Chanteur, musicien et compositeur de reggae jamaïcain, Clinton Fearon est surtout connu comme bassiste et choriste du groupe The Gladiators. Une formation qu’il a quittée en 1987, après 18 années de collaboration au cours desquelles il a également travaillé en compagnie de légendes du style, telles que Max Romeo, Lee Scratch Perry et Don Carlos.
« Heart And Soul » constitue le nouvel elpee solo de Clinton. Et le second concocté sous un format acoustique. Un exercice de style auquel il avait l’habitude de se frotter quand il militait au sein du groupe d’Albert Griffiths et qui finalement lui réussit bien. Sa voix est grave et c’est l’instrumentation minimaliste qui imprime le rythme aux compos.
Sur cet opus, Fearon est seul avec sa gratte sèche pour adapter les compos des Gladiators. Il y communique les émotions de ses textes, malgré la gravité des thèmes abordés. A l’instar de « Rich Man Poor Man », un morceau chargé de bonnes vibrations, reflétant le combat mené par la population de l’époque, victime de la paupérisation. A cet instant, on se sent très proche de l’artiste. Et si le pistes de ce long playing s’avèrent moins roots que leurs versions originales, elles ne sont pas pour autant de moindre qualité. La version stimulante de « Chatty Chatty Mouth » ou les invitations à la balade « Follow The Rainbow », « Untrue Girl » ou encore « Jah Almighty », en sont les plus belles illustrations.
Clinton est en pleine forme et sa gestion des gimmicks, ainsi que des références blues, en sont de parfaites illustrations. On lui reprochera néanmoins, une certaine redondance des rythmes. Ce qui peut s’expliquer par la transposition acoustique de morceaux des Gladiators. Qui peuvent paraître alors moins rafraîchissants que les compos originales. Maintenant tout est question de goût et d’humeur de l’instant. A vous de choisir entre les versions groovy des Gladiators ou celles plus roots de Fearon…