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La nouvelle coqueluche de Fujiya & Miyagi

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Morcheeba

Blackest blue

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Votre serviteur n’a jamais été un grand fan de Morcheeba, mais force est de reconnaitre que cette formation tient la route depuis 26 ans. Et « Blackest blue » constitue son dixième opus. Bien sûr, en un peu plus d’un quart de siècle, le band a connu pas mal de chambardement, dont une séparation entre les frangins Godfrey et la chanteuse Skye Edwards. D’ailleurs aujourd’hui, du line up initial, il ne reste plus que Ross Godfrey et Skye. Ce qui n’empêche pas le duo de faire appel régulièrement à des collaborateurs. Et sur cet opus, certains y partagent duo vocal avec Mrs Edwards. Dont Duke Garwood (souvent vu aux côtés de Mark Lanegan), pour un échange tout en contrastes sur le final « The edge of the world », probablement le meilleur titre de l’album. Puis Brad Barr, le guitariste de The Slip et The Barr Brother, lors d’un autre duo tramé sur le piano. On épinglera encore la reprise d’Irena Zilic, « The moon », le profond et atmosphérique « Sounds of blue », un morceau de trip hop classique, caractérisé par sa ligne de basse langoureuse et cette lap steel que se réserve Ross. Et enfin, « Cut my heart out », un morceau cosmique dont le climat est accentué par la voix fluide et éthérée et cette envol de gratte carrément floydien. Enfin, instrumental qui s’autorise des interventions de guitare distordues, « Sulphur soul » est imprimé sur un rythme plus soutenu…

Un album introspectif, qui oscille entre soul, electro-pop, downbeat et trip hop, tout en concédant quelques ouvertures au jazz…

Morcheeba

Blood Like Lemonade

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Quatorze années déjà que Morcheeba sévit sur la scène musicale. Vous ne connaissez pas ? Ah, sans doute alors êtes-vous adepte du crochet chaussé de gants de boxe. Responsable de ballades sensuelles, célestes, veloutées, qu’elle étale sur le béton, la formation insulaire sévit depuis déjà quatorze longues années. En flirtant avec le succès. Enfin à ses débuts. A cause de la confection d’œuvres trempées dans une trip hop sublime, fruitée, riche et terriblement efficace. On se plaisait à effleurer la marguerite en écoutant Sky Edwards nous dire, d’une voix caressante, qu’elle nous aimait. Et puis, elle a voulu embrasser une carrière en solitaire. En 2003. Un fiasco. Mais en même temps, un sale coup pour le reste de la troupe. Qui a bien tenté de pallier son absence en recrutant tour à tour, Daisy Martey, Jody Sternberg puis Manda. Peine perdue. Et, par bonheur (ou opportunisme), Sky Edwards a décidé de rentrer au bercail. L’enfant prodigue de retour au sein de la fratrie Godfrey. Quelle bonne nouvelle ! Quoique. Et pour cause, en sept longues années, la musique de Morcheeba n’a guère évoluée. Baignant constamment au sein d’une même mélancolie. « Blood Like Lemonade » en est l’inéluctable constatation. Heureusement, la grâce vocale ainsi que les beats moelleux et cajoleurs finissent par nous séduire. Avant de nous coucher calmement sur l’herbe où l’on s’endort rassuré. Comme la voix de notre maman, quand elle nous racontait une histoire, avant que l’on s’endorme.

 

Morcheeba

Charango

La dernière fois qu'on avait croisé Morcheeba, c'était avec leur tube FM "Rome wasn't build in a day", une incartade pop trop sucrée qui nous avait donné la nausée. Dégoûté par tant de mièvrerie, le public délaissa un moment le joli minois de Skye, certain qu'elle et ses deux amis avaient viré leur cuti trip-hop pour le compromis lounge-mainstream, ce cocktail parfait pour danser les bras en l'air et la tête au frais, mais sans l'entrain d'antan, qui faisait de "Big Calm" et de "Who Can You Trust ?" ces albums à chérir tendrement, au coin du feu. On n'avait donc plus trop confiance en Morcheeba, jusqu'à l'arrivée impromptue de ce " Charango ", splendide retour au bercail trip-folk de leurs débuts. Dès "Slow Down", on se dit donc qu'on a eu tort de les maudire tout un temps, la voix de Skye et les beats langoureux de Paul Godfrey nous rappelant que Morcheeba n'a finalement jamais vraiment rimé avec lambada. Et quand Kurt Wagner de Lambchop ramène sa country tranquille sur "What New York Couples Fight About", on s'étonne que l'alchimie fonctionne, en tout cas le choix fut risqué - rien que pour cela, chapeau bas. Avec ses mélodies ouatées, ses refrains tout en caresses et ses ambiances délétères, "Charango" fera chavirer nos tympans pendant encore longtemps.

 

Morcheeba

Fragments of freedom

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Après avoir commis deux albums de trip hop richement texturé, propice aux climats particulièrement envoûtants ("Who can you trust" en 1996 et "Big calm" en 1998), Morcheeba semble chercher son troisième souffle. Et son nouvel opus en est la plus belle démonstration. Hormis le single " Rome wasn't built in a day " et " In the hand of God ", composition probablement issue d'une chute de bande d'un enregistrement précédent, le trio britannique a gommé les aspérités de son trip hop qui en faisaient tout son charme, tout son mystère, pour faire place à un mélange plutôt conventionnel et insipide de funk, de folk, de disco et surtout de hip hop ; le concours de plusieurs membres de cette communauté, et notamment celui de Biz Markie, Bahamadia, Mr Complex, DJ Crossphader et DJ First Rate, n'étant certainement pas étranger au virage opéré par le groupe. Une grosse déception. Contentez vous du single !

 

Morcheeba

Who can you trust

Coupable de consommer du ‘trip hop’, Morcheeba clame son innocence. Nous, on veut bien! Massive Attack, Portishead et Tricky, ils ne connaissent donc pas. Pieux mensonge ! Bien sûr, leurs compositions sont imaginées et texturées au départ d'une râpe acoustique. Mais le développement ultérieur passe par un inévitable recyclage. Climatique, à la limite de l'occulte, mais recyclable, pardon recyclage, quand même (suivez la piste!). Depuis le funk jusqu'au blues en passant par la techno, le hip hop, le dub, l'acid jazz, le psychédélisme circa sixties et la pop. Un traitement qui implique aussi bien le recours aux samplings, aux scratchings et aux overdubbings qu’au sitar, aux claviers, aux cuivres et à la guitare électrique, même steel. Sans oublier la participation d'un quatuor à cordes (violons, violoncelle, alto) pour les remarquables "Howling" et "Col". Un opus qui ne manque pas d'allure, opérant une alchimie parfaite entre la technologie moderne et la magie du vaudou...