Yuksek revisite Laurent Voulzy…

Le musicien, compositeur, réalisateur et producteur de musique électronique Yuksek revisite « Cocktail chez mademoiselle », le titre de Laurent Voulzy paru en 1979 sur son album « Le cœur grenadine ». Il en propose une relecture retro futuriste, groovy et…

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Didier Deroissart

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Un spectacle d’EZ3kiel est censé nous en mettre plein les oreilles et la vue. Sa tournée passait par le Rockhal, au Luxembourg, et l’Aéronef de Lille. Votre serviteur a choisi la métropole nordiste, et il ne va pas le regretter. L’accueil est chaleureux. La salle est superbe. Pour la circonstance elle a été adaptée en configuration Box, comme à l'AB. Les rideaux son tirés et isolent l’auditoire du premier étage et du balcon. Le concert est sold out. L'ouverture des portes est programmée à 20h00 précises. Le supporting act entamera son set 35 minutes plus tard et l’achèvera à 21h05. EZ3kiel monte sur les planches à 21h30 et va nous livrer un show de 90 minutes.

Dorian And The Dawn Riders assure donc la première partie. Il vient de signer sur le label bordelais Animal Factory. Vu le matos sur l’estrade, quelle surprise de voir débouler un gaillard barbu, coiffé d’un chapeau de cow-boy et affublé de dreadlocks. Le Bordelais serait-il un adepte du reggae ? Pas du tout. Il est armé d’une gratte et se sert de machines pour créer des beats efficaces, imprimer des percus tribales et dispenser des sonorités en tous genres. Et puis il chante, quand même. Vocodée, sa voix est tour à tour singulière et lumineuse ou glaciale et ténébreuse. Trippante, sa musique baigne dans une pop alternative. Psychédélique et atmosphérique, surtout. Et le climat varie en fonction de tous ces paramètres. Des images sont projetées derrière l’artiste. Par exemple celle d’un grand-duc, dont l’envol est majestueux. Et l’ombre chinoise de Dorian, judicieusement reflétée sur cet écran est allégorique. Elle convie votre âme à se recueillir tout en suivant l’artiste dans son monde particulier. Qui me fait parfois penser à celui de Sigur Rós. Dorian n’est pas parvenu à chauffer la salle, il a tout simplement épaté la galerie, tout en nous préparant religieusement à la suite des événements. En attendant, il a été chaleureusement acclamé. Et c’est tout à fait mérité.  

Mais avant de passer au set d’EZ3kiel, une présentation du groupe s’impose. A l’origine, il avait choisi le patronyme EZEKIEL, en référence au film « Pulp Fiction » de Quentin Tarantino. Après avoir publié l’album « Handle With Care », il crée son site internet ; cependant le nom de domaine ezekiel.com est déjà réservé, alors il décide de le transformer en EZ3kiel. Matthieu Fays et Yann Nguema en sont les fondateurs. Drummer, le premier a quitté le navire en mai 2012, après plus de vingt ans de navigation. Joan Guillon se charge aujourd’hui des claviers, machines, guitares et autres samplings. Au départ, Yann Nguema se consacrait à la basse et de tout ce qui touche à l’image. En 2012, il a abandonné la quatre cordes pour se concentrer uniquement sur cette dimension visuelle ainsi que la programmation.

Après avoir participé à l'enregistrement de l'album « Naphtaline » comme invité, Stéphane Babiaud a rejoint officiellement le line up en 2007, lors des sessions de « Battlefield. Multi-instrumentiste, il joue de la batterie, du vibraphone, du glockenspiel, de la basse et même des claviers. C’est également le chef d’orchestre du Naphtaline Orchestra, projet alternatif du groupe. Sylvain Joubert récupère ensuite cette basse délaissée par Yann Nguema, à partir de l’elpee l'album « LUX ». Il avait auparavant participé à la tournée Extended. « LUX », c’est bien sûr le dernier long playing d’EZ3kiel. Ce soir il est donc venu le défendre sur les planches.   

Difficile de coller une étiquette sur la musique pratiquée par ce combo. Elle oscille constamment entre électro, dub, rock et classique. Et puis à chaque album, elle est différente, le band prenant le soin de proposer un projet novateur voire même en avance sur son époque…

En 2009, le groupe lance le Naphtaline Orchestra à Grenoble. Il s'agit de déclinaisons de morceaux, notamment de l'album « Naphtaline », exécutées en compagnie d’un orchestre symphonique. L'expérience est renouvelée en 2011, à Tours, pour trois nouvelles dates. En février 2012, le concept EZ3kiel Naphtaline Orchestra se produit au théâtre Sébastopol de Lille. Un événement retransmis en direct sur plusieurs sites internet. 7 000 internautes vont le suivre. Suite à ces expérimentations, EZ3kiel monte un autre projet, l’EZ3kiel Extended, en septembre 2012. Qui va accorder toute une série de concerts associant image et musique. Lors de ce périple, le combo implique Sylvain Joubert à la basse, Cyril Soufflet au piano, Gérald Bouvet à la guitare, Erick Pigeard au séraphin et aux percussions, Thomas Quinart au thérémine, au saxophone baryton et à la scie musicale, Bertrand Margelidon à la trompette et au bugle, Simon Dupire au trombone, Pierre Malle et Ombeline Collin aux violons, Anthony Chéneau au violon alto et Benjamin Garnier au violoncelle. C'est le cd et le dvd consacrés à cette aventure qui m’ont permis de découvrir EZ3kiel.

L’ouverture des tentures laisse apparaître 48 projecteurs équipés sur deux faces. Ecrans de projection d'un côté, lumières de l'autre, les deux dispositifs fusionnent dans des impressionnants mouvements rotatifs, générant en temps réel des explosions de couleurs, calibrées pour interagir avec la musique. Un dispositif scénique et technologique inédit qui place EZ3kiel parmi les pionniers d'un genre qui n'a pas de nom. Il faut rappeler que Yann Nguema contrôle les lasers, lumières, robots et des visuels au sein d’un même support de projection. Et lorsque le drummer se lance dans ses frasques, c’est pour participer à une course interactive avec ces lumières. Les trois musicos s'amusent sur scène et le public en prend plein les yeux et les oreilles.

L'album « Lux » sera intégralement interprété et prendra réellement vie sur scène. On ressent par la musique, les émotions des artistes qui sont à la fois torturées et vous entraînent dans un voyage intemporel. Ou carrément dans la troisième ou quatrième dimension. Le concept/concert qui se déroule devant nous pourrait même servir de bande originale du troisième millénaire pour une rencontre visuelle du troisième type. La musique, l'image et la lumière fusionnent, nous prouvant le savoir-faire du quatuor. Tel est le secret du nouveau support de la musique d'EZ3kiel.

Les guitares sont acérées et à la limite incendiaires sur « Born in Valhalla ». « L'Oeil Du Cyclone » est une ballade atmosphérique. « Lux », la plage éponyme vous entraîne sur le dancefloor d'une autre galaxie. Enfin, sur celui de la fosse également où règne un fameux remue-ménage. En fermant les yeux, « Dead in Valhalla » pourrait vous transporter du côté de la voie lactée. Mais il est préférable de les garder grands ouverts, afin d’apprécier le déluge de lumières et de lasers. « Anonymous » est un titre déconcertant. Caractérisé par la douceur de l’instrumentation, « Never Over » concède quelques minutes paisibles. La version ‘live’ de « Via Continum » (NDR : tirée de l’opus « Handle With Care ») est plus nerveuse que sur disque. L’expédition est plus aquatique, nous emportant dans les profondeurs de la grande bleue en compagnie du Capitaine Nemo, à bord de son Nautilius. La mélodie de « Zero » est particulièrement contagieuse. Et le set de s’achever par le jubilatoire « Versus », une compo à la fois tribale et éthérée. Pendant 1h30, les yeux des spectateurs ont pétillé de bonheur. Pas étonnant qu'EZ3kiel ait été applaudi pendant plus de sept minutes.

Et on aura même droit à un rappel d’enfer. Deux titres. « Antiloop ». Et puis surtout « Wagma », un morceau complexe, digne de la face la plus atmosphérique de Pink Floyd. Autrefois alchimistes du son et de l’image, EZ3kiel a aujourd’hui acquis une maîtrise totale de son art. Et ce concert exceptionnel en est la plus belle illustration.

 (Organisation : Base Productions + Aéronef)

mercredi, 26 novembre 2014 00:00

Un Slash des grands jours…

Il y a bien longtemps que votre serviteur n’a plus mis les pieds dans l'ancien temple dédié au rock'n'roll : Foret National. Pour assister au spectacle, vous avez le choix. Soit vous débarquez suffisamment tôt et allez vous coller contre les barrières du frontstage. Soit arrivez ‘pépère’ et vous vous installez assis, face à la scène, juste à côté de la table de mixage. Votre serviteur a choisi la seconde solution et il ne va pas regretter son choix.

Il revenait à Monster Truck d’assurer le supporting act. Pas vraiment un cadeau d’ouvrir pour un mythe comme Slash. La salle a été configurée en taille club. Elle est alors susceptible d’accueillir 4 000 spectateurs. Le combo est drivé par deux barbus. Jon Harvey et Jeremy Widerman. Ils se partagent les vocaux. Le premier se charge de la basse et le second de la guitare. Brandon Bliss, le claviériste, s’est planté à gauche. Il se sert le plus souvent d’un vieil Hammond. Et le drummer Steve Kiely, occupe une position centrale. A ce jour, le combo a publié deux Eps : « Monster Truck » en 2010 ainsi que « The Brown » l’année suivante ; et un premier elpee en 2013, « Furiosity ».

La musique de cette formation canadienne trempe dans le rock'n'roll. Le set s’ouvre par  « The Lion », un démarrage sur les chapeaux de roues. Les riffs de gratte sont puissants et huileux. Les barbus arpentent toute la largeur du podium. Un peu à la manière du band australien, Airbourne. Les claviers ruissellent comme ceux de feu John Lord, lors des débuts de Deep Purple. Quel bonheur de revivre ce rock aussi musclé que mélodieux. « Furiosity » est le titre maître du dernier LP. Les riffs de gratte vous donnent envie de vous lever de votre siège et de rejoindre la fosse afin de participer à la fête. D’ailleurs, dès le deuxième morceau, c’est déjà le bordel, là-dessous. « Old Train » est un autre extrait du dernier opus. Le morceau est puissant, mais la mélodie est palpable et le refrain efficace. Wolfmother, AC/DC, Led Zeppelin, Airbourne et In Flames vous traversent l’esprit. « Sweet Mountain River » s’inscrit dans le même registre. Les sensations sont excellentes, d’autant plus que le son est irréprochable. « Swordest Beest » est une compo speedée et dynamique. Franchement, pour une première partie, Monster Truck a assuré grave. A revoir absolument comme tête d’affiche. En tout cas, il faut remercier Slash pour avoir emporté ce combo dans ces valises… (Pour les photos voir ici)

De son véritable nom Saul Hudson, Slash est né le 23 juillet 1965, dans le quartier de Hampstead, à Londres. Il a cependant grandi au sein d'un petit village répondant au nom de Burton. Le pseudo 'Slash' lui aurait été attribué par le père d'un ami lors d'une soirée. Depuis qu’il a quitté Guns N' Roses en 1995, le légendaire guitariste a multiplié les projets : Velvet Revolver, Slash’s Sankepit et une aventure solo ; des épisodes auxquels ont participé, selon les circonstances, de grosses pointures comme Ozzy Osbourne (Black Sabbath) et Lemmy Kilmister (Motörhead). Faut dire que l’artiste jouit quand même d’une solide notoriété. Son étoile brille d'ailleurs fièrement depuis quelques années sur le Walk Of Fame d'Hollywood. Pas étonnant, puisqu’il a aussi bossé en compagnie d’Iggy Pop, de Dave Grohl, de Chris Cornell, d’Alice Cooper et de Myles Kennedy.

Eponyme, le premier LP de Slash est paru en 2010. Le deuxième LP en solitaire, « Apocalyptic Love », remonte à 2012. « World On Fire » constitue donc son troisième. Une oeuvre pour laquelle il a de nouveau bénéficié du concours de Myles Kennedy flanqué de ses Conspirators. Compositeur et guitariste rythmique, Myles s’est forgé une fameuse réputation de vocaliste. Et pour cause, sa voix est susceptible de couvrir 4 octaves. Excusez du peu !  

A contrario du show qu’il avait accordé à l'Ancienne Belgique, et tout au long duquel, je l’avais trouvé particulièrement statique, Slash –coiffé de son éternel haut de forme– ne tient pas en place. Hormis pendant un solo de guitare kilométrique qu’il réserve à « Rocket Queen ». Surdoué, il dégaine ses riffs avec une énergie sans faille. Tout au long du set, la part belle sera donnée à six reprises judicieusement choisies des Guns. A l’instar de son dernier opus, et comme il y a deux ans, à l'Ancienne Belgique, Slash est épaulé par Myles Kennedy, le brillant chanteur d'Alter Bridge, ainsi que de ses Conspirators. Soit le drummer Brent Fitz et le bassiste, ainsi que le gratteur Franck Sidoris, aux vocaux pour deux compos.

Le logo du dernier opus de Slash (NDR : un smiley !) trône en arrière plan. Le nom du band y est bien sûr associé. Et celui de Myles, en-dessous. Pour bien rappeler qu’il est de la partie ce soir. Ce smiley est également reproduit sur la face avant de la grosse caisse.

Après une intro digne d’une musique de cirque, le concert s’ouvre par « You're a Lie », un extrait du deuxième elpee, « Apocalypse Love ». Slash s’est planté à droite du podium. Myles a vraiment une voix remarquable. Et franchement je la préfère à celle d’Axl Rose, qui ne m’a vraiment jamais bottée. Ce qui ne va pas empêcher Slash de nous rappeler qu’il a sévi chez les Guns N' Roses. Et tout au long du set. Notamment à travers « Nightrain », « Mr. Brownstone », « Rocket Queen » et le splendide « Sweet Child O' Mine » (« Appetite for Destruction ») ainsi qu’une version percutante du « You Could Be Mine » (« Use Your Illusion II »).

La section rythmique est solide. La gratte de Slash est bien plus amplifiée que celle de Franck. Dès « Halo », Slash se dégourdit les jambes, arpente l’estrade de gauche à droite ou encore vient confronter le drummer. « Avalon » est imprimé sur un tempo rapide. Dans la fosse, la foule commence à jumper. Dispensées en ‘live’, les nouvelles compos passent bien la rampe.

Myles remercie le public. Slash fait une véritable démonstration sur sa Gibson, tout au long de « Back From Cali ». Il mérite manifestement son statut de guitar hero. « Automatic Overdrive » est également tiré du dernier long playing ! Le maître de cérémonie nous réserve un petit solo sur « Ghost », plage qui figurait sur l’opus éponyme de Slash. Myles prend un pause backstage et cède le micro à Todd Kerns pour les deux chansons suivantes : « Doctor Alibi » et « Out Ta Get Me », encore un titre des Guns, qui relève à nouveau d’« Appetite for Destruction ». Brent se fend d’un superbe solo de batterie pour introduire « Too Far Gone », moment choisi par Myles pour reprendre sa place aux vocaux. Après « Beneath the Savage Sun », les quelques instants de calme sont consacrés à une chouette ballade intitulée « Bent To Fly ». « World on Fire » redémarre en trombe. Myles y étale l’amplitude de sa voix. Tout au long d’« Anastasia », piste issue de son dernier LP, Slash se sert d’une Gibson à 12 cordes (NDR : de couleur verte !) et livre alors un exercice de style époustouflant de technique. Manifestement, il vient de marquer des points.

Et le show –qui a quand même duré deux heures– de s’achever par « Slither », une cover du Velvet Revolver, issue de l'album « Contraband ». Myles présente les musicos et remercie le public. Slash le remercie également. Il faudra attendre la fin du show avant qu’il ne place 3 mots.

Le rappel va se limiter à une ultime reprise de Guns N' Roses, « Paradise City ». En délire, la foule reprend le refrain en chœur. Une apothéose magnifiée par la pluie de confettis multicolores tirée par deux canons. Un remarquable concert pour un Slash des grands jours… Peut-être même le meilleur set post Guns N' Roses du Londonien auquel j’ai pu assister ! (Pour les photos voir )

(Organisation : Live Nation)

vendredi, 28 novembre 2014 22:54

Romano Nervoso : né pour le boogie!

Depuis sa première prestation accordée sur scène en 2009, Romano Nervoso ne cesse de repousser les limites de ses aptitudes sans montrer le moindre signe d’essoufflement.

Désormais reconnu comme parrain du ‘Spaghetti Rock’, il a sévi au sein des salles les plus mythiques de la Belgique. Le Sportpaleis d’Anvers, en supporting act de Johnny Hallyday, le Vk*, le Botanique et le Théâtre National. « Italian Stallions », premier opus du groupe, était parvenu à séduire un public sensible à la sensualité de leur rock’n’roll.

Après avoir mis le feu à quelques-uns des plus grands festivals européens et joué en première partie pour les Electric Six, Band of Skulls, Skip The Use, Boots Electric, il était temps qu’il se retrouve sous le feu des projecteurs. Les Britanniques les réclament, les Italiens les ont récupérés et même nos amis Français les apprécient.

Romano Nervoso a marqué les esprits lors de la release party de leur nouvel elpee qui s’est déroulée devant une salle comble au Botanique. Très attendu, « Born to Boogie » est paru chez Mottow Soundz.

Et pour regarder le clip vidéo du single « Aline/Maria », c’est ici 

https://twitter.com/romanonervoso

 

vendredi, 28 novembre 2014 22:54

Pas peur de Diablo Blvd ?

Anversois, Diablo Blvd réunit Alex Agnewn, Andries Beckers, Dave Hubrechts, Kris Martens et de Tim Bekaert. Un groupe de métal actuellement en tournée des clubs pour présenter son troisième album, « Follow The Deadlines », sorti en 2014. Il assure pour l’instant, le supporting act de Machine Head et Life Of Agony.

Le combo vient de publier un nouveau single, « Son Of Cain », doublé d’un clip. Ce clip a été tourné à la manière d'un film d'épouvante, en reprenant tous les codes du genre. C'est plutôt réussi. Il a été réalisé par Jelle Boucher d'Unleached Visuals qui s'est inspirée des films 'Hammer Horror'. Diablo Blvd a tourné cet été aux États-Unis. Le groupe a rejoint Slayer, Machine Head et Sepultura sur le label Nuclear Blast.

Pour la vidéo, c’est par ici 

vendredi, 28 novembre 2014 22:52

Un clip inédit pour Chicos Y Mendez

Après avoir sillonné la Flandre, la Wallonie, le Luxembourg et s’être produit à Bruxelles et Paris, Chicos y Mendez a terminé sa tournée estivale lors du Festival Esperanzah! à Barcelone. C'est donc le moment de remercier tous ceux qui ont contribué, de près ou de loin, à faire vivre le groupe durant cette tournée !

Chicos y Mendez travaille actuellement sur un premier album ! Pour fêter cet événement et vous donner un petit avant-goût, une version inédite du titre "Multi Belgica", featuring deux incontournables musiciens haïtiens de passage en Belgique, en l’occurrence le chanteur B.I.C. et le percussionniste MarcoPercu. #ANSANM NOU PI BÈL, est disponible sur Youtube. Et c’est ici

 

 

samedi, 22 novembre 2014 00:00

Rock and Chill 2014 : samedi 22 novembre

Il s'agit de la troisième édition du festival Rock And Chill. Un événement qui se déroulait ce 22 novembre dernier, au centre culturel Victor Jara de Soignies. Il y a quelques années, j’avais assisté à un concert dans cette salle ; et j’étais reparti déçu par la qualité du son. Depuis lors, il faut avouer que de sérieuses améliorations ont été apportées à l'acoustique des lieux. On peut même ajouter que ce soir, le son était irréprochable.

Fastlane Candies réunit Alexis Alvarez, aka El Niño, au chant et à la sèche, Krispy Velours, aka Laurent Boutefire, à la guitare, Baptcha à la basse, Jrm aux drums ainsi que Sandy C., aka Cheesy Cliché, aux claviers et au chant. Signé chez JauneOrange, le combo implique des Liégeois et des Namurois. Après avoir publié un Ep 6 titres en 2011, baptisé « Cold Cold Caribbean », le groupe a sorti son premier opus en 2013, « Telenovelas », un album réalisé au Studio 5 (NDR : c'est aussi à Liège) et produit par Xavier Guinotte (My Little Cheap Dictaphone) ainsi que Raphaël Wynands.

C’est la dernière date de la tournée du band. Il y a un bon bout de temps qu’il est sur la route. Il a accordé quelques concerts mémorables en Belgique et lors des festivals d'étés. Ce qui devrait avoir rôdé les musicos en ‘live’. Cependant, il n’est pas toujours facile d’amorcer ce type de manifestation. Le public est peu nombreux. Les spectateurs bavardent. Des conditions malaisées pour capter leur attention. Mais Fastlane Candies est habitué aux ouvertures et premières parties. Il est même devenu habile pour exploiter au maximum la situation.

Caractérisé par sa mélodie contagieuse, « Nothing At All » entame les hostilités. Offensives, les grattes s’imposent. Les percus trament la compo. Les harmonies vocales caressent les tympans. Le public sonégien est mou et sans réaction. C'est comme un moteur diesel, faut le temps pour qu'il démarre. « Second-Hand Boyfriend » est un morceau allègre et sucré. On pense alors à Violent Femmes voire à Clap Your Hands Say Yeah. Le set atteint sa vitesse de croisière à partir de « Girls ». Alexis, dont la mèche de cheveux penche toujours à gauche,  demande au public de se rapprocher du podium. Il concède timidement à l’invitation. La rythmique est entraînante et syncopée tout au long de « Telling Stones ».

« Always On The Go » nous replonge dans la cold wave. Celle de The Cure, tout particulièrement. Même la voix est alors proche de celle de Robert Smith. Risqué et réussi à la fois.

« Enough » incite à la danse et à se bouger le popotin. Son refrain est immédiat. Allez Soignies, on y va ! « Wound Me », c’est le premier single du groupe qui a totalisé 10 000 vues sur YouTube depuis sa sortie, en 2011. Il en a fait du chemin, depuis. « Charm » n’en manque pas et « Let Yourself Go » est une invitation à se relâcher. Sandy se réserve le lead vocal pour « La Chica », une superbe compo. Le show s’achève par « Be Like you » et « Summertime's Away », moments choisis par Alexis pour descendre dans la fosse afin d’affronter un auditoire bon enfant. Il le pousse à participer à la fête, tout en distribuant des flyers… Une bonne entrée en matière !

The Whylanders va se produire entre les changements de matos sur scène, à deux reprises. Nous réservant chaque fois 2 ou trois morceaux. Il avait assuré le supporting act de Von Durden, au Botanique, il y a un bon mois. Un duo réunissant le guitariste/chanteur Maxime Simon et le drummer Quentin Jossin, également préposé aux fûts chez Cheeky Jack, programmé ensuite. La paire libère une énergie folle sur les planches et va même y mettre le feu pendant le soundcheck de Jane Doe. Une très bonne idée de combler ainsi les intermèdes.

Cheeky Jack est un sextuor issu du Brabant Wallon. Encore que le rôle de gratteur soit confié à Gregory Chainis (Abel Caine). J’ignorais que Carnières appartenait à cette province… C'est la première fois que votre serviteur assiste à un concert de ce groupe, responsable d’un chouette premier album intitulé « Superlicious ». Actif depuis 2011, il vient de publier « Black Sheep », un Ep 5 titres particulièrement prometteur. Le line up implique également Thomas Verbruggen au chant et à la six cordes, Benoit Tempels au saxophone et machines ainsi que Maxime Siroul aux synthétiseurs. La musique de Cheeky Jack est le fruit d’un cocktail entre pop, funk, soul, reggae et world. Un univers sonore particulier qui puise ses influences dans toute l’histoire de la musique pop/rock. Depuis les sixties aux années 2000. Sur disque, les cuivres occupent une place importante. Moins en ‘live’. Ce qui n’empêche pas leurs compositions de libérer énormément de groove. La participation de Grégory apporte manifestement un plus à l’ensemble. Colorée, la musique nous transporte de Saint-Louis à Minneapolis en passant Kingston (« Lilith Is On Fire »). Une guitare funkysante et un beat électro dynamisent « Paper Chase », afin de nous conduire vers le dancefloor. « Piece Of Wax», issu du premier album « Superlicious », clôt leur prestation, un titre hanté par Big Brother & The Holding Company et James Brown…

Le Centre Culturel sonégien commence progressivement à se remplir. Ce n'est pas souvent la fête à Soignies et il faut en profiter. Jane Doe and The Black Bourgeoises est chargé de mettre le souk. Ou plus exactement de chauffer l’ambiance pour la tête d’affiche, en l’occurrence Sharko.

Issu de La Louvière, Jane Doe and The Black Bourgeoises est une formation qui déborde d’énergie rock'n'roll. Les cordes de guitare sont bien huilées et vintage (Angel Ognito), les claviers bien dosés (Djamys 'Norton'), les lignes de basse fédératrices (Dan Diaz) et les fûts dévastateurs (Nico Scarmardi). Sans oublier le rôle de la chanteuse Jane Doe, aka Julie Meganck, dont la voix campe un hybride entre Joan Jett et Courtney Love. Parfois épaulée par deux voire trois choristes dont les harmonies vocales sont judicieusement dispensées.

Fondé en 2012, leur parcours est antinomique : naissance, composition, studio, album et enfin concerts. Après avoir gravé un premier elpee baptisé « Angel Crash », bien reçu par la critique, le second vient de paraître et s’intitule « Popaganda ».

Leur arrivée sur le podium est triomphale. Et dès les premiers accords on est propulsé outre-Atlantique par « The Hunt », la plage d’ouverture de leur nouvel elpee. Planté à gauche de l’estrade Dan se charge de la basse. Son look doit autant à Don Quichotte qu’à Buffalo Bill (dixit Jean Dujardin). Suffit de demander à Mr. Dan Diaz De La Vega. Baignant dans un climat suranné, « It's All About Risky (When The Wolf Is Coming Down) » est découpé par des riffs de gratte incisifs. Angel se montre à son avantage sur sa six cordes. C’est le nouveau guitariste. Et il fait déjà l'unanimité. A contrario de Dan, la force tranquille, il ne tient pas en place. Il grimpe, bondit et menace du regard. Une bête de scène qui vient davantage booster la vitalité pourtant débordante du combo. Julie n'a rien perdu de sa verve ; mais surtout elle focalise l’attention des mâles, par son attitude sensuelle. Quoique kitsch, son pied de micro lumineux fait toujours sensation.

Les perles s’enfilent : « Boyz Rock It », « Bad Gurtz », « Runaway », « She's A Bitch», « Mercedes » et « Popaganda ». La reprise du « Paint It Black » des Stones est à la fois glamoureuse et rock’n’rollesque. Et le band de clore sa prestation par une autre cover, mais chargée de testostérone, le « Kids In America » de Kim Wilde. Mr. Angel Hendrix et Jane Doe, en toute grande forme, vont alors descendre dans la fosse, pour le plus grand plaisir du plaisir, ravi de ce contact privilégié. 2015 devrait être une année faste pour Jane Doe and The Black Bourgeoises. C’est tout la mal qu’on leur souhaite.

Je fais l'impasse sur Sharko, que je viens de revoir en concert il y a peu ; et puis ma soirée est déjà réussie. J’en profite d’ailleurs pour féliciter et encourager les organisateurs de l'évènement dont la motivation n’a d’égale que leur passion pour la bonne musique.

(Sharko + Jane Doe And The Black Bourgeoises + Cheeky Jack + Fastlane Candies)

 

 

vendredi, 21 novembre 2014 00:00

Pas mal, mais pas phénoménal non plus…

La soirée est un peu froide, normal l’hiver approche. Direction rue du Miroir, juste derrière la Grand-place de Mons pour, se rendre à l'Alhambra. Il y a une fameuse file d’attente à l’entrée pour obtenir son sésame. The Boxer Rebellion a attiré la grande foule. Faut dire que le groupe s’était déjà produit à Mons, et une relation privilégiée s’est établie entre le combo et le public local. En outre, le supporting act sera assuré par les régionaux de l'étape, Larko. Ca tombe bien, Larko vient de sortir un Ep 6 titres. Et il est venu nous le présenter ce soir.

Larko est issu de la Cité du Doudou. Aussi, de nombreux fans ont tenu à venir les encourager. Et c’est tout à fait normal. Le quatuor réunit le chanteur/guitariste Jean Tourneur, le claviériste Alexis Andrigo (NDR : un barbu coiffé d’une casquette), le bassiste Jérémie Gilbert et le drummer Timothée Huge, également préposé au sampler. J’avais assisté à leur concert, il y a au moins deux ans et suis heureux de revoir le quatuor en ‘live’. Pas un combo inconnu. Et pour cause, en 2009 il avait remporté le prix Franc'Off des Francofolies de Spa. Il a aussi pas mal bourlingué, assuré quelques scènes prestigieuses et participé à certains festivals. En 2011, il a publié son premier elpee, « Empathie » sur le label LDM (Les Disques Modernes). Après avoir pris une pause, il vient de graver un nouvel Ep, dont ils vont interpréter ce soir quatre morceaux.

Vu la présence du matos de The Boxer Rebellion sur l’estrade, il ne reste plus beaucoup d’espace pour la première partie. Les 4 musicos se sont donc postés en ligne à l’avant-scène. Le drummer à l'extrême droite, le claviériste au milieu, et les deux grattes à gauche. Jérémie va quand même s’autoriser quelques allers-retours entre les fûts et son pied de micro, afin de se dégourdir les jambes. Les textes sont chantés dans la langue de Voltaire. Et les nouvelles compos lorgnent davantage vers la pop et l’électro que le rock.

Après une petite « Intro », « Obsession » entre dans le vif du sujet. Le claviériste donne le ton. Il est appuyé par la section rythmique, même si c’est la basse qui aura finalement le dernier mot. Les accords de gratte dispensés tout au long de « Pour Une Heure » sont funkysants, dans l’esprit d’un Nile Rodgers. « Empathie » est un morceau qui a récolté un certain succès. C’est également le titre maître du premier LP, plus sauvage et plus rock. « 28 Janvier » est littéralement découpé par les riffs électriques. Mais le refrain est contagieux. « Ce Que tu Veux ». Je ne sais pas ! Une nouvelle compo pas mal torchée. « Lâcher Les Chiens » se singularise par ses lyrics réalistes. Des textes qui peuvent se révéler plus sombres, traitant de l’existence, de la guerre.

Plus électro, « Rotterdam » est une compo hymnique. Place ensuite à « Myself ». Le single. Qui fait l’objet d’un clip vidéo. Jean invite d’ailleurs le public à aller la découvrir sur la toile. Le set s’achève par « La Nuit », c’est-à-dire la piste qui ouvre l’Ep. Caractérisé par son ‘beat’ irrésistible et ses 'lalala', c’est une belle invitation à rejoindre le dancefloor tout proche. Encore une ou deux chansons et tout le monde jumpait. Trente minutes, c'est un peu court pour un groupe de cette trempe ; et en plus issu de la région. Bah, c'est aussi le rôle du support act de chauffer l’ambiance. J'espère bientôt revoir Larko en tête d'affiche.

The Boxer Rebellion est une formation que votre serviteur a eu le loisir de voir et d’écouter à trois reprises au Botanique de Bruxelles. Parce que sa musique me plaît. Le groupe a entamé une longue tournée pour présenter son quatrième opus studio, « Promises », déjà paru en 2013. Natham l'a annoncé, c'est la dernière date ; aussi on espère que les musicos vont se lâcher pour la circonstance. Le quatuor vient juste de publier un LP live, « Live At The Forum ». Le line up réunit Nathan Nicholson (chant, guitare, claviers), Adam Harrison (basse) Piers Hewitt (drums) et Andrew Smith (guitare).

En ouverture, le band attaque « The Gospel Of Goro Adachi » (extrait du long playing « Union »). Dans le passé ce morceau achevait en apothéose ses concerts. Permettant alors aux aficionados de les rejoindre sur l’estrade. Ce ne sera donc pas le cas ce soir.

Nathan a une voix très particulière, qui monte assez haut dans les aigus, un peu à la manière de Matthew Bellamy (Muse). Le très poignant « Take Me Back » en est une parfaire illustration. Les mélodies sont accrocheuses, mais quoique puissant le son n’est pas suffisamment net à mon goût. Je me déplace et me recentre près de la table de mixage. Tout au long de « Locked In The Basement » (NDR : un extrait du troisième opus « The Cold Still »), la voix de Nathan me paraît quelque peu étouffée par les autres instruments. ‘u2esques’, les guitares sont soutenues par des nappes de claviers légèrement agressives sur « Keep Moving ». Encore issu de « Union », « Evacuate » est une des perles de l’album. La voix, est alors proche de celle de David Jakes (chanteur de Lonely The Brave, une des nouvelles sensations du rock insulaire). Quant à l’expression sonore, littéralement poussée par la section rythmique, elle monte en crescendo avant d’atteindre son apogée. « The Runner » et « Diamonds » adoptent une structure semblable. « You Belong To Me » évoque un bonbon sucré qui fond lentement dans la bouche. Les problèmes de mixing semblent résolus. Faut dire que la configuration de la salle n’est pas de nature à faciliter la tâche de l’ingé-son. Nonobstant leur refrain immédiat, « Flight », « Semi-Automatic » et « Always » montent dans les tours. Sur « New York », bien soutenue par les drums, la voix de Nathan s’envole vers les sommets. Et elle atteint le sublime sur le dernier titre du spectacle, « Promises ». En fermant les yeux on l’accompagne dans la stratosphère…

Pas de final festif, mais un rappel de trois morceaux : « No Harm », « Spitting Fire » et « Watermelon ». Quoique content d’avoir retrouvé The Boxer Rebellion, je dois avouer que les musicos me paraissaient fatigués. Le band achevait sa tournée à l’Alhambra. Ce qui explique sans doute pourquoi la magie n’a pas opéré, comme les fois précédentes…

(Organisation : Mons 2015-Alhambra)

Milow se produisait deux jours de suite à l’Ancienne Belgique, et votre serviteur avait choisi le dimanche pour assister à son set. Le James Taylor belge va nous accorder un show de plus de deux heures face à un auditoire sold out. Une soirée qui s’annonçait inoubliable et chargée d’émotion…

Stephen Kellogg déboule seul sur l’estrade. Barbu, coiffé d’un chapeau de cow-boy et armé d’une sèche (électrifiée), il se lance dans un récital teinté d'americana, de country et de bluegrass. Il a une superbe voix, mais grevée d’un accent à couper au couteau. Agé de 37 balais, il nous vient de Northampton dans le Massachusetts. Sa prestation va se limiter à 30 minutes au cours desquelles les grandes plaines de l'Ouest Américain vont défiler dans notre subconscient. Il parle volontiers avec la foule ; ce qui va le rendre sympathique. D’ailleurs, il sera bien applaudi à l’issue de son spectacle.

Milow, aka Jonathan Vandenbroeck, possède également une très belle voix. Très caractéristique, chaleureuse, elle évoque celle de James Taylor. En outre, malgré le succès récolté à travers le monde, il ne se prend pas la tête et reste fondamentalement humain.

C’est en reprenant le « Ayo Technology » de 50 Cent qu’il va se faire connaître. En 2008. Une version qu’il va désacraliser en l’épurant de sa bestialité pour lui insuffler une bonne dose d’humour. Mais le succès, il ne va le décrocher qu’à partir de 2011, en publiant son troisième elpee, « North And South ». Recelant une multitude de tubes, dont « Never Gonna Stop », « You And Me (In My Pocket) » et « Little in The Middle », il devient disque d'or, six semaines à peine après sa sortie en Belgique. Et s’écoule à plus d'un million d'exemplaires à travers le globe. Depuis lors, l'artiste enchaîne les tournées mondiales, à guichets fermés. Et son dernier périple est destiné à défendre son quatrième elpee, « Silver Linings », une œuvre dont les dix perles ont été enregistrées à Los Angeles, au célèbre studio Fairfax Recordings, qui a notamment accueilli, dans le passé, Fleetwood Mac, Neil Young et Nirvana. Lors des sessions, le Belge a reçu le concours d’une multitude de collaborateurs. Notamment le fidèle guitariste Jo Francken, le producteur Kevin Augunas (The Lumineers, Cold War Kids) et l'ingénieur du son Clif Norrell (Bruce Springsteen, R.E.M.). Et parmi les autres musiciens, du claviériste Larry Goldings (Norah Jones, Maceo Parker), du batteur Matt Chamberlain (Smashing Pumpkins, David Bowie, Kanye West), ainsi que les gratteurs Val McCullum et Tom Vanstiphout.

D’ailleurs le Louvaniste nous rappelle qu’il y a 10 ans, il foulait les planches de cette même scène, dans le cadre de la finale du Humo’s Rock Rally. Il bavarde énormément entre chaque morceau. Le plus souvent en néerlandais et en anglais. Rarement en français. Il nous parle de sa rencontre avec Stephen Kellogg, de l'amitié, de la tournée, du bus de tournée, de son chien, des Etats-Unis ; et même de sa maman ainsi que celle de Tom, présentes dans la salle, sous le ton de la plaisanterie. Un discours qui finit cependant parfois par lasser…   

Le décor est dépouillé. On remarque la présence d’une petite estrade qui ne doit pas dépasser la quinzaine de centimètres pour accueillir à droite, le batteur, le bassiste ainsi que la choriste et à gauche le claviériste. Milow est en front de podium, tout comme Tom Vanstiphout qui va essentiellement se servir de la sèche et plus rarement de la guitare électrique. Assurant également les backing vocaux.

Le concert s’ouvre par une superbe reprise du « Blue Skies » d'Irving Berlin, un classique (1926 !) notamment interprété par Frank Sinatra ou Ella Fitzgerald. Milow passe la plupart de son temps aux States. Et tant sa voix que sa musique ont pris une forte coloration américaine. Dans un style qui oscille du folk à la country en passant par l’americana et le bluegrass.

Pendant « Learning How To Disappear », morceau d'entrée du nouvel opus « Silver Linings », on a l’impression de traverser les plaines de la Californie à bord d’un 4x4, confortablement installé. Tout au long de son « You Don't Know », le public reprend les paroles qu’il connaît par chœur et réserve à l’artiste une formidable ovation. Un premier grand moment de ce spectacle qui débute à peine. Et autre hit, « Little In The Middle », déclenche une même réaction de l’auditoire. Qui n’est pas venu pour sauter, jumper, crowdsurfer, organiser des round circles ou se bousculer. Mais pour apprécier paisiblement le concert d’un crooner. « Echoes In The Dark », c’est la deuxième piste du dernier opus ; une jolie ballade au cours de laquelle Milow et la choriste se partagent les vocaux. Une chanson qu’on imagine parfaite pour danser un slow tout en enlaçant sa partenaire... Egalement issue du nouvel LP, « Wind Me Up » est une autre plage empreinte d’une grande tendresse. La voix, le chant, la mélodie et la musique : tout converge pour communiquer cette perception. 

Milow attaque « One Of It », une plus ancienne compo. Les spectres très sixties de Donovan et Dylan planent. Les cordes sont sublimes. Les accords efficaces. Nouveau titre du nouveau long playing : « We Must Be Crazy », un morceau tapissé en arrière-plan par le piano Hammond. Mais perso, je me concentre sur les vocaux et les deux grattes. Et honnêtement, c’est ce que je tente de faire depuis le début du show. La voix de Milow est très proche de James Taylor, tout au long du romantique « Building Bridges ». Quand on écoute Milow, on a le blues… Entre le public et Milow ainsi que Jo se crée une forme d’échange à deux voix provoquant un moment d'émerveillement lors de « Cowboys Pirates Musketeers ». Milow a 2 000 personnes dans le creux de la main et d’un coup de baguette magique les propulse dans les étoiles grâce à « She Might She Might », « Mistaken », « The Ride », « Ayo Technology », « You And Me (In My Pocket) » et « Against The Tide », qui clôt le set.

Après une petite pause, Milow revient seul armé de sa gratte interpréter « Out Of My Hands ». Le public est aux anges. Milow s'adresse alors à son public : 'Nog een liedje'. Il en voudrait encore jusqu’au bout de la nuit. Stephen Kellogg vient rejoindre son ami et complice. Et les deux compères  se lancent en duo pour deux derniers titres qui vont clôturer définitivement la soirée. Idéale pour oublier les tracas de la vie quotidienne…

(Organisation Ancienne Belgique + Live Nation)

mercredi, 26 novembre 2014 19:02

This Marauder's Midnight

Le parcours étonnant de Gabriel Rios débute en 1998. Il participe au Humo's Rock Rally, en compagnie du groupe The Nothing Bastards. C'est en 2004 que Gabriel publie son premier album solo, « Ghostboy ». Après avoir rencontré Jo Bogaert (Technotronic). Le single « Broad Daylight » rencontre un immense succès et permet à Rios de dépasser les frontières de la Belgique. Musicien talentueux, chic et sexy, Gabriel séduit aussi bien sûr disque que sur scène. Faut dire que, fruit d'un mélange détonant de swing, de rock et de funk et parfois de jazz, sa musique ne manque pas de charme. Il décroche de nombreuses récompenses belges et internationales. En 2007 il grave son deuxième opus, « Angelhead », qui squatte à nouveau la tête des charts, durant de longues semaines. Devenu alors une star de la pop, il décide d'en revenir à une formule plus intimiste. En solitaire ou en se limitant à un minimum de collaborateurs, comme Jef Neve et Kobe Proesmans.

Il y a 14 mois, le Belgo-portoricain commence à poster, tous les mois (NDR : très exactement chaque troisième lundi), une nouvelle compo sur son site. Un projet qui va aboutir, septembre 2014, par la réunion de ces 12 titres sur un nouvel album qu’il intitule « This Marauder's Midnight ». Il s’agit de son quatrième.

L’elpee a été minutieusement mis en boîte à New York (Chinatown). Pour la circonstance, l’artiste a reçu le concours de deux musiciens néerlandais de formation classique, Ruben Samama à la contrebasse et Amber Docters van Leeuwen au violoncelle. Et le courant est passé instantanément entre les différents intervenants. Toutes les chansons ont été écrites en une semaine. Et enregistrées pour moitié dans une petite église de Woodstock, et l’autre au sein d’anciens studios sis aux Pays-Bas et en Belgique. Gabriel a privilégié l'utilisation d'instruments athentiques et en bois, afin d'obtenir un son chaleureux et naturel. Le plus naturel possible. Gabriel a également bénéficié de la participation de cuivres ; soit Matt Holman et Sam Vloeimans aux trompettes, Tom Verschoore et Nick Grinder aux trombones, enfin John Morgan Bush et Peter Van Montfort aux cors français.

L’elpee possède un son exceptionnellement clair et chaleureux, entretenu par la voix latino de Rios ainsi que les instruments basiques. Pour la circonstance, Gabriel est uniquement armé d’une sèche. Le climat est dépouillé. La structure des compos est simple, afin de les rendre les plus intemporelles possibles. Contagieuses, elles peuvent se siffloter aisément sous la douche. Lorsqu’il a écrit les chansons, Gabriel a reconnu avoir éprouvé certaines difficultés pour élaborer les arrangements et trouver les mots justes.

« Gold », c’est son premier single. Gabriel ne s'attendait pas à un tel succès auprès des radios. A ce jour, c'est devenu son plus grand hit en Belgique.

« This Marauder's Midnight » constitue certainement le meilleur album de Gabriel Rios. Il a d’ailleurs été unanimement salué par la critique. Et a séduit de nombreux mélomanes avertis. Un album 5 étoiles ! 

Cd1 : « Gold » / « Madstone » / « Apprentice » / « Police Sounds » / « City Song » / « Burning Song » / « Song n°7» / « Work Song » / « Your Gods » / « Skip The Intro » / « All Is Fair » / « Swing Low ».

Les mêmes compos figurent sur le second compact disc, mais en version ‘live’. Un tracklisting enrichi d’un bonus track, « World Of Sex »

 

mercredi, 26 novembre 2014 19:00

Lullaby And... The Caeseless Roar

Il s’agit déjà du dixième album solo de Plant, depuis qu’il a quitté Led Zeppelin. Plant s'affranchit définitivement de l'ombre du groupe légendaire qui l'a rendu célèbre. Ce n'est pas le cas de Page, qui faute de mieux, semble condamné à célébrer son oeuvre passée en rééditant les uns après les autres les albums du dirigeable, enrichis de quelques bonus. Il faut évoluer avec son temps Mr Page. Le passé, c’est le passé. Bob a 66 berges. Et depuis 1982, il va de l’avant. Bien sûr, il n’a plus la voix perçante des débuts. Il a donc décidé d’adapter sa musique à son timbre et ses inflexions actuels. Elle est devenue plus douce. Une évolution qu’on peut juger positive.                                                           

« Lullaby And... The Caeseless Roar » constitue le premier long playing réunissant des compositions originales depuis « Mighty ReArranger », publié en 2005. Entre-temps, Plant ne s’est pas tourné les pouces. Il a revisité la musique d’autres artistes, dont Alison Krauss, en 2007, à travers « Raising Sand ». Puis au sein du projet Band Of Joy, en 2010. Robert signe ici son premier LP sur son nouveau label, Nonesuch. Il en a assuré la production et a confié le mixing à Tchad Blake et Tim Oliver. Les sessions se sont déroulées en Angleterre, au Helium Studios, dans le Wiltshire, et au Real World de Bath. 

Plutôt blues et raisonnablement rock, ce long playing est balayé d’influences orientales, celtiques et même électroniques. Il recèle neuf pistes signées par Plant, une adaptation d'un blues traditionnel (« Little Maggie ») et un morceau issu de la plume du bluesman américain Lead Belly, « Poor Howard ».                                                                     

Depuis « Mighty ReArranger », l’artiste enregistre ses albums en compagnie d’un nouveau groupe. Pour la circonstance, il l’a baptisé The Sensational Space Shifters. Au sein du line up, le guitariste Justin Adams est également préposé au bendir (NDR : Justin a bossé en compagnie du combo touareg Tinariwen et Peter Gabriel. Puis le claviériste John Baggott, un proche de Massive Attack et de Portishead. Ensuite, le bassiste Billy Fuller (NDR : aux gènes plus rock) et le drummer Dave Smith (NDR : formé à l'école jazz). Adams et Baggott formaient déjà la section rythmique en 2002, pour « Dreamland ». Et enfin le Gambien Juldeh Camara, un virtuose du violon, préposé au peul ou ritti  (violon à une corde).                                                                                  

Plant ouvre l’elpee par la version du classique folk « Little Maggie ». Une compo qui a déjà fait l’objet d’une multitude de reprises. Dylan en tête. Le folk britannique, la country et la world music constituent trois des influences majeures chez Robert. Il les agrège ici à la perfection, en leur inoculant des rythmes électroniques. De l’électro dispensée tout au long d’« Up On The Hollow Hill (Understanding Arthur) ». Légèrement prog/rock, « Pocketful Of Golden » nous replonge apparemment dans le passé. Mais le concours des percus et du fifre irlandais, démontre qu’il cherche un chemin alternatif…                                                                                                                          

Robert Plant aime la world, ce n’est un secret pour personne. Et il adore en explorer toutes les facettes. Une expérimentation qu’il a remis au cœur de cet elpee, invoquant les énergies des transes du désert saharien sur plusieurs titres. A l’instar de « Rainbow », une compo qui puise ses lyrics dans un poème de William Morris, intitulé « Love Is Enough ».                                               

Plant s’intéresse également au patrimoine celtique. Pour lui, le folklore anglo-saxon et breton a une base commune. Il estime même qu’il existe un fil conducteur commun entre toutes les musiques traditionnelles d'Europe, d'Amérique et d'Afrique. « Poor Howard », une piste détournée du « Po' Howard » de Lead Belly en est la parfaite démonstration. Le duo banjo/violon y mène la danse.

« Embrace Another Fall », « Turn It Up » et « Arbaden (Maggie's Babby) » conjuguent harmonieusement rythmes métalliques et percussions orientales. Plant cède le micro à Julie Murphy sur « Embrace Another Fall ». Tendres, les accords de gratte ne sont pas sans rappeler ceux dispensés par Page sur « Somebody There » et « Turn It Up ». « House Of Love » se distingue par sa mélodie contagieuse. Tout comme « A Stolen Kiss », dont les écoutes répétées finissent par vous transcender l'âme. C'est beau et mélancolique à la fois.                                                          

Un très bel album pour cet artiste incontournable qui ne souhaite plus reprendre un quelconque envol à bord d’un vieux dirigeable…

           

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