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Le parfum de vie de Goudi

Pierre Goudesone, alias Goudi, trace son chemin musical depuis la fin des années 80. Après s’être fait connaître en compagnie des groupes Flesh & Fell et Speaking T, il poursuit aujourd’hui une carrière solo. Son univers musical riche et profond l’a conduit à…

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Arcade Fire

WE

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On ignore si le départ des violonistes Sarah Neufeld ainsi que –plus récemment– de William Butler (NDR : le frangin de Will) a déforcé Arcade Fire, mais manifestement, ses derniers albums deviennent de moins en moins intéressants. Parmi les défections, on pourrait également citer celle du multi-instrumentiste Owen Pallett, même s’il n’a jamais réellement figuré au sein du line up. Et pourtant, Will Butler et Régine Chassagne sont toujours au commandement, mais l’inspiration commence à faire défaut.

Et c’est une nouvelle fois le cas sur « WE », le sixième opus du band canadien qui à l’instar du précédent, « Everything now », manque de bonnes chansons, et surtout de mélodies. En lieu et place, on doit se farcir des morceaux hymniques, qu’on imagine facilement repris en chœur au sein d’un stade ou lors de festivals. Or, il faut reconnaître que torcher de bonnes chansons et de superbes mélodies, c’était la force du combo. En outre, les synthés envahissent un peu trop l’expression sonore. Pour la rendre plus dansante, et même parfois virer carrément au disco ; les musicos ne lésinant pas sur les arrangements sophistiqués, luxuriants, parfois même symphoniques.

Présenté sous la forme d’un concept album, produit par Nigel Godrich (Radiohead), ce long playing propose deux parties : une face ‘Je’ et l’autre ‘Nous’ (« We ») ; et le tout est subdivisé en 7 sections. Une formule pompeuse qui rappelle la prog des 70’s. Tiens curieusement, Peter Gabriel participe aux backing vocaux sur « Unconditionnal II ».

Finalement, le plus intéressant procède des textes qui font, en quelque sorte, un état des lieux de notre monde fracturé, tourmenté et malade de la violence…

Arcade Fire

The suburbs

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Il existe de nombreux points communs entre les enfants et les amateurs de Rock, et ce, mis à part une certaine part d'immaturité revendiquée. Notamment ce plaisir sans cesse renouvelé de se faire peur.

Dans ce domaine ludique, nous, adorateurs de ce qui fût à une époque pas si lointaine encore appelé la musique du diable, nous excellons dans un petit jeu macabre. Proclamer haut et fort que le Rock est mort (ou la Pop, sa sœur sucrée, selon les tendances). Et de lui trouver urgemment un sauveur. Foncièrement voué à l'échec, cette quête n'en revêt pas moins une importance de taille. Il permet au genre d'aller de l'avant, à défaut de le renouveler. Et de lancer les étoiles dans le firmament, tel un feu d'artifice teinté des couleurs de l'espoir. O la belle bleue, o la belle rouge. Et en l'espace de quelques instants, la star pâlit, jusqu'à disparaître bien souvent complètement. Ou parfois, une légère aura continue de scintiller dans le ciel. Ou parfois, mais c'est beaucoup plus rare, l'étoile s'accroche à un pan du ciel, et grossit, grossit, et se mue en astre. Alors, durant l'éclipse, tel ou tel autre groupe est appelé à nous sortir des ténèbres. Ironique si l'on pense que le noir nous va si bien. Ainsi soit-il !

Aujourd'hui, que descende donc l'aura de lumière des flamboyants Arcade Fire, nouveaux fers de lance proclamés et encensés aux quatre coins de la planète. Et voyons si le salut du Rock passera par eux. Pour ce faire, je chausse mes lunettes teintées, met ma crème indice protection 3, pas plus. Point trop n'en faut. Je ne fais pas partie de la horde sans cesse grandissante des aficionados du groupe, je n'attends donc rien de particulier de cet opus, et encore moins il est vrai qu'il nous sauve de quoi que ce soit. Allez hop! C'est parti.

D'entrée, « The suburbs », le premier morceau donne le ton. Les Canadiens savent y faire. On le savait déjà. Une chanson Pop parfaite, sans trop de sirop d'érable. Ne reste plus qu'à tenir la longueur. Et quelle longueur! Une heure à se dorer la pilule. L'exercice risque d'être périlleux. Car si l'album venait à faiblir, les nuages de l'ennui ne tarderaient pas à venir nous faire de l'ombre. Après un peu plus de cinq minutes, les voilà « Ready to start ». Ah bon? C'était pas déjà commencé? S'enchaînent pêle-mêle un « Modern man » à la rythmique subtilement syncopée-atrophiée, un « Rococo » dont le titre pourrait faire craindre le pire (qu'il évite fort habilement) dont les guitares shoegaze annoncent le morceau suivant, un « Empty room » aux sonorités 90's, improbable rencontre entre Kevin Shields et... Abba. Assurément un moment clé de l'album. Ça tape fort. Le ton se fait ensuite plus ouaté. Toujours aussi lumineux. Qu'à cela ne tienne! Inutile de se brûler les ailes trop rapidement. Demandez à Icare ce qu'il advient quand on s'approche trop du soleil. Puis, déjà, vient le dixième morceau, « Month of May ». Là, le pouls s'accélère. La sueur perle. Les genoux s'entrechoquent. Efficace. Trop efficace. Debout sur ma serviette de plage, je m'apprête à me remuer, je suis lancé, le sable est trop chaud, je veux en découdre. La machine est lancée. Mais au lieu de cette débauche de décibels que j'attends avidement, je suis convié à m'assoir et balancer la tête gentiment sur une paire de ballades, certes, fort agréables, mais un rien frustrantes. Allez, quoi, c'est quand qu'on se bouge? J'attends impatiemment de pouvoir me remuer à nouveau. Las. Je ne quitterai plus le sol. Mes rêves de lévitation s'évaporant dans les arrangements synthétiques et vaporeux de « The suburbs », en version onirique, qui clôt le chapitre. Entre temps, des morceaux comme le très 80's « Sprawl II » ou l'entêtant « We used to wait », au tempo de plus en plus soutenu, m'auront convaincu du talent indéniable du combo à rallonge de Montréal. Mais point de coup de soleil. Tout juste un coup de chaleur.

Un album Pop de haute tenue, magnifiquement orchestré, un poil trop poli (ah! Cette obsession pour les productions léchées), bref, un des albums de l'année, pour les amateurs du genre. Mais cela n'empêchera pas le Rock de mourir à nouveau. Pour mieux renaître de ses cendres. L'apocalypse est pour demain, et après-demain, et ainsi de suite... Et c'est très bien comme ça. Bon, allez, c'est pas tout ça, moi, je retourne dans ma cave.

Arca

On ne distinguait plus les têtes

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Le poète portugais Fernando Pessoa n’a presque rien publié de son vivant. Il rangeait ses écrits dans un coffre qu’il conservait jalousement. Et ceux-ci n’ont d’ailleurs été découverts qu’après sa mort. Ce type de coffre se dit ‘arca’ en portugais. A l’instar du coffre de Pessoa, ce disque risque de rester le secret de quelques mélomanes qui seront bien inspirés d’ouvrir la boîte de Pandore.

Projet initié en 2000 par le prolifique compositeur français Sylvain Chauveau et son ingénieur du son Joan Cambon, Arca propose tout au long de ce troisième album une expérience sonore digne d’intérêt, naviguant sur des eaux plutôt calmes. De paysages engourdis, voire neurasthéniques, émerge la voix de Sylvain Chauveau, douce et posée (le très beau « Sunday Negative »). Une tension bienvenue finit, au terme du voyage, par nous arracher à notre torpeur, le temps d’un « 1957 » hypnotique et furieux et d’un « Nyodene » d’apocalypse.

Chaque piste de ce court album (5 plages) se déploie ici comme un long et lent travelling sur un paysage, qu’on imagine volontiers d’hiver. Chauveau et Cambon ont d’ailleurs travaillé ensemble sur plusieurs films et confessent volontiers leur amour du Septième Art. Ainsi, la neige fige les gestes et les cœurs sur un titre tel que « Laced by the Night », pourtant tapissé d’une couche électronique évoquant le crépitement d’un feu dans la nuit.

Ce projet, le plus ‘rock’ de Sylvain Chauveau, ravira tant les amateurs de Talk Talk et de Sigur Ros que ceux du compositeur Arvo Pärt, adepte lui aussi d’une ligne claire, minimale, ponctuée de silences et de bienveillantes sonorités électroniques.

Arcade Fire

Neon Bible

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Le nouvel album d’Arcade Fire est enfin paru. Et il est très bon, excellent même. Mais pas toujours accessible. Six à sept écoutes ont d’ailleurs été nécessaires pour pouvoir enfin m’en imprégner. Première constatation, si « Funeral » traduisait une douleur toute personnelle (le décès de proches), « Neon bible » aborde des thèmes beaucoup plus universels. Quoique engagés. Et sur un ton empreint de colère, d’amertume ou d’emphase. Prenant pour cible le gouvernement, les religions, le pouvoir militaire et même l’industrie du divertissement. Vous me direz, ce n’est pas neuf. Mais c’est quand même mieux de se pencher sur la situation de notre monde que de faire l’apologie du banditisme ou d’écrire des textes qui n’ont ni queue ni tête.

Une partie des sessions d’enregistrement se sont déroulées dans leur pays natal. A l’église St Jean-Baptiste de Montreal, très exactement. Ce qui leur a permis d’utiliser les grandes orgues. Tout d’abord sur « Intervention ». Enrichi de backing vocaux spectraux, cette plage me fait penser à des Go-Betweens qui auraient bénéficié d’arrangements ‘philspectoresques’. Exécutés par Owen Pallett (également impliqué dans le projet Final Fantasy) et Régine Chassagne, ces arrangements (principalement de cordes) sont, vous vous en doutez, somptueux. Ou solennels, selon. Le morceau final, ensuite, « My body is a cage ». Plus biblique, presque gothique, il est imprimé sur un tempo martial. La plupart des titres de cet opus baignent d’ailleurs, en permanence, au sein d’un climat mystique (construits en crescendo aussi). Littéralement balayée par des vocaux incantatoires, « Black mirror » en est probablement la plus belle illustration. Des vocaux toujours partagés entre le timbre gémissant, intense de Win Butler et le soprano de Régine. Pas la peine de vous faire un dessin. Personnellement, « (Antichrist television blues) » me semble le morceau le moins en phase avec cette œuvre. Trop inspiré de Bruce Springsteen, à mon goût. Par contre, la nouvelle version de « No cars go » (elle figurait sur le premier Ep éponyme) est une véritable perle. Contagieuse, hymnique, un peu plus uptempo, elle se conjugue dans un tourbillon majestueux de chœurs, de cordes et de cuivres. Des cuivres qu’on retrouve sur « Ocean of noise ». Guitare surf et ligne de basse empruntée à la samba s’ébranlent à la manière du ‘petit train rébus’ (signé Clyde Otiset/Brook Benton et interprété par Marc Taynor et son orchestre,  ce thème musical assez léger servira d’Interlude à la RTB, à partir de 1963), avant que le climat ne vire au mariachi, en fin de parcours. Et pour cause, les trompettistes de Calexico, Martin Wenk et Jacob Valenzuela sont de la partie. Puisqu’on en est au stade des invités, signalons encore la collaboration de Hadjii Bakara (Wolf Parade). Si le titre maître se révèle la chanson la plus confidentielle de la plaque (la subtilité de ces arrangements de cordes est un véritable régal !), deux fragments lorgnent manifestement vers la new (cold) wave. Tout d’abord l’hypnotique « Keep the car running ». Win y va tellement d’inflexions à la Ian Mc Culloch, qu’on se croirait revenu à l’époque de « Rescue » d’Echo & the Bunnymen. Et puis le curieux « The well and the lighthouse ». Paradoxalement allègre, il trahit de fortes réminiscences empruntées à Joy Division. Et dans le registre de mauvaise augure, l’envoûtant « Black wave » (une réflexion sur le Tsunami asiatique) implique une rythmique électro. Instrumentalement, Arcade Fire a mis le paquet : orgue d’église et de barbarie, cuivres et cordes (on en a parlé), accordéon, harpe, chœurs militaires, sans oublier la participation d’un orchestre issu d’Europe de l’Est, outre la panoplie à laquelle a recours habituellement le collectif. Pas la peine d’en rajouter une couche, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

 



Arcade Fire

Funeral

Écrit par
A l’instar de Blanche, Arcade Fire a vécu toute une série d’événements douloureux peu de temps avant d’enregistrer son premier album. Mais si la formation de Detroit a exorcisé ces épreuves à travers l’humour, A.F. cherche, nonobstant le titre de son premier album, à véhiculer avant tout un message d’espoir. Une formation qui nous vient de Montréal, au Québec. Un sextuor de multi-instrumentistes qui se partage guitares acoustiques et électriques, pianos, synthés, basse, drums, accordéon, orgue, xylophones, contrebasse, et percussions et que drive un couple (NDR : comme chez Blanche, il faut le rappeler) : Win Butler et Régine Chassagne. Qui se réserve également les parties vocales. S’il possède un timbre vocal rappelant tantôt David Byrne ou Ian Mc Culloch, celui de Régine me fait plutôt penser à Catherine Ringer des Rita Mitsouko. Quand ce n’est pas à Kate Bush. Mais en moins démonstratif. Pour enregistrer leur premier album, A.F. a fait appel à de nombreux musiciens de studio. Préposés aux cordes, pour la plupart. Sur certains titres, ils sont parfois quinze ! Ce qui donne parfois l’impression d’aller à la rencontre d’une pop orchestrale, dans l’esprit de Broken Social Scene. Mais si les orchestrations sont fouillées et les arrangements particulièrement soignés, les mélodies ne se noient jamais dans la solution sonore. Elles se révèlent même très souvent contagieuses, parfois baroques et glamoureuses, voire allègres, comme si elles étaient nées d’un croisement improbable entre les Flaming Lips, les Sparks et Roxy Music.

Dave Arcari

Blue country steel

Écrit par
Dave Arcari est le vocaliste du groupe écossais, The Radiotones. Un excellent chanteur de blues, dont le timbre graveleux se détache d’une musique qui n'hésite pas à teinter le blues, de rockabilly et de punk. Arcari a fondé Radiotones en 1997. A l’époque le trio se produisait sous un format acoustique. Les deux premiers albums témoignent de cet épisode : "Gravel road" (1998) et "Whiskey'd up" (2000). Fin 2001, le line up a été complété par un drummer, et l'amplification a fait son apparition. Depuis, la formation a commis un single 3 titres en 2002 ("Bring my baby back"), et un elpee en 2003 ("Bound to ride").
 
Dave Arcari a concocté "Blue country steel" en solitaire. Il s’est limité à la guitare et à sa voix. Ses cordes vocales si profondes, ravagées, sont taillées sur mesure pour ce blues qu'il narre, en s’accompagnant des cordes cinglantes de sa slide. Ce style lui sied à merveille sur son "Dreamt I was 100", ce rêve inimaginable de devenir un jour centenaire et de rencontrer des êtres proches disparus. Pour son "Project blues", il saisit sa National Resonator à la façade d'acier. Le son métallique qu'il en tire entretient une atmosphère unique. Dave joue le plus souvent de manière agressive ; mais l'ensemble semble tellement couler de source que c'est un plaisir de l'écouter. Taillée comme une serpe, sa voix lamine tout sur son passage tout au long de "Rough justice". Il reprend aussi deux titres du répertoire des Radiotones : "Close to the edge" et "Good friend blues" ; deux plages fondues dans le même moule que les titres précédents. Evoquant tour à tour Leadbelly, Big Bill Broonzy, Tom Waits ou Captain Beefheart, ce musicien doit sans doute impressionner lorsqu’il se produit ‘live’, dans un petit club.

Sugarcane

Barney´s revenge

Écrit par

En 1998, cette formation batave qui répondait alors au nom de Blues Factory, avait sorti un album intitulé "Take-a-stroll!". Le leader est le chanteur guitariste Bas Flesseman, un gars drôlement doué, toujours entouré d'une section composée de trois cuivres. Matthijs Willemsen à la trompette, Jan Spijker au sax tenor et Aldo Groen au trombone. Il a conservé Jasper Mortier à la basse et c'est l'Américain du Nord Ouest, Boyd Small, qui tient ici, avec un réel bonheur, les percussions.

Sugarcane s'embarque sur un "Hate to be messed with" dont le rytme soutenu est largement cuivré. Bas plonge ensuite ses acolytes dans le climat lugubre de " Get a heart ". L'ombre des cyprès se découpe au cœur des swamps endormis et une lap steel bien paresseuse apparaît à l'avant-plan. Saisissant et parfaitement réussi! Un effet qui se retrouve sur "Is it a crime?". L'atmosphère persiste, le rythme s'accélère, le tempo épouse le riff de Bo Diddley, la section rythmique porte l'équipe, la guitare sonne très métallique et le sax s'évade sur "It tears me up". La pédale des gaz est poussée à fond. Les cuivres impriment un rythme très élevé pour la plage titulaire. La guitare surfe au milieu des vagues. La voix légèrement fausset de Flesseman, peut faire penser à un Dr John plus mâle. On n'est pas trop surpris de se retrouver aux portes de la Nouvelle Orleans, avec "Wouldn't know". Le son pourri de la guitare se reflète dans son rythme. La slide de Richard Van Bergen, invité sur le trop court "Baby you got what I want", sautille d'aisance. Sugarcane a produit un excellent album, original, dont le style bien personnel est très perceptible sur les titres lents, mais également dans le rythme qui peut faire alors penser à nos Seatsniffers. Vous adorerez ce dutch swamp blues.