Tony Thewlis est un des guitaristes des Scientists. C’est également un ex-Helicopters. Il est australien, même s’il réside à Londres depuis 1987. Il participe également à différents projets. Dont deux plus personnels : Interstellar Villains et The Scoundrelles. Le line up des Scoundrelles est plutôt à géométrie variable. Il est constitué d’une majorité de Britanniques. Et pour enregistrer leur deuxième opus, la formation a bossé au sein de 4 studios différents, tantôt à Londres, tantôt à Memphis.
Découpé en 14 morceaux, « Atomic batteries to power » évolue au sein d’un univers noisy/psychédélique, mais plus pop que rock, à contrario de la bande à Kim Salmon. Des références ? Mercury Rev, Alex Chilton et Galaxie 500. Enfin pour les plus évidentes. Et c’est plutôt un bon choix. Les mélodies sont très souvent sinusoïdales. Les harmonies vocales falsetto. Les accords de guitare chargés de feedback, chatoyants, scintillants et savoureux.
L’elpee recèle deux covers. Tout d’abord une version très contemporaine du « Don’t know why » de Neil Innes du Bonzo Dog (Doo Dah) Band, ensuite une reprise abrasive du « Rocket USA » de Suicide. La formation a heureusement le bon goût de diversifier son horizon sonore. Plus basique, « Head on » lorgne vers les Flamin’ Groovies, alors que particulièrement allègre, l’alt country/rock « Present forever » évoque plutôt Wilco. Quant à « The girly song », son emphase nous entraîne dans un univers ‘philspectoresque’, réminiscent de Moot The Hoople. En fin de parcours The Scoundrelles s’aventure dans le garage. Notamment lors de deux instrumentaux. Tout d’abord « Enter girls gone wild ». Malgré les cris et les braillements, il évolue à la croisée des chemins des Hoodoo Gurus, des Fleshtones et du défunt Fifty Foot Combo. « The Scoundrelles will return » ensuite. Mais le clavier est tellement vintage, que je ne puis m’empêcher de penser à André Brasseur… Cependant, le titre qui m’a le plus séduit est incontestablement « Cindy’s East ». Totalement oblique dans sa vision psychédélique, cette plage semble planer entre deux atmosphères distinctes. Etonnant ! Sans quoi, pour ma part, ce type de découverte est un véritable régal…