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vendredi, 25 mai 2007 00:19

Le bonheur de Hot Hot Heat

Le troisième disque des Canadiens de Hot Hot Heat verra le jour le 10 septembre prochain. Intitulé « Happiness LTD. », il contiendra le titre « Harmonicas & Tambourine » pour lequel la formation utilise quatre batteries en même temps ainsi que « Outta Hearts » que le leader, Steve Bays, décrit comme ‘la chanson la moins Hot Hot Heat qu’on ai jamais faite’. Patience.

jeudi, 24 mai 2007 19:08

Une histoire de casquettes...

The Jai Alai (prononcez The hi-a-lie-sa-vant) est un sport populaire mais particulièrement dangereux pratiqué au nord-est des Etats-Unis. Soit dans le Rhode Island, le Connecticut et la Floride. Ce sont d’ailleurs les seuls états où il est autorisé. Les joueurs le plus talentueux sont surnommés Jai Alai Savant. C’est également le patronyme choisi par un trio fondé par Ralph Darden. Préposé à la guitare, au chant, compositeur et lyriciste, ce musicien noir porte, en outre, de multiples casquettes. Il nous en parle au cours de cette interview. Mais tout d’abord, pourquoi avoir choisi un nom aussi difficile à prononcer pour son groupe ?

« Avant de fonder la formation, je savais déjà que j’allais l’appeler The Jai Alai Savant. Cette idée remonte à l’époque où j’étais coursier à Philadelphie. Ce métier fait partie de la liste des 10 activités les plus dangereuses au monde. Parmi les autres, on y trouve plongeur, chauffeur de taxi à New-York et la pratique du Jai Alai. Ce sport puise son origine au Pays Basque (NDR : on suppose qu’il s’agit de la pelote basque revue et corrigée suivant la philosophe yankee ; pensez au soccer devenu aux States le football américain) et a émigré en Floride via Cuba. On y dénombre de nombreux blessés à l’issue des rencontres, parfois graves ; et 3 à 4 personnes y perdent la vie tous les ans. En outre, ce sport suscite des paris clandestins… J’ai réfléchi à cette situation et en choisissant ce patronyme, j’ai voulu souligner ses risques » Tiens quelque part, ce Jai Alai me fait penser au film culte ‘Rollerball’. L’occasion de lui poser la question. « Non, sincèrement, je ne l’ai jamais vu. Mais au vu du scénario que tu me décris, je ne vais pas tarder à essayer de me le procurer pour le visionner… » Avant de s’installer à Chicago, Ralph a donc vécu à Philadelphie. Mais quel est son parcours comme musicien ? « Il y a neuf ans, je jouais au sein d’un groupe qui répondait au nom de Franklin. Lorsque cette aventure s’est terminée, j’ai essayé de développer mes talents comme producteur. J’ai toujours aimé toucher un peu à tout. Comme jouer de différents instruments. Ou écrire des chansons. Finalement, je me suis lancé dans un projet solo. Et j’ai commencé à chercher des collaborateurs pour me produire en ‘live’. J’ai toujours été attiré par la scène. C’était il y a 5 ou 6 ans. Depuis, le line up a subi six changements avant de trouver sa formule définitive. La dernière en date est celle en compagnie de laquelle je tourne actuellement… »

Deuxième casquette, Ralph s’est forgé une réputation de DJ sous le pseudonyme de Major Taylor à Philadelphie, auprès des Diplo et autre Hollertronix. Mais depuis qu’il a émigré à Chicago, enflamme-t-il encore les soirées des dancefloors ? « Plus à Philly ! Mais bien à Chicago. J’aime jouer sur cette dualité de mon identité. Et passer de l’une à l’autre. Avant même de jouer au sein de Franklin, j’assumais déjà ce rôle de DJ. Et personne ne soupçonnait que je jouais aussi dans un groupe. La séparation entre ces deux registres est claire et nette. Très tranchée même. Oui, j’accomplis encore ce double job. Parce que ce sont des expériences à la fois très chouettes et excitantes. » Mais comment s’est-il débrouillé pour signer son groupe chez City Slang ? « C’est une histoire amusante. Un de mes amis était producteur à Chicago. Et il avait invité un de ses potes chez lui. Un Allemand (NDR : Christof Ellinghaus, le boss de City Slang). Il l’a conviée à une soirée, au cours de laquelle Dj Major Taylor se produisait ( ?!?!?) et lors de la soirée, ce Christof a confié à son ami que le DJ était terrible. Et mon ami de lui répondre ‘Et encore, tu ne l’as jamais vu quand il se produit avec son groupe’. Je l’ai rencontré et je lui ai remis une démo. Il est retourné en Allemagne et puis il nous a oubliés. Puis un beau jour, la démo est étrangement réapparue. L’avait-t-il retrouvée ? Toujours est-il qu’il a décidé de sortir l’ep, puis nous a invités à enregistrer l’album. Cependant, on est parti en tournée européenne avant qu’il ne paraisse… » (‘Flight of the bass delegate’ est sorti le 7 avril). Pour enregistrer cet opus, TJAS a reçu le concours de quelques collaborateurs et notamment de cuivres. Ralph précise : « Oui, oui, tout à fait ! Bruce Lemon, tout d’abord. Un saxophoniste qui joue chez Jacuza (orthographe non garantie). Le trompettiste Fred Erskine. Il était chez Hoover. A une certaine époque nous nous sommes côtoyés au sein de Just A fire. Un musicien fantastique ! Il joue aussi du clavier. Damon Locks du groupe The Eternals (mais aussi de Trenchmouth) aux backing vocaux. Damien Thompson des Watchers. Il se charge des percus sur deux ou trois plages. Si jamais ces gars tournent à Chicago, ils mettront un point d’honneur à venir nous voir sur scène. Et ils n’hésiteront pas à monter sur les planches pour nous rejoindre. J’estime que recevoir la collaboration d’invités est une expérience très enrichissante… » Et pour la production ? (sur le ton de la boutade) « Major Taylor (NDR : c’est lui !) Je suis très satisfait de son travail. Il a été très coopératif sous tous les domaines. J’émets les idées, fixe les objectifs et il les met en pratique. En outre, il n’est pas avare de suggestions. Non, vraiment, nous avons eu beaucoup de plaisir à travailler ensemble » (NDR : comme quoi le dédoublement de personnalité…) Troisième casquette ! Le tout premier Ep, ‘Thunderstatement’ était paru sur le label d’Omar Rodriguez (Mars Volta), Gold Stadard Lab. En 2005. A-t-il encore des nouvelles d’Omar. « Il y a un bon moment que je ne lui ai plus parlé. Il possède un appartement à Brooklyn, mais il n’y habite pas. La dernière fois, c’était lors d’un festival musical à New York. Et j’ai séjourné quelques jours chez lui. Dès qu’on aura l’occasion de se revoir, ce sera les grandes retrouvailles… »

Ralph est un grand amateur de BD. Américaine, bien sûr. Et de science fiction en particulier. Pensez à Batman et Spiderman. On lui prête même des talents de dessinateur. Et ce septième art inspire inévitablement les lyrics de ses chansons. « Batman et Spiderman, je les adore. Ils m’inspirent. Hulk également. Sans oublier les personnages qui illustrent Gorillaz. En chacun de nous vit le combat entre le bien et le mal. Mais qu’on ne s’y méprenne pas, je suis davantage fan d’artistes que de personnages. Personnellement, l’auteur qui m’a le plus marqué est Frank Miller. L’influence de la BD américaine est énorme dans mes textes ; et j’y insère volontiers des messages cachés. Quelque part, il faut être initié pour comprendre leur signification. Dans cet univers, j’ai créé un super héros et mon écriture est guidée comme si c’était le scénario d’un comic book. Un concept album, si tu préfères, mais adapté à la BD. » Quatrième casquette !

Le reggae, le ska, le dub et le punk sont les principales composantes de la musique de The Jai Alai Savant. Les influences majeures sont ainsi partagées entre Bob Marley, Peter Tosh, King Tubby, Jah Wobble, Fugazi, The Specials, Madness et The Clash. Ralph acquiesce : « Tous ces groupes ont manifestement eu une influence majeure sur notre musique. King Tubby, bien sûr. Fugazi ? Tout le monde aime Fugazi. Mais en particulier The Clash. C’est un peu un modèle pour moi. Sa production musicale est énorme et pourtant, il n’avait jamais eu peur d’expérimenter. On y recelait du punk, du reggae, du rockabilly, du rock, mais aussi du disco, n’ayons pas peur des mots. Même du rap. Mais je ne voudrais pas que le public imagine que nous n’incarnons que la somme de toutes ces influences. C’est une erreur. Ecoute attentivement notre album, et tu te rendras compte que note musique possède sa propre personnalité. Quarante ans plus tôt, quand un groupe avait emprunté un créneau, tous les albums subséquents étaient de la même trempe. Du même style. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. D’ailleurs, j’ignore encore comment notre prochain va sonner. » Ralph Darden possède un timbre vocal qui rappelle tantôt Perry Farrell, tantôt Sting. De là à aimer Janes’s Addiction, Porno for Pyros ou The Police… Pirouette, je lui demande s’il s’est procuré un ticket pour un des concerts qu’accordera The Police lors de la tournée mondiale de reformation qui passera par les States. (rires) « J’aimerais bien, effectivement. C’est un groupe énorme. Mais je reste méfiant. Ceux qui ont pu les voir au cours des années 80 risquent d’être déçus. C’est un peu triste. Oui, je compte y aller. Ils sont à l’affiche, à Chicago. Mais les tickets ne sont pas pour rien… » En ce qui concerne Perry Farrell, Ralph est conscient des affinités que son timbre partage avec Perry Farrell. « Tu nous compares à Jane’s Addiction ? C’est bizarre. Lorsque j’avais16 ans, absolument. Et en particulier le groupe Franklin. Un power rock band avec deux guitares. A l’époque, l’objectif était de fonctionner comme groupe. Et mon chant était comparable à celui de Farrell. Mais plus celui de Porno for Pyros que de Jane’s Addiction, parce que je n’y ressentais pas de provocation. Et puis j’ai toujours eu un petit faible pour leur tout dernier album (NDR : ‘Good God's Urge’ paru en 1996). » Certains médias n’ont pas hésité à étiqueter The Jai Alai Savant comme le TV On the Radio du reggae punk. Qu’en pense Ralph ? « Franchement je ne vois vraiment pas de similitude. Ce n’est pas une insulte, mais quand même. Mais il faut être conscient d’un phénomène, une fois que ton disque est sorti, tout t’échappe et on est parti pout les comparaisons en tous genres. Et il faut accepter ce jeu là. Maintenant, si cette analogie te satisfait, alors je peux le considérer comme un compliment. Ce n’est pas un problème. Mais personnellement la seule comparaison valable qui puisse exister, c’est que le chanteur est noir comme moi. Finalement, je préfère qu’on me compare à The Police, les affinités sont plus évidentes… »

Sur la chanson ‘Scarlett Johansson why don’t you love me’ (Née à New-York en 1984, Scarlett Johansson est une actrice de théâtre et surtout de cinéma qui a notamment joué dans ‘L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux’, ‘Lost translation’, ‘Match point’, ‘La jeune fille à la perle’, ‘The Island’ ou encore ‘Scoop’. En 2007, elle s’est lancée dans la musique et a décidé d’enregistrer un album de reprises consacrées à Tom Waits), il y a un riff calqué sur le ‘My Sharona’ de The Knack. Etait-ce délibéré ? « Ah non, pas du tout. Ce n’est pas un problème pour moi d’effectuer l’un ou l’autre emprunt, mais pas le ‘My Sharona’ de The Knack. Je déteste cette chanson ! (je lui mime le riff) Ouais, mais tu n’es pas le seul à me l’avoir fait remarquer. Damon Locks de The Eternals, également. Mais ce n’est pas un emprunt » (il mime à son tour le riff). Et dans le même registre, ‘Arcane theories’ prélève quelques notes à ‘Can you feel it’ des Jackson 5. « Oui, petite canaille. Tu l’as décelé. Mais j’ai écrit cette chanson, il y a quelques années (il chantonne). Elle figure sur le dernier bon album enregistré par les Jackson 5 ; et je me suis dit que ce serait cool de l’utiliser. » Je sors une photo du groupe pour lui demander un autographe et instantanément, il réagit : « Ce n’est pas une bonne photo ; depuis les deux autres musiciens ont été remplacés ». Je lui explique que ce n’est pas grave et que c’était simplement pour immortaliser notre rencontre à travers quelques mots transcrits de sa main sur cette photographie… Ajoutant qu’il ne n’était pas possible de recueillir son seing sur la pochette, car elle était trop noire (il éclate de rire).

Merci à Vincent Devos

 

 

jeudi, 24 mai 2007 18:39

The Air Force

Jamie Stewart, dandy postmoderne à la voix théâtrale, rejeton malade de Mark Hollis et de Michael Gira, exorcise ses démons à chacun de ses disques, ici le cinquième. L’amour, la haine, la foi, déclamées avec l’emphase d’un damné de la terre, qui gigote sur le bûcher des vanités en espérant l’absolution ultime. Intime : onze ‘fioretti’ d’un créateur dément qui hésite sans cesse entre l’ascèse et le courroux, la nudité et la pudeur. Des chansons pop, aux ailes brûlées, à la colonne de travers : s’y entremêlent beats criards et guitares foudres, drones d’amour et folk plaintif. Produit par Greg Saunier, des incroyables Deerhoof, « The Air Force » résonne d’une étrange fureur qui tourmente en même temps qu’elle fascine. Une œuvre qui brave tous les interdits, comme si Scott Walker et Kid 606 dansaient la gigue sur les berges du Styx. Un truc de ouf !

mardi, 17 avril 2007 03:00

Twelve

Le dernier album de Patti Smith est exclusivement consacré à des reprises. 12 standards pop/rock américains qu’elle rêvait depuis très longtemps d’enregistrer. On lui connaissait la cover légendaire du « Gloria » de Them, celle du « My generation » du Who, de « When doves cry » de Pince ou encore de « So you want to be a rock’n roll star » des Byrds. Ici, elle s’attaque brillamment au « Are you experienced, » de Jimi Hendrix, « Helpless » de Neil Young, « Gimme shelter » des Stones, « Within you without you » des Fab Four, « White Rabbits » de Jefferson Airplane, « The boy in the bubble » de Paul Simon, « Soul kitchen » des Doors, « Smell like ten spirit » de Nirvana (essentiellement au banjo, au violon et à la guitare acoustique !) ainsi qu’au « Pastime paradise » de Sevie Wonder. Par contre son adaptation d’« Everybody wants to rule the world » de Tears For Fears manque de punch et celle du “Midnight rider” des Allman Brothers de conviction. Deux titres qu’elle n’est pas parvenue à se réapproprier. Elle a bien reçu le concours de son band habituel ; en l’occurrence Lenny Kaye, Tony Shanahan et bien sûr Jay Dee Daugherty. Et fatalement, ses adaptations prendront encore une autre dimension sur les planches…

 

 

vendredi, 13 avril 2007 03:00

A potion

Ce Gantois est un pianiste très talentueux. Mais sa musique n’est pas toujours facile à assimiler. A cause de sa formation classique, c’est une évidence. Et puis du ton dramatique qu’il imprime à ses compositions. Pour la plupart, des ballades. A travers lesquelles il injecte des émotions très fortes qu'il accentue de son timbre légèrement rocailleux. En outre, il lui arrive régulièrement de tramer ses différentes lignes mélodiques sur une structure complexe, presque prog. C’est la raison pour laquelle il me fait souvent penser à la période de Peter Hammill la plus minimaliste. Et c’est à nouveau le cas sur une bonne moitié des plages de son troisième opus, « A potion ». Encore que sur certaines d’entre elles, le concours d’instruments à cordes (violon et alto) leur confèrent un aspect solennel. Et pourtant, Sioen est capable de concocter des petites perles de pop songs. Et je pense tout particulièrement à « Ready for your love (high) », sorte de croisement improbable entre Coldplay et Travis et du single ‘beatlenesque’ « No contemporary at all ». Enfin, le dernier titre de l’elpee, « I play a song for you », emprunte un style cabaret (Tom Waits ?) qu’on ne lui connaissait pas. Toute une série d’instruments inhabituels pour l’artiste, font d’ailleurs ici leur apparition, dont un harmonium, un glockenspiel, un sax ténor, une contrebasse et un saxophone. Et ma foi, cet exercice de style est particulièrement réussi. Dommage d’ailleurs que Frederik ne se soit pas risqué davantage dans cette voie. Elle lui va comme un gant ( ?!?!?)…

 

Issu du sud de l’Espagne (d’Almeira, très exactement), ce quatuor pratique une musique on ne peut plus revivaliste. Mais son grand mérite est de le reconnaître. Les références ? Sonics, Easybeats, Spencer Davis Group, Standells, Searchers, le Them et surtout la période mi-sixties des Who, Fab Four ainsi que des Kinks. En d’autres termes la pop sous sa forme la plus garage, subtilement teintée de psychédélisme ou alors imprimée sur un ‘mod’ pétillant et musculaire. Refrains contagieux, harmonies vocales limpides, ensoleillées, beatlenesques, riffs de guitare croustillants ou plaqués, basse mélodique, drums explosifs mais arides sans oublier le chouia de hammond rogné : secouez le tout et vous obtiendrez un mélange plutôt homogène qu’on croirait vraiment né il y a quatre décennies. Le combo a même poussé l’audace en restituant le son caractéristique de l’époque. A quand le retour du 45 tours ?

jeudi, 24 mai 2007 17:50

Demo tapes 1965

Mi sixties, un quintet de GI’s américains fonde un quintet : The Five Torquays. Et commence à tourner à travers l’Allemagne. Rapidement, il change son patronyme en Monks et entre en studio pour y enregistrer un premier album : « Black monk time ». Se proclamant l’antithèse des Beatles, la formation pratiquait une sorte de pré-garage/punk caractérisée par un banjo électrique dérangé, des drums sans cymbales, des vocaux frénétiques, une guitare tour à tour surf, chargée de feedback ou triturée par la pédale wah wah (le soliste aurait-il influencé Jimi Hendrix ?), des lyrics dadaïstes ainsi qu’une intro quasi-systématique de leurs compos réservée à l’orgue d’église. Sans oublier le (très) peu d’attention accordé au sens mélodique. Julian Cope leur a réservé un espace dans son livre. Ce qui explique, sans doute, le regain d’intérêt pour cet ensemble dont le drummer est décédé en 2004. L’opus a bien sûr été remis en forme. Et recèle deux compos des Five Torquays ainsi qu’un inédit. 

jeudi, 24 mai 2007 17:13

Art Pop

« Art Pop » constitue le second album de Githead, le nouveau projet de Colin Newman. Un quatuor au sein duquel militent également deux ex-Minimal Compact, en l’occurrence son épouse, Malka Spiegel, et Max Franken ainsi que Robin Rimbaud (Scanner). Bref que du beau monde réunis au sein de cette formation responsable d’une musique inévitablement inspirée par Wire. Mais en moins frénétique. Pas au point de reprendre le flambeau des œuvres concoctées par Colin en solitaire, mais en y puisant l’essence mélodique. Pour ne pas dire mélancolique. Et puis il y a la basse de Malka. Tour à tour reptilienne, viscérale ou ténébreuse. Sans oublier sa contre-voix qui neutralise les inflexions déclamatoires de Colin. Chez Githead, il y a deux guitares. Bringuebalantes, psychédéliques, staccato, ‘mybloodyvalentinesques’, elles s’intègrent parfaitement au sein d’une texture électro ambiant énigmatique, insidieuse, vénéneuse, hypnotique mais aussi parfois aussi complexe. Parmi les onze plages de cet excellent opus, j’épinglerai l’obsessionnel « Drive by », réminiscent de P.I.L., le contagieux « These days », un « Jet ear game » sculpté dans le krautrock robotique (Can ?), « All set up », qui aurait pu figurer sur « 154 » et enfin « Lifeloops », un superbe morceau électro-acoustique imprimé sur un mid tempo. De l’« Art pop » dans toute sa splendeur… 

 

jeudi, 24 mai 2007 14:42

Keren Ann

Je dois avouer que jusqu’à ce jour, les albums de Keren Ann m’étaient complètement passés au-dessus de la tête. Et pourtant, elle compte à son actif cinq opus solo et trois concoctés à travers différents projets. Née le 10 mars 1974, en Israël –à Césarée très exactement– elle possède des ascendances multiples : son père israélien est d’origine russe et sa mère est la fille d’une Javanaise et d’un Néerlandais. En outre, elle a vécu aux Pays-Bas jusque l’âge de 11 ans avant de s’installer à Paris. Aujourd’hui elle partage son existence entre New York, Paris et le nord d’Israël où elle a acheté une maison ; et bien sûr les villes qui accueillent ses tournées ou ses sessions d’enregistrement.

Bref, venons-en à son opus éponyme, dont le premier titre, « It’s all a lie », m’a immédiatement fait flasher. Et pour cause, brumeux, narcotique, il s’inscrit dans la quintessence des œuvres de Mazzy Star et de Cowboy Junkies. Il y a d’ailleurs un petit quelque chose de Hope Sandoval dans le timbre vocal de Keren ; mais aussi d’Ana Domino. Et tout particulièrement les inflexions jazzyfiantes. Pour enregistrer ce disque éponyme, elle n’a plus fait appel à Benjamin Biolay, mais bénéficié du concours de Joe Baresi (Tool, Queens Of The Stone Age) au mixing. Pas de panique, il n’a pas mis des guitares partout. Disons que sur certains titres elles sont plus présentes. Et en particulier tout au long du blues/rock « It ain’t no crime ». En fait, la mise en forme a surtout privilégié le raffinement et l’esthétisme des sonorités (elle avoue avoir beaucoup écouté Philip Glass et Steve Reich, au cours des derniers mois). Ce qui explique la présence régulière d’instruments à cordes : violon, violoncelle, etc. Et puis la nature luxuriante des arrangements. Impliquant également harmonica et claquements de mains, « Lay your head down » en est la plus belle démonstration. Si les lyrics traitent généralement du rapport entre la musique et le voyage ainsi que la mer, aucun titre n’est chanté dans la langue de Voltaire. Huit dans celle de Shakespeare et un instrumental : « Caspia ». Une compo electro/pop/rock dominée par les programmations et les chœurs. Des chœurs que l’on retrouve tout au long de l’elpee. Vaporeux, ils enveloppent « Liberty » d’un véritable voile de mystère, sensation accentuée par les gouttelettes de piano dispensées par Keren. Parmi les collaborateurs studio, on épinglera surtout la présence d’Albin de la Simone. Il partage parfois les ivoires avec Keren. Mais se réserve souvent les claviers. Tout particulièrement sur « Between the flatland and the Caspian sea », au cours duquel son ‘hammond’ nappe littéralement la mélodie à la manière du Band. Et paradoxalement, cette chanson exhale un parfum fort proche de « Blowin’ in the wind », une chanson de Dylan, artiste qu’elle apprécie énormément. En résumé, si cet album ne risque pas de révolutionner l’univers de la musique, il s’avère extrêmement agréable à écouter. Que demande le peuple ?

 

mercredi, 23 mai 2007 22:01

There is nothing

En 2003, cette formation gantoise sortait un premier Ep. Intitulé " History make science fiction ", il m’avait immédiatement interpellé. Auteur de deux albums de bonne facture, « Acquired taste » en 2004 et « New day » l’année suivante, le groupe a démontré tout le bien qu’on pouvait penser de lui lors de ses multiples tournées. Aujourd’hui, son troisième opus devrait lui permettre d’entrer dans la cour des grands. Sur les treize titres qui ont de nouveau bénéficié de la production de l’ex T.C. Matic, Jean-Marie Aerts, deux se révèlent cependant dispensables. Ce qui n’est quand même pas mal ! Tout d’abord la ballade paisible « I’ll be alright » et ensuite « I wanna forget » (il porte bien son titre), un titre de pop rock au format seventies assez conventionnel. La formule instrumentale basique (guitare acoustique, contrebasse, piano, chant et violon) est aujourd’hui enrichie d’une gratte électrique et d’un clavier. Et la musique ne se contente plus uniquement de puiser dans le jazz, le folk, le blues ou la pop. Se frottant au funk/r&b, tout d’abord. Sur « Ask me anything », en cherchant à faire le lien entre Booker T et Parliament. Un spectre de Booker T que l’on retrouve sur « You back door ». A cause des claviers délicieusement rognés. Encore qu’au fil du temps, la plage vire au prog circa Atomic Rooster. Même la voix de Bert épouse ici les inflexions de Vincent Crane. Brrr… Parce que le timbre mélancolique, chaleureux d’Ostyn évoque très souvent un certain Mark Olivier Everett (Eels), mais aussi Henk Hofstede des Nits. Surtout sur deux titres plus raffinés, bien dans la lignée des Amstellodamois. Tout d’abord « It’s all around you » et puis le final « Silent song », un morceau minimaliste qui nous plonge dans une forme de mélancolie douce. Parmi les compos les plus électriques, « There is nothing » mérite la palme. Imprimée sur un tempo très enlevé, presque échevelé, elle réverbère des échos de guitares gémissants comme chez Mud Flow. Plus étonnant encore, le titre d’ouverture, « Plane song » libère un groove irrésistible digne de Foo Fighters. Sans pourtant négliger le sens mélodique. Un sens mélodique, avouons-le que Bert Ostyn cultive à la perfection. S’ébrouant sur les accords d’une sèche, « Stuck in reverse » monte en crescendo, s’enrichit de cordes de guitares geignardes et de claviers ‘vintage’ pour finalement se lover dans un climat proche du célèbre « I’m a man » du Spencer Davis Group ». Epatant ! Le violon de Renaud Ghilbert se met enfin en évidence sur « Nowhere to go », un titre assez rétro mais bourré de swing. Et puis tout au long de « A great height ». Ses interventions à la sensibilité jazz/tzigane illuminent ce titre presque ragtime. Si dEUS est toujours le meilleur groupe du Nord de la Belgique, Absynthe Minded risque fort de devenir, à court terme, son dauphin…