Dorian Sorriaux croit au changement…

Guitariste-chanteur dans l’univers du psyché/folk, Dorian Sorriaux a sévi comme guitariste au sein du groupe suédois Blues Pills. Il s’émancipe en explorant de nouveaux univers musicaux, et notamment à travers un folk plus acoustique et des textes plus…

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Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

mardi, 04 mars 2008 22:53

Go away white

En 2005, Peter Murphy, Daniel Ash, David J et Kevin Haskins décident de reformer Bauhaus et partent en tournée mondiale. Pas de nouvel album en perspective, mais un Dvd compilateur (« Shadow of Light/Archive ») réunissant les clips majeurs du quatuor de Northampton. A l’issue de ce périple, la formation met un terme à son aventure. Mais avant de se séparer définitivement, la formation entre en studio pour enregistrer un opus ultime : « Go away white ». Un disque enregistré en 18 jours au Zircon Skye. A Ojai, en Californie.

A l’issue de la première écoute, une constatation s’impose : les arrangements et la mise en forme ont été bâclés. Pas que les compos soient médiocres. Le disque en recèle même quelques unes de bonne facture ; mais en y apportant la touche finale nécessaire, elles auraient pu se révéler excellentes. Maintenant en enregistrant sans overdubs ni mixing, le groupe courait le risque de surfer sur l’imperfection. Bref, ne gâchons cependant pas notre plaisir, puisqu’on retrouve la voix si particulière, gémissante presque ‘bowiesque’ de Peter Murphy (NDR : a contrario, sur « Undone », on se rend compte à quel point sa manière de chanter a pu déteindre sur Perry Farrel, lorsqu’il militait chez Porno For Pyros), les digressions de noise ou les accès de funk blanc dispensés par la guitare de Daniel Ash ainsi que la ligne basse tour à tour dub, mélodique ou propulsive de David J. Sans oublier ce climat lugubre, sinistre (ce glas qui hante « Saved » !), tourmenté, incantatoire, emphatique, menaçant voire tribal (« Endless summer of the damned ») ou de mauvaise augure (le vaporeux « The dog’s a vapour » composé en 1998, lors de leur première reformation) qui constitue la marque de fabrique du style gothique de Bauhaus. 

“Go away white” laissera perpétuellement un goût d’inachevé dans le cœur des aficionados de cet ensemble insulaire mythique. Une raison de plus pour aller réécouter leurs quatre premiers albums. Et pour les profanes, comprendre que Bloc Party et The Rapture n’on rien inventé. Enfin que Smashing Pumpkins, Hole, Nirvana, Korn, Tool, Nine Inch Nails, Marilyn Manson, Franz Ferdinand ainsi que Jane's Addiction se sont, chacun à leur manière, manifestement inspirés de Bauhaus…

mardi, 04 mars 2008 22:52

30

Pour fêter le 30ème anniversaire de leur carrière, les Buzzcocks ont décidé de sortir un album réunissant la quintessence de leur œuvre. Sans les morceaux impliquant Howard Devoto. C'est-à-dire composés à leurs tout débuts. Sans quoi, la plupart des chansons y figurent ; et en particulier celles qui ont récolté le plus de succès (les singles) mais aussi les plus emblématiques (extraits d’Eps ou d’elpees). Dont les inévitables « What do I get », « I don’t mind », « No reply », « Even fallen in love (with someone you shouldn’t’ve) », « Love you more », « Hollow inside », « Orgasm addict », etc. Le tout complété par sept titres plus récents. Vingt-huit en tout ! Pourquoi pas 30 ?

Malheureusement, ces versions ont été enregistrés ‘live’. Au forum de Londres. Et la bande à Pete Shelley et Steve Diggle a beau faire tous les efforts possibles et imaginables pour communiquer son enthousiasme et son énergie, le son est pourri. Or quand on sait toute l’importance dévolue aux vocaux, chez les Buzzcocks, on a le droit d’être déçus. Passe encore s’il avait été immortalisé à la mi-sixties, à l’époque où ils étaient les seuls punk de Manchester avec The Fall. Mais, là, le concert s’est déroulé en 2007. Et 78 minutes de bouillie sonore sur une chaîne hi-fi, c’est dur à digérer…

mardi, 04 mars 2008 22:49

Take a good look !

Trente-deux ans que les Fleshtones dispensent leur garage/rock aux quatre coins de la planète. Un peu plus de trois décennies qu’ils pratiquent la même musique, sans se soucier du temps et des modes. Pourtant, au cours des dernières années, on les avait quelque peu perdus de vue. Et pour cause, ils avaient beau continuer à sortir des albums ou se produire en concert, leurs labels successifs se souciaient de leur promo comme un poisson d’une pomme.

Heureusement, en 2003, ils atterrissent chez Yep Roc. Et rapidement concoctent « Do you swing ». Mais faute de distributeur motivé, le disque reste dans les starting blocks. « Take a good look » semble enfin bénéficier d’un meilleur support. Et ce n’est pas usurpé, car ce « Take a good look ! » est tout bonnement excellent. Douze titres aussi excitants les uns que les autres qui ne durent jamais plus de 3 minutes. Soit une bonne demi-heure de groove et de fun. Des compos qui s’inspirent inévitablement du punk des sixties (pensez aux compiles « Nuggets », donc aux Sonics), mais aussi aux Stones époque « Sticky fingers ». On a même droit sur « Back to school » à un clin d’œil adressé au « Gimme some lovin’ » du Spencer Davis Group, et sur « Love yourself », au « Gloria » du Them. Plus curieux encore, « This is time Josephine » semble hanté par les Kinks, alors que sur le titre maître, Peter Zaremba déclame à la manière d’Eric Burdon, lorsqu’il sévissait chez les Animals. Parce qu’en général le timbre de Peter est plutôt rauque et chaleureux. Un Peter qui apporte régulièrement de petites touches d’harmonica ou de farfisa à cette solution sonore qui vous communique instantanément l’envie de danser et de faire la fête. Et j’imagine que ces titres doivent faire un tabac lorsqu’ils sont sur les planches. Pas pour rien que leur show est considéré, par les spécialistes, comme le meilleur au monde. Et si les Hives et les Strokes prétendent incarner leurs héritiers naturels, les maîtres sont toujours bien les Fleshtones. D’ailleurs, s’ils passent près de chez vous, ne les manquez sous aucun prétexte. En attendant, je vais appuyer sur la touche replay de ce « Take a good look ! ». Rock’n rollllllllllllllllllllllllllllllll…

Triggerfinger est un trio issu du Nord de la Belgique, qui possède une réputation d’enfer sur les planches. Lors de l’édition 2007 du festival de Dour, il avait d’ailleurs cassé la baraque. Et pourtant, leur musique est fondamentalement basique. Du rock qui s’inspire d’incontournables formations classiques comme les Stones, Led Zeppelin, AC/DC, Deep Purple, ZZ Top ou encore le Creedence Clearwater Revival et inévitablement de grands guitaristes de blues. Fondée en 1998, la formation avait enregistré un album éponyme en 2004. Son premier. Le groupe anversois vient de sortir son deuxième : « What’s grab ya ? ». Pour la circonstance, le bassiste (Monsieur Paul) et le chanteur/guitariste (Ruben Block) consacraient une journée aux interviews. Ils l’ont déclinée en français, surtout. En anglais, parfois. Et en néerlandais, circonstanciellement. Un entretien fort agréable, au cours duquel nos deux interlocuteurs ont souvent joint le geste à la parole.

Mais tout d’abord, essayons de comprendre pourquoi il a fallu trois personnes pour mettre en forme l’opus : Filip Goris, Jo Francken et Fred Kevorkian. C’est Monsieur Paul qui nous éclaire : « Pour mettre les choses au point, Filip Goris et Jo Franken sont respectivement l’ingénieur du son et le producteur. Quand à Fred Kevorkian, il s’est chargé de la masterisation. C’est un New-yorkais qui a vécu toute une époque à Paris. Nous avons enregistré les bandes au Red Tape Studios. A trois. Bon, c’est vrai que j’aurais pu assurer cette production. Et Filip, mon compagnon de studio, également. Mais je joue au sein de Triggerfinger, et Filip nous connaît trop bien. Or nous souhaitions bénéficier d’un avis extérieur sur notre création. C’est la raison pour laquelle on a demandé à Jo Francken d’accomplir cette tâche. Et le mixing a été opéré aux studios Galaxy à Mol. Pour Fred, c’est une autre histoire. En fait, notre batteur, Mario, a participé à l’enregistrement de l’album de Black Box Revelation. Il l’a produit et apporte également son concours aux drums. Le disque a été mixé aux States et masterisé par Kevorkian. C’est une des raisons pour lesquelles on s’est déplacé là-bas… » Ruben enchaîne : « En fait, normalement nous devions nous rendre à Vilvorde pour réaliser ce mastering ; mais les locaux étaient alors occupés. En outre, nous avions beaucoup tourné, au cours des dernières années ; et nous avions envie de prendre quelques jours de répit. Nous sommes donc partis à New York. » Paul embraie : « Nous nous pointions de temps en temps en studio pour acquiescer ou réfuter ses choix. Et pour le reste on a fait du tourisme. Ce n’est pas parce que c’était mieux de nous envoler là-bas, mais simplement, parce que les circonstances on dicté ce choix… »

On entre donc dans le vif du sujet : les compos de l’album. Mais pourquoi avoir choisi la chanson ‘What’s grab ya ?’ comme titre de l’elpee ? Ruben s’explique : « Ce titre représente quelque chose de très important pour moi. Lorsque j’écoute de la musique, mais aussi dans la vie en général, je suis constamment à la recherche de sensations qui m’agrippent (il saisit son poignet droit de la main gauche), me passionnent, me dévorent… Je souhaite les vivre le plus intensément possible. Même lorsque je sors avec ma copine ou encore quand je vais voir un film. C’est un peu comme si j’avais des oreilles dans le cou. Je pense que ce titre correspond le mieux au message que nous voulions faire passer. » Monsieur Paul exhibe la pochette de l’album : « Et l’image n’est pas explicite. Elle suggère. C’est ‘kapoen’ (NDR : coquin), mais dans le bon sens du terme… »

L’album affiche de multiples références aux groupes mythiques des seventies. Le Led Zeppelin en tête. ‘Lines’ pourrait même devenir leur ‘Since I’ve been lovin’ you’. Et tout au long de ‘Is it’, on a envie de taper du pied comme quand on écoute un morceau de ZZ Top. Paul partage totalement mon point de vue. Mais il nuance : « Ce n’est pourtant pas le but. C’est arrivé par hasard. Certains ont même rapporté que cette compo leur rappelait Status Quo. A cause des riffs de guitare. C’est la dernière chose à laquelle je pensais. Personnellement, j’estime que le morceau évoque davantage Bad Company, le Free et même Humble Pie… » Par contre ‘First taste’ et ‘Halfway town’ se révèlent paradoxalement simples et complexes. En fait, c’est la gestation de ces compos qui a été difficile. Et lorsque je les écoute, les spectres de Mark Lanegan (Screamin’ Trees) ou de Jeff Martyn (Tea Party) traversent mon esprit. Avis que ne partagent pas les deux compères. Monsieur Paul est perplexe : « Je ne vois pas très bien où se trouve la similitude. En ce qui concerne ‘First taste’, on y recèle plusieurs influences rythmiques. Dont celle de Kiss. Mais si notre tempo est plus rapide, il laisse de la place au chant (NDR : il fredonne ‘I was made for loving you’). La voix rappelle plutôt Ian Gillan (NDR : le chanteur de Deep Purple). Pendant le refrain surtout, même si ce n’est pas encore ‘Child in time’ » Ruben vocalise avant de reprendre le crachoir : « Mais c’était inconscient. C’est simplement un ressenti dans la musique. Cette chanson a eu différents refrains avant qu’on ne choisisse le définitif. Mario était satisfait du résultat ; mais j’estimais qu’il y avait moyen de trouver mieux ! Et subitement, l’inspiration et apparue. Et j’ai crié ‘wouaaaahh’. » Monsieur Paul reprend : « Pourtant ce refrain épouse la forme la plus rudimentaire qui puisse exister. C’est une peu comme ‘Be-bop-a-lula she's my baby’. Cela ne veut rien dire, mais tout le monde comprend. » Ruben tente une métaphore : « Et ça gèle dans ma tête avec le reste des mots. C’est complémentaire » Paul revient sur cet épisode : « En fait, au départ, le morceau baignait plutôt dans le country rock. Nous l’avions répété à plusieurs reprises, mais Ruben ne semblait pas convaincu. Et lors de l’enregistrement, il s’est arrêté au beau milieu de son interprétation, en clamant : ‘Ce n’est pas nous !’ Et je lui ai demandé ce qu’on allait faire maintenant. Et il m’a répondu, oublions-le et on recommence tout. Pense à quelque chose d’autre. Il a gratté quelques accords, on a répété cinq ou six fois et soudainement, en deux temps trois mouvements, il était terminé. Sauf les textes. Mais non, la chanson ne me fait penser à rien d’autre qu’à du Triggerfinger. Encore qu’elle baigne au sein d’un climat bizarre, un peu comme dans ‘Pulp fiction’ de David Lynch… Et j’aime bien le disque, parce qu’il paraît très simple ; cependant, je t’assure, ce n’est pas du tout simple… »

L’opus recèle une seule cover : le ‘No Teasin around’ de Billy ‘The Kid’ Emerson. Ruben l’interprète seul. Il la chante en s’accompagnant à la guitare. Un enregistrement qui a son histoire. Il confirme : « Je l’ai enregistré au croisement de deux couloirs, dans l’immeuble qui abrite le studio. En fait, je répétais entre les prises de son, à cet endroit. Sans amplification. Un peu par hasard. Et je me suis rendu compte que l’acoustique était excellente. Donc on a décidé de l’enregistrer à cet endroit. On a transporté le matos : mon ampli, une guitare semi-acoustique, des micros dont un pour mettre avant la guitare et un autre plus sensible pour capter l’atmosphère de la pièce, des couloirs. Et le résultat était stupéfiant. » Paul y va de son commentaire : « Tu entends même l’onglet glisser sur les cordes… » A ce sujet, Ruben est-il constamment à la recherche du riff parfait ? Il réagit : « On a travaillé dur à chercher des éléments qui collent aux compos. Parfois, il est difficile de mettre toutes tes bonnes idées dans le même panier. Parce que si le riff est trop compliqué (il mime), les drums (il mime encore) doivent suivre. Et parfois, c’est ‘too much’ ! J’aime les riffs simples, pas trop sophistiqués et qui collent bien au morceau. Et c’est ce que nous avons essayé de réaliser : créer de bonnes chansons tout en incorporant l’ensemble des instruments du groupe. » Monsieur Paul témoigne : « En outre, il ne faut pas oublier que nous disposons d’un excellent drummer ; et à l’instar des groupes du passé, nous lui donnons également droit au chapitre. C’est notre John Bonham ! » Ruben approuve : « Mario est incontestablement le meilleur batteur en Belgique. Il est important de lui réserver régulièrement de l’espace pour qu’il puisse s’exprimer. Lorsque c’est son tour à se mettre en évidence, on se confine dans la simplicité. Et les deux autres musiciens adoptent cette règle, lorsque c’est la guitare qui se libère ; mais il est important de le faire… »

Finalement, le groupe n’aurait-il pas préféré vivre au beau milieu des seventies ? C’est Monsieur Paul qui prend la parole : « J’ai vécu cette époque. Tu sais, j’ai cinquante balais. J’ai joué au sein d’une multitude de groupes ; mais non, je ne veux pas replonger dans cet univers. C’était trop difficile. Et puis on ne se rendait pas compte des conséquences de notre mode de vie. Il y avait de la drogue partout, personne ne nous disait qu’elle était dangereuse pour notre santé. Or, on en consommait régulièrement. Je l’avoue, parce que je suis encore en vie ; mais j’ai plein d’amis qui ne sont plus de ce monde à cause de cette addiction... En plus, il y a aussi l’aspect technique. As-tu connu ‘Jazz Bilzen ? (NDR : je lui réponds par l’affirmative, puisque j’y ai assisté en 1971). J’y suis allé chaque année. Le matériel de sonorisation qui est aux halles de Schaerbeek, c’est la sono originale de ce festival. La première fois que je me suis rendu à Bilzen, j’avais été impressionné par les haut-parleurs qui crachaient la musique en stéréo (rires). Mais aujourd’hui, si on utilise à nouveau ce type de matériel, tu vas te boucher les oreilles. J’en suis sûr. Mais à l’époque… Depuis, tout a évolué… » Et Ruben d’avouer : « La seul chose que j’aurais voulu vivre, ce sont les concerts de Led Zeppelin, de Deep Purple, du Jimi Hendrix et du Who. Ce sont les seuls regrets que je puisse émettre, en pensant à cette époque… » C’est sans doute la raison pour laquelle Triggerfinger aime les reprises. Et est parvenu à faire de celle du ‘Commotion’ de Creedence Clearwater Revival, son cheval de bataille en ‘live’. Le combo envisage même d’en proposer de nouvelles. Mais uniquement pour les jouer sur scène. Dont des ‘medleys’. A suivre donc… 

Triggerfinger rallie les suffrages des métalleux. Stéphane, notre spécialiste en la matière, se demande si la formation estime être sur la même longueur d’ondes que des groupes comme Southern Voodoo et Cowboy & Aliens ; et si le trio a l’impression d’appartenir à une même nouvelle scène hard rock belge. La question méritait donc d’être posée. Monsieur Paul prend la parole : « Nous connaissons bien les musiciens de Cowboy & Aliens » Et Ruben de remettre les pendules à l’heure : « Mais nous sommes plus rock’n roll que hard rock, je crois. Plus sexy aussi. Dans l’esprit de Chuck Berry. Et pas seulement dans les riffs, mais aussi dans les lyrics. » Monsieur Paul commente : « Triggerfinger existe depuis dix ans, maintenant. Et je suis le plus jeune. (rires) Non enfin, le dernier arrivé, puisque j’ai rejoint le line up, il y a 5 ans. Mario et Ruben y militent depuis les débuts. J’ai connu le groupe impliquant un autre bassiste. Et ce qui me plait le plus chez Triggerfiner, c’est son côté rock’n roll. Un peu de volume, un peu de technique, mais surtout de l’atmosphère. J’aime bien les gars de Cowboy & Aliens, mais je ne crois pas que nous alimentions le même créneau. Il existe des tas de groupe de métal, dont j’écoute les disques dans ma voiture. Mais nous ne sommes pas un groupe de métal ». Ruben raconte : « Lors d’une édition du festival Graspop, j’avais constaté que tout au long du festival, les mecs chevelus, tatoués sur les biceps, s’agglutinaient sur le devant de la scène. Mais lorsque nous avons commencé à jouer, ils se sont tous retirés au bar, à l’arrière ; et leurs copines se sont toutes ruées vers le podium. C’est là que se situe la différence. » Paul nuance : « Ce qui ne veut pas dire que tu dois nécessairement être jolie pour aimer notre musique. Il y a du sexe chez James Brown. Et comme chez lui, notre musique incite à se bouger le cul. » Et Ruben de s’interroger : « Est-il possible de ne pas être trop explicite dans les mots ? Simplement être un peu sensuel, mais pas trop. Un érotisme qui permet de deviner les charmes et de ne pas tout dévoiler. » Paul enchaîne : « C’est ce qu’on aime. Cette tension suggestive, comme chez David Lynch. »

Une chose est sûre, ils aiment les White Stripes. Ruben concède : « Absolument ! Autant les White Stripes que les Raconteurs. Tout ce qui tourne autour de Jack White. C’est un musicien remarquable. » Mais l’artiste auquel ils vouent la plus grande admiration, c’est Howlin’ Wolf ! Cette fascination est même partagée. Paul est le premier à se confier : « Pour moi c’est un maître. Et pour Ruben, aussi. Vraiment. C’est un fil rouge dans notre vie. Parce que c’est un tout grand. Pas seulement comme artiste. Un colosse aussi. Un sanguin auquel, il valait mieux ne pas se frotter, quand il avait bu un whiskey de trop. Contradictoire, mais qui savait ce qu’il voulait. Très structuré aussi. Un business man avec lequel il fallait se lever tôt pour le rouler. Il a un jour déclaré qu’il ne voulait pas signer sur un label, parce que c’était toujours source de problèmes. Je l’ai rencontré un jour. Enfin, sans le savoir. J’étais en compagnie de Roland (NDR : Roland Van Campenhout, un artiste belge notoire dans le domaine du blues). Nous devions assister au concert de Howlin’ Wolf, à la salle Reine Elisabeth de Bruxelles, mais nous sommes restés en rade au bar. Bref, nous étions un peu éméchés, quand soudain, un type de grande taille, de couleur noire, les yeux rouges, vêtu d’un costard, nous demande l’entrée de la salle. Je lui ai indiqué la route, mais je n’aurais pas osé le contrarier. Roland n’a pas dit un mot. Il était pétrifié. Quand le gars est parti, je lui ai demandé, ce qu’il avait. Et Roland m’a répondu : ‘Tu ne l’as pas reconnu, mais c’est Howlin’ Wolf’. Ben, non, je ne l’avais pas reconnu, mais rien qu’en le croisant, il m’avait déjà impressionné. » Ruben en remet une couche : « Pour moi, c’est le plus grand. Le king ! Il avait une voix comme un amplificateur de guitare » Monsieur Paul précise : « Avec des lampes ! ». Et Ruben de conclure : « Tu vois, quand tu m’en parles (NDR : il me montre ses bras), j’en ai la chair de poule…

(Photo : Koen Bauters) 

 

vendredi, 29 février 2008 20:09

Tapes’n Tapes marche au loin…

Quatuor établi à Minneapolis, Tapes’n Tapes sortira son deuxième opus ce 7 avril. Il a bénéficié de la production de Dave Fridmann, (Sleater-Kinney’s, Flaming Lips). Intitulé « Walk It Off », il paraîtra ce 7 avril. Tapes 'N Tapes se produira le 4 juin au Recyclart de Bruxelles.

Tracklisting :

1. Le Ruse

2. Time of Songs

3. Hang Them All

4. Headshock

5. Conquest

6. Say Back Something

7. Demon Apple

8. Blunt

9. George Michael

10. Anvil

11. Lines

12. The Dirty Dirty

 

Pour plus d’infos : http://www.tapesntapes.com

vendredi, 29 février 2008 20:03

Pigeon Detectives aux Urgences…

Ce 26 mai paraîtra le deuxième opus du quintet de Leeds. Intitulé « Emergency » il sera précédé par le single le 12 du même mois. L’album a été enregistré aux studios Monnow Valley (Pays de Galles), produit par Stephen Street (Blur / The Smiths) et mixé par Cenzo Townshend, qui avait bossé pour Wait For Me.

Pour plus d'infos : http://www.thepigeondetectives.com/news.asp

Pour voir la vidéo de “This is an emergency”: http://streaming.motiongroup.co.uk/motion/wm/dance/GB-T64-08-00010_High.asx

The River Curls Around The Town est le nouveau projet de Bart Bekker et Jan Vanwinckel, déjà impliqués chez Yearn’d. Ils ont décidé d’explorer un nouvel horizon sonore en enregistrant « More than a break », un disque qui paraîtra sur le sous-label de Jan Vervloet, At night recordings (NDR : un DJ/producteur qui a acquis une réputation internationale sur la scène internationale de dance avec des projets comme Fiocco and D.H.T.). L’album paraitra le 31 mars et sera precede par une nouvelle version du hit single « Wonderful Life », immortalisée par Black.  

Tracklisting

1. Factory of life

2. Miss you

3. Between the towers and the war

4. 666

5. More than a break

6. Wonderful life

7. Darkness

8. English pastures

9. Never meant to be heard

10. Forgot to shave

11. Confused

12. Taken away

13. Dead and gone

14. Slaapwel

 
Pour plus d’infos : http://therivercurlsaround.creoff.net  et  http://www.myspace.com/therivercurlsaroundthetown

 

vendredi, 29 février 2008 20:02

The Long Blondes en Couples

Le second elpee des Long Blondes sera dans les bacs le 7 avril. A l’instar de leur précédent album, « Someone To Drive You Home », paru en 2006, la production a été confiée à Erol Alkan. L’opus sera précédé par la sortie d’un single, le 24 mars. Il s’intitulera « Century ».

Tracklisting

1. Century 

2. Guilt 

3. The Couples 

4. I Liked The Boys 

5. Here Comes The Serious Bit 

6. Round The Hairpin 

7. Too Clever By Half 

8. Erin O'Connor 

9. Nostalgia 

10. I'm Going To Hell 

 
Pour plus d’infos : http://www.thelongblondes.co.uk

 

 

vendredi, 29 février 2008 17:10

Une excellente mise en bouche…

Responsable d’un tout nouvel opus (“Lucky”), Nada Surf est donc reparti en tournée. Et pour la circonstance, le trio a choisi d’emporter dans ses bagages la formation californienne, Rogue Wave, dont le dernier album paru l’an dernier (« Asleep at heaven’s gate ») est enfin distribué chez nous depuis le 22 février. Bref, une soirée qui s’annonçait sous les meilleurs auspices, lorsqu’on connaît la générosité du band new-yorkais.

Les trente minutes dévolues à Rogue Wave ont constitué, il faut le reconnaître, une excellente mise en bouche. Zach est un excellent chanteur, dont le timbre peut rappeler Robert Pollard (Guided By Voices) et tous les musiciens (surtout le claviériste de tournée et le drummer) sont susceptibles de soutenir de superbes backing vocaux. Le quintet semble heureux de se produire en ‘live’ (tout sourire, Gram, le guitariste soliste, en est la plus belle illustration !) et privilégie les compos du dernier elpee : « Fantasies », « Like I needed », une version tribale de « Lake Michigan » qui se mue progressivement en pseudo valse, un morceau au cours duquel Ira Elliot, le drummer de Nada Surf, vient donner quelques coups de cymbales ; et puis surtout un superbe « Chicago X12 », renforcé par les vocaux de Matthew Caws (NDR : il a également collaboré à l’enregistrement le l’album). Un seul titre issu de « Out the shadow » : “Kicking The Heart Out” ; et en finale, la cover du “Birds” de Neil Young, version originale qui figure sur l’elpee “After the goldrush ». Les mélodies sont contagieuses et le son plus incisif que sur disque. Une très bonne surprise ! Le groupe devrait revenir chez nous, fin du printemps prochain.  

Cinq miroirs ronds et convexes sur pied sont placés au fond de la scène et reflètent les images déformées des musiciens vus de dos ; mais inévitablement de différentes portions du public. Original ! Le trio est soutenu par le claviériste Louie Linno, un collaborateur de longue date. Mais c’est le seul qui ne chante pas. La coiffure en dreadlocks de Daniel Lorca, le bassiste, est toujours aussi impressionnante. A partir du milieu du concert, son addiciton à la clope va le pousser à griller cigarette sur cigarette ; à un tel point qu’il parvient même à chanter en la tenant du bout des lèvres (NDR : et après on s’étonnera qu’il est parfois difficile d’interdire de fumer dans les salles…) Le début du set manque cependant singulièrement de pèche. Le fiston de Daniel vient poser sa voix sur « Happy kid ». Charmant ! Le groupe est pourtant bien en place et les harmonies vocales sont impeccables, mais les chansons ne décollent pas. Matthew avoue avoir la fièvre. Mais il faudra attendre le septième titre « Kilian’s red » pour qu’enfin il nous la communique. A partir de cet instant, le concert va monter en puissance. Notamment grâce à « Paper boats », « 80 windows », « Do it again » et « See the bones », qui achève le corps du show. Sans oublier « Inside of love », au cours duquel le public se balance de gauche à droite (NDR : à moins que ce ne soit de droite à gauche), à l’invitation de Caws.

Lors du premier rappel, Matthew revient d’abord seul, flanqué de sa six cordes. Le groupe le rejoint pour « Blizzard of 77 » et embraie par la berceuse « Blonde on blonde », puis le contagieux « Always love » ainsi qu’un « Blankest year » propice au défoulement. Et pour cause, Matthew y incite la foule à reprendre en chœur, un ‘fuck you’ vindicatif. Même le claviériste préposé à la tournée de Rogue Wave est venu se joindre aux quelques spectateurs, conviés à monter sur le podium, pour danser.

Vu l’ambiance, un deuxième rappel est inévitable. Et Nada Surf de se lancer dans un morceau digne de Hüsker Dü avant de concéder un « Popular », qu’il ne joue plus que très rarement. Parce qu’il le traîne comme un boulet depuis ses débuts. Mais qu’y faire lorsqu’on est devenu aussi populaire. Et que pour partager le bonheur de son public, on n’hésite pas à se produire en concert, près de deux heures…

 
Organisation : Botanique.

 

 

vendredi, 29 février 2008 17:07

Un groupe toujours aussi ‘popular’...

Responsable d’un tout nouvel opus (“Lucky”), Nada Surf est donc reparti en tournée. Et pour la circonstance, le trio a choisi d’emporter dans ses bagages la formation californienne, Rogue Wave, dont le dernier album paru l’an dernier (« Asleep at heaven’s gate ») est enfin distribué chez nous depuis le 22 février. Bref, une soirée qui s’annonçait sous les meilleurs auspices, lorsqu’on connaît la générosité du band new-yorkais.

Les trente minutes dévolues à Rogue Wave ont constitué, il faut le reconnaître, une excellente mise en bouche. Zach est un excellent chanteur, dont le timbre peut rappeler Robert Pollard (Guided By Voices) et tous les musiciens (surtout le claviériste de tournée et le drummer) sont susceptibles de soutenir de superbes backing vocaux. Le quintet semble heureux de se produire en ‘live’ (tout sourire, Gram, le guitariste soliste, en est la plus belle illustration !) et privilégie les compos du dernier elpee : « Fantasies », « Like I needed », une version tribale de « Lake Michigan » qui se mue progressivement en pseudo valse, un morceau au cours duquel Ira Elliot, le drummer de Nada Surf, vient donner quelques coups de cymbales ; et puis surtout un superbe « Chicago X12 », renforcé par les vocaux de Matthew Caws (NDR : il a également collaboré à l’enregistrement le l’album). Un seul titre issu de « Out the shadow » : “Kicking The Heart Out” ; et en finale, la cover du “Birds” de Neil Young, version originale qui figure sur l’elpee “After the goldrush ». Les mélodies sont contagieuses et le son plus incisif que sur disque. Une très bonne surprise ! Le groupe devrait revenir chez nous, fin du printemps prochain.   

Cinq miroirs ronds et convexes sur pied sont placés au fond de la scène et reflètent les images déformées des musiciens vus de dos ; mais inévitablement de différentes portions du public. Original ! Le trio est soutenu par le claviériste Louie Linno, un collaborateur de longue date. Mais c’est le seul qui ne chante pas. La coiffure en dreadlocks de Daniel Lorca, le bassiste, est toujours aussi impressionnante. A partir du milieu du concert, son addiciton à la clope va le pousser à griller cigarette sur cigarette ; à un tel point qu’il parvient même à chanter en la tenant du bout des lèvres (NDR : et après on s’étonnera qu’il est parfois difficile d’interdire de fumer dans les salles…) Le début du set manque cependant singulièrement de pèche. Le fiston de Daniel vient poser sa voix sur « Happy kid ». Charmant ! Le groupe est pourtant bien en place et les harmonies vocales sont impeccables, mais les chansons ne décollent pas. Matthew avoue avoir la fièvre. Mais il faudra attendre le septième titre « Kilian’s red » pour qu’enfin il nous la communique. A partir de cet instant, le concert va monter en puissance. Notamment grâce à « Paper boats », « 80 windows », « Do it again » et « See the bones », qui achève le corps du show. Sans oublier « Inside of love », au cours duquel le public se balance de gauche à droite (NDR : à moins que ce ne soit de droite à gauche), à l’invitation de Caws.

Lors du premier rappel, Matthew revient d’abord seul, flanqué de sa six cordes. Le groupe le rejoint pour « Blizzard of 77 » et embraie par la berceuse « Blonde on blonde », puis le contagieux « Always love » ainsi qu’un « Blankest year » propice au défoulement. Et pour cause, Matthew y incite la foule à reprendre en chœur, un ‘fuck you’ vindicatif. Même le claviériste préposé à la tournée de Rogue Wave est venu se joindre aux quelques spectateurs, conviés à monter sur le podium, pour danser.

Vu l’ambiance, un deuxième rappel est inévitable. Et Nada Surf de se lancer dans un morceau digne de Hüsker Dü avant de concéder un « Popular », qu’il ne joue plus que très rarement. Parce qu’il le traîne comme un boulet depuis ses débuts. Mais qu’y faire lorsqu’on est devenu aussi populaire. Et que pour partager le bonheur de son public, on n’hésite pas à se produire en concert, près de deux heures…

 
Organisation : Botanique.