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Joe Bonamassa

Live at the Greek Theatre (cd + dvd)

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Hyper doué, Joe Bonamassa est un guitariste de blues/rock. Il a appris à jouer de la guitare, dès l’âge de 4 ans. Et dès qu’il en a onze, il assure la première partie pour BB King. Aujourd’hui, il en accuse 39 ; et sa notoriété a atteint le monde entier. Une solide notoriété qu’il a d’abord acquise sur les planches.

Son premier opus studio remonte à 2 000. Et son dernier, "Blues of desperation", à mars 2016. Il a cependant publié une volée d’albums ‘live’. Et "Live at the Greek Theatre" en est un autre. Mais pour la circonstance, le label Provogue n’a pas fait les choses à moitié ; puisque le box réunit un double cd découpé en 22 plages et d’un double dvd enrichi de quelques bonus.

Sur les planches, Joe est soutenu par un trio ; en l’occurrence le bassiste Michael Rhodes (NDR : un musicien de studio qui jouit d’une belle réputation à Nashville), du drummer Anton Fig et du claviériste Reese Wynans (NDR : ce dernier à milité chez le Double Trouble, backing band de Stevie Ray Vaughan, au cours des dernières années d’existence du regretté Texan). Et le line up est enrichi de cuivres. Soit le trompettiste Lee Thornburg et le saxophoniste Paulie Cerra. Mais pas seulement. Kirk Fletcher est également de la partie, à la seconde gratte et Nick Lane, au trombone. Sans oublier les trois choristes. Bref, ils sont onze sur le podium. Ce concert a été immortalisé au Greek Theatre de Los Angeles, dans le cadre du ‘Three Kings Tour’, réalisé au cours de l’été 2015. The Three Kings rend hommage à trois kings du blues ; en l’occurrence BB, Albert et Freddie.

Le tracklisting respecte un ordre préétabli. Et s’attaque d’abord au répertoire du géant Freddie King, un Texan disparu prématurément en 1976, à l’âge de 42 ans, à peine. Son "See see baby" est imprimé sur un tempo enlevé. Blues lent, "Lonesome whistle blues" adopte un profil downhome. Tout au long de "You’ve got to love her with a feeling", les cordes montent progressivement en puissance. Wynans balise l’énergique "Going down", un piste au cours de laquelle Bonamassa se déchaîne littéralement. Plus classiques, "Oh Pretty woman" et l’instrumental "Hideaway" sont davantage des plage respectueuses ses versions originales.

Issu de Memphis, Albert King, est disparu en 1992, à l’âge de 69 ans. L’inévitable "I’ll play the blues for you" est adapté. C’était également un spécialiste du Southern R&B, circa Stax. Le très cuivré "I get evil" et "Breaking up somebody’s home" nous le rappellent. Joe est intenable indomptable tout au long du lancinant "Angel of Mercy". Et il joue une énième cover à l’inoubliable "Born under a bad sign"… 

Le deuxième cédé est essentiellement consacré au répertoire du légendaire BB King, disparu l’année dernière. On en épinglera le remarquable "Let the good times roll", le très gospel "Ole time religion", le blues lent, particulièrement chargé de feeling "Nobody loves me but my mother", l’excellent "Hummingbird" ; et, enfin, l’un des plus beaux blues jamais écrits, "The thrill is gone". De toute bonne facture, ce set s’achève par l’interprétation du judicieusement intitulé "Riding with the King", une compo née de la collaboration entre BB King et Eric Clapton.

Joe Bonamassa

Blues of desperation

Écrit par

Ce chanteur/guitariste a déjà fait du chemin. Où est le temps quand, âgé à peine de douze ans, il ouvrait pour la légende BB King ? Il en a aujourd'hui 39 et compte une quinzaine d'albums à son actif. Son tout premier, "A new day yesterday", remonte à l'an 2000.

"Blues of desperation" a été enregistré sous la houlette de son fidèle producteur Kevin Shirley. Et ses nouvelle compos, il les a écrites à Nashville, où il s’était retiré. Quant aux sessions, elles se sont déroulées au studio Grand Victor Sound. Pour la circonstance, il a bénéficié de la collaboration du claviériste Reese Wynans, du bassiste Michael Rhodes ainsi que des drummers Anton Fig et Greg Morrow. Sans oublier quelques cuivres et les choristes.

Imprimé sur un tempo rapide, "This Train" ouvre l’elpee. La présence simultanée de deux batteurs confère une solidité particulière à la section rythmique. Soutenue par les interventions fringantes du piano de Wynans, la voix de Joe est puissante. La guitare libère toute son intensité dans un style très rock! Blues/rock, "Mountain climbing" est découpé par un riff réminiscent du Free de la grande époque, alors que la voix de Joe est enrobée par les chœurs féminins. La sonorité de gratte rappelle d’ailleurs celle d’un grand artisan de la ‘Gibson Les Paul’, en l’occurrence le regretté Paul Kossoff. Face aux percussions exotiques et aux cordes semi-acoustiques, la voix est chargée de passion, tout au long de "Drive", une roots song empreinte de tendresse ; mais lorsque les cordes se chargent d’électricité, c’est pour rendre un vibrant hommage au "Black Magic Woman" de Peter Green. Autre blues, "No good place for the lonely" est une ballade qui bénéficie d’arrangements ambitieux. Joe voue un grand respect aux anciens maîtres anglais du style. Et de grande classe, son envol rappelle Gary Moore. Rockin' blues complexe, le titre maître lorgne vers le Led Zeppelin, sans la voix de Plant, bien entendu. Mais le spectre de Jimmy Page plane quand même. "You left me nothin' but the bill and the blues" est un blues rapide et nerveux, mais attaqué sereinement, à la manière d'Albert Collins. Joe se délecte en se déchaînant sur ses cordes. "Distant lonesome train" baigne dans le Delta du Mississippi, mais dans une version revue et corrigée par Bonamassa. La conjugaison entre les grattes et les drums est géniale. Perso, il s’agit du sommet de cet LP ! "How deep this river runs" est également une excellente plage. La voix est hantée par Paul Rogers et la tonalité de gratte, par Paul Kossoff. "Livin' easy" trempe dans le jazz roots. Le swing est naturel. Dépouillée, la compo est entretenue par le saxophone et le piano. En final, "What I"ve known for a very long time" rend manifestement un hommage à la légende disparue, BB King. Un blues lent somptueux, délicatement cuivré, dans l’esprit de Memphis.

 

Beth Hart & Joe Bonamassa

Seesaw

Écrit par

Parmi les jeunes chanteurs/guitaristes de blues/rock, Joe Bonamassa est probablement celui qui a rencontré et rencontre encore le plus de succès. Et il commence à prendre de la bouteille, puisqu’il affiche désormais 36 balais. Il avait à peine 12 ans, lorsqu’il tape dans l’oreille de la légende BB King. Son emploi du temps est particulièrement chargé. Ainsi, l’an dernier, il avait participé à trois projets différents. Il avait ainsi gravé son 13ème elpee, "Driving towards the daylight", un disque pour lequel il avait reçu le concours du gratteur d'Aerosmith, Brad Whitford. Publié deux Dvd. En ‘live’. Tout d’abord "Beacon Theatre : Live from New York", au cours duquel il avait bénéficié de la participation de quelques invités de marque, dont Paul Rodgers, John Hiatt et Beth Hart. Ensuite "Live from the Royal Albert Hall", en compagnie d'Eric Clapton. En mars 2013, il a encore commis un opus enregistré en public, "An acoustic evening at the Vienna Opera House". Sans oublier sa coopération au Black Country Communion, auprès de Glen Hughes et Jason Bonham, une expérience qui semble avoir pris fin.

Chanteuse, Miss Beth Hart est âgée de 41 ans. A 27 ans, elle avait assuré le rôle de Janis Joplin, dans une comédie musicale. Elle a longtemps dû affronter ses démons et traversé de nombreuses dépressions. Mais c’est Joe Bonamassa qui l'a remise sur le droit chemin. Elle a ainsi participé à la confection du long playing de Buddy Guy, "Rhythm & blues", en 2012. Et puis Beth et Joe avaient déjà réalisé un LP en duo, "Don't explain", en 2011.

C’est le "Them there eyes" de Billie Holiday qui ouvre la plaque. Tout au long de ce R&B largement cuivré, Beth révèle la puissance naturelle du timbre de sa voix. Caractérisé par la présence discrète de cuivres, "Close to my fire" trempe dans le blues. Joe assure son rôle de soliste en conjuguant autorité et sensibilité. La version du "Nutbush City limits" d'Ike Turner ne manque pas de panache. Miss Hart démontre qu’elle est capable de reprendre le rôle de Tina Turner, générant une excitation digne de la grande dame. "I love you more than you'll ever know" est imprimé sur un tempo lent. La tessiture vocale de Beth est remarquable. Malheureusement, cette compo est surchargée de cordes. Joe se réserve la slide sur "Can 't let go", une plage au rythme plus rock'n'roll. L’accordéon communique une atmosphère très roots et radieuse. C’est dans ce style que la voix de Beth prend toute sa dimension, oscillant entre douceur et tourmente. Et manifestement, elle a du tempérament à revendre. Le rythme est toujours bien présent pour "Miss Lady". L’orgue Hammond s’infiltre dans la solution sonore dominée par les cuivres. Ballade folk roots, "I tell you I love you" ne manque pas de charme ; une chanson issue de la plume de Melody Gardot, une auteure-compositrice issue de Philadelphie. L’accordéon colore joliment ce morceau fluctuant entre bossa nova et valse, alors que quelques mots d’amour sont prononcés dans la langue de Molière. Beth chante à la manière d’Etta James, "Rhyme", un bon R&B découpé dans un riff stonien. Elle nous réserve alors "A Sunday kind of love", une ballade blues signée par même miss James. Le titre maître adopte un tempo très dansant, lorgnant même vers le style du label Stax et de son égérie Aretha Franklin. L'album s’achève par "Strange fruit", une plage très lente dont les effets dramatiques sont causés par les interventions de Joe…

 

Joe Bonamassa

The ballad of John Henry

Écrit par

Joe est sans aucun doute le jeune chanteur/guitariste issu de la génération rock/blues contemporaine à rencontrer le plus de succès. Il n’a que 32 ans, et pourtant, sa carrière est déjà longue. « The ballad of John Henry » constitue déjà son neuvième elpee. A l’instar de ses deux précédents opus (NDR : c'est-à-dire "Sloe gin", un disque édité en 2007 qui est entré directement numéro 1 dans le hit parade blues du Billboard et le double live "From nowhere in particular", paru en 2008), il a été produit par Kevin Shirley (Led Zeppelin, Aerosmith, Black Crowes).

La plaque s’ouvre par "The ballad of John Henry". Une compo puissante et majestueuse qui rend une forme d’hommage à l'Américain moyen. Dès les premiers accords, on ressent la sophistication de la production. Chaque partie de l'espace sonore est bien exploitée. Les cordes acoustiques s'incrustent dès que le climat devient plus serein. D’autres cordes s’ajoutent pour assurer la transition entre le calme et l'orage. Une manière de procéder qui peut rappeler les mises en forme opérées par le Led Zeppelin, à l’époque de "Physical graffiti". La cover du "Stop!" de Greg Sutton (NDR : Samantha Brown, la fille de Joe et Vikki, en avait fait un succès populaire) baigne au sein d’un hard rock aux accents bluesy. Le climat est à nouveau majestueux. Le timbre vocal de Joe est à la fois posé, sérieux et grave. Enrichie par les cuivres, l’atmosphère est balayée par le flux et le reflux des cordes de la guitare. "Last kiss" est imprimé sur un tempo rapide. Constituée de Carmine Rojas à la basse, Bogie Bowles aux drums et Blondie Chaplin à la guitare d’accompagnement, la section rythmique est homogène et solide. A cet instant, Joe joue manifestement dans un style aussi féroce que Jimmy Page. La reprise du "Jockey full of bourbon" de Tom Waits est curieuse et très personnelle. A cause des accords de piano surannés en ouverture. Des vocaux soutenus par des cordes acoustiques et un violon. Et puis toujours de cette transition brutale vers les cordes amplifiées, ma foi, assez écrasantes. Les arrangements sont souvent complexes. Bien mise en forme, la musique est de toute bonne facture ; mais très souvent, elle évolue dans un univers typiquement hard rock. Et le très puissant "Story of a Quarryman" en est une nouvelle démonstration. "Lonesome road blues" nous recentre davantage vers le blues, mais un blues revu et corrigé par Whitesnake ou Bad Company, si vous êtes friands de références. Plus sobre, "Happier times" affiche une certaine classe. La mélodie est très belle. Les interventions aux claviers de Rick Melick vaporeuses. "Feelin' good" est une compo issue de la plume d’Anthony Newley. Il a écrit ce titre en 1965. Cette chanson a été reprise par une multitude d’artistes, dont Nina Simone, Sammy Davis Jr, George Michael et même les Black Cat Bones (NDR : cette formation issue du british blues boom, avait immortalisé sa propre adaptation sur l’elpee "Barbed wire sandwich"). Cette nouvelle version est excellente. Un blues rocker accrocheur, très bien chanté et ponctué par des interventions de slide royales. Nouveau changement de style pour "Funkier than a mosquito's tweeter". Une cover d'Ailene Bullock. L’approche funkysante, offensive, très cuivrée, est contrebalancée par les accords de piano acoustique. Excellent ! "The great flood" est plus douloureux, sinistre même. Il est vrai que cette composition ne reflète pas un moment heureux de la vie sentimentale de notre bon Joe. Sa détresse voile même son timbre vocal. La guitare est cependant plus fluide et paisible. C’est d’ailleurs dans ce registre que Bonamassa est le plus performant. "From the valley" se résume à un court instrumental acoustique. L'album s’achève par une reprise musclée d’"As the crow flies", une des compos les plus notoires de Tony Joe White.

Joe Bonamassa

Live from nowhere in particular

Écrit par

Au sein de la génération blues/rock contemporaine, Joe Bonamassa est sans doute celui qui récolte le plus de succès. Le célèbre magazine ‘Guitar Player’ le clame! Et reconnaissons que ce jeune chanteurs/guitariste possède plus d’une corde à son arc. Sa technique de gratteur est irréprochable. Sa voix taillée pour son répertoire. Il est bon compositeur. Il est capable de mêler du heavy blues au rock carré, sans oublier d’y injecter, circonstanciellement une certaine douceur, notamment lors des plages lentes et acoustiques. Son blues rock est hanté par l'esprit du british blues boom. Un mouvement qui remonte déjà à quatre décennies. Il a recueilli une part de l’héritage abandonné par les Jeff Beck, Jimmy Page et consorts pour aujourd’hui en récolter les fruits. A l’instar de plusieurs musiciens blancs, il a reçu, au cours de son parcours musical, le parrainage du vieux BB King. Ce dernier l’avait d'ailleurs embarqué en 2005, dans le cadre de sa tournée célébrant ses 80 piges.

A trente et un balais, le gamin vient de concocter son huitième elpee. Un disque immortalisé sur les planches. Son premier opus, "A new day yesterday", était sorti en 2000. C’était déjà un ‘live’. Et "A new day yesterday live" paraît déjà deux ans plus tard. Le tracklisting de son nouvel essai enregistré en public fait la part belle aux compos issus de ses deux derniers albums studio : "Sloe gin" et "You and me". Ce qui ne la pas empêché de conserver trois morceaux qui figuraient sur le ‘live’, édité en 2002.

Joe est soutenu par le bassiste Carmine Rojas, le drummer Bogie Beales et le claviériste Rick Malick. "Bridge to better days" ouvre les hostilités. Cette plage donne bien le ton à l'heure et demie de concert. Un rockin' blues puissant, qui me rappelle furieusement ici Mountain, un trio américain drivé par l'imposant (NDR : et le mot est faible !) Leslie West. Depuis ses débuts, Joe s'évertue à reprendre le "Walk in my shadow" du Free. Un titre issu du tout premier elpee de la formation londonienne. Alors encore jeune à l’époque, il faut le souligner. Malheureusement, j’estime que Joe ne parvient pas à faire oublier la voix de Paul Rodgers (aujourd'hui associé à Queen) ; et pas davantage le style minimaliste de Paul Kossoff. Sa reprise du grand classique "So many roads" est plus convaincante. Ce blues lent libère une énorme intensité dramatique, malgré l’exercice de style tout en dextérité qui suit. J’apprécie tout particulièrement le medley "India/Mountain time". L'introduction est majestueuse. L'artiste réussit à nous plonger au sein d’une atmosphère indienne. On y rencontre toute la richesse sonore qui peuple les palais des maharajas, avant de glisser progressivement vers un climat southern rock. Celui de "Mountain time", ponctué d'une sortie exceptionnelle sur les cordes. C'est bien dans ces circonstances que l’empreinte des grands se manifeste. Bonamassa appartient bien à la planète rock. Son "Sloe gin" n'est pas mal ficelé dans le genre. L’elpee recèle quelques reprises. J’épinglerai ainsi une bonne version du "One of these days" de Ten Years After, une autre d’"Another kind of love" de John Mayall, l'excellent "Ball Peen hammer", une compo signée par le regretté artiste texan Chris Whitley mêlant judicieusement cordes acoustiques et claviers ainsi qu’une cover kilométrique du "Just got paid" de ZZ Top. Introduite par l'instrumental "Django", cette adaptation épingle un long intermède au cours duquel le bon Joe se prend pour Jimmy Page. Issu de la plume de Warren Haynes (Allman Brothers Band/Govt Mule), "If heartaches were nickels" est une reprise qui va comme un gant à Bonamassa. Joe chante autoritairement cette version lente et mélodique. Il s’attaque victorieusement au "High water everywhere" de Charley Patton. A cet instant, il est très proche du Georgien Tinsley Ellis ; et démontre qu’il excelle dans ce style très sudiste. Et avouons que notre jeune artiste est capable de varier son répertoire. Sa voix est puissante pour chanter "Woke up dreaming", un morceau au cours duquel il s’accompagne à la sèche. Il termine ce set par la reprise du "A new day yesterday" de Ian Anderson du Jethro Tull, un titre fétiche qu'il fond au passage dans une adaptation du "Starship trooper" de Yes. Quel showman!

 

Joe Bonamassa

You & me

Écrit par

Joe Bonamassa est originaire de l'Etat de New York. Un très jeune guitariste qui est monté sur les planches, à l’âge de 12 ans. Il s’est ainsi produit en première partie de BB King qui en fut, parait-il, fort impressionné. Ce dernier n’hésita alors pas à le qualifier de jeune prodige ou de ‘légende en devenir’! Joe commet son premier album en 1999 : "A new day yesterday", un opus produit par Tom Dowd. D'autres suivront, tel "Blues de Luxe", paru en 2003 (NDR : l’année du blues !) Son dernier elpee, "Had to cry today", remonte à 2004 ; mais depuis le label Provogue a décidé de rééditer toute sa discographie. Dernièrement, Bonamassa a été intronisé comme membre de la vénérable Blues Fondation.

Ce nouvel opus a été concocté sous la houlette de Kevin Shirley (Led Zeppelin, Black Crowes, Aerosmith). Pour la circonstance, Joe est soutenu par Rick Melick aux claviers, Carmine Rojas à la basse et Jason Bonham - le fils du regretté John du Led Zeppelin - aux drums, bien sûr.

"High water everywhere" ouvre la plaque sous les meilleurs auspices. Une compo écrite, il y a plus de 60 ans, par le mythique Charley Patton. Un traitement rockin' blues a été administré au chant du Delta. Une chanson qui relate la crue dévastatrice du Mississippi qui s’est produite en 1927. Joe fait ici, vous vous en doutez, une allusion à peine voilée au récent cyclone Katrina, responsable de la destruction d’une bonne partie de la Nouvelle Orléans. Son chant est grave, respectueux. Il n’en remet pas une couche. Sa guitare épouse le timbre de sa voix. Il libère progressivement de petits flots de notes, pendant que la section rythmique accentue ce ton volontairement dramatique. Il aborde son "Bridge to better days" dans son style bien à lui : du hard rockin' blues bien solide, sans pour autant s’embourber sur terrain lourd. Le chant peut rappeler celui de Paul Rodgers, un vocaliste qui militait naguère chez le Free. En outre, il bénéficie du concours d’un pote : Pat Thrall. Guitariste expert, il a longtemps côtoyé Pat Travers. Une histoire qui date quand même de plus de vingt ans. Slow blues assez sirupeux, "Asking around for you" est cuivré à la manière de BB King. Une technique que le maître adoptait régulièrement dans le passé. Mais si la démarche peut effectivement s'identifier à celle du glorieux bluesman de Memphis, elle évolue cependant dans un registre plus proche de Gary Moore que du vénérable King. Joe persévère dans le blues lent, mais sous une forme plus classique, pour interpréter le notoire "So many roads", une compo immortalisée autrefois par Otis Rush, un des fleurons du Chicago Westside. A moins que ce ne soit par l'Anglais Peter Green, qui en fit une excellente version sur l'album "Hard road" des John Mayall's BluesBreakers. D’ailleurs, en injectant une bonne dose de réverbération dans le son, il se révèle davantage disciple de Green que de Rush! En outre, sa voix libère tellement d’émotion ! "I don't believe" est un titre que j’apprécie tout particulièrement. Une plage écrite en 1956 par Don Robey et reprise par le brillant Bobby Bland. Le Bonamassa Quartet l’exécute de manière directe, primaire, sans le moindre artifice ; et c'est sans aucun doute la meilleure recette. Issu de la plume de Ry Cooder, le très sudiste "Tamp em up solid" manifeste beaucoup de sobriété et de douceur. Une plage qui se mue ensuite en hommage à Django Reinhardt. Intitulée explicitement "Django", elle est abordée à la manière d’un Jeff Beck des bons jours. Le son réverbère pas mal d’écho. Une recette adoptée déjà par Jeff, au cours des années 60, lorsqu'il enlevait sa version du Boléro de Ravel. Jason Bonham a hérité de son père le don exceptionnel de marquer le tempo. Se sentant si bien soutenu, Joe s'attaque à un chef d'œuvre de Led Zeppelin : "Tea for one" (NDR : commis sur l’elpee "Presence"). Plus de neuf minutes au cours desquelles il se complait à jouer les rôles de Jimmy Page et de Robert Plant (NDR : il se montre cependant bien plus efficace dans la peau du premier). La cover du "Your funeral and my trial" de Sonny Boy Williamson II n’est pas très conventionnelle. Melick siège derrière son orgue tandis que sort de l'ombre la frêle silhouette de LD Miller, un gamin de 12 ans, qui souffle comme un possédé dans son harmonica. Cet opus de bonne facture s’achève par "Torn down". A l’instar du début de l’album, il s’inspire du sud profond. Avant de virer au boogie collectif…

Joe Bonamassa

A new day yesterday live

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Chaque génération apporte son lot de jeunes gratteurs. Des musiciens séduits par le blues qu’ils adaptent à un style plus rock, plus dur. Et Joe est devenu le jeune bluesrocker à la mode. Il avait commis son premier elpee, "A new day yesterday", en 2000. Un disque suivi par trois autres concoctés en studio : "So, it's like that" en 2002, "Blues Deluxe" en 2003 et "Had to cry today" en 2004. Live, cette plaque était déjà sortie en 2002. Vu le succès récolté par le jeune chanteur guitariste new-yorkais en Europe, Provogue a décidé de le rééditer ! Un concert immortalisé en décembre 2001. A Fort Wayne, dans l'Indiana. Un set accordé après la sortie de son premier essai, et dont il reprend la grande majorité des titres. Joe Bonamassa est soutenu par Kenny Kramme à la batterie et Eric Czar à la basse. La formule du trio électrique par excellence !
 
La prestation nous arrose immédiatement de ses décibels. Après une courte intro banalement intitulée "Jim intro", nous entrons de plein pied dans le "Cradle rock", un fragment écrit par Rory Gallagher. Très en verve, Joe est armé d'une slide. Il mène parfaitement sa barque, mais le climat général est âpre et métallique. Cette plage se fond directement dans une reprise de l'instrumental "Steppin' out". Une compo que le jeune Clapton jouait en 1966 sur l'album "Bluesbreakers" de John Mayall. Et on l'appelait "God" à cette époque ! Elève doué, Joe l’interprète sans la moindre difficulté avant de virer et surtout d’accélérer vers un "Rice pudding". Il a une fameuse santé, le gamin! Une véritable orgie de guitare, démonstration de son savoir-faire assez nombriliste, introduit le traitement d’un classique de Jethro Tull : "A new day yesterday". Il lui injecte un maximum d'intensité dramatique. Mais si cette reprise n’est pas trop mal fichue, elle a tendance un peu trop facilement à s’égarer sur des chemins de traverses. Tout est prétexte pour s’écarter du cadre de la compo. Pourvu que la Fender Stratocaster puisse égrener une multitude de notes. Lors de la chronique de son précédent opus, j’avais déjà émis la même critique. En fait, je préfère Joe lorsqu’il s’attaque au southern rock, à la manière de Lynyrd Skynyrd. Et "Miss you, hate you" en est la plus belle démonstration. A cet instant, il est tout à fait convaincant, car c’est un rocker dans l'âme. Sa version du "Walk in my shadows" de Free figurait sur le tout premier album du groupe anglais, en1969. Joe nous en propose une version très accélérée, très différente de l'original et qui s’achève en shuffle frénétique. "I know where I belong" reste dans le même ton. Il chante d'une voix proche de celle de Paul Rodgers (NDR : comme par hasard, c’était le chanteur de Free). Joe ne se sent plus. Il sort toute la gamme des effets empruntés à Jeff Beck. Faut dire que "Truth" est son album de chevet. Un elpee du célèbre Londonien sur lequel figure le fabuleux "Blues Deluxe" que Joe a d’ailleurs repris. Titre lent, de nouveau assez southern, "Colour & shape" est un des meilleurs moments de l’opus. ‘Je vais maintenant vous jouer un blues’, nous annonce fièrement Joe. Mais il s’embarque à très vive allure dans son "Trouble waiting", une compo au cours de laquelle ses doigts parcourent à la vitesse du son le manche de sa Fender. Par contre, "If heartaches were nickels" est bien un blues. Un slow blues sudiste, écrit par Warren Haynes de l’Allman Brothers Band. En finale, "Don't burn down that bridge" est un surtout un prétexte pour permettre à Eric Czar de réserver son moment de gloire. Un opus de Rockin' blues que je conseillerai essentiellement aux amateurs de guitares furieuses…

Joe Bonamassa

Had to cry today

Écrit par
Né dans l’Etat de New York, ce jeune chanteur guitariste de blues rock est aujourd’hui âgé de 26 ans. Il a commencé à jouer de la guitare dès son plus jeune âge. A quatre ans ! Sur une petite guitare Chiquita. A huit ans, il était capable d’interpréter le répertoire de Stevie Ray Vaughan, une de ses influences majeures ; mais également de Duke Robillard, Danny Gatton, Eric Clapton ou Robben Ford. Excusez du peu! Il aime le blues et le son de la Fender Stratocaster. A douze ans, il ouvre pour BB King. Impressionné, ce dernier dit tout le bien qu'il en pense. Sur la côte Ouest, Joe rencontre quelques fils de stars. Et notamment Barry Oakley Jr (celui du regretté bassiste de l’Allman Brothers Band), Waylon Krieger (de Robby, le guitariste des Doors) et d’Erin Davis (du trompettiste Miles), préposé pour la circonstance à la batterie. Ensemble, ils fondent Bloodline. Puis enregistrent un opus éponyme dont la musique opère un amalgame de blues, de boogie et de funk rock. Joe commet son premier elpee solo en 2000 : "A new day yesterday". Gregg Allman, Rick Derringer et Leslie West y participent. Dans la foulée, il aligne trois autres elpees : "A new day live", "So, it's like that" et "Blues Deluxe". Son line up est pratiquement identique depuis le début : Kenny Kramme à la batterie et Eric Czar à la basse.
 
En ouverture, "Never make your move too soon" donne immédiatement le ton. Un power blues rock très électrique qui bénéficie du concours de Benny Harrison à l'orgue Hammond B3. La guitare est à la hauteur de son sujet. Elle libère des flots de notes consenties avec dextérité. Son jeu est très démonstratif. La voix colle parfaitement au style hard du trio. "Travellin' south" est issu du répertoire d'Albert Collins. Joe joue de la slide à une vitesse de grand prix. Et pour cause, il cherche à retrouver les effets des premiers enregistrements de Ten Years After. En prenant Alvin Lee et Leo Lyons pour modèles. "Junction 61" constitue une brève introduction instrumentale au célèbre blues de Lowell Fulsom, "Reconsider baby". L'approche est résolument british blues. Elle frôle l’univers sonore d’un Gary Moore. A cet instant, on comprend la démarche entreprise et le public ciblé. Attention, dans le registre, Joe se révèle aussi habile que Moore. D’ailleurs, la partie des cordes en solo est aussi dramatique. Une approche qui me rappelle un autre Américain très populaire dans le genre : Walter Trout! Pourtant, je préfère "Around the bend" qu’il partage en compagnie de Will Jennings. La démarche assez country est tramée sur des guitares acoustiques, avant l’explosion de la six cordes qui se produit devant des percussions fort intéressantes. Cette plage affiche une sonorité très southern rock. "Revenge of the 10 gallon hat" poursuit son périple dans le southern country rock. Il rend un hommage à un des gratteurs favoris de l’artiste : le regretté Danny Gatton. Proche d’un Scotty Moore, il se débrouille plutôt bien. Mais honnêtement, j’estime que Bonamassa est au sommet de son art lorsqu'il se tourne vers le Sud ; le regard bien plus posé sur la country music que le blues. Douce et lente, la jolie mélodie de "When she dances" s’étend parcimonieusement sur un lit de cordes de guitare et d’orgue Hammond. Le titre maître doit vous rappeler quelque souvenir. Ecrit par Stevie Winwood, à l’époque où il sévissait chez Blind Faith, il reflète un certain parfum des seventies. Le trio de Joe s’aventure au sein de longue jams, au cours desquelles orgue et guitares sont étroitement liés. Joe multiplie les effets, actionne les pédales. Il s’en donne à cœur joie. Mississippi Fred Dowell dans la tête, il prend alors la direction plein sud. Il entame "The river" au dobro, en chantant dans son style si caractéristique. Puis Bill Held (NDR : le producteur !) rebranche le courant ; moment choisi par Kenny pour forcer sur ses drums, pendant que Jon Paris vient souffler efficacement dans son harmonica. Joe embraie par "When the sun goes down". Au passage, il avoue modestement que si Robert Johnson avait eu une guitare électrique, il aurait sûrement joué de cette manière. Laissons Robert reposer en paix et ne réfléchissons donc pas trop à cette énigme! Essentiellement colorée par la guitare, la finale instrumentale ponctue un album qui n'est certes pas sans intérêt.