Grandmas House, gagnant sur toute la ligne

Baby You’re A Winner, premier opus de Grandmas House, paraîtra le 21 août 2026 chez Brace Yourself Records. La formation de Bristol signe une entrée en matière nerveuse et contrastée. Entre riffs acérés, narration incisive et fragilités assumées, Baby You’re…

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La vie difficile des Tubs

The Tubs publieront Hard Life le 11 septembre 2026 via Merge Records. Pour accompagner l’annonce, la formation londonienne partage “Stoop to Me”, nouveau single déjà disponible en clip officiel iici Filmée et montée par Kit Harwood, la vidéo capte un concert…

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Echolalia

Echolalia

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L’écholalie (NDR : en anglais Echolalia) est une tendance spontanée à répéter systématiquement tout ou une partie des phrases, habituellement de l'interlocuteur, en guise de réponse verbale.

Echolalia, c’est aussi un quatuor texan, originaire de Nashville, qui a enregistré son album éponyme dans une ancienne abbaye datant de 1160, située sur l'île de Wight. Cette abbaye restaurée, est aujourd'hui transformée en studio d'enregistrement.

L'album d'Echolalia est une œuvre unique, à la fois pastorale, psychédélique, confortable, progressive, familière et inattendue.

Hormis les ballades, les morceaux de l'album tirent un peu dans toutes les directions. Caractérisé par sa mélodie doucement douloureuse et sa steel guitare gémissante, "Dreams Of You" ouvre l'elpee. Paru en single, "Odd Energy" se distingue par sa rythmique lyrique et propulsive avant de s’enfoncer dans le psychédélisme. Les lignes mélodiques de "Little Bird" sont hantées par Paul McCartney. Romantique, "Blood Moon" est tramé sur des accords de piano martelés. Si "Rainbow Road" rappelle le style vaudeville des Tiger Lillies (les sticks de drums à balais jazzyfiants), "The fox and the grapes" lorgne vers une forme de folk prog qui invite paradoxalement un moog.

L'album s’achève par "In The Pub", une plage qui sort vraiment de l’ordinaire. Dans l’esprit de Beck et sur un ton hip hop, elle recrée l’atmosphère particulière qui règne dans un pub.

Podcast # 74 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Califone

Villagers

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25 ans de carrière déjà pour Califone, la protéiforme formation emmenée par l’ex-Red Red Meat, Tim Rutili. Son rock expérimental rayonne depuis plus de 2 décennies, de Chicago à Los Angeles, et revêt des habits particulièrement accessibles sur cette nouvelle œuvre mêlant habilement power-pop (« McMansions »), folk (« Villagers », « Skuknkish ») ou r’n’b mutant à la Lambchop (« Eyelash »). Un mix charmant et mélancolique, d’apparence simple mais d’une réelle complexité sonore, bercée par la voix chaude de Rutili. Une belle porte d’entrée dans un univers unique qui pourrait s’ouvrir à un large public…

Ali Farka Touré

Voyageur

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Né le 31 octobre 1939 à Kanau et décédé le 7 mars 2006 à Bamako, Ali Farka Touré était un musicien et chanteur malien. Album posthume, « Voyageur » constitue la première sortie de matériel inédit consacré à cet artiste, depuis « Ali & Toumani », paru en 2006. Depuis son village natal, si au bord du fleuve Niger jusqu’à Los Angeles, feu Ali Farka Touré a planté les graines de la world music sur tous les continents. Le son d'Ali Farka Touré a fusionné des styles musicaux traditionnels maliens très appréciés avec des éléments distincts du blues ; ce qui a abouti à la création d'un nouveau genre, connu sous le nom de blues du désert.

Cet opus propose une collection de joyaux capturés à divers moments, pendant une quinzaine d’années, sur la route et en studio, entre les sessions d’autres elpees. Sa compatriote superstar malienne Oumou Sangaré apporte son concours pour trois titres : « Bandoloboourou », « Cherie » et « Sadjona ».

Produit par Nick Gold de ‘World Circuit’ en compagnie du fils d'Ali, Vieux Farka Touré, ce long playing révèle 9 titres originaux.

La voix inimitable d'Ali et son jeu de guitare envoûtant ont tout pour séduire n’importe quel amateur de musique world.

Son premier single, « Safari », se distingue par ses riffs de guitare hypnotiques, véritable signature de l'artiste, des rythmes de calebasse, le tout agrémenté du vrombissement fantomatique d’une flûte peule.

Trois joyaux sont à épingler : les versions acoustiques et électriques de « Sambadio » ainsi que le remarquable « Kombo Galia ». Des grooves épurés et envoûtants dans le style Sonrhaï aux chœurs hymniques des pêcheurs, en passant par les rythmes palpitants des chasseurs, à l’instar de « Malahani », chargé de guitares et de luths comblés de réverbération, « Voyageur » est une œuvre indispensable pour tout fan de world music.

Reptaliens

Multiverse

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A l’origine, Reptaliens se limitait à un duo. Un couple, réunissant la chanteuse Bambi Browning et le multi-instrumentiste Cole. Depuis, le line up s’est élargi au guitariste Julian Kowalski et au drummer Tyler Verigin. Depuis 2010, moment approximatif de sa création, le groupe a publié trois albums, dont le dernier en date, « Multiverse », s’éloigne de la synthpop explorée à ses débuts pour embrasser une forme plus organique. En fait, paradoxalement, c’est pendant le confinement que la paire a décidé d’en revenir aux grattes.

A l’écoute de cet elpee, on pense immédiatement à la musique de Broadcast, mais en moins synthétique, la voix douce, veloutée mais languissante de Bambi rappelant celle de Trish Keena. Non seulement, elle se charge du micro, mais elle brille sur ses quatre cordes, élaborant régulièrement des contre-mélodies lorsqu’elle ne trace pas des lignes serpentueuses.

Les interventions des sixcordistes (Cole et Julian) sont particulièrement complémentaires, qu’elles soient grinçantes, gémissantes, aquatiques, comateuses, lumineuses, enfumées, sinueuses, subtilement psychédéliques ou en picking. Ce qui n’empêche pas l’opus de receler des morceaux percutants. A l’instar de « Don’t wait for me », imprimé sur un tempo new wave, de l’offensif « Take it » ou du groovy « Like a dog ». Et même lorsque l’expression sonore semble s’enfoncer au sein d’un climat éthéré, la richesse et le dynamisme de l’instrumentation balaie toute impression d’indolence que la voix de Bambi semble pourtant entretenir. Et finalement, c’est ce contraste qui fait le charme de la musique de Reptaliens…

Ali

Bliss + Blasphemy

Écrit par

Ali, c’est le patronyme choisi par une formation bulgare dont le leader répond au nom d’Ali Abdala. Ce dernier se consacre à la guitare et au chant et est épaulé par deux autres sixcordistes, un drummer, un claviériste, un bassiste et un préposé aux chœurs.

Peu de renseignements sur la toile concernant ce septuor dont la musique est fondamentalement rock. Et en général percutante et sémillante. Des envolées de gratte symphonico-métalliques alimentent même la fin de parcours de « Freedom ».

A l’instar de Muse, l’expression sonore affiche une certaine solennité, voire emphase, impression amplifiée par la voix d’Ali, capable de grimper dans les aigus ou d’emprunter des inflexions plus déclamatoires, impérieuses, un peu comme Peter Murphy. Le spectre de Bauhaus plane même tout au long de « I come from the future ». Et si ce n’est pas le choriste qui s’autorise des vocalises dignes de Clare Torry sur ce morceau (pensez à l’album « Dark side of the moon » du Floyd), alors la voix d’Ali est vraiment exceptionnelle.


 

Cali

Cavale

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Véritable touche-à-tout, Cali multiplie ses engagements, tant dans l’univers du théâtre, de la poésie, de la littérature que, bien sûr, de la musique. 

Pour concocter ce neuvième opus, le troubadour de la chanson française s’expose encore un peu plus en opérant un virage à 180 degrés. Surprenant quand même !

Transgressant ses propres codes musicaux, il apparaît aujourd’hui à travers un prisme électro-pop à mille lieues des pas de Léo Ferré, dans lesquels il marchait, en reprenant ses textes, dès 2018.

Bruno Caliciuri à l’état-civil, propose donc un disque à quatre mains découpé en onze chapitres qui s’inscrivent dans l’optique d’un véritable renouveau.

Bénéficiant du concours d’Augustin Charnet, réalisateur, compositeur et pianiste âgé de vingt-trois ans, il livre ici plus qu’un album, puisque « Cavale » constitue le troisième volet d’un triptyque au sein duquel figurent un livre (NDR : paru l’an dernier ‘Cavale ça veut dire s’échapper’ constitue par ailleurs la   dernière réplique de la pièce de théâtre Cowboy Mouse de Patti Smith, dans laquelle il a joué en 2014), mais aussi un court-métrage.

Les instruments organiques s’invitent tout au long de cet opus, soutenus par la voix singulière d’un Cali dont la verve est on ne peut plus prolifique et intimiste.

L’artiste traite de sujets qui lui sont chers : la quête de l’amour (« Une séparation »), l’obsession de la vie (« Je voudrais vivre heureux ») ou encore l’absence du père (« Mon fils, ma vie »).

Des thématiques qui viennent souligner une expression sonore où les guitares foisonnent, les nappes de synthés se lâchent et le drumming cogne, dans l’esprit de la pop anglo-saxonne.

Lumineuses, les plages de cet LP sont humanistes, mais surtout profondément humaines. Particulièrement introspectif, nostalgique même, Cali confesse avec une sincérité désarmante tout en affichant un bel élan d’empathie, ce qu’il connaît au fond le mieux : lui-même ; tout en regardant dans le rétroviseur les 15 dernières années de sa vie…

Thalia Zedek

Fighting Season

Écrit par

A bientôt 60 ans, Thalia Zedek est quasiment considérée comme une figure tutélaire au sein de la scène indie US. Depuis les débuts de sa carrière, elle a milité chez Live Skull, E, Come (avec Chris Brokaw d’ailleurs ici au générique) et Uzi avant de se lancer en solitaire. Son admiration pour Patti Smith doit, en outre, être énorme tant on sent cette fureur qui hante sa voix et emporte tout sur son passage tout au long de « Fighting Season », son dernier et fulgurant album en date ! Revenue de ses démons –une addiction à l’héroïne, Thalia a décidé de reprendre les armes et surtout sa guitare pour défendre les causes qui lui tiennent à cœur depuis toujours, comme la défense de la communauté LGTB ou des immigrés. Saturés à souhait, les accords de grattes sont dignes de Jon Mascis (NDR : pas étonnant, quand on sait qu’il est également de la partie !) et tout au long de cet irrésistible elpee, portés par un piano et autre violoncelle, ses propos sincères s’élèvent de son âme... Une œuvre à découvrir d’urgence ! Grâce à ce genre d’insoumise, les Etats-Unis ne sont pas encore devenus une terre trumpiste…

 

Varnaline

Sweet life

Pour enregistrer son nouvel album, Varnaline a bénéficié du concours de John Agnello (Dinosau Jr, Cell), à la production. Une œuvre qui surprend par son éclectisme rafraîchissant. On est d’ailleurs loin ici des visions atmosphériques développées sur " Man of Sin ", même si les vertus mélancoliques des mélodies ont été préservées. Des dispositions naturelles accentuées par le vocal clair, falsetto, parfois même 'barclayjamesharvestien' d’Ander Parker. Si les compositions de " Sweet life " reposent sur une texture basiquement folk/country/blues, développées, elles atteignent une nouvelle dimension. Plus garage, comme sur le très " Paisley undergound " " Now you’re dirt " (Dream Syndicate ?) ou le ténébreux " While you were sleeping " (American Music Club ?). Tout en exerçant une fascination urbaine, réminiscente des Triffids sur " Nothern lights ". New wave également. A cause des claviers minimalistes post Eyeless In Gaza chez " Tonite ", et puis du recours à la power pop ondoyante (XTC ?) sur " Fuck and fight ". Avec en final, pour titre maître, une symphonie opulente, peuplée de percussions et enrichie d’une section à cordes, efficace dans le sens le plus classique du terme…

Celso Salim

Mama's Hometown

Écrit par

Brésilien, Celso Salim a chopé le virus du blues, très jeune. Il n'a pas encore vingt ans, lorsqu’il décide d’émigrer aux States où il va vivre pendant plusieurs années. Il va y découvrir différentes facettes de styles musicaux : roots, blues, country, folk et jazz, notamment. Ce chanteur, guitariste, compositeur et producteur a enregistré son nouvel opus du côté de Los Angeles, un disque qu’il a coproduit en compagnie de son bassiste Mike Hightower, alors que l’essentiel des parties vocales est assuré par son compatriote sud-américain, Rafael Cury.

Véhiculant des accents sudistes, néo-orléanais, plus exactement, "Mad dog" ouvre l'album. Les interventions au piano de David Fraser entretiennent cette impression. Celsa colore l’ensemble de sa slide dans un climat rappelant le Little Feat originel. Une superbe entrée en matière ! Une atmosphère qui baigne également "Got to find that babe". Darryl Carriere souffle dans son harmo et Lynn Coulter (ex-Rita Coolidge Band) imprime parfaitement le tempo sur ses fûts, lors du Chicago shuffle classique, "Locked out in misery". Ivoires et slide opèrent de solides et vigoureux échanges tout au long du boogie décapant "Let it burn". Le long playing recèle deux blues lents et dépouillés. En l’occurrence "No need to be alone", une plage caractérisée par un bel envol de cordes que tapisse l'orgue Hammond de Mo Beeks. Puis "Mama's hometown", une piste tracée par un dobro magique. Celso explore cependant d’autres styles, et notamment le jug band sur "Down the aisle" et le blues/jazz cool sur "Best of luck", un morceau au cours duquel la guitare est manifestement hantée par T-Bone Walker. La reprise du traditionnel "In my time of dying" (NDR : il remonte aux années 20) est respectueuse du blues originel ; Celso en profitant pour distiller ses dernières notes étranges et métalliques sur son dobro…

 

Alice on the Roof

Madame

Écrit par

Remarquée à The Voice Belgium, où elle atteint la demi-finale, Alice On The Roof peut se targuer d’être devenue une artiste à part entière…

Drivée par Marc Pinilla, le charmeur du groupe Suarez, la belle a réussi à imposer un style qui n’appartient qu’à elle, notamment grâce à « Easy Come Easy Go », un titre issu d’un premier opus baptisé « Higher », largement diffusé sur les ondes noir-jaune-rouge...

L’évidente qualité des compositions lui a permis de conquérir une critique médiatique et populaire unanimes bien utiles pour (s’) expérimenter et acquérir un crédit scénique hors du commun.

Cependant, son caractère un peu trop formaté pouvait légitimement laisser craindre que la jeune femme continue de se cantonner dans une certaine zone de confort.

Pourtant, il n’en est rien. « Madame », deuxième elpee, recèle une palette de chansons colorées, subtiles et efficaces. Surprenantes même ! De la chrysalide, cette ‘Dame’ s’est transformée en papillon !

Alice versus ‘2.0’ s’émancipe enfin et s’y livre sans concession dans un exercice de style qui lui va comme un gant…

On est loin d’une narration primitive de ses relations amoureuses relatées sur son précédent opus. Les textes sont nettement plus matures, la plume davantage incisive (« T’as quitté la planète ») lorsqu’ils ne lorgnent pas vers une ode à la femme sur la plage éponyme (‘Madame a le droit de dire/On ne peut freiner madame/Madame a le droit de vivre/Demain sera madame’).

Elle se focalise cependant sur l’instantané, sur des sujets qui lui tiennent à cœur, à l’instar de « Malade », fable faussement pudique, mais autobiographique, écrite à quatre mains avec Vianney, dans laquelle elle clame à qui veut l’entendre, et dans la langue de Voltaire s’il vous plait, que ‘ma maladie, c’est tout simplement d’être moi!’. De quoi devenir schizophrène…

Assurément, le français permet d’ajouter une dimension supplémentaire fort intéressante. Gageons qu’elle exploite ce terrain un peu plus dans le futur !

Le clip (très second degré) tourné chez ses grands-parents (qui y font une apparition remarquée) laisse même entrevoir, durant quelques secondes, un Arno ahuri, affublé d’un déguisement étrange et attablé à un bar… De là à conclure que ce rôle lui colle parfaitement à la peau, il n’y a qu’un pas que l’on n’oserait franchir…

Madame Dutoit n’oublie pas pour autant l’anglais qu’elle pose parfaitement (elle a vécu une année en Oregon) ci et là sur des lignes mélodiques parfois parfumées d’une électro-pop léchée (« On my own »), tendre (l’excellent « La fille sur le toit »), drôle (« T’es beau comme t’es ») ou encore pétillante (« How long »).

Bref, de quoi satisfaire les mélomanes les plus exigeants…

Sa voix éthérée et candide, presque timide, se pose délicatement sur chacune des chansons avec une pudeur telle, qu’elle en devient presque humble.

C’est tout simplement joli. A lui seul, ce disque transgresse toutes les théories sur le sujet…

Cerise sur le gâteau, en guise d’au revoir, elle se réapproprie en toute fin de parcours une version particulière, improbable et inattendue de la chanson de CloClo, « Le téléphone pleure », évoquant un père divorcé parlant au téléphone à sa fille qui ne le connaît pas.

Devinez quoi ? Mister Hintjens réincarne Frédérique Barkoff qui jouait le rôle de la petite fille à l’époque. Iconoclaste non ?

A écouter sans modération !

 

Ghalia Vauthier & Mama's Boys

Let the demons out

Écrit par

Ghalia and the Mama's Boys est un groupe californien. Etabli à la Nouvelle-Orléans depuis plusieurs années, il pratique du power blues. Mais sa chanteuse est bruxelloise. Elle est également compositrice. Gahlia Vauthier passe beaucoup de temps aux USA où elle s'est déjà produite sur les scènes de la Louisiane, du Mississippi, du Missouri et du Tennessee. Entre rock’n’roll et blues, elle milite également au sein des Naphtalines et de Voodoo Combo. En 2016, elle rencontre Johnny Mastro et ses Mama's Boys et c'est le déclic!

Les sessions se sont déroulées au studio Music Shed de la grande cité louisianaise. Ghalia signe la majorité des plages. Elle est épaulée par le chanteur/harmoniciste Johnny Mastro, le guitariste Smokehouse Brown, le bassiste Dean Zucchero et le drummer Rob Lee. Et ce sont ces Mama’s Boys qui font la différence. Plus rockabilly que blues ou boogie, la voix de Ghalia ne colle pas nécessairement à l’expression sonore…

Ce qui n’empêche pas l’opus de receler quelques excellentes plages. A l’instar d’"All the good things" et "Hiccup boogie", deux boogies classieux au cours desquels le gratteur, Smokehouse Brown, se distingue et semble même hanté, en fin de parcours, par ce diable d’Henri Vestine (Canned Heat). Caractérisé par la conjugaison des voix de Ghalia et de Mastro, le shuffle "Waiting" se signale par la conjugaison des voix entre Ghalia et Masto. Slide et harmonica combinent élégamment tout au long de "Hey little baby". Johnny allume "4am Fried chicken" de sa musique à bouche. Seule piste lente, "Addiction" baigne au sein d’un climat ténébreux, mais surtout met en exergue Brown, qui traite sa sèche au bottleneck…

 

Alice Cooper

Paranormal

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Faites le test : colportez autour de vous qu’Alice Cooper a gravé un nouvel album et attendez les réactions. Il est alors probable qu’on vous réponde : ‘Quoi, il chante encore ?’ Et pas qu’un peu qu’il chante encore ! Bien qu’affichant bientôt 70 balais et plus d’un demi-siècle au compteur, à arpenter les scènes, le maître de l’‘horror show’ propose son vingt-septième opus (!), « Paranormal ». Sorti six ans après « Welcome 2 My Nightmare », il est divisé en deux parties.

Cette énième édition du bal des horreurs débute par un surprenant titre éponyme, aux sonorités plutôt pop. L’homme au serpent aurait-il décidé de voguer sur d’autres rives ? Quoi qu’il en soit, il est aidé à la rame par –ni  plus ni moins– Roger Glover, le bassiste de Deep Purple. Il faut attendre le single, « Paranoiac Personality », pour être rassuré : le fibre du Hard Rock est toujours aussi vivante chez le père du Shock Rock. Jusqu’à sonner très ‘ZZtTopien’ sur « Fallen in Love »… même trop pour que… ah ben oui, c’est bien Billy Gibbons, guitariste et vocaliste du trio Texan, qui apporte son concours à la gratte et aux vocaux…

Ce nouvel LP s’inscrit dans un contexte particulier. Celui de l’univers des contes. Ainsi Cooper et son ami producteur en ont écrit vingt. Et douze ont été retenus pour être traduits en chansons. 

Alors que « Dynamite Road » aborde la sinistre rencontre entre un groupe de musique et le Malin, « Fireball » évoque un cauchemar apocalyptique au sein duquel est empêtré Alice, avant que ce dernier ne finisse par se réveiller et contempler la fin du monde de ses propres yeux. Ou encore « Genuine American Girl », qui dépeint la transsexualité d’un gars bien décidé à le faire savoir. Ce titre figure d’ailleurs sur le second CD de « Paranormal », suivi de « You and All of Your Friends ». Deux morceaux à la saveur particulière, vus qu’ils ont été enregistrés en compagnie du guitariste Michael Bruce, du bassiste Dennis Dunaway et du batteur Neal Smith –soit le line up originel du backing group d’Alice Cooper (NDR : hormis, malheureusement le guitariste Glen Buxton, décédé en 97)– au cours de la première partie des années 60 ! Exhalant un léger fumet de ‘bouche-trou’, six titres interprétés en live (à Colombus, en 2016), viennent combler ce second disque. On ne cachera néanmoins pas sa joie de réécouter des classiques tels que « School’s Out », « Feed my Frankenstein » ou encore « No More Mr. Nice Guy », bien que ces enregistrements n’apportent rien de bien neuf à l’ensemble.

Un peu déroutant en début de parcours, « Paranormal » permet finalement de passer un bon moment de rock’n’roll aux spectateurs•trices de ce grand parc d’attractions autant kitsch que cauchemardesque, bâti pierre par pierre pendant plus de cinquante ans par cette incontournable icône. On pourrait certes tergiverser sur l’utilité de la seconde plaque, mais au risque alors de se limiter à une seule et donc de se priver de cet épisode revivaliste, illustré par ces deux morceaux, qui traversent la zone grise de cette fin d’opus. Après une telle longévité, autant ne pas bouder son plaisir.

 

Natalia Doco

El Buen Gualicho

Écrit par

« El Buen Gualicho » (*), c’est le titre du nouvel album de Natalia Doco. Ce n’est pourtant pas une invitation lancée par l’artiste pour aller visiter le Jurassic Park ! Il fait suite à « Mucho Chino », publié en juin 2014. Quelques collaborateurs cosignent les chansons interprétées dans la langue de Molière, dont Belle du Berry (Paris Combo), le duo Yépa et Florian Delavega.

Découpé en 14 plages, cet opus a été mis en forme par Axel Krygier. On y retrouve la nostalgie de la solitude et ses doutes. Mais surtout la puissance de l’inspiration du continent sud-américain, à travers la cumbia, la chacarera et la copla.

Natalia enfonce ses pieds nus dans la terre de ses ancêtres pour y puiser une énergie nouvelle, convoque la lune et les esprits, incarne le pouvoir féminin ancestral en se servant de voix multiples.

Le clip d’animation « Respira » est un véritable exercice de respiration propice à la méditation, un hymne à la lutte contre le repli sur soi, au combat des pensées négatives, des doutes, des peurs et des douleurs qui envahissent notre quotidien. Et Natalia invite le mélomane à tenter personnellement cet exercice de pleine conscience (voir la vidéo ici

* NDLR : d’après la bio, ce titre se traduirait par l'incantation bienfaisante ; mais en investiguant quelque peu sur le net (Wikipedia, notamment, mais pas seulement), on apprend que le Gualicho était une espèce de dinosaure qui a vécu en Patagonie, c'est-à-dire au sud de l’Argentine d’aujourd’hui. Or l’artiste, qui s’est installée à Paris, en 2011, est née à Buenos-Aires, qui se trouve –bien sûr– en Argentine. Et un vieux fossile comme le rédac’ chef ne pouvait passer à côté de cette troublante coïncidence… n’en déplaise aux adeptes de la pensée unique…

Le titre maître servirait, en quelque sorte, de rituel à Natalia Doco, lorsqu’elle a l’esprit tourmenté et qu’elle souhaite le libérer en retournant aux éléments purificateurs de la nature : l'eau, la terre, le feu et l'air. Ou si vous préférez la nature encore à l’état sauvage. Comme celle qu’on retrouve encore en Patagonie. Il y a même des forêts, des volcans, une chaîne de montagne et des glaciers…

Talisco

Capitol Vision

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Talisco est une formation bretonne qui avait récolté un succès certain en gravant quelques hits pop/rock comme « The Keys » et l’imparable « Run ». Des compos caractérisées par des accords de gratte spasmodiques. Après ces débuts plus qu’encourageants, il était temps que le combo décide de passer à la vitesse supérieure. Soit en enregistrant un premier album. Dont les sessions se sont déroulées à Los Angeles, ville dont l’image cadre parfaitement à sa musique ensoleillée.

« Capitol Vision » trace le sillon définitivement ‘feelgood’ entamé par ce trio au fort capital mélodique. Les singles pop se bousculent. Que ce soit « Thousand Suns » ou « Shadow », caractérisés par ses refrains XXL. Toutefois certaines compos se révèlent bien plus élaborées ; à l’instar de « Before the Dawn », qui se distingue par son solo de batterie épique ou encore de « Sitting with the Braves », une plage dont la jolie mélodie est enrobée par une chorale céleste. D’ailleurs, la voix bien maîtrisée de Jérôme Amandi est régulièrement étoffée de chœurs, des chœurs qui insufflent une certaine euphorie communicative à l’ensemble. C’est beau –et finalement assez rare– qu’un groupe ou un artiste puisse confirmer toutes les attentes qui étaient placées en lui…

 

Cali

Les choses défendues

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Cali travaille toujours plus et plus vite. Un an après avoir publié « L’âge d’or », il propose des « Choses défendues », septième album studio en treize ans seulement. Originaire de Perpignan, le chanteur ne chôme pas et offre une fois encore un disque plein de vie. Parce que c’est une constante chez Cali. Il le chantait sur son précédent opus ; de quoi symboliser son œuvre : c’est « La vie quoi! ». Comme d’habitude, il incite à emprunter les beaux chemins de la douceur tout autant que les sentiers vibrant de folies, de déraison. Et ce subtil mélange est tendre et bon.

Mais on reste malgré tout un peu sur sa faim. La raison principale ? Des paroles un peu moins juteuses dans cette poésie servie par le bel accent du Sud. Si la jolie naïveté du chanteur fait souvent sa force, elle est peut-être un rien trop présente tout au long de ces quatorze plages. « Sweetie » corrobore parfaitement ce point de vue. Sans être désagréables, on sent ces morceaux fragiles.

« Les choses défendues » manquent de surprises derrière ses singles qui mènent la cadence.  « I want you » établit qu’il s’agit bien du Cali, de son style. « Je ne peux pas pleureur plus que ça » est LE titre de cet elpee. Mais derrière il manque une découverte susceptible de nous faire battre le coeur à la première écoute. Alors que lors du précédent LP, c’était le cas sur pratiquement chaque piste. Mais c’est sans doute ce qui fait le plus souffrir ces « Choses défendues » : la comparaison avec le sublime et merveilleux « L’âge d’or ». Cependant, l’émotion est toujours aussi forte. On sent un chanteur qui se livre à son public et s’imprègne du monde au sein duquel il vit. Et sur scène, il défend son répertoire de manière surprenante et grandiose. Bref, un artiste qui fait du bien, qui fait le bien, qui s’offre et donne envie de croquer dans « Les choses défendues ».

Alice in Neverland

L’île aux trésors

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« L’île aux trésors » constitue le second elpee d’Alice in Neverland, un projet imaginé par Vincent Fauche. Cet opus fait suite à un éponyme, paru en 2011. Pour enregistrer ce disque, il a quand même reçu le concours de ses fidèles collaborateurs ; en l’occurrence la pianiste Laura Nicogossian et le violoncelliste Jérémie Garat. Mais également de quelques invités, dont Céline Macé et Mathieu Tamisier, qui participent aux vocaux. Et première constatation, ce sont les harmonies vocales qui apportent le côté pop aux compos. Des harmonies sucrées, éthérées, qu’on pourrait comparer à celles de Girls In Hawaii. Musicalement, il en va cependant tout autrement. En fait, instrumentation synthétique, organique et classique se conjuguent le plus souvent pour se fondre au cœur d’une mélancolie douce. Et les claviers qui dispensent circonstanciellement des sonorités de xylophone, voire parfois de clavecin accentuent cette impression. On dirait même parfois des clochettes (NDR : de fée ?). Tout un ensemble qui sert de structure à des plages aux multiples facettes.

Valse, « Arrival » sert de départ, pas d’arrivée. Les « Visions » deviennent rapidement complexes et psychédéliques. Elles sont même hantées par « The confessions of Dr. dream and other stories » de Kevin Ayers. « Isla » baigne dans un climat celtique. L’« Interlude » est bien enlevé. Ritournelle transportée par des interventions à l’accordéon, « Le petit nuage de Faustine » aurait pu figurer dans la B.O. signée Yann Tiersen pour le « Fabuleux destin d’Amélie Poulain ». Si « I’m sorry » (I have an nice day) » est désolé d’emprunter religieusement des échos à… Bach, le plus austère « Angry seas » affronte les éléments, dans un contexte favorable à la musique de chambre. Et en guise de clôture, Alice in Neverland nous entraîne au cœur de « Tourbillons » arabisants… Enfin, pour que votre info soit complète, sachez que les différentes compos racontent chacune une histoire, au sein d’une œuvre à la fois belle et conceptuelle…

 

100% Chevalier

Ee (Ep)

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100% Chevalier est un trio ‘guitare/basse/batterie’ français. Issu de Strasbourg, très exactement. En consultant la toile, on apprend que cette formation évolue dans l’univers du math rock ; ce qui ne suscite pas chez votre serviteur, une motivation optimale. Qui imagine alors qu’elle va encore grossir les rangs des matheux hexagonaux, parmi lesquels figurent déjà Electric Electric, Chevreuil ou Pneu. Un univers surexploité, au cours de ces dernières années.

Mais dès l’ouverture de cet Ep (NDR : c’est son deuxième !), on se rend compte que l’expression sonore est différente. Oscillant entre post-rock atmosphérique, math-rock (of course !) et kraut-rock, 100% Chevalier possède un don inné pour vous faire taper du pied. Si la guitare rend le climat atmosphérique, la basse est caoutchouteuse, un peu comme le combo yankee Maserati (en plus minimaliste) voire le band écossais Errors. Sur ce disque, deux plages conduisent d’ailleurs l’excitation à son comble : « Senzu » et « Tiamat ».

Après avoir écouté « Ee », on est en droit d’espérer tout simplement que 100% Chevalier puisse reproduire ces bonnes dispositions sur un véritable LP. En attendant, on tiendra à l’œil ce combo tout en ouvrant toutes grandes les oreilles…

Aline

La Vie Electrique

Écrit par

Dans la discothèque de votre serviteur, les artistes et groupes qui chantent dans la langue de Molière sont plutôt rares. Pas parce qu’ils n’ont pas de talent, mais à cause de mes oreilles. Elles sont moins réceptives à cet idiome. Il existe cependant des exceptions à cette règle et Aline en est certainement une.

Le premier elpee de ce combo hexagonal avait apporté un véritable vent de fraîcheur dans l’univers de la french pop. Et pour cause, « Regarde le Ciel » recelait quelques tubes immédiats, comme « Je bois et puis je danse » ou « Elle m’oubliera ».

De quoi espérer une suite favorable à cette entrée en matière. Sans pour autant lui conférer des espoirs démesurés. Serait-ce dû à un certain scepticisme vis-à-vis de la french pop ? La question mérite d’être posée. 

Publié il y a quelques mois avant la sortie de « La Vie Electrique », le titre maître, malgré son clip génial, ne correspond pas vraiment au climat du nouvel elpee. Il s’inscrit davantage dans l’esprit du précédent. Et raconte une histoire consécutive à un coup de foudre fracassant, alors que le précédent s’inscrivait dans un contexte de frustration amoureuse, noyée dans l’alcool.

Bien sûr, les idées noires continuent de hanter les lyrics. A l’instar de ces thèmes qui abordent le manque de confiance en soi, l’incompréhension, l’éloignement, la guerre ou encore l’astrologie. Torchés par Romain Gueret, ils sont d’ailleurs d’une simplicité touchante. C’est d’ailleurs ce qui fait le charme d’Aline.

L’opus a été enregistré à Bruxelles ; et la production a été confiée à une légende issue d’outre-Manche : Stephen Street. Il n’est pas uniquement l’ex-producteur du mythique Smiths (NDR : souvenez-vous de l’incontournable « The Queen Is Dead »), mais a aussi mis en forme d’autres œuvres, notamment de New Order, Morrissey ou encore Blur. Un fameux cv pour ce Londonien, toujours aussi avide de nouvelles expériences. Il s’agit d’ailleurs de la première fois qu’il apporte sa collaboration à un groupe francophone. Et manifestement, le résultat est probant.

L’elpee s’ouvre par « Avenue des armées », morceau qui établit un lien parfait entre les deux long playings du band français. Un choix judicieux, qui ne devrait pas trop perturber les aficionados de la première heure. Avant de sortir des sentiers battus, et permettre d’attaquer un répertoire bien plus profond et varié que « Regarde Le Ciel ». Si plusieurs plages du premier LP sortaient facilement du lot, « La Vie Electrique » se révèle bien plus complexe. Chaque piste nous entraîne au sein d’un univers différent. Encore que plusieurs chansons évoquent un certain Etienne Daho. A l’instar de « Les Mains Vides ». Le sommet de l’album ? « Une Vie ». Une véritable pépite, sans doute décousue, mais au riff efficace et au refrain brillant. Le tout, ponctué d’un pont mélancolique complètement inattendu.

Et le disque de s’achever par « Promis Juré Craché ». Un titre plus rock au cours duquel Romain Gueret clame son ras-le-bol… de la musique. Une forme d’autodérision qu’il semble cultiver.

En gravant « La Vie Electrique », Aline a atteint un niveau agréablement surprenant. Un elpee dont les compos sont à la fois attachantes, aventureuses et excellentes. Que demande le peuple ?

 

Jesse Malin

New York Before the War

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Cet ex-chanteur du combo glam-punk D Generation, est une grande promesse de la scène rock new-yorkaise du début de ce millénaire. Pourtant, suite à la sortie de l’Ep « The Wendy EP », sur laquelle figure sa magnifique reprise du « Hungry Hearts » de Bruce Springsteen, l’aura de Jesse Malin s’était quelque peu estompée. Elle commençait même progressivement à s’effacer de nos mémoires, comme celle de son ami Ryan Adams, même si ce dernier n’a jamais arrêté de composer, depuis…

« New-York Before the War » ne devrait pas lui permettre de retrouver sa place au firmament de la scène rock internationale, mais parvient à nous replonger dans son univers rock classique et romantique (« Oh Sheena ») et parfois épique (« Immigration Boots »), grâce à des morceaux enrichis par sa voix de vieux briscard qui doit tant au ‘Boss’ qu’à Tom Petty ! Le long playing alterne entre ballades mélancoliques interprétées au piano (« The Dreamers »), morceaux rock ‘old school’ (« Freeway », qui bénéficie du concours de Wayne Kramer du MC5, comme guest de luxe) et saillies americana (« Bent up »)… Jesse ne révolutionnera pas le monde, à travers cet elpee, mais nous y livre toute sa passion. Un disque pour lequel il a quand même reçu le concours de Peter Buck (R.E.M.) sur « I Would Do It for You » et Craig Finn (Hold Steady) pour « Bar Life » ! Finalement, en écoutant cet LP, vous aurez l’impression d’avoir retrouvé un bon pote, que vous aviez perdu de vue, depuis quelques années…

 

Cali

Vernet-Les-Bains

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Vernet-les-Bains. Reçu par la poste il y a approximativement... 5 minutes ? Je retourne doucement l’enveloppe, pour le plaisir de lire un ‘Exp : F-66820 Vernet-les-Bains’, terre natale de Cali.

En général, ma première réaction est d’ouvrir le boîtier, de piocher le cd, le poser sur mon lecteur et pousser sur la touche ‘play’. Pas aujourd’hui, non. Je préfère triturer la pochette dans tous les sens, la regarder sous toutes les coutures, détailler chaque brin d’herbe. Profiter de la citation de Tom Waits, chanteur blues/rock californien : ‘Ici les rêves ne sont pas brisés, ils boitent…’

Allez, il est temps. Je saisis le cd de la main. Et je regarde l’herbe. Je glisse le disque dans le lecteur. Je fouine un peu sur le web, et j’y lis cette phrase (propos recueillis par Eric Busienne) de Cali, justifiant la phrase de Waits : ‘J'aime les losers mais les losers magnifiques. Le gars qui s'accoude au comptoir pour dire qu'il va quitter sa femme… mais qui va finalement la retrouver, tard dans la nuit. J'aime les poètes rêveurs qui se disputent un os de chien dans une impasse derrière un bar. J'aime tout ça, oui !’ Merde, je connaissais le Cali révolté, le Cali amoureux, le Cali triste, mais ce Cali-là, c’est une nouvelle facette de l’artiste, et surtout de l’homme, que je prends dans la tête.

Le bonhomme sort de « La vie est une truite arc-en-ciel qui nage dans mon coeur » qui a clairement partagé les critiques, une œuvre suivie d’une tournée (fabuleuse !) piano/voix, en compagnie de Steve Nieve. Il a été le pianiste d’Elvis Costello pendant 20 ans. Excusez du peu ! Il s’offre un retour studio plus intimiste, plus proche des chansons que du chanteur (de son propre aveu d’ailleurs : ‘Ici, je voulais de l'épure totale, que le héros ne soit pas le chanteur mais les chansons’.

Introduction trop longue, probablement. Si elle n’était pas nécessaire pour le lecteur, elle l’était pour votre serviteur. Histoire de bien mettre les choses à plat, telles qu’elles sont, avant de se plonger dans l’écoute de l’album.

Ce type a tout compris. J’avais lancé le cd en me disant ‘Il va me falloir 2-3 morceaux avant de tendre l’oreille’. Erreur. Il murmure plutôt que de crier. Un appel impérieux, un hurlement silencieux. Des propos si durs, si vrais, si intimes. Obligé d’écouter, je pars me caler dans un fauteuil afin d’écouter plus attentivement le disque. Pas d’erreur, c’est d’une beauté effarante.

Beauté parce que cet opus chante ; plus qu’un chanteur, c’est véritablement l’album qui se joue, seul, une vraie pièce. Effarant parce que les paroles, comme d’habitude chez Cali, ne sont pas ‘à la joie’. Il oublie ses vieux démons et se lance dans une entreprise intime, chez lui, en terre connue. « La grotte des amoureux », en haut de Vernet-les-Bains, où les jeunes amants se murmuraient leur amour par exemple. Incorrigible amoureux lui-même, il ne s’empêchera tout de même pas « L’amour est éternel », mais rompt très largement par rapport à ses derniers disques.

« Mes vieux cinglés ». Punaise, mais comment il a fait ? D’accord, il est père. Mais combien d’artistes vont écrire une chanson pour se prémunir eux-mêmes des dommages qu’ils pourraient causer à leurs enfants? ‘Vous étiez mes parents’, ‘Ma petite chambre, ma prison’, ‘Brûlez tout, moi je l’ai déjà fait’, autant de phrases d’un enfant terrifié par ses parents qui se disputent à portée de voix. Heureusement que le Catalan précise en interview qu’il a eu une enfance heureuse, on s’en serait inquiété.

« Une femme se repose », longue traversée intime d’une vieille que l’on imagine se balançant sur sa chaise. Cali fait le tour de Vernet-les-Bains, le tour de son esprit et de celui des gens qui l’entourent.

L’œuvre est magistralement orchestrée par Frédéric Lo (Stéphane Eicher notamment), voix en avant, piano et guitare un peu en retrait. Le tout en douceur, comme pour protéger le mélomane des mots qu’il entend. « Je rêve de voir l’été ». Quand la mort se sublime. Quelle tristesse à dire mais quelle beauté cette chanson. ‘En frimant je dirais que mourir, il y a pire’.

L’album est intime, intime au chanteur, intime au village de Vernet-les-Bains, mais intime à chaque auditeur. Nul doute qu’en le réécoutant dans une vingtaine d’années, une autre vision émanera de ce bijou. Une facette par auditeur, une note par sentiment, un tempo pour chaque coeur. L’album le plus intimement universel qu’il m’ait été donné d’entendre.

« Happy end ». A mon sens, quand un artiste arrive à tourner en dérision ses propres ‘travers’ (et dieu, si les chansons tristes constituent son travers, qu’il continue sur le mauvais chemin) c’est qu’il est grand. Et il l’est.

Le disque est en bout de parcours. Sentiment ? Nostalgie, comme l’album. Impatient de découvrir comment le Perpignanais va le jouer en live. Heureux, heureux de l’avoir écouté. Cali range ses opinions politiques dans un coin de sa tête, oublie le Cali flamboyant et nous présente Bruno Caliciuri, l’homme nu, offert dans les chansons de son opus.

 

Hospitality

Trouble

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Deux ans après avoir publié un premier essai fort remarqué dans le monde de l’indie rock américaine, le trio de Brooklyn remet le couvert en gravant « Trouble ». Toujours porté par la voix et la guitare d’Amber Papini, cet LP est à la fois varié et de très bonne facture.

L’opus s’ouvre par l’excellent « Nightingale », une compo qui démontre immédiatement que les New-yorkais maîtrisent leur sujet. Une plage minimaliste et sombre au cours de laquelle les nappes de claviers se fondent parfaitement dans les chœurs. Caractérisé par sa ligne de basse caoutchouteuse et son riff de guitare particulièrement efficace, « I Miss your Bones » emprunte un ton nettement plus allègre. Plusieurs pistes sont également traversées de claviers à coloration 80’s, à l’instar de « Rockets and Jets ». D’autres encore empruntent des chemins davantage psyché (« Last Words »). Et la formation s’autorise même un titre acoustique, « Sunship ».

« Trouble » confirme tout le bien que l’on pensait d’Hospitality. Ce nouveau disque est même plus abouti que le précédent. Et la marge de progression est encore conséquente. Ce qui n’augure que du bon pour la suite ! 

Le band se produira dans le cadre des Nuits Botanique, le 20 mai. Et c’est The Julie Ruin qui devrait en assurer leur première partie.

 

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