Lylac rencontre les esprits de la nature…

Telle une allégorie d’un paradis perdu, le nouveau single de Lylac, “The spirits of the wild”, évoque son fantasme ‘Eastwoodien’ des grands espaces sauvages et inexplorés. Fleuretant avec l’idée de la recherche du mythe ultime cher aux artistes californiens…

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Didier Deroissart

Didier Deroissart

mercredi, 09 juillet 2014 17:50

Chain Reaction

Distorted Harmony nous vient d'Israël et plus précisément de Tel Aviv. Le groupe est né en 2009, suite à la rencontre entre le compositeur/claviériste Yoav Efron et le drummer Yogev Gabay. En 2011, le duo est rejoint par le guitariste Guy Landau, le bassiste Iggy Jackson- Cohen aka Jalapeno et le chanteur Misha Soukhinin. Le premier album « Utopia » est paru en 2012. « Chain Reaction » constitue donc leur second. Et dès la première écoute on ressent de bonnes sensations.

Le combo pratique un métal/prog/rock tour à tour paisible ou musclé. Et la transition entre ces deux pôles est impeccable. Les mélodies sont soignées, les refrains contagieux (« Methylene Blues »), mais les guitares (parfois envahissantes, quand même) sont régulièrement découpées dans des riffs sauvages ; à l’instar du deuxième morceau de l’LP, « Children Of Red ». Etonnant, malgré leur origine, le band ne concède aucune influence orientale ou même moyen-orientale.

Afin de me forger une idée plus précise de l’évolution de la formation, j’ai pris la peine d’écouter leur premier long playing, « Utopia ». Manifestement le band a pris de la bouteille. Les musicos maîtrisent parfaitement leurs instruments. Et certaines pistes trahissent quand même des influences puisées chez Dream Theater. 

« Every Time She Smiles » ouvre la plaque, une plage aux arrangements puissants, mais soignés, sur laquelle se pose une voix harmonieuse. Une voix qui sert souvent de modérateur. A l’instar de « Misguided », une chanson de 8’ (NDR : c’est la plus longue de l’elpee), au cours de laquelle la gratte démarre en douceur, s’emballe avant d’être rejointe par les claviers. Manifestement, ce morceau adopte une structure bien prog.  

Nothing (But The Rain) » est un instrumental assez bien balancé. « As One » constitue la plage du long playing que je préfère. Au fil de l’écoute, j’y découvre de nouvelles sonorités. Déroutant au départ, « Hollow » nécessite également plusieurs écoutes avant d’être apprécié à sa juste valeur. Et paradoxalement, il finit par vous apaiser. Des cordes acoustiques ouvrent « As You Go ». La voix est tendre et mélodieuse ; mais ce n’est qu’un tremplin pour permettre une montée en puissance graduelle qui intervient lors de « Naturel Selection »…

 

mercredi, 15 octobre 2014 16:27

A Social Berserker

Tacit Fury pratique du death et du trash metal. Fondé en 2001, ce groupe russe réunit le chanteur/guitariste Enoth, le drummer Imidazo et le bassiste German. Intitulé « Imaginary Suffering », son premier elpee paraît en 2002. Et le deuxième, « The Invented Pain », en 2006. Le combo se sépare ensuite pour se reformer en 2010. Il publie alors « Horrors From Depth », en 2012 ; et enfin, « A Social Berserker » en mars dernier, chez Fono Ltd. L'intégralité de cet opus a été produite aux studios Hertz en Pologne où ont notamment enregistré des formations comme Behemoth, Vader et Decapitated.

Depuis la chute du mur de Berlin, l'ouverture vers l'Est touche également la musique ; et on y recense d’excellentes formations qui méritent de s'exporter vers nos contrées. Et Tacit Fury en fait assurément partie.

Découpé en 12 morceaux, cet album est une véritable tuerie. Il fait d’ailleurs le buzz, dans les médias, un peu partout en Europe. L’expression sonore évolue quelque part entre celle de Motionless In White et de While She Sleeps. Le premier single extrait de l’LP s’intitule « Lacerated, Strangled, Impaled » ; il fait également l’objet d’un superbe clip vidéo. Et c’est ce morceau qui ouvre les hostilités. Grattes et drums se livrent une véritable guerre des tranchées. La voix est puissante et percutante. Les riffs de gratte sont très soutenus. Dans le style « Run While You Can », « Mind Crushing Power Dominance » et « Release The Lions » devraient régaler les mélomanes du style. La voix d’Enoth se crispe pour « Chronology Bleached », alors que les soli de cordes sont à la fois épiques, précis et techniques. Tout comme pour « A Standard Of Perfection » et « Future For Future ». « Overbade » et « Ferocity Unleashed » constituent les deux pistes qui me bottent le moins. « The Saw Wheel Of Fortune » et « War Against All Living » nécessitent plusieurs écoutes avant d’être appréciés à leur juste valeur. « Creeping Death » clôt les débats. Bonus track, il s’agit d’une cover de Metallica. Et à la sauce russe, le résultat est probant.

 

mardi, 14 octobre 2014 15:42

Horaire décalé…

Ce vendredi 18 juillet, les R’tardataires ont ouvert le festival des Franfofolies sur la scène ' Ice Watch' du Village FrancoFou. Pas un challenge facile. Mais ils s’en sont bien tirés. Il y avait du peuple et la prestation a été bien accueillie. Les R'tardataires ont été lauréats du ‘Franc'Off’ et finaliste de la ‘Biennale de la Chanson Française’, en 2013. Une belle carte de visite. A l’issue du concert, Cédric et Max, les deux vocalistes ont accepté de nous accorder un entretien. Rendez-vous pris dans le hall de l'Hôtel Radisson Blu Palace de Spa, et pas question d’être en retard…

 

Les R’tardataires qui intitulent leur album « Mieux Vaut Tard que Jamais », c’est un peu un poncif ?

Cédric Chiappe (Céd) : Il faut bien qu'on arrive un jour. Les R'tardataires, c'est bien. Etre en retard, c'est beau. A un certain moment, il faut qu'on arrive. Et puis tout le monde est concerné. Aussi bien toi que moi. Il vaut mieux tard que jamais...
Maxime Lacroix (Max) : Ce titre, nous l’avions choisi, un an et demi avant sa sortie. On a déduit que dans le contexte, il n'était pas mal du tout.

Quelques mots sur votre parcours ?

Céd : Nous avons démarré en 2010. On a enregistré un album démo tous les deux. Nous avions déjà adopté le style qui allait devenir celui des R'tardataires. Mais on voulait immédiatement bosser en compagnie de musiciens. Pendant trois ans, on a beaucoup tourné à Liège. Ce qui nous a permis de réunir une bonne base de fans. Et puis, on a eu la chance de gagner deux ou trois concours : La Biennale de La Chanson Française et les Franc'Offs qui nous ont permis de nous produire, aujourd'hui. On a joué aux Ardentes, la semaine dernière Nous partons à Montréal pour le ‘coup de coeur francophone’, en novembre. Parcours simplifié, mais non moins beau.

On en arrive inévitablement à vos influences musicales ?

Céd : Le rap français, bien sûr. Le reggae, le ragga.
Max : Pour les autres musiciens du groupe : le funk, le rock, le jazz.

Dans vos textes vous avez constamment recours à la dérision. Et puis ils sont décalés. C’est une ligne de conduite ?

Céd : Oui, ce besoin de dérision est essentiel. Dès la première démo, nous nous en servions déjà. Nous essayons d’aborder les événements au second degré. Comme j’essaie de le faire maintenant. Et c’est un gros effort. Les textes sont donc volontairement décalés. Nous abordons des sujets sérieux sous cet angle. C'est notre kiff.

Des exemples ?

Céd : Les textes ? C'est de la merde. Sinon, franchement, on raconte la vie de tous les jours. Des mammys qu’on place dans les maisons de retraite, qu’on oublie et laisse mourir dans les homes. Des sans-abri, dont tout le monde s'en fout. Des martiens qui décident de passer leurs vacances sur la terre. Des filles qui sont belles au naturel. Des trucs parfois sans importance qui nous font bien rire. Tout ce qui nous passe par l’esprit et susceptible de faire une bonne chanson.
Max : De tout et de rien. De la folie des glandeurs. Des soirées ‘mousse’.

Votre clip « 22, fais tourner », est plutôt drôle ? D'où vous est venu l'idée du scénario ?

Céd : Pas pour remuer la merde. La réalité reste la réalité et la police n'est pas toujours... On caricature à mort. C'est à cause des décisions gouvernementales que les policiers se retrouvent parfois dans des situations délicates. On le remarque au quotidien. C’est un problème que nous dénonçons. Et que nous étalons au grand jour…
Max : Au départ, notre intention n’est pas de pleurer sur notre triste sort. Ce n’est pas la police, mais plutôt le système que l'on caricature. Et ensuite, comme les flics incarnent le système, ils deviennent les boucs émissaires…  

Vous utilisez également la toile et surtout les réseaux sociaux, pour communiquer ? Est-ce, pour vous, un maillon essentiel dans le processus de promo ?

Céd : Quand tu fais un clip aujourd’hui, il est très facile de le poster sur internet.
Max : Pour nous, non. Mais si tu veux un max de visibilité, tu n'as pas le choix. Il n'y a pas d'autre moyen aussi efficace. Tu dois faire ta propre pub via Internet. Et gérer ta promo. Tu passes par Facebook et c'est parti. Avant, ce n’était pas le cas. Ce qui change tout pour un groupe.

Prince vous aimez ?

Max : Un tout petit peu.

Et le rappeur Makyzard ?

Céd : Ah oui que l'on connaît ! C'est tout bon. On avait partagé une petite scène avec lui au Live and Stage à Chênée. Après son set on s’était un peu lancé dans l’exercice du free style. Il est terrible ce gars et en plus il crée de la très bonne musique. Son guitariste est un vrai malade mental. Il n'y a pas que lui d'ailleurs. Ses musiciens sont hors pairs. Il chope des mots qui viennent du public et les transforme en chanson. Nous avons un peu perdu cette discipline. Mais il n’est pas dit qu’on n’y reviendra pas. Quand tu explores ce créneau, tu participes à la culture hip hop. Improviser sur des mots en ‘live’, c’est très difficile à réaliser…

Sur les planches, vous libérez de l’énergie positive, non ?

Céd : Absolument ; on met toute notre énergie négative dans nos chaussures et puis on y va. Oui, à fond. Le but est de se marrer. Sur scène, devant la foule, on n'a pas envie de débarquer comme des mollassons. On souhaite que ça pète. Et en même temps, on se fait plaisir. On cherche à chauffer la foule et qu’elle jumpe avec nous. On n’est pas du genre à interpréter des chansons tristes destinées à faire pleurer les gens. Ce n'est pas notre style. Même dans les textes, on positive. La scène, c'est primordial pour nous !
Max : Good Vibrations. Le délire général du groupe c'est qu'il faut positiver un peu.

Après les Ardentes, vous ouvrez les Francos à 13h00, un joli défi pour vous ?

Céd : Oui un vendredi, c'est un challenge et on a bien relevé le défi. Du moins, je pense. Il y avait du monde malgré la chaleur. Il y avait du soleil et nos compos ont apporté au public un certain réconfort.

Votre rap est coloré, métissé, même. C’est dans l’esprit de notre musique ?

Céd : Sympa comme réflexion. C'est le but aussi. Toujours sur une base hip hop, mais bien colorée.
Max : En fait, ce feeling reflète les influences des autres musiciens. Que ce soit du reggae, ska, du latino ou de la drum&bass, quand on se lance, c’est à fond les manettes…

Quels sont vos trois albums de chevet ?

Céd : « L'Ecole du Micro d'Argent » d’IAM, le premier de Féfé, « Les Jeunes A La Retraite » et « X Raisons » de Saïan Supa.
Max : Idem que Céd. Celui de Raggasonic aussi.

Le concert qui vous a le plus fait flasher ?

Max : Celui de de Stromae aux Ardentes. C'est un grand malade, ce type. Son show à l’américaine est d’une grande précision. Mais quand tu tournes, tu te rends compte du taf qu'il y a derrière. C'est une vraie machine de guerre. Depuis deux ans, il a fameusement évolué. Au point de vue technique, c'est pointu et le top.
Céd : Perso, celui de IAM qui a accordé un show à l'ancienne. Un sommet !

jeudi, 09 octobre 2014 01:00

Le déluge sonore a brisé mon élan…

Le Botanique a pris une coloration canadienne ce soir. Aussi bien à la Rotonde qu’à l’Orangerie. La grande salle devrait vibrer aux sonorités électro de Caribou. Et la Rotonde trembler sous les décibels de Death From Above 1979. Votre serviteur remplace au pied levé un collaborateur empêché pour le concert de Daniel V. Snaith et sa bande. Il y a énormément de monde pour les deux concerts. Ils sont même sold out. La soirée sera donc chaude, mais pas exceptionnelle.

Jessy Lanza est également canadienne. Elle sert de supporting act pour Caribou. Elle va sauver ma soirée. Née en 1985, cette chanteuse/musicienne est issue de Hamilton, dans l’Ontario. Elle est considérée comme une des découvertes les plus marquantes, au pays de l’érable, en 2013. Perso, je la découvre également. Elle a reçu une formation jazz, mais avoue pour influence majeure, le r'n'b. Et apprécie notamment des artistes comme Missy Elliot et Timbaland. Son premier elpee, « Pull My Hair Back », est paru en 2013. C’est d’ailleurs des extraits de ce disque qu’elle va interpréter lors de son set. Elle est seule sur les planches, entourée de ses synthétiseurs et machines. Douce, troublante et sensuelle, sa voix colle parfaitement à son électro. Jessy est cependant timide et ne communique guère avec le public, pourtant attentif à sa prestation. Le son est presque parfait. Et à l’issue de son show, d’une durée de 30 minutes, elle est chaleureusement applaudie. Malgré le bref laps de temps qui lui a été imparti, il faut reconnaître que l’artiste a laissé entrevoir un énorme potentiel. A revoir certainement, mais en tête d'affiche. Quelque part, elle me fait penser à M'Michèle, véritable surprise électro, lors des dernières Francos…

Caribou, c’est le projet de Dan Snaith. Un multi-instrumentiste, producteur, chanteur, arrangeur et compositeur qui fait un véritable tabac sur la scène contemporaine. L’animal doit être beau et impressionnant pour recueillir un tel crédit. Faut dire qu’il compte –en tenant compte de ceux de Daphni et Manitoba– 7 albums à son actif. Précédé par le single « Can't Do Without You », son dernier LP, « Our Love », est paru ce 6 octobre. Et en ‘live’, il est soutenu par 3 collaborateurs.

Les quatre acolytes sont disposés en cercle, un peu comme chez BRNS, pour démontrer leur cohésion. Dan se charge des percus et des synthés. Deux batteries se font face. Les autres musicos se partagent machines et autres synthétiseurs. Lorsqu’il monte sur l’estrade, Smith est acclamé par une foule venue spécialement pour lui. Mais dès le départ, je constate que le son est de qualité médiocre. Les synthés saturent et les retours de basse sont excessifs. J’ai beau changer de place, le résultat est identique. Même près de la table de mixage. C’est peut-être un choix du leader qui souhaite probablement noyer l’auditoire dans son déluge sonore. Mais perso, je préfère rester la tête hors de l’eau. Dès que le son est de piètre qualité, je suis mal à l'aise et je finis par vider les lieux. Avant même la fin du concert. Comme ce soir. Une seule chanson fera exception à la règle, plus paisible également, et paradoxalement celle au cours de laquelle Dan va inviter Jessy à le rejoindre sur le podium.

Notre rédac’ chef néerlandophone assistait au concert de Death From Above 1979 à la Rotonde. Il a débarqué à l’Orangerie à deux reprises, me signifiant que la musique de Caribou était superbe. Sur disque, certainement. Bon, comme le justifiait Johan, elle n’est peut-être pas adaptée aux petites salles et prend, paraît-il, une autre dimension lors des festivals. C’est à vérifier…

(Organisation : Botanique)  

Voir aussi notre section photos ici

 

 

samedi, 11 octobre 2014 01:00

Quelle belle soirée !

Ce samedi 11 octobre, l’Orangerie du Botanique accueille le fils de Léonard Cohen, Adam. La salle est en configuration assise. A ce jour, il a publié quatre elpees, dont le dernier, « We go home », est paru ce 15 septembre. Initialement, le spectacle devait se dérouler à la Rotonde. Vu le succès des réservations, il a été transféré dans la grande salle. Et le supporting act est assuré par la Belgo-suisse Stéphanie Blanchoud, dont la sortie du prochain opus est prévue pour le début 2015.

Dès 2005, Stéphanie Blanchoud s’était illustrée en gravant un premier LP intitulé « A Coeur Ouvert », un disque bien accueilli par la critique musicale, en Belgique. La jeune artiste décroche de nombreux prix et tourne pas mal. Elle participe notamment au ‘Coup de Cœur Francophone’ à Montréal, aux ‘Francofolies’ de Spa, aux ‘Découvertes’ à Mautauban ainsi qu’aux ‘Jeux de la Francophonie’ à Niamey. Elle rencontre Jean François Assy, le violoncelliste d’Alain Bashung, qui lui écrit la plupart des titres de l'album, « Insomnies », long playing qui paraît  en 2009. Ce deuxième essai lui ouvre de nouvelles perspectives et lui permet d’assurer les premières parties de Benabar, Yodelice, Jane Birkin et Maurane. Cette dernière l’invite à participer à son périple ‘Nougaro’ pour plusieurs dates, dont celle de l’Olympia à Paris, en mai 2010.

Stéphanie part ensuite aux Etats-Unis, l’année suivante, pour mettre en boîte un Ep, dans le cadre de son projet ‘Blanche’, sous la houlette du producteur Jack Johnson. Et début 2015, elle devrait livrer un nouvel elpee davantage imprégné des sonorités anglo-saxonnes. Empruntées, notamment à T-Bone Burnett. Pour le concocter, elle a bénéficié du concours de Marcello Giuliani (Sophie Hunger, Erik Truffaz, Lou Doillon) à la mise en forme. Et puis du chanteur Daan, lors d’un duo.

Le set de Stéphanie baigne au sein d’un climat feutré. Elle est épaulée par deux musicos. Un guitariste/mandoliniste/percussionniste (David Piedfort) et un violoncelliste/bassiste (David Piedfort). Elle possède une très belle voix, chaude, sensuelle, passionnée, qu’elle souligne de sa gratte électro-acoustique.

En une demi-heure de prestation, elle va nous dispenser quelques jolies chansons dans la langue de Molière, pistes qui figureront sur son prochain long playing. Et une dans celle de Shakespeare, vraiment superbe. Manifestement, la musique de l’artiste a pris une coloration nettement plus anglo-saxonne ; et l’instrumentation n’est pas étrangère à ce phénomène.

Setlist : "Tout au bout du monde", "A quoi ça rime", "Oops" (cover de Britney Spears), "Les beaux jours", "Perdre la douleur", "Mes bonnes manières". Rappel en solo : "Déjà ça"

Adam Cohen s’était produit, il y a un peu plus de deux ans, dans le cadre du Brussels Summer Festival, sous le dôme du Magic Mirrors. L'artiste était parvenu à charmer son auditoire, grâce à des compos issues de son troisième long playing, « Like A Man ». Un disque qui me fait penser à deux formations que j’apprécie énormément, Mumford And Sons et The Lumineers. A l’instar d’Adam, ils pratiquent une folk dépouillée, illuminée par des instruments à cordes, et dont les mélodies vous prennent carrément aux tripes. Des chansons à savourer devant un bon feu de bois, par une froide soirée d'hiver. J'étais donc impatient de revoir le fils de Léonard en concert…

Il est venu défendre son quatrième LP, « We Go Home ». Il présente chacune de ses chansons, tantôt en anglais, tantôt en français. Sur les planches, il est soutenu sur sa gauche par la guitariste Trish Robb ainsi que son ami et multi-instrumentiste (percussions, piano, basse et guitare) Michael Chaves. Et deux charmantes violonistes ainsi que la violoncelliste Mai Bloomfield, circonstanciellement préposée aux claviers, s’installent derrière lui. Adam est âgé depuis peu de 42 ans. Il ressemble à son père. C’est frappant ! Et puis il ne se prend pas la tête et semble prendre son pied sur scène. Il a un excellent contact avec le public, un contact qu’on pourrait qualifier d’interactif.

Le spectacle s’ouvre en douceur par « Too Real ». Trish a placé sa guitare horizontalement et en joue en mode 'pedal steel'. Adam possède des inflexions vocales proches de celles de son paternel. Aussi chaude, sa voix peut se faire grave et légèrement rocailleuse. Et il la maîtrise parfaitement. A la gratte, il tire parfaitement son épingle du jeu. Il existe une grande complicité entre l’artiste et ses musicos, principalement de sexe féminin. A l’instar du dernier opus, les compos sont généreusement enrichies d’instruments à cordes et de chœurs. Le sens mélodique est irrésistible. Les textes sont soignés. A plusieurs reprises, Adam demande aux spectateurs la raison de leur présence. Les réponses sont empreintes d’émotion, ce qui aura le don de toucher le poète au grand cœur. A l’écoute de « Put Your Bags Down », on ne peut que fermer les yeux. Contagieux, le titre maître du dernier LP incite la foule à reprendre le refrain en chœur. « What Other Guy » est un extrait de « Like A Man », une chanson douce, soulignée de chœurs, qu’Adam interprète d’un timbre paisible. Il embraie par « Don't Crack », tiré du dernier long playing, et « Like A Man », titre maître de l’opus paru en 2011. Le duo échangé entre Tris et Adam pour « Sweet Dominique » constitue un moment fort du concert. La connivence entre les deux musicos est totale. Le public le ressent. Pour « What Kind Of Woman », issu du nouvel opus, Adam utilise un cornet de téléphone vintage, afin de nous transmettre son message positif. Un titre de toute beauté, bercé par des cordes omniprésentes…  

Adam siège derrière le piano pour « Love Is ». Les musiciens claquent des doigts et l’auditoire embraie, avant d’applaudir généreusement. On sent une parfaite communion entre ce public et les artistes. Le set s’achève par « Beautiful », un dernier morceau du long playing précédent. Mais cette belle soirée, chargée d’émotion, intense et intimiste à la fois, ne peut se terminer ainsi. La foule en redemande. 

Après tant d’acclamations, la troupe revient sur l’estrade et le rappel va nous réserver des instants comme je les apprécie tout particulièrement. Plus de micro. Plus d’électricité. Et c’est totalement ‘unplugged’, que le band nous réserve trois perles, « So Much To Learn », « Uniform » et en finale, « Fall Apart ».

Le temps est passé trop vite. Mais quelle belle soirée !

(Organisation : Botanique)

lundi, 06 octobre 2014 01:00

En panne d’inspiration?

Asking Alexandria, mon groupe de métalcore favori, se produisait, ce lundi 6 octobre, au 110 du Boulevard Anspach, endroit idéal pour ce genre de soirée. C'est la troisième fois que votre serviteur assiste à un de leurs concerts. En 2013, ils avaient eu le bon goût d’entraîner, dans leur sillage, d’excellentes formations comme While She Sleeps, Motionless In White et Betraying The Martyrs. Et la grande salle était comble. Mais des problèmes vocaux rencontrés par Danny Worshop avaient réduit le set à 45 minutes. Compréhensible. Aujourd’hui, l’auditoire est en mode box, mais n’est rempli qu’aux trois-quarts. Le band souffrirait-t-il d’une perte de notoriété ou alors les trois ‘supporting act’ sont-ils un peu trop anonymes ? Quoiqu’il en soit, le périple est baptisé 'From Death To Destinity'.

Secrets ouvre les hostilités à 18h30. Originaire de San Diego, il pratique du post hardcore particulièrement énergique. Le line up réunit le chanteur Aaron Melzer, le guitariste Richard Rogers (également préposé aux vocaux), le drummer Joe English, Michael Sherman à la seconde gratte et Tim Trad à la basse. Le combo dispose de très peu d’espace. Il est même confiné à l’avant-scène. Faut dire que le matos de la tête d’affiche est plutôt envahissant. Le combo est venu présenter son dernier elpee, « Fragile Figures », paru l’an dernier, un disque qui fait suite à « The Ascent », publié en 2012. Les deux plaques sont sorties chez Rise Records et ont bénéficié du concours de l’ex-gratteur de A Day To Remember, à la production. On attendait donc un solide cocktail de metalcore mélodique, souligné par des voix claires et sucrées. Un peu dans l’esprit de Sleeping With Sirens voire de Pierce The Veil.

Le set s’ouvre par « The Oath », extrait du premier long playing. Les guitaristes et le bassiste sont alignés face au public. Tous les musicos se démènent sur les planches. Y compris le chanteur, Aaron. Gros problème, on n’entend pas sa voix. J’ai beau changer de place, rien n’y fait. Secrets embraie par cinq plages issues de son second elpee, « Ready For Repair », « Artists Vs. Where? », « Dance Of The Dead », « Fragiles Figures » et achève le show par « Live Together, Die Alone ». La majorité du public est constituée de jeunes adolescents. Ils pogotent ou amorcent de timides round circles. Trente minutes, c'est un peu court pour évaluer les aptitudes un groupe. D’autant plus que le son est exécrable…

Petit changement de matériel et les planches de la vénérable institution accueillent le deuxième combo de la soirée : Crown The Empire. A ce jour, leur discographie épingle un Ep sept titres, gravé en 2011 (« Limitless ») et deux albums ; « The Fallout » en 2012 et « The Resistance : Rise Of The Runaways » en 2014. Sur l’estrade ils sont six. Originaire de Dallas, le line up réunit les vocalistes Andy Leoau et David Escamilla, les guitaristes Brandon Hoover et Benn Suede, le bassiste Hayden Tree ainsi que le drummer Brent Taddie. Le set s’ouvre par un morceau tiré de leur nouvel opus, « Call To Arms (Act1) ». Malheureusement, les deux chanteurs ont beau gueuler dans le micro, on les entend à peine. Et le son est toujours aussi déplorable. Après « Initiation », je m’éclipse…  

A l’issue du concert, je tergiverse. Je ferai bien l’impasse sur The Ghost Inside. Par correction pour les artistes, je retourne au charbon. The Ghost Inside est responsable d’un metal hardcore lourd mais mélodique. Un quintet qui a commis trois elpees à ce jour : « Fury And The Fallen Ones » en 2008, « Returners » en 2010 et « Get What You Give » en 2012, paru chez Epitaph. Les deux premiers avaient été publiés chez Mediaskare. Le line up du band californien implique le chanteur Jonathan Vigil, les deux guitaristes Aaron Brooks et Zach Johnson, le bassiste Jim Riley et le batteur Andrew Tkaczyk. Le son est encore toujours aussi médiocre. C’est même de pire en pire. J'écoute « Faith Or Forgiveness », puis quitte à nouveau la salle.

Asking Alexandria a pris de la bouteille. Pas de nouveau cd en chantier, cependant. Leur troisième, « From Death To Destiny », est paru en 2013. Le line up est inchangé, soit Danny Worsnopau au chant, Ben Bruce et Cameron Liddell aux guitares, Sam Bettley à la basse et James Cassells aux drums. Danny est vêtu d'une veste à franges et coiffé d'un chapeau de cow-boy. De là à proposer du country & western… J’ai pris la bonne initiative de ne pas vider les lieux. Le son est bien meilleur. Le changement d’ingé-son y est manifestement pour quelque chose…

« DonT Pray For Me » et « Killing You », figurant sur l’LP « Death To Destinity », ouvrent le bal. Une bonne mise en jambes pour une soirée qui prend enfin une autre tournure. La setlist embraie par « The Final Episode (Let's Change The Channel) », un extrait de l’excellent « Stand Up and Scream », deuxième opus gravé en 2009. La foule commence à remuer et à pogoter. Sur l’estrade, les musicos s’agitent généreusement ; et tous les gratteurs arpentent le podium de long en large. Quoique distant (NDR : et pas seulement, parce qu’il est en retrait), le drummer ne ménage pas sa peine sur ses fûts. Il est même plus que percutant ; à cause de la seconde grosse caisse qu’il pilonne à l’aide d’un de ses pieds. Le répertoire aligne des plages tirées de leurs quatre long playing, dont « Someone, Somewhere », « Moving On », « Break Down The Walls », « Poison », « Not American Average », « To The Stage » et pour terminer, « A Lesson Never Learned ». Pas la moindre nouvelle compo. Et 50 minutes de set en tout et pour tout. Asking Alexandria serait-il en panne d’inspiration ?

Bref, j’espérais passer une excellente soirée. C’est raté. Peut-être la prochaine fois. Quand il y aura un nouvel opus ; et je l’espère, pour y vivre une soirée plus réussie, quand même…

(Organisation : Ancienne Belgique)

jeudi, 09 octobre 2014 14:50

Gladys a de la chance en amour…

Gladys, c’est la nouvelle claviériste du groupe louviérois Von Durden, groupe qui vient de sortir son troisième album intitulé « III ». Mais elle mène, également, en parallèle, un projet solo. Un projet pour lequel elle injecte toute son énergie.

Bercée par la pop anglaise et américaine, malgré un goût prononcé pour le rock, notre artiste souhaite réunir l'un et l'autre dans des titres à la fois mélodiques et rythmés.

Influencée par Pink, les Ting Tings, Gwen Stefani, Gossip ou encore Skunk Anansie, Gladys vous propose un cocktail musical détonant, accrocheur et très féminin.

La vidéo de son nouveau single « Lucky in Love », est ici  

 

 

mercredi, 08 octobre 2014 11:49

World On Fire

De son véritable nom Saul Hudson, Slash est né le 23 juillet 1965 dans le quartier de Hampstead, à Londres (Royaume-Uni). Il a cependant grandi au sein d’un petit village répondant au nom de Burton. Le pseudo ‘Slash’ lui aurait été attribué par le père d'un ami lors d'une soirée. Depuis son départ des Guns n'Roses en 1995, le légendaire guitariste au chapeau haut-de-forme n'a cessé d'accumuler les projets musicaux. Velvet Revolver, Slash's Snakepit et une aventure sous son nom, à laquelle ont participé de grosses pointures comme Ozzy Osbourne (Black Sabbath) et Lemmy (Motörhead).

Son premier véritable solo remonte au printemps 2009, lorsqu’il entame les sessions d’enregistrement de « Slash And Friends ». Il y reçoit le concours d’une pléiade de stars dont Iggy Pop, Dave Grohl (ex-Nirvana), Alice Cooper, Fergie (Black Eyed Peas), Andrew Stockdale (Wolfmother), Nicole Scherzinger (The Pussycat Dolls), Ozzy Osbourne, Adam Levine (Maroon 5), Lemmy, Chris Cornell (Soundgarden), Flea (Red Hot Chili Peppers), Josh Freese (ex-Nine Inch Nails) ou encore l'ancien batteur de Guns N'Roses et ami d'enfance Steven Adler qui apporte sa collaboration sur un titre. Sans oublier la présence des anciens guitariste et bassiste de Guns N'Roses, Izzy Stradlin et Duff McKagan. Produit par Eric Valentine (Queens Of The Stone Age), l’elpee paraît le 6 avril 2010.

Le deuxième LP en solitaire, « Apocalyptic Love », remonte à 2012. « World On Fire » constitue donc son troisième. Un œuvre pour laquelle il a de nouveau bénéficié de la participation de Myles Kennedy and The Conspirators. Compositeur, et guitariste rythmique, Myles est surtout notoire pour ses capacités vocales qui couvrent 4 octaves. Des rôles qu’il accomplit au sein d’Alter Bridge. Myles Kennedy est apparu sur scène aux côtés de nombreux artistes aux cours des dernières années et s'est impliqué dans de nombreux projets. Et notamment en 2008, auprès des anciens membres du groupe Led Zeppelin (Jimmy Page, John Paul Jones et Jason Bonham), projet qui est demeuré dans les cartons.

La pochette de l'album a été réalisée par l'artiste américain Ron English, qui s’était déjà chargé de celle du premier long playing. Une image très ‘pop’ où l'on voit des jouets qui baignent dans la peinture, ainsi qu'une boule smiley représentant le musicien. Slash ne chante toujours pas, mais il met tous ses talents de gratteur (slide et rythmique) à contribution pour épauler la voix de Myles Kennedy. Et l’ensemble est parfaitement soutenu par les Conspirators impliquant Todd Kerns (également préposé aux backing vocals) à la basse et Brent Fitz aux drums, aux percus et au piano électrique. Consistante, la plaque est découpée en 17 plages.

Récemment élu second meilleur guitariste de tous les temps, derrière Hendrix, Slash adore balancer des riffs incisifs qu’il maîtrise à la perfection sur sa Les Paul. Et il va le démontrer brillamment tout au long des 75’ de son long playing.

Le morceau maître ouvre l’opus. Et manifestement, dès le départ on se rend compte que les musicos ne font pas dans la dentelle. Un départ en force ! Il s’agit d’ailleurs du premier single qui a précédé la sortie de l’LP. Un disque qui s’achève par deux chansons empreintes de douceur, deux superbes ballades destinées à rejoindre le dancefloor : « Bent To Fly » et le plus prog « The Unholy ».

Pour « Stone Blind », « Withered Delilah » et « Avalon », Slash envoie du lourd. En écoutant « Shadow Life », on imagine qu’Axel Rose est de retour ; mais c’est Myles Kennedy qui est derrière le micro. Le clin d’œil est peut-être volontaire… « Battleground » est une petite merveille. Ici, c’est Myles qui communie pleinement avec sa gratte. Et sa voix est absolument divine tout au long d’« Automatic Overdrive », de « 30 Years To Life » et de « Beneath The Savage Sun », trois morceaux accrocheurs, métalliques, mais mélodieux, caractérisés par des riffs qui ont la pêche. Bien balancé, « Wicked Stone » macère dans des sonorités de gratte graisseuses, huileuses, malsaines. « Too Far Gone » ne me botte pas trop. A contrario « Dirty Girl » et « Iris Of The Storm » sont absolument savoureux. A croquer! Une intro radiophonique débarque du néant, mais l’enchaînement opéré sur « The Dissident » est parfait. Les cordes sont bien distinctes alors que Brent Fitz martèle ses fûts vigoureusement mais aussi métronomiquement. Instrumental, « Safari Inn » permet à Slash d’explorer toutes les facettes de son talent sur sa Gibson.

Un album brillant coécrit par Slash et Myles. En compagnie des Conspirators, ils se produiront ce 26 novembre à Forest National. Un rendez-vous à ne pas manquer 

 

mercredi, 08 octobre 2014 01:00

Troubles on My Mind

Pierre Kasprzyk est un jeune prodige de la guitare. Un bluesman qui a été demi-finaliste lors de l'‘European Contest Blues’, qui se déroulait à Riga, en Lettonie. Il y défendait également les couleurs de la Belgique. Comme Fred And The Healers, qui ont été sélectionnés pour participer à la finale. Pierre Kasprzyk aurait pu être le fils naturel de Bonamassa, Chapellier, Froidebise, Clapton, Van Campenhout ou Vaughan… A cause de sa maîtrise sur sa gratte. Il ne coule pas du sang rouge dans ses veines, mais blues. Un blues qui transpire le Bayou de la Louisiane. Un Delta blues qui devrait même plaire à Beverly Jo Scott (NDR : il aurait même intérêt à lui envoyer). Le Liégeois se réserve la guitare et le chant. Il est soutenu par le drummer Raphael Pire, le bassiste Olivier Fanuel et le claviériste Maxime Cromps. 

Le titre maître ouvre l’elpee. Un bijou serti de 6 diamants blues. « Money Machine » nous replonge dans les 70’s. Est-ce John Lord qui se charge de l’orgue Hammond ? Il est vrai que cet opus est criblé de bonnes références. Caractérisé par ses riffs de gratte à la Gary Moore, « My Lady » est un slow blues langoureux destiné aux couples qui veulent s’enlacer sur le dancefloor. Pendant plus de 8 minutes, ça vaut le coup ! Et quand ce n’est pas Moore, alors Joe Bonamassa prend le relais. Aussi bien pour la voix que pour le jeu de guitare. La très jolie Julie Compagnon se charge des backing vocaux sur les trois premières perles. Quoique nappée d’interventions au Hammond, « Hard Living Women » évoque purement et simplement Stevie Ray Vaughan. En fait, cette plage bénéficie du concours de l’ami Fred Lani. Si un jour ces deux-là forment un groupe ou se réservent une jam, le résultat risque fort d’atteindre le nirvana musical ! « Star Life » s’autorise des envolées de cordes à la fois précises et classieuses. Tout au long d’« Island Of Peace », notre cher Pierre est divin sur son instrument. Un peu comme le dieu de la guitare, Eric Clapton. De sa voix marécageuse, il nous invite une seconde fois à rejoindre la piste de danse.

Pierre est un sacré guitariste capable de vous sortir littéralement les tripes du ventre. Coproduit par Bernard Musick, son premier long playing est particulièrement réussi. D’ailleurs il est régulièrement diffusé sur toutes les bonnes stations de radio de blues européennes, anglaises et américaines. Manifestement, l’artiste est prêt à l’exportation…

 

 

mercredi, 08 octobre 2014 11:37

Abbey Road

L’album « Abbey Road » des Fab Four a été réinterprété, en entier, en fingerpicking (NDR : c'est-à-dire à l’aide d’une guitare folk, dont les cordes sont en métal) par Antoine Goudeseune. Et dans l’ordre du tracklisting. En outre, cet elpee a été enregistré au sein du même studio mythique (studio 2), en janvier 2014. Et la pochette est identique ; sauf que c’est Antoine qui traverse la rue…

Cet opus est paru ce 26 septembre 2014, soit 45 ans jour pour jour après la sortie de celui des Beatles. Natif de Binche, virtuose et professeur de guitare au Conservatoire Marcel Quinet de Binche et à l'Académie de musique de Morlanwelz, Antoine vient donc de réaliser son rêve. Il a commencé à jouer de la guitare classique dès l’âge de 8 ans. Il a reçu son premier prix de guitare à 18 printemps, au Conservatoire Royal de Mons. C’est en 2011 qu’il s’est lancé dans ce projet ‘fingerpicking The Beatles’, qui consiste à reprendre et arranger les titres des Beatles uniquement à la six cordes et en utilisant cette technique. En fait, elle évolue à la limite entre celle du classique et du picking pur et dur. Antoine y reproduit les arrangements complexes des titres des Beatles sur sa gratte. Et il publie un premier opus du style, « Fingerpicking The Beatles », en 2012. Il n’est cependant devenu fan inconditionnel des quatre de Liverpool que depuis une vingtaine d’années. Il estime même qu’au plus on écoute les Beatles, au plus on découvre de nouvelles sonorités dans leur musique.

En Belgique deux artistes pratiquent ce type de fingerpicking. Tout d’abord, Jacques Stozem. Un maître incontesté qui remplit des stades en Asie. Et puis Antoine. Ce dernier a réalisé son projet via le crowdsufing (financement participatif) de KissKissBangBang. Une plate-forme qui permet aux internautes et fans d'Antoine de le financer, en échange d’une gratification personnelle (un disque, un vinyle, un concert privé, etc.) Et le montant nécessaire a vite été atteint. Preuve que ce guitariste est hors pair.

Pour la petite histoire, le studio avait été réservé pour 2 x 12 heures. Antoine avait emmené son ingé-son et son luthier (pour préserver son instrument de tout contretemps). Particulièrement motivé, il a mis en boîte l1 plages, le premier jour. Il était donc à l'aise, le second, pour enregistrer les six pistes restantes.

Il a fallu douze mois de travail à l’artiste pour adapter les 17 morceaux en fingerpicking. Un travail de réécriture a même été nécessaire. Lors des sessions, il a reçu le concours du guitariste suédois Mattias IA Eklundh, pour la chanson « Here Comes The Sun ». De l’opus, j’ai beaucoup apprécié le superbe « Come Toghether », « Oh! Darling », « You Never Give Me Your Money » et « Sun King ». Et le disque est également paru en vinyle!

Antoine a parfaitement réussi son exercice de style. Son style est léché et ne s’adresse pas exclusivement aux fans des Fab Four. Un disque à écouter par une belle soirée d'automne devant un bon feu de bois…

La tournée d’Antoine passera par le ‘Beatles Day’ de Mons, ce samedi 11 octobre 2014. 

 

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