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Juliana Hatfield

There’s always another girl

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Depuis le 27/07/2011, cet album est disponible en téléchargement libre pour ceux qui ont eu la bonté d’en parrainer sa production sur le site http://www.pledgemusic.com, où la chanteuse a mis en vente exclusive d’autres articles de merchandising, généralement dédicacés. Mon potentiel extatique a encore connu une bonne journée.

Juliana va bien. Elle est même en pleine forme. Si sa voix était aussi accomplie sur « How To Walk Away » et si la belle avait eu le temps de publier ses mémoires, elle n’a pas parachevé son double succès par des dédicaces et encore moins par une tournée, mais bien en se tapant un passage à l’hôpital pour cause de ce qui semble avoir été la conséquence d’une crise d’anorexie (NDR : cette affection n’a jamais été clairement annoncée dans ses écrits, mais elle a un jour refait surface pour expliquer, avec ses mots bourrés d’allusions involontaires, les raisons de son absence). Elle a fermé son blog. Elle a publié un autre album deux ans plus tard, sur lequel les paroles de sa chanson « I’m disappearing » sont déchirantes (ou est-ce son timbre qui semble vibrer d’un ‘help !’ sur chaque note ?) Pourtant, elle est loin du cliché de la starlette déchue tombée dans la drogue, le sexe et l’alcool ; bien au contraire. Soit, elle dégage la même volonté humaine de vouloir être aimée pour ce qu’elle est, mais elle boit, mange et dort à peine, ne fume pas et ne prend rien d’autre qui soit plus jubilatoire que du chocolat Lindt & Sprüngli. Comme si le monde était trop pour elle. Ses sens ont l’air exacerbés ; et en plus elle lit pour dix.

« There’s always another girl » est plus rocky que ses deux précédents opus, mais a conservé les mêmes harmonies vocales. Toujours aussi magnifiques. La chanteuse s’en amuse brillamment depuis « Peace & Love ». Le rock est loin de la limite des riot grrrls comme pouvait l’être « Bed » ou « Juliana’s Pony: Total System Failure », mais porte les influences des, disons, cinq dernières années issues de la scène rock indé. Et qui le niera, elle a rarement été si prolifique.

Prochain espoir : qu’elle se produise enfin à nouveau autre part qu’à Boston et NY. Ses nouveaux titres ont un potentiel scénique évident et on espère qu’elle surmontera sa timidité.

 

Juliana Hatfield

In exile deo

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Réapparue par la grâce d’une compile rétrospective en 2002 ; puis impliquée au sein des Some Girls, en compagnie desquelles elle a commis un elpee l’an dernier, Juliana Hatfield nous revient aujourd’hui avec un septième album solo. Et je dois avouer que nonobstant toute l’estime que je lui porte, les premiers fragments de cet « In exile deo » m’ont fait craindre le pire. En fait, elle y a mis tellement de pop dans son rock, que je me demandais si je n’étais pas en présence d’un nouvel elpee de Sheryl Crow ou de Liz Phair. Passée la mise en bouche croustillante (« Get in line »), il faut ainsi attendre la sixième plage pour retrouver tout le mordant de Juliana. Celui qui lui avait permis de rejoindre le mouvement ‘riot grrl’ des Throwing Muses, Breeders, Veruca Salt et consorts. Encore que l’expression sonore s’y révèle plus riche, plus américaine, plus rock. Dans un style qui évoque les débuts de Tom Petty lorsqu’il était encore flanqué de ses Heatbreakers ; les claviers rognés de Peter Adam remplaçant ici ceux de Benmont Tench. La moitié de l’opus épouse ce profil ! Un disque aux lyrics autobiographiques. Qui traitent des problèmes liés à sa vie affective. Des ses relations intimes. Très intimes même. Sans le moindre complexe. A l'instar de « Dirty dog », chanson au cours de laquelle elle assume ses fantasmes. Encore que dans le registre, Liz Phair s’est déjà montrée plus explicite… L’album recèle, en outre, deux ballades tendres et romantiques (« Tomorrow never comes » et « Singing in the shower »), deux tracks caractérisés par des arrangements particulièrement riches et soignés (cordes, piano, etc.) ; mais deux compos qui manquent d’intensité mélodique pour vraiment convaincre. En fin de parcours, l’elpee retombe d’ailleurs dans ses travers initiaux ; un peu comme si le soufflet était retombé…

Juliana Hatfield

The Juliana Hatfield Collection (Gold Stars / 1992-2002)

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Honnêtement, je dois avouer avoir été surpris de voir atterrir une compilation consacrée à Juliana Hatfield. Tout simplement parce que j'imaginais qu'elle était disparue du circuit musical. Mea culpa ! En fait, après avoir vécu une expérience underground fort intéressante chez les Blake Babies, enregistré un formidable premier album en 1992 (" Hey babe "), en compagnie notamment d'Evan Dando des Lemonheads, puis un tout aussi excellent second opus (" Become what you are ") l'année suivante (NDR : sur lequel figurait le single épatant " My sister "), Juliana a embrayé par un album d'honnête facture (" Only everything ") en 1994, mais beaucoup trop prévisible. Résultat des courses, le label major sur lequel elle avait été signée n'a pas voulu sortir le suivant (" God's foot "). Il n'est d'ailleurs jamais paru. Deux fragments de ce disque figurent sur ce recueil : le somptueux " Mountains of love ", enrichi d'arrangements de cordes ; et le percutant " Fade away ". Ah oui, pour ceux qui l'ignoreraient, Juliana Hatfield appartenaient au mouvement " riot grrrrl ", qui a accouché de groupes féminins lorsqu'il n'était pas drivé par des filles. Parmi lesquels les plus illustres répond(ai)ent au nom de Breeders, Veruca Salt ou encore L7 (NDR : encore que ce dernier était plus riot que grrrrl...). C'est à dire des formations responsables d'une musique capable de passer de la tendresse au fanatisme, de libérer un groove viscéral irrésistible et dont les lyrics cryptiques ou caustiques reflétaient un engagement certain pour les droits de la femme. Bref, après les déboires connus au cours de l'année 96, Juliana est retournée dans la marge de l'underground. Ce qui ne l'a pas empêchée de continuer à graver des albums. A ce jour, elle en a même commis sept, sans tenir compte de ceux qu'elle avait réalisés chez les Blake Babies. Et à travers cette compile, on se rend compte que ses chansons ont toujours la même pêche. Seuls les quatre dernières chansons, enregistrées en 2001 et pas encore sorties me paraissent un peu fades. C'est peut-être la raison pour laquelle elles sont demeurées à l'état de démo. Le recueil épingle également une cover de Police (" Every breath you take ") et une autre de Neil Young (" Only love can break your heart "). Deux adaptations, ma foi, fort bien réussies. Mais le fragment que j'ai le plus apprécié s'intitule " My protégée ". Un morceau digne du meilleur Lynyrd Skynyrd, qui figurait sur l'album " Juliana's pony ". A quand une reprise de " Sweet Alabama " ?

 

Juliana Hatfield

Only everything

En 1995, Juliana gravait son premier album solo. Une œuvre climatique, sauvage, adolescente dont la force instinctive oscillait imprévisiblement du plus tendre au plus fanatique. Pour enregistrer son deuxième opus, Juliana Hatfield a décidé de muscler son expression. Et puis en même temps de ne plus épancher aussi naturellement ses émotions les plus secrètes. Adieu donc l'autobiographie. Mais en même temps adieu à cette forme de spontanéité lyrique qui nous avait autant enchantés autant qu'intrigués. "Only everything" fait la part belle aux mélodies pop contagieuses, lyriques, torturées par les cordes de guitares acérées, excitantes, grésillantes. Son noisecore n'a jamais été aussi proche de Veruca Salt. Ce qui peut sembler étonnant, lorsqu'on sait que Juliana fait aujourd'hui pratiquement cavalier seul. Coproduction, guitare, claviers, et même un tantinet de basse. C'est vrai que depuis la dissolution de son groupe Three, elle doit composer avec des musiciens de studio. Et pour la circonstance de John Freese (School of Fish, Paul Werterberg), Mike Levesque (Tribe, Scare) et Dean Fisher. Un disque finalement d'excellente facture, mais qui nous semble déjà un peu trop artificiellement dans l'air du temps.

 

Juliana Hatfield

Become What You Are

Avant de fonder son propre trio, Juliana Hatfield a sévi au sein des Blake Babies en compagnie desquels elle a commis trois elpees de pop minimaliste, tout en volutes. Pour enregistrer "Become What You Are", le J.H.T. a reçu le concours de Mike Watt, John Wesley Harding et du leader de Lemonheads, Evan Dando. Non content de se consacrer à la basse, Juliana s'acquitte du chant et assure la composition. Des lyrics qui reflètent la sensibilité introvertie, coincée entre l'isolement né de la fin de l'adolescence et l'angoisse de la féminité naissante, des chansons qui traitent de solitude, de frustration, de dépression, du suicide, de désir, de sexisme, de vengeance et de viol, qu'elle chante d'une voix fluette, candide sur une structure instrumentale capable d'osciller entre la tendresse et le fanatisme. Certaines chansons atteignant même l'intensité cinglante des guitares de Dinosaur Jr voire de Hole. Produit par Gary Smith (Throwing Muses, Chills), "Become What You Are" développe ainsi une pop aiguë, mélodieuse, excitante, propice aux climats les plus visionnaires. Tout à fait rafraîchissant !