Basé à Anvers et Hambourg, le duo dream-pop The Day sortira le 16 mai 2022 la vidéo lyrique de son récent single "June". Et il est à découvrir là "'June' est une véritable chanson de passage à l'âge adulte. Elle parle d'une amitié profonde qui s'est en…

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Le second elpee du band finistérien, Baston, paraîtra ce 13 mai 2022. Il fait suite à « Primates », sorti à la fin de l’année 2019. Intitulé « La martyre », ce nouvel album est découpé en huit pistes qui font tous exclusivement référence à des boîtes de nuit…

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Sebastien Leclercq

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Soirée de clôture pour l’édition 2022 des Nuits du Bota. Alors que DIIV se produit sous le chapiteau, un autre concert focalise l’attention d’un public branché indé/rock : celui de Wet Leg. Ce groupe s’était illustré fin 2021, lors de la sortie de ses deux premiers singles, vus des millions de fois sur les plateformes de streaming. Et aussi en décrochant cinq nominations aux NME Awards 2022, avant la sortie d’un premier elpee en avril dernier. Mais on peut déjà vous l’annoncer : le concert ne sera pas vraiment à la hauteur de ce buzz !

Heureusement les premières parties sont souvent le théâtre de bonnes surprises. Le Grand Salon (NDLR : baptisé le Musée le reste de l’année) est déjà bien rempli lorsque les locaux Ada Oda grimpent sur l’estrade. Et ses fans sont enthousiastes. Dans le public, juste à côté de votre serviteur, s’est glissé un vieil homme très élégant : Frédéric François. En fait, il s’agit du père de Victoria Barracato, la chanteuse du groupe. Elle accompagnait déjà son papa en duo dans certaines émissions de variété, il y a une bonne dizaine d’années. Heureusement, la musique proposée par le band, ce soir, sera résolument rock, teintée d’une petite touche de surf. Et pour en être persuadés, les membres du combo ont choisi des accoutrements estivaux mais bien punks…

Victoria est épaulée par des musicos expérimentés, dont le bassiste Marc Pirard ainsi que les guitaristes Alex De Bueger et Aurélien Gainetdinoff.

L’aspect binaire, limite schizophrène des compos et les paroles exclusivement chantées en italien constituent l’originalité de sa musique. Et parfois, elle nous fait penser à une variété un peu kitsch dispensée dans les shows télévisés en Italie. Les trente petites minutes du set sont toutefois bien remplies, les gratteurs s’autorisant des envolées de guitare rock garage, alors que la prima donna va manifester un dynamisme auquel on ne s’attendait pas…

Passons à univers diamétralement différent. En l’occurrence, celui des Américains Water From Your Eyes. Si à l’origine, la musique de ce duo baignait dans l’électro-pop, depuis la sortie de son cinquième opus, « Structure », elle a adopté un style indistinct, voguant quelque part entre rock, post-punk et synth-pop. De petite taille, la chanteuse semble effacée, alanguie, sa voix est même censée accentuer cette impression. Cependant, son air de ne pas y toucher intrigue et lui confère une certaine forme de charme. Entre ironie et introspection, elle parvient même à nous entraîner au cœur de son monde.  Déroutante, la musique Water From Your Eyes est alimentée par des riffs de guitares hypnotiques et contagieux. Difficile de croire que le combo est issu de Brooklyn, comme Big Thief ou A Place To Bury Strangers. En outre, l’énergie libérée en ‘live’ donne envie de suivre attentivement l’aventure de cette formation. 

La salle est bondée lorsque Wet Leg débarque. Il est 22 heures. On dénombre, quand même, pas mal de jeunes (sans tickets) à l’extérieur du Grand Salon, aussi. Pas étonnant, quand on sait que le site Ticketswap recensait plus de 500 demandes pour aucune offre. Dans la fosse, on croise de nombreux journalistes, sans doute à l’affût des mouvements opérés par cette nouvelle sensation anglaise. Produit par Dan Carey (NDR : déjà au service de Fontaines DC, Black Midi ou encore Squid) le premier elpee (NDR : un éponyme !), fraîchement sorti, laissait augurer une bonne soirée. Les deux natives de l’île de Wight, Rhian Teasdale et Hester Chambers, occupent bien le devant de la scène en début de set, chacune dans son style, comme sur « Wet Dream ». Caractérisé par une ligne de basse omniprésente, ce titre nous replonge dans l’univers des sœurs Deal (The Breeders), à moins que ce ne soit celui de Kristin Hersh voire, et la référence plus récente, de Karen O des Yeah Yeah Yeahs.

« Pieces of shit » et « Ur Mum » sont peuplés de gros mots. Parce qu’émargeant à la girl power, le band assume son féminisme, tant sur les planches que dans les lyrics.

Mais les morceaux qui s’enchaînent finissent par se ressembler, tellement ils souffrent d’un manque de relief. Et puis les deux frontwomen ne débordent vraiment pas d’enthousiasme, snobant tout dialogue avec le public. Même le (déjà) méga-tube « Chaise longue » sera rapidement expédié clôturant, au bout de 50 minutes, un set sans grande saveur.

Il n’y aura pas de rappel, malgré l’insistance de l’auditoire.

Paris-Match n’hésitait pourtant pas, dès le lendemain, à situer la performance parmi ‘les 5 concerts qui auraient enflammé les Nuits Botanique’ (sic).

 

Alors Wet Leg, plutôt un pétard mouillé ou un coup d’épée dans l’eau ? A vous de choisir !

Setlist Wet Leg : ‘Being in Love”, “Wet Dream”, “Supermarket”, “Piece of Shit”, ”Primo Skin”, “Too Late Now”, “Obvious”, “Oh No”, “I Don't Wanna Go Out”, ”I Want to Be Abducted”, ”Ur Mum”, ”Angelica”, ”Chaise Longue“

(Organisation : Les Nuits Botanique)

WET LEG - WATER FROM YOUR EYES - ADA ODA

Voir aussi notre section photos ici

 

Another night in with Tindersticks…

Tindersticks célèbre les 30 ans de la sortie de son premier album (NDR : un éponyme), mais également celle d’un ‘best of’ (en mars dernier). Et quoi de mieux que les Nuits du Bota (et la classieuse salle Henry le Bœuf du Bozar) pour fêter cet événement, lors de sa tournée programmée dans des auditoires prestigieux. On se souvient, entre autres, de leur passage aux mêmes Nuits, en 2001, pour un quadruple concert, bénéficiant alors du concours de différents guests et ensembles musicaux.

Et ce soir, l’affiche nous promet fièrement, et à nouveau, la présence d’invités et d’un orchestre. Le concert est bien entendu sold out. Les portes se ferment sur le coup de 20h15, et les trois membres originaux du groupe s’emparent du front de scène, soit David Boulter, Neil Fraser et bien sûr Stuart Staples (moustache et grand chapeau vissé toute la soirée sur la tête). Ils sont suivis par Dan McKinna (NDR : il milite au sein du line up depuis 2007) qui alternera la basse et les claviers, durant toute la soirée.

La set list débute déjà par une surprise, en l’occurrence le délicat « Willow », issu du dernier opus solo de Stuart. Le batteur Earl Harvin (dernier arrivé dans le band, en 2010), rejoint discrètement le reste de la troupe, dans un début de concert toujours empreint de sérénité. Un violoncelliste intervient en fin de parcours pour « She’s gone », avant que l’orchestre annoncé, une douzaine de musiciens d’un ensemble à cordes, s’installe sur le côté droit du podium. Ce qui va communiquer une toute autre dimension au spectacle ! Véhiculant des accents empruntés à Calexico, le très rythmé « Her » réveille soudainement la foule. Et déclenche une première salve d’ovations.

Mais le point d’orgue de la soirée est atteint lors du mélancolique « Another night in », transcendé par les violonistes qui vous flanquent des frissons à chaque accord. Pas de temps mort, puisque « City sickness » embraie, un moment savouré, car ce titre figure rarement dans la set list de Tindersticks.

La tension retombe quelque peu pendant « How he entered » et la cover de Peggy Lee, « Johnny Guitar ».

Pendant ce temps on se demande également quand les guests annoncés vont donc débarquer ? Première réponse : lors du « Travelling light », en compagnie de Gina Foster.

Petite parenthèse et souvenir : l’une des rares fois où le duo original s’était produit sur les planches, pour interpréter ce titre, c’était dans le cadre du Cactus festival, à Bruges, en juillet 2000. En effet comme les Walkabouts étaient à l’affiche, Carla Togerson avait rejoint Stuart sur le podium et les deux artistes avaient dû s’aider d’aide-mémoires, avouant n’avoir jamais pu interpréter cette chanson ensemble, en live, auparavant.

Après ce deuxième pallier, orchestre et backing vocal renforcés, le show ne baissera plus d’intensité. Tout comme l’enthousiasme du public. Lors du dernier titre, « For the beauty », feutrée, l’instrumentation (principalement les claviers) laisse toute la place à l’amplitude vocale de Stuart, que l’on constate intacte malgré le poids des années.

Après déjà près de 2 heures de prestation, le public se demande s’il aura encore droit à un rappel, qu’il réclame ardemment. Il sera gâté par pas moins de quatre titres supplémentaires. Proposé sous une version longue, « My sister » bénéficie du concours d’un trompettiste qui y ajoute un crescendo. Sur « Tiny tears », l’orchestration, ici mélancolique et douce, tranche avec les tons graves poussés par la voix de fossoyeur baryton du leader. Un titre qui résume à lui seul une des grandes caractéristiques de la formation.

Et en final, après de longs remerciements, le leader entame un « For those… » qui sonne comme un au revoir, soutenu par Dan McKinna en backing vocal.

Une prestation de haut vol, sonnant comme un ‘best of’, qui cadre donc bien avec la compilation sortie en mars, « Past Imperfect : The Best Of Tindersticks '92-’21 ». A (re)découvrir d’urgence, pour parcourir la riche et longue carrière du band de Nottingham…

Setlist : ‘Willow”, “A Night So Still”, “Medicine“, “She's Gone“, “Sleepy Song“, “Her“, “Another Night In“, “City Sickness“, “How He Entered“, “Trees Fall“, “Pinky in the Daylight“, “Both sides of the blade“, “Johnny Guitar (cover de Peggy Lee)“, “Travelling Light“, “My Oblivion“, “Show Me Everything“, “This Fire of Autumn“, “For the Beauty“

Encore : ”My Sister“, “Harmony Around My Table“, “Tiny Tears”, “For those…”

(Organisation : Les Nuits Botanique)

Tindersticks

Voir aussi notre section photos ici

vendredi, 06 mars 2020 08:23

Mission accompli(e)

Frère et sœurs, fidèles parmi les fidèles, tous s’étaient donné rendez-vous ces vendredi et samedi, à Saint-Nicolas, pour deux cérémonies célébrées par frère Wayne Hussey et ses disciples. Chaque concert du groupe originaire de Leeds s’apparente, en effet, à une grande messe. Et les deux soirées de ce week-end ne font pas exception à la règle, car les adeptes se sont donné rendez-vous dans la salle du Casino. Une enceinte et un light show qui cadrent bien avec ce côté cérémonial et classieux du groupe. A peine cinq mois se sont écoulés depuis les 3 dates solos accordées par Wayne Hussey, en Belgique (review à lire ou à relire ici). En fait, la thématique des doubles concerts de ce week-end est subordonnée à un principe : les titres des albums impairs sont proposés le premier soir (le premier LP « First Chapter », le troisième « Children », le cinquième « Grains of Sand », le septième « Neverland », le neuvième « Aura » et enfin le onzième « The Brightest Light »). Tandis que la soirée du samedi se consacre aux long playings pairs : (« God’s Own Medicine », « Carved In Sand », « Masque », « Blue », « God Is A Bullet » et « Another Fall From Grace »).

La première partie est assurée par Salvation. Une formation également originaire de Leeds, dont Dany, l’un des membres, a fait ses premiers pas chez Sisters of Mercy. Son premier opus a d’ailleurs été signé sur le label Merciful Release. Près de 30 ans plus tard, cette formation assure la première partie de bands cultes comme Fields of The Nephelim ou ce soir de The Mission. Bien qu’agréable à écouter son post punk a pris un sacré coup de vieux. La basse est omniprésente et les refrains pop/rock sont contagieux. Mais même si le quintet a du cœur à l’ouvrage, il faut reconnaître que sa musique est un peu datée… (voir notre section photos ici)

Il est 21h45 (NDR : oui, il ne fallait pas vouloir rentrer tôt chez soi, vu le timing) et les haut-parleurs crachent la B.O. du film britannique de guerre ‘The Dam Busters March’. The Mission déboule alors sur les planches et attaque « Beyond the pale », une compo dont l’intro reproduit des bruitages enregistrés dans une cour d’école, avant que Simon Hinkler ne fasse grincer sa guitare. Et le band d’embrayer par le tout aussi électrique « Hands across the ocean », un morceau interrompu par Wayne, qui rencontre des problèmes d’accordage de gratte, alors que l’auditoire continue à chanter. Qu’à cela ne tienne, finalement, le combo reprend le titre à zéro. Les ‘wouhouhou’ scandés par le bassiste Craig Adams sont repris en chœur par l’audience, tout au long du passionné « Naked ans savage ». Mais l’ambiance retombe d’un cran dès que la formation dispense des morceaux moins connus. C’est devenu une constante, le public plus âgé ne s’enthousiasme que sur les tubes. Pourtant « Dragonfly » et plus tard « Swan song » (NDR : l’un des seuls titres intéressants de l’elpee « The Brighest Light ») sont tout aussi hypnotiques que les compos les plus notoires. En rappel, on aura droit à quelques surprises dont le rare « The grip of disease » et la reprise du « Like a Hurricane » de Neil Young, qui ne figurait pourtant pas sur la set list de départ. « The Crystal Ocean » déclenche quelques (légers) pogos. Mais il faudra attendre le deuxième rappel et la version longue de « Tower of strength » pour voir les pyramides humaines, si traditionnelles, se former. Et Wayne Hussey de se lâcher en esquissant quelques pas de danse tout en n’oubliant pas de saluer une foule conquise et toujours aussi fidèle… (voir notre section photos )

NB : La deuxième soirée fait l’objet d’une review sur le Musiczine néerlandophone ; et elle est à lire ici

Setlist : “Beyond the Pale”, “Hands Across the Ocean”, “Over the Hills and Far Away”, “Naked and Savage”, “The Girl in a Fur Skin Rug”, “Wake”, “In Denial”, “Heat”, “Dragonfly”, “Raising Cain”, “Swoon”, “Swan Song”

Rappel: “The Grip of Disease”, “Like a Hurricane”, “The Crystal Ocean”

Rappel (2) : “Tower of strength”

Trois mois avant son passage prévu (et déjà complet) au Sportpaleis, en compagnie de ses Bad Seeds, Nick Cave nous gratifiait d’un double spectacle plus intimiste, baptisé ‘Conversations with Nick Cave’, au Bozar. Un concept que l’Australien avait déjà présenté chez nous, à de Roma, fin mai 2019. Une prestation alternant récital et jeu de questions et réponses (parfois farfelues), clôturée par une séance de dédicaces. Le tout pendant 3 bonnes heures. Compte-rendu d’une soirée émouvante et parfois surréaliste.

Il s’agissait d’arriver bien avant l’heure afin de frayer un passage à travers les couloirs du Bozar, ce vendredi soir. Et aussi se laisser guider, à plusieurs reprises, par des hôtesses pour trouver son siège. En effet, une bonne dizaine d’entrées (non fléchées) s’ouvrent sur cette salle Henry Le Boeuf. Un auditoire d’une capacité de 2 000 places (toutes assises), réparties entre plusieurs balcons, deux parterres (légèrement superposés) et une grande scène sur laquelle des tables étaient dressées afin d’accueillir une petite centaine de privilégiés.

Après une intro préenregistrée, Nick Cave opère une entrée sobre sur les planches et s’installe derrière son piano pour interpréter une version originale de « Papa Won't Leave You, Henry », bien que moins enragée que de coutume.

Tel un maître de cérémonie l’artiste va ensuite expliquer les règles de la représentation. Il nous précise qu’il s’agit de la toute dernière de cette thématique consacrée à ‘Conversations’. Lancées après un événement tragique (NDR : la disparition de son fils de 15 ans), ces soirées lui ont servi de thérapie. Et une occasion pour les fans de témoigner leur affection après l’ouverture du blog The red hand files.

Ce soir, les questions des spectateurs sont relayées via une dizaine de stewards répartis dans la salle, et équipés de bâtons lumineux. Steward que pointe ensuite Nick Cave lorsqu’il veut choisir un spectateur (et une question).

Il garde une certaine distance avec les groupies, en précisant qu’il refusera les demandes de photos ou les envahissements de podium, mais réservera du temps, en fin de parcours, pour accorder des autographes.

Une demande bafouée dès la première question, par un spectateur qui lui demande directement de le rejoindre sur l’estrade. La réponse est sans équivoque : ‘No’. Ou encore une autre sollicitation d’une dame qui lui propose de l’accompagner au piano. Proposition qu’il décline également. Un peu plus tard, une autre spectatrice insiste pour lui offrir des fleurs. Il accepte cette fois-ci, mais décline la bise associée. Un peu plus tard encore un autre audacieux retente sa chance en demandant un autographe. Nick accepte mais précise que ce sera ‘the last one’.

Après les plus lourdingues, place ensuite aux questions plus profondes, comme cette d’un fan qui précise écouter sa musique dans ses périodes de spleen, et demande si c’est aussi une façon pour l’auteur d’atténuer sa tristesse ? ‘Ma musique m'amène à un point plus haut. Je laisse souvent place à mes sentiments. Et je travaille beaucoup, chaque matin en essayant de les ressentir au mieux’ répond-t-il dans les grandes lignes. Un interlude (im)prévu se déroule ensuite (NDR : il a été préalablement approuvé par Cave). En l’occurrence une demande en mariage sur l’estrade. Nick précise que le futur marié doit ramener sa promise dans ses bras. Lequel, n’aura pas froid aux yeux, et s’exécutera sous une salve d’applaudissements.

Et on n’a guère le temps de s’ennuyer car les compos s’enchaînent également, dont le toujours émouvant « Into my arms » et le plutôt rare « Where's the Playground Susie ? ».

Une spectatrice surprend ensuite l’auditoire (qui ne sait trop comment réagir) en prétendant avoir vu Jésus et s'être sentie dans une autre dimension. Elle demande si Nick a déjà entendu ce genre de témoignage. Au début, l’Australien tourne la situation en dérision et le public s’en amuse. Mais elle garde son sérieux et prétend l’avoir réellement aperçu, jetant un peu un froid dans l’auditoire. Nick retrouve alors son flegme, en citant l’importance des convictions. La foule applaudit alors poliment.

Autre moment particulier, ce témoignage d’une veuve qui a accompagné son mari jusqu’à la mort (avec comme chanson culte « The ship song »). Suite à quoi le chanteur montre beaucoup de compassion en parlant de l'absence d’un être aimé. Et enchaîne directement et judicieusement par cette compo, soutenu par le public sous le coup de l’émotion.

D’autres questions plus classiques s’invitent au cours de la soirée comme celles relatives à ses inspirations pour les compositions de son dernier elpee. Suite logique, il attaque ensuite « Waiting for you », interprété comme lors d’une cérémonie religieuse.

Une personne handicapée dans la foule, s'exprimant difficilement, l’interpelle ensuite. Elle lui signale être née le même jour que lui, et lui propose, de manière touchante, de prendre un verre après le concert. Un autre moment chargé d’émotion vu la spontanéité manifestée par les deux interlocuteurs.  

Durant la soirée, outre la déprime et la mort, il aura aussi été beaucoup question de mariages, et de chansons qui s’y rapportent. Et dans ce contexte, « Are you the one I've been waiting for ? » est logiquement exécuté.

Notre homme rend aussi hommage au peintre grec Stefanos Rokos qui a réalisé, il y a 17 ans, pas moins de 14 peintures associées à l’album « No more shall we part ». A propos, une exposition est toujours ouverte à Anvers (Bernaerts Gallery) jusqu’au 9 février. Signalant au passage que ces compositions peuvent grandir auprès de chaque mélomane qui la comprend à sa façon.

Le timing semble ensuite dicté par un manager (aussi garde du corps par moment) en sentinelle sur le côté de la scène. Celui-ci n’hésite pas à signaler au leader de se lancer dans ses chansons ou de débuter l’encore. (NDR : dommage, car sans ces contraintes, Nick aurait encore laissé davantage libre cours à ces échanges).

Le rappel va cependant réserver de belles improvisations, et quelques inédits comme « Palaces of Montezuma » (Grinderman) ou encore « Shivers » (NDR : de ses jeunes années passées au sein de Boys Next Door).

Vu la durée du spectacle (plus ou moins 3 heures quand même), on peut affirmer que les spectateurs en ont eu pour leur argent (NDR : même si le prix des entrées était plutôt exorbitant). Et à ce titre, rappelons quand même l’intervention, sans langue de bois, de Cave, en début de set. Il était scandalisé en apprenant que des personnes situées au niveau de la scène avaient dû payer un supplément. Et que d’autres qui devaient s’installer à cet endroit s’étaient vues relégués sur des sièges en parterre au dernier moment. Promettant au passage de discuter avec le promoteur d’un éventuel remboursement.

Enfin pour être complet, saluons aussi la patience manifestée par l’artiste lors d’une séance de dédicaces depuis le podium qui s’est prolongée pendant un bon quart d’heure après la fin du show…

Setlist : « Papa Won't Leave You, Henry », « God Is in the House », « The Mercy Seat », « Avalanche », « Into My Arms », « Where's the Playground Susie? », « The Ship Song », « Waiting for You »,« Jubilee Street », « (Are You) The One That I've Been Waiting For? », « Sad Waters », «Love Letter ».

Rappel: « Fifteen Feet of Pure White Snow », « Palaces of Montezuma », « Shivers », « Stranger Than Kindness », « Skeleton Tree ».

(Organisation : Bozar)

La St-Patrick, c’est seulement dans quatre mois ; et pourtant on va déjà assister, à une belle fête irlandaise, ce soir. Et pour cause, trois formations issues de l’île verte vont se produire à l’Orangerie du Botanique. Ne vous y méprenez cependant toutefois pas, la musique proposée ne sera pas celtique, mais naviguera à mi-chemin entre (post-)punk et noisy. Et si le public tape du pied c’est parce qu’il escompte bientôt pogoter plutôt que d’envisager esquisser une danse traditionnelle.  

The Claque ouvre le bal à 20 heures pile. Il s’agit du combo le plus jeune du lot. Il a entamé son parcours en mars 2019, publié depuis le single single « Hush » et accordé quelques concerts. Le line up réunit une chanteuse au physique avantageux (NDR : pensez à Kim Gordon lorsqu’elle était jeune) et à la voix captivante. En l’occurrence Kate Brady. C’est également la frontwoman. La bassiste semble avoir été empruntée à Warpaint, alors que les deux gratteurs, dont Alan Duggan (NDR : qui a milité chez Girl Band), ont adopté une attitude très shoegazer. Ce sont d’ailleurs eux qui brisent la simplicité et la répétitivité des refrains, des refrains dispensés dans l’esprit d’un Stereolab, à travers leurs déferlantes de riffs. Encore clairsemé à cette heure, l’auditoire applaudit poliment. Manifestement, il y a du potentiel chez The Claque, mais il doit encore acquérir de la maturité, notamment dans la structure des morceaux et les accords un peu trop récurrents des compos, s’il veut finir par briller sur la scène indie rock…  

Fontaines D.C. était passé presque inaperçu aux Nuits du Bota 2018 au même endroit. Il ouvrait alors les hostilités pour deux autres poids lourds : Idles et Metz. Et puis surtout, il n’avait pas encore publié son LP « Dogrel », paru en avril 2019. Un disque unanimement salué par la critique (NDLR : il figurera certainement dans les sommets du top 20 de votre serviteur ; voir aussi la chronique ici).

Après avoir gravé un tel album et participé à de nombreux festivals, il s’est donc forgé une notoriété certaine. Conséquence, la salle est comble ce soir. Le set s’ouvre par « A hero’s death ». Le leader, Grian Chatten, se secoue et gesticule tel un épileptique, à la manière de Ian Curtis. Son physique évoque d’ailleurs feu le leader de Joy Division. Si « Television screens » constitue un des moments fort du set, « Roy’s tune » accorde un peu de répit à la fosse, un morceau qui aurait pu figurer au répertoire d’Adorable (NDR : qui a d’ailleurs opéré son comeback cette année) ; le timbre vocal nasillard de Grian accentuant cette impression. Mais le show va véritablement décoller à partir de « Too real ». Les verres de bière commencent à voltiger, les pogos se déclenchent massivement et ne s’arrêteront plus avant la fin du spectacle. Il faut dire que de nombreux aficionados issus d’Outre-Manche se sont glissé dans l’auditoire habituel du Bota. « Liberty belle », « Boys in the better land » et en final « Big » nous plongent dans une ambiance digne d’un stade de foot, en Angleterre, au cours duquel un but est marqué toutes les 3 minutes.

Après avoir vécu une telle secousse, Girl Band est attendu de pied ferme. Une formation qui pourrait presque faire figure de vétéran auprès des deux jeunes groupes programmés avant lui. Il faut remonter à 2015 pour retrouver trace de son premier elpee, « Holding hands with Jamie », paru chez Rough Trade. Une année au cours de laquelle il avait opéré un passage très remarqué à la Rotonde du Botanique. Quatre longues années se sont donc écoulées avant la sortie du nouvel opus, « The talkies », une œuvre un rien plus sombre que le précédent. Mais ce set va littéralement s’apparenter à un combat de boxe. Après un premier round d’observation, on s’inquiète quelque peu en observant le leader, Dara Kiely, qui a pris autant de poids. Sa barbe est négligée et il regarde dans le vide, conséquence, sans doute, de ses récents séjours en soins psychiatriques. Son attitude sur les planches intrigue. Il exécute continuellement un petit mouvement du bras. Tout au long de « Pears For Lunch », le band maîtrise la situation. A partir de « Lawman » (NDR : c’est le single !), quelques timides ‘headbangings’ se produisent. Mais en général, l’auditoire demeure encore plus ou moins paisible tout au long des plages du dernier long playing, dont « Shoulderblades » transcendé en ‘live’ par des guitares ravageuses. Et c’est lors de la deuxième moitié du round qu’on va se prendre des hypercuts en pleine face. La reprise du « Why They Hide Their Bodies Under My Garage? » du groupe electro Blawan soulève un vent d’hystérie au sein des premiers rangs. Entre dance floor et arène de pogo hardcore, le public ne se tient plus.  A la fois sombre, mais intense, « Going Norway », ainsi que l’incontournable autre single, « Paul », mettent KO les derniers spectateurs qui étaient encore sur la défensive…

Et après ces excellents concerts, quel plaisir de retrouver le musicos de ces trois groupes, souriants et décontractés, au stand merchandising. Une soirée rock’n’roll comme on en souhaiterait davantage…

(Organisation : Botanique)

jeudi, 07 novembre 2019 10:21

K.O. au dernier round…

La St-Patrick, c’est seulement dans quatre mois ; et pourtant on va déjà assister, à une belle fête irlandaise, ce soir. Et pour cause, trois formations issues de l’île verte vont se produire à l’Orangerie du Botanique. Ne vous y méprenez cependant toutefois pas, la musique proposée ne sera pas celtique, mais naviguera à mi-chemin entre (post-)punk et noisy. Et si le public tape du pied c’est parce qu’il escompte bientôt pogoter plutôt que d’envisager esquisser une danse traditionnelle.  

The Claque ouvre le bal à 20 heures pile. Il s’agit du combo le plus jeune du lot. Il a entamé son parcours en mars 2019, publié depuis le single single « Hush » et accordé quelques concerts. Le line up réunit une chanteuse au physique avantageux (NDR : pensez à Kim Gordon lorsqu’elle était jeune) et à la voix captivante. En l’occurrence Kate Brady. C’est également la frontwoman. La bassiste semble avoir été empruntée à Warpaint, alors que les deux gratteurs, dont Alan Duggan (NDR : qui a milité chez Girl Band), ont adopté une attitude très shoegazer. Ce sont d’ailleurs eux qui brisent la simplicité et la répétitivité des refrains, des refrains dispensés dans l’esprit d’un Stereolab, à travers leurs déferlantes de riffs. Encore clairsemé à cette heure, l’auditoire applaudit poliment. Manifestement, il y a du potentiel chez The Claque, mais il doit encore acquérir de la maturité, notamment dans la structure des morceaux et les accords un peu trop récurrents des compos, s’il veut finir par briller sur la scène indie rock…  

Fontaines D.C. était passé presque inaperçu aux Nuits du Bota 2018 au même endroit. Il ouvrait alors les hostilités pour deux autres poids lourds : Idles et Metz. Et puis surtout, il n’avait pas encore publié son LP « Dogrel », paru en avril 2019. Un disque unanimement salué par la critique (NDLR : il figurera certainement dans les sommets du top 20 de votre serviteur ; voir aussi la chronique ici).

Après avoir gravé un tel album et participé à de nombreux festivals, il s’est donc forgé une notoriété certaine. Conséquence, la salle est comble ce soir. Le set s’ouvre par « A hero’s death ». Le leader, Grian Chatten, se secoue et gesticule tel un épileptique, à la manière de Ian Curtis. Son physique évoque d’ailleurs feu le leader de Joy Division. Si « Television screens » constitue un des moments fort du set, « Roy’s tune » accorde un peu de répit à la fosse, un morceau qui aurait pu figurer au répertoire d’Adorable (NDR : qui a d’ailleurs opéré son comeback cette année) ; le timbre vocal nasillard de Grian accentuant cette impression. Mais le show va véritablement décoller à partir de « Too real ». Les verres de bière commencent à voltiger, les pogos se déclenchent massivement et ne s’arrêteront plus avant la fin du spectacle. Il faut dire que de nombreux aficionados issus d’Outre-Manche se sont glissé dans l’auditoire habituel du Bota. « Liberty belle », « Boys in the better land » et en final « Big » nous plongent dans une ambiance digne d’un stade de foot, en Angleterre, au cours duquel un but est marqué toutes les 3 minutes.

Après avoir vécu une telle secousse, Girl Band est attendu de pied ferme. Une formation qui pourrait presque faire figure de vétéran auprès des deux jeunes groupes programmés avant lui. Il faut remonter à 2015 pour retrouver trace de son premier elpee, « Holding hands with Jamie », paru chez Rough Trade. Une année au cours de laquelle il avait opéré un passage très remarqué à la Rotonde du Botanique. Quatre longues années se sont donc écoulées avant la sortie du nouvel opus, « The talkies », une œuvre un rien plus sombre que le précédent. Mais ce set va littéralement s’apparenter à un combat de boxe. Après un premier round d’observation, on s’inquiète quelque peu en observant le leader, Dara Kiely, qui a pris autant de poids. Sa barbe est négligée et il regarde dans le vide, conséquence, sans doute, de ses récents séjours en soins psychiatriques. Son attitude sur les planches intrigue. Il exécute continuellement un petit mouvement du bras. Tout au long de « Pears For Lunch », le band maîtrise la situation. A partir de « Lawman » (NDR : c’est le single !), quelques timides ‘headbangings’ se produisent. Mais en général, l’auditoire demeure encore plus ou moins paisible tout au long des plages du dernier long playing, dont « Shoulderblades » transcendé en ‘live’ par des guitares ravageuses. Et c’est lors de la deuxième moitié du round qu’on va se prendre des hypercuts en pleine face. La reprise du « Why They Hide Their Bodies Under My Garage? » du groupe electro Blawan soulève un vent d’hystérie au sein des premiers rangs. Entre dance floor et arène de pogo hardcore, le public ne se tient plus.  A la fois sombre, mais intense, « Going Norway », ainsi que l’incontournable autre single, « Paul », mettent KO les derniers spectateurs qui étaient encore sur la défensive…

Et après ces excellents concerts, quel plaisir de retrouver le musicos de ces trois groupes, souriants et décontractés, au stand merchandising. Une soirée rock’n’roll comme on en souhaiterait davantage…

(Organisation : Botanique)

samedi, 05 octobre 2019 09:46

On est encore loin du nirvana…

L’Orangerie affiche complet depuis quelque temps déjà pour célébrer le retour d’Allah-Las, un groupe californien fondé en 2008. Il est venu présenter, en primeur, son nouvel elpee (le quatrième déjà) « Lahs », un disque qui sort ce vendredi 11 octobre. Mais cet essai est déjà en vente à son stand de merchandising. Un stand qui tourne d’ailleurs à plein régime, puisque le band vient personnellement au contact de ses fans…

Mais la soirée commence en douceur, accusant un petit quart d’heure de retard, par Maston. Un multi-instrumentiste, lui aussi issu de la côte Ouest des States. Première surprise, il déboule sur les planches en compagnie de pas moins de 5 musiciens (2 claviéristes, 1 batteur, 1 bassiste et 1 guitariste). En l’occurrence le collectif suisse L'Eclair qui sert de backing group. Après avoir proposé un titre d’ouverture plutôt brouillon, la musique se charge de groove, dans un climat rappelant tour à tour le cinéma italien des 60’s, les vieilles séries yankees voire même les B.O. de longs métrages signés Tarantino. Le profil globe-trotter de Franck Maston transparaît immédiatement, lui qui a bien roulé sa bosse, et accompagné Jacco Gardner dans ses délires musicaux. Malheureusement, le temps de se faire servir une petite mousse (les files sont toujours aussi longues au bar central) et de revenir dans la salle, et le set est déjà terminé. En à peine 20 minutes, Maston est parvenu à planter un chouette décor psychédélique, semblable à une longue route 66 tracée au milieu du plateau Orzak, sis entre les collines embrumées par la chaleur.

La salle commence à se remplir, accueillant principalement de jeunes hipsters flamands, dont l’âge oscille entre 25 et 30 ans. L’engouement autour d’Allah-Las est sans doute, aussi, à mettre sur le compte de sa diffusion radiophonique sur les ondes du Nord de la Belgique. Ce qui, on ne le répétera jamais assez, place les stations francophones, un cran bien en-dessous. Il faut remonter à 2016, au festival de Dour puis à l’AB, pour retrouver trace du passage de ce band américain sur les planches noir-jaune-rouge. Des prestations qui, souvent, n’ont pas laissé de souvenir impérissable. Et pourtant ses albums sont chaque fois salués par la critique. Après avoir gravé un premier opus éponyme, le combo a amorcé un excellent virage en publiant l’excellent « Worship the sun », en 2014.

Mais entrons dans le vif du sujet. Lorsque le sextuor grimpe sur l’estrade, on reconnaît immédiatement le look des musiciens et leur démarche. Cheveux hirsutes, barbes de Bee Gees, chemises à fleurs et t-shirts amples, c’est sûr, on ne s’est pas trompé de salle. Matthew Correia et sa bande nous entraînent loin de nos contrées. La formation a puisé dans l’ensemble de son répertoire pour établir sa set list, depuis ses débuts (l’instrumental « Sacred sands » qui constitue une intro parfaite avant que « Busman’s holiday » n’embraie) à des morceaux issus de son futur opus, à l’instar de « Prazer Em Te Conhecer » chanté en portugais par le batteur/leader. Mais franchement la cover du « Fish in the sand » de George Harrison, on aurait pu s’en passer… Les morceaux s’enchaînent, sans temps mort, mais sans guère d’éclats non plus. Bien qu’agréables, les compos semblent sortir d’un vieux juke-box planté au fond d’un bar mexicain. Si les maracas et les percussions hippies collent bien au surf rock, il est heureux de constater que le band a le bon goût d’adopter une forme plus expérimentale que nostalgique. Jusqu’au final “ Could be you ”, un titre nettement plus rock, abordé à la manière des Libertines et même de Black Angels.

Mais ce soir encore, on reste sur sa faim. Le set ne permet pas à l’esprit de s’évader. La voix du lead singer n’est pas suffisamment haut-perchée. L’attitude foutraque des musicos séduit ou irrite, selon. Peu d’interactivité entre les morceaux. Et un rappel expédié en deux temps trois mouvements. De quoi nourrir une certaine insatisfaction. Bref, en live, la musique d’Allah-Las est agréable à écouter en buvant quelques bières avec ses potes. Mais elle n’atteint pas le nirvana, au plus haut des cieux, que cette formation pourrait atteindre facilement, en manifestant un peu moins de désinvolture et surtout grâce à son sens mélodique…

(Organisation : Botanique)

Votre serviteur serait-il sous l’emprise de la congrégation des Sisters of Mercy ? Toujours est-il qu’après avoir critiqué ouvertement les dernières prestations de Sisters of Mercy, il revient au même endroit, ce lundi 23 septembre, pour assister à un concert du même groupe tellement décrié, dont les prestations ont été jugées ‘pathétiques’, en y ajoutant même qu’on ne l’y reprendrait plus…

N’empêche, S.O.M. continue de faire recette. Et pour cause, sa première date, fixée la veille, au même endroit, avait été décrétée sold out à la vitesse éclair. Et la seconde, auquel votre serviteur assiste, l’est presque. Incompréhensible, quand on sait que son dernier elpee, « Vision thing » remonte à… 1990 ! En outre, le 16 septembre, il avait offert un concert gratuit à ses fans au Trix d’Anvers, sous le patronyme de ‘Near Meth Experience’, show au cours duquel, la formation a accordé trois nouvelles compos. Nous y reviendrons un peu plus tard.  

Dès les premiers accords de « Dominion/Mother russia » la foule réagit. Elle remue, pogote, et les premiers rangs se retrouvent envahis de gros bras et d’hommes torses nus. Les pyramides humaines se forment progressivement, et atteignent même parfois 3 hauteurs. Imaginez donc le gaillard qui soutient plusieurs spectateurs. La voix d’Andrew Eldritch, elle, en revanche, a de nouveau bien du mal à s’imposer, même si elle bien secondée par ses deux gratteurs, qui assurent les backing vocaux. Hasard du calendrier, mais Wayne Hussey, son ex-comparse (NDR : ou si préférez son frère ennemi), se produisait les trois soirs précédents, au sein du pays plat. Mais la voix du natif de Bristol reste bien un cran au-dessus, accordant, en outre, à chaque fois des sets solos de plus de deux heures sans jamais fléchir.

Mais revenons à nos moutons (noirs), et en particulier aux compos jamais releasées. A l’instar de « Crash and burn » (NDR : datant de début 2000) ou des inédits « Show me on the doll » et « Better reptile ». Bien qu’agréables à l’écoute, elles semblent calmer l’atmosphère. Mais ce n’est que temporaire puisque le show reprend crescendo jusque « Flood II », avant que The Sisters of Mercy n’accorde en rappel le bien rythmé « First and Last and Always ». Dylan Smith substitut de Chris Catalyst doit mesurer au moins 2 mètres. Mais ce nouveau guitarise libère davantage de puissance dans ses riffs, et en particulier tout au long de de « Temple of love ». Derrière Doktor Avalanche (NDR : c’est la boîte à rythmes), Ravey Davey se démène comme un DJ sur la scène de Tomorowland, pour dynamiser « This corrosion », en finale, un classique qui déclenche les derniers pogos.

En conclusion, on reste loin des superlatifs avancés par Classic 21. Cette radio avait annoncé, à travers un jingle, entre un titre de Phil Collins et Pink Floyd, que The Sisters of Mercy était un groupe légendaire aux prestations époustouflantes… (sic). Il faut raison garder : la prestation a été moins mauvaise que d’habitude. Surtout parce que le gratteur est à la hauteur du sujet ; et qu’en outre, les nouvelles compositions apportent une nouvelle impulsion au set. En attendant un hypothétique nouvel elpee, tant espéré par les fans, et auquel bon nombre de mélomanes ne croient plus vraiment… (pour les photos, c'est ici)

My Diligence assurait le supporting act (pour les photos, c'est )

(Organisation : Live Nation)

dimanche, 22 septembre 2019 13:55

La délivrance après 2h30 de cérémonie…

Il faut s’armer de courage ce dimanche soir. Attendre la fin de la journée sans voiture, affronter l’orage, puis rejoindre la région brugeoise. Le B52 exactement. Après avoir été accueilli chaleureusement par le patron au physique de catcheur, on rejoint une petite salle, sise à l’arrière de son café. Une petite centaine de spectateurs y sont massés, ce qui remplit déjà bien l’endroit, plutôt exigu.

Votre serviteur débarque trop tard pour assister au set du tribute band Pure Kult. Suivant les avis recueillis, les covers proposées sont dignes de celles dispensées par The Cult. A cet égard, Ian Astbury, le leader, avait reconnu publiquement la qualité de ces reprises…  

Un temps d’adaptation est nécessaire avant de commencer à apprécier la prestation d’Ashton Nite, qui se produit en solo, armé uniquement de sa sèche. The Awakening, groupe dont il est le leader, est plutôt responsable d’une musique gothique, lourde, lorgnant parfois vers le métal indus. En solitaire, il interprète posément ses compos dans un style bien british (NDLR : on en oublierait presque qu’il est originaire d’Afrique du Sud). Entre chaque titre, ses commentaires sont teintés d’un humour pince-sans-rire. Et surprenants, ses arrangements valent le détour, à l’instar de son adaptation de « The Sound of silence » du duo Paul Simon/Art Garfunkel, à la fin duquel il se met à hurler, stupéfiant même un fan posté aux premiers rangs.

Set list : « Other ghosts », « Fault », « Upon the water », « About you », « Jennifer », « Storm » (remplacé par « Indian summer »), « Amethyst », « Dressing like you », « Back to wonderland », « The sound of silence », « Dark romantics », « Shadows in the dark ».

Cette tournée solo du leader de The Mission s’étale sur près de 3 mois, et faisait d’abord escale à Rétie (Anvers) puis Arlon, les deux soirs précédents, avant d’atterrir à Bruges. Baptisée ‘Salad daze’, elle se réfère à sa biographie, sortie en mai 2019. Assez complète, elle évoque, pour la première fois, son enfance et ses parents. Dès son entrée sur scène, vers 22 heures, les aficionados s’agglutinent aux premiers rangs. La température monte d’un cran.  Tel un prêtre en début de cérémonie, Wayne Hussey invite ses fidèles à s’asseoir, pour assister au début de sa grande messe. Une bonne initiative qui va permettre à celles et ceux placés à l’arrière, de pouvoir observer ses faits et gestes. Faut dire que la salle est basse et le podium peu surélevé. Wayne est coiffé d’un chapeau et chaussé de ses traditionnelles lunettes noires, un couvre-chef qu’un spectateur lui demandera d’ôter au cours de l’office, mais en manifestant son humour bien britannique », Hussey lui répondra ne plus s’être lavé les cheveux depuis deux jours. Il remercie également un autre spectateur qui lui a offert une bonne bouteille de vin (NDR : il a l’habitude de s’en enfiler une à chaque concert). L’armada de guitares acoustiques et électriques (5 ou 6), ainsi qu’une mandoline, posé derrière lui, laisse supposer que le show sera diversifié. Sans oublier son clavier recouvert de son traditionnel calicot de supporter de Liverpool. Est-ce la victoire 1-2 des ‘Reds’ à Chelsea, remportée cet après-midi qui le rebooste ? Toujours est-il qu’il déborde d’énergie et d’humour, ce soir. La plupart des singles de Mission sont passés en revue ; depuis « Crystal ocean » à « Dragonfly », en passant par « Like a child again », « Tower of strength » ou encore « Beyond the pale ». Une interprétation parfois fidèle, mais souvent originale. Outre le recours à la gratte, il se sert également et circonstanciellement d’un séquenceur pour imprimer le tempo. Il passe au clavier pour l’intimiste « Butterfly on a wheel ». Dérision et impro sont au rendez-vous de son interactivité. Avant d’aborder « Fabienne », il nous parle d’une femme belge ; et un aficionado en profite pour rebaptiser le titre « Fabiola ». Pendant « Wasteland », un autre fan clame ‘You are my fucking God’, et notre ténor d’intercaler un extrait du « Personal Jesus » de Depeche Mode dans le morceau…

Lors du second rappel, Wayne affiche toute l’amplitude de son registre vocal, en montant facilement dans les aigus. Ce qui va déclencher une belle ovation de la trentaine d’âmes encore présentes à ce moment. Car il est déjà près de minuit trente. La cérémonie a duré près de 2h30 ! Hussey transpire. Et nous aussi. La salle est moite, les murs suintent d’humidité. Un set particulièrement généreux qui a provoqué une communion mémorable entre l’artiste et l’auditoire. Bref, mission accomplie pour le natif de Bristol ! Bien loin de ce qui se prépare le lendemain à l’AB, lors du passage de son frère ennemi, Andrew Eldritch, alias Sisters of Mercy…

(Organisation : B52)

dimanche, 18 août 2019 07:48

W-Festival 2019 : dimanche 18 août

C’est déjà le 4ème et dernier jour de ce festival, mais le premier pour votre serviteur qui découvre le nouveau site. Et malgré les nombreuses critiques qui se sont abattues sur ce choix, force est de constater que celui-ci convient bien mieux à la météo fort capricieuse de ce week-end. Ce qui frappe également, dès qu’on franchit l’entrée, c’est cette piste de danse à ciel ouvert, sise face aux portiques, où une bonne trentaine de festivaliers dansent en permanence.

Néanmoins, lorsqu’on est tournaisien, cet événement, on aurait préféré qu’il se déroule encore à Amougies, car il célèbre, cette année, le 50ème anniversaire du célèbre festival ‘hippie’. Pour le remplacer, l’administration communale en a programmé un autre d’un style complètement différent, plus populaire, moins artistique, consacré aux covers bands dont Mr Cover est programmé en tête d’affiche. Cherchez l’erreur !

Bref, revenons à nos moutons, et en particulier aux Allemands de Pink Turns Blue. Et n’ayons pas peur de se mouiller, ce sera LA bonne découverte de la journée. Difficile de croire que la formation est issue de Cologne, tant la musique sonne britannique. On pense directement à Chameleons pour le côté post-punk mais aussi aux Smiths voire à Wedding Present vu son style pop/rock mélodique. Le trio n’occupe que peu d’espace sur le podium et se produit sans artifices, mais affiche une énorme maîtrise tout en éveillant beaucoup de sympathie. Un set sobre et efficace qui finalement, paraît trop court. D’autant plus qu’il va rencontrer un petit accroc technique, en fin de parcours. Les groupes se suivent ponctuellement sur la grande scène, séparée en deux parties. Et il n’y a pas beaucoup de temps mort entre deux prestations. Ce qui risque inévitablement de perturber les fins de shows, lors des soundchecks des bands qui embraient. Quand un set déborde, des auxiliaires viennent fermer les tentures. Comme au cours du dernier morceau proposé par Pink Turns Blue. Ce qui ne va pas empêcher les deux frontmen de saluer le public, mais également provoquer l’ire du drummer qui balance ses baguettes, en assistant à ce coup de force…  

Il faut aussi expliquer que c’est Peter Hook qui est ensuite prévu dans la programmation. L’ex-bassiste de Joy Division puis de New Order s’apprête à revisiter les grands classiques de ses deux formations culte. En tenue décontractée (bermuda et t-shirt narcissiquement intitulé ‘Hook’), le Mancunien est soutenu par un second bassiste, planté à sa droite et un guitariste, à sa gauche. Sans oublier le batteur et le claviériste, plantés en retrait. Mais en début de concert, Hooky utilise très peu sa basse, laissant bosser son acolyte. Il a aussi besoin de jeter de temps à autre un coup d’œil sur son chapelier. Il faut attendre « She’s lost control » pour le voir avancer sur le devant de la scène et oser ses solos de basse caractéristiques. Les tubes « Transmission » et « Blue Monday » incitent la foule à danser. Pendant « Regret », on est agréablement surpris par les voix limpides du guitariste et du bassiste, qui se transforment en choristes, évoquant la version live de l’authentique New Order. En final, « Temptation », « Ceremony » et l’inévitable « Love will tear us apart » confirment qu’on vient de vivre un show, comparable à un juke-box qui tourne en continu.

S’il a bien une formation belge qui cartonne depuis un an, et tourne inlassablement, c’est bien Whispering Sons. D’ailleurs votre serviteur avait déjà assisté à son set, 48 heures plus tôt, dans le cadre du BSF. C’est une constante, Fenne, la chanteuse, se dépense sans compter. Mais le set est quasi-identique. En outre, c’est une confirmation, il se prête bien mieux aux petites salles. On attendra donc une confirmation, à travers un futur second opus, et puis en fonction de l’évolution en ‘live’, avant de sortir les encensoirs…

Autre formation belge, mais qui célèbre ses 40 ans d’existence, Red Zebra enchaîne. Le show s’ouvre comme un défilé militaire. Peter Slabbynck est d’ailleurs habillé d’une cape de couleur kaki. Sandra Hagenaar (claviériste des Fifty Foot Combo) les rejoint ensuite le temps d’un morceau. Elle était déjà apparue, l’an dernier, au W-festival, lors du concert de Captain Sensible. Sa comparse d’Alk-a-line, Laurence, se pointe également, mais comme choriste, le temps du titre suivant. Sur « Shadow of doubt » l’ombre de P.I.L. est à peine voilée, puisque la chanson intègre une partie du refrain ‘This is not a love song’. Mais le point fort de sa prestation reste l’indémodable tube paru en 1980, « I can’t live in a living room ». L’intro qui retentit comme une sirène déclenche l’un des plus gros pogos de la journée.

On aurait aimé assister au retour de Collection d'Arnell Andrea. Malheureusement, mais il se produit sous la tente VIP et l’accès est refusé à la presse. Vraiment dommage car les spectateurs semblent très peu nombreux et on n’entend pas le moindre applaudissement de l'extérieur. Ce groupe français, proche des Cranes ou autre Christian Death en plus lyrique était, début des 90s adulés dans l'émission radio Perfecto de la RTBF 2. A noter qu’il vient de graver un nouvel opus, baptisé "Another winter".

Apoptygma Berzek est considéré comme une des valeurs sûres des festivals goth. Ce qui explique pourquoi le combo est fréquemment programmé à l’Amphi ou au Mera Luna, par exemple. Ce soir le show débute par « The weight of the world », une belle entrée en matière caractérisée par une longue intro et ses beats qui montent en crescendo en milieu de compo. La voix translucide de Stephan Groth et son look un peu androgyne font penser à Brian Molko. « Love will never die » (et son intro tirée de la cantate « Carmina Burana » de Carl Orff) retentit toujours comme un hymne. En clôture, « Until the end of the world » permet une dernière fois à la foule de s’éclater en bondissant come des kangourous. Assurément l’un des sets les plus dansants de ce festival.

Grosse déception, en revanche, pour China Crisis. Le côté pop ultra kitsch des 80’s refait surface. On pense immédiatement à la comédie satirique de Hugh Grant (‘Le come-back’) et sa caricature de tube (« Pop ! goes my heart »). Il est donc préférable de zapper pour se diriger vers la scène qui rend hommage à Olivier Daout.

Car US State of the Union s’y produit. Ce band californien est en fait originaire de Colombie. Le claviériste a d’ailleurs le tempérament chaud et quitte régulièrement sa console pour venir bondir à l’avant de l’estrade afin d’haranguer la foule. Le line up implique également un chanteur/guitariste et un batteur cool mais efficace. L’expression sonore oscille entre darkwave et synthpop, que complète quelques touches d’EBM. Des vidéos tantôt militaires, tantôt relevant de la science-fiction, sont projetées en arrière-plan. Le show est agréable à regarder, en sirotant les bières locales du stand situé à proximité (NDR : la Wieze). Un bon point d’ailleurs pour ce festival : proposer ces bières spéciales à un prix raisonnable. Ce qui n’était malheureusement pas le cas des stands de nourriture, fortement critiqués, pour les prix pratiqués.

Il est déjà presque 23 heures, et l’on approche de la clôture de ce festival. Jimmy Somerville, plutôt rare en live, va enchaîner les tubes disco. Aussi bien le dansant « You make me feel (mighty real) » enchaîné à « Tomorrow » (NDR : issu du répertoire de The Communards), en passant par « Never can say goodbye », et en fin de setlist « Don’t leave me this way », sans oublier la reprise du « I feel love » de Donna Summer, sont autant de morceaux qui ont alimenté les dancefloors de notre jeunesse. L’Ecossais (longtemps trahi par sa chevelure rousse) a eu le bon goût de s’entourer d’une dizaine de comparses. En effet, deux choristes blacks, une section de cuivres, un saxophoniste, un violoncelliste et même un contrebassiste sont parvenus à apporter une coloration vivifiante aux sonorités de claviers.

En quittant le site, on remarque la présence d’un banner qui, comme chaque année, dévoile déjà l’affiche de la prochaine édition. Il est assorti d’une intrigante annonce : ‘The moon and sun edition’. Elle est à découvrir ici

Les préventes à tarif préférentiel (early bid) débutent déjà ce 1er septembre. Attention changement de période, puisque le festival se déroulera du 21 au 24 mai, soit à partir du jeudi de l’Ascension. Qu’on se le dise ! En tout cas, Musiczine se fera un plaisir de couvrir à nouveau, cet événement.

Pink Turns Blue + Peter Hook + Whispering Sons + Red Zebra + Apoptygma Berzek + China Crisis + US State of the Union + Jimmy Somerville

Voir aussi notre section photos

 (Organisation : W festival)

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