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Glass Beams signe chez Ninja Tune

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Didier Deroissart

Didier Deroissart

jeudi, 05 février 2015 00:00

ProPulse 2015 : jeudi 5 février

Le ProPulse est un festival très intéressant, qui se déroule au sein du Botanique. C'est la première année que votre serviteur en couvre plusieurs jours. On y fait pas mal de belles rencontres. Notamment d’artistes. Débouchant sur de chouettes discussions constructives. Et bien sûr on y fait des découvertes. C’est également un des objectifs de cette organisation. Le Propulse ressemble un peu à l'Eurosonic de Groningen (Pays-Bas), le marché où artistes se vendent et programmateurs préparent leurs affiches. Court-Circuit, un fameux tremplin pour nos artistes émergents, s'est associé cette année aux structures qui boostent et promotionnent ceux issus du Nord du pays. Une prise de conscience salutaire, qui permet de comprendre que la Wallonie et la Flandre de la Culture ne sont plus des pays étrangers. Enfin, il n'y a plus de barrière de langue pour la musique en Belgique. Et c'est très bien. Il est à noter qu'il y a très longtemps que le Botanique l’a compris et ouvre ses salles aux artistes de l’autre communauté linguistique.

La soirée publique débute à La Rotonde par Empty Taxi, le projet solo de la productrice et vocaliste franco-irlandaise Zoë Mc Pherson. Elle est seule sur scène, entourée de ses machines. Sa voix est teintée de soul. Impossible de pénétrer dans la Rotonde. C’est blindé de chez blindé. Plutôt frustrant de ne pouvoir assister à ce concert.

Pour compenser ma frustration, je me rends à l'Orangerie et attends l'ouverture des portes. Je suis le premier et pourrais donc assister au concert de Beautiful Badness dont le single très prometteur, « A Sunny Morning », sorti ce 26 janvier, comptabilise en 10 jours 3 000 vues sur YouTube. La vidéo a été produite par Koen Gisen (NDR : un barbu !), compagnon d'An Pierlé. Et l’enregistrement de leur premier elpee est en cours. Le line up de cet ensemble franco-belge implique le chanteur/claviériste/guitariste Gabriel Sesboué, l'autre gratteur Olivier Delescaille, le bassiste Eric Renwart, le drummer Gilles Servais et le claviériste Antoine Guenet. Eric et Antoine sont les petits nouveaux. En ‘live’, Gabriel délaisse aujourd’hui les claviers pour se concentrer sur le chant, où il excelle. Professeur de chant, il a une voix de tête limpide capable de monter très haut. Comme Matthew Irons de Puggy ou Freddie Mercury de Queen. Gabriel a d'ailleurs tout un temps adapté le « We Will Rock You » du Queen. Et sa version est excellente. Bluffante. Même meilleure que l’originale. Pour le son, pas de souci, puisque c'est l'ingé-son de Puggy, Alex Leroy qui est derrière les manettes. Il y a du monde pour assister au spectacle, dont de nombreux aficionados qui suivent la formation depuis quelques années.

Le band est soutenu par un quatuor à cordes et un claviériste qui se sert d’un vieil harmonium âgé de 120 ans. Les artistes sont souriants et détendus sur les planches. Gilles reste cependant très concentré derrière ses fûts qu'il frappe à la manière d'un métronome. Tiens, le chanteur marche également pieds nus pour ressentir les bonnes vibrations de sa musique. Cela devient même une forme de rite. Quoique sa présence soit discrète, Olivier commence à prendre de l’assurance. Il se révèle de plus en plus efficace à la gratte et remue de plus en plus. Le set s’ouvre par une nouvelle compo, « Elders' Choir ». Gabriel va bien sûr utiliser sa voix comme un instrument. Les envolées vocales sont nombreuses, mais il les maîtrise à la perfection. La musique de Beaudiful Badness, ne l'oublions pas, trempe dans le rock'n'roll. La section rythmique batterie/basse est solide. Les interventions de guitare et de claviers précises. « Everybody Knows » et « Hard To Do It » sont deux autres nouveaux morceaux. Lors de « Wasting Your Time », Gabriel pousse sa voix dans ses derniers retranchements, sans jamais déraper. Trois titres plus notoires : « Slipping Away », « Run » et « No more Chains for me ». Ravi, l’auditoire applaudit chaleureusement.

Pas de pull marin dans la salle. Pas de cover de Queen, non plus. Les minutes sont comptées.  Trente minutes et pas une de plus. Mais le meilleur arrive. « A Sunny Morning », tout d’abord. Un single très radiophonique, destiné aux charts. L'année 2015 pourrait être celle de BB. L'harmonium est remplacé par les claviers. Le spectre de Freddie Mercury plane pourtant. Toujours à cause de cette voix. Presque divine. Et quand le set est terminé, on a l’impression de ne pas avoir vu le temps passer.

Deuxième râteau de la soirée : le Rotonde est à nouveau bourrée comme un œuf, pour accueillir Little X Monkeys. Heureusement j'ai déjà vu plusieurs fois le groupe namurois, très pro sur les planches. Un combo fondé en 2012 par la professeur d'anglais d'origine mauricienne Marjorie Piret (chant) et le graphiste/webdesigner Francois Xavier Marciat (guitare, banjo, mandoline, harmonica). Ils sont épaulés par Antoine Dupagne à la gratte, le drummer Jerome Drese et le bassiste Justin Veronesi. Les Little X Monkeys se nourrissent aux racines du folk, du blues et du bluegrass. Ils réinventent à leur manière les vieilles musiques populaires américaines. Habitué du festival Roots And Roses de Lessines, ce n'est plus une découverte pour votre serviteur. Leur premier opus, « Mystic River », est paru en septembre 2014 et a été très bien accueilli par la critique musicale.

Direction l'Orangerie pour y voir et écouter les rappeurs de L'Or du Commun Et Roméo Elvis. Pas de lézard, le soundcheck s'éternise et les fréquences de basses sont insupportables. Les structures métalliques et les vitres tremblent. Vous avez compris, je préfère déguerpir…  

Glù est le dernier groupe à se produire. Ce sera à la Rotonde. Un ensemble bruxellois dont on dit le plus grand bien. Je souhaite donc voir ce set. Le quatuor pratique une forme de musique électro. Pas basique, mais bien structurée. Et qui intègre de la drum&bass, du dubstep, du breakcore et du hip hop. Le line up réunit Martin Daniel (Fender Rhodes / Korg MS20), Alex Rodembourg (drums), Dorian Palos (basse, FX) et enfin François Gaspar (FX/Samples/Synthés). Pendant le spectacle, ils seront rejoints par un chanteur/rappeur. Pour deux compos. A leur actif un single et un Ep chargé de promesses, publié chez NAFF Rekordz, « Glù#2 ».

Le groupe va nous en mettre plein les mirettes et les feuilles de chou. A cause de light show, des images de vidéos défilant sur l’écran placé derrière le drummer. Et puis de la qualité de la musique. Faut dire que la Rotonde s’y prête bien. C'est le second groupe électro qui me scotche en quelques mois. La précédente claque, c’est Ez3kiel qui me l’avait assénée. La setlist indique les morceaux suivants : « Cotton Twat », « Disney », « Abyss », « Le Mensonge De La Vieille Grilf », « Triolisme », « Space Central Gamma 3 », « Berg Mere aka McBeafle ». Mais le band avait préparé de nouvelles compos pour le concert. Leur manager, Herbert Celis (NDR : encore un barbu bien sympathique) n'était pas au courant. Son petit label héberge quelques perles et cherche des dates pour son écurie. Je ne suis pas un grand fan d’électro. Mais proposé sous cette forme, aussi énergique et créative, le mélomane ne peut rester indifférent. Une belle surprise qui a sauvé ma soirée, car elle aurait pu être gâchée par les deux sets inaccessibles. Un nouveau rayon de soleil dans le paysage musical belge. Et la communion entre le groupe et le public conquis a été totale. Un tremplin pour le succès ? C’est tout le mal qu’on leur souhaite…  

(Organisation: Coproduction Botanique et Fédération Wallonie-Bruxelles en partenariat avec Court-Circuit et AssProPro)

Empty Taxi + Beautifull Badness + Little X Monkey + L’Or Du Commun et Roméo Elvis + Glü

 

mercredi, 04 février 2015 00:00

ProPulse 2015 : mercredi 4 février

Le ProPulse est un festival très intéressant, qui se déroule au sein du Botanique. C'est la première année que votre serviteur en couvre plusieurs jours. On y fait pas mal de belles rencontres. Notamment d’artistes. Débouchant sur de chouettes discussions constructives. Et bien sûr on y fait des découvertes. C’est également un des objectifs de cette organisation. Le Propulse ressemble un peu à l'Eurosonic de Groningen (Pays-Bas), le marché où artistes se vendent et programmateurs préparent leurs affiches. Court-Circuit, un fameux tremplin pour nos artistes émergents, s'est associé cette année aux structures qui boostent et promotionnent ceux issus du Nord du pays. Une prise de conscience salutaire, qui permet de comprendre que la Wallonie et la Flandre de la Culture ne sont plus des pays étrangers. Enfin, il n'y a plus de barrière de langue pour la musique en Belgique. Et c'est très bien. Il est à noter qu'il y a très longtemps que le Botanique l’a compris et ouvre ses salles aux artistes de l’autre communauté linguistique.

Mais revenons à nos moutons. Scotché par la prestation de Byron Bay –une formation flamande particulièrement douée et dont on va certainement entendre parler, dans un proche avenir– j’ai relevé parmi les bonnes surprises, les sets d’Ottilie, de The Brussels Vocal Project (NDR : une fameuse claque), de Cargo Culte et d’Alaska Alaska qui ne fait que confirmer sa progression.

Il y a pas du monde dans les couloirs du Botanique. Et j’ai l’impression que le chauffage a été poussé au maximum pour, non pas faire monter la température, mais l’ambiance. Des tas d’artistes présentent leur projet dans les couloirs. La journée jusqu'à 18 heures est réservée aux professionnels du monde du spectacle. Et des artistes émergents ont l’opportunité de se produire pendant une demi-heure à l'Orangerie ou à la Rotonde.

Première révélation de la journée, Ottilie monte sur les planches de la Rotonde à 15h45. Plutôt jolie, cette dame se singularise par un accent méditerranéen. Ottilie Bouchareu est originaire des Hautes-Alpes ; mais elle est installée à Bruxelles. Elle a publié un concept album en 2013, « Histoire d'O2 », un disque classé parmi les 10 albums francophones de l'année par Telerama / France Inter. Son second essai est un Ep. Intitulé « Histoires d'O Deux », il a reçu le concours de Nicolas Repac (Arthur H, No Format), lors des sessions d’enregistrement. Et il est paru en mai 2013. Femme libre, Ottilie décline des origines multiples (Kabylie, Mongolie, Italie). Ses influences oscillent de Björk à James Blake en passant par Fink, Gainsbourg, Satie, Les Elles, Sainkho Namtchylak et Abida Parveen. Perso, j’estime qu’elle puise également ses sources chez une artiste américaine décalée que j'adore, Merril Garbus aka tUnE-yArDs. Il n’y manque que les plumes et le grimage.

Sur l’estrade, le décor est basique. On remarque la présence d’un micro, d’un laptop, –une machine qui fait des prodiges quand on se produit en solo– disposé sur une table et d’un accordéon ainsi que d’un tambourin, sur la droite. Vêtue de noir, elle marche pieds nus afin de garder le contact avec les planches et y ressentir les vibrations. La chamane attaque « Automne ». Sa voix semble venir de loin. Peut-être du Tibet. Très caractéristique, elle est imprégnée des chants du monde (diphonique, soufi). Elle empoigne son accordéon et en extrait des sonorités qui vous caressent les oreilles. Elle le maîtrise parfaitement et se lance dans un tango teinté d'électro, tout au long de « Donne Tes Elles ». Un voyage entre la France et l’Argentine, empreint de magie ! La loop machine fait merveille. Les rimes de la poétesse également. Des voix sauvages et corrosives parcourent « Chapeau d'O », un titre balayé par son instrument fétiche. Mais également des gazouillis de passereaux. Mélopée, « Au Bord Des Lèvres » est une compo plus paisible. Ottilie entre en transe et esquisse un petit pas de danse mécanique sur « La Danseuse », un morceau parsemé de tonalités de clochettes, virtuelles et pourtant si présentes. Un partenaire virtuel qui échange un duo avec elle pour  « All'o ». Son laptop !

A l’instar d’un concert de JoeyStar, l’auditoire est invité à se remuer, à mouiller sa chemise. Elle replace ses boucles dans le dos et nous invite à imiter le bruit du bourdon. Accordéon en mains, elle entame « Crayons ». Les crayons ne sont pas contents et sont en colère. Un hommage à Charlie au cours duquel elle s’autorise des envolées vocales à la Jacques Brel. Elle joue sur les rimes et slame. Dans l’esprit de Grand Corps Malade. Balayée par ses interventions de tambourin, la trame sonore est arabisante. On se croirait dans le désert. Le spectacle touche à sa fin. Après « Survive, Je Suis L'Etoile », place à « Mad'Ame Rêve », une reprise d'Alain Bashung plus que personnelle. Et son set de s’achever par « Imbécile Heureuse ». Une guimbarde artisanale cède le relais à un beat boxing humain. Un félin s’est invité dans la gorge et pousse à recommencer la chanson. Un spectacle à la fois simple, interactif, troublant, original, artisanal et pourtant tellement professionnel qui a enchanté l’auditoire. En outre, l’artiste est sympathique et accessible. Elle se produira prochainement en première partie de tUnE-yArDs et de Björk.

The Brussels Vocal Project constitue la deuxième bonne surprise. Ce sextuor se produit dans l’Orangerie. Il réunit six chanteurs : François Vaiana, Elsa Grégoire, Anu Junnonen, Frédérique Borsarello, Jonas Cole et Gilles Wiernik. Pas un seul instrument sur les planches. Leur musique s’inscrit dans un courant jazz contemporain. Les sonorités chaudes et douces se mêlent aux complexités harmoniques, syncopées et rythmiques. Pour leur premier projet, le collectif s’est associé à des compositeurs de jazz belges notoires tels que Fabrizio Cassol, Nathalie Loriers, Fabian Fiorini, Diederik Wissels, Pierre Vaiana, Pirly Zurstrassen et Serge Lazarevitch. On est en plein dans l'univers musical de la pièce maîtresse signée Pierre Van Dormael, « The Art of Love ». C’est aussi le titre de leur premier elpee. Le décor est planté. Je ne suis pas très accro au jazz, mais dispensé sous cette forme, à petites doses, teinté de slam et de rap, et lorsque les voix touchent au sublime, on ne peut que succomber. L'Orangerie est soudainement transformée en cathédrale désacralisée, pourtant propice à des moments de recueillement, d’émotion, au sein de laquelle la perfection des voix fait dresser tout ce qui est pileux sur le corps. Délicate, mystique, presque divine, l’expression sonore se savoure par petites doses, comme un bourbon grand cru…

Un petit tour au bar pour se désaltérer, un peu de marché musical et quelques causeries avec des artistes en attendant la soirée publique qui va débuter à 20h00. Elle va se dérouler en alternance entre la Rotonde et l'Orangerie.

Byron Bay est un quatuor gantois composé de Tom Verstappen, Dries Lybaert, David Maes et Sander Stuer. Ils sont jeunes et beaux. Ils ont même des visages d'anges. Et Tom a une superbe voix, douce et paisible, chaude et limpide, taillée pour le country/folk. Ils viennent de signer chez Universal. Ils on été finalistes du concours 'Humo's Rock Rally’, en 2014 et ‘De Nieuwe Lichting’, en 2013. Ils n'ont rien à perdre et tout à donner. Fans de Balthazar, The Black Box Revelation, Compact Disk Dummies et Goose, ils ont publié un premier single intitulé « God Only Knows », et devraient marcher sur les traces de leurs idoles, mais également de dEUS, Oscar And The Wolf, The Subs et bien d'autres, qui sont parvenus à s’exporter au-delà de nos frontières.

Le show s’ouvre par « Do You Wrong » et embraie par « Collide », deux morceaux sucrés qui fondent dans vos tympans comme de la gelée royale. Le chant de Tom est clair. Il me fait penser à celui de Max Colombie chez Oscar And The Wolf. « Jesus, Etc. » est une cover de Wilco. Et la version est empreinte d’une grande tendresse. Le public féminin est au bord de l’évanouissement. Tom, si tu es célibataire, tu risques de faire des ravages auprès des filles. Le set est intense et parfois électrisé par des guitares incisives et ravageuses. « God Only Knows » est une autre compo pleine de charme… Pour votre info sachez que le combo, part en tournée, comme supporting act de Jett Rebel. Ne les manquez pas !

Après ce fait saillant, direction l’Orangerie pour le set de Maw//Sitt//Sii, un autre groupe prometteur, au sein duquel milite Alexandre De Bueger, le drummer d’Alaska Alaska, qui se produira ce soir en compagnie d’Alaska Gold Rush, le vainqueur du dernier Court-Circuit. La vidéo de leur single « GEOMETRIC W//AYS » est superbe (voir ici). Alternatif, leur rock glisse parfois vers le post/rock expérimental. Les percussions sont tribales et sauvages. Alex est une vraie bête derrière ses fûts. Malheureusement, je ne résiste pas au volume sonore dispensé par les fréquences de basses, plus d’un titre. Puis, je bats en retraite.

Je préfère attendre et faire la file –particulièrement longue– pour assister à la prestation très attendue de Cargo Culte à la Rotonde. Tiens, Matthew Irons, frontman de Puggy, fait également la queue. On se salue. Il est venu soutenir ses comparses de Cargo Culte. Faut dire que Puggy et Cargo Culte ont le même manager, Nicolas Renard. Personnage très futé, il a du flair (NDR : il ne s'appelle pas 'renard' pour rien). La salle est bien remplie. Les sardines ne pourraient plus rentrer dans la boîte, tellement la foule est compacte. Cargo Culte est aujourd’hui réduit à un duo : il réunit Romain Castéra à la guitare, à la grosse caisse ainsi qu’Olympia Boule aux percussions électroniques. Qui se partagent également les vocaux. Daniel Bleikolm a quitté le navire. Le culte du Cargo désigne à l'origine des rituels très variés propres aux peuplades de Mélanésie et du reste de l'Océanie (à l'exception de la Nouvelle-Calédonie). Il ne s’agit pas du Cargo Culte canadien, mais belge. J’ai découvert Cargo Culte en première partie de Puggy, à l'AB, en 2013, lors d’un set pointu et novateur.

Et dès les premières notes, on a de nouveau des fourmis dans les jambes. Ce qui vous incite inévitablement à vous trémousser dans tous les sens. Les voix de Romain et d’Olympia sont fusionnelles. Elles caressent délicatement vos tympans. Pas de setlist, mais de toutes nouvelles compos. Pas d'extrait du premier Ep, « Another Road », paru en 2013. Pas de « Cherchez le garçon », la cover de Taxi Girl. Dommage ! La voix de Romain est toujours aussi blues, mais le virage électro est judicieux, même si on sait que le recours actuel à l’électronique fait très tendance. Tribales, les percus électroniques sont efficaces. Il n’y a plus que 5 cordes sur la gratte, quand Castéra attaque le single « Treble Everyday ». Les sets sont courts pendant ce festival. 30 minutes pour présenter une carte de visite susceptible de convaincre les programmateurs. Et à mon humble avis, le pari est réussi. En outre, j’ai l’impression qu’au vu de leur concert, leur nombre d’aficionados va exploser…

Cap vers l'Orangerie pour le show d’Alaska Alaska, un combo qui a bien évolué et a acquis une belle maturité en ‘live’. C’est en 2013, que j’avais découvert cette formation, en 2013 à l’Inc’Rock et en première partie de Balthazar.

Fondé en 2010, Alaska Alaska explore des tas d’horizons sonores, mais creuse plus particulièrement au sein d’un créneau pop/rock indie plutôt classique. Qu’on pourrait situer quelque part entre Cold War Kids et Arcade Fire, mais pas seulement. Un éventail de références qui permet de communiquer à leurs compos des ambiances à la fois captivantes et authentiques. Le groupe a décroché le premier prix du Jury et de la Ministre de la Culture dans le cadre du concours Tremplin de l'Inc'Rock festival, en 2013. Le line up réunit les guitaristes Martin Leroy, Adrien Chapelle et Elie Dewez, le bassiste Nicolas Pierson et le percussionniste Romain Trigaux, ces deux derniers doublant aux synthés. Et la troupe est complétée par le drummer Alexandre De Buerger. Il est derrière les fûts, pour la seconde fois de la soirée. Tout le monde participe au chant. Et Adrien tapote de temps à autre sur des claviers.

Leur premier Ep, « Nightingale's Creed », paraîtra ce 28 février. La Release party est d’ailleurs prévue au Belvédère de Namur. On va donc découvrir de nouvelles compos. Pas de setlist en vue (NDR : pas de quoi faciliter un reportage). M’enfin, ce n'est pas un problème majeur. La salle est blindée. La conjugaison des trois grattes est vivifiante. La section rythmique ne donne pas sa part aux chiens. Alex frappe métronomiquement ses peaux. Les synthés apportent une légère touche d’électro. Juste ce qu'il faut. Et les musicos déménagent sur les planches. Le son est bon et l'ambiance est bon enfant. Que demande le peuple ?

Votre serviteur est éveillé depuis 4h00 du matin et il commence à sentir la fatigue. Deux jours l'attendent encore au ProPulse. Je fais l'impasse sur Konoba. Enfin, après avoir écouté leur premier titre. Car il mérite qu’on s’y attarde. Drivé par le chanteur/guitariste/ Raphaël, le band est soutenu par le bassiste Maxime Honhon, le gratteur Maxime Simon, le claviériste Julien Vizzini et le drummer Edouard Cabuy. Au départ, il s’agissait du projet de Raphaël, qu’il avait créé en 2011, en Angleterre. Il y a séjourné 5 ans pour y étudier la musique, le son et la production. Après avoir sorti 3 Eps, il rentre au pays. C’était l'année dernière. Il remonte un band en compagnie des musicos susvisés. Le combo se produit notamment au Welcome Spring, Verdur Rock, Jyva'Zik, Botanique ou encore à la Ferme du Biéreau. Le single « Penny Dropped » est diffusé sur toutes les bonnes stations radiophoniques et fait le buzz sur la toile. La campagne de Crowdfunding sur Kiss Kiss Bang Bang pour financer son album s’achève dans quelques jours. Vu le talent de Raphaël, il mérite cette contribution participative…

(Organisation: Coproduction Botanique et Fédération Wallonie-Bruxelles en partenariat avec Court-Circuit et AssProPro)

Byron Bay + Maw//Sitt//Sii + Cargo Culte + Alaska Alaska + Konoba

 

samedi, 31 janvier 2015 00:00

Brigitte ou BB ?

Le concert est sold out. Nécessaire donc de débarquer plus tôt pour se procurer une bonne place. Pas de problème. Il est 18h30, j’arrive dans les premiers. Je remarque la présence de familles qui ont amené de jeunes enfants. Et je les félicite de permettre à leur progéniture de faire découvrir de tels spectacles et ainsi d’initier nos petites tête blondes, à la culture.

Il y a un peu plus de deux ans que j'ai vu les Brigitte en concert. Le supporting act est assuré par Chat, un duo réunissant Charlène Juarez au chant et aux synthétiseurs ainsi que Joseph aka Céline à la gratte acoustique et également aux claviers. Teintée d’une pointe d’électro judicieuse, leur musique mêle variété, pop et rock et est interprétée dans la langue de Voltaire. Chat a publié un album en 2009, « Folie douce » et un Ep, « Le coeur », en 2013.

Le set de Chat s’ouvre par « Let Me Go » ; mais si le titre est en anglais, les textes sont exprimés en français. « American Boy » est un hit décroché par la chanteuse britannique Estelle Swaray et le rappeur/producteur américain Kanye West. En duo. Il remonte à 2008. Le titre a été composé par Will.i.am des Black Eyed Peas. Il reprend le sample du morceau « Impatient » sur l'album « Songs About Girls » de Will.i.am. La version est adaptée en français. Ce qui aurait dû changer de l'originale, mais y ressemble très fort. Pas assez percutante à mon goût. Et le couple d’achever sa prestation par « I Love You ». Un spectacle agréable, un peu court (25’), mais sans plus ; en outre, un peu gâché par la brouhaha de la foule dans la fosse.

Changement de matos, avant d’accueillir la tête d’affiche.

Les Brigitte, ce sont deux nanas sexy qui ont la classe. Un duo qui réunit Aurélie Saada et Sylvie Hoarau. Leur premier album, « Et vous, tu m'aimes ? », est sorti en 2011. Il recèle les singles « Battez-vous », « La Vengeance D'une Louve » et « Oh La La ». L’elpee est devenu double disque de platine et leur a permis d’être récompensées aux Victoires de la Musique. L’année suivante, paraît le deuxième LP. Baptisé « Encore », y figurent « Allumez le feu », une chanson qu’Obispo avait refilée à Halliday, et une adaptation du « I Want Your Sex » de George Michael, très explicite. Un disque qui se consacre essentiellement à des reprises…

Printemps 2014, elles créent la surprise en lançant l"Elaboratoire Tour", une tournée de 11 concerts intimistes où elles présentent en avant-première, au public, quelques-unes des chansons du nouvel opus. Le rendez-vous partagé est réussi. Brigitte affiche complet sur chacune des dates. En automne, paraît leur nouveau long playing tant attendu, « A bouche que veux-tu », et elles reprennent la route pour accomplir une nouvelle tournée qui passait donc l’AB ce 31 janvier 2015. Pour y défendre leur dernier essai, publié en novembre dernier, « A bouche que tu veux »…

Lors de leur dernier périple, que ce soit au Botanique, au Cirque Royal ou pour les festivals, le décor était plutôt champêtre. Les chèvres ont été remplacées par une panthère, un tigre et un flamand rose. Le cadre est donc devenu tropical et sauvage. Les deux félines sont plutôt farouches et sensuelles dans leurs longues robes noires pailletées, fendues du côté droit jusqu'à l'aine, et ouvertes dans le dos, en forme de coeur. Elles sont le fruit de la création d'Alexis Mabille.

Il est 21h00 tapantes. Un petit coup de torche électrique du podium vers la table de mixage et les lumières de la salle s’éteignent, la musique d'ambiance s'interrompt et la toile tendue sur la scène tombe. Une silhouette féminine se glisse et vient se planter devant le micro central. Les rampes de spots illuminent cette silhouette qui se dédouble. Les filles attaquent « L'échappée Belle », le morceau d'ouverture du nouvel opus, « À Bouche Que Veux-Tu ». « Oh Charlie Chéri » est certainement dédié au drame qui a secoué Paris, il y a peu de temps. La chorégraphie est empreinte d'une grande sensualité. Les filles se contorsionnent, les corps se rapprochent et la fusion est totale. Différentes, les deux voix semblent adopter la formule de question/réponse. Les applaudissements fusent. Le public est chaud et l'accueil est chaleureux. Et elles en sont parfaitement conscientes. Les musicos du backing group sont discrets mais efficaces. Tout particulièrement la section rythmique basse/batterie. Parfois, le set s’emballe et devient plus électro et surtout dansant. Les paroles de « Coeur De Chewing Gum » jouent sur la métaphore : ‘Moi j'ai le coeur comme du chewing-gum, tu me goûtes et je te colle’. « Embrassez Vous » est une invitation que je cautionne. « Je Veux Un Enfant » : ici le message est clair. J'adhère. Et quand on passe à « À Bouche Que Veux-Tu », le délire dans la fosse est total. « Ma Benz » est une reprise de Supreme NTM. Elle est revisitée et même différente de leur version proposée lorsque j’ai vu ces 'Belles Dames', la dernière fois. Mon voisin de droite est aux anges. Il me signale pourtant qu'il adore le rock. Je lui réponds, qu’on y est en plein dedans. De temps à autre, elles empoignent soit une guitare, soit un autre instrument pour le bonheur des fans agglutinés devant l’estrade. Où il doit faire particulièrement chaud. Didier est bien installé au balcon. Confortablement assis, il savoure le spectacle. Après le très hot, « La Vengeance d'Une Louve », la setlist embraie par « Le Déclin », « Les Filles Ne Pleurent Pas », « J'Sais Pas », « La Poudrière », « Plurielle » et « Jésus Sex Symbol », avant de terminer par « Hier Encore ». Et au cours du premier ‘Encore’, elles vont nous réserver « Battez-Vous ». Acclamations nourries.

Elles accordent un second rappel pour y chanter « Oh La La », a capella. C'est déjà fini, le show est passé trop rapidement. Démonstratif, le public était à point et les Brigitte semblaient vraiment enchantées de l’accueil reçu.

(Organisation : Ancienne Belgique et Nada Booking)

Ce soir, l’AB est en configuration Théâtre. Donc, le spectateur est confortablement installé dans un fauteuil pour assister au concert. Pas sold out, mais presque. En supporting act, un jeune groupe issu du Nord du pays : Little Dots. Egalement un résident de l'Ancienne Belgique. Ou un chouchou de l’institution, selon. Depuis quelques années, il est de bon ton pour un artiste, de reprendre en ‘live’, et dans son intégralité, l’album qui a marqué sa carrière. Pour Lambchop, un combo issu de Nashville qui compte aujourd’hui 21 ans d’existence, il s’agit de « Nixon », paru en 2000. Un choix posé par le frontman du groupe, Kurt Wagner. Lors de sa sortie, cet elpee avait fait un véritable tabac en Europe –certains magazines dont Uncut l’avaient même qualifié d'album de l'année– alors que l'Amérique boudait ce petit chef-d'oeuvre. En outre, la formation est particulièrement populaire à Londres. Le NME et The Guardian sont d’ailleurs particulièrement élogieux à leur égard. D’ailleurs, ce spectacle ne sera exécuté qu’à deux endroits : devant nous et au prestigieux Barbican Centre de la capitale britannique. Un show qui rend également hommage à Mark Trovillion, ex-bassiste de Lambchop, décédé en 2014, à l'âge de 56 ans. Lambchop avait déjà opéré ce type d’exercice de style, en 2010, au Cirque Royal, dans le cadre du festival 'Autumn Falls’, mais pour « Is A Woman », un long playing paru en 2002.

The Little Dots assure donc la première partie. Vu la quantité d'instruments dispersés sur les planches, j’imaginais la présence de nombreux musicos sur le podium. Ce n’est pas le cas ; il s’agit d’un trio gantois drivé par l’ex-choriste de Lady Linn, Sophia Ammann. Plutôt jolie, elle possède une voix d’Ange et circonstanciellement, se consacre à la gratte. Elle est soutenue par le muti-instrumentiste Tom Callens (claviers, clarinette basse, etc.) et le guitariste Pablo Casella. A leur actif, un album intitulé « A Clear Running Stream », bien reçu par la critique musicale issue du Nord du pays. Mais guère notoire au Sud.

Le trio est à l'aise sur les planches et le courant passe immédiatement entre les trois artistes et le public. Little Dots entame son set par « Getting Out ». Réunissant essentiellement des quadras et des quinquas, l’auditoire est attentif. Silencieux même. La voix douce et limpide de la jolie Sophia rassure. Et devient saccadée tout au long de « Spin The Wheel », une compo légèrement jazzyfiante. Généreux, les claviers soutiennent parfaitement le chant. En général, un supporting act est destiné à chauffer la foule, afin de mettre la tête d’affiche dans les conditions idéales pour sa prestation. Little Dots propose une musique paisible, feutrée, qui si elle se prête bien à la configuration cosy des lieux, baigne plutôt au sein d’un climat intimiste. Et « Mirror Of Everyone » ainsi que « In A Silent Way » en sont deux belles illustrations. Sophie est passée à la gratte acoustique pour « Lost », avant le dernier morceau, « Cold Wind », interprété à trois voix. De quoi vous flanquer des frissons partout. Malgré le laps de temps relativement court (30’) qui lui a été imparti, je dois avouer que le set du combo s’est avéré plus que convaincant. Bref, ma soirée est déjà réussie…

Après un petit interlude sonore, Kurt Wagner monte sur l’estrade pour régler ses grattes. Agé de 56 balais, le leader de Lambchop est coiffé d’une casquette de basketteur. Il se plante à droite du podium ; ce qui n’empêchera pas les spots de se focaliser sur cet artiste tout au long du concert. Il est soutenu par un backing group. Tout d’abord par Tony Crow, préposé au piano à queue et aux claviers. Très souriant, il s’installe légèrement en retrait. Matt Swanson se charge de la basse et Scott Martin, des drums. Ce dernier se place à l’extrême gauche. Enfin, les cuivres sont assurés par Matt Glassmeyer alors que Ryan Norris va jongler entre les synthés et la guitare. Le décor est planté. Lambchop n’a plus qu’à attaquer l’album, dans l’ordre des morceaux de l’opus. Je ne connais pas trop bien ce groupe. L’annonce de l’AB parlait d’americana. J’en avais donc conclu qu’il s’agissait d’une formation country dont les musiciens se servent d’une pedal steel, d’un banjo, d’un violon et autres instruments spécifiques. Pas du tout ! Lambchop est sans doute considéré comme combo de country ; mais ce soir, il n’en sera guère question.

Le drummer mène la danse. Kurt a plutôt une voix de crooner que celle d'un cow-boy. Au fil du set, elle devient même soporifique. L’expression sonore oscille entre le jazz, la soul et le folk. Les musiciens sont des pros et cela se ressent. L’ordre du tracklisting est respecté. Sans interruption, ni interlude. Un ennui certain commence à m’envahir. Pourtant, l’auditoire semble absorbé et applaudit chaleureusement.

« Nixon » a été joué dans son intégralité. Le boulot est terminé. Place à la détente. Tony plaisante. Il s’adresse à Kurt en parlant de sexe et de nanas. Ce dernier le rappelle à l’ordre et lui rappelle que le concert n’est pas encore arrivé à son terme. Et je dois avouer que c’est à partir de cet instant que je vais me réveiller. La cover du « Give Me Your Love » de Curtis Mayfield et « My Face Your Ass », extrait de l’album « Thriller », paru en 1997 (NDR : pas celui de Michael Jackson !), me bottent particulièrement. Tout comme « If  Not I'll Just Die », le morceau d’ouverture de l’album « Mr M », gravé en 2012. En finale, Tony refait le pitre et nous interprète « Gone Tomorrow ». Kurt revient à nouveau sur l’estrade pour attaquer une version magistrale et épatante du « Young Americans » de Bowie.

Curieux, la pièce centrale, en l’occurrence l’interprétation de l’album « Nixon », m’a littéralement cassé les pieds (ou anesthésié les oreilles). A contrario, la fin de parcours m’a vraiment emballée. Lambchop est un excellent groupe, ce n’est plus à démontrer. Mais je me demande s’il est bien judicieux de polariser tout un spectacle sur un album particulier. La concentration y est extrême ; ce qui nuit à l’interactivité entre les musicos et l’auditoire. On a d’ailleurs pu le constater en fin de parcours, lorsque les membres du band ont commencé à se libérer…

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

jeudi, 29 janvier 2015 18:30

La matin ensoleillé de Beautiful Badness

Le nouveau clip de Beautiful Badness vient de sortir. Il était très attendu. Il s’intitule « A Sunny Morning » est également paru en single.

http://youtu.be/ADVRoGyFDHw

Il a été produit par Koen Gisen, le complice barbu d'An Pierlé. Un titre à regarder et surtout à écouter. La voix de Gabriel y est diabolique. Le clip est sorti le 26/01/2015. Il précède la parution d’un premier album très prometteur.

A regarder, télécharger et partager…

La formation se produira en concert dans le cadre du ProPulse le 05/02/2015, dès 20h50 à l’Orangerie du Botanique. Venez les soutenir, ils vont cartonner en 2015…

http://www.beautifulbadness.com/

 

dimanche, 25 janvier 2015 00:00

Une pluie de classiques...

Roger Hodgson et Rick Davies étaient les leaders de Supertramp, une formation responsable d’une dizaine d’albums (NDR : dont les incontournables « Crime of the century » et « Even in the quietest moments ») de rock dit progressif ; et puis de tubes encore diffusés aujourd’hui en radio, comme « Give a little bit », « Dreamer », « The logical song », « Take the long way home » et bien d’autres. Aussi, le retour de Roger Hodgson constitue toujours un évènement particulier, surtout quand il se produit au Cirque Royal. L'artiste est très apprécié par le public belge et il lui rend bien, en ‘live’. En supporting act, Natalia Doco est sortie de sa pampa argentine pour chauffer l’auditoire.

Natalia Doco est née à Buenos Aires, capitale de l'Argentine. A 21 ans, elle quitte son pays et parcourt le Mexique de long en large. Il y a un peu plus de deux ans, elle décide de tout plaquer et débarque à Paris, pour y vivre. En se servant de sa voix et de sa gratte. Elle apprend la langue de Molière. Elle est repérée par Serge Sabahi, un véritable découvreur de talents. Le courant passe immédiatement et une grande complicité s’établit entre Natalia, Serge et Jérémy Fréro, mais surtout avec Flo De La Vega. Une petite soirée romantique et ils ne se quittent plus. Au début, elle adapte des chansons d'Amy Winehouse, de John Lennon, d'Asaf Avidan et de Bob Marley. Puis, elle décide d’écrire ses propres compos. Interprétées en espagnol ou en anglais. Elle publie alors son premier elpee, « Mucho Chino », quelle interprète tour à tour dans la langue de Cervantès, Shakespeare ou Molière. Jacques Ehrhart, qui a produit « Chambre avec vue » d'Henry Salvador, « Sac des filles » de Camille et « Navega » de Mayra Andrade, se charge de la mise en forme. Natalia ne renie pas ses origines ni sa famille ; car son père était guitariste mais également fan de Led Zeppelin et de Chavela Vargas.

Ce soir, notre belle latino est seule sur les planches uniquement armée de sa six cordes acoustique. Quelques lampes sont allumées et accrochées au plafond. Le décor est planté. Et il est simple. Le Cirque Royal est sold out. Il est 18h00. Une heure inhabituellement avancée pour y assister à un spectacle.  

Il n’est pas évident d’assurer une première partie, surtout face à un public averti et exigeant. Mais Natalia a suffisamment de talent pour le séduire. Sa beauté naturelle. Son sourire ravageur. Son toucher de guitare. Aussi précis qu’efficace. Et puis surtout une voix tour à tour limpide, puissante, caressante, enfantine ou sensuelle. De quoi vous réchauffer le cœur.

Après être montée sur l’estrade, Natalia Doco signale qu'elle a discuté avec Roger et qu'il est sympa. Fou rire général. D’autant que son accent hispanique provoque une bonne humeur contagieuse. Le son est excellent. Faut dire que la salle s'y prête facilement. Dès la première chanson, le public se laisse entraîner dans l’univers empreint de charme et de fraîcheur de l’artiste. Et au fil du show, il l’applaudit de plus en plus chaleureusement. Elle dédie une chanson d’amour à son compagnon de route Flo, en espagnol, parsemé de quelques ‘Je t'aime’ en français. Elle adapte le « Je me suis fait tout petit » de Brassens. On n’entend pas une mouche voler. Et termine son set par un « Mucho Chino » magistral. Suffisant pour satisfaire un public qui a la nette impression d’avoir assisté au concert d’un grand talent en devenir…

Roger Hodgson aime venir en Belgique et notamment au Cirque Royal. Il le déclare dès qu’il débarque sur les planches. Il est alors précisément 19h00. Il sait également qu’il bénéficie d’un fanbase plus que conséquent. Et il le signalera à plusieurs reprises. C’est le boss de Classic 21 qui est venu présenter l’artiste. Roger est un artiste attachant, sympathique et d'une simplicité déconcertante. C'est son premier spectacle en 2015 et Bruxelles constitue la première date de la tournée 'Roger Hodgson's 2015 Breakfast in America World Tour'. Donc on doit s’attendre une majorité de titres issus de cet opus vendu à plus de 25 millions d'exemplaires. Sur le podium, le décor est sobre. On y remarque la présence des habituelles plantes vertes (NDR : à force d’être trimballées aux quatre coins de la planète, elle ne doivent plus être très fraîches…) En arrière-plan, sur la gauche, est tendue une grande toile bleue, sur laquelle figure le nom de l'artiste.

Hodgson chante, joue des claviers, du piano à queue, de la gratte acoustique ou électrique. Quatre musicos l’épaulent : Aaron Macdonald au saxophone, mélodica, fifre, flûte traversière, harmonica, synthétiseur etc., Bryan Head aux drums, Kevin Adamson aux synthétiseurs et David J Carpenter la basse. Finalement, la setlist va proposer de nombreux hits de Supertramp. Nostalgie, nostalgie…

« Take The Long Way Home », extrait de l'album « Breakfast in America », sorti en 1979, ouvre le show. Première chanson aux claviers. Un premier moment fort. L’artiste est déjà longuement et chaleureusement applaudi. Place ensuite à « Sister Moonshine », tiré de « Crisis? What Crisis? », paru en 1975. Roger empoigne alors sa six cordes acoustique. Et il nous berce de sa voix particulière mais tellement douce. Moment de recueillement, lorsqu’il se charge des ivoires pour « Lover In The Winds ». A cet instant on a l’impression que l’auditoire boit les paroles du maître de cérémonie. Il revient vers son clavier placé en avant-scène pour « Breakfast in America », une pièce maîtresse. Les oreilles sont en extase ! Cette chanson a traversé les décennies sans perdre de son intensité. Aaron Macdonald s’y révèle magistral aux cuivres. En 1987, Hodgson a été victime d'une mauvaise chute et s’est brisé les deux poignets. Les médecins avaient signalé à Roger qu'il ne pourrait plus jamais jouer d'un instrument de musique. C'était mal connaître l'artiste. Un an et demi plus tard, à force de volonté et de soins, il recommençait à en jouer. Quelle volonté ! Et en 2000, il gravait l’elpee « Open The Door », dont il nous propose « Along Came Mary »…

« Hide In Your Shell » figure sur « Crime Of The Century », ce fameux long playing paru en 1974. Le véritable départ de la carrière de Supertramp. Cette compo évoque les thèmes du repli sur soi et de la folie. Malgré ses 65 balais, il y démontre que sa voix n’a rien perdu de sa superbe…

Il enchaîne deux morceaux : « Only Because Of You » et « Lord Is It Mine ». « Only Because Of You » est le titre maître de son premier opus solo. Un disque gravé en 1984, soit un an après la séparation de Supertramp. Et il en extrait encore « In the Eye Of The Storm ». « Lord Is It Mine » figure sur « Breakfast in America », un titre étrange et tendre à la fois, au cours duquel Roger siège derrière son piano. Et du même long playing, il nous réserve encore « The Logical Song », revenant, pour la circonstance, aux claviers. « Death And A Zoo », issu d’« Open the Door » est une composition construite comme un opera rock. Si la mélodie est soignée, l’instrumentation est plutôt emphatique. Du Pink Floyd à la sauce Hodgson! Anna fête son anniversaire ce soir. Elle est dans la salle. Elle lui avait écrit pour lui signaler et il lui dédie « Dreamer », après avoir exécuté au clavier un ‘Happy Birthday’, repris en chœur par l’auditoire. Roger Hodgson soigne son public aux petits oignons. L’inévitable « Fool's Overture », tiré d’« Even in The Quietest Moments » (1977) clôt le set. Et le final au piano est remarquable.

Lors du rappel, Roger nous accorde « Two Of Us » et « Give A Little Bit ». Une petite dernière avant de rentrer. C’est ce qu’il nous raconte en introduction de cet (avant)-dernier titre. Il n'est que 21h00. Car il concède encore « It's Raining Again ». Pas de parapluie, cette fois-ci ouvert, au premier rang, comme en 2013. Il sera pourtant nécessaire, dès qu’on mettra le nez dehors, car eh oui, il pleut…

(Organisation AA Productions)

mardi, 27 janvier 2015 19:33

United Opposites (Ep)

Chez Ozvald, la colonne vertébrale est assurée par les guitaristes Stéphane Panozzo et Giuseppe Petolillo. Ce dernier se réserve également le chant. Stéphane est drummer de formation, mais c’est Maxime Pasquini qui se charge des fûts. Laurence Leclerq est préposée au violon alors que la basse est assurée par Raymondo Tornabene (ex-Al Dente) qui a remplacé Fabrice Giacinto au sein du line up. Fondé en 2012, le band est né des cendres du défunt Al Dente, au sein duquel militait Giuseppe. Un artiste qui a également sévi chez Rimbaut et Monsoon. Et en fondant Ozvald, il avait envie d'explorer un nouvel univers musical. Un univers dont les influences oscillent de Jimi Hendrix à Fink, en passant par King Crimson, Talking Heads, Primus, Pearl Jam et Pat Metheny. Elaborée, complexe même, presque prog/rock, la musique d’Ozvald nous entraîne à la découverte de fjords profonds et mystérieux de Scandinavie. S’y baignent elfes et sirènes dont les chants envoûtants vous tourmentent…

Tout au long de « The Little Guys With His Pie », la voix de Giuseppe est torturée, un peu comme celle de Bowie, une compo au cours de laquelle les interventions mélancoliques du violon vous remuent les tripes. Un violon qui devient même ravageur, sans pourtant agresser, sur « Next Time ». Et qui particulièrement amplifié, trituré, cherche à supplanter la six cordes sur « Empty Space ». Sans pourtant y parvenir. Après « Upside Down », que je qualifierai de véritable perle, le disque s’achève par « Highway To Glory », un morceau balisé par la section rythmique… Pour un premier essai, Ozvald n’a pas manqué sa cible. Excellent !

Il se produira en concert :

-Sam 07/02/15: Dour (@People's House + Speaking Corner)

-Vend 10/04/15: La Louvière (@l'Annexe)

-Sam 02/05/15: Hautrage (@Canal 10 + support)

-Vend 22/05/15: Dour (@SkiaRockFest + support)

-Vend 29/05/15: Hem/Lille/Fr (@Salle des fêtes + support)

-Vend 03/07/15: La Louvière (@La Taverne du Théâtre)

 

mercredi, 21 janvier 2015 16:13

La Cavale

Originaire de l'île de La Réunion, Robi, aka Chloé Robineau, publie son second elpee, ce 26 janvier 2015. Il s’intitule « La Cavale ». Elle avait réalisé des débuts prometteurs en 2013, en gravant un premier elpee baptisé « L'Hiver Et La Joie », disque qui faisait suite à un Ep 6 titres éponyme paru en 2011. Des morceaux comme « Je Te Tue », « Où Suis-Je » ou « Ma Route », interprétés en compagnie de Dominique A. sortaient largement du lot.

L’image de la pochette nous montre une artiste habillée de noir ; un climat sombre reflété pleinement dans les textes de certaines chansons.

« L'Eternité » ouvre la plaque. Il s’agit du single qui a précédé la sortie du long playing. Une plage qui confirme la singularité de l'artiste qui s'inspire largement du mouvement cold wave et en particulier de Joy Division. Exprimés dans la langue de Voltaire, les lyrics évoquent à la fois Bashung, Noir Désir et Barbara. Agée de 32 ans, elle a pris de la bouteille. Elle a ainsi participé activement à la réalisation de son premier clip, aidée par Frank Loriou (direction photo), de Fabien Pouillaut (chef opérateur) et de Romain Wagner (effets spéciaux). La gestuelle de la chamane et son regard perçant voire troublant accentuent le mystère. Sa pop est nonchalante. Tout au long d’« Etre Là », sa voix se fait tour à tour frustre ou douce, dominatrice ou séduisante. Parfois, le tout à la fois. Il est cependant nécessaire d’écouter les compos à plusieurs reprises pour s’imprégner de l’ambiance créée par l'instrumentation.

« Devenir fou » dépeint un univers triste et mélancolique. Poétesse des temps modernes, elle exprime ses angoisses, ses névroses et ses doutes. Au départ, la ligne de basse est névrotique, puis le refrain propage sa contagion. Cette musique est susceptible de vous rendre dingue. La voix de Robi communique facilement ses émotions. Le lien est fait. Caractérisé par ses synthés, « Nuit de fête » opère un véritable retour vers la fin des années 90, une piste dont la mélodie vous prend aux tripes, alors que la basse s’y révèle à la fois sauvage et enjôleuse. « Danser » est une compo supposée inviter au dancefloor ; mais la fin de parcours s’avère bien plus tourmentée. Hantée par un violoncelle, « Le Vent » est une plage obsessionnelle. A la limite de la persécution, mais sans jamais vous agresser… « A Cet Endroit » est sans doute le morceau le plus accessible. Très belle chanson, « Le Chaos » est empreinte de réalisme. Languissant, « A Toi » adopte un refrain répétitif. « Par Ta Bouche » opère la liaison idéale avec le dernier titre, « La Cavale ». Le titre maître. Il clôt le disque à la perfection. Une compo remarquable. Ténébreuse. Froide. Glaciale même. Et paradoxalement chaleureuse, en même temps. Ce disque est à savourer par doses homéopathiques. Afin d’y déceler toutes les subtilités qu’il recèle…

 

mercredi, 21 janvier 2015 15:59

Ghost Stories Live 2014

C’est en 1996, à Londres, que le chanteur/pianiste/guitariste Chris Martin et le guitariste Jon Buckland décident de monter un groupe. Le gratteur Guy Berryman les rejoint ensuite et le band insulaire prend le nom de Starfish. Ce n’est qu’après l’arrivée du drummer Will Champion et du producteur Phil Harvey, qu’il opte pour le patronyme de Coldplay. Soit en 1998. Il publie alors ses deux premiers Eps. Et signe chez Parlophone. Coldplay est devenu aujourd'hui l'un des plus grands groupes de rock à succès du nouveau millénaire. Il a ainsi vendu près de 60 millions d'albums. Critiqué mais régulièrement récompensé, il a décroché 8 Brit Awards, 7 Grammy Awards, 6 Q Awards et 5 NME Awards. Il a aussi été élu, en décembre 2009, quatrième meilleur artiste des années 2000 par les lecteurs du magazine Rolling Stone.

Si « Parachutes », leur premier long playing, est à la fois considéré comme leur meilleur gravé à ce jour, méritant d’ailleurs de figurer parmi les albums cultes, ce sont « X&Y » et surtout « Viva la Vida Or Death And All His Friends » qui vont permettre à Coldplay d’asseoir sa consécration. Paru en 2011, « Mylo Xyloto » nous avait laissé sur notre faim. Et le mollasson « Ghost stories » trop peu voire pas du tout satisfait. Qu’attendre dès lors de cette version live de ce long playing ?

Coldplay se rappelle donc aux bons souvenirs du Père Noël en publiant ce « Ghost Stories Live 2014 » que les fans ont certainement eu à coeur de déposer au pied du sapin. Il y réunit un dvd et un cd qui reprend les titres de l’LP studio, dans son intégralité et dans l'ordre des morceaux. Le second compile des prestations accordées à Londres, Sydney, Paris et New York. Face à un public enthousiaste, le quatuor égrène ses compos empreintes de douceur, dans des adaptations scéniques qui l'éloignent du cliché de ‘stadium band’. Un statut qui lui colle à la peau. « Magic », « Ink » et « Oceans » affichent un côté atmosphérique et délicat très réussi. Il est vrai que sur les planches, les musicos sont de véritables bêtes de scène ; et en particulier Chris Martin. Ayant eu le bonheur d’assister 4 fois à l’un de leurs shows, je vous avoue que leur musique me procure des sensations particulières. Le rêve peut même devenir parfait en fermant les yeux. Des conditions idéales pour être téléportés dans l'amphithéâtre où se déroule l'évènement.

Coldplay lance également un clip novateur pour « Ink », le quatrième single tiré de l'album « Ghost Stories ». L'expérience est à vivre dès maintenant ici. Les fans peuvent choisir eux-mêmes le déroulement de l'histoire à travers un conte interactif et animé qui vous emmène sur les traces d'un jeune voyageur à la recherche de son amour perdu. Tout au long de la vidéo, le spectateur est amené à faire des choix en temps réel qui influencent le déroulement de l'histoire. Plus de 300 histoires différentes peuvent ainsi prendre vie. Ce nouveau clip suit de près, la sortie de l'album « Ghost Stories Live 2014 ».

« Ghost stories » est un album mélancolique qui reflète l’état dépressif de Chris, vécu juste après sa rupture avec Gwyneth Paltrow. D’une durée de 35 minutes, on ne peut pas dire qu’il soit particulièrement inspiré.

Mais venons-en au live ! « Always In My Head » ouvre le concert comme l’elpee. Tout en douceur. Le chant est intense et passionné. Un peu plus électro, « True Love » et « Midnight » élèvent davantage le tempo. Les titres des morceaux reflètent les déboires amoureux de notre nouveau célibataire : « Tell Me You Love Me » (Dis- moi que tu m'aimes), « Meet Me In The Rain Again » (Rencontre-moi à nouveau sous la pluie), « I Am Going To Give You My Heart » (Je vais te donner mon coeur), « True Love » (Le véritable amour). Les deux premier ssingles (« A Sky Full Of Stars », co-produit par Avicii et « Magic »), adoptent également un profil plus électro.

Pour accompagner ce dernier opus, la bande de Chris Martin a décidé de sortir un cd live des performances de leur récente tournée mondiale et d'un concert accordé en petit comité, dans les studios Sony de Los Angeles, face à un auditoire trié sur le volet qui découvrait les nouvelles chansons en avant-première.

Setlist :

« Always In My Head » (Live at the Royal Albert Hall, London)
« Magic » (Live at the Enmore Theatre, Sydney)

« Ink » (Live at Le Casino de Paris, Paris)
« True Love » (Live at the Enmore Theatre, Sydney)
« Midnight » (Live at the Royal Albert Hall, London)
« Another’s Arms » (Live at the Beacon Theatre, New York)
« Oceans » (Live at E-Werk, Cologne)
« A Sky Full Of Stars » (Live at the Royal Albert Hall, London)
« O » (Live at Royce Hall, Los Angeles)

« Songs From Tsongas » célèbre le 35ème anniversaire de Yes. Un groupe qui est passé par différentes phases : du succès pendant les années 70 à la grande baisse de régime au début des 90’s. Mais Yes est toujours parvenu à revenir intelligemment en force sur la scène progressive mondiale grâce au talent de ses musiciens. Un concert de Yes est à voir. C'est un peu kilométrique (plus de 3 heures), mais quel bonheur de revivre un pan de l'histoire du rock en compagnie de tels artistes. Ce box sort en DVD Blu-ray (pour la première fois, offrant en bonus dix titres du concert de Lugano), en format double DVD standard et en coffret de 3 cd's audio.

Il s'agit de la reprise d'un fameux concert filmé en mai 2004 lors de la dernière tournée de Yes, le ‘Full Circle 2004’. Ce périple signait le grand retour du claviériste Rick Wakeman. Deux membres originels sont toujours au poste : Jon Anderson (chant) et Chris Squire (basse). Steve Howe (guitares) est arrivé en 1971, juste après la sortie du « Yes Album ». Alan White (batterie) a été contacté après l'enregistrement de « Close To The Edge », fin 1972. Il remplace alors le drummer Bill Bruford, parti rejoindre un autre géant du prog/rock, King Crimson. Aux yeux du grand public, Yes est surtout associé au tube « Owner Of A Lonely Heart », paru en 1983. Le groupe publiait alors l'album « Drama » et venait de vivre une grosse crise, suite aux départs successifs de Rick Wakeman (solo), Jon Anderson (solo) et de Steve Howe (pour Asia). D'ailleurs, Anderson sera appelé à la rescousse pour chanter sur l'album « 90125 » alors que l'excellent Trevor Rabin récupère le rôle de guitariste.

Après le Live de Montreux en 2003, place à deux concerts en un, captés live en 2004 : le premier à la Tsongas Arena de Lowell (Massachusetts) au décor original (des structures gonflables peintes par Roger Dean), qui bénéficie d’un excellent light show. Le second en plein air, plus classique, accordé dans le cadre de l'Estival de Lugano en Suisse (bonus DVD).

« Going For The One » célèbre le retour de Rick Wakeman aux claviers. Steve Howe démarre par du bon vieux rock’n’roll, mais les harmonies vocales et les claviers reprennent rapidement le dessus. « Sweet Dreams » est extrait du second album, « Time And Word », paru en 1970. Cette plage est caractérisée par son efficacité mélodique ; ce qui lui a permis de se traduire en hit. Malgré l'amour de Yes pour la musique symphonique, ici la simplicité est de rigueur. « Your Move/I've Seen All Good People » est une chanson découpée en deux parties, extraite du fameux troisième opus « Yes Album », qui marque l'arrivée du guitariste Steve Howe et le départ de Tony Kaye après l'enregistrement de cet LP. La première met en exergue les talents vocaux de Jon. La seconde est plus rock. « Mind Drive Part 1 And 2 » est un morceau d'anthologie trop peu entendu en live. Il s’étale sur plus de 18 minutes. Peut-être interminable pour le mélomane lambda, mais tellement essentiel pour tout aficionado averti. « South Side Of The Sky » est un des classiques de Yes, extrait de « Fragile », paru en 1972, qui est également trop rarement dispensé en live. « Turn Of The Century » est le second extrait de l'album « Going For The One ».

Sur le second cd, Wakeman nous réserve un solo de piano, à la fois solide et enchanteur, sur « The Meeting ». De l'album « Fragile », « Long Distance Runaround », est un autre standard du band. La version alternative de « Roundabout » trempe dans le blues. Le spectre de Clapton plane. J’épinglerai encore le surprenant « Ritual » (en bonus) et une version revisitée de l'incontournable « Owner Of A Lonely Heart ».

Bref, les prestations immortalisées sur ces supports sont en tous points parfaites. Ou presque. Un box que tout aficionado de Yes doit se procurer. Et pas seulement par sympathie. Car le combo demeure un incontournable de l’histoire du rock. Il est d’ailleurs difficile pour votre serviteur d’émettre un avis impartial sur sa discographie, car je reste un inconditionnel de la formation.

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