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Fondé par quatre lycéens à Sens (c’est dans l’Yonne), pas tellement un berceau historique du rock, Johnny Mafia s’est construit au fil du temps une implacable réputation de groupe de scène. Et en trois albums et des tas de concerts, il est parvenu a su…

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Glass Beams signe chez Ninja Tune

Glass Beams, groupe énigmatique établi à Melbourne, s'inspire de son héritage indien, infusant son psychédélisme serpentin d'instrumentations cosmiques et de polyrythmies du monde. Son premier album, « Mirage », enregistré en home studio, est une fusion…

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Sebastien Leclercq

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mardi, 11 décembre 2007 19:57

Hourglass

Dépêche, Mode oblige, ou pas,… file écouter de toute urgence. Que tu sois fan ou tout simplement curieux de découvrir l’une des bonnes surprises de 2007…

Quatre années après avoir concocté un premier album solo (« Paper Monster ») pas vraiment exceptionnel, le sympathique Dave Gahan nous propose son second. Lassé de la dictature imposée par Martin Gore au sein de Depeche Mode, ce vocaliste a décidé de voler de ses propres ailes, dès 2003. Et si son ex-acolyte (qui avait également commis un elpee en solo à la même période) dépasse de plusieurs longueurs le second, en terme d’écriture, Dave n’a pas son pareil transcender les foules et épancher ses émotions les plus extrêmes. Un charisme, qu’il n’était pas parvenu à refléter sur son premier essai.

Cet « Hourglass », avouons-le tout de suite, mérite un prix d’excellence. Dès le titre d’ouverture, « Saw something », on est directement plongé dans une atmosphère très feutrée, dont il a le secret. John Frusciante participe à ce morceau, comme invité à la guitare solo. C’est que Gahan a toujours bien su s’entourer. Sur son premier opus, c’est Knox Chandler (ex-Psychedelic Furs) qui s’était chargé d’allonger la musique sur la voix de Dave. Et une nouvelle fois, dès le premier titre, l’alliance est parfaite entre la voix de velours de notre chanteur et les sonorités planantes, teintées de solos de guitare tout en subtilité. « Saw something » nous rappelle indéniablement l’ambiance planante de « Songs of Faith and Devotion ». Quant à « Kingdom », il n’est plus utile de vous le présenter si vous écoutez quelque peu la bande FM. Sur les dix fragments de cet opus, deux morceaux sont manifestement un peu plus quelconques : « Deeper, deeper » et « Endless », deux titres davantage destinés aux dancefloors. Par contre, deux plages entrent dans un univers au sein duquel Gahan ne nous avait jamais habitués : l’ambient esthétique. Ou alors si peu. Un peu à la manière de David Sylvian. Vous voyez ce que je veux dire ? Surtout « Miracle ». Dave emprunte même un baryton tellement proche de l’ex-Japan. Remarquable ! « Insoluble » en est la seconde. Si elle y puise son inspiration de manière moins évidente chez le Londonien, c’est parce que l’apparente indolence entre en émulsion sous la ligne de flottaison. Un excellent titre. Et surprenant de surcroît. La magie continue à opérer sur « Use you ». Percutante, la boîte à rythmes revient s’accoupler à la voix de Dave. On frôle ici la perfection. Enfin, les deux derniers fragments de la plaque sont de toute beauté. « A little lie » ressemble à une grande messe macabre et jouissive, comme Depeche Mode est capable de nous accorder rituellement ; alors que « Down » embrasse un profil plus lascif. A l’image de l’album, il nous entraîne dans une ambiance électro-pop plutôt sombre. Bouleversant, le climat est hanté par un refrain qui n’en finit plus de nous trotter dans la tête. Et pour couronner le tout, la production est hyper soignée ; on y sent d’ailleurs très bien l’empreinte de Tony Hoffer (Beck, The Kooks ou The Thrills entre autres).

On vient donc de passer en revue un de ces grands blockbusters de la fin de cette année 2007, un superbe album qui ne pourra que ravir les aficionados de Depeche Mode. Il ne manque plus que la cerise sur le gâteau. Une nouvelle date à Forest National, où tous les fans se donneraient rendez-vous. Et comme de coutume, l’ami Dave pourra fréquemment laisser chanter ses admirateurs en chœur, et créer cette ambiance si propre à ses concerts et à ceux de Depeche Mode. Celle d’une communion célébrée entre cet écorché vif de la scène et une audience qui lui est entièrement dévolue. En attendant cette tournée qui n’a pas encore été annoncée (‘No Tour Plans for Dave Gahan But He 'Won't Rule It Out'’ précise la une d’un de ses sites), ces fans et les autres, pourront passer de longues soirées à se laisser porter par l’ambiance atmosphérique, en écoutant cet « Hourglass ». Il suffira de fermer les yeux…

Voici le dernier clip de Dave Gahan:

content details

title: Saw Something (Video)

author: Dave Gahan

copyright: Mute Records

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mardi, 30 octobre 2007 20:15

Internal riot

Lorsqu’on parle de mouvement punk, les puristes parlent de Clash, Crass ou encore Sham 69. Les plus jeunes se réfèrent davantage à Green Day, Offspring ou plus récemment Beatsteaks. Subhumans appartient indéniablement à la première catégorie. Leur premier album, « The day that country died », remonte d’ailleurs à 1983. Et puis leurs cinq elpees sont parus sur leur propre label, Bluurg. Un signe distinctif de cette époque. Et comme beaucoup de groupes issus de cette scène, leur carrière a été prolifique mais brève. Elle s’est ainsi concentrée entre 83 et 86. Avant un premier come-back en 98, ponctué par l’album « Unfinished Business ». Sans oublier les deux ‘live’ parus en 2003 et en 2004. Histoire de garder la flamme allumée. Tout d’abord un audio : « Live in a dive » (Sick of it all avait également choisi un même titre pour un de ses albums) et puis un Dvd : « All gone live ». Bref, il y a presque dix ans que la bande de Wiltshire (UK) n’avait plus rien sorti. Et la parution de cet « Internal riot » a donc suscité ma curiosité.

Autant l’écrire tout de suite, ce come-back est plutôt réussi. La voix du leader Dick est toujours aussi punk/crade et encore plus usée par le poids des années. Les morceaux s’enchaînent bon train. A leur écoute on se met à agiter les avant-bras et les genoux ; et l’auditeur averti se sent prêt à rentrer dans un pogo rituel. Heureusement les morceaux tournent souvent autour des traditionnels 2 minutes 30, sans quoi, on aurait vite fait de défoncer les murs. Et les Subhumans ont ce petit plus qui évite de tomber dans la lassitude ‘ramonesque’. Ainsi ils parviennent à briser ce timing sur « Never-ending war song », une plage de plus de 9 minutes. Sur « Won’t ask you again », la basse et les solos de guitare nous entraînent dans un rock plus garage. « Too fat, too thin » dérive vers un ska/reggae pas désagréable ni stéréotypé. Tout au long des 13 titres, la dominante reste anarcho-punk et on ne peut s’empêcher de penser à Crass ou encore à Conflict. Encore que certains morceaux concèdent quelques traces qui vont au-delà des 80’s et de la période 77-79. Une petite pointe de dérision dans le chant n’est ainsi d’ailleurs pas sans rappeler Frank Zappa.

Les textes évoluent parfaitement dans l’esprit du style. A l’instar du titre d’ouverture « This year’s war ». Jugez plutôt : ‘The people in breadlines are still paying for the landmines. Are being cursed for nothing worse than living on the pipelines’. Même si vous n’êtes pas un accro du genre punk, je vous recommande cet « Internal riot », car les véritables références intègres en la matière deviennent plutôt rares… A acheter les yeux fermés !

mardi, 30 octobre 2007 19:55

The modern tribe

Ne vous fiez pas à la pochette dont les couleurs psychédéliques et kaléidoscopiques évoquent inévitablement certains vieux groupes issus des 70’s et de la fin des 60’s. Signé Chez 4AD, « The Moderne tribe » évolue plutôt dans un registre new-wave, et plus précisément inspiré par Siouxsie. Mais Celebration lorgne d’abord vers les Yeah Yeah Yeahs (en compagnie desquels ils ont tourné), le timbre vocal de leur chanteuse, Katrina Ford, rappelant celui de Karine O. Heureusement, la formation évite le piège de la copie conforme, un petit côté ‘funky’ évitant à Celebration de s’engouffrer dans un registre de revivalisme 80’s, trop souvent exploité ces temps-ci par les innombrables suiveurs d’Interpol, National ou autres Editors.

La voix de Katrina est un atout indéniable. Ses inflexions sont susceptibles d’épouser celles de Sinead O’connor (sur le titre très doux « Heartbrak »). Le groove plus dansant libéré par « Pony » et « Fly the fly » réverbère des accents empruntés à Rapture, alors que « Hand off my gold » baigne dans un climat digne du music-hall. Bref, les variations de style ne manquent pas sur cet opus : elles sont intrigantes, parfois impressionnantes et surtout déroutantes ; mais peuvent devenir lassantes lorsqu’on écoute la plaque d’une seule traite. Pourtant, plusieurs auditions sont nécessaires avant de pouvoir bien s’en imprégner. Et je dois avouer avoir jeté l’ancre (ou l’encre, si vous préférez), à plusieurs reprises, en rédigeant cette chronique. Enregistré sous la houlette de David Sitek (TV On The Radio), le trio a également reçu le concours de tous les autres musiciens du groupe de NYC, mais également de Nick Zinner des Yeah Yeah Yeahs. 4AD semble avoir mis la gomme pour la sortie de ce « Modern tribe », puisqu’il a fait l’objet de toute une série de remixes impliquant notamment le guitariste des YYY. Une bonne ouverture d’esprit et une bonne dose de patience vous seront cependant nécessaires pour apprécier cette œuvre à sa juste valeur.

lundi, 15 octobre 2007 21:25

Sur nos forces motrices

‘Enfin un disque live de Dominique A qui ressemble à un best of’ titre le communiqué de presse ; et manifestement, on ne peut démentir. A l’instar de Bénabar ou Miossec, Dominique A possédait et possède toujours le talent pour réussir. Mais il a trop injustement été snobé par le grand public, échouant même au port, lors de l’arrivée de la nouvelle vague de ‘chanson française’. Puisse ses « Forces motrices » l’aider à parvenir (enfin) à prendre de l’envergure…

Après plus de 15 ans de carrière, ponctuée par pas moins de 8 albums studio, on peut affirmer que le Français a déjà bien roulé sa bosse. Il est cependant déjà loin le temps du premier opus minimaliste, « La Fossette ». Et que dire de sa progression sur scène, après avoir assisté à un de ses premiers concerts accordés en Belgique, lors d’une soirée d’étudiants montois, dans une salle pourrie (l’Alhambra pour ne pas la citer). C’était en 1992 !

A l’époque, Dominique A était seul derrière sa boîte à rythmes, devant un parterre de fans (dont votre serviteur) clairsemé, mais dégageait déjà une aura incontestable. C’est qu’il a fait du chemin depuis. Et son dernier opus, « L’horizon », pour lequel il s’est entouré de musiciens aussi talentueux que complices de la vie de tous les jours, en est une nouvelle démonstration. Mais venons-en à ce nouvel album. Il réunit des titres issus de pas moins de quatre concerts enregistrés à la Rochelle, Angoulême et Rosporden. La touche finale (mix et master) a été réalisée dans notre bonne vieille capitale dont il est tombé sous le charme. Autre caractéristique, Dominique A aime placer la barre bien haute. Il a donc préféré attendre que ses musiciens de pointe atteignent la cohérence parfaite pour réaliser son projet. Cette maîtrise se ressent dès le titre d’ouverture « L’Amour», une plage remise au goût du jour. Et se confirme sur « Le Courage des oiseaux », souvent repris, notamment de façon énergique par nos René Binamé. D’ailleurs cette version ‘live’ n’est pas très loin de celle de nos punks belges. L’artiste est exigeant et intègre. Il ajoute d’ailleurs, dans son communiqué, qu’‘une version live doit optimiser ou surpasser la version originale ; et que si un artiste n’a rien à ajouter à un morceau, ce n’est pas la peine de le reprendre sur scène’. Les titres s’enchaînent et les ambiances se déchaînent. Pour « La Peau », la clarinette et le saxo entraînent l’auditeur dans une atmosphère brumeuse, voire ténébreuse, avant de le faire remonter à la surface. L’intonation du chant passe d’un style Gainsbourg sur « Exit » à celui d’un Léo Ferré sur « Marina Tsvetaeva », un inédit tout comme pour « Revoir les choses ». Les aficionados les plus fidèles n’ont donc pas été oubliés, puisque outre ces bonnes surprises, l’elpee recèle quelques raretés dont « Empty white blues » ou « Le Commerce de l’eau ».

L’horizon de Dominique A est donc très large mais aussi profond. Sa musique est toujours un peu mélancolique, pour ne pas dire nostalgique. Mais là où un Miossec finit par nous lasser sur ses amours manqués, son frère de sang n’a pas son pareil pour continuer à capter notre attention. Et l’auditeur ne s’ennuie jamais à l’écoute de ce live, qui peut très bien s’apprécier d’une seule traite. Durant une heure et treize minutes, vous pouvez rester confortablement assis et vous plonger dans l’ambiance de ce live, à acheter les yeux fermés.

mardi, 02 octobre 2007 21:16

Dog problems

Vous êtes à la recherche du chaînon manquant supposé relier Belle and Sebastian, The Thrills et Arcade Fire ? Ne vous cassez plus la tête, The Format est la pièce manquante de ce puzzle. Habillé d’une pochette cartonnée assez élégante (des chiens, découpés soigneusement et superposés), leur « Dog problems » donne franchement l’envie d’être découvert.

Pourtant l’entrée en la matière est plutôt laborieuse. A cause de la compo intitulée « Matches » et puis de l’interminable « I’m actual ». Après ce début loupé, la plaque prend un virage à 180°. « Time bomb » opère ainsi un savant mélange entre percussions, violoncelle et autres cuivres. Savoureux ! « She doesn’t get it » se révèle encore plus pop et abordable. Un single potentiel. A cause de sa durée (3’50) et de son refrain contagieux. Et au plus on avance dans le disque, au plus on rencontre de bonnes surprises. « Pick me up » et ses guitares plus tranchées évoquent Superchunk (NDR : curieux, le quatuor issu de Chapel Hill avait sorti un album intitulé « Come pick me up » en 1999). Le titre maître épouse un ton franchement cabaret. On se rend alors compte que ce groupe a le don de passer d’un style à l’autre, tout en continuant à maîtriser son sujet. Et les cinq dernières plages en sont la plus belle illustration. Les références des formations susvisées prennent tout leur sens et au final on se demande si on ne vient pas de faire une découverte. Une chose est sûre, ce quintet issu de l’Arizona gagne à être connu et découvert en live.

mardi, 28 août 2007 19:46

A beautiful lie

Il n’est pas nécessaire de solliciter une boule de cristal pour prédire un avenir glorieux à ce cd. Outre une production de poids, cet opus bénéficie de l’omniprésence, à l’écriture des textes et au chant, de Jared Leto. L’acteur américain, vu notamment dans « Panic room », « American Psycho » ou encore « Alexandre ». Et pour nos lectrices, sachez qu’il est aussi connu pour ses talents de séducteur. Il a ainsi vécu une idylle auprès de Cameron Diaz et de Scarlet Johannson. A des époques différentes, bien sûr. Excusez du peu ! Enfin, je ne m’attarderai pas sur le côté ‘people’ du personnage car ce n’est pas le genre de la maison. D’autres médias s’en chargent au détriment du profil artistique et de l’analyse du contenu.

Mais venons-en à cet opus. Dès la plage d’ouverture, « Attack » le groupe nous balance un tube formaté sur mesure, une plage dont la durée oscille autour de 3 minutes 30. Le troisième titre n’est autre que « The Kill », une compo diffusée sur toutes les ondes FM. Et le single « From Yesterday » devrait connaître le même sort. Si ces compos sont accrocheuses, les mélodies ne sont guère originales. Et pour cause, elles évoluent à la croisée des chemins de formations yankees comme Funeral For A Friend, Nickelback ou encore Linkin Park. Honnêtement, je préfère l’acteur Jared Leto. Il tourne d’ailleurs pour l’instant « Mr Nobody », en compagnie de notre Jaco Van Dormael national. Un film à gros budget. Le plus onéreux du cinéma belge d’ailleurs. Reste aussi à voir ce que donnera en live, la défense de cet opus. Mais là aussi il faudra s’attendre à la grosse artillerie plutôt qu’aux petites salles intimistes. Une preuve ? A la rentrée, 30 Seconds To Mars est programmé dans la prestigieuse ‘Brixton Academy’ de Londres…

Pour cette dernière journée des 33èmes Lokerse Feesten, les organisateurs avaient choisi l’éclectisme en programmant à la même affiche le folk irlandais des Pogues, le grunge US des Lemonheads et le punk batave des Heideroosjes.

Chez les Pogues il faut s’attendre à toutes les surprises. Parfois aussi bonnes que les sensations d’une bonne Guinness portée aux lèvres dans la chaleur moite d’un pub irlandais. Mais souvent aussi mauvaises que les dépressions centrées au-dessus de l’île verte. Ainsi, la dernière fois qu’ils se sont produits au complet en Belgique, c’était en 1991… au Pukkelpop. Probablement la pire prestation accordée par leur chanteur Shane MacGowan. Quelques mois plus tard, son propre groupe n’hésitait d’ailleurs pas à le virer. Les fans se souviendront longtemps de ce show, au cours duquel les musiciens n’avaient de cesse de fusiller du regard un MacGowan imbibé d’alcool et sous l’emprise de substances illicites. Soutenu par son pied de micro, c’est à peine s’il pouvait encore fredonner l’une ou l’autre bribe de chanson. Le combo a ensuite poursuivi sa route sans son chanteur/compositeur. Plusieurs années de suite. Et circonstanciellement, Joe Strummer est venu leur prêter main forte. Comme lors d’un festival gantois auquel votre serviteur avait assisté. De son côté, Shane avait tenté péniblement de continuer en solo. Puis flanqué d’un nouveau groupe : The Popes. Sous cette formule il s’était produit au Vooruit en 1996, lors du Schwung festival à Roulers en 1998, mais avait annulé également à deux reprises : au festival folk de Dranouter (où les Pogues auraient pu être plus logiquement programmés cette année) et lors des Nuits de l’entrepôt du Luxembourg. Il est dès lors tout à fait compréhensible que la présence des Pogues (réunis) sur notre sol belge reste un événement attendu mais en même temps très hypothétique. Hypothétique, d’autant plus que la bande de joyeux lurons irlandais sont programmés à 23h45. Ce qui leur laisse beaucoup de temps pour déguster notre bonne bière nationale en coulisses… Alors viendra (et dans quel état ?), viendra pas ? Jamais deux sans trois ! Après les deux forfaits déclarés par Shane MacGowan, à la dernière minute… D’autre part, c’est la 13ème fois que j’assiste à un de leurs sets, ce soir. Ce chiffre devait bien me porter chance…

Sur le coup de 23h45, on a de quoi être rassuré : le band débarque et son chanteur suit, titubant à peine. Dès le début du show, il est évident que toute la troupe, y compris son leadeur, est en grande forme ! Le show débute par les traditionnels « Streams of Whiskey » et « If I should fall from grace with god ». De quoi faire bouger la foule. Mais aussi fredonner en chœur les « Broad majestic Shannon » et autre « Pair of brown eyes » qui s’ensuivent. Preuve de sa vitalité, Shane MacGowan ne s’assied jamais sur le tabouret sis derrière lui, si ce n’est pour y déposer son précieux breuvage ; et il ne quitte la scène que pour céder le relais à Spider Stacey pour « Tuesday morning » ou Terry Woods dans « Young ned of the hill ». Les pogos et autres farandoles s’enchaînent, entraînant jeunes et moins jeunes, Wallons et Flamands, fans belges et venus parfois de loin… Après une bonne heure de concert, et un « Sick bed of Cuchulainn » au cours duquel l’ambiance monte encore d’un cran, le band prend congé du public. Sans trop y croire, celui-ci réclame pourtant un rappel. Les Pogues sont dans un bon jour. Et ils vont même se montrer très généreux à l’égard de l’assistance en leur réservant un bon lot de surprises. Les musiciens changent tous de rôle. Shane passe au backing vocal, et c’est le batteur Andrew Ranken qui se réserve le micro pour interpréter « Star of the county down ». Deux titres plus tard, chacun y met du cœur sur un « Fiesta » clôturant définitivement un des meilleurs concerts accordé par The Pogues à ce jour. (NDR : avis unanimement partagé sur les forums de ses fans).

Les spectateurs de Lokeren, et son cadre bucolique, n’ont rien eu à envier ce soir à la Brixton Academy et aux précédentes réunions de Noël ou de Saint-Patrick. Et les nombreux aficionados venus d’outre-Manche garderont un tout bon souvenir de leur mini-trip en Belgique, d’autant plus que le show en Suède deux jours auparavant avait été qualifié d’exécrable. En outre, la prochaine date prévue dans un festival folk anglais était déjà pressentie comme annulée. Quand je vous disais qu’avec The Pogues il fallait s’attendre à tout ! Les absents de Lokeren ont manqué ce qui risque, à chaque fois, d’être la dernière bonne occasion (vu l’état de santé de Shane Mac Gowan) de revoir le groupe de référence de punk/folk irlandais.

Set List : “Streams of whiskey”, “If i should fall from grace with god”, “Broad majestic shannon”, “Turkish song of the damned”, “Young ned of the hill”, “A pair of brown eyes”, “Boys from the county hell”, “Tuesday morning”, “Kitty”, “Sayonara”, “Repeal of the licensing laws”, “Sunnyside of the street”, “Body of an american”, “Lullaby of London”, “Dirty old town”, “Bottle of smoke”, “Sick bed of Cuchulainn”

Encore : “Star of the county down”, “Sally MacLenane”, “Rainy night in Soho”, “Fiesta”

Plus tôt en soirée, ce sont aussi des survivants que l’on n’attendait plus : Evan Dando et ses Lemonheads ont foulé les planches flandriennes. Après avoir connu une période de gloire fin des années 80 et début des années 90, ponctuée par la sortie de l’incontournable album « It's a shame about ray », le groupe avait fini par s’éteindre vers 1996. Faut dire qu’il avait longtemps surfé sur la vague grunge. Evan Dando de son côté avait entrepris une carrière en solitaire. Dix ans et quelques changements de line up plus tard, Dando a reformé son band pour graver un opus sobrement intitulé « The Lemonheads ». Sur scène, le combo arbore (consomme) un look (style) grunge. Comme à ses débuts. Les influences de Nirvana et même de Dinosaur Jr (Jay Mascis a d’ailleurs collaboré à la confection de leur dernier opus) sont très palpables tout au long du set. Si sur disque les guitares laissent parfois la place à l’acoustique et aux ballades pop-folk, ce soir, à Lokeren, le ton est définitivement noisy/grunge voir punk. Epinglant quelques tubes comme « Into my arms » ou « It's a shame about ray », mais interprétés sous une forme plus que sauvage, les Lemonheads parviennent à capter l’attention de leur public… jusqu’à une certaine heure... Car visiblement, Evan Dando a sympathisé avec les Pogues en coulisses, et semble avoir abusé de l’apéro en leur compagnie. Et autant l’ancienne bassiste responsable des backing vocals, Juliana Hatfield, était agréable à regarder et à entendre jouer, autant son remplaçant chante manifestement faux. Au fil du temps, le show devient de plus en plus brouillon. Etait-ce voulu ou pas, une chose est sûre, cette détérioration du son a gâché ce qui aurait pu être un bon concert. Evan Dando a pourtant voulu revenir sur le podium en solo ; mais les organisateurs l’en ont empêché. Une situation plutôt fâcheuse lorsqu’on tente un come-back et que cette tentative se solde par un cuisant échec…

En tout début de soirée, la prestation de Heideroosjes ne m’a pas particulièrement bottée. La formation jouit d’une réputation qui va bien au-delà de leurs Pays-Bas et du Nord de la Belgique. Une preuve ? Ils sont signés par le célèbre label yankee Epitaph aux côtés de grosses pointures du genre comme Nofx, Bad Religion ou Millencollin. L’écoute de quelques titres suffit pour comprendre que leur punk navigue encore très loin de celui pratiqué par leurs compagnons de label. Et il manque surtout de finesse. A l’instar du vocaliste qui pense avoir trouvé la bonne punk-attitude en rotant entre chaque morceau… Heureusement, si lors de certains festivals, le public est obligé d’attendre (im)patiemment la suite des événements, Lokeren offre de multiples alternatives. De nombreuses festivités connexes sont organisées au cœur de la ville. Et si vous voulez vous éloigner quelque peu des décibels, il vous est loisible de visiter la ville, de vous promener le long du canal (Durme), de fréquenter ses pubs, sa foire ou encore d’assister à d’autres concerts gratuits sis à quelques pas du site. De quoi se reposer quelque peu les oreilles, avant de revenir vous plonger dans le vif du sujet, frais et dispos…

De Heideroosjes + The Lemonheads + The Pogues

Organisation : VZW Lokerse Feesten, Lokeren

lundi, 11 juin 2007 23:18

T’as vu

‘T’as vu, ce CD est chroniqué sur musiczine ?(!)’ pourrait s’exclamer les plus irréductibles rockeurs fidèles à notre site. D’autres réflexions fuseraient bien comme ‘Mais que peut bien foutre la chronique d’un tel CD sur notre site ?’ Je vous avoue d’ailleurs que je me pose encore la question tout en rédigeant cette chronique… Peut-être faut-il y voir une opportunité de casser cette étiquette d’élitiste que l’on colle, trop souvent et à tort, à notre website, telle une sangsue que l’ont doit arracher par des moyens douloureux ? Car oui, se farcir 19 titres d’un artiste que je n’apprécie pas particulièrement et ne trouve pas vraiment drôle, demande un effort d’impartialité.

Mais je vous avouerai que ma motivation est également ailleurs : mon filleul (âgé de 8 ans…) est un grand fan de Fatal Bazooka, et c’était donc l’occasion de partager la découverte de ce CD avec lui. Son enthousiasme est d’ailleurs contagieux, et me pousse à écouter cet opus en toute objectivité.

Le design de la pochette, aussi soigné que les clips vidéos, incite également à aller plus loin (tout comme, pour les midinettes, le physique d’un Michaël Youn torse nu et transformé pour l’occasion en chippendale). Ben oui, ce côté visuel fait vendre, et c’est sans doute pourquoi un DVD est livré en bonus (avec 2 clips vidéo et une sorte de making-of).

Et la musique dans tout ça ? Il y a bien le tube aussi débile que populaire « Fous ta cagoule », que la caricature de Diam’s « Mauvaise foi nocturne » auquel participe Pascal Obispo. Ainsi que l’un ou l’autre titre dont la durée, proche des 3’30, pourrait le muer en single potentiel : « Chienne de vie » et « Parle à ma main ». Pour le reste… une intro plutôt originale sous forme d’émission radio et un bonus track (auto-) caricaturant la Bretagne et d’autres artistes de chanson française. Un second degré présent dans la plupart de titres, dont les MC, et beaucoup de grossièretés sur des titres qui parlent d’eux-mêmes : « Sale connasse » et « C’est une pute ».

En résumé, beaucoup de gros mots, de l’humour bien lourd et en dessous de la ceinture à l’image de la personnalité du leader Michaël Youn, le tout sur fond de beats simplistes et répétitifs, et de hip-hop revisité. Les ados adoreront et fredonneront ces refrains taillés sur mesure, les autres procèderont, plus que probablement, au classement vertical de cette plaque…
 

Pour voir la vidéo de « C’est une pute » :

http://www.wat.tv/video/fatal-bazooka-c-est-pute-jsgf_j9zz_.html

 

 
 
mardi, 17 avril 2007 04:00

Big City

Après nous avoir délivré un opus convaincant (« A song about a girls »), Zita Swoon nous propose un album tout à fait captivant. Pourtant, à l’issue de l’écoute des trois premières plages de « Big city », dont le single « I feel alive in the city », on se dit qu’il n’y a rien de neuf sous le soleil. Caressé par les chœurs des charmantes métisses, le ton reste résolument jazzyfiant. Les thèmes abordés par les lyrics sont constants : les amours (heureux et malheureux), la famille, les femmes, les rêves ou les illusions. Mais Zita Swoon ne tombe jamais dans la facilité. Il ose même une reprise du « Series of Dreams » de Bob Dylan. Opération délicate, mais parfaitement réussie. La voix de Stef Kamil Carlens passe toujours aussi bien la rampe. Que ce soit dans la langue de Shakespeare que celle de Molière. Lorsqu’il chante en français, ses origines néerlandophones transparaissent inévitablement ; mais son accent flandrien apportent ce petit plus à son timbre légèrement cassé. Pour concocter ce disque, Zita Swoon a reçu le concours de Miossec. Il ne s’est pas contenté d’être fan ou spectateur, mais a participé activement aux sessions d’enregistrement. C’est manifeste pour « Humble », compo sur laquelle on ressent la griffe du Breton. Ou encore tout au long de « Ose aimer ». On a même parfois l’impression que Stef mime le chant de Miossec. Cette œuvre aborde le thème des grandes villes. Et on ne peut s’empêcher de penser à « Paris » de Daniel Darc, à l’écoute de « L’opaque paradis ». Il y brosse d’une manière semblable façon un portrait guère reluisant de la ville lumière (‘Paris…mais qu’est-ce que je fais ci ?...tu m’appelles et puis tu m’oublies’).

Bref, à aucun moment on ne se lasse d’écouter ce digne successeur de « A song about a girl » et « A band in a box », ses précédents elpees. Sorti ce 30 mars, « Big city » ne devrait pas passer inaperçu, et pourrait même devenir l’album de la consécration pour Zita Swoon…

 

 

 

 

mardi, 17 avril 2007 04:00

Living with the living

Autant l’écrire tout de suite, cet album ne convainc pas d’entrée de jeu et l’inspiration manque quelque peu pour en réaliser une chronique. Le ton est en effet bien loin des mélodies ‘pop’ de 3 minutes qui accrochent instantanément par leur petit refrain. Heureusement, après trois titres, la patience et la curiosité sont rapidement récompensées. « Why do you love ? » nous plonge (enfin) au sein d’un univers passionnant. Celui de Ted Léo. Au guidon d’une Harley le long de la route 66. Dans ce contexte typiquement ricain, on se sent alors pousser des ailes. Et nous permet d’aborder la suite au cœur d’un périple qui oscille entre rock US bien trempé, bon vieux rock 70’s, rythm’n’blues, de folk irlandais -comme sur « A bottle of buckie », balayé par un whistle ou encore reggae (« The unwanted things »). Mais toujours en balisant le tout sur un tempo punk/rock engagé. Sans oublier d’y inclure l’un ou l’autre riff de guitare étincelant. Parfois on pense à Kings of Leon voire à Paul Weller (les ballades !). Les lyrics sont inévitablement engagés. Politiquement. A gauche, mais surtout anti-Bush. Sans l’indiquer explicitement. A l’instar de « The world stops turning ».

Bref, Ted Leo est demeuré fidèle à sa ligne de conduite. Mais sa philosophie s’adresse essentiellement à ses aficionados. En particulier ceux qui vivent sur la côte Est des USA. Vingt ans qu’il milite pour les mêmes idées. Même quand il sévissait chez les groupes de hardcore Animal Crakers, et Citizen's Arrest. Et apparemment, il n’a toujours pas envie de s’extraire de cette zone crépusculaire de l’underground. Ce qui n’empêche pas cette œuvre de s’avérer plutôt agréable à écouter… 

 

 

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