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King Hannah

I’m not sorry, I was just being me

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Premier album pour King Hannah, un duo établi à Liverpool réunissant Hannah Merrick et Craig Whittle. Galloise, elle chante et joue parfois de la sèche. Multi-instrumentiste, Il se réserve la plupart des parties de guitare et parfois la basse. Lors des sessions, la paire a reçu le concours d‘un préposé au synthé, d’un drummer et de quelques invités.

« I’m not sorry, I was just being me » baigne au sein d’un climat particulièrement sombre, un peu comme si le groupe évoluait au croisement de chemins tracés par Portishead, PJ Harvey et Mazzy Star. La voix d’Hannah est lancinante, nonchalante, langoureuse, sulfureuse, mais bien timbrée. Electrique, éraillée, la guitare communique des sentiments d’angoisse, de torpeur et de mystère. La section rythmique est parfois d’une intensité folle, le drumming se révélant même, suivant les circonstances spasmodique ou implacable.

Pour alléger quelque peu l’ambiance, le disque recèle l’un ou l’autre interlude et une ballade americana (« Ants crawling on an apple stork »), mais on ne sort pas indemne après avoir écouté un tel album. Soit on le déteste pour cette atmosphère cafardeuse, soit on l’adore pour la présence de morceaux tout bonnement remarquables. Et en particulier « A well-made woman » amorcé par un intro labyrinthique, « All being fine » et les incursions avant-blues de Whittle à la six cordes, le vaporeux « Go-Kart Kid (Hell No !) » dont l’intensité électrique s’enflamme à mi-parcours, l’instrumental « Berenson » réminiscent du Red House Painters, le titre maître, abordé dans l’esprit ‘west coast’ de l’album « If I only could remember my name » de David Crosby, le semi-crazyhorsien semi-floydien « The moods that I get in » ainsi que la plage finale, « It’s me and you kid » ; imprimée sur un mid tempo, elle est abrasée de cordes de guitare filandreuses et torturées…

Un must !