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Peter Karp & Sue Foley

Beyond the crossroads

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Au sein de ce duo, Sue Foley est certainement l’artiste la plus notoire. Notamment à cause de son timbre vocal délicieux, éternellement enfantin. Canadienne, cette rouquine compte déjà une belle carrière à son actif ; et pourtant elle n’est âgée que de 44 ans. Elle a assez longtemps vécu à Austin, au Texas, où elle a enregistré dès 1992 son premier album, “Young girl blues” pour Antone’s (NDR : c’est aussi le meilleur club de blues local). Une bonne dizaine d’albums plus tard, elle se lie à Peter Karp, un compositeur réputé, que l’on compare volontiers à John Hiatt voire John Prine. Il est originaire de l’Alabama. Le premier fruit de leur collaboration remonte à 2010, lors de la publication de l’elpee, “He said she said”, un disque paru sur le label californien Blind Pig.

Peter est aussi à l’aide à la guitare qu’au piano. Sue s’est également forgé sa notoriété par sa technique sur la Fender Telecaster. Les 12 nouvelles chansons de ce « Beyond the crossroads » sont cosignées ou issues de la plume d’un des deux artistes. Le duo est soutenu par leur section rythmique rituelle : Mike Catapano aux drums et Niles Terrat à la basse. Pour la circonstance, ils ont reçu le soutien de quelques amis dont la section de cuivres de Swingadelic.

“We’re gonna make it” ouvre le feu et tire sur le R&B largement cuivré. Les deux voix s’échangent les chorus ; Sue, de sa voix de fillette un peu fausset, Peter, d’un timbre assuré et autoritaire. Il est armé de sa guitare Gibson 335 et me rappelle l’un de ses gratteurs favoris, Freddie King. Miss Sue conduit “Analyze ‘n blues”, un blues bourré de charme, que colore son compagnon, à l’aide de sa slide. “Beyond the crossroads” est une excellente compo de roots rock. Poussées par les chœurs et les cuivres, les cordes sont bien en place. Le trombone de Mark Miller est à l’avant-plan tout au long de “Fine blues”, une plage relaxante, caractérisée par un chant paresseux. Proche de l’esprit du jazz traditionnel, “Take your time” trempe dans le folk blues. Retour dans le roots blues pour “More than I bargained for”. Les vocaux sont excellents, tant la voix de Peter que les répliques féminines. Un enchantement ! Chaque composition signée Mr Karp fait mouche. A l’instar des subtils et savoureux “Blowin”, illuminé par la pureté des cordes, ainsi que “Chance of rain”, moment au cours duquel il brille aux ivoires, pendant que Sue se réserve la gratte acoustique. De toute bonne facture, cet elpee s’achève par “You’ve got a problem”, un boogie jump bien nerveux, que Peter drive à la perfection depuis son piano. 

 

Sue Foley

New used car

Écrit par

Sue Foley n’a pas encore 40 balais et compte déjà vingt années d’expérience musicale à son actif. Cette chanteuse/guitariste/compositrice canadienne cumule les distinctions. Elle a remporté un ‘Juno award’ dans son pays en 2000 et de multiples ‘Maple Blues Awards’. Sue est également une femme d'affaires. Elle a acquis son indépendance artistique et financière en fondant sa compagnie : Guitar Woman Inc. Elle écrit pour l’instant un bouquin consacré aux guitaristes féminines ; un livre dont la sortie est prévue pour 2007. "New used car" constitue déjà son dixième elpee. Il fait suite à cinq elpees parus sur le label texan Antone's : "Young girl blues" en 91, "Without warning" en 93, "Big city blues" en 95, "Walk in the sun" en 96 et "Back to the blues" en 2000. Trois chez Shanachie : "Ten days in november" en 98, "Love comin' down" en 2000 et "Where the action is" en 2002. Elle avait enfin commis "Change" sur Ruf, en 2004 ; et, bien entendu, participé à la collection "Blues guitar women", en 2005.

Ce nouvel opus a été enregistré au Canada. En août 2005. Sue est soutenue par Graham Guest aux claviers, Mike Turenne à la basse, Tom Bona aux drums et Corey Macfadyen aux percussions. La plage éponyme ouvre le disque. Très rock et particulièrement électrique sa mise en forme est sophistiquée. La voix nasillarde de Sue peine à retenir ses cordes. Son jeu est ici assez complexe. Une plage chiadée parcourue de nombreux changements de rythme. "Make it real" débute sous la forme d’un blues rock éclos au cœur des bayous louisianais. Le timbre de Sue est naturellement sensuel. Tendre aussi. Mais il est susceptible d’exploser à tout instant. Un fragment également fort travaillé, alignant successivement des tableaux parfois très rock! Ballade très mélodique, le "When I come back to ya" de Terry Gillespie est hydratée par l’orgue Hammond. C’est aussi la seule reprise de l'album. Sue dispense un solo extrêmement raffiné et limpide sur les cordes de sa Télécaster. Long slow blues, "Absolution" est construit de manière classique. Graham double à l'orgue et au piano. Le chant puéril, divin, de Miss Foley fait face à la guitare qui ne cesse de tenter une sortie. Et lorsqu’elle y parvient c’est avec beaucoup de délicatesse et une sensibilité infinie. Un excellent Texas blues dont la démarche est tellement proche de Stevie Ray Vaughan ! Toute l’expérience acquise lors des années vécues à Austin transpire à travers ce merveilleux blues! Une atmosphère surannée envahit "Sugar", une ballade rock aux accents pop, sucrée à l’instar de son titre. Néanmoins, instrumentalement la compo tient solidement la route. Elle me fait d’ailleurs penser aux Faces de l’époque Rod Stewart. Ballade R&B très mélodique, "Do it again" est dominée par l'orgue Hammond. Elle macère dans une ambiance Memphis, mais sans les cuivres. "Little things" est issu du même moule. La guitare électrique épouse les sonorités réverbérées d’un Jorma Kaukonen, lorsque le Jefferson Airplane était au faîte de sa gloire. Autre morceau lent, "Mother" véhicule des accents dramatiques. La voix est suave. Les guitares se dédoublent. Sue injecte une fameuse dose d’intensité dans son jeu! Seule, elle s’accompagne à la guitare acoustique lors de la ballade "Long tomorrow". Rafraîchissant ! Le Bo Diddley beat balise le puissant et saignant "Found my love". La voix de fausset de Sue fait des ravages. Un Foley plus classique ! Imprégné de southern rock, "Deep freeze" ne manque ni de punch ni d'audace. Conjuguant cordes amplifiées et acoustiques, "Change your mind" achève l’opus sur un mode très blues parcouru de sonorités particulièrement bayou. Manifestement, le climat général de cet elpee est dominé par le rock ; mais il est constamment traversé par des accents bluesy. Certainement un des tous meilleurs albums de Miss Foley!