La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

logo_musiczine

La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Kim Deal - De Roma
dimmu_borgir_013_17
Didier Deroissart

Didier Deroissart

jeudi, 14 mai 2015 14:58

Meanwhile In The Cosy Garage

Klang is back. Les années 80 aussi. Et puis surtout le groupe qui a marqué la jeunesse de votre serviteur. A l'époque, il s’agissait de la formation belge de référence. Elle se produisait un peu partout au sein du Royaume, mais également aux Pays-Bas. Seul Kurt manque à l’appel de cette reformation. Mais les membres du combo ont toujours une pêche d'enfer, malgré quelques kilos en trop et d’inévitables cheveux gris. Il y a 3 ans, il s’était produit dans le cadre des concerts Cerise. Lors d’un set acoustique, auquel j’avais pu assister. 

Le line up implique donc Claude Ongena, aka Klaus Klang, au chant et à la guitare, Robert Franckson à la seconde gratte et Phil Bertran, qui remplace Kurt, a la basse. Sans oublier le drummer Paul Englebert. Ex-Ice Creams, il milite chez B-Burnt en compagnie de Mark Irons, le frère de Matthew (NDR : chanteur de Puggy) et de Thierry Plas (ex-Machiavel). L’opus a été produit par ce dernier. C’est lors d’un concert de The Names, également alors reformés, que l’idée de reprendre le collier leur est venue. Un sentiment de nostalgie m’envahit. Je repense à l’émission ‘Impédence’ présentée par Pierre Guyaut (NDR : responsable de la formule ‘Ami du soir et de la guitare, bonsoir’) qui programmait régulièrement ce band.

Didier avait 17 ans quand il a découvert ce quatuor. A l'Ancienne Belgique. En 1980 ! Il assurait le supporting act de The Selecter. A l’issue du spectacle, je m’étais précipité pour acheter le vinyle de « The Pop Theory ». En 1982, Klang avait gravé son deuxième LP, « Dots And Dashes ». Puis silence radio. « Meanwhile In The Cosy Garage » est paru en décembre dernier.

« Angry Old Man » est hanté par XTC,  « Something I Should Know » par Squeeze, « Perfect Sky » (NDR : cette section rythmique frontale !) par Elvis Costello et le single « Rock, Paper, Scissors » ainsi que le titre maître par les Beatles. « Angeline » et la ballade « Somewhere Closer To The Sunday » sont deux titres plus pop à la mélodie soignée. Dans le même registre, « Juliet » est une compo empreinte de délicatesse. Et enfin, « Highrise » est un hit potentiel. La voix de Klaus est toujours aussi limpide et les compos de ce long playing sont paradoxalement, bien dans l’air du temps.

samedi, 09 mai 2015 01:00

Le présent conjugué au passé…

Il s’agit de la troisième soirée passée d’affilée, par votre serviteur, à l'Ancienne Belgique. Il y a 37 ans qu’il la fréquente, soit depuis l’âge de 16 ans. Et il s’en est déroulé des concerts d’anthologie, sous ses yeux et les oreilles grandes ouvertes. Ce soir, le spectacle est intégralement consacré à des découvertes. Soit C.W. Stoneking et en supporting act, Fernando Gonzalez. La salle est en mode flex (théâtre assis)

Fernando Gonzalez est un guitariste qui pratique le finger-picking. En Belgique, Jacques Stotzem et Antoine Goudeseune en sont également de dignes représentants. Chiliens, ses parents et grands-parents étaient des guitaristes professionnels. S’il a choisi la nationalité belge, ce sixcordiste talentueux est à la fois inspiré par le classique et le flamenco. Il est également professeur au Conservatoire d'Anvers.

Sur les planches, Fernando est soutenu par un pianiste. Pas courant d’assister à ce type de spectacle à l’AB. Il prend place sur un siège, à droite du podium. Il tient sa gratte un peu à la manière de Django. Il signale qu'il va interpréter de la musique classique et latine. Le concert s’ouvre en duo par une superbe reprise d'Astor Piazzola. De Vivaldi à Marco Pereira, les adaptations sont superbes. Le set baigne dans une ambiance latine. La guitare devient carrément agressive pour « La Vie Est Brève » de Manuel Falla (NDR : ce pianiste espagnol a bossé en compagnie de Claude Debussy et Maurice Ravel). L’artiste a perdu sa setlist. Un petit moment de silence suivi rapidement de l'hilarité générale au sein de l’auditoire. Ouf, Fernando l’a retrouvée et peut poursuivre le concert qu’il achève par un titre signé par l'Argentin Abel Flery. Grâce à sa technique, Gonzalez nous a carrément bluffés. Une belle entrée en matière…

Place ensuite à Christopher William aka C.W. Stoneking. Très particulière, sa voix s’adapte parfaitement à son répertoire. Perso, je pensais qu’il était issu du Sud des States, tellement il a un accent à couper au couteau. Mais non, il est australien. Peut-être existe-t-il, au pays des kangourous, un Delta et un Bayou, tellement sa musique est contaminée par le blues et le roots.

Le podium est parsemé de plantes exotiques. Un squelette trône devant la batterie et une perruque blanche sur un présentoir. C.W. monte sur l’estrade. Il est armé de sa gratte et se plante juste devant le drummer, Jacob Kinniburgh. Deux charmantes choristes vêtues de robes charleston, prennent position à gauche. Il s’agit de Maddy et Memphis, aka The Kelly Sisters. Andrew Scott, le contrebassiste/bassiste, choisit le côté droit. Stoneking joue du blues, mais un blues qui oscille du plus classique à celui des années 30, et qu’il teinte de swing, de jazz, de roots et de gospel. Ce n’est pas le premier show de l’artiste en Belgique. Son fan club est assez conséquent. Et on va s’en rendre compte au cours du show.

« How long » ouvre le bal. C’est un extrait de son nouvel opus, « Gon' Boogaloo ». Les sonorités de gratte (une Fender jazzmaster - Firemist de 1965) sont vintage et lo fi. On a l’impression de déambuler au sein des rues de Détroit pour ce titre très années 40. Chœurs gospel et grosse caisse font pétiller l’ensemble. Le décor roots est planté. La voix de CW est impressionnante. Andrew a opté pour la contrebasse sur « I'm The Jungle Man ». C.W. a davantage recours au spoken word qu’au chant et il est remarquablement secondé par les voix féminines. Le swing est omniprésent, mais il manque de cuivres. Des aficionados commencent à jumper, à droite de l’auditoire. Gospel/soul, « The Love Me Or Die » (NDR : tiré de « Jungle Blues »), nous entraîne dans un vieux club de jazz enfumé, pour y siffler un tord-boyaux, comme à l’époque de la prohibition. Suranné et langoureux, « Mama Got The Blues » est beau à pleurer. Idéal pour danser un slow. Les choristes ont rejoint les loges. La suite du spectacle sera plus festive…

« The Thing I Done » passe en revue flamenco, roots, reggae et même ska (la section rythmique !) On a franchement envie de danser. Tout comme pour « The Jungle Swing ». De vieilles perles remises au goût du jour et qui enchantent. Le présent conjugué au passé. Pas de cuivres ni de banjo pour « Jungle Blues », un morceau qui pourrait servir de bande sonore à un film muet. Les filles opèrent leur retour pour « Good Luck Charm », une compo à l’atmosphère ‘philspectorienne’ qui nous rappelle les sixties et tout particulièrement The Ronettes et The Crystals. « Tomorrow Gon' Be Too Late » est un blues ténébreux et poignant.

« He's Been A Shelter For Me » est une cover de The Soul Sirrers datant de 1961. Bien épaulé par la chorale soul, C.W. épate la galerie. « Get On The Floor » est un rockabilly endiablé, « The Zombie » un titre plus sombre et « Talking Lion Blues », une chanson récréative. Le set s’achève par une brillante interprétation du titre maître de son dernier opus, « We Gon' Boogaloo », un rock’n’roll enflammé réminiscent de Jerry Lee Lewis. Le dernier album est passé dans son intégralité à la moulinette.

Tout au long du show, C.W. interagit avec l’auditoire. Mais excusez-moi l’expression, mais putain, j'ai passé une belle soirée ! Dur, dur de revenir dans notre siècle. Je pense ne pas emprunter la DeLorean du Professeur Emmett Brown, mais m’exiler dans le Mississipi australien.

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

jeudi, 07 mai 2015 01:00

Quel showman !

Ce soir, tout le monde croise les doigts pour que le concert ne soit pas encore reporté à une date ultérieure, comme déjà, précédemment, à deux reprises. Charlie Winston était attendu à l'Ancienne Belgique le 24/11/2009. Malade, il avait fait faux bond. Le show avait cependant été reporté à Forest National ; et il avait été magique. Pour son deuxième passage à l’AB, prévu le 26/03/2012, dans le cadre de la présentation du 2ème LP, victime d’une hernie discale, il avait à nouveau dû déclarer forfait. Le spectacle avait été également reporté au 08/04/2012. En débarquant à l’AB, pas d’affiche d’annulation. Ouf ! C’est une bonne nouvelle. Je me place donc dans la file, en attendant l'ouverture des portes. Adulé en Belgique et dans l’Hexagone, Charlie Winston est pourtant méconnu en Grande-Bretagne. Et pourtant, il est né dans les Cornouailles et chante dans la langue de Shakespeare. Le spectacle est sold out !

 C’est en 2007 que Charlie rencontre Peter Gabriel. Ce dernier l’invite à assurer la première partie de sa tournée européenne. Deux ans plus tard, il publie son premier long playing, « Hobo », qu'il étrenne sur tous les continents. En 2011, il embraie par « Running Still ». Considéré comme un tournant dans une carrière, son troisième, « Curio City », vient de paraître. Sur son propre label. Enregistré au sein de son studio londonien, il est celui de la maturité. Charlie s’est chargé de toute l’instrumentation, sauf des drums. Il en a assuré également la production. Mixé par Ruahdri Cushnan (Ed Sheeran, Mumford And Sons), l’LP marque un virage électro.

Le supporting act est assuré par le nouveau batteur de Charlie, Sam Walker. Un homme-orchestre, qui se réserve la guitare électrique ou acoustique, les percus, le synthé et le chant. Il est venu défendre son premier elpee, « Point ». C’est Charlie en personne qui vient présenter son musicien, appelé à squatter le podium toute la soirée. Sympa ! 30 minutes de set qui démarrent à 19h45. Après avoir interprété un premier titre paisible, l’artiste commence à mettre du rythme dans ses compos. Sa voix est assez particulière et il excelle tant à la gratte acoustique qu’électrique. Il est assis sur un cajon, pas seulement pour s’en servir comme siège, mais pour le marteler du pied à l’aide d’une pédale de grosse caisse. Il parle à la foule entre ses compos ; et en français !

Sam s’accompagne à la fois aux claviers et aux percus sur la jolie ballade « This Is The Blues » ; et s’en sort parfaitement. Plage d’ouverture de son opus, « Dreamtime », permet à la voix et la six cordes de s’envoler graduellement. Dominé par les claviers, « Blood Cells » baigne davantage dans l’électro. Pas mal du tout ! Sa palette de styles est variée. Elle est même diablement capable de se colorer de folk, de bluegrass ou de rockabilly.

C'est la troisième fois que Charlie affronte le public de l'Ancienne Belgique. Le backing group de Charlie a été renouvelé. Plus de Ben Edwards à l’harmo, ni de Medi à la batterie, remplacé, bien sûr, par Sam Walker. Le line up est complété par un bassiste chevelu, et surtout talentueux ; et d’un claviériste, qui harangue constamment la foule. Hobo est vêtu d'un costume trois pièces à damiers verts pailletés et coiffé d’un chapeau mou neuf de la même couleur que le costard. Il se plante au milieu de la scène, sur une estrade surélevée et lumineuse. En arrière-plan, juste derrière le drummer, 8 rangées d'immenses miroirs vont se mouvoir en fonction du light show.

Pendant l’intro, la scène baigne dans les lumières bleues. Charlie est précédé par ses trois musiciens, pour monter sur le podium. Le set s’ouvre par « Too Long », une plage issue du nouvel elpee. La setlist épinglera d’ailleurs 9 autres pistes de ce disque : « Evening Comes »,« Truth », « Lately » , « Wilderness », « Say Something », « Another Trigger », « Just Saying », « A Light (Day) » et « A Light (Night) », morceau qui termine le show.

L’auditoire écoute religieusement ses compos les plus paisibles. Puis prend manifestement plaisir à écouter ses nouvelles chansons au profil davantage électro. A l’instar de « Just Saying » et « A Light (Day) », deux pistes découpées dans les guitares funkysantes qui invitent à rejoindre le dancefloor. Et même « In Your Hands » a subi le même traitement. Charlie en profite pour faire son jogging dans la fosse qu’il termine en hauteur sur un fly-case, juste à gauche de la table de mixage. Il va également saluer sa maman assise au troisième rang du balcon.

Le fond de commerce de Winston demeure bien sûr ancré dans le folk/pop. Des chansons contagieuses qu’on se surprend à fredonner sous la douche. Caractérisé par son sifflotement, « Lately » en est un parfait exemple.   

Charlie pousse la chansonnette sur « Saint-Claude » de la Reine Christine et embraie par le bouleversant « I Love Your Smile ». Un grand moment du concert au cours duquel le public donne de la voix. A la sauce électro, « Like A Hobo » enflamme littéralement l’auditoire, avant qu’« A Light (Night) » n’achève le show en douceur.

Lors du premier rappel, on a droit à trois titres. D’abord « Constant Sorrow / Speak To Me » que votre serviteur découvre pour la première fois. Puis une cover surprenante et chargée d’émotion du « Back To Black » d'Amy Winehouse, qu’il dédie à deux amis décédés. Et enfin « Kick The Bucket », au cours duquel il danse comme un automate, alors que le light show monte du dessous de la petite estrade, sur lequel Charlie est érigé.  

Second rappel sous les applaudissements, avant que Charlie Winston n’attaque « My Life As A Duck », a capella. Showman hors pair, il nous a accordé un excellent concert, ce soir. Sa voix, la richesse de l’instrumentation et l’excellent son, même si la basse me paraissait légèrement vrombissante, ont fait le reste…

Setlist :  Intro – Too Long (Jump On The Back)– Evening Comes – Truth –Lately – Wilderness – Say Something – Suburbs– Another Trigger– Hello Alone – In Your Hands – Saint-Claude (Christine and The Queens cover ) / I love Your Smile – A Light (Day) – Just Saying – Generation Spent – Like a Hobo –A Light (Night)

Rappel 1 : Constant Sorrow / Speak To Me – Back To Black (Amy Winehouse cover) – Kick The Bucket

Rappel 2 :  My Life As A Duck (a capella)

(Organisation: Live Nation)

Voir aussi notre section photos ici

mercredi, 06 mai 2015 19:56

My Fairy Tales

Nneka est née à Warri, une mégalopole nigériane cernée par les entreprises de raffinerie, où, très jeune, elle donne de la voix dans la chorale de sa paroisse. Un événement dramatique la pousse à s'exiler en Allemagne, le pays de sa mère, à l'âge de 19 ans, où elle étudie l'anthropologie à l'université de Hambourg.

Nneka pratique une forme de néo-soul. Sa notoriété, elle se l’est forgée en sortant constamment des sentiers battus. « My Fairy Tales » constitue son cinquième elpee. Et pour la circonstance, elle a décidé d’explorer davantage l’univers de l’afrobeat.

L'album a été enregistré entre la France, le Danemark et le Nigéria. Cinq chansons sont produites par le Français Mounir Maarouf, deux par le collectif danois Silver Bullit mais également une par The Slag, aka Marcus Nigsh et Nneka herself. Le tout a été mixé par James Bonzai Caruso qui a notamment bossé pour Method Man et Mary J Blige.

Le thème de l’opus aborde les aspects positifs de la relation amoureuse, le sens de la responsabilité à l’égard les enfants, l'importance de la culture, de l'éducation et des valeurs identitaires.

« Believe System » consomme ses premières doses d'afrobeat. Un véritable retour aux sources pour cette belle jeune femme dont la voix douce et sensuelle est très susceptible de vous envoûter. Un peu comme lors d’une séance du culte vaudou. Caractérisé par ses excellentes vibrations, « Babylon » nous entraîne à Kingston. Un des meilleurs titres du long playing.

« My Love, My love » et « Book Of Job » constituent les deux premiers singles extraits de cet opus. Des sonorités dub et reggae envahissent « Book Of Job », une compo dont la thématique se penche sur le bien et le mal. Trop court, « My Love, My Love (Reprise) » est tout à fait dispensable. Mais il est la suite logique du titre précédent. « Local Champion » est criblé de dub. Subtilement électro, « Surprise » incorpore des tonalités afro et caribéennes. Nneka plaide la cause africaine à travers « Bray For You ». Et dénonce les forfaits perpétrés par Boko Haram aux femmes. Et l’LP de s’achever par un nouveau titre d’électro/dub, « In Me ».

mercredi, 06 mai 2015 19:48

Gauff' Qui Peut !

En 2003, Les Gauff'’ Au Suc’ tirent leur révérence après avoir publié « Vamos A Las Vegus ». Supposé posthume, « Un Dernier Pour La Route » paraît l’année suivante. Puis silence radio. En 2014, le groupe liégeois fête ses 20 ans d'existence et remonte sur les planches pour quelques concerts. Quarante dates quand même. Le suc n’a plus droit au chapitre.

Le combo vient enfin d’enregistrer un nouvel opus, intitulé « Gauff' Qui Peut ! » Le line up actuel réunit Francis Joskin à la guitare et au chant, Willy Peters à la basse, Pol Boubiet aux claviers, Marcel Teugels aux drums et le disc jockey DJ Didjé. Le livret qui accompagne l’elpee est préfacé et illustré par Pierre Kroll.

Les Gauff' avec ou sans suc, permet une totale déjante. L’humour au troisième degré y est garanti. En ‘live’, leur bonne humeur est communicative. Ce sont un peu les petits frères de Jean-Luc Fonck (Sttellla). La belgitude dans toute sa singularité, boostée par une bonne dose d'autodérision.

« Ah Quel Bonheur (Les Plaisirs Solitaires) » et « T'Habites Denain (Un Peu De Géo) » abordent, évidemment, des thèmes scatologiques. On y visite toutes les villes de Wallifornie (lagéo) pour une petite leçon d'anatomie humoristique (la bite de nain). « Assis D'Ici (Le Bon Gros Hard Rock Pour Les Petites Personnes » rend un hommage bien perso aux dinosaures aussies. Avant qu’ils débarquent à Dessel, en juillet prochain. Le printemps est propice au jardinage. Il est donc temps d’y cultiver des zygomatiques, en semant des « Youpla (Leçon De Plantage De Chicon) » déjantés. « DiX Jockeys (Faites-Nous Dix Bises d'Ibiza) » adresse un clin d’œil à Nile Rodgers. Et invite à rejoindre le dancefloor. « Je suis Bien (Marcel Au Soleil) » nous relate des vacances passées à la Mer du Nord. « Tout Petit Pays (L'hymne à notre Belgique) » prend à contre-pied The Experimental Tropic Blues Band, et tout particulièrement leur concept album, « The Belgians », mais dans l’esprit d’Elmer Food Beat.

« Montrez-Les Nous (Naked Blues) » campe un slow langoureux (NDR : qui a dit crapuleux ?) et cuivré… Et si même les filles le disent… « Le Cowboy Kabon (Pas pour Les mous) » pourrait servir de B.O pour un western, dont l’épilogue se produirait dans une 'barake à frites'. Dérision subtile ! « Ca N'ira Pas sais-tu (Enfin un rap intelligent) » marche sur les traces des R'tardataires. Et « La Minute De Silence (Pour Toutes Vos Manifestations Funestes) » clôt cet LP particulièrement réussi, dans le style. L'accent principautaire est de  rigueur pour un vrai moment de bonheur….

 

dimanche, 19 avril 2015 01:00

Vraiment de belles voix…

Une belle soirée est programmée à deux pas de chez moi. Au Salon de Silly, une structure organisationnelle affiliée à Club PlaSMA (Plateforme des Scènes de Musiques Actuelles). Un passage obligé en Wallifornie pour les artistes et groupes émergents, mais également confirmés. Ce soir dans le cadre de l'échange linguistique 'Interclub Tour', le Salon présente une formation issue du Nord du Pays, The Spectors. Elle assure la première partie d’Experimental Tropic Blues Band, trio liégeois qui est venu présenter son concept album « The Belgians ».

Le line up implique trois jolies gonzesses : Marieke Hutsebaut à la basse et au chant, Hannah Vandenbusshe à la seconde voix et aux synthés ainsi que Stéphanie Mannaerts aux drums. Le line up est complété par deux gratteurs, Emiel et Maxiem Charlier ; ce dernier se chargeant également des parties vocales. Le combo brugeois vient de publier un premier elpee, « Light Stays Close », un disque dont l’expression sonore oscille entre new wave, indie rock et dream pop. Il a été enregistré sous la houlette de Chris Urbanowicz, ex-guitariste d'Editors.

Le band ouvre le bal par « Green Eyed Monster », une compo extraite de l’LP, caractérisée par une longue intro atmosphérique. Ce qui permet aux musicos de rentrer dans leur set. Hannah possède également un beau timbre et le démontre sur le très beau et séduisant « Flakey ». Place ensuite au titre maître de l’opus, avant d’aborder « Like Sand », une compo caractérisée par sa ligne de basse épurée. Conjugués, les vocaux des deux filles sont envoûtants. La frappe de la drummeuse est appliquée, métronomique, mais surtout efficace. Maxiem Charlier chante énergiquement « Going Down », un morceau issu du premier Ep. Et Marieke, tout en douceur le plus pop « Wish Me Away », un titre souligné d’interventions de cordes délicates. Elles deviennent même limpides tout au long de « Wrong », avant que le spectacle ne s’achève par les vaporeux « Nico » et « Drone ». Dommage que les musicos soient aussi statiques sur l’estrade, et puis que le volume sonore ait été aussi puissant. Ce serait à la demande du groupe. Néanmoins, The Spectors a assuré de belle manière son rôle de supporting act pour The Experimental Tropic Blues Band, dont le compte rendu est ici

(Organisation : Silly Concerts ASBL)

 

 

vendredi, 24 avril 2015 01:00

Soirée fitness!

Le concert de Skip&Die est sold out. La formation a cependant refusé de se produire dans la grande salle qu’elle aurait pu remplir aisément. La raison est simple : elle souhaite rester le plus proche possible de son public et bien sûr de ses aficionados. Le line up de S&D est partagé entre Sud-africains et Bataves. Le combo est venu défendre son troisième opus, « Cosmic Serpents », paru fin mars dernier. Un disque publié sur le label bruxellois, Crammed Discs. Pas étonnant, puisque les musicos fréquentent régulièrement la capitale de l’Europe. Côté inspiration, le band puise d’abord ses sources dans la musique d’Amérique du Sud, du Moyen-Orient et de l’Inde. Une chose est sûre, la soirée s’annonce festive…

La première partie est assurée par d’excellent entertainers, nés pour la danse et la fête : Throes and The Shine. Issu de Lisbonne, le groupe implique deux Angolais, aux vocaux. Son expression sonore est le fruit d’un mélange d’électro, d’afro-house, de ku duro, de benga, et de rock, mijoté à la sauce contemporaine. Le tout est agrémenté de break dance et de semba (danse angolaise). Le ku duro, (littéralement 'cul dur' dans la langue de Gil Vincente) est une musique traditionnelle de cette ancienne colonie portugaise. C'est un autre combo lisboète, Buraka Som Sistema, qui l'a popularisée à travers le monde. Un pur bonheur pour les jambes, le popotin et les oreilles.

Diron Shine et Mob assurent le chant. Le premier est musclé et a enfilé un marcel coloré. Ils sont soutenus par Igor Domingues aux drums et percus, Marco Castro à la guitare, aux synthés et machines ainsi que Rafael Silva à la basse. Throes and The Shine (chapeau sur la tête) va mettre le feu à l'AB Club et la transformer en boîte de nuit. Les musicos montent d’abord sur l’estrade. Ils sont suivis par les deux vocalistes. Dès l’intro, l’invitation est claire : ‘Everybody's, clap your hands !’ L’auditoire s’exécute. Il va zouker, jumper et danser sec sur le dancefloor. La température va graduellement monter de plusieurs degrés et atteindre son pic sur « Batida ». Deux fans audacieux montent sur l’estrade pour se défouler en compagnie de la formation. Il est temps de faire régime ? Suffit d’assister au set de T&TS et vous perdrez quelques litres, voire quelques kilos superflus. Une belle mise en jambes…

Place ensuite à Skip&Die. Catarina Aimée Dahms, aka Cata Pirata, est la chanteuse. De nationalité sud-africaine, sa tenue est particulièrement excentrique : elle porte une longue cape bleue, un short blanc à froufrous assorti au chemisier et est chaussée de bottes guêtres fantaisistes de couleur noire. Sa chevelure est constituée de longues tresses en mode dreadlocks. Et malgré cet aspect extérieur un peu farfelu, elle est plutôt jolie. Soirée fitness, puisque dès qu’elle monte sur les planches, elle entame son jogging. Le sourire aux lèvres. Tout en rappant ou chantant. Et d’une manière impeccable, s'il vous plait ! Le line up est complété par le drummer/percussionniste Gino Boombanbu, aka Bombrini, le claviériste et bidouilleur Jori Collignon ainsi que Daniel Rose au sitar et à la gratte.

L'intro nous plonge dans le monde oriental. Avant que « Jungle Riot » n’entame le set. Cata mêle onomatopées et chant. Tribales voire explosives, les percus nous entraînent dans les ghettos de Soweto. « Killing Aid » permet à la température de prendre encore quelques degrés. Moment choisi pour se prendre dans la tronche, « Burning Bridges », un brûlot issu du nouvel elpee. On est dans une fournaise. Pulls, manteaux, tee et sweet-shirts s'accumulent sur le bord de l’estrade et les baffles. Cocktail d'électro, de balkan music, de drum&bass et de hip hop, « La Cumbia Dictatura » permet à Cata de démontrer son aptitude à canaliser la foule. Elle la mène même à la baguette. Et pour la circonstance, évidemment, l’incite à danser. Les lyrics sont interprétés dans six langues différentes : anglais, afrikaans, zoulou, xhosa, espagnol ou portugais.

« Mami Wata » est dynamisé par les percus. Ragga et reggae contaminent « Perpetual War ». Bienvenue à Kingston ! Les artistes en profitent pour faire un break, se désaltérer et arroser le public, avant d’embrayer par un « Get Your Braai On », au cours duquel le hip hop mène la danse. Plus paisible, « Nine Dimensions » trempe dans une pop classique. Ce sera le seul moment cool du set. Nerveux, « Multi Murder » reprend sa vitesse de croisière. Cata en profite pour prendre un bain de foule. « Space Girls » achève la prestation, une autre compo pop, mais dansante, balayée par un solo de gratte psyché.

L’auditoire en veut encore, hurle, bat des pieds ou/et des mains. Soirée fitness, je l’avais déjà dit. Le combo revient alors et nous réserve une version ‘unplugged’ d’« Anti Capitalista », à la demande du public. Magique ! Et la soirée de se conclure par un « Senorita » vitaminé par les beats drum&bass, alors que le sitar emporte nos rêves, jusqu’au Taj Mahal…

(Organisation : Ancienne Belgique)

dimanche, 26 avril 2015 17:33

Arnoquins

Karavan est issu du collectif 'Les Anges', un ensemble qui avait lancé, il y a une dizaine d'années, l'intrigant projet The Black Slavics. « Arnoquins » constitue son tout premier album. Il privilégie des covers d’Arno. A la sauce Karavan, c’est-à-dire interprétées exclusivement a capella (NDR : donc, sans le moindre instrument musical). Karavan avait apporté sa collaboration à Arno pour fêter son anniversaire, dans le cadre du projet ‘One’, qui s’est notamment déroulé aux Nuits Botanique. Puis il avait assuré le supporting act du concert de Sinéad O'Connor, à l'Ancienne Belgique. C’est là que j’avais découvert la formation.

Le line up réunit Nicole Bongo-Letuppe, Marie-Ange Tchaï Teuwen, Fredy Massamba, Myriam Gilson, Djubebe Kalume, Epolo Mabita, Mister Mo et Soul T. Nicole et Marie-Ange sont les deux voix de tête. Si chacun y va de son intervention, c'est l'ensemble qui fait la différence. « You Gotta Move » de Mississippi Fred McDowell est un titre qui figure au répertoire d'Arno. Chacun y va de son intervention, mais c’est l’ensemble qui fait la différence. Plutôt soul, la version aurait pu être interprétée par un chœur gospel. L’adaptation de « We Want More » est sublime. C'est un des titres-phares du « Future Vintage » de notre albinos blanc national. La « Karavan » s’ébroue lentement, comme en concert, et nous entraîne dans son univers si particulier. Un univers qui transite de Bruxelles à Kinshasa, en passant par Niamé.

« Je Veux Nager ». Jusqu’à Ostende. Peut-être même au-delà ! Les embruns de la mer du Nord sont balayés par les human beat box. On imagine la gestuelle des artistes qui vous invite à embarquer dans leur chalutier. « Elle Adore le Noir » se célèbre le soir…

« Bruxelles » est la deuxième compo originale du collectif. Elle aborde le thème de la multiculturalité dans la capitale européenne tout en adressant un clin d’œil à Matongé. La voix de Marie-Ange y est claire et haut perchée.

Vous aimez chanter en prenant votre bain ? « Bathroom Singer » est un titre idéal pour vos ablutions. Mais en même temps, il vous donne l’envie de vous envoler vers Kingston. Et pourtant, insidieusement, l'âme d’Arno continue de planer. « Les Yeux De Ma Mère » est littéralement transcendé par les voix de Karavan. Les voix mâles, renforcées par celle d’Arno prennent l’ascendant sur « Jive To The Beat ». Et l’opus de s’achever par « Chic Et Pas Cher ». Sans doute pour parler du packaging de l’elpee, dont la superbe illustration de la pochette a été réalisée par une talentueuse photographe, Lara Herbinia.

dimanche, 19 avril 2015 01:00

Manque de peps!

Soirée Reggae Roots, ce 19 avril à l’AB. Ce n’est pas la grande foule quand votre serviteur débarque au 110 du Boulevard Anspach, vers18h30. En tête d’affiche Groundation, un groupe de reggae californien originaire de Sonoma (NDR : c’est en Californie du Nord).

Nahko and Medicine For The People assure le supporting act. Issu de Portland, dans l’Oregon, cet ensemble pratique un cocktail de hip-hop, de jazz, de country, de roots et de folk, tout en puisant ses racines dans la culture apache et portoricaine. L'Amérique profonde dans toute sa diversité ! Mais très susceptible de nous entraîner jusqu’à Kingston ! Le quatuor réunit deux préposés à la gratte électro-acoustique, Chase Makai et le chanteur et leader Nahko. Le line up est complété par une section rythmique impliquant le bassiste Thomas et le drummer Justin Chittams. Le combo compte, à ce jour, deux elpees, « On The Verge » paru en 2010 et « Dark As Night », en 2013. Et il a déjà réalisé les premières parties pour Michael Franti, Trevor Hall, Xavier Rudd et Soja.

Pas grand monde en début de show. Les spectateurs arrivent au compte-gouttes, mais le fan base se révèle bien actif. Faut aussi dire que leur set commence à 19h30 précises. Pourtant, dès le départ, le combo maîtrise parfaitement la situation. Nahko est une véritable bête de scène. Il bondit sur l’estrade ou arpente le podium de long en large. Il entre aussi rapidement en interactivité avec les  premiers rangs. Il excelle, tant au chant, à la gratte qu’aux claviers.

Le concert s’ouvre tout en douceur par « Aloha Ke Akua ». Nahko se consacre à la guitare électro-acoustique. Au départ la setlist était limitée à 5 titres. Elle va largement déborder, puisque le spectacle va dépasser les 50 minutes. A cause de cette intensité émotionnelle qui va permettre une totale communion entre les musicos et l’auditoire. Et puis de certaines attitudes. Comme celle au cours de laquelle les trois frontmen s’accroupissent, dos au public, devant le drummer. Responsable d’un solo d’enfer, il faut le souligner. Finalement, il n’y manquait que les percus (NDR : comme sur les vidéos postées sur YouTube), pour dynamiter leur prestation. Ce qui n’a pas empêché Nahko and Medicine For The People de chauffer idéalement l’ambiance avant de passer au plat de résitance. (Pour les photos voir ici)

La 'Groundation Day' est une fête importante de la Rastafariculture. Ce qui explique le choix du patronyme de ce combo yankee qui se réclame d’un nouveau genre, né de la rencontre entre du reggae roots authentique et du jazz à la fois cool et visionnaire. Le tout stimulé par du dub. Imaginez une rencontre hypothétique entre Bob Marley, Miles Davis, Burning Spear et John Coltrane, et vous aurez une petite idée du style proposé. Le band est drivé par Harrison Stafford. Un barbu qui se réserve le micro et la gratte. Il est soutenu par Marcus Urani (claviers, mélodica) et Ryan Newman (basse), des étudiants en musicologie, mais surtout des dingues de jazz et de reggae. Ils sont venus défendre leur huitième elpee, « A Miracle », un disque dont la pochette a été réalisée par Neville Garrick, directeur artistique de Bob Marley, à l’époque de « Rastaman Vibration », un long playing gravé en 1976. Lors des sessions, ils ont reçu le concours de ses deux anciennes choristes, en l’occurrence, Marcia Griffiths et Judy Mowatt. Elles ne participent cependant pas à la tournée. Pour la circonstance, elles ont été remplacées par Kim Pommell et Stephanie Wallace. Le line up est complété par le trompettiste David Chachere, le drummer Te Kanawa Haereiti, aka Rufus, et Mingo Lewis Junior aux percus et congas.

C’est sous un tonnerre d'applaudissements que Groundation (Pour les photos voir ) monte sur les planches. Evidemment, il y a pas mal de dreadlocks dans la fosse. Votre serviteur est bien assis au balcon et domine la situation. Le concert est presque sold out. Il fait très chaud et l'ambiance est à la fête. Balisé par les cuivres, « Libération Call » ouvre le set. Le spectre de Jah Rastafari plane. Les deux choristes ont un fameux coffre. Et parfois, la puissance de leur voix dépasse celle d'Harrison. Elles dansent, alors que les autres musicos sont plutôt statiques. Le mélodica met le nez à la fenêtre sur « Head Strong », un extrait d’« Each One Teach One », un LP paru en 2001. Iron y trace une longue ligne de basse. Marcus Urani improvise aux claviers sur « Riddim Hold Dem », une plage tirée du nouvel opus. Malgré un excellent départ, le set commence progressivement à patiner. Les impros jazzyfiantes s’éternisent. Et une certaine lassitude commence à m’envahir… La formation revient à Couleur Café cet été, et j'espère qu’elle manifestera davantage de ‘peps’. Franchement, votre serviteur avait déjà eu l’opportunité d’assister à un de leurs concerts, dans le cadre de ce festival, et il m’avait beaucoup mieux botté. Une petite déception, à contrario de Nahko, dont le concert m'a vraiment plu et que j'ai hâte de revoir.

(Organisation : Ancienne Belgique)

dimanche, 19 avril 2015 10:03

Lighght

« Lighght » constitue le second opus solo de Kishi Bashi, aka Kaoru Isshibashi, un Américain de souche japonaise. Il est d’ailleurs né à Seattle. En 2012, il avait publié un excellent premier elpee, intitulé « 151 A ». Chanteur et multi-instrumentiste, il privilégie cependant le violon. Il est même considéré comme un prodige. Il est également le vocaliste et leader du groupe de synthé-pop new-yorkais Jupiter One. Et il apporte également et circonstanciellement, sa collaboration à Of Montreal ainsi qu’à Regina Spektor.

D’une durée d’à peine 50 secondes, « Debut - Impromptu » ouvre l’opus. Une première intervention au violon surprenante, colorée et légèrement sucrée. Caractérisé par son titre abracadabrant, « Philosophize In It! Chemicalize With It! » est une piste à la fois symphonique et emphatique, qui nous entraîne au cœur d’un périple féerique. Atmosphérique, la voix de l’artiste évoque quelque peu Mika. La mélodie est accrocheuse. Electro/pop, « The Ballad Of Mr. Steak » lorgne vers Phoenix. Une compo à tiroirs balisée par le violon. En fait, lorsque d’autres instruments entrent en ligne de compte, ils se fondent discrètement dans l’ensemble et sont destinées à mettre en exergue les sonorités sensorielles produites par l’archet. Parfois Kishi me fait penser à un Nigel Kennedy qui pousserait l’audace au délire et surtout à la danse. A l'image de la superbe pochette, Kishi aborde toute une palette de styles différents, que ce soit de la pop, du psychédélisme, du folk, du jazz et même du classique.

La combinaison entre voix et violon fait absolument merveille sur « Carry On Phenomenon », une plage à la fois belle et solennelle. « Bittersweet Genesis for Him AND Her » agrège classique et rock'n'roll. Interlude, « Impromptu n° 1 » de va pas au-delà de la minute. Kishi a empoigné une gratte acoustique pour attaquer, « Q&A », un titre sculpté dans le folk traditionnel. « Once Upon a Lucid Dream (in Afrikaans) » baigne dans la pop légèrement psyché. « Hahaha Pt. 1 » et « Hahaha Pt. 2 » émargent davantage au prog/rock. Réminiscent d’un Alan Parsons Project au sommet de son art, « In Fantasia » clôt cet excellent long playing.