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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Pavement

Quarantine The Past

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Décidemment, l’année 2010 est l’année de résurgence des groupes américains issus des nineties. Qu’ils soient lo-fi, indie, stoner ou sur la paille. Les reformations de Dinosaur Jr, Pixies, Jane’s Addiction, Hole, Rage Against The Machine, Sebadoh, Throwing Muses, Kyuss… en témoignent d’ailleurs largement. 

Moment précis où le label Domino incite les cinq membres de Pavement à regagner le chemin des planches pour une tournée mondiale et profite de la vague pour publier un best of de 23 titres, concentrant l’essentiel de l’œuvre du groupe californien. Synthèse parfaite dressant l’essentiel de l’une des formations phare des 90’s ayant zappé les années 2000. « Quarantine The Past » propose un tracklisting sinueux tiré des cinq albums du groupe parus entre 1992 et 1999 : « Slanted And Enchanted » (1992), « Crooked Rain… » (1994), le parfait « Wowee Zowee » (1995), « Brighten The Corners » (1997) et « Terror Twilight » (1999).   

A ses débuts, « Pavement » ne disposait pourtant pas des atouts essentiels pour devenir un groupe culte. « Slanted And Enchanted », premier elpee sorti en 1992, se présentait davantage comme l’œuvre d’un petit groupe post-punk artisanal au jeu basique et immédiat. C’est précisément ce charme flou et chaotique qui ravira très tôt le label Domino et le public. Un son dissonant et expérimental, des mélodies brisées et désarticulées, une voix imprécise (voire fausse), des paroles laconiques… seront les ingrédients du charme lo-fi du quintette de Stockton. Les propos de Scott ‘Spiral Stairs’ Kannberg (guitare) résument parfaitement l’esprit ‘slacker rock’ (NDR : genre inventé par le groupe signifiant rock paresseux) de Pavement : ‘Nous savions à peine jouer à nos débuts. Nous nous contentions de bricoler les chansons comme nous pouvions. Nous n’étions pas brillants. Amateurs, plutôt. A la fin, nous n’avancions plus, nous ne progressions plus, nous avions même presque honte de jouer. Il faut bien comprendre qu’au départ nous n’étions qu’une petite bande de geeks.’

Plus de dix ans sont passés ; l’univers brouillon de Pavement inspiré de celui de The Fall et Sonic Youth aurait-il évolué ? Stephen Malkmus et ses acolytes vous apporteront personnellement la réponse lors de leur prochaine tournée mondiale qui passera furtivement en bord de Meuse lors de la cinquième édition des Ardentes à Liège.   

Pavement

Terror twilight

Pavement n’est pas une formation qui sort de l’ordinaire. Mais une chose est sûre, sa démarche est originale. D’autant plus qu’elle parvient toujours à surprendre, même après un cinquième (ou sixième ?) album. Première innovation, elle a confié la production de " Terror twilight " à Nigel Godrich ". Celui là même qui avait mis en forme " Ok Computer " de Radiohead et " Mutations " de Beck. Jamais, jusqu’à présent, le groupe yankee n’avait accepté de céder les manettes à quelqu’un de l’extérieur au groupe. Et le concours de Nigel donne une toute autre dimension au son de Pavement. Un son que nous pourrions qualifier de moins pourri, de plus net si vous préférez. Ce qui n’empêche pas le groupe de continuer à cultiver ce conflit perpétuel entre l’ordre et le chaos, et surtout de laisser vagabonder son esprit au gré de la mélodie pop. Depuis la tendre chanson d’amour " Spit on a stranger " au single versatile " …and carrot rope ", en passant par la country décalée de " Folk jam " (Beck ?), le superbe, déchirant et hymnique " Cream of gold ", le ‘captainbeeheartien’ au groove post Groundhogs " Platform blues ", le syncopé " Speak see remember " et " Billy ", dont le psychédélisme est abordé dans l’esprit de Giant Sand. Sans oublier " You are the light " à la fois teinté par une coloration Kinks à la mod " Lola ", rongé par la férocité des Pixies et fertilisé par la complexité jazzyfiante de King Crimson, ainsi que " The hexx ", dont le traitement énigmatique, de mauvaise augure, évoque quelque part Blonde Redhead. Onze titres obliques aux lyrics cryptiques qui impliquent également davantage d’effets à retardement et de reverb.

 

Pavement

Brighten the corners

Bien que fondé depuis 1989, ce quintette yankee compte, à ce jour, une foultitude de maxis et surtout cinq albums à son actif. Son cinquième, " Brighten the corners ", a été enregistré en Caroline du Nord, sous la houlette de Mitch Easter. Au " Piedmond triad ". C'est à dire dans le même studio où REM a concocté ses deux derniers opus... Pavement, c'est avant tout Stephen Malkmus et Scott " Spiral Stairs " Kannberg. Deux personnages responsables de l'essentiel des compositions. Textes et musique. Dont le lyrisme ésotérique autant qu'humoristique parvient à se fondre dans l'intelligence rampante des chansons volontairement déstructurées. En gravant cet opus, ces lords de la lo-fi, ces sultans de la flemme viennent encore de confirmer leur statut de groupe imprévisible. Que les mauvaises langues taxeront de chaînon manquant entre The Fall et les Pixies... quoique, à notre humble avis, cette métaphore ne soit Pavement négative...