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Jon Spencer

Le diable en cité ardente

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Ce mardi soir, c’était le rendez-vous des éternels jouvenceaux liégeois (et d’ailleurs), venus –en petit nombre malheureusement– acclamer Jon Spencer et sa nouvelle bande.

Inusable, l’homme semble avoir pactisé avec le diable pour conserver intact son légendaire dynamisme scénique. Costume gris élégant, chemise à fleurs décontractée et creepers blanches bondissantes : dès les premiers riffs, le ton est donné.

Le concert, délivré d’un seul bloc, se révèle beaucoup plus digeste que lors de sa dernière apparition en terre principautaire (NDR : on se souvient encore du live des Ardentes, aussi lourd qu’indigeste).

Ici, en alternant nouveaux titres et valeurs sûres de son imposant répertoire, Spencer tisse une tension électrique, suspendue à une rythmique sans faille.

Parlons-en, de cette section rythmique ! Toute droite sortie des enfers, la basse de Kendall Wind et la batterie de Macky Spider Bowman (NDR : originaires de Woodstock, ils militent chez The Bobby Lees, mais ne sont pas du genre à tremper dans la flower power) martèlent avec puissance et panache.

Wind tire de sa basse des lignes fuzz ensorcelantes et virtuoses, pendant que Bowman, au vu du détachement espiègle des jeunes prodiges, grimace et s’agite dans une chorégraphie nerveuse du plus bel effet.

Ce groove infernal propulse Jon Spencer au sommet de son art, cabotin juste ce qu’il faut, mais toujours profondément communicatif.

Face à lui, un public un brin mollasson mais sincèrement heureux d’être là, et qui doit s’armer de patience pour acclamer son héros, tant les morceaux s’enchaînent sans relâche, comme un train lancé à pleine vitesse.

Car peu importe l’assistance modeste : généreux et excentrique comme on l’aime, Spencer se donne corps et âme, avec une jubilation évidente. Lui qui a jadis enflammé les plus grandes scènes, offre désormais son boogie endiablé à des salles plus intimes, sans jamais rien céder de sa fougue.

Le rappel, tout aussi tonitruant, culmine lors de l’incontournable « Wail », glissé malicieusement entre deux cassures rythmiques. Puis, rideau.

Une excellente soirée sous le signe du bon vieux rock’n’roll.

Décidément, certaines choses ne vieillissent pas. Et tant mieux.