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Bernard Dagnies

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Prévu pour cet été, le nouvel opus de Beck sera produit par Brian ‘Danger Mouse ‘ Burton. Beck avait bien enregistré un single, « Timebomb », l’an dernier, mais son dernier opus, « The information », date de 2006. Pour rappel, il se produira au festival de Werchter, cet été.

Pour plus d’infos : http://www.beck.com

 

 

mercredi, 07 mai 2008 21:17

Fuck The Facts veut dégorger Mexico

La formation canadienne Fuck The Facts sortira son nouvel opus cet été 2008. Il a été enregistré sous la houlette de Craig Boychuk (Electro Quarterstaff, Propaghandi, Under Pressure) aux studios Court de Liverpool ainsi qu’à Ottawa.

Tracklisting

1) “Borders”
2) “No Return”
3) “Absence and Despite”
4) “Kelowna”
5) “As Empires Expand And Collapse”
6) “Dead End”, “Driving Through Fallen Cities”
7) “La Culture Du Faux”
8) “State Of Panic”
9) “No Place For Failure”
10) “The Storm”
11) “Apathy Is A Karma Killer”,
12) “Golden Age”
13) “The Pile Of Flesh You Carry”
14) “Sleepless”

 

Pour plus d’infos : http://www.fuckthefacts.com et http://www.myspace.com/fuckthefacts

 

 

Donna Summer nous revient avec un nouvel opus ce 9 juin. Il s’intitulera « Crayons ». Il y a dix-sept ans que la reine du disco n’avait plus rien enregistré. Pour la circonstance, elle a reçu le concours d’une pléiade de compositeurs et de producteurs dont : Greg Kurstin (Lilly Allen, Pink), Danielle Brisebois (Natasha Bedingfield, New Radicals), JR Rotem (Sean Kingston, Rihanna), Lester Mendez (Shakira, Santana) et Evan Bogart.

Tracklisting :

1. Stamp Your Feet    
2. Mr. Music    
3. Crayons    
4. The Queen is Back    
5. Fame (The Game)    
6. Sand On My Feet    
7. Drivin' Down Brazil    
8. I'm a Fire    
9. Slide Over Backwards    
10. Science of Love    
11. Be Myself Again    
12. Bring Down the Reign    

Pour plus d’infos : http://www.DonnaSummer.com

 

Le troisième opus de White Circle Crime Club paraîtra ce 19 mai. Il s’intitule "Pictures Of Stares", a été mixé par Alan Douches (Liars, Panda Bear, Bad Brains, LCD Soundsystem...) et mis en forme par Bert Aerts. Il s’agit du troisième elpee de la formation islandaise.

La formation se produira :

Le 15 mai au show Scheld'apen d’Anvers
Le 23 mai au Terminus d’Oostende
Le 5 juillet au Cahier de Brouillon d’Hoogstraten (avec Orphan Fairytale)

Tracklisting :

1) The Islanders
2) Up The Curtain
3) I Got No Wave
4) Mapless
5) Mary The Gun
6) A Real Good Name
7) Stares
8) Tiny Papers
9) Children Inhale
10) Noharmy
11) Like A Bible To Me
12) Hit Parader

Pour plus d’infos : http://www.whitecirclecrimeclub.com et http://www.myspace.com/whitecirclecrimeclub

mardi, 06 mai 2008 21:45

Here is what is

Daniel Lanois enregistre très peu pour son compte personnel. Ce « Here is what is » n’est que son neuvième album. Par contre, on ne compte plus ses collaborations auprès d’autres groupes ou artistes. Parmi les plus notoires Martha and the Muffins, Peter Gabriel, Luscious Jackson, les Neville Brothers et j’en passe. U2 et Bob Dylan aussi, évidemment. C’est même l’Acadien qui a relancé la carrière du Zim. Et puis Brian Eno. Un pote ! Qui est venu apporter son concours pour enregistrer ce « Here is what is ». En fait, il se contente de s’épancher à travers des réflexions philosophiques. Parfois mises en musique. Ce sont les interludes de cet elpee qui compte quand même 18 plages. Lanois a également reçu la participation de musiciens hors normes. Et notamment Garth Hudson (piano/claviers) ainsi que le fantastique drummer/percussionniste Brian Blade. Enregistré entre Toronto, Los Angeles et Shreveport, cet opus est en fait la bande sonore d’un documentaire du même nom. Pour Lanois, ce n’est pas une première. Ce qui explique sans doute la présence de ces commentaires ou de ces dialogues, sans grand intérêt sous leur forme audio. Dommage, car en éliminant ces plages, ce disque aurait mérité qu’on s’y attarde davantage.

Daniel se réserve l’essentiel des vocaux et des parties de guitare ; notamment la pedal steel dont il use et même parfois abuse. C’est encore un motif valable pour ne pas lui accorder une note d’excellence. Pourtant, l’opus recèle des titres incontournables. A l’instar de « Where will I be », une chanson qu’il avait écrite pour Emmylou Harris », lors de la confection de son album « Wrecking Ball », en 1995 (NDR : il l’avait même mis en forme) ; et dont la nouvelle version est dynamisée par les percussions tribales de Brian. Un Brian qui transforme en or tout ce qu’il touche. A l’instar du titre maître, un morceau abrasé par des cordes de guitares bourdonnantes, légèrement reverb, nébuleuses. Une électricité presque ‘crazyhorsienne’ qui se révèle aussi pétillante sur « Duo glide ». Mais dispensée en toile de fond, pour permettre aux harmonies vocales rares, mais limpides d’atteindre le raffinement ultime. Des harmonies vocales qui hantent également « Joy », un fragment fluidifié par un orgue vintage. De cette plaque on épinglera encore les 8’30 de « Lovechild ». La première moitié du morceau est interprétée au piano. De manière classique. Mais une forme de classique légère et contemporaine. Avant d’atteindre un carrefour où après avoir hésité entre psychédélisme, country et ambient, il va finalement choisir la voie du soft rock cosmique. Et puis encore le curieux « Snake #6 ». Balisé par un énorme groove de basse, cet instrumental mêle habilement cordes semi-acoustiques tintinnabulantes et électriques particulièrement effilées. Sans oublier « Moondog » caractérisé par ses drums offensifs et ses jaillissements de piano jazzyfiants ainsi que le gospel « This may be the last time », auquel a participé le père de Blade, échappé des chœurs de son Zion Baptist Church. On passera donc sous silence les quelques ballades atmosphériques romantiques et languissantes (le plus souvent colorées par la pedal steel de Daniel) pour ne retenir que la quintessence de cette œuvre. Et franchement, si on élimine le superflu, la sélection vaut le détour…  

 

mardi, 06 mai 2008 21:42

Cipher

Slim Cessna’s Auto Club est une formation issue de Denver drivée par… Slim Cessna. En fait le seul membre originel du line up, même si au fil du temps, Jay Munly est devenu son complément indispensable. Les deux musiciens se partagent d’ailleurs les lead vocaux. A l’instar de 16 Horsepower, le combo pratique une forme d’alt country gothique (NDR : ou sudiste, si vous préférez !) Et le combat perpétuel entre le bien et le mal est également la principale source de leurs lyrics. On y parle donc de Dieu, du Vieux Testament, de l’apocalypse, du péché (l’alcool, la fornication et tutti quanti), de la pénitence, de la rédemption et autres thèmes qui relèvent autant du dogme que de la théologie. Mais aussi de guerres et de vengeance. De quoi alimenter les conversations quotidiennes…

Penchons-nous maintenant sur leur musique, et surtout sur leur album, « Cipher ». Découpé en quatre sections annoncées par autant de versions différentes d’une compo hymnique (« An introduction to the power of braces »), l’opus se révèle de plus en plus ténébreux et électrique au fil du temps. La country allègre, enlevée (impliquant notamment banjo, mandoline et  slide), presque festive, parfois balayée de chœurs gospel, a cappella ou incantatoires, succombant même aux accents pop de Pulp sur la presque valse « SCAC 101 », se mue alors en rock tentaculaire, ténébreux, lugubre, voire sinistre, aux deux tiers du parcours. C’est d’ailleurs à partir de ce moment que l’elpee devient le plus électrique et surtout le plus intéressant, lorgnant même vers Nick Cave et ses Bad Seeds du « From her to eternity », sur « Jesus is in my body : my body has let me down » et empruntant un tempo carrément boogie sur l’écorché (cette slide !) « Red pirate of the prairie ». L’opus s’achevant par « That fierce cow is common sense in a country dress », un morceau de cow punk particulièrement austère. Et pour rendre l’œuvre encore plus obscure, Slim Cessna’s Auto Club n’a rien trouvé de mieux que d’inclure des messages codés à l’intérieur de l’artwork de la pochette…

jeudi, 01 mai 2008 03:00

Punk mais arty…

Chouette ambiance au 4AD de Diksmuide ce 1er mai, qui accueillait le groupe mythique Wire. La date est sold out, mais on circule facilement au sein du club qui doit accueillir plus ou moins 300 personnes. Et comme le bar est à moins de 10 mètres du podium…

La première partie était donc dévolue à De Brassers. Un groupe culte en Flandre ! Pensez donc, ses premiers faits d’armes remontent à 1980. Puisant déjà ses influences majeures dans le punk, la new et la cold wave, cette formation limbourgeoise avait alors atteint la finale du Rock Rally. Et puis s’est mise à tourner, en compagnie, notamment, de Siglo XX et de Red Zebra. C’est ainsi qu’elle s’est forgée une solide réputation au Nord du pays et aux Pays-Bas. Depuis un peu plus d’un quart de siècle, le parcours du combo est cependant entrecoupé de longues périodes d’hibernation. Mais le revivalisme eighties semble avoir requinqué leur moral. Le line up peut toujours compter sur un trio de base constitué de Willy Dirckx (guitare), Marc Haesendonckx (basse) et Marc Poukens (chant). L’ex Struggler, Erwin Jans a remplacé Eric Poukens aux drums et Ben Dekkers a cédé ses claviers à Joachim Cohen (Infernal Beauty). Beaucoup plus jeune, ce dernier rend au moins 20 ans au reste de l’équipe. Les autres musiciens ont du vécu. Ca se soit et ça s’entend sur scène. Marc Poukens est un véritable showman et joue du micro comme un pro (il ne le fait quand même pas tournoyer comme Roger Daltrey !) Cependant, si l’alternance entre le recours à la langue de Shakespeare et celle de Vondel est louable (il chante même à une ou deux reprises dans celle de Goethe), je suis moins convaincu de l’impact opéré sur un public plus large. Ce qui explique sans doute, pourquoi le groupe n’a jamais rencontré de succès, que chez les néerlandophones. En outre, malgré les interventions très atmosphériques du claviériste, réminiscentes de The Danse Society, toute leur musique a pris un sérieux coup de vieux. On retiendra donc, surtout leurs excellentes et hypnotiques envolées instrumentales ; notamment de leur morceau accordé avant le rappel. Mais il est regrettable qu’un supporting act commence en retard et joue les prolongations, alors que 30 à 45 minutes de prestation auraient largement suffi.

Première surprise lorsque Wire monte sur le podium, pas de trace de Bruce Gilbert. En fait, il y a un bout de temps que le natif de Watford a jeté l’éponge. Ce serait même depuis 2004. Les tournées, il n’en a plus rien à cirer. Et s’il n’exclut pas une éventuelle collaboration en studio, il n’en fait plus une priorité. Enfin, la dernière fois qu’il a accompagné le groupe en Belgique, c’était lors de l’édition 2003 du Pukkelpop. Et tant pis si vous n’y étiez pas. Ex-Laika, Margaret Fiedler McGinnis le remplace à la guitare rythmique. Tiens c’est amusant, c’était Laika qui à ce jour, avait réalisé la meilleur cover d’une compo de Wire ; en l’occurrence « German Sheppherds ». Mais venons-en au set.

Comme d’hab, pas d’artifices lumineux. Et dès les premières mesures, le set fonce à du 100 à l’heure. Margaret semble avoir bien intégré son nouveau rôle ; et ses échanges opérés avec Colin Newman sont de toute beauté. Surtout lors des morceaux les plus élaborés. Un Colin légèrement enveloppé, qui ne se sert plus de petits papiers pour se souvenir de ses lyrics, mais d’un Mac. C’est le progrès ! Newman et Margaret disposent d’une panoplie de pédales plutôt impressionnante. On comprend ainsi beaucoup mieux, l’amplitude de leurs tonalités électriques et le recours fréquent aux effets spéciaux. Crâne rasé, basse vrombissante, Graham Lewis affiche une tête menaçante. A contrario d’un Colin dont le sourire cynique oscille entre ironie et sarcasme. Quant à Robert Gotobed, il est devenu manifestement le pilier du combo. Jouant le plus souvent les yeux fermés sur un kit minimalise, son tempo métronomique et implacable fait absolument merveille. Titres hymniques, furieux, vindicatifs (auxquels participe Graham pour les vocaux), élaborés, mélodiques, la setlist parfaitement équilibrée mélange allègrement compos récentes et anciennes. Les breaks et les chutes de morceaux sont toujours aussi surprenants. Confirmant bien que Wire constitue bien une des inspirations majeures des Pixies. Mais si l’esprit punk est toujours bien vivace, la prestation reste très soignée. Elle épouse presque une forme arty. Et manifestement, si le public apprécie le concert, remuant même la tête, le tronc ou les jambes, il se montre particulièrement réservé et n’ose pas se lancer dans le moindre pogo. Etonnant !

Deux rappels seront accordés, dont un premier incluant le fantastique « 15th » (NDR : il trotte encore dans ma tête). Le public essaiera bien d’en obtenir un troisième, mais sans succès. Et puis, il était déjà plus de 0h30. Prochaine étape pour Wire : leur nouvel album. Il a été repoussé à juillet. On en salive déjà…

Organisation 4AD.

Setlist

Circumspect
Our time
Mr. Marx’s table
Comet
Being sucked in
Mekon headman
One of us
Advantage in height
Agfers
I don’t understand
All fours

Boiling boy
15th
12XU

Lowdown
106 beats that

 


 

 

Stephanie Dosen est une des vocalistes invitées sur le prochain album de Massive Attack. Elle devrait participer, en outre, à leur tournée estivale des festivals (ça rime!)… en mai 2007, elle avait enregistré son premier opus, « A lily for the spectre », sur le label de Simon Raymonde (ex-Cocteau Twins), Bella Union.

“Lie Down In The Light”, le prochain elpee de Bonnie ‘Prince’ Billy aka Will Oldham, paraîtra ce 19 mai. Lors des sessions d’enregistrement, Bonnie à bénéficié du concours du multi-instrumentiste Shahzad Izmaily (percussions, piano, guitare, banjo et instruments insolites) ainsi que d’Ashley Webber. Quant à la mise en forme, elle a été confiée à Mark Nevers.

Tracklisting:

Easy does it
You remind me of
Something (the glory goes)
So everyone
For every field there’s
A mole
(keep eye on) other’s gain
You want that picture
Missing one
What’s missing is
Where is the puzzle?
Lie down in the light

Willow trees bend
I’ll be glad

Pour plus d’infos : http://www.myspace.com/princebonniebilly

 

Bien que perpétuant la tradition rock'n rollienne de groupes tels que les Yardbirds ou les Kinks, les Godfathers réfutent  toute analogie avec le revivalisme sixties. Ce qui importe chez eux, c'est l'efficacité de leur musique. Une efficacité qui se manifeste d'abord sur les planches. Là, ils libèrent toute leur énergie, toute leur adrénaline, toute leur rage de s'exprimer. Les mauvaises langues diront que leur rock'n roll n'est plus d'actualité. A notre humble avis, ils auraient mieux fait d'assister à leur prestation qu'ils ont donnée dernièrement à Bissegem (De Kreun). Un petit club sympathique situé dans la banlieue de Courtrai qui pour la circonstance était plein comme un oeuf. Ce soir là, les Godfathers  étaient dans un état de grâce et nous ont gratifiés d'un set de Dieu le Père (!). A l'issue du concert, la bande aux frères Coyne nous a accordé une interview. Rien ne leur a été épargné, même pas les questions auxquelles ils se refusent, en général à répondre. Jugez-vous même du résultat...

Si je ne m'abuse, vous étiez cinq auparavant, qui donc s'est fait la malle?

Chris : Les deux guitaristes et le batteur originaux ont été remplacés. Chris (Burrows) est parti voici déjà quatre ans. Georges (Mazur) l'a suivi très rapidement. Quant à Mike (Gibson), son départ ne date que de Noël 91.
Kevin : Mon entrée chez les Godfathers remonte à novembre dernier. J'ai aussi participé aux sessions d'enregistrement de l'album "Unreal World", et puis je joue sur plusieurs titres du "live"...

Ah, c'est un ‘live’!

C. : Pourquoi, tu ne l'as pas reçu?

Ben non, je croyais qu'il s'agissait d'une compilation. (NDR : le CD nous est parvenu entre-temps, et nous regrettons qu'il n'ait pu bénéficier d'une promo plus conséquente).

Peter : En fait, nous avions engagé un second guitariste. Mais il s'évertuait à reproduire des clichés dont nous ne voulions plus entendre parler. Comme nous avions décidé de faire une croix sur notre passé, nous avons estimé qu'il était préférable de s'en séparer. Et puis, Kevin s'acquitte de son rôle à la perfection. Il joue bien et fort. Nous n'avons donc plus besoin de guitariste supplémentaire. La formule à quatre est beaucoup plus équilibrée. Elle nous permet de prendre notre pied sur scène...

Jouer ‘live’, c'est important pour les Godfathers?

P. : Absolument! Que ce soit devant 45.000 personnes ou dans un petit club comme ce soir, nous essayons toujours de créer un climat différent. Le nombre de spectateurs importe peu. Ce qui compte, c'est la qualité du set et la relation qui se crée entre la foule et le groupe.
C. : Je préfère quand même me produire dans des petites salles. C'est plus intime. Il n'y a pas de barrières entre les musiciens et le public. Et puis c'est plus pratique pour embrasser les jolies filles...

Pourtant vous semblez particulièrement violents et même irascibles sur les planches!

C. : Nous libérons de l'énergie sans plus. La colère est une valeur négative. Chez les Godfathers la violence véhicule une forme d'excitation susceptible de vous apporter une sensation de bien-être.

Cette succession de tournées n’est-elle pas trop pénible ?

Ali : Après plusieurs semaines d'exode, nous sommes contents de prendre un bon repas à la maison.

Vous aimez la nourriture anglaise? Le porridge par exemple? (NDR : Beurk!)

K. : Absolument! En hiver, lorsque le temps est froid, prendre une ration de porridge salée ou poivrée (NDR : Rebeurk!) est un excellent reconstituant pour la santé...
C. : Nous aimons beaucoup voyager. Ces tournées nous permettent de rencontrer beaucoup de monde, de voir du pays...

Pourquoi toutes ces tournées?

P. : Le succès est lié à l'argent et vice versa. C'est vrai que les tournées coûtent cher, mais si tu ne te fais pas connaître, tu ne gagnes pas d'argent. Et sans argent, tes chansons ne valent pas un clou. Il existe de nombreux groupes de rock. Certains gagnent beaucoup d'argent, d'autres moins. Nous n'avons pas à nous plaindre. Nous aurions tout aussi bien pu émarger au chômage!

Cela me permet de passer à un sujet qui touche particulièrement les Britanniques: la politique. La Grande-Bretagne souffre d'un taux de chômage particulièrement élevé. Pourtant, les insulaires continuent de voter pour les conservateurs. Pourquoi? Malgré le retrait de Margareth Thatcher, rien ne semble avoir changé...

C. : Cinquante-six pour cent de la population détestaient Maggie, mais quarante-deux pour cent la plébiscitait. Tout le monde n'a pas la chance de voter en Angleterre. Il faut payer la poll-tax pour pouvoir donner ta voix. Alors si tu es dans la dèche tu dis ‘merde’ aux élections. Ce n'est pas démocratique. Et puis il y a les paresseux qui oublient de voter. Enfin, les opportunistes qui prétendent défendre la cause des travaillistes ou tout au moins admettre leurs idées, et qui en dernière minute se rétractent parce qu'ils pensent à leur propre situation. Ils ne pensent alors plus du tout aux autres, ni à leur pays. Ils s'en foutent de la Grande-Bretagne et de ses sans-abris. C'est leur portefeuille qui compte! 

"Birth School Work Death", c'est une conception de la vie?

P. : Non, c'est le titre d'une bonne chanson!

Pourtant, vous êtes un groupe à thèmes. Dans l'étymologie de Godfathers (NDR : traduction littérale de parrain), on retrouve les mots "God" (Dieu) et Fathers (Pères), croyez-vous en Dieu?

P. : Nous sommes fondamentalement croyants. Mais chacun d'entre nous possède sa propre spiritualité. En ce qui me concerne, cette foi vit au plus profond de moi-même; j'espère simplement qu'elle m'aidera à sauver mon âme...

Pourtant la religion est une des principales sources des conflits qui gangrènent notre monde?

P. : Evidemment! Tu sais, la foi c'est quelque chose de personnel. La religion implique des dogmes. Et ces dogmes peuvent conduire à l'intolérance. Regarde en Angleterre, le football est devenu une forme de religion. Il a conduit au hooliganisme. Et dans notre monde, il y a tellement d'idéologies différentes, qu'elles finissent par devenir conflictuelles...

La politique, c'est un peu une autre forme de religion, alors?

C. : La politique est accusée de tous les maux de la terre. Mais, c'est un élément indispensable de la vie sociale. C'est encore une fois l'intolérance qui conduit à la destruction du tissu social. Le monde entier craint l'extrémisme; mais si tu fais ton examen de conscience, tu te rends compte que ton comportement fait le lit de l'extrémisme. Aux Etats-Unis, si tu as la peau noire, tu n'as pratiquement aucune chance de décrocher un job. Dans l'ex Allemagne de l'Est, on prend pour cible les immigrés qui seraient responsables du chômage. En France Le Pen n'a pas bonne presse, mais son crédit augmente de jour en jour. Là est le danger!

Pourquoi détestez-vous parler des sixties?

P. : Parce que ce sujet entraîne inévitablement des comparaisons rétrogrades. Il est vrai que les sixties constituent une période productive. Pas seulement pour le rock, mais également pour toutes les autres formes musicales. Productive et créative. C'est pourquoi tant de groupes y trouvent leur inspiration. Tu sais, les charts des sixties étaient beaucoup plus excitants. Ils étaient inondés de chansons plus formidables les unes que les autres. Et les bouleversements du Top Ten étaient uniquement provoqués par le renouvellement des hits. Aujourd'hui, c'est de la merde!...

La house, la techno et les samplings, ce n’est pas votre truc alors?

A. : Au départ, la house était intéressante, mais plus aujourd'hui. Elle étouffe complètement la mélodie. Il ne reste que du bruit sur lequel les kids doivent se droguer pour éprouver un semblant de quelque chose. C'est stupide!
P. : Le sampling n'est pas à priori mauvais. C'est son utilisation abusive qui est néfaste. Regarde Jesus Jones, sa consommation excessive de samplings rend sa musique dépressive. Et puis quel manque d'imagination de puiser dans le répertoire des autres pour le réinjecter dans ses propres compositions. Il n'y a rien d'original à se servir du talent d'autrui.

Pourquoi avez-vous quitté Epic?

P. : Nous sentions que ce label cherchait à nous manipuler. Et comme nous ne voulions pas devenir un autre groupe de pop merdique, nous avons préféré changer d'air...

Quel est votre voeu le plus secret?

A. : Etre heureux tout simplement!
K. : Vivre jusque 93 ans et voir que le monde se souvient encore des Godfathers...
P. : Mourir dans mon lit en faisant l'amour...

Et pour tout savoir à leur sujet, ils aiment... The Beatles, Iggy Pop, Sex Pistols, Gene Vincent, Elvis, Hendrix, les films classés "X", mais détestent... Sonic Youth, My Bloody Valentine, Mark E Smith, Guns 'n Roses, Prince, la vanité.

(Version originale de l'interview parue dans le n° 7 – novembre 1992 - de Mofo)