Le Sugarock fêtait donc, ce vendredi 17 septembre, sa sixième édition. Coup d’œil dans le rétro… Ne changeant pas une formule qui gagne, les organisateurs du festival sucrier ont une nouvelle fois fait la part belle aux formations pour la plupart indigènes. Et pour contenter toutes les franges de la population, figurait à l’affiche des combos wallons, bruxellois et flamands. La musique peut décidément guérir tous les maux… même si ceux-ci sont d’origine communautaire !!! A l’instar de l’édition précédente, le public a répondu à nouveau présent en masse, mais pas de façon aussi exceptionnelle que l’on pouvait espérer. C’est donc une assistance d’environ 600 personnes qui peuplait la structure habituelle, un superbe chapiteau agrémenté d’un plancher sur lequel on a l’avantage d’évoluer les pieds au sec !
Cette année, il fait froid ! Rien à voir avec 2009 où chacun se baladait en tenue estivale, la chope ou la clope au bec sous un soleil d’été indien. Hélas, 12 petits degrés seulement règnent à l’intérieur ; c’est un ou deux de moins encore qu’à l’extérieur. C’est dire s’il fallait venir bien couvert. Et le peu de monde présent à l’ouverture des portes n’est pas fait pour réchauffer l’atmosphère. Bref, on attend impatiemment que les hostilités débutent, afin de pouvoir se bouger un peu…
Et c’est à Marvin Hood qu’échoit le privilège d’ouvrir le festival. Dure tâche s’il en est. Surtout lorsque le public, qui n’arrive encore qu’au compte-gouttes, n’a pas l’air très intéressé par cette (toute) jeune formation. Sélectionné par le jury du tremplin rock, les six membres de Marvin Hood se fendent d’un set plus que valable. Les accoudés au bar ou les premiers arrivés sont visiblement séduits par la qualité de leur musique ‘pop rock’ très fraîche et dynamique. Leur jeu scénique est également intéressant, surtout au niveau des accessoires, couvre-chefs et masques pour le moins originaux. Ces teenagers n’ont visiblement pas froid aux yeux et ce n’est sûrement pas le premier concert qu’ils nous proposent ce soir ; car ils ont déjà une approche assez pointue du métier… A noter que leur premier album est prévu pour très bientôt. Avis aux amateurs !
Le timing est presque respecté (ce sera la seule fois et une fois n’est pas coutume) lorsque Lucy Lucy prend possession des planches. Coupable d’une musique pop sucrée voire acidulée, comme beaucoup de bands contemporains ‘made in Belgium’, les Bruxellois nous gratifient d’un excellent moment. Nouvelle révélation musicale belge en date, les cinq musiciens enchaînent une quinzaine de morceaux dont quelques perles qui sont régulièrement programmées par nos meilleures stations FM, dont « Clock » et « I can give it ». L’essentiel de leur répertoire est puisé dans le premier Ep six titres sorti en septembre 2009 et au sein d’un futur album. Epinglons également une reprise bien réussie d’un morceau des Turtles. Le summum de leur prestation sera néanmoins atteint lors du tout dernier titre qui sonne beaucoup plus rock. Et là apparaît une formation qui a l’air de s’amuser encore plus. Tous les membres du band donnent le meilleur d’eux-mêmes pour nous proposer un final époustouflant de vigueur et de musicalité. Serait-ce là le vrai visage de Lucy Lucy ? En tout cas, on en redemande…
Il faudra une heure de patience avant de voir arriver David Bartholomé et ses deux acolytes de Sharko. Visiblement éméché (NDR : et le mot est faible !), notre Tintin du rock casse la baraque dès l’entame de son set, lors d’un « Wake up » du meilleur cru. S’excusant deux fois plutôt qu’une pour son retard, il enchaîne alors la quintessence de ses quatre albums pour le plus grand bonheur d’une assemblée complètement sous l’emprise et le charme de notre homme. Transpirant l’alcool par tous les pores mais usant de sa voix comme d’une arme fatale, ce fou chantant, cet énergumène très remuant, se démène et arrive à mettre le chapiteau à feu et à sang. Tout le monde saute, danse et reprend en chœur dès que l’occasion lui est donnée. Et David ne s’en prive pas. Nous avons droit à une prestation éblouissante dans une ambiance fabuleuse et ce, grâce également à une sonorisation bien plus efficace que lors de l’édition précédente. Ca promet pour l’année prochaine… Le final est à la hauteur de nos espérances, tout au long d’un « No Contest » au cours duquel le public va s’époumoner afin d’être entendu, comme le veut Sharko, jusqu’à Bruxelles. Sharko tire sa révérence en remerciant encore la foule, d’être restée dans le froid à l’attendre une heure.
Il est déjà minuit lorsque le très attendu duo flamand Black Box Revelation s’installe enfin, après avoir procédé aux réglages d’usage pendant un certain temps. Un temps certain même… cela commence tout doucement à faire long… Une heure de retard déjà… Et ce n’est pas fini ! Le public en prend visiblement ombrage et quitte déjà, en partie, le chapiteau. Et que dire de la prestation de ce duo de fous furieux ? En un mot comme en cent, le but de BBR est visiblement de faire le plus de bruit possible, de foutre la pagaille et le bordel dans le public. Quelques énergumènes s’en donnent d’ailleurs à cœur joie ; mais ils ne sont qu’une tout petite minorité. Réunissant un batteur et un guitariste, ce ‘miniband’ originaire de Brussel (ben oui néerlandophone quoi) a visiblement de l’énergie à revendre mais au bout de quatre morceaux, on a l’impression d’avoir déjà entendu ce type de musique. Côté originalité, il y a encore du boulot. Ne sont pas les White Stripes qui veulent… Même si le mimétisme est quelque peu poussé ! Le batteur réussissant même à désarticuler son matos !!! Faut dire qu’à force de taper comme un sourd, le phénomène devait forcément se produire. Et ce n’est pas grand-chose d’autre que l’on retiendra de ce set plus bestial que musical…
A minuit trente, heure à laquelle aurait dû débuter Piano Club, le duo sévissait encore. Las d’attendre, j’ai imité, hélas, la grande majorité du public encore présent à cette heure. Après un rapide calcul, il apparaissait que les deux fous furieux ne quitteraient pas les planches avant une heure du matin. Comme une bonne trentaine de minutes au moins seraient nécessaires afin de faire place nette, le dernier groupe n’entamerait pas son premier titre avant deux heures du matin. J’ai donc déserté les lieux, transi de froid et floué d’avoir été pris en otage d’un horaire une fois de plus non respecté. Mais les plus à plaindre sont sans aucun doute les membres de Piano Club, qui après avoir joué à Namur en début de soirée, avaient effectué le déplacement en hélico jusqu’à Frasnes et ce, pour jouer devant un parterre plus que réduit, dans un froid de canard et une ambiance du même acabit…
A quand une organisation un peu plus professionnelle ?
(Voir aussi notre rubrique photos)