aux States pour vivre son 'Américan Dream'. De New York à Los Angeles, il a parcouru les grandes plaines. Ses chansons, il les a écrites sous un arrêt de bus ou dans un pub à burgers. Un peu déçu de ce voyage initiatique, il rentre dans son île natale et enregistre son premier opus, A Solitary Man », qui paraît en 2011. L'album est très bien accueilli par la critique et le public. Son deuxième, « Gold Dust », est publié en 2012. Et il est savoureux.

« Oh Desire », son troisième, est sorti en mars dernier. Les sessions se sont déroulées au sein du studio londonien de Ray Davies des Kinks.

Jonathan est un amoureux des cordes. On avait déjà pu le remarquer sur ses œuvres précédentes. Aussi, après avoir bénéficié du concours de l’ex-Suede Bernard Butler, il a reçu celui du London Heritage Orchestra. Songwriter redoutable, Jonathan est aussi à l'aise dans la ballade folk que sur des titres orchestrés.

Deux instrumentaux ouvrent et clôturent l’LP : « One » et « Thirteen », des plages enrichies par les arrangements de cordes du London Heritage Orchestra. Plus country, le titre maître nous replonge au cœur des grands espaces de l’Ouest américain. « Rising Up » et « Phoenix Ava » sont contaminés par la soul. Tout comme « Smiling », qui aurait pu sortir d’une session inédite d'Otis Redding. « Rosario » baigne dans le trip hop. Accrocheuse, « Wild fire » est une chanson pop sise aux confins des univers de Nick Drake et Cat Stevens. Le L.H.P. illumine le second single « Arms », une piste paisible et langoureuse (voir la vidéo ici).

« The Birds » et « Walking On Air » sont deux morceaux atmosphériques. Jolie ballade folk, « The Devil's Hillside » rend hommage à ses parents. Anglo-indien, son père lui a communiqué le goût de la soul et Irlandaise, sa mère, celui de la musique celtique.

« Oh Desire » est un disque soigné au cours duquel Jonathan parvient à faire passer ses émotions à travers ses chansons. Un bien bel album !

 

C’est déjà la troisième année que votre serviteur passe une journée complète aux Francos. Quatre scènes se partagent le village Francofou : ‘Proximus’, ‘Sabam For Culture’, ‘Red Bull Elektropedia’ et enfin celle du ‘Parc’. De la chanson française, des découvertes et de belles surprises nous attendent au Village Francofou. Pas d'accréditation pour le podium principal où se produiront Calogero et Antoine Chance.

Direction le ‘Proximus’ pour y découvrir le lauréat du concours parrainé par l’opérateur de télécommunications mobile belge ; et surprise, le gagnant est The Banging Souls, un trio namurois réunissant réunit Gaëlle Mievis (BJ Scott, Sirius Plan) au chant et à la sèche, Ludwig Pinchart à la gratte électrique et Pitt Abras aux drums. Ils se connaissent depuis plus de 15 ans et ont accompli leur propre parcours musical avant de lancer ce nouveau projet. A leur actif un Ep 4 titres disponible sur les plateformes de téléchargement légaux.

La foule est déjà bien conséquente pour accueillir la formation. Musclé, son rock décape et décoiffe. Il est brut de décoffrage, si vous préférez. Et tout particulièrement en ‘live’. La voix de Gaëlle est hargneuse, vindicative, taillée pour ce stoner, même si les racines de cette artiste sont surtout blues. Certaines compos nous replongent ainsi dans les 70’s. Gaëlle empoigne un mégaphone pour déformer sa voix. Les solos de gratte dispensés par Ludwig sont précis et incisifs. Le drumming est métronomique. Gaëlle se montre plutôt discrète quand elle milite au sein du backing group de BJ Scott. Et chez Sirus Plan, elle se consacre aux drums et aux vocaux. Mais pour The Banging Souls, elle assume le leadership. Elle utilise sa voix comme un instrument. De la set list, j’épinglerai « Black Betty » (NDR : une cover de Lead Belly, popularisée par Ram Jam en 1977), « A Change » ainsi que « Race », un blues solide, huileux, graisseux même. A la croisée des chemins du Bayou et du southern rock de ZZ Top. A revoir, c’est une certitude.  

Sarah Carlier surfe sur la vague du succès. Résultat des courses, il y a du monde pour assister à son set ; et il devient de plus en plus difficile d’approcher le podium, sans devoir subir les récriminations des aficionados.

« Dreams » et « My Counsellor » sont de bonnes entrées en matière. La voix soul de Sarah est bien sucrée. « Misery » est balayé par les accords de gratte bien réverbérés de Sylvain, son paternel. Sarah nous rappelle, en proposant une version originale, très différente de celle réalisée en studio, du « All Along The Watchtower » de Dylan, qu’elle est une grande admiratrice du Zim. Sylvain s’autorise quelques exercices d’impro judicieux. Tout comme le claviériste. « Big Girl » n'est pas une reprise de Mika, mais une compo signée par le père de Sarah. « Chorus Man » est une ancienne chanson. Elle ouvre son premier opus. Paisible, « For Those Who Believe » est une petite perle qu’elle balise de sa sèche. Sylvain communique une touche funky à « Misty ». Encore un morceau issu de sa plume, au cours duquel il est carrément hanté par Nile Rodgers. Et le drummer se montre à la hauteur de l’événement ; une performance, car il s’agit d’un remplaçant, en l’occurrence celui de Suarez. « Tenderness » est sculpté dans le soul/funk. C’est le titre qui a lancé la carrière de Sarah. Elle et son claviériste entament une petite danse africaine pendant « My Dear ». Et le spectacle de s’achever par « Save My Soul », morceau maître du second LP. Manifestement, elle est de plus en plus à l’aise sur les planches. Vu les sourires échangés entre le père et la fille, on sent qu’il existe une grande complicité entre eux. Elle revient dans le cadre du BSF et à Scène-Sur-Sambre.

La bonne surprise nous viendra d’un groupe hexagonal, Baden Baden. Né en 2008, son line up réunit le chanteur/guitariste Eric Javelle, le second gratteur Julien Lardé, le batteur Gabriel Vigne et le bassiste Guillaume Georget. Deux albums à son actif : « Coline » publié en 2012 et « Mille Eclairs », cette année. Ce dernier long playing a bénéficié du concours de Barny Barnicott (Arctic Monkeys, The Rakes, Cloud Control, Franz Ferdinand, Kasabian) au mixing. Le combo grimpe sur l’estrade du 'Sabam For Culture' vers 15 heures. Les lyrics sont interprétés dans la langue de Voltaire. C’est son single « Evidemment » qui a permis de découvrir cette formation responsable d’un rock bien frenchie. Il y a du groove dans son funk ; et la prestation est bien vivifiante dans l’esprit d’un Talisco. Certaines chansons sont enrichies par de superbes interventions à la trompette. Et il faut reconnaître que les morceaux dispensés en ‘live’ sont bien plus dynamiques que ceux gravés sur disque.

La journée n'est pas finie. Sur le même podium, va se dérouler la fête à Mario Guccio. Un vieux routard qui milite chez Machiavel, depuis les débuts. Il est d’ailleurs soutenu par le claviériste de ce groupe (Hervé Borbé), de sa fille (Isabelle) aux machines et d'une superbe guitariste (Giovanna Sacco), dont le regard est ravageur et les interventions à la guitare dévastatrices. Mario a invité 3 jeunes groupes prometteurs pour adapter des extraits de son album solo « Link ». Premier guest : Feel, un power trio qui a gagné le concours 'L'envol Des Cités'. Le combo athois revisite à sa manière « The Dome », ainsi qu'un extrait de son Ep éponyme, « Vavedoo De Top ». C'est le minimum syndical. Faut dire qu’il y a deux autres invités dont Dandy Shoes et The Bukowskies. Le premier s’attaque à « Included Love » et le second à « The Reason ». Mario est en pleine forme et réserve un traitement détonnant à son « In Between The Dreams ».

Manifestement son projet solo le booste. Et apporte un coup de fraîcheur à sa carrière. Ce qui ne va pas l’empêcher de nous balancer le fameux « Fly », mais dans une version ‘testostéronée’. Des images n’arrêtent pas de défiler devant mes yeux. Nostalgie, nostalgie… Bref, un fameux set accordé par Mario devant un auditoire composé de jeunes et de moins jeunes.

Impossible d’approcher les barrières du frontstage de la ‘Proximus’ où Fréro et Delavega vont se produire. Et pour cause, un contingent important d’admiratrices s’y est agglutiné. Frustré, votre serviteur se résout à regarder la prestation depuis le bar à cocktails, où à droite un grand écran diffuse les images, et à gauche on a vue sur le podium ‘Sabam’. La scène est aménagée en salon cozy. Se consacrant à la sèche ou au ukulélé et se partageant les vocaux, le duo est soutenu par un véritable groupe. La paire a la bougeotte et communique constamment avec le public. Et en deux temps trois mouvements, il va le mettre en poche. Pas question cependant de plonger dans la fosse. Vu les réactions hystériques des nanas, je pense qu’ils auraient terminé le spectacle dans le plus simple appareil. Leur répertoire, réparti entre reprises et compos personnelles, est passé à la moulinette. Suffisant pour mettre le feu à la plaine…

Je ne parviens pas à accrocher au spectacle de Camelia Jordana. En fait, il est difficile d’apprécier un artiste, quand on est comprimé comme dans une boîte à sardines. A l’instar de Julien Doré, l’an dernier, je préfère faire l’impasse et aller la revoir en salle, dans de meilleures conditions, pour me faire une idée de son véritable potentiel. En outre, l’auditoire ne manifeste guère davantage d’enthousiasme. Et rebelote pour Brigitte. Pas même moyen d’apercevoir le podium. Et puis, elles s’étaient déjà produites à l’AB, sous mes yeux.

Je me dirige donc péniblement vers la scène du ‘Parc’, petite estrade accolée à la ‘Proximus’. C'est GrandGeorge qui régale. Malheureusement, c'est la fin de son show. Il ne reste plus que les trois dernières chansons ponctuées par un rappel sollicité par une foule toujours aussi compacte. Chanteur/guitariste, GrandGeorge est épaulé par Sam au drums et Nico à la basse. On remarque, sur les planches, la présence de tambours africains. La voix de GrandGeorge est haut perchée et assez mélodieuse. Les accords de gratte sont sculptés dans le funk et les compos libèrent pas mal de groove. Interactif, GrandGeorge recueille un fameux capital sympathie auprès de la foule. Tout le monde danse. Sur scène, en back stage et sur la plaine. A revoir, c’est une certitude. GrandGeorge avait déjà marqué les esprits, en publiant le single « So Fine ». Il devrait sortir un premier long playing début 2016.

Je quitte le village FrancoFou pour déambuler dans les rues de Spa. D’autres concerts y sont programmés. Notamment celui de Jane Doe and The Black Bougeoises qui se déroule à la terrasse du 'Café de l’Europe'. L’estrade est riquiqui. Les fûts de Nicolas Scamardi occupent quasiment tout l’espace. Dan Diaz s’est planté à sa droite et Angel devant, armé de sa gratte. Le claviériste, Julie et les choristes, s’installent à droite, mais sur le parterre. Angel est une véritable bête de scène. Il déménage littéralement et ses solos de grattes sont frémissants. La rue est à côté et comme d'habitude, y compris Julie, la troupe va prendre un bon bain de foule. La cover du « Paint It Black » des Stones pourrait renvoyer Mick et sa clique en maison de retraite. Après un « Boyz Rock It » survitaminé, « Bad Gurtz » fait trembler les tonnelles, les sièges et les tables. Chaud boulette, le public monte sur les chaises. Comme quoi, il n’y a pas que de la chanson française aux Francos, mais également du rock bien speedé et énergique. Celui de cette formation louviéroise, par exemple, qui lors de ce set aura proposé deux nouvelles compos.

Les Francos s’achèvent ici pour votre serviteur. Il lui reste encore deux bonnes heures de route. A l’année prochaine !

(Organisation: Franfolies de Spa)

vendredi, 10 juillet 2015 01:00

LaSemo 2015 : vendredi 10 juillet

Le Lasemo est un festival très particulier. Il fait même un peu figure d’OVNI dans la jungle musicale ! Situé à mi-chemin, dans son approche intellectuelle et philosophique, entre le celui de Dour et le Parc Rock de Baudour, il privilégie la découverte culturelle tout en mettant l’accent sur l’écologie. Sans oublier le brin de volonté philanthropique. La diversité des activités est si large qu’on ne sait plus où donner de la tête. Aussi, ce qui peut paraître un atout, se révèle, in fine, assez frustrant !
Un zéro pointé par contre en ce qui concerne la logistique ! Le fléchage est quasi inexistant aux abords du site et les bénévoles, pourtant présents en masse (pour la plupart des étudiants écervelés !), ne disposent, la majeure partie du temps, d’aucune information afin de guider le festivalier lambda. Gageons à ce que les éditions à venir fassent fi de ces aléas qui font tâche !
Les premiers riffs de guitares ont vibré sur la plaine il y a 8 années déjà. Comptant à ses débuts deux journées, le festival offre aujourd’hui vingt-quatre heures supplémentaires de pure joie et bonheur !
Mais, il y a seulement trois ans que le cadre exceptionnel et bucolique du parc d’Enghien à ouvert ses grilles à une foule d’artistes venus d’on ne sait où : des chanteurs, certes, mais aussi des jongleurs, des conteurs, des artisans de bouche et j’en passe...

Le premier concert programmé sur la grande scène (‘La Tour’) est celui d’Ayo. Il débute à 18h00.

L'artiste se laisse désirer 5 minutes. C'est sa seule date en Belgique.

Les textes sont traduits en langage des signes par Cindy Barate. Pas facile pour elle de réaliser cette transposition, et une prestation à souligner aussi bien que celle d'Ayo.

Joy Olasunmibo Ogunmakin aka Ayo est le née en 1980, de père nigérian et de mère tzigane roumaine. 

Elle n'a pas de nouvel album à nous présenter mais une ou deux nouvelles chansons. Elle compte quatre albums à son actif : « Joyfull » en 2006, « Gravity At Last » en  2008, « Billie-Eve » en 2011 et le dernier « Ticket To The World » en 2013.

Jolie, elle possède de jolies jambes et des cheveux bouclés ; mais elle a autre chose que ces deux attributs pour nous séduire : sa voix et sa musique. Elle adore converser dans la langue de Molière avec le public.

Comme son compagnon Patrice, ce sont des artistes avec un grand 'A' et surtout un grand cœur. D'une simplicité déconcertante et d'une gentillesse sans pareil, elle ne peut que séduire.

Ayo signifie 'joie' en dialecte nigérian Yuruba. C'est ce qu'elle va apporter sous le soleil brûlant du LaSemo. Ayo le concède : il fait chaud. Elle a choisi d’enfiler un tee-shirt en polyester. Pas un bon choix, elle aurait dû opter pour le coton.

Pendant qu'elle discute, ses 3 musiciens (un bassiste, un drummer ainsi qu’un préposé aux synthés et au piano hammond) continuent à jouer.

Elle signale dans un français parfait que nous avons la chance d'habiter l'Europe ou les States. Et ajoute être la fille d’une gitane issue de l'Afrique de l’Est et avoir grandi en Allemagne. Donc ne disposer ni de maison, ni de passeport. La situation des Roms en France l'interpelle.

Plutôt douée sur sa gratte semi-acoustique, elle nous réserve l’un ou l’autre classique. Dont « Down On My Knees », qu’elle interprète tour à tour dans la langue de Molière ou de Shakespeare. De sa set list, on épinglera encore « Complain », extrait du même elpee, le titre maître de « Ticket To The World » ainsi que le plus hip hop « Fire ». Adopter ce style lui permet d’observer le monde. C'est le langage de la rue qui exprime toutes ses émotions.

Une cover de Marley : le notoire « No Woman, No Cry ». Un autre reggae : « Boom Boom ». Une nouvelle compo qui balance pas mal, mais surtout dont les lyrics dénoncent le racisme aux States, et tout particulièrement les meurtres commis par des policiers xénophobes. Et son message est clair : 'Stop Violence, Peace, Love and Unity !'

La chaleur commence à plomber de plus en plus l'atmosphère.  

Les organisateurs ont prévu, dans les sanitaires, des robinets d'eau potable, mais pas de brumisateurs comme à Couleur Café. Heureusement, le site est peuplé d’arbres, permettant de se mettre quelque peu à l'ombre.

Direction le podium du ‘Château’ pour assister au set de Didier Odieu et Le Feu.

De son véritable nom Didier Kengen, il faut avouer qu’il n’est guère prolifique. Il a travaillé d'arrache-pied pendant trois ans pour publier son nouvel opus, « Désordres », un disque qui est sorti en novembre 2014, soit 10 longues années avant le précédent ! Ce touche-à-tout a même réalisé des spectacles pour enfants, du théâtre et du cinéma.

Tiré à quatre épingles, il se consacre au chant ainsi qu’aux claviers et est soutenu par Giacomo Panarisi (NDR : le chanteur charismatique de la formation de rock'n'roll Romano Nervoso) aux drums, d'un guitariste et d'un bassiste.

A la fois déjantée et paradoxalement maîtrisée, sa prestation accordée en février dernier dans le cadre du ProPulse, avait vraiment bluffé l’auditoire. Il a bien la tête sur les épaules et c’est à travers la dérision qu’il parvient à faire passer son message. Son humour au second degré est susceptible de froisser les âmes sensibles. Il cultive les attitudes glam/punk/rock, mais c’est un rocker au cœur tendre. Musicalement, il puise probablement son inspiration aussi bien chez Gainsbarre, Jacques Brel, David Bowie, les Sex Pistols que Mick Jagger. Et il faut le voir triturer les touches de son clavier. On dirait un schizophrène et pourtant, il maîtrise parfaitement son sujet…

Place ensuite à Dalton Telegramme. Dalton Telegramme nous vient de la Wallifornie sauvage et profonde et plus précisément de la Cité Ardente. Le combo a publié deux Eps à ce jour : « La Cavale » et « La Planque ». Un troisième devrait sortir bientôt et leur premier long playing, « Sous la Fourrure  », paraître fin 2015, début 2016. On l'attend d'ailleurs impatiemment.

La plaine grouille de monde devant l’estrade du ‘Château’ pour savourer la musique country festive et allègre de la joyeuse quadrille liégeoise…

 

 

Cousins et bandits de grands chemins, Joe, William, Jack et Averell se sont cotisés chez Lucifer, pour nous envoyer un télégramme sur terre. Ils on demandé à Pipette (un batteur talentueux), Master QQ (un chanteur chevronné qui ressemble au Capitaine Haddock), Marjorie (dans la pleine force de l'âge, elle trimballe une énorme contrebasse) et Capitaine GlouGlou (le responsable de la gratte), de pouvoir les réincarner. Il faut bien commencer par une intro ; et c’est d'ailleurs ce que les artistes on fait… En fait, le band construit ses chansons comme des bandes dessinées, les enrichissant de textes truffés de calembours. De quoi mettre de bonne humeur. Cette approche me fait même parfois penser aux romans policiers de San Antonio…

Le quatuor embraie par « Sally », une jolie et paisible chansonnette balisée par le banjo et les cordes. Une compo qui baigne dans un climat americana et bluegrass. Les premiers rangs commencent à remuer les fesses. « Evidemment » nous invite à voyager. Pas très loin ! Depuis Liège à Bruxelles, en passant par Paris. Pipette est passé à la râpe pour « Réveil Matin » (« La Cavale »), un titre balayé par le ukulélé et la flûte. Plus tendre, émouvant même, « Ce que Nous Etions » (« La Planque ») raconte l'histoire des quatre individus furieux. Un titre sculpté dans le folk/rock. La formation va également nous réserver quelques pistes issues de son futur elpee, dont « Sous La Fourrure », « Tant Pis » et « Surfeur Mort ».

Le spectacle a fait l’unanimité chez les nombreuses têtes blondes qui ont assisté au spectacle. Faut dire que dans le cadre d’une collaboration avec ‘Les Jeunesses Musicales de Belgique’, les musicos ont accordé des représentations dans les écoles. 

 

(Set list : « Intro  », « Sally », « Tant Pis», « Surfeur Mort », « Surfeur Mort », « Notre Route », « J'ai Laissé devant Ta Porte », « Réveil Matin », « Evidemment », « Ce que Nous Etions », « Sous La Fourrure », « La Cavale », « Baby Face », « Les Agrafes  », « Teqsuila »). (D.D.)

Stéphane prend le relais...

Pour clôturer cette première journée, une grosse pointure de la chanson française se produit sur la main stage : Cali.

Il monte sur les planches vers 20 heures 30 et nous expose sa propre vision de la vie et de l’amour à travers un incisif « La vie quoi ! » Le ton est donné !

Il se murmurait parmi les badauds que les shows de cet artiste étaient débordants d’énergie et de sincérité. Ce soir ne fera pas exception à cette règle, qui semble t-il, est immuable et universelle !

Dopé à, on ne sait, quelle substance psychotrope, le chanteur/amuseur n’a cessé de faire le pitre durant le live et ce pour le plus grand bonheur des fans ébahis !

Livrant tour à tour des musiques simples, mais accrocheuses, issues essentiellement de son dernier et magnifique opus « L’Age d’Or », il a pris le parti de choisir ses mots avec une grande délicatesse afin de décrire intelligemment et sincèrement les maux de la vie et la difficulté d’aimer aujourd’hui.

On épinglera aussi le clin d’œil à sa fille Coco, dont on sentait planer, ici et là, la présence…

Enfilant pléthore de tubes, le Toulousain, s’est, à deux reprises, jeté dans une foule hystérique. Porté à tour de rôle par les spectateurs à bras tendus, il a ainsi parcouru plusieurs dizaines de mètres avant de rejoindre l’espace surélevé destiné aux personnes à mobilité réduite, tout en continuant à chanter. Le tout sans perdre le moindre souffle. Chapeau bas !

Aucun doute possible, l’artiste est un homme de scène !

Mais pas que ! C’est aussi un être doué d’un charisme exemplaire et un humaniste engagé! Sans oublier, un homme d’exception !

Le temps de prendre une boisson bio tout en dégustant une poignée d’insectes cuits (n’oublions pas le caractère durable de cette manifestation), nous retournons à nos occupations afin d’y découvrir une formation étrange baptisée Deluxe.

Etrange, elle a acquis une fameuse expérience scénique en écumant les festivals les plus élogieux comme les Francofolies, le Printemps de Bourges, Dour, Garorock, les Solidays, le Montreux Jazz…

Complètement déjantées, les sonorités décapantes de Kaya, Kilo, Pépé, Pietre, Soubri et Liliboy s’inspirent librement d’influences hip hop, du jazz et du funk. Leur maître mot : le groove. Aucun doute là-dessus, pour groover, ça groove !

La moustache sera de rigueur ce soir ! Un signe distinctif soulignant une masculinité affirmée nonobstant toute forme de brutalité effrénée !

Exception faite de la chanteuse sexy. Quoique, à voir la façon dont elle mène ses musiciens à la baguette, elle semble, elle aussi, porter la culotte !

Mais, cette envie de se démarquer va bien au-delà du faciès ! Tout est pensé chez eux ! Les costumes tout droit sorti d’un film de Tim Burton et les chorégraphies à rendre jaloux un Kamel Ouali de la Star Academy font sourire et ramènent aux souvenirs primaires période ‘Village People’ ! De véritables performeurs, on vous dit !

Alternant compos interprétées à l’aide de vrais instruments et bidouillages électroniques tout droit sortis d’une période post Kraftwerk, le band libère une énergie phénoménale voire jubilatoire. Contagieuse même ! Ca jumpe, ça virevolte de gauche à droite, de droite à gauche, à en donner le tournis. Un vent de folie souffle dans l’arène. Les groupies se mettent soudainement à courir, s’accroupissent, se relèvent d’un coup en criant à tue-tête…

Il est près de minuit trente lorsque les derniers décibels résonnent sous un ciel particulièrement étoilé… Un silence morbide envahit tout à coup les âmes vagabondes…

Il est temps de faire le deuil de ce cette première journée exceptionnelle et empreinte d’émotions. Gageons que les deux autres soient remplies de la même ferveur !

(Organisation : LaSemo)

 

lundi, 13 juillet 2015 09:50

Feel (Ep)

Feel est né en septembre 2012. Il est le fruit de la rencontre entre trois musiciens issus de la région d’Ath : Kevin Cools (chant/guitare), Martin Moreau (batterie/percussions) et François Hantson (basse).

Le trio a remporté le concours ‘L’envol des Cités’ en 2014. Et si sur scène, il envoie du lourd, les musicos affichent une excellente technique. La formation est actuellement coachée par Mario Guccio, le chanteur de Machiavel. Pas étonnant que cet Ep ait été produit par un autre ex-membre de ce combo, Roland De Greef.

« Getting'Old City » est sculpté dans un rock nerveux et métallique, tout en lorgnant de l'autre côté de l'Atlantique. « Kill Em All » également, mais oscille entre moments paisibles et poussées de fièvre énergiques. Malgré son excitation éphémère, « Bubble » baigne dans un climat plus paisible, presque empreint de douceur. Une plage infiltrée par un filet de percussions. Excellent ! Feel adopte un tempo funky/reggae tout au long de « Vavedoo De Top ». Une petite invitation au dancefloor, tout en feeling. Et enfin, « Will I Be Experienced ? » est sculpté dans un rock old school sans concession, même si la voix de Kevin est haut perchée mais mélodieuse… Faut croire que leurs influences majeures oscillent de Led Zeppelin à Jimi Hendrix en passant par Jeff Buckley.

 

dimanche, 05 juillet 2015 01:00

Couleur Café 2015 : dimanche 5 juillet

C’est déjà le troisième et dernier jour de Couleur Café. Il fait moins chaud. Un petit crachin va même rafraîchir le site en milieu de soirée. Ce dimanche, le festival accueillera 23 600 âmes. Soit un total de 68 300 pour les trois jours. En 2013, on en avait dénombré 82 000. Net recul ! Une vingtaine d'artistes vont se partager 4 podiums. Dont une majorité se consacrent aux musiques urbaines.

Arrivé vers 18h10 sur le site Tour & Taxis, je me dirige vers l’'Univers' où se produit Martin Mussart, aka Naâman. Né à Dieppe, en 1990, ce Normand pratique un reggae blanc teinté de roots rocker, de raggamuffin et de hip hop. Il a accordé plus de 130 concerts en France, Suisse, Espagne, Royaume-Uni, Canada, Chine et Jamaïque. Ses vidéos font le buzz sur la toile et tout particulièrement « Skanking Shoes » ainsi que « Never Get Back ». Elles y comptabilisent plus de 10 millions de vues sur YouTube. A ce jour, il a publié 3 long playings et un Ep. Paru en 2013, « Deep Rockers, Back A Yard » a été est consacré meilleur album de ‘French Touch’, et s’est écoulé à 10 000 exemplaires. Il a été enregistré en Jamaïque sous la houlette de Sly Dunbar, Axeman et Dalton Browne. Après avoir gravé « From The Deep To The Rock » en 2014, son quatrième, « Know Yourself », devrait paraître en automne. Soutenu par un bassiste, un drummer et un Dj, Naâman se multiplie sur les planches. Il court à gauche, à droite, devant et derrière. Il provoque les premiers rangs qui réagissent au quart de tour. Mais il est l’heure de rejoindre le Titan…

Car Milky Chance, un duo allemand réunissant le chanteur/guitariste Clemens Rehbein et le Dj Philipp Dausch y sont programmés. Leur cocktail de pop, d’indie folk, de reggae et d’électro a engendré un hit, « Stolen Dance ». Leur premier elpee, « Sadnecessary » est paru en mai 2014. Malheureusement, le son est médiocre. Les infra-basses sont bien trop envahissantes. Je préfère donc m’éclipser…

Sergent Garcia et Oddisee ne m'inspirent pas davantage. J'attends donc la prestation de Groundation prévue sur le 'Titan'. Responsable d’un reggae infusé de dub et de jazz, Groundation est né en 1988. Son fondateur est le chanteur/guitariste Harrisson Stafford. Chaussé de lunettes, il porte une barbe imposante. Sa voix réverbère des accents jamaïcains. Et pourtant, il est bien américain. Californien, très exactement. Sur l’estrade, il est soutenu par Marcus Urani (synthés, piano, mélodica), Ryan Numan (basse) Te Kanawa Haereiti, aka Rufus (drums), Mingo Lewis Junior (percussions) et un duo de cuivres. Soit le trompettiste David Chachere et le tromboniste Nicholas Daniel Wlodarczyk. Sans oublier Kim Pommell et Stephanie Wallace aux chœurs. Et elles ont du coffre ! La troupe s’était produite en 2009, sur la même scène. Y accordant un chouette set. Puis, il y a quelque mois à l’AB. Le concert m’avait beaucoup moins plu, la formation s’évertuant à tirer ses morceaux en longueur. Et celui de ce soir souffre de la même maladie. Au fil du show, inévitablement, l’ennui commence à me gagner. Bonne excuse, pour me défiler, un interview de Jupiter And Okwess International est prévue. Ce qui cependant me privera du concert de Joe Bada$$.

Retour pour Cypress Hill qui investit le 'Titan'. Ces quatre monstres du rap américain sont attendus de pied ferme. Après 30 années de carrière, il faut avouer qu’ils on un fameux pedigree. « Insane The Brain », « How I Could Just Kill A Man » et « Lowrider » constituent certainement trois de leurs plus gros tubes. Ils seront interprétés ce soir. B-Real, Sen Dog, Eric Bobo et DJ Muggs forment un quatuor d'enfer. Les trois MC's viennent chacun leur tour, taquiner les premiers rangs. La sauce prend et le public réagit. 60 minutes de set. Qui a certainement dû plaire aux aficionados. Mais perso, j’estime qu’il était un peu lourd. Le hip hop et le rap me bottent, quand ils sont administrés à doses homéopathiques. Mais lorsqu’on sort l’artillerie lourde, comme lors de cette édition 2015, Didier se met à l’abri…

Le 'Move' accueille Jupiter And The Okwess International. C’est le projet de Jupiter Bokondji, un bonhomme, ma foi, bien sympathique. C'est le fils d'un diplomate de la République Démocratique du Congo qui a vécu une dizaine d'années en Allemagne de l'Est, soit de 1970 à 1980. Période au cours de laquelle il a assimilé le rock issu du Vieux Continent. Mais un jour, il décide de retrouver ses véritables racines africaines. De repartir à zéro. Et vit dans la rue, à Kinshasa. Il forge son expérience en se produisant lors des obsèques et acquiert une solide réputation de musicien. Il monte un premier groupe, Bongo Folk, en 1983. Il se démarque de la rumba congolaise et s’intéresse davantage aux rythmes des différentes ethnies du Congo (NDR : il en existe plus de 450 !) En 1990, il fonde Okwess International. Révélée en 2006, par le documentaire « La danse de Jupiter », réalisé par Renaud Barret et Florent de La Tullaye, puis par Damon Albarn et son projet Africa Express, la bande du ‘Général Rebelle’ (NDR : comme le baptise les jeunes de Kin), grave son premier opus, « Hotel Univers », en 2012. Un vrai petit laboratoire tout au long duquel il parvient à agréger savamment soul des années 70 et funk sur des les rythmes endiablés de la RDC.

Jupiter est invité la même année, à participer aux sessions d’enregistrement de « Kinshasa One Two » du DRC Music, par Albarn, un collectif qui réunit une belle brochette de musiciens et de producteurs. Jupiter a assuré le supporting act de Blur à Paris et à Londres. Il revient tout droit du festival Roskilde au Danemark, là où le chanteur de Blur s'est fait éjecter par la sécurité, après 5 heures de concert. Jupiter prépare un second opus, pour lequel il bénéficiera de nouveau du concours de Damon. Lors de l’interview accordée à Musiczine, Jupiter a avoué qu’en Europe, il était accompagné de 5 musiciens sur les planches, et qu’au Congo, il y en a au moins 20 ! Pas facile de gérer tout ce monde en tournée.

Les artistes montent sur l’estrade. Jupiter est vêtu d'un long manteau bleu flashy et coiffé d’un chapeau mou de couleur noire, un peu semblable à celui de Charlie Winston. Il s’installe devant les deux préposés aux congas. Il se réserve également le chant. Le drummer assure les backing vocaux. Deux gratteurs campent à gauche et à droite de l’estrade. C’est également du côté de ce dernier, mais en retrait que le bassiste se plante. A l'arrière, le batteur/percussionniste est masqué. Enfin, Couleur Café fait honneur à ses racines et propose de la véritable musique world. Un coup d’œil dans le dos pour constater que la foule a envahi la plaine. Les musicos sont avant tout d’excellents danseurs qui prennent leur pied sur les planches. Leur bonne humeur est communicative. Conquis, le public remue du popotin. Même que près du podium, ça jumpe grave…

A l’instar de leurs compatriotes Congotronics, Konono N°1, Kasai Allstars ou Staff Benda Bilili, Jupiter and The Okwess International parvient à fusionner des tas de styles tout en conservant l’esprit local. Le rock et les rythmes africains y font d’ailleurs bon ménage. Et le résultat ne peut laisser indifférent. Il est même parfois empreint de magie (NDLR : noire ?) Les compos sont chantées en dialecte congolais, et ma foi, cet idiome est agréable à l’oreille. Dans la set list, figure une compo coécrite par Jupiter, Nelly Eliya et Damon Albarn : « Hello ». Que du bonheur !

(Organisation : Couleur Café)

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samedi, 04 juillet 2015 01:00

Couleur Café 2015 : samedi 4 juillet

Le deuxième jour de Couleur Café va se dérouler sous un soleil de plomb. Heureusement, les organisateurs ont prévu des zones de rafraîchissement, dont des brumisateurs, et installé des robinets pour la distribution gratuite d’eau. Aujourd’hui, 21 200 spectateurs vont se rendre sur le site de Tour & Taxis. Plus de 20 groupes sont à l’affiche. Compte-rendu.

En débarquant vers 16h30, je me dirige vers la 'Move' pour vivre la rencontre entre Fùgù Mango et Binti. Depuis les dernières Nuits Botanique, ils ne se quittent plus. Il faut dire que le mélange est étonnant. Fùgù Mango, placé à gauche de la scène, réunit la fratrie Vincent et Jean-Yves Lontie des Bikinians, Anne Fidalgo de OK Cowboy ainsi que le batteur/percussionniste Franck Baya que l’on compare souvent au guitariste Laurent Steelemans. Parce qu’il est impliqué dans tous les bons projets. En ligne sur la droite : Binti, 6 jolies gonzesses aux vocaux (Hadiel, Yasmin, Amina, Rana, Sherien et Fedia). D'origine égyptienne, le mot ‘Binti’ se traduit par 'ma fille'.

Fùgù Mango pratique une pop sucrée, enrichie de rythmes afros, teintée d'indie rock et dynamisée par des accents funk. Il y a déjà quelques mois que le groupe a publié son premier elpee, « JùJù », disque qu’il est parti défendre en tournée dans les salles et lors des festivals. Le set s’ouvre par « Floréa », extrait de cet LP, une compo savoureuse déjà stimulée par les  percus tribales. La conjugaison opérée entre les voix de la bande à Franck et les 6 choristes est jouissive. Plus afro, mais sous un format électro, « Kylie's Dream » lorgne vers Tom Tom Club. Le team revisite ensuite le « Golden Brown » des Stranglers. Les claviers sont ravageurs, les harmonies vocales riches, limpides, et les percus tranchantes. Déconcertant ! Et l’auditoire apprécie leur version. « Walk On By » est une véritable tuerie. Derrière ses toms, Franck se déchaîne. Une nouveau titre : « Back in Balance ». Il est particulièrement soul. Bindi en profite pour tirer son épingle du jeu. Tout comme pour « No Silver Bullet » (« JùJù »), un morceau plus paisible. Une perle qui mériterait une adaptation a capella. Ou encore « Full Desire », une autre nouvelle compo. « Bambee » nous replonge en Afrique centrale. Le set épingle également quelques titres plus dansants, « Around », « Mango Chicks » et « Birthday Beast », au cours duquel Bindi prend le concert en voix (et pas en mains). L'association est vraiment réussie. Et si vous n’avez jamais eu le loisir d’assister à un spectacle accordé conjointement par Fùgù Mango et Bindi, sachez qu’ils se produiront le 17 juillet à Dour, le 17 septembre à la Ferme du Biéreau de LLN et le 26 du même mois, au Salon de Silly.

Direction 'Titan' pour assister au show de La Chiva Gantiva. Des abonnés au festival. Le combo a pris de la bouteille et compte à ce jour deux chouettes elpees, « Paléo » et « Vivo », parus chez Crammed Discs. D’origine colombienne, il vit à Bruxelles. Et est apprécié autant en Amérique du Sud qu’en Belgique. Festive, sa musique est classiquement balisée par un trio basse/batterie/guitare, mais elle est enrichie de cuivres fiévreux, pétulants, et fouettée par des percussions davantage sud-américaines qu'africaines. Rafael Espinel est le chanteur de la troupe. Un personnage charismatique qui la drive de main de maître tout en incitant la foule à danser ou à frapper dans les mains. Il n’hésite pas à la haranguer et elle répond au quart de tour. Bref, il va parvenir à foutre un joyeux bordel dans l’auditoire qui remue, pendant que la température grimpe de quelques degrés. Franchement, en concert, La Chiva Gantiva, c’est le pied !

Quelques minutes du set d'Israël Vibration, quand même. Vu son nom, vous vous doutez bien qu’il émarge au reggae. Et même au ragga. Les papys ont été arrachés de leur retraite dorée à Kingston. Quoique un peu fatigués, ces vétérans sont toujours aussi impressionnants. N’est-ce point dans les vieilles casseroles qu’on fait la meilleure soupe ? Et le potage est exquis : good vibrations, ganga et sueur, mais sous une chaleur étouffante.

Manifestement, la programmation musicale du Couleur Café privilégie de plus en plus les musiques urbaines : rap, hip hop, reggae et ragga. En légère perte de vitesse, il se cherche un public plus jeune. Mais en délaissant un peu trop, à mon goût, les musiques du monde, qui constituent quand même les racines du festival.

Sous la 'Move', le public est venu vivre une géante 'Mousse Party'. Aussi c’est en mode ‘fish stick’ que votre serviteur se faufile. La mousse est propagée par 4 énormes machines, pendant que sur le podium, un dj balance des sonorités house, électro et dubstep. Le spectacle est divertissant. Les festivaliers débordent d’enthousiasme pour se trémousser dans ce bain d’écume. Les présentateurs de Pure FM sont même de la partie.

L’'Univers' accueille Starflam, un collectif que le peuple attend impatiemment. Un quatuor liégeois réunissant quatre MC's et un Dj. Il y a même un monde fou à l’extérieur du chapiteau. La température va donc y monter en flèche. Il vient de faire un carton à l'Ancienne Belgique. Et est venu défendre son nouvel opus, « A L'Ancienne ». Son 14ème ! Ce qui ne va pas empêcher le crew de balancer judicieusement quelques standards. Métronomique, intense, le show va se révéler d’une rare efficacité. Et va carrément mettre la foule sur les genoux. Akro : ‘Big Up, Man et respect!’

Sur le 'Titan', on attend la nouvelle sensation du rap hexagonal, 1995, un collectif parisien réunissant Alpha Wann (Emcee), Areno Jaz (Emcee/Grapheur), Fonky Flav' (Emcee/Beatmaker), Lo' (DJ/Beatmaker), Nek le Fennek (Emcee) et Sneazzy (Emcee). Donc 5 Mc's pour baliser les planches dans tous les sens, et un Dj pour mener le bal à l’aide de scratches originaux. En début de parcours, un tee-shirt est brûlé et lancé au sein des premiers rangs. Le show peut commencer. Bien torchés, les textes véhiculent des thèmes de révolte. Les Mc’s provoquent la foule qui est manifestement réceptive…

Retour vers l’'Univers' pour le concert de Modestep Live, un quatuor insulaire formé en 2010, par les frères Josh et Tony Friend, ainsi que Pat Lundy et Kyle Deek. Des Londoniens responsable d’un dubstep teinté de rock. Et surtout novateur. Des influences majeures ? Prodigy et Skryllex. A leur actif, deux albums « Evolution Théory » et « London Road ».

L’intro est symphonique et embraie par « Damien », extrait de « London Road ». Un titre d’électro/dubstep. Les morceaux peuvent parfois devenir planants, avant de partir dans tous les sens. A l’instar de « Sing », une nouvelle compo. « Rainbow » s’ébroue dans le ragga, avant de virer au sein d’un délire dubstep, pourtant bien maîtrisé. Le public commence à s'agiter et sur les planches, les musicos se démènent pour dynamiter leur show. L’interaction entre le band et la foule est totale. Une foule particulièrement bouillante. D’ailleurs les jumps et les hand's up se multiplient. Une très chouette découverte !

Busta Rhymes a investi le 'Titan'. Son dernier passage en Belgique remonte à 2010. Capricieux, l'artiste ne souhaite ni photographe, ni journaliste en front stage. Il se sent sans doute investi d’une mission. Laquelle ? Difficile à dire. Il ne le sait peut-être pas lui-même. Un son médiocre et une prestation ringarde ne justifient certainement le droit de se pousser ainsi du col. Il peut retourner aux States, sans problème. Il n’avait pas sa place au Couleur Café…

C’est sur la petite scène 'Dance Club' qu’est programmée Glù, une formation bruxelloise qui déchire et attise les passions. Votre serviteur l’avait découverte au Bota, dans le cadre du Propulse. Un quatuor signé chez Naff-Rekordz, un label dynamique créé par les sympathiques Herbert Celis et Alex Davidson, et sur lequel on retrouve Frown-I-Brown, Wild Boar & Bull Brass Band, UTZ ainsi que Jawhar. Le line up implique le drummer Alex Rodenbourg, le bassiste Dorian Palos, le claviériste (Fender Rhodes Korg.MS 20) Martin Daniel et le préposé aux machines, François Gaspard. Pour quelques titres, ils vont recevoir le concours d’un Mc qui ne manque pas de coffre, Deco Comprehension.

La coloration de leur expression sonore est essentiellement électro. Pas basique, mais bien structurée, elle intègre drum&bass, dubstep, breakcore et hip hop. A leur actif, un single et un Ep. La foule est plutôt compacte pour assister à ce set. Il est nécessaire de se faufiler en douceur si on veut approcher de l’estrade. On se croirait à un concert d'AC/DC. Des images assez suggestives sont projetées sur un écran derrière le drummer. « Coton Twat » amorce le spectacle. Deco débarque sur le podium et se place derrière son micro pour attaquer « Vanilla », un mix entre hip-hop et trance, bien dans l'air du temps. Impeccable ! « Hunter » et « Psycho » baignent dans l’électro/psyché. Le tempo est endiablé. Le public danse. Le préposé derrière la console est balaise, car le son est cristallin. Une grosse claque de 60 bonnes minutes ! Et conquis, l’auditoire a réagi en conséquence…

Après ce set époustouflant, je décide de déambuler au sein des allées du souk, en attendant le feu d'artifice. Terminé, je me place le plus près possible du podium 'Titan', pour assister au concert de Caravan Palace. Pour ce deuxième jour du festival, il s’agit de la tête d’affiche. En 2013, la formation avait fait un tabac ici même. C’est aussi à cette époque que je l’avais découverte. Le combo a publié deux elpees à ce jour, un éponyme et « Panic ». La sortie du troisième, « </°_°/> », est prévue pour octobre. Leur single « Comics » est déjà sur la toile. Et puis le band se produira au Cirque Royal le 28/11/2015.

Le collectif réunit Arnaud Vial (guitare, programmation, synthétiseur), Charles Delaporte (contrebasse, synthétiseur, programmation), Hugues Payen (violon, programmation, scat, synthétiseur, chant), Antoine Toustou (machines, synthétiseur, trombone, chant), Camille Chapellière (clarinette), Paul-Marie Barbier (vibraphone, percussions). Tous participent aux chœurs. Et bien sûr, Zoé Colotis au chant, à la danse et à la chorégraphie.

Zoe est une véritable bête de scène. Elle déclare : ‘Bruxelles, nous sommes là. Faites attention à vos lacets de chaussures!’ Elle va quitter 5 fois la scène pour changer de toilette. Le plus rapidement possible. Deux de ses comparses se chargeant de maintenir en haleine l’auditoire. Voluptueux, le spectacle semble séduire particulièrement les ados, car les spectateurs des premiers rangs se déhanchent allègrement. Votre serviteur est également emporté par cette frénésie qui vous incite à remuer le popotin et les guiboles. Ce mélange déjanté entre électro swing et manouche, fait littéralement mouche. Pas de setlist, qui épingle quand même « Suzy », « Je m'amuse », « Queens », « Star Scat », « Clash », « Brotherswing », « Jolie Coquine » et quelques nouveaux titres dont « Comics » qui nous a mis un fameux boxon. Après avoir écumé les States, Caravan Palace était de retour ; et franchement, j’ai vécu l’apothéose du festival avant la lettre. L’extase ! Il est une heure du matin, je quitte les lieux. A demain, pour le dernier jour…

(Organisation : Couleur Café)

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