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Claud et la musique

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Marillion

Best.Live

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Marillion est un groupe de néo-prog britannique. C’est également le fer de lance du renouveau du ‘rock progressif’. Fondé en 1978, il avait alors choisi pour patronyme ‘Silmarillion’, un terme emprunté à un roman de J.R.R. Tolkien, l'auteur du "Seigneur des Anneaux". Devenue célèbre dans les années 80 grâce, notamment, à des hits tels que "Kayleigh" ou "Incommunicado", la formation s'est séparée de son chanteur, l'immense Fish, qui ne supportait plus le rythme incessant des tournées ainsi que le diktat de la compagnie de disque EMI. Fish est alors remplacé par le chanteur des Europeans, Steve Hogarth. Le groupe connaîtra ensuite des fortunes diverses, fondera son propre label et sera un des premiers groupes à développer un lien très étroit avec ses fans via internet, sans l'aide des majors et des médias. Aujourd'hui, le groupe a enregistré 17 albums, qui se sont vendus au total à plus de 15 millions d'exemplaires et a joué devant plus de 3 millions de personnes.

Le double CD "Best.Live" constitue une véritable anthologie des prestations scéniques du combo, accordées entre 2003 et 2011. Y figurent trois extraits de "Clutching At Straws" (1987), de la période ‘Fish’. Paradoxal, mais plus de 20 ans après, ce sont encore les morceaux qui recueillent le plus de succès sur les planches. Il est vrai que Fish n'avait pas son pareil pour composer des mélodies accrocheuses et surtout des paroles à la fois poétiques et symboliques, pleine de puissance et de fureur. Steve Hogarth, c'est un tout autre style, plus dans la retenue, dans l'émotion pure, voire le déchirement. Mais attention, car ce chant plus intimiste monte très souvent en crescendo avant d’exploser dans un cri. Grâce à lui, Marillion a pu explorer de nouveaux territoires musicaux, plus proches du rock 'indie' ou de la pop intelligente. 

La plupart des chansons sont tirées des albums "Afraid Of Sunlight" (1995) et "Marbles" (2004). "Neverland", "This Strange Engines" et "The Invisible Man" sont de purs chefs-d'œuvre, qui se développent sur plus de 10 minutes et culminent en d'impressionnantes incantations de Steve Hogarth, soutenues par les solos de guitare très ‘Gilmouresques’ de Steve Rothery. Par ailleurs, nombre de compositions, telles que "Beautiful", "The Release" ou "King" font beaucoup plus penser à Radiohead, Razorlight ou Waterboys qu'à Genesis, Porcupine Tree et la mouvance ‘neo-prog’. On le constate, tout au long de "Best.Live", c'est principalement sur scène que Marillion prend sa pleine dimension, en créant une véritable communion avec ses fans. En résumé, ce double CD est une excellente introduction à la deuxième partie de la carrière du groupe et cerise sur le gâteau, il est enrichi d’un joli livret! On attend impatiemment le prochain opus studio de Marillion. Intitulé: "Sounds That Can't Be Made", il verra le jour le 17 septembre prochain. Ah oui, j'oubliais : ne les manquez pas ; ils se produisent au Splendid de Lille, le jeudi 15 novembre prochain!

 

Marillion

Marbles

Écrit par
Une plage d'introduction de plus de 9 minutes ! Sombre et complexe, "The Invisible Man" plonge immédiatement l'auditeur dans l'univers tourmenté de Marillion, fer de lance du néo prog anglais depuis près de vingt ans. Annoncé par les fans comme le digne successeur du conceptuel "Brave", l'album tant attendu n'en possède pas le charme et la force, mais dévoile des pièces ambitieuses au son résolument moderne. Entre peine et espoir, "Marbles" constitue un voyage émotionnel profondément triste et désespéré. Aujourd'hui plus proche de Radiohead que de Gentle Giant, le combo se moque des normes établies dans le rock progressif "traditionnel" pour se forger une identité musicale inclassable. Enregistré au Racket club, studio privé du groupe situé en pleine campagne anglaise, "Marbles" est le fruit d'une approche assez révolutionnaire du business. Comme "Anoraknophobia", il a été financé partiellement par les fans qui, en pré-commandant l'album via Internet, ont permis au groupe de concilier liberté artistique et assurance financière, sans être dépendant de l'investissement de la part de sa firme de disque. Pour remercier ses indéfectibles admirateurs, le band de Steve Hogarth offre un packaging haut de gamme dans la version digipack double CD qui comporte un livret de pas moins de 128 pages (uniquement disponible via le site du groupe).

Marillion

Anoraknophobia

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Après quelques albums d'un rare pessimisme, Marillion confirme une joie retrouvée à travers cette nouvelle oeuvre intimiste. Groupe hors norme à la longévité exceptionnelle, le très british Marillion n'est plus cet ersatz de Genesis, dont l'étiquette lui est restée collée à la peau jusqu'au départ de son emblématique chanteur Fish, remplacé en 1989 par le non moins charismatique Steve Hogarth. Aujourd'hui libre comme l'air, faisant fi du dédain des puristes qui lui reprochent ses amours entretenus avec les sonorités trip hop et la pop rock de Radiohead, Marillion se retrouve de nouveau associé à EMI, la grande maison qu'il avait quittée en 1995. Fort d'un noyau d'aficionados entièrement dévoué à sa cause, le groupe a fait financer son nouveau né par les membres de son fan club.

"Anoraknophobia" est de loin la meilleure production de l'ex groupe phare du rock progressif anglais depuis l'émouvant "Brave" ; un disque considéré par le band lui-même comme le point culminant de sa carrière. Bien qu'excellente entrée en matière, le single très rock "Between you and me" est peu représentatif de l'ensemble de l'œuvre ; une œuvre dominée par la richesse harmonique du sublime "Quartz" aux réminiscences Porcupine Tree et par les envolées aériennes de joyaux tels que "When I meet god" ou "Separated out". Les groupes issus des années 70 et 80 qui continuent à vivre sur leur passé sont légion. Marillion n'est pas de ceux-là et pousse l'honnêteté jusqu'à prendre le risque de perdre ses fans de la première heure en accouchant d'un album simplement authentique. La démarche mérite le respect. "Anoraknophobia" deviendra à coup sûr un classique, une référence qui n'aura pas pris une ride dans deux décennies.

 

Marillion

This strange engine

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Soyons honnêtes, nous n'avons jamais été de fervents admirateurs de Marillion. Loin s'en faut! Pas besoin d'entretenir la polémique non plus, les fanatiques s'en chargeront (NDR: heureusement ils sont moins nombreux que ceux de U2...). M'enfin cette prise de position mérite quelques explications. D'autant plus que les membres de Marillion sont d'excellents musiciens. Malheureusement, après neuf albums, ils n'ont toujours pas compris que nous n'étions plus en 1975 et que le rock avait évolué. Pire, après avoir vécu dans le souvenir de Genesis, la formation s'est progressivement (!) mise à exhumer le passé de Kansas, lorsque ce n'est pas celui de Supertramp. Sensation qui est encore plus flagrante avec ce " This strange engine ". Et ce n'est pas parce que des formations telles que Motorpsycho, Ozric Tentacles ou même Spiritualized Electric Mainline sont parvenues à rendre des lettres de noblesse à la musique progressive, qu'il faut à nouveau retomber dans les travers de la période la plus décadente du rock'n roll. Sinon, à quoi aurait alors servi le punk? Peter Hammill l'avait d'ailleurs bien compris, lui qui est parvenu à préserver l'unique flamme de ce style qui avait tellement marqué de son empreinte la fin des sixties et la première moitié des seventies. Et si vous ne nous croyez pas, allez plutôt rechercher vos vieux vinyles, les trois ou quatre premiers le plus souvent, de Yes, King Crimson, Jethro Tull, Vandergraaf Generator, Gentle Giant, Caravan, Gong, Magma et consorts. Marillion vous paraîtra dès lors bien fade...