La cavalcade de Jéhan…

Poussé par un nouvel élan poétique, Jean Jéhan a sorti son nouvel opus, « On ne sait jamais », le 18 novembre 2023. Pour ce cinquième elpee, Jéhan fait le choix de s'affranchir de ses affinités folk rock, pour aller vers des horizons plus dégagés. On retrouve…

logo_musiczine

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Manu Chao - Bau-huis
Vive La Fête - 11/04/2024
Didier Deroissart

Didier Deroissart

vendredi, 14 novembre 2014 00:00

Bienvenue chez les Cht’is…

Un petit voyage chez nos amis et cousins ‘Les Ch'tis’ pour y assister au concert de Tony Melvil, à la médiathèque d'Avelin, une charmante commune sise à 10 km au sud-est de Lille. Le bâtiment est localisé près de la mairie. Tony Melvil est un des poulains du label parisien A(t)HOME, basé à Pantin. L'évènement est organisé par les associations 'Dynamo' (cette structure est destinée à repérer et aider les talents émergents en Région Nord-Pas-de-Calais) et 'Live Entre Les Livres', qui regroupe une dizaine de médiathèques de ce territoire. Ils organisent des événements culturels, dont des showcases dans les médiathèques, lieux aussi insolites que cosy. Dynamo et les iNOUiS du Printemps de Bourges présélectionnent également les groupes et artistes qui bénéficieront ensuite de la mise en vitrine du festival (NDR : en Belgique, ce rôle est assumé par Court Circuit). Bref, ça bouge dans le Nord...

De son véritable nom Etienne Villeminot, Tony Melvil est né à Dijon, en 1982. Il a entamé sa carrière musicale, en 2002. Il écrit des textes dans la langue de Molière. Et ils tiennent la route ! Dans un style qui s’inscrit parfaitement dans le créneau de la bonne chanson française. Il obtient de nombreux premiers prix lors de différents concours régionaux et nationaux. Il grave un premier Ep en 2011, en compagnie de son pote Delbi, aka Romain Delebarre (NDR : il est présent ce soir). Intitulé « Tentative d'Evasion», le disque paraît début 2012 et permet à Tony de sortir de l'anonymat. Depuis, il a fait son petit bonhomme de chemin, publiant notamment, en mars 2014, un second Ep baptisé « La cavale », bien sûr chez A(t)Home.    
  
                                         
En général, Tony se produit en solitaire. Mais ce soir, il a opté pour la formule trio. Melvil se consacre à la guitare, au violon et au chant. Il est épaulé par Delbi au dobro et aux (mini)claviers ainsi que Maxence Doussot à la batterie et aux percussions. Les artistes sont plantés au milieu des livres, dans l'allée centrale. Le public, (une vingtaine de personnes) est assis face aux artistes. Et cet environnement intimiste favorise une relation de proximité entre le public et le groupe. Le concert débute à 20h15. Après une petite présentation, il s’ouvre par un extrait du premier Ep, « Wagons à Bestiaux ». Delbi est à droite de Tony. Sa dobro lui permet d’assurer à la fois les accords de guitare conventionnels et les accès de basse. Plus discret, Max nous livre quelques interventions aux percus. « L'Esprit Aventurier » est un titre du nouvel Ep. Tony empoigne son violon fétiche en signalant qu’il en joue depuis l'âge de 4 ans, inspiré par l'album « Pierre Et Le Loup ». Et manifestement il est brillant sur cet instrument. Bien torchés, ses lyrics sont à prendre au second degré. Ils ne manquent pas d’humour et reflètent son esprit aventurier. Une aptitude qu’il développe particulièrement bien sur disque, mais encore mieux en ‘live’. C’est la raison pour laquelle je souhaitais absolument à assister à un des concerts de cet asticot (NDR : pardon, dans la chanson il parle plutôt du papillon ou de la libellule). Tony passe à la 6 cordes, et le Dobro embraye pour attaquer « La fleur Au Fusil », une compo qui traduit son esprit écolo et anti-militariste, un morceau qui parle de la guerre, des fusils et de ses rêves qui aspirent à mettre des ballons dans les canons...   
       
« 3 M carré » nous raconte la vie dans une prison aux cellules exiguës et dont les prisonniers rêvent d'évasion. « Emilie » est une ode au bonheur. Gainsbourg est redescendu sur terre. Il est parmi nous. Il s’est réincarné en Melvil… « On M'A Dit » est un titre récent. Il parle de la vie et signale que tout ira mieux... un autre jour. Autre nouveauté, « Ligne Blanche ». Delbi a abandonné sa Dobro et opte pour des percus (artisanales). Tony reprend le violon pour aborder le mélancolique mais engagé « Les Miroirs A L'Envers ». Après « Centurion », « Black And White » nous ouvre les zygomatiques. Le concert s’achève par « Sans Langue et sans Visage », la plage la plus rock du second Ep de Tony. Une envie de rejoindre le dancefloor t’envahit. Vu l’endroit, ce n’est pas une bonne idée. Aussi tu fermes les yeux, et tu imagines te libérer sur la piste de danse. En rappel, « Pom Pom » un beau témoignage de l'humour communicatif des trois espiègles. Delbi et Max nous réservent une petite lecture. Bénabar s’est invité. Tony s'éclate et nous amuse de ses textes joyeux. Et le macabre « Je M'Allonge » clôt définitivement le spectacle. Il y évoque la fin de la vie. La mort si vous préférez.

Je ne regrette pas le déplacement. Et reviendrai certainement. A l’issue du show, on a même eu droit au verre de l'amitié et à une petite collation. Manifestement, on est bien reçu chez nos cousins, les 'Ch'tis'. Hein biloute !   
                                                       
Tony Melvil est un artiste éclectique. Parallèlement à sa carrière solo, il tente un tas d’expérimentations, notamment au sein de sa Compagnie Illimitée qu’il a créée en 2012, afin de monter des représentations pluridisciplinaires sur base de chansons. Destiné au jeune public, son spectacle baptisé ‘Quand je serai petit’ sera mis en scène par Marie Levavasseur (Cie Tourneboulé). Il s’y produira en duo en compagnie du musicien/producteur lillois Usmar, à partir de la fin décembre 2014.                                                


mercredi, 12 novembre 2014 00:00

Doucement les basses !

Beaucoup de monde, ce mercredi 12 novembre à l’AB. C’est sold out dans la grande salle pour Starflam, tout comme au Club pour Glass Animals. En bas, le public réunit essentiellement des ados boutonneux. Beaucoup de filles, également. Boutonneuses aussi. Votre serviteur est allergique aux boutons. Alors, mieux vaut se rendre à l’étage. Au Club, plus précisément. Où Glass Animals va se produire. Pas de supporting act. Le set va donc commencer à 21 heures. Et durer 60 minutes. Faut dire que le combo insulaire n’a que deux Eps (un éponyme remontant à 2012 et « Leaflings » en 2013) et un seul elpee à son actif, « Zaba ». Paru en septembre dernier, il a bénéficié du concours de Paul Epworth à la mise en forme, un producteur notoire qui a notamment bossé pour Adele, Florence and The Machine et Bloc Party. Plébiscitée par le NME, cette œuvre est inspirée d’un conte pour enfants écrit par William Steig, « The Zabajaba Jungle ». Enfin, leur prestation accordée à l’AB, en première partie de St Vincent, avait totalement convaincu.

A l’instar de Spring Offensive, Glass Animals nous vient d’Oxford. Quatre potes qui ont fréquenté le même collège. Ils ont monté leur groupe en 2010, mais se connaissent donc depuis l’âge de 13 ans. Le line up réunit le chanteur/guitariste à la gueule d’ange, Dave Bayley, le drummer Joe Seaward, le second gratteur Drew MacFarlane et le bassiste Edmund Irwin, ces deux derniers se consacrant également aux claviers.

Leur musique évoque à la fois Alt-J, Wild Beasts, Foals et Radiohead (époque « In Rainbows »), le fruit d’un cocktail de pop, de rock, d’électro, de hip hop et de r&b.

Vu le matos en présence sur les planches, il faut reconnaître que la scène est étroite. Le drummer s’est planté à droite, et tous les autres musicos sont en ligne, Edmund occupant la place centrale. Dave est le seul à mouiller sa chemise, sur l’estrade. Il dialogue avec le public. Les autres membres ne pipent pas un mot.

« Psylla » ouvre le show, un titre paisible et atmosphérique. La voix évoque instantanément Thom Yorke. A cet instant, en fermant les yeux, les images de la vidéo vous traversent l’esprit, celles de plantes poussant sur les blessures des cadavres. Première plage issue de « Zaba », « Black Mambo » entre dans le vif du sujet. Les nappes de claviers se superposent, alors qu’un filet de guitare libère une tonalité acérée. Dave abandonne sa six cordes pour se consacrer uniquement au chant sur « Exxus ». Malheureusement, les interventions de basse sont trop envahissantes et je me réfugie au fond de la salle, près de la table de mixage. Avant d'entamer « Gooey », Dave demande si tout va bien. Hormis le retour des sonorités de basse, oui… Mais grâce aux bouchons dans les oreilles, ça passe. Au départ plus élaborée, « Walla Walla » est une compo amorcée par des bruitages de machines, avant de vous inviter à rejoindre le dancefloor. La section rythmique est percutante. Peut-être même un peu trop pour les tympans. Ce qui provoque l’exode de quelques spectateurs. Pourtant, à partir, d’« Intruxx », l’ingé-son semble avoir trouvé l’équilibre. Et « Hazey », très dansant, passe bien la rampe. Plus cool, « Toes » met l’accent sur les harmonies vocales. Et bonne nouvelle, la ligne de basse s’intègre beaucoup mieux à l’ensemble. Une impression qui va se confirmer lors des morceaux suivants, jusqu’à la fin du concert, qui s’achève par « Flip », « Cocoa Hooves » et « Wyrd ».

En guise de rappel, Glass Animals adapte le « Love Lockdown » de Kanye West, une cover dynamique, surprenante et dansante. Et clôt le spectacle par le hit « Pools ». Une prestation dont on retiendra surtout –hormis pour le chanteur– le manque de vivacité manifesté par les musicos, et puis un problème de basse, réglé à mi-parcours. Et vous pouvez revoir ce concert en streaming ici

(Organisation : Ancienne Belgique)

Le concert de Helmet était prévu pour ce 2 octobre. Il a donc été reporté ce lundi 10 novembre. Pas de supporting act. Helmet est censé tenir la distance pendant 120 minutes. La salle de l’AB est en configuration Box ; et les aficionados –qu’on peut estimer à 800 âmes– se frottent les oreilles, par ce qu’ils considèrent comme une véritable aubaine.  

Né en 1989, Helmet est alors déjà responsable d’une musique alternative, métallique taxée de hardcore. Il se sépare en 1998 et se reforme en 2014. A ce jour, le combo new-yorkais à publié 6 elpees : « Strap It On » en 1990, « Meantime » en 1992, considéré comme un des meilleurs long playings de l’histoire du metal, « Betty » en 1994, une œuvre alors mal reçue par la critique et pourtant considérée 25 ans plus tard comme incontournable et novatrice, parce qu’elle a ouvert la voie à Tool, Nine Inch Nails, Deftones, Pantera et Slipknot, « Aftertaste » en 1997, « Size Matters » en 2004, « Monochrome » en 2006 et le dernier « Seeing Eye Dog » en 2010. Après un quart de siècle, le line up ne compte plus que le seul Page Hamilton, comme membre fondateur. Le chanteur/guitariste est aujourd’hui soutenu par le second gratteur Dan Beeman, le drummer Kyle Stevenson et le bassiste Jon Fuller. Un Hamilton qui assure encore le rôle de sixcordiste au sein du backing group de David Bowie.

Il est 20h14 pile quand le quatuor monte sur l’estrade sans adresser le moindre regard ou faire le moindre signe à la foule. Manifestement, la communication n’est vraiment pas leur préoccupation. En outre, dès le début du spectacle, on prend le light show en plein dans la poire. Au lieu de mettre en exergue les artistes. Sympa ! Pendant quelques titres, cette forme d’agression visuelle passe encore ; mais à la longue, elle devient agaçante. La setlist est consacrée à  l'album « Betty ». D’ailleurs le combo interprète les quatorze titres de ce long playing, dans l’ordre du tracklisting (« Wilma Rainbow », « I Know », « Biscuits For Smut », « Milquetoast », « Tic », « Rollo », « Street Crab », « Clean », « Vaccination », « Beautiful Love », « Speechless », « The Silver Hawaiian », « Overrrated » et « Sam Hell »). Les riffs de grattes assénés par Page et Dan sont puissants, écrasant, mais mélodieux. Kyle frappe frénétiquement sur ses fûts. Mais lorsque le bassiste commence à malmener « Milquetoast », je commence à faire la grimace. Faut dire que le son n’est pas vraiment à la hauteur. Je me réfugie donc derrière la table de mixage. Et constate que si « Tic » et « Rollo » sont de fameux brûlots, la voix de Page a perdu de son éclat.

Je prends donc le temps de tailler une bavette en compagnie d’un ingénieur du son professionnel, qui me confirme que… le son n'est pas terrible. Curieux, Page commence à rigoler et à discuter avec les spectateurs des premiers rangs. La deuxième partie du spectacle se focalise sur deux autre opus du band, « Meantime » et « Aftertaste ».

Pendant « He Feels Bad », « Beter », « You Borrowed » et « Fela II », je m’éclipse, et revient pour « Role Model ». Pas de changement ! Le son est toujours aussi médiocre et j’écoute le reste du set, les bouchons bien enfoncés dans les oreilles, c’est-à-dire pendant « Pure », « Renovation », « Exactly », « Like A Care » et enfin « Driving ».

Franchement, si c’est pour dispenser des concerts de cette trempe, Helmet aurait tout intérêt à tourner la Page…

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Voir aussi notre section photos ici

lundi, 10 novembre 2014 00:00

2015 devrait être l'année Selah Sue…

Dans le cadre de sa nouvelle tournée, Selah Sue se produisait donc au Cirque Royal de Bruxelles. Et bien sûr, c’est sold out. Il s’agit de sa deuxième date en Belgique, car la première était réservée à l’AB, ce vendredi 7 novembre. Un mois à peine après avoir publié un single, qui précédera la sortie de l’Ep « Alone », fixée ce 1er décembre, elle est déjà sur les routes pour le défendre. Un disque qui réunira quand même 4 nouvelles compos et qui précèdera le nouvel elpee, « Reason », dont la date de parution est prévue pour le 3 mars 2015. Eponyme, son premier long playing remonte quand même à trois longues années. Elle l’a étrenné sur toutes les scènes européennes et américaines. Triple album de platine en France, il s’est écoulé à plus de 600 000 exemplaires à travers le monde.

La première partie est assurée par un groupe new-yorkais, Son Little. Etonnant que le supporting act soit réservé à un combo américain aussi peu notoire. Pourtant, il faut reconnaître que leur prestation va vraiment épater. D’abord à cause de la voix du chanteur/guitariste. Puissante, soul, elle est bien soulignée par les accords de gratte blues/roots. En outre, il est soutenu par un drummer et un bassiste/claviériste plutôt brillants. Si bien que ravi, l’auditoire applaudit chaleureusement leur set.

De son véritable nom, Sanne Putseys, Selah Sue monte sur l’estrade en solitaire, uniquement armée de sa sèche. Elle interprète alors sa nouvelle chanson « You Always On ». Elle embraie par « Daddy », une compo dédiée à son papa. Chacun son tour ! Sur le premier long playing, elle réservait un hommage à sa maman, tout au long de « Mommy. Agée de 25 printemps, la Louvaniste a la tête bien sur les épaules. Elle est resplendissante et rayonnante dans sa tunique de couleur noire qui flashe lorsque l’artiste est sous les feux des projecteurs. Elle est coiffée de son inévitable chignon haut et blond. Entre Selah et le public, une franche interactivité s’établit. Elle présente ses compos, tantôt en français, en néerlandais et parfois en anglais. Sa version ‘live’ d’« Alone » est percutante. Particulièrement funk, on y ressent l’influence de Nile Rodgers. A cause du phrasé de guitare. Superbe ! « Famous », « Stand Back », « I Won't Go For More » et « Time » sont des plages issues du futur elpee. Il y a du funk, de la soul, du blues, du ska, du raga, de la drum&bass et de l’électro. Mais surtout ces compos libèrent énormément de groove. Faut dire que la section rythmique est particulièrement efficace. Sur un mode rap, « Together » libère une sacrée dose de dubstep novateur. Bien maîtrisée, la voix de Selah colle parfaitement à l’expression sonore. Elle nous réserve une reprise plutôt surprenante du « Lost Ones » de Lauryn Hill, puis enchaîne par « Lost Ones » et Black Part Love ». Elle n’oublie pas ses succès, « This World », « Fyah Fyah », « Please » et « Crazy Vibes ». Lorsqu’elle attaque « Raggamuffin », que l'on reconnaît dès les premiers accords de guitare, il s’établit une véritable communion entre l’auditoire et l’artiste. Selah Sue annonce qu’elle se produira à Forest National, l’an prochain, dans le cadre de la sortie de son nouvel LP. Et le set de s’achever par « Peace Of Mind » et « Crazy Sufferin Style ». 2015 devrait être l'année Selah Sue…

(Organisation : Live Nation)

Voir aussi notre section photos ici

 

samedi, 08 novembre 2014 00:00

Propice à la danse…

Pour rejoindre le Botanique, ce soir, il faut se faufiler à travers les embouteillages. Dehors, il fait un peu frisquet. L’hiver arrive. Mais vu l’affiche proposée ce soir, le Botanique devrait réchauffer nos cœurs et adoucir les moeurs. C'est connu. En outre, on devrait y danser. Tout d’abord en compagnie de la formation liégeoise Girls Say No (NDR : que je découvre en concert, pour la première fois) ; puis du combo danois, Asteroids Galaxy Tour. J’avais eu l’occasion de découvrir ce band, il y a deux ans, au sein d’une Orangerie blindée et surchauffée. Alors, pour leur retour, j’imagine revivre une ambiance des grands jours, dans la Rotonde.

Avant d’opter pour Girls Say No, la formation militait sous le patronyme de The Miss Universes. En 2013, elle a été forcée de changer de patronyme. Et pour cause, le milliardaire américain Donald Trump, fondateur du concours international de beauté 'Miss Univers', avait déposé la marque depuis 1996, et en contestait l’utilisation...

Le quintet liégeois est venu défendre « Emmetropia », son premier Ep 5 titres. Un disque enregistré au sein des studios La Chapelle et mixé au Studio 5, sous la houlette d'Anthony Sinatra (Hollywood Porn Stars, Piano Club et membre du collectif Jaune/Orange).

Le line up réunit Yannick Albert (synthés, chant), Laurent Richter (basse/chant), Benjamin Hermann (guitare), Ludovic Wannez (synthés) et un nouveau drummer répondant au nom de Julien Paschal (Piano Club). Avant de graver ce disque, le band avait publié « Triangular Love », en mars 2014, un single destiné à faire la promo de l'Ep. Il avait été bien accueilli par le public et les médias. La pochette d'« Emmetropia » a été réalisée par l'artiste/peintre japonais Korehico Hino, dont les sujets s'inspirent le plus souvent de personnages jeunes et androgynes.

Il y a pas mal de matos sur les planches. Le public est constitué principalement de néerlandophones, mais on y rencontre également quelques aficionados de Girls Say No. Le quintet monte sur l’estrade. Le concert s’ouvre par « Ha Ha ha », un standard de leur répertoire, dominé par les sonorités électro et les percus. Particulièrement dansant, « Entropy » est probablement une nouvelle compo. Place ensuite à 4 extraits de l’Ep « Spanish Fury », réminiscents de la synthé pop instituée par les Cars. D’ailleurs, la voix me fait penser à celle de Rick Ocasek, le leader et chanteur de ce groupe mythique. La foule commence à se trémousser dans la fosse. Et la température grimpe de quelques degrés. Invitation au voyage, « Tundra » est destinée à calmer quelque peu le climat. On imagine alors vivre un périple qui part des rives de la Volga pour nous conduire jusqu’aux plages brésiliennes de Paraiso.

Le single « Triangular Love » est un morceau particulièrement contagieux. Les vocaux sont parfaitement maîtrisés et les nappes de synthétiseurs épousent une configuration contemporaine. Et si la plage est dansante et sucrée, on y ressent très fort la patte d’Anthony. « Meteor » achève la prestation. Difficile de résister à cette invitation à la danse. Le combo est parvenu à chauffer la Rotonde en une petite demi-heure. Idéal pour préparer le set des Danois. Quelques morceaux supplémentaires, et il mettait le feu à la Rotonde….

The Asteroids Galaxy Tour nous vient de Copenhague. Fondé en 2006 par Lars Iversen (claviers, basse) et la jolie blonde Mette Lindberg (chant), le line up implique également Simon Littaer aux machines et synthés, Mikkel Balster Dorig à la guitare et Rasmus Littauer aux drums. Le combo s’est forgé une certaine notoriété, grâce à des campagnes de pub. En septembre 2008, « Around the Bend » a ainsi servi de bande sonore à un spot publicitaire pour l'Apple iPod Touch. Et « The Golden Age » pour Nesfluid ; mais il est également devenu le  générique de l'émission quotidienne de la chaîne France 2 présentée par Stéphane Bern, ‘Comment ça va bien !’ Le groupe a gravé trois elpees à ce jour, « Fruit » en 2009, « Out Of Frequency » en 2012 et le petit dernier « Bring Us Together », en septembre 2014.

Avant que le combo ne débarque, les faisceaux lumineux se focalisent sur le nom du groupe, inscrit sur une grande toile, en arrière-plan. Les quatre musicos montent sur les planches. Le drummer s’installe sur un podium, à l'extrême gauche. Manifestement, il domine ses fûts. A sa gauche, se plante le bassiste, sur une petite estrade. Le guitariste se fixe à droite juste devant Lars, face à ses machines et un clavier plutôt imposant. Une disposition destinée à laisser un maximum d’espace à Mette, resplendissante dans sa tenue grise étoilée.

Le concert s’ouvre par un sample déroutant et dépouillé épousant une rythmique à la fois brute et entraînante. Il introduit le morceau maître du dernier elpee, « Bring Us Together ». « Navigator » est une compo puissante, dansante, au refrain contagieux. Bercée par des sonorités électro classieuses, balayée de sifflements répétés et dynamisée par les percus, elle adopte une rythmique plus disco que funky. Le dancefloor est déjà en folie et l'ambiance en pleine effervescence. Le public se met inévitablement à jumper et à danser. Normal, c’est ce que recherche The Asteroids Galaxy Tour. En outre, par son attitude, Mette met de l’huile sur le feu…

Comme lors d’un ‘blind test’, au bout de trois notes, le tube « Around The Bend » boute littéralement le feu dans l’auditoire. Un premier moment fort du concert. Place ensuite à « Suburban Space Invader », un extrait du second l'album « Out Of Frequency », un elpee qui m’a permis de découvrir la formation danoise. Deux plages issues de « Fruit », ensuite : « Lady Jesus » et « Push The Envelope ». Fraîche, funkysante, multicolore et un chouia psychédélique, leur pop indie passe vraiment bien la rampe, ce soir. Electro et presque disco, « Hurricane » s’inscrit parfaitement dans le cadre du nouvel elpee. Pour le single « My Club », les cuivres sont remplacés par les synthés et machines. Un titre terriblement dansant. Le dancefloor est en ébullition. Les gradins également. Un peu comme pour Arsenal, c'est la fête à la danse. « Choke It » et « Rock The Ride » adoptent un profil semblable. Et la recette est infaillible. « Crazy » et « Hero » opèrent un retour au premier long playing, deux confiseries bien colorées. Après 60 minutes, le spectacle s’achève par « Heart Attack » et « Major », deux extraits du dernier LP, un disque manifestement plus que dansant.

En rappel, les Vikings vont nous réserver deux titres, « Dollars In The Night » et surtout « The Golden Age », l’autre hit. Une excellente soirée propice à la danse…

(Organisation : Botanique)

Le Rideau Rouge est un café-concert-restaurant, situé à Lasnes dans le Brabant Wallon. On peut y casser la croûte, juste avant d’assister à un spectacle. Comme ce soir. C'est-à-dire un jeudi, jour réservé à ce type de manifestation. L’endroit est cosy, intimiste, et susceptible d’accueillir entre 10 à 70 personnes. En outre, le mardi, tous les musiciens, qu’ils viennent de  n’importe quel bord, sont invités à venir participer à une jam ; qu'il pleuve, vente, neige ou gèle. L’établissement dispose même d’un studio d'enregistrement. Le tout situé à deux pas de la Capitale. Ce soir, le set est organisé en mode showcase. Confortablement assis, en dégustant un bon verre ou en savourant un repas, le public va assister à la prestation de Sarah Carlier. Un auditoire qui ne réunit qu’une cinquantaine de personnes. Sarah a pris le soin de confier les manettes à Benoît, l'ingé-son de Puggy. Que ce soit dans une petite, moyenne ou grande salle ou encore lors d’un festival, ce virtuose de la table de mixage s’est forgé une belle notoriété. Un professionnalisme qui lui vaut donc aujourd’hui cette reconnaissance…

Alice et Arthur, aka Alice Spapen et Arthur Bochner, sont invités à assurer le supporting act. Alice et Antoine se partagent le chant, mais ce dernier se consacre également à la sèche et à la grosse caisse. Leurs deux voix sont superbes. Douce, enfantine, mais aussi limpide, celle d'Alice me fait penser à Vanessa Paradis. Les compos sont, en outre, interprétées, tour à tour dans la langue de Molière et de Shakespeare.

Après un passage remarqué à 'The Voice', Alice a perfectionné son chant au Jazz Studio d’Anvers. Qu’a également fréquenté Arthur, avant de suivre des cours de guitare au Conservatoire de Bruxelles. Arthur est également le chanteur/guitariste de Purpleized. C’est en constatant qu’ils partageaient des goûts communs, que le duo a décidé de se produire en duo. C’était il y a une bonne année. Leur répertoire est composé de reprises et de compos personnelles. Leur style ? Il oscille de la pop au jazz en passant par la chanson française.

Il est 21h00 précises, quand le duo entame son set. Un concert amorcé par le « Before You Accuse Me » de Bo Diddley, suivi par un morceau issu de leur plume, « Wake Up». Autre cover, le « Raphaël » de Carla Bruni. Une version étonnante, meilleure que l’originale. L'homme-orchestre est omniprésent : au chant, à la guitare, à la grosse caisse et même au beatbox. « Falling Down » est une autre composition signée par le couple. Tout comme « The One » et « My World ». La conjugaison des vocaux est plutôt réussie et les refrains sont contagieux. Dans le style, leurs chansons me font penser à Fréro et Delavega, devenus notoires, après avoir fait le buzz sur la toile. Mais c’est surtout la reprise du « Blackbird » des Fab Four qui va toucher ma corde sensible. Le tandem achève son show par un dernier morceau interprété en français, un titre qu’il vient de terminer. Sarah a eu le nez creux en invitant Alice et Arthur. S’ils peuvent bénéficier d’un bon encadrement, ils devraient faire du chemin. Ils viennent de publier un Ep 7 titres, intitulé « My World », un disque exclusivement vendu lors de leurs concerts. On en reparlera bientôt. Une chouette découverte...

C’est en 2009 que Sarah s’est lancée dans l'aventure musicale, en présentant un projet sur AkaStarter du label Akamusic (NDR : ce qu’on appelle aujourd’hui du crowdfunding). 283 personnes avaient ainsi financé la sortie de son premier simple, « Let's Believe ». En 2010, son deuxième projet, est soutenu par 594 personnes (NDR : dont votre serviteur !). Il se concrétise en 2011, par la publication de son premier album, « For Those Who Believe ».

Née d'un père belgo-congolais et d'une mère tchadienne, Sarah Carlier compose ses chansons depuis l'âge de 16 ans. Et elle les poste déjà sur YouTube. Elle reconnaît pour inspiration majeure, Nina Simone, Jimi Hendrix, John Mayer et Richie Havens. Sa voix campe un hybride entre Tracy Chapman et Nina Simone.

Après avoir accompli quelques premières parties prestigieuses au Cirque Royal ou à l'Ancienne Belgique, pour Yael Naim, Emeli Sandé, James Morisson ou encore Amadou et Mariam, elle se produit dans le cadre de plusieurs festivals, dont le Couleur Café et le BSF. En 2013, elle grave une version limitée en vinyle et cd de « Live Flagey ». Fin de cette année, elle entame l’écriture de son nouvel elpee. Les sessions d’enregistrement sont ensuite opérées au studio SynSound, choix dicté autant pour ses qualités techniques (enregistrement analogique) que pour les qualités humaines de Dan Lacksman, maître des lieux. En suivant et supervisant chaque étape de la création du disque, Sarah prend ses marques et affirme son style : folk, pop, soul, reggae, tout en se préservant une ouverture sur les musiques du monde. Elle choisit pour titre à cet opus, « SMS ». Il ne s’agit cependant pas d’une référence à l'envoi d'un court message par Gsm, mais de la contraction des initiales de « Save My Soul ». L'album sort le 24/10/2014 et atteint en deux temps trois mouvements le sommet des charts en Belgique. Ce n'est que mérité.

Quand Sarah Carlier débarque, elle est vraiment resplendissante et son sourire est ravageur. Cette nouvelle étoile de la scène belge est professionnelle jusqu'aux bouts des ongles et a choisi d’excellents musiciens pour l’épauler. En l’occurrence son fidèle bassiste, Thierry Rombaux, le drummer Boris Tchango, le guitariste Diégo Higuéras ainsi que Koffi Sadjo préposé aux synthétiseurs.

Sarah a pris de l'assurance en ‘live’. Elle se réserve bien sûr le chant et la sèche. C’est donc son dernier LP, « SMS » qu’elle va nous présenter ce soir. Et le concert de s’ouvrir, en toute logique, par une plage issue de ce long playing, le groovy « My Consellor ». Des cordes acoustiques et électriques un peu funkysantes, soutiennent la voix douce de Sarah. Il y manque quand même les cuivres. Dommage ! Caractérisé par ses accords de gratte funk, « Misty » nous entraîne dans l'univers de Niles Rodgers.

Sarah revient à ses premiers amours sur « Mr James », une ballade sentimentale, au cours de laquelle vous avez envie d’enlacer votre partenaire sur le dancefloor. Mais, bon on n’est pas ici au bal populaire, et l’auditoire préfère rester assis et écouter attentivement l’artiste. « Chorus Man » est une piste tirée du précédent opus. Elle a néanmoins été revisitée et réactualisée par Sarah et ses musicos. Et c’est du bien bel ouvrage… Le public est silencieux. D’ailleurs, « Shut », la compo suivante, le rappelle. C’est un extrait du dernier essai, tout comme « I'm Yours ». Une petite sucrerie au cours de laquelle la voix délicate de Sarah est imperceptiblement suivie par quelques accords de piano. Et cet épanchement de romantisme,  vous incite à fermer les yeux.

« Big Girl » n'est pas une chanson signée Mika, mais bien par Mrs Carlier. Graduellement, elle nous plonge dans son univers feutré et cosy. « Dreams » nous invite à rejoindre le Taj Mahal. Savoureux ! Coécrite par Sarah et son manager Manon Declercq, « This Story » est la piste qui achève l’LP. Un morceau plus rock légèrement teinté de jazz. Sur disque, les cuivres donnent une belle impulsion à l’ensemble. Sans cuivres, on a un goût de trop peu. Place ensuite à une version remodelée du premier single « Backstage ». « SMS » (« Save My Soul ») est cosigné par Sarah et sa maman. L’ombre de son fidèle, discret mais efficace collaborateur, Laurent Stelleman, plane. Un morceau dont le profil est particulièrement soul même s’il s’autorise un petit crochet par Kingston...

Elle attaque alors le « All Along The Watchtower » de Dylan. Un Hammond dévastateur et une basse ronflante tapissent cette cover, ma foi superbe. « Misery » constitue la cerise sur le gâteau. C’est également le titre qui achève le set. Sarah a pris de l'assurance sur les planches. Et c'est un réel plaisir de la voir s'épanouir. Lors du rappel, Sarah revient seule armée de sa gratte acoustique pour attaquer « Call You » ; avant que toute son équipe ne revienne pour l’apothéose, « Tenderness ».

Un concert dans une superbe salle. Un accueil chaleureux de la part des organisateurs. Des artistes proches de leur public. Et une qualité sonore impeccable. Que demander de plus ? Sarah nous donne rendez-vous ce 26 novembre 2014, à la Rotonde du Botanique, pour sa release party.

(Organisation : Le Rideau Rouge)

vendredi, 07 novembre 2014 19:26

L’invitation très coquine de Marie Warnant

Peu importe la saison, faites l’amour sans raison. Peu importe le temps, faites l’amour éperdument. « Make Love. Faites l’amour ». Marie Warnant le murmure, le susurre, le pousse du bout des lèvres en une invitation à l'épiderme et au mouvement. Outre le titre original enregistré avec son complice Mirko Banovic (Arno, Arsenal, etc.), Marie a donné carte blanche à deux DJ pour remixer ce titre, Title qui milite au sein du crew talentueux Delvis et Dim Le Brun (ex-Orféo) qui nous réserve une version plus dancefloor.

Pour réaliser la pochette de « Make Love », Marie a reçu le concours de deux grands artistes. Elvis Pompilio lui a confectionné sur mesure une coiffe en forme de cœur. Cici Olsson, photographe de mode et de musique, a réalisé la photo.

Sortie digitale le 3 novembre 2014

Sortie vinyle le 13 novembre 2014

Tracklist

1- Make Love

2- Make Love (remix by Title)

3- Make Love (remix by Dim le Brun)

4- Make Love (solo acoustic home recording)

 

 

samedi, 01 novembre 2014 00:00

Techniquement (sur)doués…

Soirée métallique à l’AB Club ce samedi 1er novembre, en compagnie de 3 groupes : Navene K, Animals As Leaders et Tesseract qui assurent une tournée européenne ensemble. C’est cette dernière formation, insulaire par ailleurs, qui va constituer la bonne surprise de l’affiche. Et pour votre serviteur, c’est à la fois une découverte… Le spectacle est sold out depuis un bon bout de temps, mais avant de débarquer au lieu de ralliement, il a fallu chercher un emplacement pour parquer mon véhicule. Quelle galère !

Je n’ai donc pu assister au set de Navene K, alias Navene Koperweis, un one man band que conduit l’ex-batteur d’Animals As Leaders et Animosity. Mais il ne se contente pas des drums, puisqu’il se consacre également à la guitare et se sert de l’électronique. Bref ce sera pour une autre fois.

Un petit changement de matos plus tard, place aux trois lascars d'Animals As Leaders. Le combo est né en 2007. Tosin Abasi en est le guitariste et le fondateur. Le line up inclut également le second gratteur Javier Reyes et le batteur Matt Garstka. Eponyme, leur premier elpee, est paru en 2009, chez Prosthetic. Et le deuxième, « Weightless », en novembre 2011. Publié ce 25 mars 2014, « The Joy Of Motion » constitue donc leur troisième et nouvel opus. Animals As Leaders pratique un métal progressif exclusivement instrumental. Particularité, toutes les grattes ont huit cordes, Tosin se consacrant même parfois à une basse de ce modèle. Les musicos sont techniquement (sur)doués. Les rythmiques ne sont jamais écrasantes, plutôt légères même. Et les compos ciselées, très soignées, recherchées.

Le set s’ouvre par « Tooth And Claw », un extrait du nouveau long playing. Et embraie par « Tempting Time », un titre issu du premier. « Wave Of Babies » est plus fédérateur. Normal, il s’agit d’un single gravé en 2010. « Kascade » est découpé dans des rythmiques fragmentées, tendues. La ligne de basse arrache tout sur son passage sur le puissant « Lippincott », alors que les drums ne cèdent pas leur part aux chiens. A charge pour la guitare de tempérer le tout. Un climat plus paisible baigne « Air Chrysalis », un morceau destiné à détendre les tympans délicats. « Point To Point » (NDR : tiré du premier LP), « The Price Of Everything And The Valio Of Nothing/Behaving Baby » et « Espera » constituent de remarquables exercices de style accomplis par les instrumentistes. Peut-être hantés par l’esprit du jazz… Pourtant, le trio parvient également à créer des riffs contagieux et efficaces. Histoire de rendre les compositions plus accrocheuses ; qu’elles ne se résument pas à de la démonstration nombriliste. La ligne de basse claque littéralement pour amorcer « Physical Education », un titre qui libère un fameux groove. Elle devient même hypnotique et grisante sur « The Woven Web ». Des cordes de guitare hispanisantes balisent « Weightless ». Le concert s’achève par  « CAFO », leur tout premier single. Les riffs sont gras, malsains. Bref, un morceau percutant…

Fondé en 2003, Tesseract (souvent écrit TesseracT) est un groupe britannique qui pratique une forme de prog/metal qualifié de ‘djent’. Il s’agit même d’un des leaders de cette scène musicale. A son actif deux albums studio : « One » et « Altered State ». Ce quintet réunit Daniel Tompkins au chant (il y a milité de 2009 à 2011 et est revenu en 2014), Alec ‘Acle’ Kahney (membre fondateur) et James Monteith (depuis 2006) aux guitares ainsi que Williams à la basse (il a débarqué en 2006) et le drummer Jay Postones (et ce dernier en 2005). Quatre des musicos sont bien en ligne et le drummer, plus classiquement, est installé en retrait. Daniel possède une voix à couper le souffle, mais très harmonieuse. Les lignes de guitares sont bien structurées et les riffs limpides. Le sens mélodique des chansons est particulièrement soigné et n’écorche jamais les oreilles. Leur prestation va durer une heure et on ne verra pas le temps passer. Finalement, je suis venu revoir Animals As Leaders et finalement, c’est Tesseract m’a réservé les meilleures sensations. Dès que la formation revient, elle pourra de nouveau compter sur ma présence…  

(Organisation: Ancienne Belgique)

 

samedi, 01 novembre 2014 00:00

Le ‘djent’ dans toute sa splendeur !

Soirée métallique à l’AB Club ce samedi 1er novembre, en compagnie de 3 groupes : Navene K, Animals As Leaders et Tesseract qui assurent une tournée européenne ensemble. C’est cette dernière formation, insulaire par ailleurs, qui va constituer la bonne surprise de l’affiche. Et pour votre serviteur, c’est à la fois une découverte… Le spectacle est sold out depuis un bon bout de temps, mais avant de débarquer au lieu de ralliement, il a fallu chercher un emplacement pour parquer mon véhicule. Quelle galère !

Je n’ai donc pu assister au set de Navene K, alias Navene Koperweis, un one man band que conduit l’ex-batteur d’Animals As Leaders et Animosity. Mais il ne se contente pas des drums, puisqu’il se consacre également à la guitare et se sert de l’électronique. Bref ce sera pour une autre fois.

Un petit changement de matos plus tard, place aux trois lascars d'Animals As Leaders. Le combo est né en 2007. Tosin Abasi en est le guitariste et le fondateur. Le line up inclut également le second gratteur Javier Reyes et le batteur Matt Garstka. Eponyme, leur premier elpee, est paru en 2009, chez Prosthetic. Et le deuxième, « Weightless », en novembre 2011. Publié ce 25 mars 2014, « The Joy Of Motion » constitue donc leur troisième et nouvel opus. Animals As Leaders pratique un métal progressif exclusivement instrumental. Particularité, toutes les grattes ont huit cordes, Tosin se consacrant même parfois à une basse de ce modèle. Les musicos sont techniquement (sur)doués. Les rythmiques ne sont jamais écrasantes, plutôt légères même. Et les compos ciselées, très soignées, recherchées.

Le set s’ouvre par « Tooth And Claw », un extrait du nouveau long playing. Et embraie par « Tempting Time », un titre issu du premier. « Wave Of Babies » est plus fédérateur. Normal, il s’agit d’un single gravé en 2010. « Kascade » est découpé dans des rythmiques fragmentées, tendues. La ligne de basse arrache tout sur son passage sur le puissant « Lippincott », alors que les drums ne cèdent pas leur part aux chiens. A charge pour la guitare de tempérer le tout. Un climat plus paisible baigne « Air Chrysalis », un morceau destiné à détendre les tympans délicats. « Point To Point » (NDR : tiré du premier LP), « The Price Of Everything And The Valio Of Nothing/Behaving Baby » et « Espera » constituent de remarquables exercices de style accomplis par les instrumentistes. Peut-être hantés par l’esprit du jazz… Pourtant, le trio parvient également à créer des riffs contagieux et efficaces. Histoire de rendre les compositions plus accrocheuses ; qu’elles ne se résument pas à de la démonstration nombriliste. La ligne de basse claque littéralement pour amorcer « Physical Education », un titre qui libère un fameux groove. Elle devient même hypnotique et grisante sur « The Woven Web ». Des cordes de guitare hispanisantes balisent « Weightless ». Le concert s’achève par  « CAFO », leur tout premier single. Les riffs sont gras, malsains. Bref, un morceau percutant…

Fondé en 2003, Tesseract (souvent écrit TesseracT) est un groupe britannique qui pratique une forme de prog/metal qualifié de ‘djent’. Il s’agit même d’un des leaders de cette scène musicale. A son actif deux albums studio : « One » et « Altered State ». Ce quintet réunit Daniel Tompkins au chant (il y a milité de 2009 à 2011 et est revenu en 2014), Alec ‘Acle’ Kahney (membre fondateur) et James Monteith (depuis 2006) aux guitares ainsi que Williams à la basse (il a débarqué en 2006) et le drummer Jay Postones (et ce dernier en 2005). Quatre des musicos sont bien en ligne et le drummer, plus classiquement, est installé en retrait. Daniel possède une voix à couper le souffle, mais très harmonieuse. Les lignes de guitares sont bien structurées et les riffs limpides. Le sens mélodique des chansons est particulièrement soigné et n’écorche jamais les oreilles. Leur prestation va durer une heure et on ne verra pas le temps passer. Finalement, je suis venu revoir Animals As Leaders et finalement, c’est Tesseract m’a réservé les meilleures sensations. Dès que la formation revient, elle pourra de nouveau compter sur ma présence…   

Setlist : « Of Matter – Proxy », « Of Matter – Retrospect », « Of Matter - Resist », « Concealing Fate, Part 2: Deception », « Concealing Fate, Part 3: The Impossible », « Concealing Fate, Part 4: Perfection », « Concealing Fate, Part 5: Epiphany », « Concealing Fate, Part 6: Origin », « April », « Of Energy – Singularity », « Of Mind – Nocturne » et « Concealing Fate, Part 1: Acceptance ».

(Organisation: Ancienne Belgique)

jeudi, 30 octobre 2014 00:00

Une fée clochette des temps modernes !

Votre serviteur a de nouveau pris rendez-vous au 110 du Boulevard Anspach, à Bruxelles, temple de la bonne musique et gage de conditions optimales pour tous les groupes qui s’y produisent. En cette soirée un peu frileuse, Lindsey Stirling assurait la tête d’affiche. Et le supporting act revenait au jeune Canadien Mike Tompkins. En arrivant vers 18h30, je remonte une file interminable jusqu'au 'Ticket Shop' de l'A.B.. Il y a du monde jusqu'à ' Music Village', autre institution réputée de la Rue des Pierres. On peut se préparer à une soirée d'anthologie grâce au tandem Tompkins/Stirling.

Mike Tompkins n’est guère notoire en Europe, mais vous risquez fort d’en entendre bientôt parler. Et en bien ! Ingénieur du son et producteur, Mike a commencé, au début de cette année, à mettre en ligne des reprises de chansons populaires en version a capella, des morceaux au cours desquels il reproduit tous les instruments à l’aide de sa bouche. Car Mike fait du 'Human Beat Box'.

Ses premières créations, « Dynamite » de Taio Cruz, « Teenage Dream » et « Just The Way You Are » de Katy Perry et Bruno Mars ont fait l'objet d'un buzz impressionnant sur Youtube (2 000 000 de vues). Il a une belle gueule et une belle voix. Mike fait preuve d'un grand professionnalisme aussi bien dans ses compositions que ses montages vidéo. Il est né à Edmonton, en Alberta (NDR : c’est au Canada), le jour de la tornade qui y a sévi, le 31 Juillet 1987. C'est à l'âge de 8 ans que Mike Tompkins commence à ‘beatboxer’, c'est-à-dire à utiliser le son de sa voix afin de produire des percussions vocales. La subtilité de cette pratique musicale est d'arriver à superposer différents instruments simultanément à partir d'une seule bouche. Il a participé aux sessions d’enregistrement du prochain album de Timbaland, qui devait s’intituler « Shock Value III », mais paraîtra finalement sous le titre d’« Opera Noir ».

L’AB est pleine à craquer pour accueillir notre Canadien. Il est seul sur l’estrade, entouré de ses machines. Son écran est placé derrière lui. Ce qui nous permettra de le voir bidouiller son matos. De nombreuses sonorités de beatbox ont déjà été préenregistrées dans sa loop machine. La voix de Mike Tompkins me fait penser à celle de Justin Timberlake. En deux temps trois mouvements, il va mettre le feu à l’auditoire. Manifestement cet artiste ne va pas assurer très longtemps les premières parties. Et à mon humble avis, on pourrait même bientôt le retrouver comme tête d’affiche au Lotto Arena ou dans un stade, comme le Skrillex. En tout cas, les trente minutes ont défilé à la vitesse VV’. A l’issue de son set, le public est chauffé à blanc. Juste à point pour Lindsey et son violon en folie.

Née le 21 septembre 1986 à Santa Ana, en Californie, Lindsey Stirling est une violoniste, artiste ‘performeuse’ et compositrice. Sa musique est considérée comme polyvalente. Elle a participé à plusieurs compétitions aux States. Ainsi, en 2010, elle a été finaliste de la cinquième saison d’'America's Got Talent’, où elle s'est présentée comme une 'violoniste hip-hop'. Elle a notamment apporté son concours à une flopée d’artistes, dont Sean Kingston, Donny Osmond, Allan Jackson, Peter Hollens, Shaun Barrowes, The Piano Guys, Pentatonix, John Legend ou encore Benton Paul. Eponyme, son premier elpee est paru en septembre 2012, un disque qui a atteint le top 5 en Allemagne et en Australie. Ce soir, elle est venue défendre son dernier opus, « Shatter Me ».

Pour permettre aux roadies de préparer le matos, un rideau noir est tiré tout au long du podium. Soudain, un déluge de lumières inonde ce voile derrière lequel se trémousse Lindsey, armée de son violon. Elle apparaît en 'ombre chinoise'… avant que ne tombe la tenture, au cours de l’interprétation du premier morceau, en l’occurrence « Beyond The Veil ». On découvre alors un décor soigneusement étudié. Au fond de la scène, est érigée une haute estrade surmontée d'un énorme écran où sont projetées des vidéos. Deux autres estrades, un peu plus basses, sont placées à droite et à gauche pour accueillir respectivement le claviériste (Jason Graviati) le drummer (Drew Steen). Et enfin, deux dernières, plus petites, sont disposées, à l’avant du podium, à l’extrême gauche et droite pour permettre à Lindsey de prendre de la hauteur, afin d’assurer sa chorégraphie. Lindsey et son violon ne font qu’un. Un violon bien amplifié. Elle entreprend un pas de danse en contorsionnant son corps dans tous les sens. Sa musique ? Un véritable cocktail de styles différents. Depuis le dubstep au hip hop, en passant par le drum and bass, le square dance, le bluegrass, la country et bien sûr l’électro (NDR : ces beats !) Tout passe à la moulinette ! En extrapolant, on pourrait imaginer ce spectacle comme du Walt Disney mis à la sauce électro/dubstep. Ou encore ‘La Belle Au Bois Dormant’ voire ‘Blanche Neige’ revus et corrigés par Steven Spielberg. 90 minutes au cours desquelles on va en avoir plein les mirettes. Ben oui, c’est un show à l’américaine auquel participent deux danseurs professionnels, suivis d'une Lindsey qui nous réserve ses pirouettes en compagnie de son violon. Une fée clochette des temps modernes !

Musicalement, c’est le violon qui constitue l’élément central du concert. La fée change fréquemment de déguisement. Elle crée une belle interactivité avec son public, dès qu’elle en  a l’opportunité. Ce qui lui permet de reprendre son souffle, car il faut reconnaître que le spectacle exige une fameuse dépense physique. Lindsey ne chante pas, le set est totalement instrumental. Sauf pour deux titres. Lzzy Hale, la chanteuse de Halestorm, apparaît sur l’écran pour interpréter ces deux chansons.

Privé de toute sensibilité, « Mirror Haus » est censé libérer un maximum d’ondes positives. « Electric Daisy Violin » est une petite ballade irlandaise électrifiée. Les titres défilent : « Night Vision », « Heist », « Swag » et « We Are Giants ». Puis « Zelda Medley », une piste au cours de laquelle Lindsey et son violon se plongent dans les jeux vidéo. Et encore, « Legend Of Zelda » et « Lord Of The Rings », deux morceaux surprenants, mais de toute beauté. La fée s'éclipse à nouveau pour changer d’accoutrement, pendant qu'on installe un synthétiseur et un cajón sur les planches. Objectif : une petite session acoustique au cours de laquelle on aura droit à « Transcendence » et « All Of Me », une chouette reprise de John Legend. Elle revient alors en tenue de danseuse étoile. Sans pour autant oublier son fidèle violon. « Take Flight » et « Moon Trance » bénéficient d’un excellent support visuel. « Roundtable Rival » nous propose d’opérer un bref périple dans le far west électronique. Et « Master Of Tides », aux Caraïbes. Au milieu de pirates ; Lindsey achevant le morceau sur le coffre des forbans. Elle n’oublie pas « Crystallize », le hit qui lui a permis de passer de l’anonymat à la célébrité, un titre qui compte plus de 100 millions de vues sur la toile. Et le set de s’achever par « Shatter Me »

Lors du rappel, Lindsey Stirling va nous réserver « Stars Align ». Le conte de fées est terminé. Dommage. C’était vraiment magique. Aussi je reviendrai la prochaine fois…

(Organisation : Greenhouse Talent)

Voir aussi notre section photos ici

Page 101 sur 106