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Les échos intergalactiques de Mr. Bison…

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Didier Deroissart

Didier Deroissart

samedi, 04 avril 2015 01:00

L’AB en folie !

Il n’est que 18h15 et la file est déjà longue. Elle s’étire même jusqu'au coin de la Rue des Pierres. Ce soir l’AB accueille deux talentueux artistes à la voix merveilleuse. Asaf Avidan se produit au rez-de-chaussée. C’est sold out depuis longtemps. Alors que Selah Sue présente son nouvel elpee, en showcase plus que privé. Et pour cause, il est réservé aux gagnants d’un concours organisé par la RTBF. Votre serviteur est accrédité pour le set de l’artiste israélien. Et il s’installe juste en face du claviériste, à gauche d'Asaf.

Tamar Eisenman est une compatriote d’Avidan. Elle est chargée d’assurer le supporting act. Jeune, jolie, la longue chevelure de couleur anthracite, son look et sa voix me font penser à une autre concitoyenne, mais d'origine yéménite, Noah, aka Achinoam Nini. Elle est armée d’une guitare électro-acoustique et d’une loop machine. Et elle va faire un malheur en dispensant un folk/rock teinté de blues. En fin de set, elle empoigne sa gratte et la pose contre sa bouche pour y chanter dans un microphone qui y est intégré, profitant de cette caisse de résonance pour littéralement nous bluffer. Et en à peine 20 minutes ! A revoir, c’est une certitude.  

Le plus gros succès d’Asaf Avidan remonte à 2013. C’est un remix de « One Day/Reckoning Song », opéré par le DJ allemand Wankelmut. Un hit qui va truster les charts de nombreux pays. Et faire le buzz sur la toile. Mais c’est en 2006, que l’artiste a démarré sa carrière. D’abord en compagnie d’un backing group, baptisé The Mojos, puis sous son propre nom.

Je me souviens du premier concert d’Asaf Avidan auquel j’avais assisté. C’était également à l’AB. En 2013. J’avais été surpris par sa voix. Plus féminine que masculine. Elle ne collait pas du tout au personnage et me faisait vraiment penser à celle de Janis Joplin. Enfin, pas tout à fait, car son amplitude évoquait également Jeff Buckley et même Robert Plant.

Selon un rituel classique, les musicos montent d’abord sur le podium. Mais avec 20 minutes d’avance sur l’horaire prévu. Ils sont chaleureusement applaudis par la foule. Asaf déboule à son tour sur l’estrade. Il est vêtu de son costume trois pièces de couleur sombre, laissant transparaître un marcel de teinte noir, plus classieux que le blanc qu’il porte habituellement. Il est venu défendre son nouvel opus solo, « Gold Shadow », paru en janvier 2015. Il est flanqué des mêmes musiciens qu’en 2013. Dont trois filles habillées en robe charleston. Deux claviéristes. Tout d’abord Flora, aka Liron Meshulan. Elle s’est plantée en arrière-plan, à gauche. Puis Michal Bashiri, à droite, juste devant votre serviteur. Et une guitariste. Chevronnée. Ronan Kenan. Elle s’est installée à droite. Le groupe implique une section rythmique, soit le bassiste Dan Zeitune et le drummer Haggai Fershtman.

Asaf alterne entre six cordes acoustique et électrique. Androgyne, ample, écorchée, sa voix est reconnaissable entre mille, une voix qu’il maîtrise parfaitement. Ses compos sont belles et authentiques. Elles reflètent le plus souvent des émotions provoquées par des déceptions amoureuses. Original, son rock est parfumé de jazz, de blues, de soul et parfois de funk. Il a pris de la bouteille et il entretient une interactivité permanente avec son public.

« Over My Head » ouvre le bal. Une nouvelle chanson. Asaf est à la sèche. Sa voix est soutenue par des harmonies vocales féminines limpides. Le climat est feutré et rétro, en même temps. Les interventions de glockenspiel sont épatantes. « Let's Just Call It Fate » est un autre titre récent. Empreint d’une grande sensibilité, il nous transporte sur la planète étoilée d’Avidan.

Amorcé par des chœurs féminins, « Ode To My Thallamus » est talonné par de subtiles contributions produites par les claviers électro. La diva charme l’auditoire, à l’aide de sa gratte et de ses vocaux. « Her Lies » est un extrait de « The Reckoning », un opus qu’il avait enregistré en compagnie des Mojos ; ce morceau est électrique, davantage énergique, un rock au cours duquel il pousse ses cordes vocales dans les graves. Sculpté dans le folk, « Different Pulses » baigne dans une extrême tendresse. Il s’agit de plage maîtresse de son premier elpee. « The Jail That Sets You Free » opère un retour sur le dernier long playing. Pas de guitare, mais des clappements de mains pour épauler la voix d’Asaf qui prend la pose la main appuyée sur le pied de micro, tout en regardant son batteur. Avidan adresse régulièrement des regards complices à ses musicos. On sent d’ailleurs l’équipe particulièrement soudée. « Little Parcels Of An Endless Time » s’ébroue sur des sifflements, et se poursuit par des sonorités électro ; un moment choisi par Asaf pour se dandiner sur les planches.

‘Unplugged’, « Cyclamen » vous glace littéralement le sang. Caractérisé par ses ‘la la la’ ravageurs, « Conspiratory Visions Of Gomorrah » est une superbe ballade au cours de laquelle l’auditoire et le band sont en entière osmose. Place ensuite à 3 autres pistes du nouvel LP: « The Labyrinth Song », « Gold Shadow » et « My Tunnels Are Long And Dark These Days ». A plusieurs reprises, Tamar Eisenman vient seconder Asaf au micro et à la gratte. Il pousse sa voix dans ses derniers retranchements sur « A Parth Of This », « Bang Bang » et « Hoist Up The Colors », trois compos qui trempent dans le rock/blues. Rockabilly nerveux, « Growing Tall » clôt le set en beauté.

Mais on devine que le spectacle n’est pas terminé. Asaf Avidan est généreux et aime son public. Il reviendra en solitaire, armé de sa six cordes, pour attaquer « Reckoning Song ». Magique ! A la demande de l’auditoire, il nous livre une version fascinante et tout en délicatesse de « Maybe You Are », à la sèche et l'harmonica. Toute la troupe revient pour aborder « Love It Or Leave It ». Crooneuse, la voix devient ‘dylanesque’.

Lors du second rappel, il nous réserve d’abord « One Day ». Puis Asaf invite les spectateurs assis au balcon à se lever et à jumper sur « Hangwoman ». C’est l’apothéose ! L’Ancienne Belgique entre alors en folie (voir ici)

Et encore un concert à marquer d’une pierre blanche, pour votre serviteur, en 2015…

Organisation : Greenhouse Talent

(Voir aussi notre section photos )

samedi, 28 mars 2015 00:00

La Vie En Rock 2015 : samedi 28 mars

Janique et Laurence, deux femmes éminemment sympathiques, et évidemment passionnées de musique, avaient lancé, l’an dernier, la première édition du festival, ‘La Vie en Rock’, un festival destiné à financer la recherche contre le cancer. De quoi faire prendre conscience, à la population des dégâts causés par cette terrible maladie, qui trop souvent, conduit à la mort. Les artistes programmés abandonnent leur cachet à cette association. Quand on a été touché par cette maladie, on a moralement le devoir de faire acte de présence. Malgré une affiche alléchante, il n’y avait eu en 2014, guère foule pour assister à l’évènement. Incompréhensible, quand on sait que le prix d’entrée était fixé à 8 € (prévente) ou 12€ (à l’entrée). Ce qui avait provoqué un coup de gueule de la part de votre serviteur. Cette ASBL est particulièrement dynamique. Parallèlement à cette manifestation, elle organise d’autres spectacles, comme celui prévu ce 14 novembre 2015, à Laeken, au cours duquel se produiront Fred And The Healers, Vegas, Subsonic et Jane Doe.

Mario Giucco, le chanteur de Machiavel a accepté d’en devenir le parrain. Un engagement qui s’explique facilement, car il a perdu son épouse, sa muse, l’an dernier, des suites de cette terrible maladie. Il a gravé un album solo, en 2014. Et vu son grand cœur, je suis convaincu qu’il va céder une partie des ventes aux associations qui luttent contre ce fléau. Plutôt sympa, il nous parle de son expérience personnelle et de ses espoirs pour vaincre cette affliction.

Black Mirrors entame les hostilités par « Drop D », face à un public famélique. C’est la première fois que j’assiste à un de leurs concerts. Responsable d’un premier Ep éponyme, le quatuor nous vient du Brabant Wallon. Le line up réunit la chanteuse Marcella Di Troia, le guitariste Pierre Lateur, le bassiste Gino Caponi et le drummer Edouard Cabuy. Leur musique est musclée, écrasante même. Une forme de stoner, réminiscent des seventies, susceptible de déraper dans le blues, le rock, le garage ou le métal. Mais au cours duquel, le soliste s’autorise des envolées frénétiques, ‘hendrixiennes’. Féline, Marcella s’est grimé le visage. Elle porte un collier amérindien autour du cou. Bien soutenue par la section rythmique basse/batterie, sa voix est claire, mais puissante. Sur les planches, elle envahit tout l’espace. La setlist alterne plages de l’Ep et nouvelles compos. Ce jeune combo a un énorme potentiel. Et pas seulement à cause de sa technique.

La salle commence tout doucement à se remplir. Et le public féminin est agglutiné contre les barrières. J’écoute, d’une oreille distraite, le soundcheck de Rising Sparks, un quartet qui nous vient de Gentinnes, en Brabant Wallon. Le band implique le chanteur Adrien Binon, le gratteur Mika Sompp, le drummer Manuel De Kan et le bassiste Julien De Wolf. Dès le début du set, les filles massées à l’avant réagissent avec enthousiasme et bondissent dans tous les sens. Androgyne, le look du chanteur me fait penser à un Bowie glamoureux. Perso, j’estime qu’il en fait un peu trop. L’auditoire semble apprécier. Pas tellement votre serviteur qui finit par décrocher…

Feel a remporté le concours ‘L’envol des Cités’, en 2014. Un trio athois fondé en 2012, partagé entre le drummer Martin Moreau, le bassiste Hantson et le chanteur/guitariste Kevin Cools. Ce sont aussi les nouveaux protégés de Moonzoo Music, le label de Mario Guccio et de Machiavel.

A l’instar de Black Mirrors, Feel puise ses sources musicales, à la fin des 60’s et au début des 70’s. Pensez à Hendrix et Led Zep. Mais aussi à Buckley. Jeff davantage que Tim. Auquel Kevin ressemble quelque peu. C’est ce que me souffle à l’oreille, mon voisin. Mais je lui signale néanmoins que le style du trio est quand même plus contemporain. Et puis, il y a une alternance entre moments puissants et paisibles, dans leur expression sonore.

En intermède, Mario Guccio vient interpréter en solitaire, un extrait de « Link ». Manifestement, pour son projet, il a adopté une formule électro/rock. Et il se débrouille plutôt bien. Perso, je le préfère d’ailleurs bien mieux dans ce contexte, qu’au sein du Machiavel actuel.

Feel revient ensuite sur le podium. Il est venu défendre son opus éponyme, qui sort le 14 avril. Leur rock est carré. Sur les planches, les musicos prennent leur pied et communiquent leur bonne humeur aux premiers rangs. L’auditoire commence enfin à grossir. En fin de parcours, Mario rejoint le band sur l’estrade, pour attaquer le « Fly » de Machiavel. Toute ma jeunesse ! L’adaptation est réussie et prend même une autre dimension, plus dynamique, plus métallique et même speedée. Feel est programmé lors de la plupart des festivals d'été. Vous ne devriez donc pas les manquer.

L’horaire a été bousculé, mais bonne nouvelle, il y a du peuple pour accueillir la tête d’affiche, Jane Doe And The Black Bourgeoises. Une formation louviéroise, qui à force de travail est parvenue à faire son trou. Julie, Angel, Nico, Dan et Dave sont habituellement soutenus par trois jolies choristes. Une seule les accompagne, ce soir. Après avoir entendu leur soundcheck, j’en conclus que le combo a la pêche ! Et il va le démontrer.

Nico se déchaîne sur les peaux de ses fûts. Julie a la rage dans la voix. Une voix rocailleuse, un peu comme Joan Jett (NDR : mais Ju est issue de Carnières, pas de Philadelphie). Derrière sa basse, Dan (NDR : un hybride entre Zorro et Buffalo Bill) incarne la force tranquille. C’est sa maîtrise qui fédère l’ensemble. Angel est monté sur ressorts. Ses riffs de guitare sont efficaces, dévastateurs, meurtriers et terriblement métalliques. Les spectres de Jimi Hendrix (encore !) et de Joe Satriani planent. Son regard vous transperce. C’est déjà lui qui assurait le show chez Inc.Ognito. Il a également pris l’ascendant au sein du combo. De petite taille, il se faufile, tel un serpent. Il ne craint pas d'affronter la foule. Et focalise tous les regards. Depuis qu’il a débarqué au sein du line up, Julie assure le second rôle. Mais elle l’assure parfaitement. Jane Doe nous propose des extraits de « Popaganga » et « Angel Crash ».

Bref, ce soir, le public va se prendre une claque magistrale. Difficile de se relever après une telle gifle. Votre serviteur décide d’ailleurs d’en rester sur cette excellente impression.

Le festival va cependant se poursuivre jusqu’aux petites heures, par deux solides groupes de reprises. Tout d’abord Radiofake. Et ensuite le meilleur cover band d’AC/DC, Machine Gun. Pas de souci, il va mettre une ambiance de feu. Janique et Laurence, on se revoit pour la troisième édition de 'La vie en Rock', et probablement lors de l’un ou l’autre concert...

(Organisation : ASBL La Vie En Rock)

Black Mirrors + Rising Sparks + Mario Guccio + The Feel + Jane Doe & The Black Bourgeoises + Radiofake (coverband) + Machine Gun plays AC/DC + Hot Links (DJ Producteur)

 

 

dimanche, 29 mars 2015 20:44

Rose Mountain

C'est au Collège que Mike et Marissa ont fondé Surgery On TV. Le groupe change fréquemment de line up et finit par se stabiliser, sous la forme d'un trio, après avoir la rencontre de Jarrett. Il se rebaptise donc Screaming Females et participe allègrement aux concerts rock underground du New Brunswick (New Jersey). Ce trio infernal réunit alors la chanteuse/guitariste Marissa Paternoster, le drummer Jarrett Dougherty et le bassiste King Mike. Ils accordent leur confiance à Don Giovanni Records, un label du coin, à partir de leur troisième elpee, « Power Move ». En 2010, ils publient leur quatrième opus, « Castle Talk », et en 2012, le cinquième, « Ugly ».

« Rose Mountain » a bénéficié du concours de Matt Bayles (Mastodon, The Sword), à la production. En 10 pistes pour 35 minutes, le combo nous balance du rock'n'roll carré, dense, précis, yankee et sans la moindre fioriture.

Les riffs de guitares dispensés par Marissa, tout au long de « Empty Head » et « Ripe », sont nerveux, entêtants et même perturbants. « Wishing Well » s’ébroue en douceur, avant de s’activer, moment choisi par Mrs Paternoster pour poser sa voix graveleuse, rocailleuse. Matt Bayles balise « Burning Car » et « Broken Neck », deux morceaux bien structurés mais aussi puissants et musclés. « Rose Mountain » libère des riffs de gratte parfaitement ciselés. « Triumph » prend un virage encore plus métallique avant que « Hopeless » nous plonge dans le punk des 80’s. 

Simple, mais efficace, « It's Not Fair » lorgne vers Dinosaur Jr. Et l’elpee de s’achever en apothéose par « Criminal Image », un titre inéluctablement… meurtrier… 

 

dimanche, 29 mars 2015 20:37

Dance And Cry

Après avoir publié « Alive In Us », en mars 2015, un brillant premier album enregistré sous la houlette de Trentemøller, Darkness Falls nous propose son second opus, « Dance and Cry ». Cette formation danoise féminine est née en 2009. Un duo réunissant Josephine Philip et Ina Lindgreen. Au sein de leur pays, les filles ont énormément de fans. Deux singles ont préludé la sortie de cet LP, « The Answer » et « Hazy ». Et pour poursuivre l’effeuillage très sexy de ce nouvel essai, elles ont décidé de graver le titre maître de ce quatrième long playing, en single, également.

Les voix de Josephine et Ina sont lumineuses, atmosphériques et printanières. Les oiseaux chantent. Les bourgeons s'ouvrent et les jonquilles fleurissent. « Night Games » est une invitation spontanée à rejoindre le dancefloor. Une compo empreinte de douceur et nappée de claviers. Electro/pop, « The Answer » nous entraîne au cœur des fjords scandinaves. Tout comme le plus ténébreux « Darkness Falls », caractérisé par ses choeurs envoûtants. Mais au sein de ce paysage glacial, les harmonies vocales vous réchauffent le cœur. Seules les percus nous maintiennent en éveil, tout au long du fragile « Paradise Trilogy I ». « My Father Told Me (He Was Wrong) » est une autre piste qui vous conduit sur la piste de danse. Telle la marée montante, « Midsummer Wall » est envahi de riffs de guitare. Et « Thunder Roads » clôt cet elpee qui conjugue à merveille charme et esthétique…

 

dimanche, 29 mars 2015 20:33

For My Blood (Ep)

J’avais découvert cette formation, dans le cadre du festival dourois, La Vie En Rock. Comme tous les artistes qui s’y étaient produits, ce jeune groupe brugeois avait cédé son cachet à l’association pour la recherche contre le cancer.

Transcoder est né en 2009. Steven Van Havere, le batteur d’Arid, est impressionné par une de ses prestations ‘live’. Il enrôle donc le combo comme supporting act, le 19 février 2011, à l'Ancienne Belgique. Dans la foulée, Jasper Steverlinck invite les musicos dans le cadre de l'émission 'De Poulins', programmée sur ‘Studio Brussel’. Ce qui leur permet de revenir à l’AB Club, le 6 février 2012. En mars de la même année, le band consacre un clip à sa chanson « Fading Flame », une vidéo qui met en vedette la chanteuse et présentatrice de radio/tv, Roos Van Acker.

En février 2013, il publie un Ep 6 titres, sous la forme d’un vinyle, intitulé « For My Blood ». Très prometteur, ce disque avait été enregistré sous la houlette de Luc Van Acker (Revolting Cocks, Primitive Race), un personnage qui jouit d’une solide notoriété au Nord de la Belgique.

Reconnaissant pour influences majeures, les Stooges, Sonic Youth, Joy Division et Radiohead, Transcoder est un quintet particulièrement dynamique sur les planches. Drivé de main de maître par le chanteur Jan Van Acker, il implique également le bassiste Miguel Wensch (NDR : aisément identifiable vu sa moustache de mousquetaire), le drummer Minco De Bruin, ainsi que les guitaristes Steve Lehnen et Jonathan Verrier (NDR : qui a remplacé Francis Isebaert).

En attendant la sortie d’un premier album, le band nous propose un Ep baptisé « For my blood ». Titre de rock graisseux et musclé « Eternal » est écorché par les éclats d’une des  six cordes particulièrement incisives. Plus carré mais tout aussi pêchu, « Fading Flame » évolue aux confins du hard rock, une piste canalisée par la section rythmique. « Style Of Life » libère une énergie digne de Triggerfinger. La montée en puissance observée sur « Cry » est parfaitement maîtrisée. Caractérisé par des riffs de grattes bien saignants, « Shoot Me Down » est le titre de l’Ep qui me botte le mieux, un disque qui s’achève par le puissant « Shitfaced ».

 

Les concerts en appartement sont organisés par Frédéric Bulté (Les Soirées Cerises). Fred, aka Fred Cerise, est le plus grand programmateur et organisateur de concerts gratuits à Bruxelles. Très sympathique, c’est un vrai découvreur de talents. Chaque semaine, il organise au moins un spectacle musical par jour. Parfois deux ou trois. Dont celui-ci. Pour lequel il est absent. Difficile de se couper en trois. C’est une formule que j'apprécie tout particulièrement. Le public est limité. La proximité entre celui-ci et l'artiste est optimale. L’ambiance est conviviale. Le concept est gratuit. A la fin du show, l’artiste fait passer un chapeau. Chacun y met ce qu’il veut. Ce sera le cachet. C'est déjà la deuxième fois que je me rends dans l’appartement de Michel et Nathalie Rommelaere pour assister à ce type de représentation. La première, c’était pour le set du Canadien Woodpigeon, qui pourtant remplit aisément le Botanique. Les hôtes sont charmants. Les invités apportent leurs boissons et l'audition se déroule presque en famille.

Ce soir c'est au tour de Sarah Carlier de s’y produire. L'artiste a déjà assuré quelques premières parties prestigieuses et pointé le nez lors de festivals conséquents. Sous la formule du concert en appartement, c'est sa première. Si sur une grande scène, elle se montre particulièrement à l’aise, ici elle semble avoir le trac. Dans l’auditoire, je remarque la présence de son papa, Sylvain, ainsi que de Manon, sa fidèle amie, devenue la manager. Elle signe d’ailleurs 5 titres du dernier opus…

Une petite estrade a été installée dans la cuisine. Une chaise y est posée. Ce soir, Sarah ne pourra compter que sur sa guitare, sa voix et son ampli. Après avoir accordé son instrument, elle attaque son set. Manifestement, elle est stressée. C’est un exercice de style difficile, il faut le reconnaître. Mais pas insurmontable, car au fil du temps, elle commence à maîtriser son sujet. En fait, c’est son sourire ravageur qui détend l'assemblée. Elle finit elle-même par se décontracter et commence à discuter avec les spectateurs, serrés aux premiers rangs. L’auditoire est limité à une cinquantaine de personnes. Le public est attentif.  

« She Said » ouvre le bal. Mon voisin de droite me confie que ce récital lui plaît, et me demande si je la connais. Ben quand même, depuis le temps. Il continue à me poser des questions sur l’existence d’un hypothétique album, des conditions d’enregistrement, et tout le Saint Tremblement. Il commence un peu à m'énerver et d'un ton courtois, je l’invite à la mettre en sourdine, à écouter et à apprécier. Sarah embraie par « Misery », un extrait du dernier elpee. La voix est chaude, le virage soul de Sarah enchante l'assemblée. En concert électrique, c'est plutôt du côté de Kingston que le soleil pointe. On passe ensuite à « Call You », la douceur est de rigueur, un petit retour au calme. Toute l'émotion de l'artiste passe dans la voix et le jeu de guitare. C'est presque divin. D’ailleurs, le gars de droite est en extase. Je pense qu'il devient amoureux. « For Those Who Believe », c’est le titre éponyme du premier opus de Sarah, mais aussi le premier morceau qui m'a fait vibrer. Elle nous propose sa version personnelle du « Going Back To My Roots » de Richie Havens. C’est une de ses influences majeures. Pour « Mr James », le gimmick de guitare met le cap vers la Jamaïque, alors que la voix se révèle purement soul. Si j’apprécie cette compo sous son format électrique, elle prend une autre dimension en acoustique. Raison pour laquelle, il est intéressant d’assister aux deux configurations. Issu de « For Those Who Believe » (NDR: c’est le titre de son premier LP), « Chorus Man » baigne dans une douceur certaine.

« Dreams » est un titre plus paisible au cours duquel la voix de Sarah exerce ses charmes… Et « Since » de poursuivre dans le même registre. Une autre cover, celle du « Hey Joe », popularisé par Jimi Hendrix. Et son adaptation est digne du maître. Le set s’achève par la chanson phare du dernier opus, « SMS » (« Save My Soul »), ce fameux hit écrit en famille. Un rappel quand même, au cours duquel elle reprend le « Billie Jean » de Michael Jackson. Une adaptation originale magnifiée par la voix de Sarah. Et la soirée de se terminer par « Resistant », un morceau que je découvre.

Bref, ce soir, le public a été conquis par la simplicité (NDR : elle remercie régulièrement le public) et le talent de Sarah Carlier. Et comme le son était nickel, je dois avouer avoir également passé une excellente soirée.

(Organisation Frédéric Bulté : Les Soirées Cerises)

Ce soir, le Cirque Royal est plein à craquer. Pas étonnant, puisque Christine & The Queens s’y produit. Héloïse Letissier, aka Christine, avait déjà rempli l’Orangerie du Botanique, il y a peu. Elle fait donc son retour, flanquée de ses trois musicos, mais également de deux danseurs fantastiques. Elle a fréquenté les cours d’art dramatique ; un background qui va transparaître tout au long des 90 minutes de son show.  Votre serviteur n'a pas reçu son sésame via l’organisateur. Les websites sont écartés. Dommage ! M’enfin, Didier est un petit futé et sa Botacarte lui permet d’accéder au spectacle…

Paradis assure le supporting act. Un duo français de musique électronique qui bidouille derrière une immense table installée à l’avant-scène, sur laquelle est posée des tas de machines, des synthés et autres samplers. Tiens, dans leur set list, il y a une version électro d’une compo d’Alain Souchon, « La ballade de Jim ». Pas vraiment convaincante. Et on ne peut pas vraiment qu’une interactivité s’établisse entre le tandem et le public…

Il est 21 heures lorsque la Reine Christine déboule sur l’estrade, suivie de deux danseurs, qui vont même se muer, parfois, en contorsionnistes. Christine vient de publier son premier album, « Chaleur humaine », un elpee précédé par le single « Saint Claude ». L’opus a été enregistré sous la houlette d'Ash Workman (Metronomy, Klaxons et Summer Camp). Le public est déjà très chaud. Christine lui adresse directement la parole, et notamment aux spectateurs des premiers rangs, sans pour autant oublier de remercier ses aficionados. Et elle a de la répartie ! Elle attaque une cover audacieuse du « Paradis perdu » de Christophe, une adaptation à laquelle elle a judicieusement intégré des textes de Kanye West. Elle revisite complètement le « Photo Souvenir » de William Sheller. Emprunté à Mickaël Jackson, le pas de danse exécuté par la diva est savamment coordonné. Dispensé par des tubes leds, le light show monte ou descend selon les chansons, éclairant tantôt l'un, tantôt l’autre musicien, tantôt encore le trio dans son ensemble. Christine à une voix particulière, mais qui flatte l’oreille. Elle nous parle de ses chansons et tout particulièrement de son LP « Chaleur humaine ». Une invitation à se rencontrer et même à s'enlacer. Très complice à l’égard de son auditoire, elle reste pourtant humble et accessible, malgré le succès fulgurant de sa carrière.

Au second rappel, elle entre en totale communion avec le public pour « Nuit 17 à 52 ». Tous les smartphones sont allumés, comme autrefois les briquets. Et le spectacle est tout bonnement magique… 

Christine & The Queens revient en Belgique prochainement. Le 28 juin 2015, dans le cadre du festival Rock Werchter et le 2 octobre à Forest National.

 

La Maison des Jeunes de Sambreville fêtait, en 2014, ses 40 années d'existence. Quatre décennies déjà que l'institution se décarcasse pour dynamiser la région de Sambreville. Et tout particulièrement dans le domaine de la musique. Nous sommes le 6 septembre 2014, soit le deuxième jour du festival organisé par cette MJ. Driving Dead Girl est un quatuor réunissant le chanteur/guitariste Dim Wild, le second gratteur Ronald Dondez, le bassiste Ruggero Catania et le drummer Vincenzo Capizzi. Ces trois derniers se sont volontiers prêtés au feu de nos questions.

Est-il exact que le festival de Dour a servi de détonateur au groupe ?

Ronald : Dour a été très important pour nous. C’est là que nous avons entamé notre aventure. Nous avions gagné le concours 'tremplin', ce qui nous avait permis de participer au festival. Je suis issu de Mons, donc un peu le régional de l'étape ; aussi se produire lors d’un tel événement alternatif était une aubaine pour nous.

Pourriez-vous nous relater la genèse de Driving Dead Girl ?

Ronald : En fait, Dim et moi étions amis depuis très longtemps. Au départ il évoluait dans l’univers du punk. Nous avons ainsi joué ensemble, brièvement, dans le même groupe. Puis nous avons monté Driving Dead Girl. Qui a vécu de nombreux changements de line up. Vincenzo y milite depuis pas mal de temps. Ruggero vient de débarquer. Il est vrai que plusieurs bassistes se sont succédé, avant son arrivée. Nous comptons 10 ans d’existence. Et Dan Diaz y a milité 4 ans. Pour tout savoir, si je suis montois et les 3 autres sont issus de Bruxelles.
Vincenzo : J’ai débarqué au sein du groupe, il y a 6 ans.

D'où vient le nom du groupe ? Driving Dead Girl signifie ‘conduire les filles mortes’. Ce patronyme a-t-il une signification particulière ?

Ronald : Aucune, en fait. Nous aimions ces mots-là et nous les avons réunis. En même temps, tout n'est pas faux non plus. Quelques anglophones nous ont avoué qu’il sonnait bien. Nous voulions simplement en dénicher un qui tienne la route.

Votre musique est souvent qualifiée de rock/garage. Une réaction ?

Ronald : J'allais justement t’en parler. Ce style de musique en englobe d'autres. Nous, on y a ajouté un zeste de psyché. Mais on pratique du rock pur et dur, tout simplement. On ne prétend pas émarger au garage, ce sont les autres qui le déclarent.
Vincenzo : On a déjà du mal à trouve notre place. On ne joue pas du punk, mais du rock. Energique.
Ruggero : Quand j’ai débarqué au sein du groupe, je n’ai pas pensé au genre de musique pratiqué ou que j’allais jouer. Je me suis amusé et c'est le but que je continue à poursuivre.

Avez-vous suivi une formation académique ou êtes vous autodidactes ?

Vincenzo : Pendant une année, j’ai fréquenté le Jazz Studio d'Anvers. Je n'ai pas d'autre formation particulière. On joue instinctivement.

Par quel hasard êtes-vous atterris sur le label at(h)ome ?

Ronald : En fait, c'est notre manager Bertrand qui s'est occupé de ce deal. Au début, nous étions hébergés chez Bad Reputation, un label français. On n’y a pas rencontré de problème majeur. Mais on ne peut pas dire que la communication et la promotion étaient optimales. On a alors décidé de changer. Bertrand a entrepris les démarches et a contacté at(h)ome qui était emballé par le projet.

Parmi les artistes belges sur se label, il n'y a que vous et MLCD ?

Ronald : En fait MLCD est chez notre tourneur. Il booke nos concerts et ceux de MLCD en France.
Vincenzo : Mais, il y a aussi un autre groupe belge…

Vous comptez 10 ans d'existence et avez gravé 3 elpees dont le dernier est paru l'année passée. Vous carburez au diesel ?

Ronald : Carrément oui. On est un peu fainéants, On se laisse bien vivre. Mais quand il faut, il faut.

Envisagez-vous de publier prochainement un nouvel album ?

Ronald : On a composé de nouveaux morceaux et on bosse dessus. Nous ne sommes qu’aux balbutiements de l’écriture. On a prévu sa sortie en 2015 ; mais il faudra mettre la gomme. Il devrait paraître au plus tard, fin décembre.

Vous avez prévu de nouveaux morceaux, dans la set list de votre concert ?   

Vincenzo : Du futur album ? Non. On en a composé quelques- uns, mais ils ne sont pas encore finalisés. Du troisième, oui c’est prévu. Mais, comme on ne t'a jamais vu à nos concerts, tu vas découvrir les plages du troisième.

Bie sûr que je vous ai déjà vu en concert, et il n'y a pas très longtemps. A l'Ancienne Belgique. Vous vous produisiez au club, juste après Alter Bridge, une formation de métal. Etre programmé après Von Durden et avant The Experimental Tropic Blues Band, c’est une belle opportunité ?

Vincenzo : On a déjà partagé la même affiche. Ce sont tous des amis. C'est chouette, on est très contents et impatients de se revoir. Et puis Von Durden remplace au pied levé Vegas. D'habitude, on les précède. Ils ont davantage de notoriété que nous. Nous avons tourné en compagnie d’Experimental, en France et aux Pays-Bas.

Eprouvez-vous davantage de difficultés à vous produire en Belgique plutôt qu’à l’étranger ?

Ronald : Dans notre cas, il est vrai qu’il est plus difficile de se produire en Belgique qu'à l'étranger. S’exporter est donc une obligation.
Vincenzo : Nous avons effectué des tournées en Tchéquie, en Slovénie, en Slovaquie et en Italie. Après avoir accompli le tour des maisons de jeunes branchées et transité par quelques salles de concert, tu as vite fait le tour de Belgique.

Sur les planches, vous vous montrez particulièrement dynamiques. Accordez-vous une grande importance au ‘live’ ?

Ronald : C'est ce que je préfère dans la vie d'un groupe.
Vincenzo : Monter directement sur scène, sans répéter à chaque fois, me procure un tas de bonnes sensations. Mais les répètes sont nécessaires, sinon on s'éclate systématiquement. Quand je reviens de tournée, je me sens mal dans la peau. Après deux ou trois jours, j'ai le cafard, je suis crevé, mais j’aimerais bien reprendre la route.

Entre les Ramones, Pearl Jam, Nirvana et John Spencer, vous avez une préférence ?

Vincenzo : Spencer et Ramones. Et Pearl Jam quand on est bourrés.
Ronald : John Spencer.
Ruggero : Certainement pas Pearl Jam.

Quelle est la décennie musicale la plus riche, dans l’histoire du rock, pour Driving Dead Girl ?

En chœur : Les sixties !

(Photo : Lara Herbinia)

 

C’est à l’issue de leur concert accordé à la Rotonde du Botanique, dans le cadre de leur ‘Release Party’, que Nicolas Scamardi et Elliott Charlier, respectivement drummer et chanteur de Von Durden, nous ont accordé cette interview. Elliott va entreprendre un tour du monde, à partir du mois de février. Un rêve d’enfant qui se réalise. On en parle…

Elliott : Le départ est fixé au 8 février 2015. J'avais envie de faire ce voyage. J’ai toujours aimé voyager. Comme mes parents. Et je les accompagnais dès mon plus jeune âge. Ce que je n’ai plus fait depuis mes 18 ans. Je ne m’en plains pas, car mon agenda débordait de concerts. J'aurais bientôt 30 ans, et si je décide de fonder une famille, il faudra que je me fixe. Partir à l’aventure deviendrait alors plus compliqué. C’est donc le bon moment.

Dès lors, toute la tournée va se dérouler avant ton départ. N’est-ce pas un peu précipité, 3 mois juste après la sortie de l'album ?

Elliott : C’est selon le point de vue. Si tu envisages la stratégie promotionnelle, c’est un peu court. Mais à mon avis, l’industrie du disque réfléchit beaucoup trop. Elle se prend la tête avec des tas de méthodologies. Nous, on veut simplement prendre du plaisir. Et jouer de la musique, avant tout. Finalement, on est ravi du déroulement des événements.

Christine Verschorren est une pointure dans le milieu de la musique. N’est-ce pas trop difficile de travailler sous sa houlette ?

Nicolas : Nous l'avons choisie pour produire notre album, car elle bosse d’une manière très particulière, hors des sentiers battus. On a pourtant l’habitude de travailler en compagnie de pros. Nous ne souhaitions pas être aidés, mais accompagnés différemment, par un(e) ingé son. Elle a une approche différente de la mise en forme. Et se distingue par sa capacité à te plonger dans un autre univers…

La voix d’Elliott colle bien au style hard. Dans les moments les plus paisibles des compos, elle me fait parfois penser à celle de Lenny Kravitz. Vous partagez mon point de vue ?

Elliott : C’est cool, deux fois aujourd’hui qu’on me le dit.

Elle est travaillée ou naturelle ?

Elliott : Je ne la travaille pas hors du groupe. Uniquement lors des répètes. Je ne prends pas de cours de chant. Je n'ai pas de projet parallèle. Je ne participe qu’à l’aventure de Von Durden.

Et Fabrice ? Il me semble qu’il développe plusieurs projets?

Nicolas : Fabrice est capable de maîtriser tous les genres de musique. Il considère son implication comme un job. Il joue merveilleusement bien de la basse. Son background est impressionnant. Et pourtant, il ne participe au projet que depuis trois ans. Il est polyvalent. Il peut intégrer n’importe quel line up et apprendre leurs morceaux en deux semaines. C'est un mec sur lequel on peut compter. Il adore l’aspect familial de la vie d’un groupe. Il a besoin de bien s’y sentir. Il peut également devenir un mercenaire. Il connaît son truc. Il ne joue plus chez Ozvald.

« Lucky In Love » est le titre le plus funk de votre répertoire ? On n’est pas loin de Jessie J. C’est une référence pour Gladys, la bassiste ?

Nicolas : Absolument ! Elle est fan de toute la production américaine : Pink, Katy Perry, Jessie J, c'est vrai. C’est une géniale ‘performeuse’ qui communique à nos compos un sacré groove.

Les medias décrivent votre musique comme ‘Brute de décoffrage’. Une explication ?

Nicolas : C'est parce qu’elle est dispensée ‘live’, sans artifice. Christine y est pour quelque chose. La musique n’est ni léchée, ni assujettie au clic. Si certaines fréquences sont susceptibles de te casser les couilles, mais qu’elles sont bonnes, on les laisse. Nous avons la totale liberté de création. Nous avons réalisé notre album en 2 ou trois semaines. Le mix et tout le reste y compris.

Quel est vraiment le style de votre musique ?

Elliott : C'est du Rock.
Nicolas : On ne peut rien dire d'autre. C'est du rock, malgré ses multiples influences. Qu’on digère progressivement. Celle qui te fait penser à Kravitz est certainement due à la mélodie.  

Le Grand Jojo, Queens Of The Stone Age, Pearl Jam, Stromae, Beatles, Arno et les Sex Pistols. Au sein de cette liste, vous avez détecté des intrus ?

Nicolas : Le Grand Jojo. Pas vraiment mon truc. Mais il donne du bonheur à des tas de gens. Faut surtout pas qu'il arrête.
Elliott : Rien. Même pas le Grand Jojo. C'est du talent qui ne me parle pas.

Vous semblez bénéficier d’une bonne équipe pour assurer la promo…

Elliott : La promo doit passer par toutes les formes de medias. Que ce soit sur papier ou via Internet. C’est indispensable pour être visible. Si tu ne l’es pas, les gens pensent que tu n'existes plus. Oui, c'est important et c'est la raison pour laquelle nous avons choisi Olivier Biron, comme attaché de presse. Il est particulièrement compétent. C’est même le meilleur avec lequel nous ayons eu la chance de bosser. On se sert également des réseaux sociaux comme une majorité d’autres artistes. C'est important.
Nicolas : La plupart de nos connaissances estiment que bénéficions d’une presse de dingue. Depuis un mois, les articles pleuvent, grâce à son implication. C'est un tueur et il abat un boulot monstre.

Continuez-vous à collaborer avec Julien Henry de ‘Film Fabrique’ ? Il apporte son concours aux projets de The Experimental Tropic Blues Band, il me semble ?

Nicolas : C'est lui qui se charge du visuel d'Experimental. Il est doué et adorable. On s'est entendu sur le projet et on a décidé de poursuivre notre collaboration.
Elliott : On n'en trouve pas des centaines comme lui dans le métier. Il accomplit un boulot remarquable…

Le patronyme de Von Durden Party Project s’est réduit à Von Durden. Pourquoi ?

Nico : Parce qu’au départ, je drivais un autre groupe, Melchior. Je voulais faire la distinction entre ce band et le projet Von Duden. Quant au mot Party, c’est parce qu’on voulait mettre l'accent sur le côté festif et ‘dance’ de notre musique. Puis nous avons abandonné ces épithètes...

 

 

Cet entretien s’est déroulé le 30 août 2014, dans le cadre du festival des Barges à Scène sur Sambre. Pour répondre à nos questions, The Subs a délégué Jeroen ‘Papillon’ De Pessemier  et Wiebe ‘Tonic’ Loccufier. Il y a un bon bout de temps que votre serviteur souhaitait rencontrer les musiciens de cette formation gantoise. Jeroen est une véritable bête de scène. L’énergie qu’il y libère est fascinante. Pourtant, malgré leur réputation internationale et leur professionnalisme, les musicos sont demeurés humbles. Ils sont peu notoires en Wallifornie. C'est le moment de les faire connaître…

Entre vous et les Lokerse Feesten, n'y a-t-il pas un peu, une histoire d'amour ?

Jeroen : On aime bien y jouer. Le public est bon. Il y a toujours de chouettes têtes d'affiche. L’équilibre entre nouveaux et anciens groupes y est parfait et se manifeste à travers la programmation.
Wiebe Loccufier: C'est la cinquième fois consécutive que l'on y joue. Le public de Lokeren vient d’un peu partout. Et pas seulement de Lokeren. Ce sont 10 jours de fête. Il y règne une ambiance particulière. Lokeren est situé juste à mi-chemin entre Gand et Anvers et ce n'est pas loin pour nous.

Jeroen déborde d’énergie sur les planches. Tu prends les mêmes vitamines que Ricky Wilson de Kaiser Chiefs ?

Jeroen : Oui, je pense bien. Je prends des vitamines tout le temps. J'adore bouger. C'est ma manière d'avoir un contact avec le public. De communiquer. Je pense qu'il existe deux types de performances. Soit tu te montres arrogant ou généreux. Et les deux formules fonctionnent. Elles sont pourtant extrêmes. Regarde le chanteur d'Artic Monkey. Le gars, il ne donne rien. Enfin, quand même sa musique. Il n'y fait passer aucune émotion. D'une autre manière, il donne beaucoup, c'est du minimalisme. Ou alors tu prends l'autre extrême et c'est du maximalisme. Tu essais de livrer tout ce que tu as dans le ventre. C'est intéressant pour moi. Car je ne comprends pas pourquoi l'autre manière fonctionne aussi bien. J’incarne mon propre personnage sur scène. Il est difficile de comprendre parfois, pourquoi des performances peu intéressantes, ne sont pas généreuses. Pourquoi elles marchent. C'est quoi ce truc ? Le gars ne donne rien et le public renvoie, simplement à cause de la musique. C’est comme il existe également deux manières de séduire une femme. Tu la joues cool. Tu ne donnes rien et elle te saute dessus. Tu peux faire le bulldozer et tu donnes tout ce que tu as. Tu fonces et ça marche aussi. Moi je ferais plutôt le bulldozer, c'est plutôt dans mon caractère.
Wiebe : Il saute partout.

Lors des concerts, votre public s’agenouille. C'est intentionnel ?

Jeroen : Oui, c'est voulu. C'est drôle d’y parvenir. Quand j’ai essayé pour la première fois, il a accepté de prendre cette posture. La chanson y était propice. Ce moment particulier, on l’a maintenu au cours du set et on l’a perpétué, d’autant plus que le public adhère. C’est une petite ‘joke’ personnelle. Mais c'est cool. C'est dû à l'énergie libérée par la musique ; et à ce moment-là, je descends toujours dans la foule. Pour être directement en contact avec elle. Et quand elle est conséquente, c'est alors comme plonger dans une piscine. La mer qui crée des vagues humaines.
Wiebe : Moi, j'ose pas trop le regarder dans ces moments-là.

Répétez-vous un rituel avant de monter sur l’estrade ? Et puis, en la quittant ?

Wiebe : Je bois du coca. Je pense que notre rituel se produit lors du soundcheck.
Jeroen : On n’a pas vraiment de rituel. Maintenant, nous portons tous les costards. Et enfiler un costume est une forme de rituel.
Jeroen : Après un concert, on bavarde tout simplement avec les gens qui sont venus nous y voir. On souffle et on décompresse. Tu ne sais jamais dire. Quand c'est un grand et bon show comme à Dour et que tu as vraiment senti que l'énergie du public était vraiment forte, on a davantage de difficultés à décompresser.
Wiebe : Quand je rentre à la maison, j’ai besoin d’une heure pour reprendre mes esprits. J’essaye de dormir un peu. Car si je repars directement, je ne pourrais plus dormir après. C'est exactement le même phénomène qui se produit, quand je conduis 90 minutes. C'est bizarre…

The Subs, une réunion de Dj's ou de musiciens ?

Jeroen : Les deux, nous comptons au sein du line up un Dj et deux musiciens. C'est le mix.

Eclectique est incroyablement prolifique, la scène gantoise regorge d’excellents groupes. Une explication ?

Jeroen : À Gand, la scène électro est toujours en ébullition. Depuis au moins 15, si pas 20 ans. Avant ? Je ne sais pas. Tout a commencé par The Glimmers, Two Many Dj's et puis nous. J’ignore pourquoi ? Peut-être y a-t-il des vitamines dans l'eau potable. Ce mouvement s’est finalement ancré dans une forme de tradition. Quand quelqu'un entame un projet, d’autres veulent lui emboîter le pas, mais en mieux. Et finalement, c’est devenu une marque de fabrique. La nouvelle génération est prête à prendre le relais. Une nouvelle vague en route vers le succès.

Vous êtes gantois et pourtant surtout notoires à l'étranger ?

Jeroen: Oui, il faut bien vivre quelque part.
Wiebe : Quand on se produit en Wallonie, c’est un peu comme si on se produisait dans un pays étranger. S’y imposer est parfois difficile pour les groupes flamands.

D’où vient votre passion pour la musique ?

Jeroen : Nous y baignons depuis que nous sommes tout gosses. C’est plus facile quand tes parents sont musiciens. C’est une passion qui se transmet de père ou de mère en fils ou fille. Quand tu viens d’une famille qui n’a pas cette passion, c’est plus difficile de faire le pas et ton parcours est jalonné d’incertitudes. C’est un job stimulant. Si tu décides de reprendre la friterie familiale, c’est différent. Et bien moins attrayant.
Wiebe : J’ai d’abord été Dj. Je pense que quand tes parents sont musiciens, tu évites de te lancer dans la musique.

Parallèlement à The Subs, développez-vous également d’autres projets ?

Jeroen : Plein ! Je milite chez Friends In Paris. J'y bosse en compagnie d’un gars de Londres, où je vis. On est occupé de monter un concept quelque peu secret. On n'a pas encore discuté de ce qu'on allait réaliser ensemble et on n’a pas encore signé de contrat. Mon collègue Wiebe cherche à créer un label. Et nous proposons à d’autres artistes de le rejoindre…

Est-ce qu'il vous arrive de remixer des chansons d'autres groupes ?

Jeroen : On l’a fait pour Alt-J et La Roux. Nous y consacrons moins de temps, aujourd’hui. Comme notre album est plus pop, il y aura moins d'intérêt pour les clubbers à le remixer. Nous allons donc réaliser nos propres remixes de ce disque Ainsi, The Subs va remixer The Subs. Parce qu'on a voulu enregistrer un long playing pop…

Dr Lektroluv, vous êtes sur son label, est-ce une référence ou un ami pour vous ?

Jeroen : Un peu des deux.

Selah Sue a collaboré à votre album. Comment la rencontre s'est-elle opérée ?

Jeroen : J'envoie des petites démos et parfois nous travaillons ensemble. Je la connais, nous avons déjà travaillé ensemble. Nous partageons le même management et nous appartenons au  même cercle d'artistes.

Et par quel hasard avez-vous reçu le concours de Jean-Pierre Castaldi?

Jeroen : Jean-Pierre chante sur notre album. Je l'ai appelé. Il était très sympa. Il n'avait pas entendu le morceau avant. Je lui ai fait écouter le titre au téléphone et il a accepté immédiatement.

Faire la fête, c'est important pour vous ou est-ce tout simplement rock'n'roll ?

Jeroen : Faire la fête, c'est basique pour moi. C'est important et tout le monde doit faire la fête le plus possible. Quand tu es trop fatigué, tu ne sais pas faire la fête.

(Photo : Hanse Cora and Uber&Kosher)

 

 

 

 

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