La révolte de Bagdad Rodeo...

Le premier single extrait de « Quatre - L'album sans Fin - Part 1 », le nouvel album de Bagdad Rodéo, « Révolution Vendetta », nous plonge dans les racines du groupe, de son combat, celui de la liberté à tout prix et de l'esprit critique qui font de Bagdad…

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Bernard Dagnies

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lundi, 04 février 2008 12:02

Le bar des âmes perdues

C’est dans un bar sis dans le centre de Bruxelles que Mark Eitzel accordait des interviews à l’occasion de la sortie de son nouvel album, « The golden age ». C’est également dans un bar, que j’avais rencontré le Californien pour la dernière fois. C’était le 12 mars 1998. A l’Aéronef de Lille. A l’époque, il se produisait en solo. Et nous avions taillé une bavette impromptue à l’issue d’un concert pour lequel il partageait la même affiche que Chris Bailey (ex-chanteur des Saints) et Ignatus (un artiste français réputé pour ses textes engagés). C’est ce que je lui rappelle en commençant notre entretien…

Il s’en souvient vaguement. Il est vrai que 10 ans, c’est un bail. Et puis des rencontres au bar, Mark en fait tous les jours, et même surtout la nuit… C’est d’ailleurs une de ses sources d’inspiration. Même s’il s’en défend. Aussi lorsqu’on lui demande si elles puisent essentiellement entre ses rencontres, la politique ou ses rêves, il me remercie vivement pour la question. « Une question géniale. La politique me met en colère. Rien ne peut sortir d’un poing levé. Pourtant, ce sujet m’interpelle tout particulièrement ; mais lorsque je traite de cette matière, je ne ponds que des chansons de merde. Rencontrer des gens ? Non, ce n’est pas mon truc. Parce que je hais les êtres humains. Et lorsque je prends l’avion, personne ne souhaite s’asseoir à côté de moi. C’est de notoriété publique. Et il n’y a que les connards qui s’asseyent à côté de moi. En outre, je déteste voyager en avion. Il existe des tas de gens qui sont heureux et qui se posent des questions. Les yeux restreignent notre champ de vision. Nos sens nous limitent. Et depuis quelques années, j’essaie de ne pas être trop à l’écoute de mes sens. J’avais peur de mes idées. Chaque fois qu’une idée naissait, je devenais son esclave. Je refuse aujourd’hui de devenir une machine qui écrit des chansons. Qu’est ce qui m’inspire ? Je ne sais pas. C’est souvent inattendu. Tout récemment, quelqu’un que j’apprécie beaucoup, alors que je le connais à peine, m’a expliqué qu’il vivait un dilemme. Sa copine veut se marier. Lui pas. Or, s’il acceptait, elle serait folle de bonheur. Ce type de situation m’inspire… » Tout comme ses nuits passées au bar. Paradoxalement, une chanson comme « John Berchman Victory chair » en est une belle illustration. John Berchman est le patron des enfants de chœurs. Un Belge qui n’a vécu que 22 ans et dont la dévotion l’a poussé à suivre une formation de Jésuite avant de donner des cours de philosophie aux Dominicains, contre l’avis de ses parents. Il priait beaucoup et ne dormait pratiquement pas. Et la journée, il se consacrait aux tâches pratiques de l’Eglise : il allumait les bougies, chantait à l’office, etc. Mark a lui-même été enfant de chœur ; mais cette compo ne traite pas du vin de messe qu’il aurait pu boire en cachette, lorsque l’occasion se présentait. (rires) « Non, parce que j’ai bu des choses bien plus fortes » N’empêche, il existe un message derrière cette chanson… Il s’explique : « C’est marrant ! Ne crois pas que je change de sujet. Mais voici réellement ce qui s’est passé. Je prenais un verre en compagnie d’une copine, dans un bar. La nuit. Tout à coup, elle est devenue songeuse. Et je lui ai demandé à quoi elle pensait. A ma grande surprise, elle s’est mise à jurer. Alors pourquoi cet accès de colère ? Parce que le jour se levait… Et pour elle, la levée du jour était une malédiction. Alors que pour moi, c’est le bonheur. Non, ce n’est pas de l’ironie… » ‘The windows of the world’ signifie ‘les fenêtres du monde’. Mark y parle également d’un bar. Celui qui était établi au sommet du World Trade Center. Mais dans quelles circonstances a-t-il écrit cette compo ? « C’était en 2 000. A cette époque, je vivais à New-York. Nous prenions un verre entre copains. Et l’un d’entre eux m’a proposé de sortir. Et d’ajouter que si on voulait aller dans un lieu sympa, le sommet du WTC serait idéal. On voulait faire la fête et on s’est pointé là-haut. Et j’ai voulu écrire sur la semaine de folie que j’ai vécu à cette époque, à New-York. Et en particulier les journées passées de bar en bar, à du 130 à l’heure. Le week-end. Jour et nuit. C’est une espèce d’hommage au WTC ; et pourtant, ce n’était qu’un bar. Et un an plus tard, le WTC s’est effondré… » Et il n’y a plus de bar… ‘All the lost souls welcome you to San Francisco’ (Traduction : ‘Toutes les âmes perdues vous souhaitent la bienvenue à San Francisco’ aurait également pu être un hommage à la ville où il est né. Ce n’est pas le cas. Ce n’est pas davantage une chanson auto-parodique. Explications. « J’ai également des amis à San Francisco. Entre potes, on fréquente souvent les mêmes bars. Trois exactement. Je voulais les faire rire. En fait, j’ai invité ma manager, qui vit à New-York, à visiter ma ville. Et elle a décliné la proposition, en prétextant qu’il y vivait trop d’âmes perdues. J’ai mis 10 ans à comprendre. En fait, la différence entre elle et moi, c’est qu’elle sait ce qu’elle veut : des dollars ! Tandis que moi et mes copains on ne savait pas ce qu’on voulait. Mais j’aime les âmes perdues. Je ne partage pas cette idée répandue aux States, attestant que si tu y crois, tu vas y arriver. Allez-vous faire foutre ! Je hais cette idée. Je préfère célébrer nos âmes perdues… »

Dave Trumfio (Wilco, Grandaddy, My Morning Jacket) s’est chargé du mixing et de la production du nouvel opus. Pour quelle raison ? Mark confesse. « En fait, au départ, je souhaitais concocter un album le plus simple possible. Une guitare, une basse des drums. Peut-être un zeste de claviers et quelques backing vocaux. Or ce producteur a mis en forme des artistes qui émargent à ce style. Et je pensais que la sauce allait prendre. En outre, je ne voulais pas perdre le contrôle de l’enregistrement de ce disque. Je ne me suis pas trompé. » Certains médias comparent ce nouvel opus à ‘California’. Qu’en pense Mark ? « C’est l’avis des fans qui est le plus important. D’autres médias le comparent à ‘Mercury’. Personnellement, je ne sais pas. J’ai lancé cette boutade pour susciter l’intérêt vis-à-vis de ce cd. » N’empêche, le line up a quand même changé, puisque American Music Club dispose aujourd’hui d’une nouvelle section rythmique (le bassiste Sean Hoffman et le batteur Steve Didelot). N’était-il plus satisfait de celle qui le soutenait auparavant ? La réponse fuse. « Non. (rires) En fait, sur le disque précédent, ils étaient mauvais. Surtout quand j’ai vu la compétence des autres. Je les ai découverts à Los Angeles. C’est d’ailleurs là-bas que la plupart des sessions d’enregistrement se sont déroulées. En plus Vudi, (le guitariste) y vit aujourd’hui… » Mais ce changement n’est-il pas également dû au nouveau projet développé par Mooney and Pearson ? « Aux nouveaux projets ! Des enfants, de la famille des divorces. Et un autre groupe. Notre collaboration n’était plus possible ; mais on reste copains… » Sur ‘In know that’s not really you’, il y a des cuivres mariachi. N’a-t-il jamais pensé à inviter Calexico pour participer aux sessions d’enregistrement ? (rires) «  Cela n’a jamais été dans mon intention. Autour de moi, je sui intoxiqué par la musique mariachi. Un voisin derrière chez moi a installé des haut-parleurs à sa fenêtre qui diffusent de la musique mariachi, toute la journée. Et c’est horrible. Mais d’un autre côté j’adore. En fait, pour cette compo, l’idée était de la mettre au parfum mexicain. Nous ne vivons pas loin du Mexique. Quand à envisager une collaboration… J’ai ma voix. J’adore voir Calexico en live ! Leur drummer est le meilleur que j’ai pu voir sur scène. Il est même meilleur que mon batteur. Mais j’aime bien Steve et je ne m’en séparerai jamais. Il surfe. C’est aussi mon premier fan, en plus. C’est un peu comme Vudi, il fait partie de la famille. Nous avons toujours des choses à se dire. Nous sommes tous une grande famille… » Ainsi, c’est le groupe qui a demandé de reprendre la chanson ‘Candy ass’ et de l’insérer dans le tracklisting. Sous un autre titre : ‘The sleeping beauty’. Et pour respecter la démocratie, Mark a accepté. Enfin, si la mélodie de ‘The decibels and the little pills’ peut rappeler Crosby, Stills, Nash and Young, c’est en pensant à John Martyn qu’Eitzel a composé ce morceau. C’est une de ses plus grandes influences. Et il est toujours fasciné par sa voix. Par contre, pour les Replacements, c’est uniquement l’esprit de 1984 qui continue de le hanter. Ajoutant : « J’affirme que de temps à autre, il faut continuer de boire… »

Boire et déboires. Déboires comme lorsque Mark a participé à l’enregistrement du remarquable album de Toiling Midgets, ‘Son’ en 1990. Manifestement, il ne les porte plus dans son cœur : « Des trous du cul. Des drogués. Ils m’ont exploité. Ils ont mangé leur parole. Ils me doivent de l’argent… » Autre désillusion, la bande sonore du film muet ‘Street angel’. Qu’est-elle devenue ? « Nous ne l’avons jouée qu’une seule fois. Nous avions répété 4 mois. Nous étions fiers du résultat. Et il n’en reste qu’un enregistrement pourri effectué par un cameraman amateur. C’est une grande frustration. Et pourtant, à l’issue de cette prestation, nous avions récolté une ‘stand ovation’. La Century Fox n’a jamais voulu lâcher les bandes. Et pourtant, c’était un beau film mélodramatique (NDR : paraît que la pellicule était quand même de piètre qualité ; n’empêche !) En outre, nous devions effectuer une tournée de 4 à cinq dates. On n’avait jamais ressenti une telle excitation pour un tel challenge. Nous avions sollicité l’autorisation pour le jouer ‘live’. On avait réservé 7 mois à l’avance pour Bruxelles, Amsterdam, Londres et Berlin. Il fallait confirmer quatre mois avant. N’ayant aucune réponse on a dû annuler. Et puis, deux semaines avant le concert de l’AB, on a reçu le feu vert pour utiliser le concept gratuitement. On s’est foutu de notre g*****, c’est une honte… »

Merci à Vincent Devos.

En concert le 16 mars au 4AD de Diksmuide 

 

 

vendredi, 01 février 2008 12:42

La vie est un polar pour Sleeping Dog

Chantal Acda alias Sleeping Dog vient de sortir son nouvel album. Pour la circonstance, elle a de nouveau travaillé en compagnie d’Adam Wiltzie (Stars of the Lid). Daniel Johnston, le chanteur/compositeur de Centro-Matic lui a également filé un coup de main. Le disque s’intitule « Polar life »

En outre sa tournée passera par :

07/02/2008 Stuk Leuven (Supporting Okkervil River)

08/02/2008 N9 Eeklo (avec Whip de Timesbold)

09/02/2008 Trix Anvers (avec Whip)

10/02/2008 Zwarte Doos Neerpelt (Avec Whip)

14/02/2008 Theâtre de la Flute Bruxelles

23/02/2008 Muziek eetcafe Maison Maldegem

01/03/2008 Fnac Gand

08/03/2008 Fnac Anvers

19/03/2008 Fnac Bruxelles

23/05/2008 Cactus Bruges (supporting Timesbold)

Tracklisting:

01 Prophets

02 Your Eyes

03 Polar Life

04 The Sun Sinks In The Sea

05 Sunshine Daylight

06 When It Lies

07 Alleys

08 Little One

09 Ardennes

10 If Only (Sophia)

 

Pour plus d’infos : http://www.myspace.com/sleepingdogmusic et http://www.myspace.com/zealrecords

vendredi, 01 février 2008 12:40

Un quatrième album solo pour Stephen Malkmus

“Real Emotional Trash”, c’est le titre du quatrième album solo de l’ex Pavement, Stephen Malkmus. Il paraîtra le 3 mars 2008. Enfin, pas tout à fait en solitaire, puisque pour l’enregistrer, il a reçu le concours des Jicks, au sein desquels figurent aujourd’hui Sleater/Kinney et le drummer de Quasi, Janet Weiss. L’opus a été enregistré sous la houlette de TJ Doherty, dont les dernières collaborations ont été accordées à Wooden Wand et Wilco.

Tracklisting

1. Dragonfly Pie                                                                                          

2. Hopscotch Willy                                                                                                             

3. Cold Son                                                                          

4. Real Emotional Trash                                                                                                     

5. Out Of Reaches                                                              

6. Baltimore

7. Gardenia

8. Elmo Delmo          

9. We Can’t Help You

10. Wicked Wanda

 

Pour plus d’infos : http://www.stephenmalkmus.com

 

 

vendredi, 01 février 2008 12:39

Correcto : un nouveau super groupe écossais !

Déjà annoncé comme le futur super groupe, Correcto implique au sein de son line up, l’ex drummer de Franz Ferdinand, Paul Thomson, ainsi que l’ancien The Royal We, Patrick Doyle à la basse. Fameuse section rythmique. Le groupe a été fondé par le chanteur Danny Saunders et implique également le guitariste Richard Wright. Intitulé « Art punk brilance », l’album sera dans les bacs le 25 février 2008. 

Tracklisting :

1 – Inuit                                            

2 – Do It Better                                            

3 – Joni                                              

4 – Save Your Sorrow

5 – Walking To Town

6 – No One Under 30

7 – Here It Comes

8 – Downs

9 – Even Though

10 – New Capitals

11 – Something Or Nothing

12 – When You Get Away From Me

 

Pour plus d’infos : http://www.myspace.com/correcto et http://www.dominorecordco.com

 

 

 

 

Isobel Campbell et Mark Lanegan se sont à nouveau réunis pour enregistrer un deuxième album. Intitulé “Sunday at Devil Dirt”, il paraîtra le 5 mai prochain.

vendredi, 01 février 2008 11:37

Les Kooks de retour

« Konk », ce sera le titre du nouvel album des Kooks, dont la sortie est prévue pour le 14 avril. Intitulé " Always where I need to be ", leur premier single sera diffusé sur les ondes radiophoniques, dès ce lundi 4 février.

Pour plus d’infos : http://www.thekooks.co.uk

Pour regarder la vidéo de "Always Where I Need To Be" :  http://www.youtube.com/watch?v=ln_qHyGD9zo

 

 

mercredi, 30 janvier 2008 19:19

Pas de sport pour Rodolphe Burger

Le 18 février paraîtra le nouvel opus de l’ex-Kat Onoma, Rodolphe Burger. Intitulé « No sport », il a reçu la collaboration de Doctor L et puis surtout de Rachid Taha ainsi que de James Blood Ulmer, chacun pour un titre.

Ses prochains concerts en France :

04-03-08 Rouen - Hangar 23 / Theatre Duchamp Villon

05-03-08 - Clermont Ferrand - Cooperative De Mai

07-03-08 - Saint Jean De Vedas - Victoire 2

20-03-08 - Herouville St Clair - Big Band Cafe

27-03-08 - Marseille - Cabaret Aleatoire De La Friche

28-03-08 - Hyeres - Théâtre Denis

Tracklisting

1 Avance

2 Lover Dose

3 Elle est pas belle ma chérie?

4 Rattlesnake

5 Vicky

6 Je tourne

7 Arabécédaire                        

8 Ensemble

9 J'erre

10 Marie                                  

11 Blue skies

12 Ski-doo

13 Avec toi

14 Un nid?

Pour voir la vidéo :

http://www.youtube.com/watch?v=9jqiCO6f0Z4

http://www.wat.tv/playlist/660434/video/822442/rodolphe-burger-elle-est-pas.html

http://www.wideo.fr/video/iLyROoaftPLD.html

Pour voir la vidéo de l’ « Arabécédaire » en compagnie de Rachid Taha

http://www.youtube.com/watch?v=zU4RIHp2S74

http://www.wat.tv/playlist/660434/video/823865/rodolphe-burger-rachid-taha.html

 

Pour plus d’infos : http://www.rodolpheburger.com et http://www.myspace.com/rodolpheburger

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Hold tight the ropes

Fondé en 1997, sur les cendres des Melting Hopefuls, Elk City s'était illustré lors de la sortie de son premier elpee par une cover particulièrement réussie du " California dreamin' " des Mamas and The Papas. Ce trio new-yorkais d'adoption peut compter sur deux excellents chanteurs, par ailleurs complémentaires. Ce qui ne gâche rien. Peter Langland-Hassan, tout d'abord. Dont les inflexions chaleureuses rappellent tantôt Ira Kaplan, tantôt Dean Wareham. Renée Lobue, ensuite. Son timbre éthéré, limpide, s'inscrivant davantage dans la lignés des groupes arty du label 4AD. " Hold tight the ropes " constitue le deuxième opus d'Elk City. Un disque partagé entre ballades countryfiées vaporeuses, claires-obscures, aux sonorités élargies (NDR : pensez à Mazzy Star) et compositions chargées d'intensité électrique, parfois même trempées dans les claviers fluides (NDR : sorte de rencontre hypothétique entre Galaxie 500, Lloyd Cole et Concrete Blonde). En outre, leur mélange de psychédélisme de la fin des 60's, de folk du début des 70's, d'indie rock de la mi 80's et de lo fi de la fin des 90's se traduit par un style à la fois aventureux et mélodique ; mais en même temps et paradoxalement anachronique et novateur ( !?!?!). Un peu comme chez Yo La Tengo et Young Marble Giants. Le combo tirant aussi bien parti de l'instrumentation basique que de la technologie moderne. Pour cette dernière, heureusement sans excès et très judicieusement. A l'instar des arrangements symphoniques apportés au bouleversant " Smile ". Etonnant !

mardi, 29 janvier 2008 19:02

Time machine (The best of Shack)

Avant de fonder Shack, les frères Michael et John Head drivait The Pale Fountains, une formation liverpuldienne qui a marqué de son empreinte le début des eighties. Entre 1981 et 1985, très exactement. Au sein du line up militait également le futur trompettiste de James, Andy Diagram. Inspiré par le psychédélisme de Love, mais également la comédie musicale (Burt Bacharach), le jazz et la bossa nova, ses chansons romantiques deviendront même une des sources d’inspiration pour les Smiths. Après deux années de déchéance (toxicomane, Michael traverse une période de déprime, alors que leur bassiste McCaffrey, décède des suites d’une hémorragie cérébrale), les deux frangins disparaissent quelque temps ; avant de monter Shack, en compagnie du drummer Alan Wills, mais surtout du bassiste Pete Wilkinson, futur LA’s et Cast. Le quatuor sort quelques singles et un album en 1988 : “Zilch”. En 1991, la formation entre en studio. Au London's Star Street. Et achève les chansons de son deuxième elpee, « Waterpistol ». Malheureusement le studio est ravagé par un incendie, et les bandes sont détruites. En outre, leur producteur, Cris Allison, ne parvient plus à mettre la main sur les copies DAT de ces enregistrements. Et lorsqu’enfin il les retrouve, le combo a splitté. Finalement « Waterpistol » paraîtra en 1995, à l’initiative du label allemand Marina. Entretemps, les frères Head forment Strands qui commet un superbe opus en 1997 : « The Magical World of The Strands”. Toujours passé aussi inaperçu. Et l’année suivante, Shack se reforme. Il aligne quelques elpees : « HMS Fable” en 1999 et “Here's Tom With the Weather” en 2003. Ainsi que “The corner of Mill and Gill”, en 2006. Wilkinson est revenu au bercail un an auparavant, pour suppléer le départ de Rigby ; mais information bien plus importante, le groupe a signé chez Sour Mash, le label de Noël Gallagher. Qui a toujours voué une grande admiration aux frères Head. Il les considère d’ailleurs comme une influence majeure d’Oasis.

Maintenant, venons-en à cette compilation qui réunit des extraits des quatre derniers albums (NDR : pas de trace, donc de « Zilch »). Mais également deux singles tout à fait épatants datant de 1990 et 1991. C'est-à-dire « I know you well », digne du meilleur Stone Roses et « Al’s vacation », un titre d’acid folk aussi bancal que capricieux, réminiscent de Syd Barrett. Ainsi que deux nouvelles compos (elles figurent en fin de parcours) : « Holiday abroad », dont la mélodie est tellement contagieuse que vous risqueriez fort de la siffloter sous la douche et l’impétueux « Wanda », morceau de psyché house cuivré, rappelant à nouveau la célèbre formation de Ian Brown, à ses débuts. Même si la délicatesse du timbre vocal de Michael est davantage mise en évidence. Pour le reste, heureusement que les notes incluses dans la pochette sont suffisamment explicites ; sans quoi, on n’y retrouverait plus ses jeunes. Ce qui permet quand même de cerner l’évolution de cet ensemble dont la musique à l’origine très psyché (Stone Roses, Syd Barrett, Byrds) a progressivement évolué vers une forme de plus en plus sophistiquée, l’influence de Love circa devenant même très marquante sur l’avant dernier opus (les arrangements, les orchestrations, les cuivres mariachi, etc.) Ce qui n’a jamais empêché les compos de continuer à bénéficier de ce dosage subtil entre cordes acoustiques et intensité électrique. La formation a également vécu sa période britpop hymnique (pensez à Oasis, à The Coral ou encore aux Bluetones) ; et en particulier sur l’album « Waterpistol », paru quatre ans trop tard. On ne va pas en rajouter une couche, c’est une compile, mais franchement elle mérite toute votre attention. En outre, comment comprendre qu’un groupe aussi talentueux soit passé à travers…

mardi, 29 janvier 2008 18:46

Sisyphus, window cleaning

Dimi Dero est français. Parisien, très exactement. Mais sa musique plaît surtout aux Australiens. Pas parce qu’il chante dans la langue de Shakespeare, mais parce qu’il pratique une forme de garage largement inspiré par les Scientists et Birthday Party. Ce qui explique sans doute pourquoi il a été signé par le label antipodal Off The Hip. Et puis tourne régulièrement au pays des kangourous. En outre, ses collaborations auprès d’artistes aussies sont régulières : depuis Kim Salmon à The Dirty Three, en passant par Mick Harvey, Penny Ikinger ou encore les Drones. Enfin, non seulement Dero drive son propre groupe, mais ce multi-instrumentiste compose et assure la production de ses œuvres.

Pour enregistrer “Sisyphus, window cleaning”, il a reçu le concours d’Ash Wednesday, préposé aux claviers lors des tournées d’Einsturzende Neubauten et des Sacred Cowboys. La musique de Dimi Dero Inc. est tour à tour sauvage, menaçante, lugubre, ténébreuse, marécageuse, fébrile, aride, intense, malsaine et parfois même brutale. Dero y épanche ses ressentiments d’un timbre âpre, mais sophistiqué, dont les inflexions sont susceptibles de rappeler celles de Peter Murphy (Bauhaus) voire d’Alex Harvey, surtout en fin de parcours. Et notamment sur les deux meilleures plages de l’opus. En l’occurrence « I washed your windows clean », morceau construit en crescendo qui s’achève par un final apocalyptique et le bonus track, « Sleep alone », caractérisé par cette ‘lead guitar’ à la fois mélodique, gémissante et chatoyante qui baigne dans ce magma d’électricité blanche en fusion…