“4:13 dream” constitue le 13ème album studio de la formation insulaire en 30 années d’existence. En fait, si le groupe existait déjà sous les patronymes The Obelisk et Easy Cure, il n’a opté définitivement pour The Cure, qu’en 1978. Première info, la saga des allées et venues au sein du line up continue. C’est Porl Thompson, le guitariste, qui est revenu au bercail, après une absence de 14 longues années. Oui, mais l’elpee, alors ? Ben, c’est du Cure ! Qui n’a pas reçu de très bons échos, outre-Manche. En fait, le disque est partagé entre deux types de compos. Tout d’abord, il y a les pop songs. Dont la plus réussie est manifestement la très contagieuse « The reasons why ». Dans ce style, les autres chansons reposent très souvent sur un refrain mélodique, mais le couplet ne parvient jamais à accrocher. Par contre les morceaux les plus expérimentaux tiennent beaucoup mieux la route. Depuis le très noisy presque post rock « Underneath the stars » (Mogwai ?), s’il n’y avait les vocaux démoniaques de Smith au tourmenté « It’s over », une finale dont le psychédélisme aventureux, groovy, imprimé sur un tempo soutenu, est tramé sur un crescendo implacable, en passant par le très sombre mais complexe (Peter Hammill ?) « The real snow white », le ténébreux, très cold wave, caractérisé par ses riffs en boucle, « The Scream », au cours duquel Smith finit, comme le titre l’indique, par hurler sa douleur et enfin le bref mais intense et convulsif « Freakswhow », qui renoue manifestement avec le post punk.
Sans quoi, vu le retour de Porl, les guitares (surtout électriques, parfois acoustiques) sont donc beaucoup plus présentes. Et l’électronique ainsi que le piano plus discrets. « 4:13 dream » n’est manifestement pas un elpee incontournable de Cure. Mais il a le mérite d’essayer d’ouvrir de nouveaux horizons sonores. En souhaitant qu’il ne s’agisse que d’une œuvre de transition. Et surtout que la bande à Robert Smith ne soit pas au bout du rouleau…