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Boogie Beasts

Neon Skies & Different Highs

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Le blues des Belges de Boogie Beasts se traduit par un son très personnel et distinctif. Imaginez les Black Keys improvisant avec John Lee Hooker dans une rave tardive, le groupe Morphine dans un trip psychédélique en compagnie de Little Walter ou encore R.L. Burnside flanqué des jeunes Rolling Stones dans l'arrière-salle d'un juke joint du Mississippi. Le quatuor réunit les chanteurs/guitaristes Jan Jaspers et Patrick Louis, le génial harmoniciste Fabian Bennardo ainsi que le drummer Gert Servaes. Pas de bassiste. Le line up n’en recense aucun, et pour ces sessions le combo n’a pas sollicité de musicien de studio pour en jouer.

Depuis leur premier concert en 2011, ces 4 fous de blues-rock alternatif ont transformé de nombreux clubs et festivals en gigantesques souks festifs. Partout où ils vont, les gens s'en souviennent. Sur les planches, la formation diffuse une énergie contagieuse, avec un son délicieusement crade et simplement irrésistible. Tous leurs elpees ont reçu des critiques élogieuses. Classic 21 décrit les Boogie Beasts comme des acteurs incontournables de la scène blues-rock européenne. Fort de ses guitares tranchantes et son harmonica déjanté, le band ne perd jamais le sens du groove qui fait mouche.

Il s’agit déjà du quatrième long playing studio de Boogie Beasts. Découpé en 18 plages, il propose une musique à la fois festive et structurée. Toujours profondément enraciné dans le blues rugueux, il intègre cette fois-ci des influences gospel, soul, desert blues & rock, rhythm'n’blues, psychédéliques et même une touche de hip-hop. Ici, le blues perd ses frontières, garde ses codes et regarde plus loin. La surprise est belle, tant la richesse des morceaux est dense et la production signée Koenraad Foesters particulièrement soignée. Toujours aussi identifiable, le son reste brut, crade, parfois froid et assez urbain finalement. Les mélodies sont addictives et les chœurs accrochent. La chaleur se trouve ailleurs ; elle est encore très présente et principalement dans les arrangements vocaux. L’harmonica mène le bal sur des sonorités propres à Chicago et, grâce à des riffs efficaces et un groove rythmique dévastateur, on passe d’un titre à l’autre avec un plaisir constant. Retenir juste quelques morceaux est presqu’une insulte à ce disque qui s’écoute dans son intégralité.

 

Boogie Beasts

Come and get me

Écrit par

Solide formation, Boogie Beast réunit des musicos liégeois, limbourgeois et un chti (NDR : en l’occurrence Mathias Dalle, alias The Goon Mat). Elle aimé mêler delta blues et boogie, en y ajoutant un parfum emprunté aux collines du Nord du Mississippi, région qui a enfanté RL Burnside et le label Fat Possum. Un style dont les lieux de prédilection sont les Juke joints. Le line up implique le drummer/percussionniste Gert Servaes (Voodoo Boogie), l’harmoniciste Fabian Bernardo (alias Lord Bernardo) ainsi que deux chanteurs/guitaristes, Jan Jaspers (Voodoo Boogie) et Mathias Dalle (ex-Stinky Lou and The Goon Mat).

Le son des Boogie Beasts est primaire, brut de décoffrage. Et on s’en rend compte dès les notes d’ouverture concédées sur "Blast". La tonalité des cordes est surprenante. Lord Bernado s’autorise le premier envol. Un envol original et accrocheur qu’il concède à l’harmo. Une plage qui se fond progressivement dans "Calling my name". Réverbérées, les sonorités de cordes dispensées par Dalle macèrent bien dans le Delta. Primitives, les percussions introduisent le très rythmé "Shake 'em". Les deux vocalistes conjuguent leurs voix tout au long de ce funk irrésistible, obsessionnel, hanté en arrière plan par l’harmonica. Le tempo ne faiblit pas et devient même frénétique sur "Dig". Implacable, la section rythmique permet aux solistes de s'exprimer. "Coming home to you" baigne au sein d’une atmosphère mystérieuse. Cool, les voix communiquent un sentiment de douceur judicieux. Libres, les grattes nous invitent à vivre un voyage aux confins de la transe psychédélique. Inflexible, la rythmique reprend les rennes sur "Would you please shut up", une phrase répétée inlassablement par les vocalistes, alors qu’une guitare s’évade pour exécuter un solo créatif et complexe. Et si la basse bourdonne, l'harmonica ne tient plus en place! Les voix sont accrocheuses et changent de registre tout au long de "Do her thing". Le tempo est alerte. Une plage créative, au cours de laquelle la six cordes de Gert Servaes entre en effervescence. "Rainy day" monte progressivement en puissance, une gradation exploitée par l'harmonica. "On my own again" est également atteint de fièvre rythmique. Fabien en profite à nouveau pour décoller sur son harmonica. Ce juke joint blues ne souffre d’aucune faiblesse. Nerveux, percutant, "Soul keeps trying" aurait certainement mérité un traitement plus long. Car on atteint déjà la plage finale, "Like a fool". Une compo de 120 secondes qui macère dans une solution sonore étrangement mélancolique. Cependant, les guitares ont à peine le temps de s’installer, que la piste s’achève. Vous avez oublié votre cd dans le lecteur ? Bonne idée ! Au bout de 8 minutes de silence, on a ainsi droit à un bonus track. Soit une dernière tranche de psychédélisme à la fois planant et ravageur… Excellent !