La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent…

La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre…

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Grégory Escouflaire

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mardi, 15 août 2006 05:00

Blue Velvet

Un duo liégeois aux influences ‘lynchiennes’, qui joue du pop-rock à tendance acoustique. Si la voix de Mirco rappelle celle de Redboy (My Little Cheap Dictaphone, Hollywood Porn Stars) et l’instrumentation le meilleur de cette scène Jaune Orange, il y a ce petit côté ‘waitsien’ qui fait la différence. Un peu comme à Anvers, il y a dix ans, et ce n’est pas un hasard : Rudy Trouvé, l’homme à tout faire du rock à la flamande (de dEUS à Prima Donkey), a joué les ‘artistic director’ lors de l’enregistrement de ces trois titres. Qui augurent d’un beau parcours, du moins c’est ce qu’on leur souhaite… Ils viennent d’être sélectionnés pour le Concours Circuit 2006 et seront à l'affiche des showcases du Conseil de la Musique. On en reparlera.

mardi, 03 avril 2007 05:00

Ex Drummer - Een film van Koen Mortier

On n’a ni vu le film de Koen Mortier ni lu le roman d’Herman Brusselmans (dont il est adapté), mais on n’achète pas non plus le Humo, et encore moins les disques d’Absynthe Minded. Heureusement le cinéaste flamand aime le vrai rock’n’roll, celui qui n’a pas -au demeurant- de couleur nationale, qui s’occupe avant tout de secouer l’échine, pas de nous emmerder avec des toquades grotesques à la Yves Leterme. Au rayon des groupes belges on retrouve donc sur cette B.O. aussi bien Millionaire (une cover racée du « Mongoloid » de Devo et un inédit) que Blutch (sludge/doom « bourré massacre »), Madensuyu que l’Experimental Tropic Blues Band, Arno (en ostendais) que Ghinzu (« Blow », bientôt sur Stubru ! (rires)). Mention spéciale à Flip Kowlier, le troubadour limbourgeois qui rappe (‘T Hof van Commerce) autant qu’il rocke (ici, à la Tim Vanhamel), même si le yodle qui lui sert d’accent nous laisse plutôt perplexe. Wablief ? Ce n’est pourtant pas une fiction : le rock’n’roll transcende bel et bien les frontières. Cerise sur le gâteau : Lightning Bolt (l’énorme « 2 Morro Morro Land »), Isis et Mogwai en invités vedettes. On n’a pas vu le film mais sa B.O. témoigne déjà d’une épatante prise de risque : à quand Ignatz et K Branding chez Joachim Lafosse ?

 



mardi, 27 mars 2007 05:00

Losing Stones, Collecting Bones

Membre fondateur des turbulents Jaga Jazzist, des Shining et du Magic Orchestra de la belle Susanna, Morten Qvenild n’est pas ce qu’on appelle un tâcheron : il imprime de son malicieux doigté bon nombre des meilleurs disques issus de la scène néo-jazz norvégienne, pour la plupart sortis sur les excellents Rune Grammofon et Smalltown Supersound. Pour le deuxième album de son trio In The Country, le pianiste ravive la flemme d’une musique environnementale, qui s’appuie davantage sur les atmosphères que sur des mélodies trop apprêtées. Comme colonne vertébrale il y a donc ce piano, qui donne le ‘la’ avant que ne suive le reste, à l’avenant (une batterie modeste, quelques riffs, signés Marc Ribot à deux reprises). Si les rares incursions vocales rappellent Bed, Archer Prewitt et The White Birch (le joli « Don’t Walk Another Mile » en clôture, fredonné par Qvenild himself), c’est à E.S.T. et F.S. Blumm qu’on pense - même quand nos pensées divaguent ailleurs, dans un autre espace-temps où ces harmonies n’ont finalement qu’un poids moyen, mais au diable la lourdeur. ‘Everyone live their life/Everyone’s going to die’, alors à quoi bon s’escrimer ? Voilà un bon disque de jazz qu’on pourrait dire ‘contemporain’, autrement dit qui marie les genres avec beaucoup de bonheur (le très pop « Kung Fu Boys »). De l’art de l’‘hybridation’ en somme ? On peut l’écrire, mais au final tout ça n’est que snobisme… Si quelqu’un cite Satie, je sors mon revolver.

mardi, 13 mars 2007 04:00

Afterhours 3

‘Si Pete Tong l’a dit, c’est ce que c’est vrai !’, dirait sans doute l’Anglais ‘middle class’ de base, fan de clubbing à Ibiza et donc de tongs (ah ah). Il n’empêche qu’en écoutant cette compile étiquetée ‘lounge’, pour une fois on s’incline face au choix des artistes : Cinematic Orchestra, Lucky Pierre, Nightmares On Wax, Fauna Flash, Morgan Geist, Carl Craig, Radioactiveman, Charlie Spacer, Cerrone, Lindstrom, Gus Gus, Killing Joke,… Ca nous change de ces bouses achetées chez Habitat, rayon ‘chant des baleines et new age’. A quand les magasins de meubles dont le ‘décor sonore’ serait sponsorisé par Ninja Tune, Kompakt, Type ou Memphis Industries ? Attention : vous aimez peut-être la lounge sans le savoir. Il va falloir vous y faire, comme à l’époque des shorts Waïkiki.

 



mardi, 27 mars 2007 05:00

Lips

‘Rivers of shit… mouth to anus… all that blood and no pain ?… she kissed my wrists slashed… Cthulhu… hate the living… something wicked is born’ : Pox, L.Monger et M.Shit racontent sans doute n’importe quoi, mais c’est normal ils jouent du grind, où la parole en général est loin d’être évangile. Eructés, ces mots perdent leur sens : qu’ils évoquent tous les clichés du metal et qu’on s’amuse de leur ignominie, en fin de compte peu importe, puisque l’essentiel réside bel et bien ailleurs. Dans cette basse vrombissante qui déchire le ciel, dans cette batterie qui court avant le troupeau de bisons, à l’attaque, tête baissée et le mufle fumant... Même pas. Ce qui distingue Trencher du tout-venant grindcore, c’est un petit clavier (pour gosses ?) dont l’usage se révèle assez rare dans la sphère metal. Un Casio, tout bêtement, qu’on imagine en bien piteux état à force d’être frappé dans tous les sens. Que ceux qui aiment les dandys d’An Albatross et les mouches de Locust tendent ici leurs deux oreilles meurtries : ça dure 24 minutes (dont 5 de bruit blanc) et ça donne bien la patate. Bien farineuse la patate, mais cela va sans dire.

 

mardi, 13 mars 2007 04:00

The Return of Dr. Octagon

Son prénom le prédestinait à devenir l'un des artistes les plus iconoclastes que le hip hop ait connu jusqu'ici : Kool Keith, alias Dr. Octagon, alias Sinister 6000, alias Reverend Tom, alias Tashan Dorrsett, et on en passe. En 1988 il balance en compagnie de trois potes le furieux « Critical Beatdown », sous le pseudo collectif d'Ultramagnetic MC's : un pavé dans la marre du rap encore balbutiant (à peine 10 ans), dont le single « Ego Trippin' » restera comme l'un des tracks les plus séminal à jaillir sous une casquette de sport. En 1996 il s'invente un nouveau pseudonyme, Dr. Octagon, qui lui va forcément à merveille : dans cette tête bien remplie s'entrechoquent les idées les plus folles, on parle de génie, sauf les puristes qui eux crient au scandale. Aujourd'hui Kool Keith ranime son personnage fantasque, mais il est vrai qu'en dix ans le hip hop a fort évolué. Anticon, Rawkus, Def Jux, Ipecac, Timbaland et les Neptunes sont passés par là? D'où cette forte impression de déjà entendu, et même si ça groove à pleines tubes (« Trees », « Aliens », « Perfect World », « Al Green ») aucun morceau ne sort vraiment du lot. Habile dans le détournement des genres (rock, electro, soul, funk) mais peut-être trop boulimique et dispersé (plus de 5 albums en un an !), « Dr. Octagon » a raté quelque peu son retour. To be continued ?

mardi, 20 mars 2007 04:00

Revolving Doors

Face aux djeunes rockeurs à la Bijou qui envahissent Paris et la ‘couv’ des magazines de mode, Nelson se pose, là. Quatre types qui ont décidé d’arrêter de se la péter avant d’avoir même commencé, d’autant qu’ils peuvent être fiers de leur premier album, le racé « Revolving Doors ». Après un EP (« Bangkok Riot ») sorti en catimini l’année dernière, voici donc 12 chansons qui ne laisseront pas de marbre les fans de cold wave/post punk à la française (façon Poni Hoax/Bed/Prohibited). On peut s’appeler Nelson et venir de Paris : voilà le véritable esprit frondeur, et pour une fois ce n’est pas qu’une affaire de Converse. Si Joy Division n’a pas fini de hanter les générations de rockeurs qui se suivent et souvent se ressemblent (« The Darkest Parts of Your True Confessions »), Nelson a le mérite d’aller aussi voir du côté de Wire et des Psychedelic Furs (« Inside », « The (over) song »), du Beta Band et du krautrock 00’s à la Secret Machines (« Paid It All », « Freakshows »). La France peut être fière : son revival rock n’est pas qu’en plasticine, ‘je lis Rimbaud et c’est ma mère qui lave mes jeans’. Un peu de maturité sans pose, c’est déjà ça de pris.



Si Neurosis a calmé ses ardeurs et que le dernier Isis bande lui aussi sacrément mou, que dire de ce deuxième Red Sparowes ? Qu’il s’agit d’un énième exercice de post-rock, mais sans le romantisme d’un Explosions in the Sky ni l’élégance cuivrée d’un Sickoakes ? Qu’on se demande bien comment concilier vision politisée et musique instrumentale, même si nous sommes tous des victimes de notre propre idolâtrie ? The message is the medium, ou l’inverse ? Jean Baudrillard est-il bien mort le 6 mars dernier ? ‘La séduction représente la maîtrise de l'univers symbolique, alors que le pouvoir ne représente que la maîtrise de l'univers réel’, écrivit-il dans un essai fameux… Mais si l’univers du post-rock s’avère ici parfaitement maîtrisé, il ne provoque pourtant aucune séduction : on attend que le riff ait fini ses incessantes simagrées comme on attend le bus, bref on s’emmerde comme des rats morts. Ce disque est un non-événement. ‘Je pense toujours que ce qui se passe est en fait déjà là dans le processus même, et que la fin est déjà là, à partir du commencement’. C’était donc ça, bordel ! Ce type a tout pigé, respect.

mardi, 20 mars 2007 04:00

Songs of Crime and Passion

‘Dans une atmosphère proche des ‘nursery rhymes’, il a construit un monde étrange, allégorique, où le Mal pourchasse l’Innocence, (…) où la poésie s’enracine dans le tuf du subconscient. Une œuvre intemporelle, qui survivra à toutes les modes’, écrit Claude Beylie à propos de l’unique et formidable film de Charles Laughton, « La Nuit du Chasseur ». Le nouvel album de Kris Dane n’est sans doute pas l’équivalent musical de ce chef-d’œuvre hallucinant, mais les voix qui le hantent et son ambiance feutrée nous rappellent ces images troublantes, d’un lyrisme au bord du cataclysme. Sans grossir le trait d’un folk douillet mais pas geignard, Kris Dane signe ici neuf chansons qui brillent sans trop d’éclat : la guitare se veut humble, le chant léger mais grave, la mélodie nimbée du spectre de Dylan (« The Horseman ») et de Nick Cave (« Back to Nature »). L’harmonica, le marimba, et surtout ces chœurs féminins, attisent cette impression d’être immergé dans cet album ‘comme on s’enfonce dans l’obscurité du poème et de la nuit’, les yeux bien ouverts mais l’attente incertaine, à l’écoute de ce qui va surgir. « Home sweet home is out there », susurre-t-il en citant le Paradis, l’Enfer, comme les doigts de Powell tatoués des mots ‘AMOUR’ et ‘HAINE’. D’où ce titre générique, « Songs of Crime and Passion », parce que les sentiments les plus extrêmes enfantent des meilleures histoires. Kris Dane n’offre rien de grandiose : juste sa vision dévoyée du folk-rock, ses hantises et ses menus fretins sous forme de ritournelles psalmodiées. Rien de grandiose, mais quelque chose d’attachant.

 

 

 



mardi, 13 mars 2007 04:00

Molecule

On sait le garçon plutôt dépressif (« I Went Down », quand même un sacré titre), un peu dégoûté par la bande FM et le communautarisme (à noter : le site officiel en trois langues !), pudique sous cette peau de showman incompris. Trois bons albums, des concerts fiévreux, et pourtant David Bartholomé n'a toujours pas récolté la monnaie de sa pièce. En gros si tu fais pas du Malibu Ghinzu, t'es mal barré chez nous - mais ça on le savait déjà. D'où peut-être cette production plus mastoc (signée Dimitri Tikovoi, le type derrière Trash Palace et le « Meds » de Placebo, sic) et des titres taillés dans un écrin quasi U2-esque (« Trip », « Motels ») : le hit-parade, cette forteresse inabordable, ouvrira-t-il enfin ses portes à notre rockeur décati (la pochette) ? « Molecule », en tout cas, recèle plusieurs trésors : une ballade qui tire des larmes à un banjo (« I Need Someone »), une resucée habile de Cure (« No More I Give Up »), un étrange cabaret où se seraient consumées nos années les plus folles (« Love Is A Bug »), une déclaration d'amour (« Skish Hee, I'm Gonna Make It ») et un tube (le voilà !) radiophonique (« Rock 1 », hommage à Blur et Vitalic ?). Si cette fois encore tout le monde s'en fout, nous jurerons fidélité aux opinions christiques de Thierry Coljon sur le rock et sur toutes les musiques dites « actuelles » - et ce jusqu'à la fin des temps. « No contest, I'm the best » !