Vous trouverez, ci-dessous un aperçu des sorties récentes et futures les plus intéressantes chez PiaS ; bien sûr dans l’esprit de la ligne éditoriale de Musiczine. Et pour vous donner un avant-goût, rien de tel que d’y associer l’un ou l’autre clip vidéo ou…

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June Road, c'est tout d'abord l'histoire d'une rencontre au Royal Albert Hall de Londres entre deux musiciens que rien ne prédestine. Elle, Maia Frankowski est belge et violoniste à l'Orchestre du Théâtre Royal de la Monnaie. Lui, Harry Pane est anglais,…

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Dernier concert - festival

Sting - 20/10/2019
Paradise Lost
Sebastien Leclercq

Sebastien Leclercq

Trois mois avant son passage prévu (et déjà complet) au Sportpaleis, en compagnie de ses Bad Seeds, Nick Cave nous gratifiait d’un double spectacle plus intimiste, baptisé ‘Conversations with Nick Cave’, au Bozar. Un concept que l’Australien avait déjà présenté chez nous, à de Roma, fin mai 2019. Une prestation alternant récital et jeu de questions et réponses (parfois farfelues), clôturée par une séance de dédicaces. Le tout pendant 3 bonnes heures. Compte-rendu d’une soirée émouvante et parfois surréaliste.

Il s’agissait d’arriver bien avant l’heure afin de frayer un passage à travers les couloirs du Bozar, ce vendredi soir. Et aussi se laisser guider, à plusieurs reprises, par des hôtesses pour trouver son siège. En effet, une bonne dizaine d’entrées (non fléchées) s’ouvrent sur cette salle Henry Le Boeuf. Un auditoire d’une capacité de 2 000 places (toutes assises), réparties entre plusieurs balcons, deux parterres (légèrement superposés) et une grande scène sur laquelle des tables étaient dressées afin d’accueillir une petite centaine de privilégiés.

Après une intro préenregistrée, Nick Cave opère une entrée sobre sur les planches et s’installe derrière son piano pour interpréter une version originale de « Papa Won't Leave You, Henry », bien que moins enragée que de coutume.

Tel un maître de cérémonie l’artiste va ensuite expliquer les règles de la représentation. Il nous précise qu’il s’agit de la toute dernière de cette thématique consacrée à ‘Conversations’. Lancées après un événement tragique (NDR : la disparition de son fils de 15 ans), ces soirées lui ont servi de thérapie. Et une occasion pour les fans de témoigner leur affection après l’ouverture du blog The red hand files.

Ce soir, les questions des spectateurs sont relayées via une dizaine de stewards répartis dans la salle, et équipés de bâtons lumineux. Steward que pointe ensuite Nick Cave lorsqu’il veut choisir un spectateur (et une question).

Il garde une certaine distance avec les groupies, en précisant qu’il refusera les demandes de photos ou les envahissements de podium, mais réservera du temps, en fin de parcours, pour accorder des autographes.

Une demande bafouée dès la première question, par un spectateur qui lui demande directement de le rejoindre sur l’estrade. La réponse est sans équivoque : ‘No’. Ou encore une autre sollicitation d’une dame qui lui propose de l’accompagner au piano. Proposition qu’il décline également. Un peu plus tard, une autre spectatrice insiste pour lui offrir des fleurs. Il accepte cette fois-ci, mais décline la bise associée. Un peu plus tard encore un autre audacieux retente sa chance en demandant un autographe. Nick accepte mais précise que ce sera ‘the last one’.

Après les plus lourdingues, place ensuite aux questions plus profondes, comme cette d’un fan qui précise écouter sa musique dans ses périodes de spleen, et demande si c’est aussi une façon pour l’auteur d’atténuer sa tristesse ? ‘Ma musique m'amène à un point plus haut. Je laisse souvent place à mes sentiments. Et je travaille beaucoup, chaque matin en essayant de les ressentir au mieux’ répond-t-il dans les grandes lignes. Un interlude (im)prévu se déroule ensuite (NDR : il a été préalablement approuvé par Cave). En l’occurrence une demande en mariage sur l’estrade. Nick précise que le futur marié doit ramener sa promise dans ses bras. Lequel, n’aura pas froid aux yeux, et s’exécutera sous une salve d’applaudissements.

Et on n’a guère le temps de s’ennuyer car les compos s’enchaînent également, dont le toujours émouvant « Into my arms » et le plutôt rare « Where's the Playground Susie ? ».

Une spectatrice surprend ensuite l’auditoire (qui ne sait trop comment réagir) en prétendant avoir vu Jésus et s'être sentie dans une autre dimension. Elle demande si Nick a déjà entendu ce genre de témoignage. Au début, l’Australien tourne la situation en dérision et le public s’en amuse. Mais elle garde son sérieux et prétend l’avoir réellement aperçu, jetant un peu un froid dans l’auditoire. Nick retrouve alors son flegme, en citant l’importance des convictions. La foule applaudit alors poliment.

Autre moment particulier, ce témoignage d’une veuve qui a accompagné son mari jusqu’à la mort (avec comme chanson culte « The ship song »). Suite à quoi le chanteur montre beaucoup de compassion en parlant de l'absence d’un être aimé. Et enchaîne directement et judicieusement par cette compo, soutenu par le public sous le coup de l’émotion.

D’autres questions plus classiques s’invitent au cours de la soirée comme celles relatives à ses inspirations pour les compositions de son dernier elpee. Suite logique, il attaque ensuite « Waiting for you », interprété comme lors d’une cérémonie religieuse.

Une personne handicapée dans la foule, s'exprimant difficilement, l’interpelle ensuite. Elle lui signale être née le même jour que lui, et lui propose, de manière touchante, de prendre un verre après le concert. Un autre moment chargé d’émotion vu la spontanéité manifestée par les deux interlocuteurs.  

Durant la soirée, outre la déprime et la mort, il aura aussi été beaucoup question de mariages, et de chansons qui s’y rapportent. Et dans ce contexte, « Are you the one I've been waiting for ? » est logiquement exécuté.

Notre homme rend aussi hommage au peintre grec Stefanos Rokos qui a réalisé, il y a 17 ans, pas moins de 14 peintures associées à l’album « No more shall we part ». A propos, une exposition est toujours ouverte à Anvers (Bernaerts Gallery) jusqu’au 9 février. Signalant au passage que ces compositions peuvent grandir auprès de chaque mélomane qui la comprend à sa façon.

Le timing semble ensuite dicté par un manager (aussi garde du corps par moment) en sentinelle sur le côté de la scène. Celui-ci n’hésite pas à signaler au leader de se lancer dans ses chansons ou de débuter l’encore. (NDR : dommage, car sans ces contraintes, Nick aurait encore laissé davantage libre cours à ces échanges).

Le rappel va cependant réserver de belles improvisations, et quelques inédits comme « Palaces of Montezuma » (Grinderman) ou encore « Shivers » (NDR : de ses jeunes années passées au sein de Boys Next Door).

Vu la durée du spectacle (plus ou moins 3 heures quand même), on peut affirmer que les spectateurs en ont eu pour leur argent (NDR : même si le prix des entrées était plutôt exorbitant). Et à ce titre, rappelons quand même l’intervention, sans langue de bois, de Cave, en début de set. Il était scandalisé en apprenant que des personnes situées au niveau de la scène avaient dû payer un supplément. Et que d’autres qui devaient s’installer à cet endroit s’étaient vues relégués sur des sièges en parterre au dernier moment. Promettant au passage de discuter avec le promoteur d’un éventuel remboursement.

Enfin pour être complet, saluons aussi la patience manifestée par l’artiste lors d’une séance de dédicaces depuis le podium qui s’est prolongée pendant un bon quart d’heure après la fin du show…

Setlist : « Papa Won't Leave You, Henry », « God Is in the House », « The Mercy Seat », « Avalanche », « Into My Arms », « Where's the Playground Susie? », « The Ship Song », « Waiting for You »,« Jubilee Street », « (Are You) The One That I've Been Waiting For? », « Sad Waters », «Love Letter ».

Rappel: « Fifteen Feet of Pure White Snow », « Palaces of Montezuma », « Shivers », « Stranger Than Kindness », « Skeleton Tree ».

(Organisation : Bozar)

La St-Patrick, c’est seulement dans quatre mois ; et pourtant on va déjà assister, à une belle fête irlandaise, ce soir. Et pour cause, trois formations issues de l’île verte vont se produire à l’Orangerie du Botanique. Ne vous y méprenez cependant toutefois pas, la musique proposée ne sera pas celtique, mais naviguera à mi-chemin entre (post-)punk et noisy. Et si le public tape du pied c’est parce qu’il escompte bientôt pogoter plutôt que d’envisager esquisser une danse traditionnelle.  

The Claque ouvre le bal à 20 heures pile. Il s’agit du combo le plus jeune du lot. Il a entamé son parcours en mars 2019, publié depuis le single single « Hush » et accordé quelques concerts. Le line up réunit une chanteuse au physique avantageux (NDR : pensez à Kim Gordon lorsqu’elle était jeune) et à la voix captivante. En l’occurrence Kate Brady. C’est également la frontwoman. La bassiste semble avoir été empruntée à Warpaint, alors que les deux gratteurs, dont Alan Duggan (NDR : qui a milité chez Girl Band), ont adopté une attitude très shoegazer. Ce sont d’ailleurs eux qui brisent la simplicité et la répétitivité des refrains, des refrains dispensés dans l’esprit d’un Stereolab, à travers leurs déferlantes de riffs. Encore clairsemé à cette heure, l’auditoire applaudit poliment. Manifestement, il y a du potentiel chez The Claque, mais il doit encore acquérir de la maturité, notamment dans la structure des morceaux et les accords un peu trop récurrents des compos, s’il veut finir par briller sur la scène indie rock…  

Fontaines D.C. était passé presque inaperçu aux Nuits du Bota 2018 au même endroit. Il ouvrait alors les hostilités pour deux autres poids lourds : Idles et Metz. Et puis surtout, il n’avait pas encore publié son LP « Dogrel », paru en avril 2019. Un disque unanimement salué par la critique (NDLR : il figurera certainement dans les sommets du top 20 de votre serviteur ; voir aussi la chronique ici).

Après avoir gravé un tel album et participé à de nombreux festivals, il s’est donc forgé une notoriété certaine. Conséquence, la salle est comble ce soir. Le set s’ouvre par « A hero’s death ». Le leader, Grian Chatten, se secoue et gesticule tel un épileptique, à la manière de Ian Curtis. Son physique évoque d’ailleurs feu le leader de Joy Division. Si « Television screens » constitue un des moments fort du set, « Roy’s tune » accorde un peu de répit à la fosse, un morceau qui aurait pu figurer au répertoire d’Adorable (NDR : qui a d’ailleurs opéré son comeback cette année) ; le timbre vocal nasillard de Grian accentuant cette impression. Mais le show va véritablement décoller à partir de « Too real ». Les verres de bière commencent à voltiger, les pogos se déclenchent massivement et ne s’arrêteront plus avant la fin du spectacle. Il faut dire que de nombreux aficionados issus d’Outre-Manche se sont glissé dans l’auditoire habituel du Bota. « Liberty belle », « Boys in the better land » et en final « Big » nous plongent dans une ambiance digne d’un stade de foot, en Angleterre, au cours duquel un but est marqué toutes les 3 minutes.

Après avoir vécu une telle secousse, Girl Band est attendu de pied ferme. Une formation qui pourrait presque faire figure de vétéran auprès des deux jeunes groupes programmés avant lui. Il faut remonter à 2015 pour retrouver trace de son premier elpee, « Holding hands with Jamie », paru chez Rough Trade. Une année au cours de laquelle il avait opéré un passage très remarqué à la Rotonde du Botanique. Quatre longues années se sont donc écoulées avant la sortie du nouvel opus, « The talkies », une œuvre un rien plus sombre que le précédent. Mais ce set va littéralement s’apparenter à un combat de boxe. Après un premier round d’observation, on s’inquiète quelque peu en observant le leader, Dara Kiely, qui a pris autant de poids. Sa barbe est négligée et il regarde dans le vide, conséquence, sans doute, de ses récents séjours en soins psychiatriques. Son attitude sur les planches intrigue. Il exécute continuellement un petit mouvement du bras. Tout au long de « Pears For Lunch », le band maîtrise la situation. A partir de « Lawman » (NDR : c’est le single !), quelques timides ‘headbangings’ se produisent. Mais en général, l’auditoire demeure encore plus ou moins paisible tout au long des plages du dernier long playing, dont « Shoulderblades » transcendé en ‘live’ par des guitares ravageuses. Et c’est lors de la deuxième moitié du round qu’on va se prendre des hypercuts en pleine face. La reprise du « Why They Hide Their Bodies Under My Garage? » du groupe electro Blawan soulève un vent d’hystérie au sein des premiers rangs. Entre dance floor et arène de pogo hardcore, le public ne se tient plus.  A la fois sombre, mais intense, « Going Norway », ainsi que l’incontournable autre single, « Paul », mettent KO les derniers spectateurs qui étaient encore sur la défensive…

Et après ces excellents concerts, quel plaisir de retrouver le musicos de ces trois groupes, souriants et décontractés, au stand merchandising. Une soirée rock’n’roll comme on en souhaiterait davantage…

(Organisation : Botanique)

jeudi, 07 novembre 2019 11:21

K.O. au dernier round…

La St-Patrick, c’est seulement dans quatre mois ; et pourtant on va déjà assister, à une belle fête irlandaise, ce soir. Et pour cause, trois formations issues de l’île verte vont se produire à l’Orangerie du Botanique. Ne vous y méprenez cependant toutefois pas, la musique proposée ne sera pas celtique, mais naviguera à mi-chemin entre (post-)punk et noisy. Et si le public tape du pied c’est parce qu’il escompte bientôt pogoter plutôt que d’envisager esquisser une danse traditionnelle.  

The Claque ouvre le bal à 20 heures pile. Il s’agit du combo le plus jeune du lot. Il a entamé son parcours en mars 2019, publié depuis le single single « Hush » et accordé quelques concerts. Le line up réunit une chanteuse au physique avantageux (NDR : pensez à Kim Gordon lorsqu’elle était jeune) et à la voix captivante. En l’occurrence Kate Brady. C’est également la frontwoman. La bassiste semble avoir été empruntée à Warpaint, alors que les deux gratteurs, dont Alan Duggan (NDR : qui a milité chez Girl Band), ont adopté une attitude très shoegazer. Ce sont d’ailleurs eux qui brisent la simplicité et la répétitivité des refrains, des refrains dispensés dans l’esprit d’un Stereolab, à travers leurs déferlantes de riffs. Encore clairsemé à cette heure, l’auditoire applaudit poliment. Manifestement, il y a du potentiel chez The Claque, mais il doit encore acquérir de la maturité, notamment dans la structure des morceaux et les accords un peu trop récurrents des compos, s’il veut finir par briller sur la scène indie rock…  

Fontaines D.C. était passé presque inaperçu aux Nuits du Bota 2018 au même endroit. Il ouvrait alors les hostilités pour deux autres poids lourds : Idles et Metz. Et puis surtout, il n’avait pas encore publié son LP « Dogrel », paru en avril 2019. Un disque unanimement salué par la critique (NDLR : il figurera certainement dans les sommets du top 20 de votre serviteur ; voir aussi la chronique ici).

Après avoir gravé un tel album et participé à de nombreux festivals, il s’est donc forgé une notoriété certaine. Conséquence, la salle est comble ce soir. Le set s’ouvre par « A hero’s death ». Le leader, Grian Chatten, se secoue et gesticule tel un épileptique, à la manière de Ian Curtis. Son physique évoque d’ailleurs feu le leader de Joy Division. Si « Television screens » constitue un des moments fort du set, « Roy’s tune » accorde un peu de répit à la fosse, un morceau qui aurait pu figurer au répertoire d’Adorable (NDR : qui a d’ailleurs opéré son comeback cette année) ; le timbre vocal nasillard de Grian accentuant cette impression. Mais le show va véritablement décoller à partir de « Too real ». Les verres de bière commencent à voltiger, les pogos se déclenchent massivement et ne s’arrêteront plus avant la fin du spectacle. Il faut dire que de nombreux aficionados issus d’Outre-Manche se sont glissé dans l’auditoire habituel du Bota. « Liberty belle », « Boys in the better land » et en final « Big » nous plongent dans une ambiance digne d’un stade de foot, en Angleterre, au cours duquel un but est marqué toutes les 3 minutes.

Après avoir vécu une telle secousse, Girl Band est attendu de pied ferme. Une formation qui pourrait presque faire figure de vétéran auprès des deux jeunes groupes programmés avant lui. Il faut remonter à 2015 pour retrouver trace de son premier elpee, « Holding hands with Jamie », paru chez Rough Trade. Une année au cours de laquelle il avait opéré un passage très remarqué à la Rotonde du Botanique. Quatre longues années se sont donc écoulées avant la sortie du nouvel opus, « The talkies », une œuvre un rien plus sombre que le précédent. Mais ce set va littéralement s’apparenter à un combat de boxe. Après un premier round d’observation, on s’inquiète quelque peu en observant le leader, Dara Kiely, qui a pris autant de poids. Sa barbe est négligée et il regarde dans le vide, conséquence, sans doute, de ses récents séjours en soins psychiatriques. Son attitude sur les planches intrigue. Il exécute continuellement un petit mouvement du bras. Tout au long de « Pears For Lunch », le band maîtrise la situation. A partir de « Lawman » (NDR : c’est le single !), quelques timides ‘headbangings’ se produisent. Mais en général, l’auditoire demeure encore plus ou moins paisible tout au long des plages du dernier long playing, dont « Shoulderblades » transcendé en ‘live’ par des guitares ravageuses. Et c’est lors de la deuxième moitié du round qu’on va se prendre des hypercuts en pleine face. La reprise du « Why They Hide Their Bodies Under My Garage? » du groupe electro Blawan soulève un vent d’hystérie au sein des premiers rangs. Entre dance floor et arène de pogo hardcore, le public ne se tient plus.  A la fois sombre, mais intense, « Going Norway », ainsi que l’incontournable autre single, « Paul », mettent KO les derniers spectateurs qui étaient encore sur la défensive…

Et après ces excellents concerts, quel plaisir de retrouver le musicos de ces trois groupes, souriants et décontractés, au stand merchandising. Une soirée rock’n’roll comme on en souhaiterait davantage…

(Organisation : Botanique)

samedi, 05 octobre 2019 11:46

On est encore loin du nirvana…

L’Orangerie affiche complet depuis quelque temps déjà pour célébrer le retour d’Allah-Las, un groupe californien fondé en 2008. Il est venu présenter, en primeur, son nouvel elpee (le quatrième déjà) « Lahs », un disque qui sort ce vendredi 11 octobre. Mais cet essai est déjà en vente à son stand de merchandising. Un stand qui tourne d’ailleurs à plein régime, puisque le band vient personnellement au contact de ses fans…

Mais la soirée commence en douceur, accusant un petit quart d’heure de retard, par Maston. Un multi-instrumentiste, lui aussi issu de la côte Ouest des States. Première surprise, il déboule sur les planches en compagnie de pas moins de 5 musiciens (2 claviéristes, 1 batteur, 1 bassiste et 1 guitariste). En l’occurrence le collectif suisse L'Eclair qui sert de backing group. Après avoir proposé un titre d’ouverture plutôt brouillon, la musique se charge de groove, dans un climat rappelant tour à tour le cinéma italien des 60’s, les vieilles séries yankees voire même les B.O. de longs métrages signés Tarantino. Le profil globe-trotter de Franck Maston transparaît immédiatement, lui qui a bien roulé sa bosse, et accompagné Jacco Gardner dans ses délires musicaux. Malheureusement, le temps de se faire servir une petite mousse (les files sont toujours aussi longues au bar central) et de revenir dans la salle, et le set est déjà terminé. En à peine 20 minutes, Maston est parvenu à planter un chouette décor psychédélique, semblable à une longue route 66 tracée au milieu du plateau Orzak, sis entre les collines embrumées par la chaleur.

La salle commence à se remplir, accueillant principalement de jeunes hipsters flamands, dont l’âge oscille entre 25 et 30 ans. L’engouement autour d’Allah-Las est sans doute, aussi, à mettre sur le compte de sa diffusion radiophonique sur les ondes du Nord de la Belgique. Ce qui, on ne le répétera jamais assez, place les stations francophones, un cran bien en-dessous. Il faut remonter à 2016, au festival de Dour puis à l’AB, pour retrouver trace du passage de ce band américain sur les planches noir-jaune-rouge. Des prestations qui, souvent, n’ont pas laissé de souvenir impérissable. Et pourtant ses albums sont chaque fois salués par la critique. Après avoir gravé un premier opus éponyme, le combo a amorcé un excellent virage en publiant l’excellent « Worship the sun », en 2014.

Mais entrons dans le vif du sujet. Lorsque le sextuor grimpe sur l’estrade, on reconnaît immédiatement le look des musiciens et leur démarche. Cheveux hirsutes, barbes de Bee Gees, chemises à fleurs et t-shirts amples, c’est sûr, on ne s’est pas trompé de salle. Matthew Correia et sa bande nous entraînent loin de nos contrées. La formation a puisé dans l’ensemble de son répertoire pour établir sa set list, depuis ses débuts (l’instrumental « Sacred sands » qui constitue une intro parfaite avant que « Busman’s holiday » n’embraie) à des morceaux issus de son futur opus, à l’instar de « Prazer Em Te Conhecer » chanté en portugais par le batteur/leader. Mais franchement la cover du « Fish in the sand » de George Harrison, on aurait pu s’en passer… Les morceaux s’enchaînent, sans temps mort, mais sans guère d’éclats non plus. Bien qu’agréables, les compos semblent sortir d’un vieux juke-box planté au fond d’un bar mexicain. Si les maracas et les percussions hippies collent bien au surf rock, il est heureux de constater que le band a le bon goût d’adopter une forme plus expérimentale que nostalgique. Jusqu’au final “ Could be you ”, un titre nettement plus rock, abordé à la manière des Libertines et même de Black Angels.

Mais ce soir encore, on reste sur sa faim. Le set ne permet pas à l’esprit de s’évader. La voix du lead singer n’est pas suffisamment haut-perchée. L’attitude foutraque des musicos séduit ou irrite, selon. Peu d’interactivité entre les morceaux. Et un rappel expédié en deux temps trois mouvements. De quoi nourrir une certaine insatisfaction. Bref, en live, la musique d’Allah-Las est agréable à écouter en buvant quelques bières avec ses potes. Mais elle n’atteint pas le nirvana, au plus haut des cieux, que cette formation pourrait atteindre facilement, en manifestant un peu moins de désinvolture et surtout grâce à son sens mélodique…

(Organisation : Botanique)

Votre serviteur serait-il sous l’emprise de la congrégation des Sisters of Mercy ? Toujours est-il qu’après avoir critiqué ouvertement les dernières prestations de Sisters of Mercy, il revient au même endroit, ce lundi 23 septembre, pour assister à un concert du même groupe tellement décrié, dont les prestations ont été jugées ‘pathétiques’, en y ajoutant même qu’on ne l’y reprendrait plus…

N’empêche, S.O.M. continue de faire recette. Et pour cause, sa première date, fixée la veille, au même endroit, avait été décrétée sold out à la vitesse éclair. Et la seconde, auquel votre serviteur assiste, l’est presque. Incompréhensible, quand on sait que son dernier elpee, « Vision thing » remonte à… 1990 ! En outre, le 16 septembre, il avait offert un concert gratuit à ses fans au Trix d’Anvers, sous le patronyme de ‘Near Meth Experience’, show au cours duquel, la formation a accordé trois nouvelles compos. Nous y reviendrons un peu plus tard.  

Dès les premiers accords de « Dominion/Mother russia » la foule réagit. Elle remue, pogote, et les premiers rangs se retrouvent envahis de gros bras et d’hommes torses nus. Les pyramides humaines se forment progressivement, et atteignent même parfois 3 hauteurs. Imaginez donc le gaillard qui soutient plusieurs spectateurs. La voix d’Andrew Eldritch, elle, en revanche, a de nouveau bien du mal à s’imposer, même si elle bien secondée par ses deux gratteurs, qui assurent les backing vocaux. Hasard du calendrier, mais Wayne Hussey, son ex-comparse (NDR : ou si préférez son frère ennemi), se produisait les trois soirs précédents, au sein du pays plat. Mais la voix du natif de Bristol reste bien un cran au-dessus, accordant, en outre, à chaque fois des sets solos de plus de deux heures sans jamais fléchir.

Mais revenons à nos moutons (noirs), et en particulier aux compos jamais releasées. A l’instar de « Crash and burn » (NDR : datant de début 2000) ou des inédits « Show me on the doll » et « Better reptile ». Bien qu’agréables à l’écoute, elles semblent calmer l’atmosphère. Mais ce n’est que temporaire puisque le show reprend crescendo jusque « Flood II », avant que The Sisters of Mercy n’accorde en rappel le bien rythmé « First and Last and Always ». Dylan Smith substitut de Chris Catalyst doit mesurer au moins 2 mètres. Mais ce nouveau guitarise libère davantage de puissance dans ses riffs, et en particulier tout au long de de « Temple of love ». Derrière Doktor Avalanche (NDR : c’est la boîte à rythmes), Ravey Davey se démène comme un DJ sur la scène de Tomorowland, pour dynamiser « This corrosion », en finale, un classique qui déclenche les derniers pogos.

En conclusion, on reste loin des superlatifs avancés par Classic 21. Cette radio avait annoncé, à travers un jingle, entre un titre de Phil Collins et Pink Floyd, que The Sisters of Mercy était un groupe légendaire aux prestations époustouflantes… (sic). Il faut raison garder : la prestation a été moins mauvaise que d’habitude. Surtout parce que le gratteur est à la hauteur du sujet ; et qu’en outre, les nouvelles compositions apportent une nouvelle impulsion au set. En attendant un hypothétique nouvel elpee, tant espéré par les fans, et auquel bon nombre de mélomanes ne croient plus vraiment… (pour les photos, c'est ici)

My Diligence assurait le supporting act (pour les photos, c'est )

(Organisation : Live Nation)

dimanche, 22 septembre 2019 15:55

La délivrance après 2h30 de cérémonie…

Il faut s’armer de courage ce dimanche soir. Attendre la fin de la journée sans voiture, affronter l’orage, puis rejoindre la région brugeoise. Le B52 exactement. Après avoir été accueilli chaleureusement par le patron au physique de catcheur, on rejoint une petite salle, sise à l’arrière de son café. Une petite centaine de spectateurs y sont massés, ce qui remplit déjà bien l’endroit, plutôt exigu.

Votre serviteur débarque trop tard pour assister au set du tribute band Pure Kult. Suivant les avis recueillis, les covers proposées sont dignes de celles dispensées par The Cult. A cet égard, Ian Astbury, le leader, avait reconnu publiquement la qualité de ces reprises…  

Un temps d’adaptation est nécessaire avant de commencer à apprécier la prestation d’Ashton Nite, qui se produit en solo, armé uniquement de sa sèche. The Awakening, groupe dont il est le leader, est plutôt responsable d’une musique gothique, lourde, lorgnant parfois vers le métal indus. En solitaire, il interprète posément ses compos dans un style bien british (NDLR : on en oublierait presque qu’il est originaire d’Afrique du Sud). Entre chaque titre, ses commentaires sont teintés d’un humour pince-sans-rire. Et surprenants, ses arrangements valent le détour, à l’instar de son adaptation de « The Sound of silence » du duo Paul Simon/Art Garfunkel, à la fin duquel il se met à hurler, stupéfiant même un fan posté aux premiers rangs.

Set list : « Other ghosts », « Fault », « Upon the water », « About you », « Jennifer », « Storm » (remplacé par « Indian summer »), « Amethyst », « Dressing like you », « Back to wonderland », « The sound of silence », « Dark romantics », « Shadows in the dark ».

Cette tournée solo du leader de The Mission s’étale sur près de 3 mois, et faisait d’abord escale à Rétie (Anvers) puis Arlon, les deux soirs précédents, avant d’atterrir à Bruges. Baptisée ‘Salad daze’, elle se réfère à sa biographie, sortie en mai 2019. Assez complète, elle évoque, pour la première fois, son enfance et ses parents. Dès son entrée sur scène, vers 22 heures, les aficionados s’agglutinent aux premiers rangs. La température monte d’un cran.  Tel un prêtre en début de cérémonie, Wayne Hussey invite ses fidèles à s’asseoir, pour assister au début de sa grande messe. Une bonne initiative qui va permettre à celles et ceux placés à l’arrière, de pouvoir observer ses faits et gestes. Faut dire que la salle est basse et le podium peu surélevé. Wayne est coiffé d’un chapeau et chaussé de ses traditionnelles lunettes noires, un couvre-chef qu’un spectateur lui demandera d’ôter au cours de l’office, mais en manifestant son humour bien britannique », Hussey lui répondra ne plus s’être lavé les cheveux depuis deux jours. Il remercie également un autre spectateur qui lui a offert une bonne bouteille de vin (NDR : il a l’habitude de s’en enfiler une à chaque concert). L’armada de guitares acoustiques et électriques (5 ou 6), ainsi qu’une mandoline, posé derrière lui, laisse supposer que le show sera diversifié. Sans oublier son clavier recouvert de son traditionnel calicot de supporter de Liverpool. Est-ce la victoire 1-2 des ‘Reds’ à Chelsea, remportée cet après-midi qui le rebooste ? Toujours est-il qu’il déborde d’énergie et d’humour, ce soir. La plupart des singles de Mission sont passés en revue ; depuis « Crystal ocean » à « Dragonfly », en passant par « Like a child again », « Tower of strength » ou encore « Beyond the pale ». Une interprétation parfois fidèle, mais souvent originale. Outre le recours à la gratte, il se sert également et circonstanciellement d’un séquenceur pour imprimer le tempo. Il passe au clavier pour l’intimiste « Butterfly on a wheel ». Dérision et impro sont au rendez-vous de son interactivité. Avant d’aborder « Fabienne », il nous parle d’une femme belge ; et un aficionado en profite pour rebaptiser le titre « Fabiola ». Pendant « Wasteland », un autre fan clame ‘You are my fucking God’, et notre ténor d’intercaler un extrait du « Personal Jesus » de Depeche Mode dans le morceau…

Lors du second rappel, Wayne affiche toute l’amplitude de son registre vocal, en montant facilement dans les aigus. Ce qui va déclencher une belle ovation de la trentaine d’âmes encore présentes à ce moment. Car il est déjà près de minuit trente. La cérémonie a duré près de 2h30 ! Hussey transpire. Et nous aussi. La salle est moite, les murs suintent d’humidité. Un set particulièrement généreux qui a provoqué une communion mémorable entre l’artiste et l’auditoire. Bref, mission accomplie pour le natif de Bristol ! Bien loin de ce qui se prépare le lendemain à l’AB, lors du passage de son frère ennemi, Andrew Eldritch, alias Sisters of Mercy…

(Organisation : B52)

dimanche, 18 août 2019 09:48

W-Festival 2019 : dimanche 18 août

C’est déjà le 4ème et dernier jour de ce festival, mais le premier pour votre serviteur qui découvre le nouveau site. Et malgré les nombreuses critiques qui se sont abattues sur ce choix, force est de constater que celui-ci convient bien mieux à la météo fort capricieuse de ce week-end. Ce qui frappe également, dès qu’on franchit l’entrée, c’est cette piste de danse à ciel ouvert, sise face aux portiques, où une bonne trentaine de festivaliers dansent en permanence.

Néanmoins, lorsqu’on est tournaisien, cet événement, on aurait préféré qu’il se déroule encore à Amougies, car il célèbre, cette année, le 50ème anniversaire du célèbre festival ‘hippie’. Pour le remplacer, l’administration communale en a programmé un autre d’un style complètement différent, plus populaire, moins artistique, consacré aux covers bands dont Mr Cover est programmé en tête d’affiche. Cherchez l’erreur !

Bref, revenons à nos moutons, et en particulier aux Allemands de Pink Turns Blue. Et n’ayons pas peur de se mouiller, ce sera LA bonne découverte de la journée. Difficile de croire que la formation est issue de Cologne, tant la musique sonne britannique. On pense directement à Chameleons pour le côté post-punk mais aussi aux Smiths voire à Wedding Present vu son style pop/rock mélodique. Le trio n’occupe que peu d’espace sur le podium et se produit sans artifices, mais affiche une énorme maîtrise tout en éveillant beaucoup de sympathie. Un set sobre et efficace qui finalement, paraît trop court. D’autant plus qu’il va rencontrer un petit accroc technique, en fin de parcours. Les groupes se suivent ponctuellement sur la grande scène, séparée en deux parties. Et il n’y a pas beaucoup de temps mort entre deux prestations. Ce qui risque inévitablement de perturber les fins de shows, lors des soundchecks des bands qui embraient. Quand un set déborde, des auxiliaires viennent fermer les tentures. Comme au cours du dernier morceau proposé par Pink Turns Blue. Ce qui ne va pas empêcher les deux frontmen de saluer le public, mais également provoquer l’ire du drummer qui balance ses baguettes, en assistant à ce coup de force…  

Il faut aussi expliquer que c’est Peter Hook qui est ensuite prévu dans la programmation. L’ex-bassiste de Joy Division puis de New Order s’apprête à revisiter les grands classiques de ses deux formations culte. En tenue décontractée (bermuda et t-shirt narcissiquement intitulé ‘Hook’), le Mancunien est soutenu par un second bassiste, planté à sa droite et un guitariste, à sa gauche. Sans oublier le batteur et le claviériste, plantés en retrait. Mais en début de concert, Hooky utilise très peu sa basse, laissant bosser son acolyte. Il a aussi besoin de jeter de temps à autre un coup d’œil sur son chapelier. Il faut attendre « She’s lost control » pour le voir avancer sur le devant de la scène et oser ses solos de basse caractéristiques. Les tubes « Transmission » et « Blue Monday » incitent la foule à danser. Pendant « Regret », on est agréablement surpris par les voix limpides du guitariste et du bassiste, qui se transforment en choristes, évoquant la version live de l’authentique New Order. En final, « Temptation », « Ceremony » et l’inévitable « Love will tear us apart » confirment qu’on vient de vivre un show, comparable à un juke-box qui tourne en continu.

S’il a bien une formation belge qui cartonne depuis un an, et tourne inlassablement, c’est bien Whispering Sons. D’ailleurs votre serviteur avait déjà assisté à son set, 48 heures plus tôt, dans le cadre du BSF. C’est une constante, Fenne, la chanteuse, se dépense sans compter. Mais le set est quasi-identique. En outre, c’est une confirmation, il se prête bien mieux aux petites salles. On attendra donc une confirmation, à travers un futur second opus, et puis en fonction de l’évolution en ‘live’, avant de sortir les encensoirs…

Autre formation belge, mais qui célèbre ses 40 ans d’existence, Red Zebra enchaîne. Le show s’ouvre comme un défilé militaire. Peter Slabbynck est d’ailleurs habillé d’une cape de couleur kaki. Sandra Hagenaar (claviériste des Fifty Foot Combo) les rejoint ensuite le temps d’un morceau. Elle était déjà apparue, l’an dernier, au W-festival, lors du concert de Captain Sensible. Sa comparse d’Alk-a-line, Laurence, se pointe également, mais comme choriste, le temps du titre suivant. Sur « Shadow of doubt » l’ombre de P.I.L. est à peine voilée, puisque la chanson intègre une partie du refrain ‘This is not a love song’. Mais le point fort de sa prestation reste l’indémodable tube paru en 1980, « I can’t live in a living room ». L’intro qui retentit comme une sirène déclenche l’un des plus gros pogos de la journée.

On aurait aimé assister au retour de Collection d'Arnell Andrea. Malheureusement, mais il se produit sous la tente VIP et l’accès est refusé à la presse. Vraiment dommage car les spectateurs semblent très peu nombreux et on n’entend pas le moindre applaudissement de l'extérieur. Ce groupe français, proche des Cranes ou autre Christian Death en plus lyrique était, début des 90s adulés dans l'émission radio Perfecto de la RTBF 2. A noter qu’il vient de graver un nouvel opus, baptisé "Another winter".

Apoptygma Berzek est considéré comme une des valeurs sûres des festivals goth. Ce qui explique pourquoi le combo est fréquemment programmé à l’Amphi ou au Mera Luna, par exemple. Ce soir le show débute par « The weight of the world », une belle entrée en matière caractérisée par une longue intro et ses beats qui montent en crescendo en milieu de compo. La voix translucide de Stephan Groth et son look un peu androgyne font penser à Brian Molko. « Love will never die » (et son intro tirée de la cantate « Carmina Burana » de Carl Orff) retentit toujours comme un hymne. En clôture, « Until the end of the world » permet une dernière fois à la foule de s’éclater en bondissant come des kangourous. Assurément l’un des sets les plus dansants de ce festival.

Grosse déception, en revanche, pour China Crisis. Le côté pop ultra kitsch des 80’s refait surface. On pense immédiatement à la comédie satirique de Hugh Grant (‘Le come-back’) et sa caricature de tube (« Pop ! goes my heart »). Il est donc préférable de zapper pour se diriger vers la scène qui rend hommage à Olivier Daout.

Car US State of the Union s’y produit. Ce band californien est en fait originaire de Colombie. Le claviériste a d’ailleurs le tempérament chaud et quitte régulièrement sa console pour venir bondir à l’avant de l’estrade afin d’haranguer la foule. Le line up implique également un chanteur/guitariste et un batteur cool mais efficace. L’expression sonore oscille entre darkwave et synthpop, que complète quelques touches d’EBM. Des vidéos tantôt militaires, tantôt relevant de la science-fiction, sont projetées en arrière-plan. Le show est agréable à regarder, en sirotant les bières locales du stand situé à proximité (NDR : la Wieze). Un bon point d’ailleurs pour ce festival : proposer ces bières spéciales à un prix raisonnable. Ce qui n’était malheureusement pas le cas des stands de nourriture, fortement critiqués, pour les prix pratiqués.

Il est déjà presque 23 heures, et l’on approche de la clôture de ce festival. Jimmy Somerville, plutôt rare en live, va enchaîner les tubes disco. Aussi bien le dansant « You make me feel (mighty real) » enchaîné à « Tomorrow » (NDR : issu du répertoire de The Communards), en passant par « Never can say goodbye », et en fin de setlist « Don’t leave me this way », sans oublier la reprise du « I feel love » de Donna Summer, sont autant de morceaux qui ont alimenté les dancefloors de notre jeunesse. L’Ecossais (longtemps trahi par sa chevelure rousse) a eu le bon goût de s’entourer d’une dizaine de comparses. En effet, deux choristes blacks, une section de cuivres, un saxophoniste, un violoncelliste et même un contrebassiste sont parvenus à apporter une coloration vivifiante aux sonorités de claviers.

En quittant le site, on remarque la présence d’un banner qui, comme chaque année, dévoile déjà l’affiche de la prochaine édition. Il est assorti d’une intrigante annonce : ‘The moon and sun edition’. Elle est à découvrir ici

Les préventes à tarif préférentiel (early bid) débutent déjà ce 1er septembre. Attention changement de période, puisque le festival se déroulera du 21 au 24 mai, soit à partir du jeudi de l’Ascension. Qu’on se le dise ! En tout cas, Musiczine se fera un plaisir de couvrir à nouveau, cet événement.

Pink Turns Blue + Peter Hook + Whispering Sons + Red Zebra + Apoptygma Berzek + China Crisis + US State of the Union + Jimmy Somerville

Voir aussi notre section photos

 (Organisation : W festival)

mardi, 06 août 2019 16:20

Lokerse feesten 2019 : mardi 6 août

Le festival de Lokeren souffle déjà, cette année, ses 45 bougies. Pendant 10 jours, cette petite ville de 40 000 habitants, située entre Gand et Saint-Nicolas, est envahie d’aficionados de musiques actuelles, en tout genre. Après la soirée métal du dimanche, place au ‘Punk day’, ce mardi 6 août.

Dès 19 heures, une figure emblématique de ce mouvement ouvre les hostilités : Marky Ramone’s Blitzkrieg. Dernier survivant du célèbre band new-yorkais Ramones –si on ne tient pas compte de Richie qui l’a remplacé à la batterie, entre 1983 et 1988– Marky, outre son groupe fétiche, possède une longue carrière derrière lui. Après avoir siégé derrière les fûts chez Dust, il a rejoint The Voidoids en 1977 et The Electric Chairs en 1978. Après la dissolution des Ramones en 1996, il a aussi sévi comme batteur chez Misfits, se produisant nommant dans le cadre du festival de Dour, en 2004. Avant de participer également à différents collectifs comme Marky Ramone and the Intruders ou celui qui nous concerne ce soir. Après une courte intro vintage (« Park avenue beat », le thème de Perry Mason), le band déboule sur les planches. A tout seigneur tout honneur, Marky s’avance en premier et scande au micro sa célèbre devise ‘Hey ho let’s go’, que le public reprend plusieurs fois en chœur.  ‘Yeah, it sounds great’ se réjouit-il avant d’aller s’installer derrière la batterie, place qu’il ne quittera plus durant les 45 minutes de show. Et ce ne sont pas moins de 21 titres qui vont défiler tambour battant et sans le moindre temps mort. « Rockaway Beach », « Sheena is a punk rocker », « Beat on the brat », « Gimme gimme shock treatment » ou encore « I wanna be edated » sont autant d’hypercuts décochés par le band et appuyés par l’ancien guitariste de Bad religion, Greg Hetson…

Autre légende du punk, The Damned s’empare ensuite de la Main stage. Formé dans la banlieue de Londres à la grande époque (1976), il a aussi surfé sur la vague gothique et new-wave, au cours des eighties. Derrière le leader Dave Vanian, et ses allures de vampire, le line-up de ce band n’a cessé de changer. A la guitare, le Captain Sensible (NDR : déjà vu au W-festival en 2018) ou encore Monty Oxymoron aux claviers sont les musicos les plus fidèles. C’est aussi sur l’intro d’une vielle série TV (‘The avengers’) que la formation débarque sur le podium. « Love song » rappelle immédiatement qu’elle a classé pas mal de singles dans les charts UK. En moins de 2’, le très punk « Machine Gun Etiquette » nous réserve une véritable déferlante de riffs ; une formule qu’on retrouvera, un peu plus tard, lors de la reprise du MC5, « Looking at you ». Autre single, « New rose » est toujours aussi fringant. Tout comme « Neat neat neat », moment choisi par le chevelu Monty pour s’emballer et se lancer dans une chorégraphie fort hasardeuse, à l’avant de la scène. En finale, le combo va adresser un petit clin d’œil à la Belgique, en adaptant le « Ça plane pour moi » de Plastic Bertrand, dans une version plus proche d’Elton Motello que de Roger Marie François Jouret. Un an plus tôt, Captain Sensible avait aussi exécuté la même cover, en fin de parcours…

Votre serviteur avait déjà zappé le concert d’Heideroosjes, il y a quelques semaines, lors du festival Rock Zottegem. Bien qu’il ait signé chez Epitaph, le punk/rock de ces Bataves m’a toujours paru un peu bourrin, tout comme leur attitude sur scène. Même s’ils semblent plaire aux fans du Nord du pays, une migration vers la Red Bull Music Room s’impose, d’autant plus qu’elle est indoor et que quelques averses commencent à s’abattre violemment sur la place.

Sponsorisée, elle est marquée par les couleurs éblouissantes –bleu et rouge– de la marque de cette boisson énergisante. En tout cas, la programmation y est intéressante et nous réserve des talents wallons, liégeois très précisément, comme It it Anita et Cocaine Piss. Un autre exemple de l’ouverture d’esprit affichée, en matière de culture, de l’autre côté de la frontière linguistique. Pas sûr que nos festivals wallons prendraient, eux, le risque de programmer des artistes flamands, préférant plutôt se limiter aux cover bands. Bref, c’est un plaisir de revoir It it Anita, dont le shoegaze/noise/math rock très efficace, navigue quelque part entre Fugazi, 65daysofstatic et A place to bury strangers. Et d’assister à l’hystérie que son set déclenche chez nos voisins. Il faut dire que littéralement déchaînés, les musicos se dépensent sans compter. Le point d’orgue su show sera atteint lorsque le chanteur s’invite au milieu de la foule. Suivi ensuite par le batteur, torse nu et dégoulinant de sueur, qui emporte avec lui ses cymbales…   

Dans la foulée, Cocaine Piss, embraie et va entretenir la flamme. Sa musique est inclassable, la chanteuse hurle toujours autant alors que le guitariste surfe aussi bien sur le rock garage que le punk survitaminé. Et la prestation est accueillie tout aussi favorablement, malgré des morceaux qui frisent la saturation…

Est-il encore utile de présenter NOFX ? Originaire de Los Angeles, il s’est formé en 1983 et a signé une bonne dizaine d’albums sur le label Fat Wreck Chords. Il devra cependant attendre le boom indie de 1994 pour connaître un succès plus populaire, grâce à « Punk in drublic » (NDR : mythique, cet elpee date déjà de 25 ans ; ce qui ne nous rajeunit pas !) Sur les planches, les musicos sont encore bien déjantés. Fat Mike, le leader, est vêtu d’une robe. Coiffé de ses fameuses dreadlocks, Eric Melvin se charge de la guitare rythmique. Après la courte intro « Time Warp », le set embraie par « Dinosaurs Will Die » et « Les Champs-Elysées », deux morceaux bien barrés. El Hefe souffle dans sa trompette, alors que Fat Mike fait de son mieux pour aligner quelques paroles en français. Erik Sandin lance chacun des titres à la batterie, après de longs discours. Pendant « Bob », une chanson caractérisée par son refrain ‘15 years’, le band s’étonne des 45 années d’existence du festival : ’Woawww 45 years, this festival is older than we are !’ Dans la fosse, les pogos ne cesseront tout au long d’un set, propice à la bonne humeur. Car pour avoir la chance de les croiser ensuite en backstage, on peut vous assurer qu’ils sont en permanence dans l’énergie et la grosse déconnade. 

Un crochet par la Red Bull Music Room était souhaitable pour SONS, mais l’entrée est saturée de monde, et vu la chaleur étouffante qui y règne, ce n’est sans doute pas une bonne idée de vouloir y accéder à tout prix. Mais le succès de ce groupe belge n’est pas tellement étonnant, quand on sait qu’il a décroché un prix attribué par Studio Brussel, et que son premier opus fraichement sorti, « Family dinner », s’avère très prometteur.

Il est déjà minuit quand Offspring grimpe sur l’estrade. Elle est un peu loin la grande époque des 90’s où le groupe trônait en tête d’affiche, à Werchter. D’ailleurs en 2018, c’est tout en bas de de celle-là, en ouverture et à partir de 12h30, qu’il était programmé dans le cadre du Pinkpop. Dexter Holland semble avoir pris vingt kilos depuis, et rame toujours autant au chant, même s’il semble s’être amélioré (NDR : à moins que ce ne soit grâce à la technologie autotune ?). En tout cas, il peut s’appuyer sur Kevin Wasserman qui continue à se démener comme un beau diable, sur sa gratte. « Americana », « All I Want » et le tubesque « Come Out and Play », en ouverture, plantent le décor. Avant d’introduire un nouveau titre, « It won’t get better ». Le solo au piano concédé sur « Gone away » accorde à la foule un bref répit ; mais on se demande pourquoi le band trimbale ce piano en tournée, alors qu’il ne sert que pour un seul titre. En fin de set, Fat Mike qui ne s’est toujours pas changé, vient prêter sa voix à « The kids aren't alright ». Avant un rappel assez bref : « You're gonna go far, kid » et le hit « Self esteem ». Un show sans grande surprise mais finalement pas décevant non plus. D’ailleurs les quadras semblaient ravis, à son issue…

(Voir aussi note section photos ici)

(Organisation : Lokerse feesten)

Marky Ramone’s Blitzkrieg + The Damned + Heideroosjes + It It Anita + Cocaine Piss + NOFX + SONS + Offspring

samedi, 06 juillet 2019 16:08

Rock Zottegem 2019 : vendredi 5 Juillet

Le festival de Zottegem mérite de conserver son épithète Rock. En effet, de nombreux autres festivals, comme celui des Ardentes (NDR : qui se déroule ce même week-end), ne programment quasiment plus que des artistes rap, r’n’b, ou des djs, englobés dans la musique dite ‘urbaine’. Mais heureusement pour les fans de guitares, l’affiche de ce soir va nous régaler. Et particulièrement lors du show de Midnight Oil, une formation australienne qui se produit rarement en Belgique…

Alors que le festival n’est situé qu’à 40 km de son point de départ, votre serviteur va connaître un parcours plutôt difficile. Faut dire que Bruxelles accueille le Tour de France et rencontre, aujourd’hui, de multiples incidents techniques, dans les tunnels de son ring. Faudra donc s’armer de patience, en espérant ne pas trop louper de concerts…

En débarquant, l’accueil est toujours aussi familier, bon-enfant, sympathique et personnalisé. Des caractéristiques à souligner…

Flogging Molly va rapidement rendre le sourire et l’énergie nécessaires, après cette étape laborieuse. Le septuor californien connaît la recette depuis vingt ans pour enflammer les grandes salles et festivals. Et il ne l’a pas perdue. Raison pour laquelle, sans doute, son show accordé à l’Ancienne Belgique, en janvier dernier, était sold out. Son punk-rock celtique aux racines irlandaises navigue quelque part à la croisée des chemins de Dropkick Murphys, Pogues et Dubliners, dont il reprend le fameux « Seven drunken nights ». Très vite le single « Drunken Lullabies » déclenche des pogos sur une bonne quinzaine de rangs, face au podium. Et quelques slams embraient ; ce qui complique le travail des photographes et de la sécurité en front stage. Dave King a l’art de mettre son public en poche. Rouquin, il distribue des bières ou complimente des fans pour leurs t-shirts, et notamment l’un d’entre eux qui arbore l’effigie de Bad Religion et un autre de Johnny Cash. Son épouse, Bridget Regan, se charge du violon ou de l’emblématique tin whistle. Chaque sonorité émise par cette flûte irlandaise vous incite à taper du pied, et tout particulièrement lors de la ballade « If I Ever Leave This World Alive ». On est rapidement plongés au sein d’une ambiance de grand pub ou de fest noz bretonne ; attaqué tambour battant, « Seven Deadly Sins », constituant le point d’orgue du set. Bien sûr, la prestation concède quelques moments plus faibles, notamment lorsque le bassiste décide de se consacrer au micro ; ce qui ne nuit pas pour autant à l’ambiance générale. On épinglera encore le light show ; et tout particulièrement lorsque les faisceaux lumineux de couleur verte se focalisent sur la foule occupée de danser, accentuant cette impression d’être plongé au sein d’une fête irlandaise. 

Il y a autant de monde à l’extérieur qu’à l’intérieur du chapiteau recouvrant la scène principale. Il faut dire que le soleil est généreux. Une marque de vodka qui sponsorise le festival a planté un château gonflable où jeunes, et moins jeunes, peuvent se défier.

Une petite scène est réservée aux Djs, une estrade sur laquelle va notamment se produire le Gantois Maxim Lany, qui s’est illustré en publiant l’album « Renaissance », paru sur le label Armada. Cependant, on est loin de l’atmosphère jeune et déjantée qui sévit au sein des festivals dit ‘branchés’…

A peine le temps de se rafraîchir, et Midnight Oil entame son show. Faut dire qu’entre deux artistes ou groupes, il ne faut que 20 minutes d’attente. Les fans du band aussie attendent ce moment depuis longtemps. Il faut d’ailleurs remonter à 1988, au Vooruit, et 1990, à Torhout/Werchter, pour trouver trace de sa présence en Belgique. En 1993, il participait encore à un mini-festival, au stade Grimonprez-Jooris, à Lille. Au cours des dernières années, il a de nouveau opéré quelques escales, en France, mais rien pour le pays des moules/frites. ‘It has been so long time’ clame Peter Garrett, à plusieurs reprises, pendant le concert. Qui commence en force par “Dead Heart ». La foule scande l’intro en chœur. Rob Hirst imprime énergiquement le tempo (NDR : il sera d’ailleurs soutenu tout au long du set) sur ses fûts. Peter s’avance lentement vers le micro. Du haut de ses 1m93, il est toujours aussi charismatique. Sa voix et son énergie sont demeurées intactes, malgré ses 66 balais. Les compositions non plus n’ont pas pris une ride, chaque musicien y participant activement, le saxophoniste apportant, en outre, une petite touche jazzyfiante. Des messages citoyens sont affichés sur un calicot en fond de scène, mais écrits en petits caractères, ils ne sont guère lisibles. On regrettera d’ailleurs le peu de déclarations émises par le leader, pourtant réputé pour son engagement politique. Il va simplement se contenter de lancer une petite pique à l’égard des USA sur « Blue sky mine », mais également rendre un hommage aux aborigènes (qu’il a défendu à travers les lyrics des morceaux de son album, « Diesel and dust »), avant d’aborder son tube « Beds are burning », dont le public reprend en chœur le ‘How do we sleep while our beds are burning ?’ du refrain, à haute voix. Un hymne australien inoxydable ! En fin de parcours le band nous livre encore un très punk « Forgotten years », avant de vider les lieux sous l’ovation générale de l’auditoire...

Setlist : « The Dead Heart », « Redneck Wonderland »,« King of the Mountain », « Truganini », « Blue Sky Mine », « Whoah » ,« My Country », « Short Memory », « Kosciusko », « Only the Strong», « Put Down That Weapon », « Beds Are Burning », « Forgotten Years »

Formation batave, Heideroosjes jouit d’une certaine notoriété au Nord du pays. Mais son punk un peu bourrin ne recueille pas les faveurs de votre serviteur.

Au cours de la nuit, le come-back (encore un) de Limp Bizkit avait vraiment de quoi réjouir la galerie. Mais en privilégiant les covers, alors qu’il compte sept elpee dans sa discographie, il a manqué sa cible. En outre, la fatigue commence à ronger les organismes. Et en rejoignant ses pénates, votre serviteur se ménage quelque peu pour le lendemain…

(Organisation : Rock Zottegem)

Flogging Molly + Maxim Lany + Midnight Oil + Heideroosjes + Lim Bizkit

Pour les photos, c'est ici

C’est déjà la huitième soirée des Nuits. Si le chapiteau n’est qu’à moitié rempli pour le set de Flavien Berger, celui que son compatriote tout aussi décalé Bertrand Belin va accorder à l’Orangerie, est sold out depuis belle lurette.

Et la salle est déjà bien garnie, lorsqu’Antoine Chance grimpe sur l’estrade. Son pseudo est le résultat de la traduction du néerlandais en français, de celui de son père, Philippe Geluck. Pour enregistrer son premier opus, « Fou », gravé en 2005, il avait reçu le concours de ses concitoyens, Jacques Duvall et Vincent Taeger. Il vient de publier son deuxième elpee, « Si vivante », un disque davantage électro, mais aux refrains rudimentaires. Ce soir il passe allègrement entre son clavier et un séquenceur minimaliste. Il est épaulé par un autre claviériste/bassiste, un batteur et guitariste, sosie de Neil Halstead. Avant d’interpréter « Eleonore », il demande à l’auditoire si une jeune fille porte ce prénom. Mais personne ne se signale dans la fosse. Un titre qui à quelques lettres près ressemble à une compo de Dominique A, et paradoxalement, cette chanson est également construite en crescendo. Cool, « Le courant » est bien plus alternatif que continu (NDR : le clip vidéo a d’ailleurs été tourné au sein et dans les jardins du Botanique). Décontracté tout au long du show, Antoine porte une chemise à fleurs qu’il avouera avoir emprunté à sa femme. Humoristiquement, il propose d’interpréter le second titre prévu pour le rappel au bar, ayant été sommé dans l’oreillette de respecter son timing. Il va d’ailleurs jouer les prolongations dans les couloirs et à la terrasse du Bota, en compagnie de son band. Bref, Antoine Chance nous a accordé un set très plaisant, mais pas vraiment transcendant ; les mauvaises langues en profiteront sans doute pour répéter qu’être le ‘fils de’ a dû contribuer à lui frayer un chemin dans le paysage audio belge.

La carrière solo de Bertrand Belin s’étire sur une quinzaine d’années, au rythme d’un album tous les trois ans. Il avait pourtant milité au sein de groupes rock dans les 90’s. Après une pause scénique entre fin 2016 et fin 2018, il a repris la route des salles françaises ; et en point d’orgue, il s’est produit à l’Olympia de Paris, il y a quelques semaines. Ce mardi, il fait à nouveau escale à Bruxelles. Sur le podium, il est épaulé par deux claviéristes, un bassiste et Tatiana Mladenotitch (NDR : dont le look est toujours aussi masculin) à la batterie. Coupe de cheveux soignée, costard, l’élégant Breton occupe bien le devant de la scène. Le début du set réserve une large place à son dernier opus fraîchement sorti, « Persona ». Il nous propose des versions bien électrifiées de certains de ses titres. A l’instar du renversant (?!?!?) « Sur le cul » qu’il enchaîne par « Choses nouvelles ». Tatania le rejoint aux vocaux pour attaquer « En rang (Euclide) ». Exécuté quasi a-capella, le morceau ne tolère que quelques notes de synthé pour ponctuer leurs dictions. Entre les titres, il se lance cependant dans de (trop) longs monologues. Bourvil doit se retourner dans sa tombe s’il entend la longue intro du jazzyfiant « Camarade » (‘Je travaillais à travailler’). Dans les lyrics, il décrit différents personnages à travers leur vie quotidienne. En rappel, sa version du rock/garage « Dimanche » (NDR : une compo qui est issue de sa collaboration avec les Limiñanas) est littéralement incendiaire. On en oublierait presque la voix de Bertrand Belin, qui rappelle toujours autant celle d’Alain Bashung, mais si le natif de Quiberon est aussi créatif, il est bien plus excentrique…

 (Organisation : Botanique)

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