Sages Comme Des Sauvages face à l’obsolescence programmée…

« Répare ou Pas », premier single issu du troisième album de Sages Comme Des Sauvages est un hymne en forme de question. On le répare ou pas ? Face à un monde plein de vices de fabrication et de malfaçons, le duo se demande si ça vaut encore la peine de…

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Malice K sur les ondes…

Malice K est un artiste né à Olympia, WA, et basé à Brooklyn, dont la palette sonore est composée d'alt 90s et de lyrisme effronté, créant une rare fusion de pop rock indie décalé. Ancien membre du collectif d'artistes Deathproof Inc, il s'est forgé une…

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Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

mardi, 18 décembre 2007 22:38

Some things just stick in your mind

Née en 1945, Vashti Bunyan est londonienne. Compositrice et chanteuse, elle avait sorti quelques singles entre 1964 et 1967, dont une compo écrite par la paire Jagger/Richards (NDR : le titre maître de cette compile) et un elpee en 1970, « Just Another Diamond Day ». Faute de succès, elle s’est alors retirée du circuit musical et a disparu de la circulation. Mais début du XXIème siècle, les membres de Piano Magic retrouvent sa trace et l’invitent à participer à l’enregistrement de « Writers Without Homes » (2002) puis d’un Ep intitulé « Saint Marie EP » (2004). Ce sera ensuite au tour de Devendra Banhart de la convier à participer aux sessions de « Rejoicing in the Hands ». Et même d’Animal Collective, pour l’elpee « Prospect Hummer ». En 2005. C’est aussi l’année au cours de laquelle elle concocte son deuxième opus, « Lookaftering ».

Cette compile réunit 45 tours, démos et raretés concoctés à ses débuts. C’est-à-dire entre 64 et 67. Vingt-cinq morceaux en tout ! Poétesse folk, Vashti y dispense des chansons intimistes, mélancoliques, mais baroques, qu’elle interprète d’une voix limpide en s’accompagnant à la sèche. C’est le lot des démos. Par contre, lorsque ces morceaux bénéficient des arrangements de studio, ils jouissent d’orchestrations aussi subtiles que somptueuses.

Cette poétesse folk semble avoir influencé toute un pan de la musique néo folk américaine. C’est d’ailleurs ce que Banhart confesse, mais également CocoRosie et Tiny Viper. Maintenant, ce sont des références, et il faut bien se replacer dans le contexte de la mi-sixties pour pouvoir apprécier ce type de musique savoureusement désuète. Mais désuète quand même. 

mardi, 18 décembre 2007 22:35

History of the world / Part one

De son véritable nom Claude Perwez, Dr Kloot alias Kaiser Kloot, Kloot Per W ou encore KPW possède une fameuse carte de visite. Surtout dans le nord du pays. Né en 1955, il a roulé sa bosse au sein d’une multitude de formations. A dix ans il était déjà impliqué chez The Walrus et enregistrait un deux titres. Quelques combos plus loin, on le retrouve chez The Misters, qui partiront en tournée en compagnie tantôt de Gruppo Sportivo, Herman Brood, AC/DC, Tjens Couter, Joe Jackson, The Undertones, Trust ou encore Siouxsie and The Banshees. Il passe ensuite chez The Employees et surtout Polyphonic Size, formation qui sortira toute une série de disques (singles, maxis et albums) sous la houlette de Jean-Jacques Burnell. Avant de fonder Zen On, il va côtoyer une bonne partie de la scène pop/rock flamande, dont Dirk Blanchart, Bea Vandermaat, des membres de Clouseau, De Kreuners ou encore Noordkaap. Il a même tâté de l’électro et on lui prête une certaine paternité à la lo fi. Si vous voulez en savoir davantage, je vous invite d’ailleurs à consulter son site, c’est assez impressionnant. (http://www.klootperw.com)

Tout au long de “History of the world” Dr. Kloot cherche à rendre hommage aux chansons les plus notoires des 70’s et des 80’s. Mais aussi, et à mon humble avis, des chansons qui l’ont marqué au cours de cette période. Des morceaux issus du répertoire de The Cure, Kraftwerk, Stooges, Joan Baez ou encore Laurie Anderson. Mais également de Pere Ubu, Pete Shelley, Wire, Camper Van Beethoven, Buzzcocks, Television Personalities, Yellow Magic Orchestra et bien d’autres. Qu’il interprète sous des versions plutôt minimalistes et avec un esprit punk. Lors des sessions d’enregistrement, il a reçu le concours de ladies, et en particulier Marjan Debaene, France L’Hermitte (Polyphonic Size) et Gaelle De Bruxelles (BJ Scott, Olivier Saxe). Uniquement pour les vocaux. Un trio en compagnie duquel, il avait travaillé à des époques différentes ; Dr. Kloot se réservant toute les parties instrumentales. En outre, ce disque a été remasterisé par Kramer aux States.

Dvd fort intéressant que ce “The other side of the mirror…”, puisqu’il permet d’assister à quelques prestations ‘live’ accomplies par le Zim entre 1963 et 1965, au festival folk de Newport aux States. Intéressant, puisqu’en 1965, il monte sur les planches flanqué d’une gratte électrique. En compagnie du guitariste Mike Bloomfield et du claviériste Al Kooper. Une partie du public conspue, l’autre applaudit. En fait, c’est à cette époque que Robert décide d’interpréter sa musique sous une forme plus contemporaine. Et pour cause, il vient de découvrir les Beatles…

Intéressant, puisqu’on le voit partager plusieurs duos en compagnie de Joan Baez et puis être soutenu par les chœurs des Freedom Singers et de Peter Paul & Mary. Intéressant, puisque fondé en 1959, le festival folk de Newport était encore en 1963, un événement autant familial qu’estudiantin. Impensable qu’aujourd’hui on puisse assister à un tel type de spectacle en s’asseyant autour de l’artiste, lui-même entouré de photographes amateurs, de fans et de musiciens qui n’ont strictement rien à faire sur le mini podium. Politique aussi. Pas pour rien que des mythes comme Pete Seeger ou Woodie Guthrie y sont passés. Et puis, il ne faut pas oublier que ce type de musique, à cette époque, véhiculait des messages très engagés. En outre, ce documentaire de Murray Lerner est enrichi d’une interview de Dylan, d’une autre de Joan Baez et d’un titre accordé par Johnny Cash. Le film est en noir et blanc, mais le son est d’excellente qualité.

MSN:

http://sib1.od2.com/common/product/Product.aspx?shop=40&associd=4&catno=OD2DI6198782

I-tunes:

http://phobos.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewAlbum?id=263688383&s=143446

 

 

Le second album des Girls in Hawaii, “Plan Your Escape”, paraîtra le 13 février. Il sera précédé par un single. Intitulé “This farm will end up in fire” il devrait sortir début janvier.

Pour enregistrer cet opus, la formation a reçu la collaboration de Jean Lamoot au mixing, un personnage qui a notamment bossé en compagnie d’Alain Bashung et de Noir Désir.

Le groupe part également en tournée pour défendre son elpee. Et notamment…

15-02-08 – Muziekcentrum Trix –Anvers

16-02-08 – Cirque Royal – Bruxelles (sold out!)

18-02-08 – Paradisoo – Amsterdam

08-03-08 – Le Brise Glace – Annecy

14-03-08 – Aire Libre – Rennes

15-03-08 – Aire Libre – Rennes

17-03-08 – Olymipia – Nantes

19-03-08 – La Nef – Angoulême

20-03-08 – Rockstore – Montpellier

22-03-08 – Le Moulin – Marseille

24-03-08 – Ninkasi Kao – Lyon

25-03-08 – Vapeur – Dijon

26-03-08 – La Laiterie – Strasbourg

27-03-08 – Splendid – Lille

29-03-08 – Big Band Café – Herouville St Clair

03-05-08 – Pac Rock festival

07-05-08 Olympia Bruno Coquatrix – Paris

 

Pour plus d’infos : http://www.girlsinhawaii.be

 

lundi, 17 décembre 2007 16:57

Concours Circuit : les lauréats

Au bout du long parcours du Concours Circuit, Suicide Of Demons a remporté la finale ce 15 décembre au Botanique. Black Bleeding termine deuxième. Au-delà des nombreux prix attribués au vainqueur, d'autres prix ont également été décernés aux finalistes.

En bref :

Premier prix : Suicide Of Demons

Deuxième prix : Black Bleeding

Prix Sabam : The Chargers

Prix des auditeurs de Pure FM (the rock show) : Amadeus

Tous les finalistes seront présents sur une compilation offerte par 3.14

Et vous aurez droit d’ici peu à une review de ce concours  sur Musiczine

 

Toute l'info sur http://www.concourscircuit.be

 

mercredi, 12 décembre 2007 18:33

Jean Michel Jarre réoxygéné…

L’album « Oxygene » vendu à 12 millions d'exemplaires, vient d’être réédité sous un enregistrement haute définition.

Pour voir l’intro d’« Oxygène » :

http://www.youtube.com/watch?v=NaYlyQGvbTE

http://www.wat.tv/playlist/660434/video/747329/jean-michel-jarre-oxygene-intro.html

 

Pour plus d’infos : http://www.jeanmicheljarre.com

samedi, 10 novembre 2007 01:00

Un certain sens du mystère

Responsables de deux albums à ce jour, les Editors surfent sur une vague de succès qui pourrait bientôt les propulser sur la planète des stars ( ?!?!?). Etonnant pour un groupe britannique (NDR : de Birmingham, très exactement) qui remet au goût du jour, une musique nettement inspirée par la cold wave des eighties. Et en particulier des groupes comme Joy Division, Chameleons, And Also The Trees ou Echo & The Bunnymen. Interpol a tracé la voie. Et une foultitude d’autres formations s’y sont engouffrés. Dont les Editors et Bloc Party. N’en déplaisent à ces fers de lance de ce revivalisme auxquels on ne peut certainement pas reprocher de bâcler leurs copies. Au contraire. Sur les planches, les Editors semblent même dépasser largement leurs concurrents directs. Mais pour oser leur parler de ce type de corrélation, il est nécessaire de bien connaître son sujet et de mettre des gants, histoire de ne pas trop froisser leur susceptibilité. C’est Russ Leetch, le bassiste qui s’est dévoué pour affronter le questionnaire. Dommage que Tom Smith, le chanteur/guitariste, préalablement prévu pour épauler son acolyte, n’ait pas osé venir défendre leur point de vue. Notamment dans le domaine des lyrics. Ce n’est peut-être que partie remise…

Sur place, il a donc fallu réaménager ses questions, en se doutant bien que nombre d’entre elles allaient être éludées. Mais il est parfois intéressant d’entendre le point de vue d’un autre membre du groupe, dont la vision est parfois différente, et qui recèle des aptitudes aussi cachées qu’intéressantes (NDR : on y reviendra). Plutôt que d’attaquer de front le sujet sensible des influences, j’ai donc demandé comment les Editors pouvaient expliquer que les admirateurs des groupes susvisés étaient sur la même longueur d’ondes. Bref, que ces formations drainaient un public aux goûts semblables. La réponse de Russ est évasive : « J’ignore si le public veut nous enfermer dans cette catégorie ; tout ce qui je puis affirmer, c’est que ce sont tous de bons groupes. Les gens qui aiment les Beatles et Elvis Presley peuvent aussi apprécier les Editors. Je ne vois pas d’explications » (NDR : ou il ne veut pas les voir !) Par contre, le groupe reconnaît pour influences majeures Elbow et The Walkmen. Elbow surtout. En plus ce sont des amis. Enfin ils sont devenus des amis. « On les a croisés bien longtemps après avoir écouté leur musique. Nous étions des fans avant de les rencontrer. Quand nous fréquentions l’université. Lorsque notre premier album est paru, les musiciens d’Elbow nous ont avoué qu’ils aimaient beaucoup notre musique. Nous sommes sortis ensemble à Manchester. A une occasion. On a trinqué ensemble. Et l’un d’entre eux nous a proposé de nous apporter leur collaboration. On ne les voit plus très souvent, mais on les aime bien. Et, oui, c’est une de nos influences. » Radiohead, Doves et Spiritualized sont également des références qui revêtent un caractère majeur pour le combo. « Nous aimons beaucoup ces groupes. Radiohead et Spiritualized, tout particulièrement. Nous écoutions leurs disques lorsque nous avions 16/17 ans. A cet âge, il est important de découvrir des nouvelles perspectives ; et Radiohead nous a permis de faire ce pas. De nous interpeller. Si tu ne fais pas la démarche de t’approprier un groupe lors de ton adolescence, tu risque de rester en rade. Et de t’enfoncer dans les stéréotypes. Surtout à cet âge là. C’est la raison pour laquelle ces groupes sont importants. En outre, ils te permettent de t’ouvrir vers d’autres types de musique, et pas seulement le rock. » La nouvelle orientation de la bande à Thom Yorke est donc judicieuse ? « Elle ne m’emballe pas particulièrement. Je respecte ce qu’il fait, mais c’est bien moins important qu'‘OK Computer’… » Enfin, pour rester dans le même domaine, les Editors reconnaissent également que ‘Murmur’ de REM et ‘This is it’ des Stokes sont deux opus incontournables, pour eux. « En fait ‘Murmur’ a influencé l’écriture de Tom. En ce qui concerne les Strokes, il faut se remettre dans le contexte. Nous étions en 2001. La britpop, en Angleterre, s’était essoufflée. Depuis deux ou trois ans. Et la guitare était reléguée au second plan. Lorsqu’ils ont débarqués, on s’est dit, le rock’n roll est de retour ! »

On dit Editors et pas The Editors. Il paraît que ce patronyme colle mieux à leur image monochrome. Mais en même temps, que ce choix leur permet de brouiller les pistes. D’autres également avancent que c’est parce que ce ‘The’ est trop à la mode et que le groupe voulait un patronyme intemporel. Où est la vérité ? « J’ai exécuté le travail graphique des pochettes du premier album ‘Backroom’ et des quatre premiers singles. Mais cette tâche devenait trop envahissante, et j’ai l’abandonnée. Avant d’opter pour le nom Editors, nous nous appelions Snowfield. Mais c’était un peu trop humide comme nom. En fait, on a enlevé le ‘The’, parce qu’il ne faisait pas joli sur la pochette. D’un point de vue grammatical, le ‘The’ s’impose ; et pourtant d’autres groupes ont utilisé le même  concept. Les Pixies, par exemple. On dit Pixies et pas The Pixies. Maintenant, il n’est pas exclu qu’un jour, on y remette le ‘The’. » Chez ce type de groupe, l’attitude revêt quand même une certaine importance. On a parfois l’impression qu’ils aiment entretenir un sens du mystère, voire de l’ambigüité « On n’aime pas trop que les gens connaissent constamment notre emploi du temps. Nous voulons préserver notre vie privée. Ce qui importe, c’est le live. On s’est rendu compte que dans le public, il y a des gens qui se posent des questions et qui n’auront jamais la réponse… Et plus ils s’en posent, plus ils accentuent ce mystère. En fait, nous voulons maintenir une certaine distance avec eux. » Peut-être par jeu… Sur les photos, on voit souvent les musiciens vêtus de vêtements sombres. Russ tire sur le col de sa chemise : « Regarde ! Nous aimons la couleur. Nous nous améliorons. En fait, les teintes sombres, nous les adoptions surtout, lorsque nous étions étudiants. Aujourd’hui, nous commençons à nous vêtir différemment. A porter des chemises. A mieux se fringuer. D’ailleurs nous aimons bien les vêtements chics. Surtout sur scène… »

La voix de Tom Smith campe un baryton profond, sensuel. A tel point qu’un journaliste britannique a un jour écrit que sur scène, il pourrait déclencher une ovulation spontanée chez les filles. (NDR : à ce moment précis, Elvis Perkins et son équipe, attablés à quelques mètres, éclatent de rire). Tom essaie de garder son sérieux. « Ce qui est dingue avec lui, c’est qu’il est capable de stimuler l’orgasme de beaucoup de femmes en même temps. Lors de certaines chansons explicites de notre set, on reste très attentif, pour voir si les filles rougissent… » Les lyrics sont également criblés de métaphores. Mais est-ce pour les rendre plus cryptiques ou simplement pour permettre au public d’y épancher ses propres émotions ? « Ce que tu dis est vrai. Les gens pourraient donner leur propre signification (NDR : c’est à la mode !) aux chansons. Une manière de mieux faire vibrer leur corde sensible. Rien que le titre des chansons est susceptible de les interpeler. Ils se projettent une image dans leur esprit. Il existe des petites phrases qui peuvent déclencher une représentation dans leur inconscient, alors que les paroles n’ont rien à voir avec l’élément déclencheur. Il est important pour un groupe ou un artiste de trouver une accroche. » ‘Well worn hand’ est certainement la chanson la plus dramatique du répertoire des Editors. En fin de parcours, on a même l’impression que Tom est au bord des larmes. « Ce qui a permis de la rendre dramatique, c’est la façon dont elle a été enregistrée. En une seule prise. La tension était à son paroxysme. Et le résultat est parfait. D’un point de vue instrumental, on s’est mis la pression. Histoire de communiquer une plus grande intensité émotionnelle à l’interprétation. Maintenant, je ne crois pas que Tom était au bord des larmes ; mais si c’était le cas, on ne pourrait que s’incliner. » A une certaine époque, on taxé leur style de ‘Dark disco’ (disco sombre). « En fait, cette déclaration sort du contexte d’une interview, au cours de laquelle nous avions répondu en ces termes sous forme de boutade. Elle traduit une volonté de se soucier de la recherche musicale, une démarche qui nous hante. Il ne fallait pas prendre cette réponse à la lettre… »

Entre le premier album (‘The back room’) et le second (‘An End Has a Start’), le groupe a changé de producteur. Jim Abbiss a cédé le relais à Jacknife Lee. Y avait-il une différence majeure dans la manière de travailler entre ces deux personnages ? « Nous les apprécions tous les deux pour le boulot qu’ils ont accompli. Jim a bossé sur le premier. Nous étions quatre. Un groupe enfermé dans une pièce. Point à la ligne. Et on n’a rien ajouté. Pour le deuxième, nous voulions qu’il soit plus ouvert et bénéficie d’arrangements plus soignés et d’un son plus puissant. Mais on ne sait pas si dans le futur on continuera à travailler avec lui ou quelqu’un d’autre… » Restait une question plus sournoise. A poser en fin de parcours. Et vu le succès qui commence à prendre des proportions conséquentes. A savoir si Editors ne craignaient pas de devenir un nouveau Coldplay. « S’il te plaît ne nous compare pas à Coldplay. Il y a également un piano sur scène, et notre chanteur a aussi les cheveux bouclés. Mais j’imagine mal, un jour, que cette formation puisse écrire une chanson impliquant le mot ‘Smokers’… » Pas trop bien compris. Il doit y avoir un jeu de mot fumeux là-derrière…

Merci à Vincent Devos.

 

Fondé en 1978, au beau milieu de l’explosion punk, And Also The Trees est aujourd’hui considéré comme une formation culte. Un statut que le groupe s’est forgé en s’imposant une ligne de conduite, sans jamais se soucier du temps et des modes. Non seulement ses desseins romantiques, ténébreux, ruraux, gothiques, visionnaires, artistiques et typiquement insulaires font aujourd’hui des émules ; mais on se rend enfin compte qu’ils ont influencé une foule de groupes. Noisy pop, d'abord. Mais d'autres aussi. Du passé et du présent. Les deux leaders sont frères : Simon et Justin Huw Jones. Le premier est chanteur/lyriciste (poète aussi) et le second guitariste. Ce sont les seuls rescapés du line up originel. En 28 ans, la formation a enregistré dix albums, dont le dernier « (Listen for) the rag and bone man », vient de paraître. A l’issue de leur set remarquable, accordé à la Rotonde du Botanique, les deux frangins nous ont accordé un entretien…

Même si la formation ne s’est jamais souciée du temps et des modes, elle a toujours eu le souci d’évoluer. Progressivement, les synthés ont ainsi cédé leur place à de véritables instruments ; et puis, depuis l’arrivée de Ian Jenkins (préposé à la basse et à la double-basse), le jazz s’est immiscé dans leur univers sonore. Mais qui est ce Ian Jenkins ? Justin prend la parole : « C’est une bonne question. Nous avions besoin d’un bassiste. Steven Burrows est parti vivre aux States. Il y a 25 ans qu’il militait chez nous. Ce n’était donc pratiquement plus possible de travailler ensemble. D’un point de vue technique, il nous apporte encore son concours ; mais vu la situation, nous devions trouver une solution. Ian est ingénieur du son et bassiste. Il joue aussi de la double-basse. Il a également vécu dans la région où nous sommes nés. Et c’est important. Lorsque Steven a déménagé, j’ai pensé qu’il serait judicieux d’embrasser de nouvelles sonorités. D’introduire de nouveaux instruments. Et puis de les intégrer à notre nouvel album. On a ainsi abordé le problème de manière positive. Et ce concept est devenu l’essence du nouveau projet. » Simon clarifie : « Nous l’avions rencontré dans le cadre du festival Paléo. Vu que notre bassiste n’était plus disponible, nous devions trouver une alternative. Et comme il jouait de la double-basse, notre intérêt a été décuplé. » Oui mais pour interpréter les anciennes chansons alors ? Justin embraie : « Nous n’excluons pas notre ancien répertoire, mais nous nous sommes imposés un nouveau challenge en revisitant ces morceaux. Dans un autre style. Plus organique. En enregistrant sous une forme plus acoustique, on était épatés d’entendre les vibrations produites dans l’atmosphère par cette double-basse. L’esprit de Django Reinhardt était bien présent. Dans la musique, hein, pas les idées ! Et des instruments comme cette double-basse et l’accordéon s’y prêtent très bien. » Simon ajoute : « Il a appris les chansons que nous souhaitions. Pas toutes, mais celles auxquelles nous tenions »

‘(Listen) for the rag and bones man’ a été concocté dans un manoir quelque part dans le Herefordshire rural et il a été achevé une chapelle victorienne, à l’extrême est de Londres. Ce qui confirme que le groupe cherche toujours des endroits très spécifiques, souvent des monuments (églises, châteaux, etc.) pour enregistrer ; un peu comme s’il souhaitait constamment que ses enregistrement soient hantés par les endroits où ils étaient immortalisés. Simon commente : « La configuration des lieux est importante lorsqu’on crée de la musique. » Justin insiste : « On cherche à capturer l’émotion du son, là où on se trouve. De manière à lui apporter une nouvelle dimension. Pas toujours, mais parfois. Tu sais, on n’est pas allergique au studio, mais si on a l’opportunité de bosser au sein d’un environnement différent, le résultat peut être sublimé. Ce sont de petites choses, des subtilités, mais on s’en satisfait. » Par contre, on y retrouve toujours les mélopées très caractéristiques de la guitare de Justin. Et puis sa technique si particulière évoquant parfois celle d'un joueur de mandoline dont le son aurait été amplifié et réverbéré. Comme chez de nombreuses formations noisy pop. Justin s’étonne : « Si c’est vrai, je suis flatté. Mais je n’avais jamais entendu une telle réflexion… » Simon réagit : « En fait, c’est ce que Bernard Trontin des Young Gods m’a également raconté. Il abonde dans ce sens… » Un musicien en compagnie duquel Simon a bossé l’an dernier, pour concocter un opus en duo intitulé ‘November’. Simon confesse : « Je vis aujourd’hui à Genève. C’est en fréquentant le même disquaire qu’on me l’a présenté. On a un peu discuté. En fait, il projetait d’enregistrer un album en invitant, un vocaliste, par chanson. Et apparemment, j’étais sur la liste, même si au moment même, il ne me l’a pas avoué. Je n’avais guère confiance pour participer à un tel projet. A ce jour, je n’avais jamais travaillé avec d’autres musiciens que ceux des Trees. Et finalement, j’ai été très surpris et même enchanté du résultat. Les sessions se sont très bien déroulées. On a reçu d’excellentes critiques. C’est très différent de ce qu’on fait au sein du groupe. La musique est plus légère, plus ambient, spatiale même. Expérimentale. C’est un gars très intéressant qui connaît bien son job. Il est prolifique et s’investit beaucoup dans la musique instrumentale et les bandes sonores de films… » Mais le fait de s’être établi en Suisse, n’est-ce pas parce que les arbres y sont plus verts qu’ailleurs ? (rires) Justin remet les pendules à l’heure : « On est toujours basé en Angleterre, dans notre région du Worcestershire. Steven est donc parti vivre en Floride et n’a pas participé à la confection du dernier album… » Et Simon d’ajouter : « Je réside à Genève, mais pour écrire et enregistrer, je retourne au pays ; ce sont nos racines… » D’ailleurs, John Peel a un jour déclaré qu’And Also The Trees était trop anglais pour les Anglais. Ce qui méritait une explication. (silence…) Simon se décide enfin à prendre la parole : « Je comprends ce qu’il a voulu dire. » Et Justin en remet une couche : « Moi aussi. On a grandi avec lui. C’était un personnage très influent dans le domaine de la musique, en Grande-Bretagne. Lorsque nous avions 13/14 ans, nous écoutions ses émissions radio, tous les jours. C’était en pleine période punk, puis cold wave, avec Joy Division, The Cure, etc. Il est devenu une figure emblématique. Il n’aimait pas trop ce que nous faisions, mais nous respectait. Il s’est montré très correct à notre égard, en nous avouant que notre musique n’était pas sa tasse de thé, mais que si nous la faisions, il fallait continuer à bien la faire. Nous ne nous sommes pas produits en Angleterre pendant 15 ans. Jusqu’au mois dernier. En fait, si vous donnez un concert à Londres, vous l’accordez devant un parterre multiculturel. Mais j’admets qu’aujourd’hui, beaucoup de compatriotes commencent à s’intéresser à nous. On devient une curiosité. Nous avons très longtemps été victimes de préjugés. » Simon donne son explication : « Notre ‘anglitude’ est quelque chose d’exotique pour les Anglais. En 15 ans, la société à changé, a évolué. Finalement on est plus anglais que les Anglais. Comme nous ne nous sommes pas montrés pendant très longtemps, ils ne peuvent pas être réceptifs à notre musique. Le public ne se reconnaît pas en nous, comme groupe anglo-saxon, et il ne peut pas trouver notre musique attrayante, puisqu’il ne la voit pas… »

Le groupe avoue une multitude d’influences qui ont évoluées au fil du temps. Des Stooges au Velvet Underground, en passant par Love, John Barry, Morricone, Johnny Cash, Scott Walker. Au début. Jusqu’à des références plus récentes comme Bowie, Roxy Music ou Kraftwerk. Mais l’esprit de leur œuvre, pas les détails. Simon acquiesce : « Absolument. Faut pas se leurrer, quoiqu’on en dise, on cherche toujours des références. Et cela fait partie de la créativité. Pas comme ligne de conduite, mais pour en appréhender la nouveauté. Et c’est la raison pour laquelle on va au théâtre, au cinéma ou qu’on écoute des disques. C’est ce qui permet de nous faire avancer. Nous avons les oreilles et les yeux toujours grands ouverts ; et si on trouve une idée fort intéressante, on la place dans notre escarcelle, et on la laisse mûrir »

‘(Listen) for the rag and bones man’ est le titre de leur nouvel album, un titre qui s’inspirerait d’un épisode de l’enfance des frères Jones. Autrefois, dans leur patelin, un marchand itinérant –qu’on appelait alors chez nous marchand de loques– récupérait, outre les vieux papiers, les vieilles ferrailles et les chiffons usagés, mais aussi des os, afin de fabriquer un type de porcelaine, qu’on appelait ‘porcelaine de cendres d’os’. Il passait dans la rue en conduisant une carriole tirée par un cheval et en criant ‘chiffons et os’. Effrayé, Simon allait se cacher avant même qu’il passe devant sa maison ; et il ne l’a jamais vu. Ce serait l’explication la plus plausible… Mais derrière ce titre, n’y a-t-il pas un message écologique ? Simon répond : « Non, pas vraiment (il réfléchit). Allez, avouons, il pourrait l’être. Pour couper court, il est ouvert à toute interprétation. Le titre provient d’un rêve. Il n’a pas de lien direct avec la musique. Mais quand on y regarde de plus près, il recèle une foule de significations différentes. Et plus il y en a, plus cette situation nous plaît ; car elle ouvre de nouvelles perspectives. Et si tu as compris ce message, j’en suis flatté ; tu viens d’ajouter un élément à ma propre compréhension. » L’artwork de la pochette est superbe. Il a été réalisé par le photographe français, Jérôme Sevrette (http://photographique.js.free.fr). Comment cette collaboration est-elle née ? Simon répond : « On l’a rencontré la nuit dernière. (NDR : !?!?!?) En fait, j’ai découvert le site du photographe sur Internet. J’ai trouvé le travail absolument superbe. Et plus le temps passait, plus on se rendait compte qu’on avait besoin d’une image pour la pochette. Finalement, il nous a communiqué les dates de son exposition. On est alors tombé sous le charme de cette image, et on en a conclu qu’elle correspondait à notre projet. On lui a donc demandé l’autorisation. Il a été très honoré de notre démarche. Mais on ne l’a rencontré qu’hier. Son travail est absolument remarquable. Il relève de la technologie, mais si le résultat est bon, je n’ai rien contre. Je considère donc que c’est un artiste créatif. »

Leur musique est d’ailleurs souvent considérée comme filmique et visionnaire ; mais n’essaie-t-elle pas de filmer les rêves d’AATT ? C’est tout à fait évident sur ‘Rive droite’ et ‘The Sarcen’s head’, deux compos qui figurent sur leur nouvel opus. Mais aussi sur ‘Domed’, la chanson qui ouvre l’elpee. Encore qu’ici, en lisant les lyrics, on a l’impression de vivre ce film comme un esprit qui vient de se détacher de son corps et flotte au-dessus de paysages imaginaires. Une vision du passage entre la vie et la mort, peut-être ? Simon se défend : « C’est possible. Je n’ai pas pensé à cela. Elle est aussi ouverte à interprétation. (Il réfléchit). Si vous pensez à un esprit qui traverse votre vie, oui. On naît et on meurt. Je ne suis pas en désaccord… » Et les textes de ‘The beautiful silence’ pourraient ainsi traduire la recherche, non pas d’un paradis perdu, mais inconnu… Simon semble interpellé : « L’est-ce ? Je ne sais pas si c’est le paradis. Non, je ne crois pas… » (NDR : au paradis ?) La chanson ‘The way the land lies’, raconte l’histoire d’un vieil homme qui revient dans son village, 30 ans après l’avoir quitté. Et il le regarde avec les yeux du passé… Ce pourrait être Simon, dans trois décennies, revenu voir Inkberrow. Simon réplique : « J’ai une propension à ne pas écrire de textes autobiographiques. Ce que tu racontes pourrait être vrai, pour toi aussi… » Compo étrange, sanglante même, ‘The legend of Mucklow’ ne tire pas son inspiration des contes et légendes celtiques, mais anglo-saxons. Simon y tient tout particulièrement et précise : « Cette histoire vient de l’endroit d’où on vient… » Par contre ‘Candace’ est une compo inspirée de William Faulkner. Simon ne s’en cache pas. « Tu sais, j’ai un peu honte d’avouer que je viens de découvrir Faulkner. ‘Candace’ est un personnage du roman ‘The sound and the fury’ (NDR : ‘Le bruit et la fureur’). J’ai toujours eu l’image de cette fille consentante (NDR : il fait ici manifestement référence à Quentin qu'un amour incestueux lie à Candace. Quentin se suicidera à Harvard pendant que répudiée par son mari elle confiera sa fille –prénommée Quentin en hommage au frère disparu– à ses parents…) » On pourrait encore s’étendre pendant des heures sur les lyrics de Simon, dont la poésie est d’une telle beauté, que même Robert Smith, un de ses fervents admirateurs, a un jour déclaré en être jaloux. C’est un beau compliment.

Merci à Vincent Devos

jeudi, 06 décembre 2007 12:55

Le cafard d’Ours...

Ours, c’est à dire le fils d’Alain Souchon, se produira le 25 avril au Botanique. Responsable de l’album « Mi » en juin dernier, Ours alias Charles Souchon nous propose son clip « Le cafard des fanfares », paru également en single…

http://www.ours-lechanteur.com/ecard

Pour plus d’infos : http://www.ours-lechanteur.com

 

 

jeudi, 06 décembre 2007 12:52

Higelin en plein Bataclan

En octobre 2007, Jacques Higelin a immortalisé un set live au Bataclan. Il est intitulé « En plein Bataclan » et fait l’objet d’un cd et d’un double dvd.

Tracklisting Cd

1. Je veux cette fille

2. Ice Dream

3. Tombé du ciel

4. Prise de Bec

5. Lettre à la p'tite amie...

6. Denise

7. Cigarette

8. Crocodail

9. Ici c'est l'enfer

10. Queue de paon

11. L'Hiver au lit à Liverpool

12. J't'aime telle

13. Pars

Tracklisting Dvd 1

1. Je veux cette fille

2. Ice Dream

3. Tombé du ciel

4. Prise de Bec

5. Lettre à la p'tite amie...

6. Denise

7. Cigarette

8. Crocodail

9. La fille au cœur d’acier

10. Ici c'est l'enfer

11. Queue de paon

12. L'Hiver au lit à Liverpool

13. J't'aime telle

14. Champagne

15. Tête en l’air

16. Pars

Tracklisting Dvd 2

Documentaire : Baladin et Bataclan

Bonus extraits festival ‘C’est dans la vallée’ 2007-12-06

Pour regarder la vidéo de « Crocodail »

http://www.youtube.com/watch?v=sPP2rtZknZE

http://www.wat.tv/playlist/660434/video/742178/jacques-higelin-crocodail.html

 

Pour plus d’infos : http://www.jacqueshigelin.fr