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Les nouveaux concerts Live Nation (update du 16-08-2026)

Mercredi 02 décembre 2026 - Nieve Ella - Trix, Anvers Mardi 16 février 2027 - Dylan Gossett - La Madeleine, Bruxelles Vendredi 19 février 2027 - Main - Trix, Anvers Vendredi 23 mars 2027 - Black Label Sociéty (Spécial Guest) - Forest National, Bruxelles…

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Phil Campbell’s Bastard Sons

La flamme Campbell continue de brûler…

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Phil Campbell’s Bastard Sons et Rödder au Zik-Zak : la flamme continue de brûler. Cette soirée estivale s’annonce chargée d’émotion. Quelques mois après la disparition de Phil Campbell, guitariste historique de Motörhead, ses trois fils retrouvent les planches sous le nom de Phil Campbell’s Bastard Sons, aux côtés du chanteur Julian Jenkins. Cette tournée permet à la famille Campbell de poursuivre l’aventure et de perpétuer l’héritage rock’n’roll de leur père.

Depuis la disparition de Lemmy et la fin de Motörhead, Phil Campbell n’était pourtant pas resté inactif. Après avoir sillonné les routes sous le nom de Phil Campbell’s All-Stars et figuré à l’affiche de nombreux festivals, la formation était rapidement devenue Phil Campbell and the Bastard Sons. Elle réunissait ses fils Todd à la guitare, Dane à la batterie et Tyla à la basse, ainsi que Neil Starr, un ami de la famille, au chant. Le combo avait publié son premier opus, « The Age of Absurdity », en 2018, puis entrepris une tournée intensive. Campbell avait ensuite sorti le disque solo « Old Lions Still Roar » en 2019, entouré de nombreux invités. En 2020, pendant la pandémie, les Bastard Sons avaient proposé un deuxième long playing, « We’re The Bastards ».

Phil Campbell est décédé le 13 mars 2026, à l’âge de 64 ans, des suites de complications consécutives à une lourde opération.

Rödder chauffe rapidement la salle. À 20 heures, le combo ouvre la soirée par une prestation brève et efficace d’environ trente minutes. Il entre immédiatement dans le vif du sujet et livre un rock énergique, soutenu par des guitares incisives et une attitude en accord avec le programme.

Face à une foule principalement venue retrouver l’énergie brute associée à Motörhead et à la famille Campbell, Rödder remplit sa mission. La formation fait monter la température et prépare le terrain sans ralentir le rythme. Cette première partie directe, dépourvue de longue introduction ou d’artifices, plonge aussitôt la salle dans une atmosphère rock (page ‘Artistes’ ici). 

Vers 21 heures, Phil Campbell’s Bastard Sons investit les planches. Dès les premières mesures de « We’re the Bastards », le ton est donné : guitares puissantes, basse lourde et batterie d’une précision redoutable. Todd Campbell assure les parties de guitare, Tyla Campbell tient la basse et Dane Campbell propulse l’ensemble derrière ses fûts. Au chant, Julian Jenkins trouve naturellement sa place dans cette nouvelle configuration.

L’absence de Phil Campbell reste perceptible, mais le band ne transforme jamais la soirée en cérémonie funèbre. L’hommage s’exprime par la musique, le volume et la volonté de continuer. La manière la plus fidèle de célébrer un homme qui a consacré plus de trente ans à Motörhead consiste sans doute à jouer du rock’n’roll aussi fort que possible.

La setlist associe les compositions des Bastard Sons à plusieurs classiques liés à Phil Campbell. Des titres tels que « High Rule », « Spiders », « Dark Days », « Strike the Match » ou « Maniac » rappellent que la formation possède sa propre identité et ne se réduit pas à un tribute band.

Lorsque retentissent les premières notes de « Going to Brazil », « Rock Out » ou « R.A.M.O.N.E.S. », l’ombre de Motörhead plane sur le Zik-Zak. L’auditoire retrouve une formule éprouvée : riffs simples et ravageurs, rythmique lancée à pleine vitesse et refrains repris en chœur. « Ace of Spades », placé au milieu du concert plutôt qu’en conclusion, provoque l’un des temps forts de la soirée. Le quatuor ne cherche pas à reproduire Motörhead à l’identique ; il conserve l’urgence et l’agressivité qui ont élevé ce titre au rang de classique du rock.

La suite ne faiblit pas : « Born to Raise Hell » précède « Maniac », qui clôt la première partie. À ce stade, le combo concilie le respect de son héritage familial et l’affirmation d’une personnalité musicale plus actuelle.

Le rappel s’ouvre sur « Heroes » de David Bowie. Dans le contexte de cette tournée, le titre acquiert une résonance particulière. Après la déferlante de guitares et de décibels, cette parenthèse mélodique ménage un moment d’émotion et de respiration sans rompre l’intensité de la soirée.

La formation repart ensuite sur « Ringleader », puis assène un dernier coup par « Killed by Death ». La soirée s’achève sur « Motorhead », morceau initialement enregistré par Hawkwind et devenu l’acte fondateur du band de Lemmy. La conclusion ne pouvait guère être plus symbolique : les fils de Phil Campbell terminent leur concert à la source de l’histoire dont ils assurent désormais la continuité.

La relève est assurée. Dans le cadre intimiste du Zik-Zak, la proximité entre les musiciens et la fosse accentue la puissance de la prestation. Réputée pour son acoustique et la faible distance qui sépare les artistes des spectateurs, la salle d’Ittre convient parfaitement à ce rock direct et physique.

Phil Campbell’s Bastard Sons ne cherche ni à remplacer Phil Campbell ni à recréer artificiellement Motörhead. Le combo prolonge plutôt une histoire familiale tout en bâtissant son propre avenir. Todd, Tyla et Dane Campbell poursuivent leur route aux côtés de Julian Jenkins, animés par une détermination évidente.

Au terme de la soirée, une impression domine : la disparition de Phil Campbell laisse un vide immense, mais n’éteint pas la flamme. Ses fils montrent qu’elle brûle encore, nourrie par le respect de son héritage et par une solide dose de décibels.

Verdict : une soirée puissante et émouvante, où l’héritage de Motörhead rencontre l’avenir des Bastard Sons.

(Organisation : Zik-Zak) 

 

 

Burning Spear

Malgré ses 81 balais, Burning Spear rallume la flamme du reggae/roots à l’Ancienne Belgique.

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La Ballroom de l’Ancienne Belgique célèbre le reggae roots ce soir. Burning Spear, figure majeure du genre et disciple revendiqué de l’héritage jamaïcain, revient à Bruxelles à 81 ans, toujours alerte, entouré de neuf musiciens parfaitement soudés. La salle affiche complet et rassemble un auditoire multigénérationnel, où les rastas se mêlent aux amateurs de longue date comme aux curieux venus découvrir une légende vivante.

Winston Rodney, alias Burning Spear, débute sa carrière dans les années 1960 en Jamaïque, sur les conseils de Bob Marley, avant d’enregistrer son premier single, « Door Peep », en 1969 sur le label Studio One. Profondément ancré dans la foi rastafari et les idéaux panafricains de Marcus Garvey, il forge un reggae hypnotique et militant, traversé de rythmiques puissantes, de cuivres et de percussions. Son opus « Marcus Garvey » (1975), devenu un classique du genre, a célébré son cinquantième anniversaire en 2025. Burning Spear compte deux Grammy Awards, remportés pour « Calling Rastafari » (2000) et « Jah Is Real » (2009), ainsi que plus de douze nominations. Son dernier disque studio, « No Destroyer », sorti en 2023, a été nommé aux Grammy Awards 2024 dans la catégorie Best Reggae Album.

L’influence de Burning Spear sur le reggae reste considérable. Son héritage musical rappelle l’autonomie et l’autodétermination de la diaspora africaine. Après plus de six décennies de carrière, son message conserve toute sa force et son chant garde cette intensité immédiatement reconnaissable. Winston Rodney attribue le lancement de son parcours musical à une rencontre décisive auprès de Bob Marley. Tous deux vivaient dans la paroisse de St. Ann, en Jamaïque. Comme le raconte Burning Spear : ‘Bob se rendait à sa ferme. Il avançait auprès d’un âne, quelques seaux, une fourche, une machette et des plantes. Nous avons simplement discuté d’homme à homme, et je lui ai dit que j’aimerais me lancer dans le monde de la musique. Bob m’a répondu : “D’accord, passe au Studio One.” ‘. C’est là que Burning Spear enregistre ses deux premiers elpees cultes, « Burning Spear » et « Rocking Time ».

Son retour constitue donc un événement pour le reggae en Belgique. Sa dernière prestation à l’AB remontait à 1992 : trente-quatre ans d’attente avant de revoir cette voix majeure, dont les chansons continuent de défendre la paix, la justice et l’amour.

La première partie revient aux Roots Warriors, formation liégeoise active depuis 1983.

Le combo réunit B Dread aux drums, Ioanis au chant, Raph au mix, Sarahyan et Hugo aux claviers, Seb à la basse, Sam au saxophone et Serge à la trompette. Dès les premières mesures, les Liégeois installent un climat roots solide, nourri de riddims jamaïcains, de lignes de basse rondes et d’une pulsation souple qui met rapidement la fosse en mouvement. Les claviers dessinent un tapis chaleureux, les cuivres répondent par touches nettes et le mix injecte de discrètes secousses dub sans brouiller l’ensemble. Ioanis guide le set d’une voix posée, efficace, qui privilégie la ferveur collective plutôt que l’effet facile. Les reprises de classiques jamaïcains trouvent leur place auprès de compositions originales plus engagées, et le band évite l’exercice de style nostalgique : il joue sur l’intensité, respire ensemble et garde le tempo vivant. Les dreads se balancent, les premiers rangs répondent, les refrains circulent, tandis que la section rythmique prépare idéalement l’arrivée de Burning Spear. Cette entrée en matière ne cherche pas à voler la lumière ; elle chauffe patiemment la salle, rappelle l’ancrage liégeois du roots en Belgique et offre un set généreux, cohérent, traversé de vibrations dub profondes.

Votre serviteur découvrait cette formation et la surprise s’avère heureuse : une première partie solide, chaleureuse et parfaitement calibrée pour ouvrir la soirée (page ‘Artistes’ ici).

Setlist : « Promise Land-Satta », « True Rasta », « Slave Driver », « Jogging », « Police And Thieves », « Fade Away », « Caution », « Fisherman », « Israelites », « Jehosaphat », « Melt Away », « Johnny Big Mouth ».

Place ensuite à Burning Spear et à son backing group. 

Les huit musiciens prennent place sur les planches. À gauche, un solide trio de cuivres — trompette, trombone à coulisse et saxophone — s’installe en fond de plateau. Au centre, le claviériste se poste derrière ses instruments, tandis qu’à droite, un impressionnant batteur domine l’estrade. Devant lui, le bassiste, parfaitement synchronisé auprès de son complice de la section rythmique, s’aligne près du guitariste rythmique. À leurs côtés, le second guitariste, Cecil Ordonez, impose rapidement une ambiance brûlante et fait monter la température au fil des morceaux. Burning Spear arrive en dernier. Il court, danse, bondit et traverse l’espace d’un pas incroyablement vif, comme si les années n’avaient pas prise sur lui. Dès les premières notes, Winston Rodney embrase la Ballroom et galvanise la foule, qui se lève et vibre au rythme de sa musique. Sa voix puissante, alliée à un jeu de percussions inspiré, touche l’auditoire et déclenche une ovation après chaque morceau.

La formation impressionne par sa cohésion. Cecil Ordonez s’impose toutefois comme l’un des grands favoris de la salle : ses pas de danse nerveux et son énergie communicative électrisent le concert du début à la fin.

La section de cuivres, emmenée par le tromboniste Micah Robinson, le saxophoniste Clyde Cummings et le trompettiste James Smith, entretient un groove irrésistible et révèle son aisance lors de solos précis.

Face à une Ballroom comble et vibrante, le chanteur jamaïcain livre une performance spirituelle et militante, soutenue par des cuivres efficaces et des rythmiques hypnotiques. Il célèbre plus de six décennies de carrière sans relâcher l’intensité.

Ce concert s’inscrit dans le cadre du ‘Continuation Of The Marcus Garvey Self Reliance Tourr’, et confirme qu’à près de 81 ans, sa voix, sa présence sur le podium et son message d’autodétermination demeurent bien vivants.

La setlist accorde naturellement une large place aux classiques, tout en intégrant plusieurs titres issus de son projet collaboratif « Call On Me » (Burning Spear and Friends), paru au printemps 2026. Les fans saluent une véritable communion auprès de l’artiste, notamment pendant les morceaux emblématiques qui nourrissent sa légende depuis les grandes heures du mythique Studio One.

Le concert restera comme un moment fort pour l’un des derniers grands témoins vivants du reggae roots. L’ambiance circule entre les musiciens, la star jamaïcaine et une foule conquise. Burning Spear tient 96 minutes sans faiblir : respect pour l’artiste et pour ses musicos, solides jusqu’au bout.

Setlist : « Happy Day », « She's Mine », « Columbus », « Tumble Down », « Driver », « Identity », « Great Men », « The Youth », « Nyah Keith », « The Sun », « Old Marcus », « Garvey », « Man In The Hills ».

(Organisation : GreenHouse Talent)

 

 

George Thorogood & The Destroyers

Thorogood rallume la machine à riffs…

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Plus de cinquante ans de carrière, plus de 8 000 concerts et 15 millions de disques vendus : George Thorogood & The Destroyers se produisaient à l’Ancienne Belgique ce 21 juin 2026, dans le cadre du ‘The Baddest Show on Earth Tour ». Un combo resté fidèle à son rock’n’roll roots, taillé pour les planches et nourri de blues.

La soirée s’annonce torride, au propre comme au figuré. Thorogood vient aussi de publier « The Baddest Show On Earth : Greatest Hits Live », un long playing de onze titres paru le 12 juin, qui immortalise des prestations enregistrées entre 1978 et 2024.

La première partie est assurée par Jared James Nichols, guitariste blues-rock réputé pour son jeu musclé et son sens du riff. Découvert ici en 2024 en ouverture de Mr. Big, l’artiste revient défendre son quatrième elpee, « Louder Than Life ».

Nichols impose d’emblée sa présence. Sa musique mêle l’impact du hard rock et une veine blues plus habitée, sans céder à la démonstration gratuite. Produit par Jay Ruston, « Louder Than Life » aligne des titres solides, souvent construits autour de riffs chargés de tension. « Way Back », par exemple, regarde vers le hard rock des années 70 sans tomber dans la simple révérence.

Sur les planches, Jared James Nichols présente de larges extraits de ce nouvel opus. Armé de sa guitare électrique, il occupe l’espace sans relâche, soutenu par un batteur, un second guitariste et un bassiste qui avancent souvent en front de scène. Les musiciens se répondent dans de véritables joutes instrumentales, d’une précision rare pour une première partie. Les enchaînements restent tendus ; Nichols ne coupe le rythme que pour annoncer le morceau suivant. Plus nuancé, « Bending or Breaking » prend la forme d’une ballade rock mélodique, au cours de laquelle la voix est maîtrisée et le solo chargé de feeling. Le titre évoque l’incertitude d’une relation sans forcer le pathos. En fin de set, le guitariste invite la salle à le rejoindre au merchandising pour partager une bière et discuter. Le geste confirme une proximité simple auprès de l’auditoire, qui répond chaleureusement. Une ouverture solide, trop brève, mais parfaitement dispensée (page ‘Artistes’ ici). 

À 21 h précises, George Thorogood & The Destroyers attaquent le gros morceau de la soirée. Le chanteur-guitariste prend place au centre, guitare en main. Derrière lui, Ryan Rice se réserve la batterie depuis une estrade ; à sa gauche, le saxophoniste occupe une large part du son, tandis que Brian Weaver assure la basse. Le light show reste fourni sans détourner l’attention de l’essentiel : un rock roots direct, nerveux, souvent dynamité par le saxophone. La setlist compte onze titres, dont plusieurs reprises charpentées. « Rock Party » ouvre le set avant la cover du « Who Do You Love ? » de Bo Diddley, qui installe d’emblée le ton : riff acéré, refrain fédérateur, chœurs efficaces et cadence implacable. Thorogood écorche ses cordes sans relâche, mais garde le contrôle. « One Bourbon, One Scotch, One Beer » s’étire sans perdre sa force ; l’interprétation tient par son groove, ses relances et l’assurance brute du band. « Get A Haircut » ajoute une dose d’humour et offre l’un des meilleurs moments vocaux du set. Dans la fosse, les réactions grimpent encore d’un cran pendant « Bad To The Bone » et « I Drink Alone », deux classiques repris en chœur. Les riffs, devenus familiers, gagnent ici en rugosité, tandis que les solos de saxophone apportent davantage d’épaisseur aux compos. « Gloria », emprunté à Them, mène le concert vers sa dernière ligne droite, puis « Born To Be Bad » clôt la prestation sur une note franche et efficace.

Thorogood conserve une présence scénique évidente. Il échange souvent avec la foule, plaisante, sourit et semble savourer chaque minute. Sa voix tient la distance, son jeu de guitare reste tranchant, et la formation est soudée. Le concert rappelle pourquoi ce répertoire continue de fonctionner : des titres simples, solides, interprétés devant un auditoire conquis.

Setlist : « Rock Party », « Who Do You Love ? » (Bo Diddley cover), « Mama Talk To Your Daughter » (J.B. Lenoir cover), « I Drink Alone », « One Bourbon, One Scotch, One Beer » (Amos Milburn cover), « Get A Haircut », « Bad To The Bone », « Gloria » (Them cover), « Move It On Over » (Hank Williams With His Drifting Cowboys cover), « Born To Be Bad ».

(Organisation : Live Nation)

 

Humbe

Humbe, maître de son ciel à l’Ancienne Belgique

Écrit par

Humbe, de son vrai nom Humberto Rodríguez Terrazas, s’impose comme l’une des figures marquantes de la pop mexicaine contemporaine. Alors que la musique régionale mexicaine domine encore le paysage grand public, l’artiste façonne discrètement un univers singulier, entre R&B en espagnol et pop mélodique. Il affine un son intime, ample, nostalgique et moderne, nourri par une écriture où la vulnérabilité devient force.

L’ascension de Humbe ne relève pas du hasard. De sa nomination aux Latin Grammy Awards dans la catégorie Meilleur nouvel artiste lors de la 22e cérémonie annuelle à son statut actuel, il a bâti sa carrière sur l’authenticité et la constance. Des disques comme « Aurora » et « Esencia » consolident sa place dans le paysage musical, tandis que son projet indépendant « Armagedón » prouve qu’il peut progresser sans grande maison de disques. En 2025, plus de 2,14 millions d’unités équivalent album certifiées par « AMPROFON » confirment l’ampleur de son audience.

Son nouveau projet, « DUEÑO DEL CIELO », prend la forme d’un double opus de 22 titres, enregistré en Islande. L’œuvre se présente comme une expérience cinématographique, entre paysages sonores éthérés, passages plus intenses et moments de vulnérabilité, reflet d’un processus de réinvention personnelle et artistique. Ce long playing clôt la trilogie conceptuelle amorcée par « ESENCIA » (2023) et prolongée par « ARMAGEDÓN » (2024), récit symbolique autour de la vie, de l’amour, de la perte et de la reconstruction. Dans « DUEÑO DEL CIELO », Humbe transmet un message d’espoir : lorsque tout s’effondre, le ciel demeure un espace où recommencer.

Au vu de l’affluence et de la forte demande de tickets — 450 places —, le concert quitte l’AB Club pour la grande salle, configurée en AB Box. La soirée démarre quinze minutes plus tard que prévu. Pas de setlist visible, pas de première partie, pas de musiciens : seulement Humbe, un danseur et une danseuse. Dans la salle, une foule multiculturelle et intergénérationnelle, majoritairement composée de jeunes adolescentes et de spectateurs latinos, se presse sur le dance floor. Le concert se déroule dans la langue de Cervantes. Sur les planches, un tapis d’ouate recouvre l’espace, tandis que d’immenses rideaux blancs en satin plissé descendent du plafond et installent un décor vaporeux.

La salle se transforme peu à peu en décor presque céleste, comme si l’artiste invitait la foule dans un paysage onirique conçu à son image. Lorsqu’il rejoint le podium, entouré de ses danseurs, puis lance « ASTROS », la réaction éclate aussitôt. Les cris remplissent l’AB Box, mais derrière l’intensité sonore se dessine surtout une connexion réelle.

Cette relation se mesure à la manière dont l’auditoire connaît chaque parole. Des morceaux comme « Fantasmas » — devenu viral sur TikTok et souvent associé aux thèmes de la perte et de l’identité — résonnent particulièrement en live. On l’entend dans les voix qui se fragilisent au milieu des refrains, dans l’attention accordée à chaque phrase, comme si chacune trouvait un écho intime. Les titres plébiscités par les fans suivent : « Morfina », « Vegas », « 50mm » et « HIMNO » modifient tour à tour l’atmosphère de la salle. Le set progresse comme un récit, entre tristesse, espoir et amour, sans rupture inutile.

Côté production, le spectacle privilégie la simplicité et laisse respirer l’essentiel. La voix de Humbe, brute et expressive, occupe le centre, tandis que des visuels immersifs dessinent un arrière-plan aux tons doux. Les danseurs insufflent du mouvement et de la texture sans détourner l’attention ; ils renforcent l’atmosphère plutôt qu’ils ne la dominent. Chaque élément semble pensé pour soutenir l’émotion. Reste un bémol : les instruments sont reproduits sur bandes, peut-être par souci d’économie, et le volume s’avère parfois trop élevé. L’ensemble conserve toutefois l’énergie d’un concert dansant, latino et bon enfant.

(Organisation : Gracia Live)

16 Horsepower

Un retour en grâce, avec la bénédiction de la voix divine de David Eugene Edwards...

Après plus de vingt ans de silence, 16 Horsepower est enfin de retour, et revient sur scène auréolé d'une image presque mystique. Grâce à son univers sombre et envoûtant mêlant rock, folk et alt-country, le groupe américain légendaire a marqué toute une génération.

Les musiciens originaux, David Eugene Edwards, Jean-Yves Tola et Pascal Humbert, sont accompagnés par Chuck French (Wovenhand) à la guitare. Bien que basée à Denver, dans le Colorado, la formation compte deux musiciens français dans son line up : singulier ! Pour la petite histoire, auparavant, ils militaient tous deux au sein de Passion Fodder. Il y a deux ans, Edwards avait déjà prouvé, en solo, dans cette même salle, sa capacité à toucher le public au plus profond de son âme. Rien d'étonnant, dès lors, que les tickets des deux dates du 31 mai et du 1er juin aient été vendues en un temps record.

Pour être bref : ce concert restera gravé dans les mémoires. L’atmosphère est lourde, presque suffocante. On se croirait dans le désert du Great Sand Dunes. Sur l’écran, le logo du groupe et un message de bienvenue s’affichent sobrement. Dès les premières notes de « I Seen What I Saw », l’ambiance s'installe : celle d’une Amérique crépusculaire, où Edwards se bat contre ses démons intérieurs et invoque le Tout-Puissant. On le sait, ses concerts sont beaucoup plus que des concerts, ce sont des rituels. Une voix unique, incantatoire, aux accents quasi mystiques. ‘The Voice of God’, serait-on tenté de dire. Sa musique est tribale, teintée de sonorités amérindiennes. Pas étonnant, puisque du sang cherokee coule dans ses veines. Assis sur son tabouret, coiffé de son inséparable chapeau Fedora, il semble habité. « Brimstone Rock » et « Straw Foot » prennent une dimension encore plus inquiétante en live, soutenus par la contrebasse de Pascal Humbert. Sur l’écran, des images de serpents, de chevaux et d’oiseaux blancs défilent, comme des apparitions dans un rêve chamanique.

La formation alterne les instruments avec une précision chirurgicale, passant de la 'lap steel' à l’accordéon, du banjo à la guitare 'solid body'. Les paysages sonores créés sont aussi beaux qu'ensorcelants. Les classiques « American Wheeze », « Black Soul Choir », « Haw », « Heel On The Shovel » et surtout « Splinters », font vibrer la salle. On est frappé par le son. Il est énorme, puissant et d'une clarté éblouissante. Par moments, Edwards chante des intros mêlant anglais et langues amérindiennes. Il captive totalement l’attention du public, qui semble envoûté par ses gestes et sa voix.

Les rappels, « Hutterite Mile » et « Blessed Persistence », maintiennent cette tension gothique jusqu’au coup de grâce final, asséné par « For Heaven’s Sake ».

Vingt ans plus tard, 16 Horsepower reste un phénomène unique. On aura à nouveau vécu un moment inoubliable, comme une cérémonie lumineuse, chargée d’une rare intensité...

(Photos ici)

 

Setlist :

I Seen What I Saw

Haw

Dead Run

Brimstone Rock

Straw Foot

Splinters

American Wheeze

Heel on the Shovel

Horse Head

South Pennsylvania Waltz

Sac of Religion

Strong Man

Black Soul Choir

Black Bush

Phyllis Ruth

Harm’s Way

Clogger

Poor Mouth

Rappel :

Hutterite Mile

Blessed Persistence

For Heaven’s Sake

 

Organisation :  De Roma

Emmy d’Arc

Intense, précis et chargé d’émotion…

Écrit par

Initialement annoncé à l’AB Club, le concert d’Emmy D’Arc a finalement rejoint la Grande Salle de l’Ancienne Belgique, face à une demande de billets bien supérieure aux prévisions. Résultat : une soirée à guichets fermés, où l’artiste confirme l’élan né de son premier disque et d’une visibilité récemment accrue.

Emmy D’Arc possède-t-elle une voix remarquable ? Oui. Son premier opus, Braving Fears, paru l’an dernier, tient-il ses promesses ? Sans hésitation. Mérite-t-elle le déplacement en concert ? Certainement : forte de plus de 500 prestations, elle affiche déjà une solide expérience. Cependant, il y a pourtant fort à parier qu’une partie du grand public l’a surtout découverte après son passage dans l’émission Ik Vraag Het Aan, diffusée sur la VRT.

La soirée s’annonce dense et habitée. Ce n’est pas la première fois que votre serviteur assiste à un concert d’Emmy, et cette nouvelle rencontre confirme l’impression laissée par les précédentes.

Teun Truijen assure la première partie avec élégance : sa voix aérienne capte rapidement l’attention de l’assemblée. Cette autrice-compositrice-interprète et danseuse belgo-néerlandaise, originaire de Maastricht et installée à Anvers, poursuit une trajectoire prometteuse. Ancienne danseuse professionnelle, elle a notamment accompagné Eefje de Visser en tournée avant de se consacrer pleinement à son projet musical. Médaillée d’argent au Humo’s Rock Rally en 2024, Teun confirme les qualités déjà entrevues. Les titres de son premier EP, Home Is Growing On Me, récemment paru, dessinent un univers où une pop indie rêveuse rejoint des émotions directes. Son passé de danseuse nourrit une présence sur les planches à la fois souple, précise et naturelle. L’auditoire de l’AB se laisse gagner par ce registre personnel, partagé entre élans lumineux et mélancolie délicate. Sa musique associe profondeur soul et climat vaporeux, dans un son brut mais ouvert. Nourri par l’honnêteté et l’émotion vive, l’art de Teun s’ancre dans la narration et offre un aperçu sans filtre de ses pensées, de ses sentiments et de ses luttes (Page ‘Artistes' ici, photos Kristof Acke ). 

La tenture s’ouvre ; un spot éclaire le centre du podium. Emmy apparaît, guitare semi-acoustique en main. Chemise blanche à damiers, pantalon de cuir noir : elle occupe seule l’espace, épaulée par ses loop machines et un clavier placé à sa gauche. Aucun musicien ne l’accompagne. Elle affronte une foule déjà acquise, qui applaudit dès les premières paroles. Elle lance White Flag en acoustique, crie « Come on », et la salle reprend le refrain. L’instant fonctionne immédiatement. Le son est impeccable, comme souvent dans ce temple bruxellois de la musique. Les lumières s’éteignent ; Emmy change de guitare à chaque chanson. Elle enchaîne ensuite I’m Alright. À la fin du titre, elle remercie l’auditoire et explique qu’elle va remplir la Grande Salle en solo grâce à sa loop machine : elle capte les sons frappés sur le bord de sa guitare, puis les superpose en couches successives. Pour Hit Me, elle tapote l’instrument, enregistre la boucle et rejoint aussitôt le piano. Les ivoires résonnent, la fosse applaudit, la température grimpe au fil du set. Le jeu de lumière souligne efficacement sa présence : six puissants projecteurs l’entourent sur une estrade posée à mi-hauteur, tandis que les spots du plafond baignent tour à tour l’artiste et la salle.

La suite démontre surtout sa maîtrise : captiver une grande salle en solo ne s’improvise pas. Emmy D’Arc n’a pas besoin d’une formation imposante. Guitare acoustique, harmonica, piano, voix aérienne et loop station lui suffisent pour construire en direct des arrangements denses et mobiles. Le set trouve son équilibre entre titres appréciés du répertoire et morceaux issus de son premier opus. Words, Hit Me, The Day, Wish I’d Never Met You et le poignant Frontline sont repris en chœur par l’auditoire. Entre ces repères, Emmy dévoile aussi quelques compositions inédites. Elles révèlent un univers plus ample, des structures plus travaillées et des thèmes qui gagnent en maturité. L’un des moments forts survient lorsqu’Admiral Freebee rejoint les planches, armé d’une guitare semi-acoustique et d’un harmonica à la main. Tous deux livrent une version habitée de son classique Rag’n’Run, Emmy assurant les chœurs, tandis qu’un violoncelle ajoute une teinte mélancolique. Elle se montre également convaincante à l’harmonica, qu’elle marie aux ivoires. Votre serviteur a probablement assisté à l’un des concerts les plus marquants de son année 2026 : intense, précis et chargé d’émotion (photos Kristof Acke ici).

Setlist : « White Flag », « I’m Alright », « Ghosts », « Hit Me », « The Day », « Frontline », « November », « What’s On Your Mind ? », « Just Say ’Bye’ », « Rag’n’ Run », « The Consequence », « Words », « Back To You », « In The Shadow ».

Rappel : « Troy » (cover Sinéad O’Connor)

(Organisation : Ancienne Belgique)

Steve Hackett

L’élégance et la classe progressive en deux actes...

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La dernière apparition de Steve Hackett à l’Ancienne Belgique remonte à deux ans. À 76 ans, le guitariste affiche toujours une belle prestance et conserve intacte sa maîtrise de la guitare. Au programme : de longs développements sur cet instrument. Quelques places restent libres dans un Cirque Royal presque comble. Sans première partie, la soirée se divise en deux actes séparés par un entracte de quinze minutes, puis se prolonge par un rappel de deux titres. Le premier volet explore la carrière solo de Steve Hackett ; le second revient sur son passage décisif chez Genesis. C’est évidemment cette séquence qu’attendent les admirateurs de la première heure. La tournée s’intitule ‘Best Of Genesis & Solo Gems Tour 2026’ : l’intitulé correspond bien au programme, même si l’ordre annoncé est inversé. Inutile d’entretenir le suspense : la seconde partie constitue l’aimant principal de la soirée.

À 19 h 45, la formation entre en scène. Un son de cloche ouvre le set et lance « The Devil's Cathedral ». D’emblée, les regards convergent vers la six-cordes de Steve. Son jeu impressionne par la richesse de ses arrangements. Au terme du morceau, il présente en français les musicos qui l’entourent depuis des années : à sa gauche, Rob Townsend, au saxophone, à la clarinette, à la flûte et aux claviers ; juste derrière, sur une longue estrade, Lalle Larsson, aux claviers et à l’orgue Hammond ; au centre, le chanteur Nad Sylvan, chargé de se substituer à Peter Gabriel ; enfin, à droite, le batteur Felix Lehrmann.

Au premier rang campent Rob, légèrement de biais, Steve au centre, puis le bassiste Jonas Reingold à droite, juste devant Felix Lehrmann. Nad Sylvan s’installe en retrait derrière Steve : une disposition nouvelle, puisqu’il occupait jusqu’alors le flanc droit du guitariste, sur la même ligne. Sur « Every Day », tandis que Steve mène les développements à la guitare et assure le chant, les autres musiciens renforcent les chœurs. Comme souvent dans le rock progressif, le titre gagne peu à peu en intensité avant de s’achever sur un passage instrumental très étiré. Steve dévoile ensuite « The Sea Inside », destiné à figurer sur son prochain opus, presque achevé. Si le reste du disque tient ce niveau, l’ensemble s’annonce solide. Le morceau déploie un souffle épique : nappes d’orgue, solos de guitare et percussions métronomiques à la couleur tribale s’y relaient. Retour ensuite à un classique, « Ace of Wands », écrit juste avant le départ de Hackett de Genesis et l’ouverture de sa carrière solo. Les tintements de cloches proviennent ici des pédales actionnées par Rob.

« The Steppes » s’ouvre sur un solo de saxophone soprano de Rob, multi-instrumentiste particulièrement inspiré, tandis que la basse prend des accents de contrebasse grâce à son jeu de pédales. « Camino Royale » embraie. Ili permet encore à Steve de mettre en valeur son toucher, notamment à la slide guitare, avant une longue séquence instrumentale sur « Shadow Of The Hierophant », point final de cette première partie.

Steve annonce une pause de quinze minutes, puis précise que la seconde partie puisera dans le répertoire de Genesis entre 1971 et 1978, soit la période qu’il traverse aux côtés de Peter Gabriel, Phil Collins, Mike Rutherford et Tony Banks. Les applaudissements et les cris ne tardent pas. C’est clairement le moment attendu par la majorité des aficionados.

La seconde partie débute à 21 h 00 par « Watcher of the Skies ». Nad Sylvan y occupe davantage l’avant-plan et restitue les lignes vocales de Peter Gabriel presque à l’identique. Les admirateurs de Genesis y trouvent aussitôt leur compte et la salle monte en température. Sur « The Cinema Show », Jonas saisit une double manche, basse en bas, guitare douze cordes au-dessus. Steve invite la foule à reprendre les paroles, connues d’une bonne partie de l’auditoire. Derrière votre serviteur, un voisin s’y emploie d’ailleurs sans faiblir. L’exercice prend toute son ampleur durant les plus de vingt minutes de « Supper's Ready ». Les titres issus du répertoire de Genesis passent ici par le prisme Hackett, dans des versions réinterprétées qui tiennent bien la route.

Le final, « Firth of Fifth », s’ouvre sur une longue introduction aux claviers signée Lalle, relayée par un ample solo de Rob à la flûte traversière puis au saxophone soprano. Chaque musicien bénéficie ensuite de son moment de mise en avant, soutenu par un jeu de lumières ciblé qui souligne efficacement les interventions.

Le rappel réunit deux titres. « Dance on a Volcano » relance la machine sous les fumigènes et laisse place à un long solo de batterie signé Felix Lehrmann. Le groupe enchaîne ensuite sur « Los Endos », bifurque vers « Slogans », puis revient une dernière fois à « Los Endos » pour conclure.

Steve Hackett a livré un concert d’une grande classe, focalisé sur quelques pièces marquantes de son parcours solo et de parcours accompli au sein de Genesis. Le guitariste conserve une technique remarquable, sans en remettre une couche, et s’impose, par moments, une forme de concentration presque contemplative. Une prestation solide, servie par un répertoire éprouvé.

Setlist :

Partie 1 : « The Devil's Cathedral », « Every Day », « The Sea Inside », « Ace of Wands », « The Steppes », « Camino Royale », « Shadow Of The Hierophant ».

Partie 2 : « Watcher of the Skies » (Genesis song), « The Cinema Show » (Genesis song), « Aisle Of Plenty » (Genesis song), « Supper's Ready » (Genesis song), « Firth Of Fifth » (Genesis song).

Rappel : « Dance On A Volcano » (Genesis song), « Los Endos, Slogans, Los Endos » (Genesis song).

Organisation : (Live Nation)

Robert Jon & The Wreck

Volume sonore excessif…

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Ce soir, le concert se déroulera en configuration AB Box, complète pour l’occasion. Robert Jon & The Wreck accorde à Bruxelles une date unique dans le cadre de sa tournée européenne et britannique, précédé par Boogie Beasts en ouverture. La salle affiche une belle affluence et les conditions sonores s’annoncent idéales.

Robert Jon & The Wreck puise dans le rock sudiste, les longues échappées de guitare et des harmonies vocales bien en place. Originaire du sud de la Californie, la formation reprend les codes du genre tout en y injectant une énergie très personnelle. Depuis 2011, Robert Jon Burrison (chant, guitare), Andrew Espantman (batterie, chœurs), Henry James Schneekluth (guitare solo, chœurs) et Warren Murrel (basse) tournent sans relâche. Rejoint plus récemment par le claviériste Jake Abernathie, le quintette continue d’élargir sa discographie et de multiplier les dates. Il a notamment partagé l’estrade aux côtés de Joe Bonamassa, Buddy Guy, Blackberry Smoke, The Mavericks, Little Feat et Rival Sons. Sa signature chez Journeyman Records, le label de Joe Bonamassa, marque une étape importante. Son dernier opus, « Heartbreaks & Last Goodbyes », prolonge l’élan des débuts tout en ouvrant la porte à des couleurs plus audacieuses.

Le band ranime un imaginaire sudiste hérité des Allman Brothers, de Lynyrd Skynyrd et de quelques autres références du genre. Son rock’n’roll, nourri de blues et de country, parle d’emblée aux amateurs de rock sudiste classique.

Boogie Beasts est un quatuor belge de blues alternatif né entre le Limbourg et Liège. Fondée en 2011 à la suite d’une jam session au bar de blues ‘De Blauwe Kater’, à Louvain, la formation mêle blues, boogie, rock et garage rock. Elle donne un premier concert le 10 septembre 2011 au festival Blue Moon de Visé. Le combo réunit les guitaristes et chanteurs Jan Jaspers et Patrick Louis, l’harmoniciste Fabian Bennardo et le batteur Gert Servaes.

Le set démarre à 19 h 50. Bennardo prend place à gauche, armé de son harmonica, micro en main et son fil autour du cou. Les deux guitaristes se rangent sur la droite, Jan Jaspers près du centre, Patrick Louis à ses côtés. Gert Servaes s’installe en retrait devant la toile de fond du combo. Les musicos interprètent sept titres tirés de leur sixième disque, « Don’t Be So Mean ! », paru le 17/04/2026. Ce long playing rend hommage à R. L. Burnside. Pour l’occasion, le quatuor s’appuie sur plusieurs invités de marque : G. Love, Duwayne Burnside, Kenny Brown, Luther Dickinson, Cedric Maes et Pablo van de Poel. Le projet célèbre à la fois les 15 ans de Boogie Beasts et le centenaire de la naissance de R. L. Burnside.

« Jumper On The Line » ouvre le set. Le titre, solidement charpenté, passe très bien sous les couleurs du quatuor belge. La rythmique tourne sans relâche, les riffs de slide tranchent net et l’harmonica déchire l’ensemble. Sur les planches, Boogie Beasts recrée l’atmosphère moite des juke joints du Mississippi et entraîne la foule dans un mouvement collectif immédiat.

Le quatuor enchaîne par « Alice Mae », qui clôt le nouvel opus. La voix singulière mène l’auditoire vers un Sud fantasmé, pendant que l’harmonica et les guitares se croisent et se répondent. Fabian Bennardo s’y dépense sans compter. Une respiration arrive ensuite par « Fireman Ring The Bell ». Puis « Shake ‘Em On Down » confirme toute l’efficacité du répertoire en live. L’ensemble tient la route de bout en bout, et la découverte du nouvel LP sur scène s’avère convaincante ‘page ‘Artistes’ ici). 

Setlist : « Jumper On The Line », « Alice Mae », « Fireman Ring The Bell », « Shake ‘Em On Down », « Peaches », « Skinny Woman », « Going Down South », « Big Mama’s Door ». Tous signés par R.L. Burnside, sauf le dernier, par Alvin Youngblood Hart

La salle monte rapidement en température avant l’arrivée des cinq musiciens de Robert Jon & The Wreck. En fond d’estrade, une grande tenture affiche le nom du band, son logo et la mention ‘Rock’n’roll’.

Le set s’ouvre sur « The Devil Is Your Only Friend », titre-programme s’il en est. La batterie cogne fort, la slide d’Henry James répond, puis le riff lance la machine pendant que la voix rocailleuse de Robert Jon ramène vers le sud des États-Unis. Les longs solos d’Henry James évoquent tour à tour Jimi Hendrix, Carlos Santana ou Allen Collins, tandis que le timbre de Robert Jon Burrison rappelle parfois Jon Popper et Warren Haynes.

« Stone Cold Killer », extrait de « Red Moon Rising » (2024), durcit encore le ton. Le morceau frappe par sa sécheresse et par son solo de slide, qui rappelle par moments Pete Wells de Rose Tattoo. « Sittin' Pretty » pousse plus loin un rock’n’roll brut et direct. Quant à « Back To The Beginning Again », son riff a des allures de Led Zeppelin.

Placée d’abord juste devant l’estrade, l’écoute se révèle vite éprouvante tant le volume sonore grimpe. Un déplacement vers le fond de la salle ne change rien : le décibelmètre oscille entre 115 et 120 dB. À ce niveau, le son devient franchement excessif.

« Arroyo », nouveau titre extrait de « Wreckage, Vol. 3 », paru en 2026, passe malheureusement dans des conditions sonores trop agressives pour convaincre. L’écoute devient pénible, ce qui pousse votre serviteur à quitter la salle avant la fin, comme plusieurs spectateurs. L’occasion, malgré tout, d’échanger quelques mots auprès des musiciens de Boogie Beasts, attendus au Zik-Zak d’Ittre le 28/08/2026.

Setlist : « The Devil Is Your Only Friend », « Stone Cold Killer », « Sittin' Pretty », « Back To The Beginning Again », « Arroyo », « Dark Angel », « Keep Myself Clean », « Don't Let Me Go », « Bring Me Back Home Again », « Tired Of Drinking Alone », « Oh Miss Carolina », « Cold Night ».

Rappel : « Shine A Light On Me Brother », « Rager ».

(Organisation : Greenhouse Talent)

Fischer-Z

Un demi-siècle de carrière et toujours chargé de Watts…

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Fischer-Z, alias John Watts, célèbre à l’Ancienne Belgique cinquante ans de carrière devant une salle comble. Pionnière de l’art-punk britannique, la formation fondée en 1976 marque l’anniversaire par une série de dates à guichets fermés en Belgique, tandis que paraît le coffret 3 CD « Word Paradise », qui réunit les trois premiers opus et plusieurs bonus. Un nouveau disque studio, « X-Ray Serenade », est annoncé pour le 4 septembre 2026. Son premier extrait, « Strings », s’accompagne d’un clip au charme vintage tourné dans l’église St Paul’s de Circomedia, à Bristol, en compagnie de Ruby LeStrange. Le morceau évoque la manière dont nos actes finissent toujours par nous rattraper.

John Watts, chapeau melon sur la tête, présente lui-même la première partie. Chloe Leigh s’avance ensuite sur les planches, seule à droite du plateau, armée de sa guitare électroacoustique. La chanteuse livre des chansons nourries d’amour, de perte, de nostalgie et de joie dans un registre qui croise folk et flamenco. Son prochain opus, inspiré par ses racines du sud de l’Espagne, prolonge cette identité ouverte sur plusieurs horizons. Vêtue d’une jupe noire à pois, de Doc Martens et d’un haut sombre, elle impose d’emblée une présence discrète mais sûre. Le micro ne sert pas toujours son articulation, sans pour autant effacer le relief de morceaux tels que « House By The Sea » et « Stephanie ». « Reality », qu’elle dit emprunter à un fandango de Malaga, rappelle d’ailleurs ses origines andalouses. Nourrie par l’héritage de Leonard Cohen et Laura Marling, Chloe Leigh tient son récital sans appui, les yeux souvent clos, dans une bulle qui ne verse jamais dans la passivité (pour les photos, c’est ici et la page ‘Artistes’ ). 

À l’AB, Fischer-Z célèbre ce cinquantième anniversaire par un set dense et direct. John Watts, très en voix, aligne classiques new wave et titres plus récents sans s’abriter derrière la nostalgie. La formation conserve ce mélange de nerf mélodique, de regard social et d’élan pop qui lui vaut une place à part dans le post-punk britannique. Entouré de cinq musiciens, Watts occupe le centre du podium, guitare en main, entre un batteur installé sur une estrade à gauche, une claviériste-guitariste perchée à droite, puis, au premier rang, un bassiste et un second guitariste rythmique. Tous arborent le même chapeau melon noir. Le concert s’ouvre sur quatre extraits de « World Salad », défendus dans des versions plus tendues que sur le disque d’origine.

« Pretty Paracetamol » lance les hostilités sur un ton sec, nerveux, presque ironique. John Watts salue aussitôt la foule, qui lui réserve un accueil chaleureux. « Wax Dolls » enchaîne et fixe d’emblée la couleur de la soirée. « Remember Russia », teinté de reggae, apporte un détour plus solaire, avant « The Worker », repris en chœur par toute la salle. Le set ménage ensuite une respiration sous la forme d’« Angel Of Gardenia », tiré de « Thirteen Stories High », disque solo de Watts, dont la fragilité atteint sa cible. « Damascus Disco » et « I Smelt Roses (In the Underground) » relancent la mécanique par leur satire sociale, tandis que « Battalions Of Strangers » et « Head On » incitent l’auditoire à danser.

« So Long » et « The Perfect Day » ramènent l’assistance vers un terrain familier : les voix montent, plusieurs visages se ferment pour mieux écouter. « When Love Goes Wrong », traversé d’inflexions Motown, constitue l’un des sommets du set, tant sa mélancolie et son groove gagnent en ampleur dans l’acoustique de la salle. Pendant « Red Skies Over Paradise », baigné de rouge, le concert se tend encore. Puis, « Battalions Of Strangers » et « Damascus Disco » communiquent finalement un élan décisif. Vers la fin, John jette un œil à ses partitions, repart aussitôt et entraîne bientôt toute la salle à se lever. Quand il descend de l’estrade, guitare à la main, pour rejoindre la foule, le geste resserre encore le lien noué tout au long du concert. Lors du rappel, il accorde à l’auditoire « Marliese » puis une seconde version de « So Long », mais dans une mouture plus étirée.

Pour ses cinquante ans, Fischer-Z signe à Bruxelles un best of solide, nourri de classiques et de titres plus récents. Une soirée tenue de bout en bout. La formation repasse par Het Depot de Leuven le 6 novembre 2026.

Setlist : « Strings » (préenregistré), « Pretty Paracetamol », « Wax Dolls », « Remember Russia », « The Worker », « Angel Of Gardenia » (John Watts song), « Marguerite », « Well Meaning Ghost » (Followed by band introduction), « So Long » (Balad version), « The Perfect Day », « Tightrope », « Choose », « Red Skies Over Paradise », « Cruise Missiles », « Battalions Of Strangers », « Damascus Disco », « When Love Goes Wrong », « One Voice » (John Watts song), « Head On » (John Watts song)

Rappel : « Marliese », « So Long » (Normal version)

(Pour les photos c’est ici

(Organisation : Greenhouse Talent)

The Vaccines

“Do You Remember Rock’n’roll Radio ?”,15 ans plus tard, mais pas seulement…

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En 2026, The Vaccines célèbrent les quinze ans de leur premier elpee devenu culte, « What Did You Expect From The Vaccines ? » (NDLR : un titre emprunté à une compo des Ramones, datant de 1980). Le quatuor britannique choisit de marquer l’événement sur les podiums, en proposant l’intégralité de ce disque fondateur, complétée par une sélection de titres couvrant l’ensemble de son répertoire. À Bruxelles, la formation londonienne investit le Cirque Royal sous une atmosphère déjà électrique, propice à une soirée festive.

Publié en mars 2011, ce long playing a atteint directement la quatrième place des charts britanniques, décroché une certification platine et inauguré une série d’opus classés sans interruption dans le top 5 outre-Manche. La trajectoire s’est poursuivie jusqu’à « Pick‑Up Full Of Pink Carnations », paru en 2024, sixième LP studio du combo, désormais solidement installé sur la scène rock internationale. Considéré comme l’un des grands disques rock britanniques des années 2010, ce premier opus aligne des titres devenus incontournables, à l’instar de « If You Wanna, Post Break‑Up Sex » ou « Wreckin’ Bar (Ra Ra Ra) », encore capables de fédérer anciens fidèles et nouveaux adeptes.

Deux ans après un concert belge à guichets fermés, The Vaccines reviennent offrir une parenthèse de nostalgie, construite autour de riffs incisifs et de mélodies immédiatement identifiables.

La mise en jambes est assurée par GANS, duo britannique à l’énergie brute, parfois présenté comme une version 3.0 des Sex Pistols. Originaire de Birmingham, l’ensemble publie en 2025 « Good For The Soul », premier opus où se croisent post‑punk primaire et accents électro‑rock. Le tandem, composé d’un guitariste‑claviériste et d’un batteur, s’adjoint ponctuellement un flûtiste‑saxophoniste‑chanteur, véritable détonateur scénique. Le chant se partage, la tension ne retombe jamais et l’exécution exige un engagement total.

Sur les planches, GANS privilégie l’impact direct sans renoncer aux nuances. L’ouverture, structurée autour de « A Fool, In Time et It’s Just Life », plante immédiatement le décor. Leur électro‑rock évoque par instants les Viagra Boys, tout en cultivant un punk amplifié et dansant. Les tempos soutenus entraînent la fosse dans une transe quasi continue, tandis que certaines plages s’autorisent des détours noisy, alternatifs, voire légèrement funky, comme sur « I Think I Like You ». Lors du final, « Oh George », le drummer descend au cœur du public pour conclure un set aussi minimaliste que dévastateur (page ‘Artistes’ ici). 

Setlist : « A FOOL », « IN TIME », « IT’S JUST LIFE », « I THINK I LIKE YOU », « STEP-PSYCHOSIS », « THE KING'S HEAD », « THIS PRODUCT », « OH GEORGE ».

Une fois la salle chauffée à blanc, place aux maîtres de cérémonie. Pas de décor superflu pour The Vaccines : une tenture en fond de scène, une estrade à trois niveaux exclusivement réservée au batteur, et deux guitaristes positionnés en première ligne. À 21 h précises, les lumières s’éteignent tandis que résonne « Do You Remember Rock ’n’Roll Radio ? » des Ramones. « Blow It Up et Wreckin’ Bar (Ra Ra Ra) » déclenchent d’emblée une réaction en chaîne dans la fosse.

Après une salutation succincte, le band enchaîne « Post Break‑Up Sex » et « Wetsuit », transformant le Cirque Royal en salle survoltée. Les morceaux du premier elpee, courts, nerveux et fédérateurs, s’enchaînent sans temps mort. Nørgaard provoque les premiers pogos, tandis que « If You Wanna » et « Family Friend » accentuent encore la montée en intensité. À mesure que le disque anniversaire touche à sa fin, seule la version acoustique de « Somebody Else’s Child » manque à l’appel. Pour l’occasion, Freddie Cowan troque sa guitare pour les claviers, tandis que Justin Young s’assied brièvement, rare moment de respiration dans un concert mené tambour battant.

Puisant ensuite dans un répertoire plus large, The Vaccines déroulent une seconde partie accueillie avec le même enthousiasme. « Your Love Is My Favourite Band », malgré son vernis légèrement kitsch, est repris en chœur, tout comme « Headphones Baby ». La preuve qu’une pop indé simple et efficace suffit encore à fédérer un auditoire entier un lundi soir. « Heartbreak Kid » et « I Can’t Quit » préparent le terrain avant un final constitué de « Teenage Icon » et « I Always New ».

Lors du rappel, Justin Young revient seul sur l’estrade pour interpréter « No Hope », gratte acoustique en main, un titre composé non loin de là, à l’AB. La foule immortalise l’instant, tandis que le reste du quatuor rejoint finalement les planches pour dévoiler de nouvelles compositions. « Ten Years Too Far » offre un avant‑goût prometteur du septième long playing actuellement en préparation, avant que « All My Friends Are Falling In Love », interprété à la demande, ne clôture la soirée dans une explosion collective.

En célébrant le quinzième anniversaire de « What Did You Expect From The Vaccines ? », la formation rappelle sa capacité intacte à captiver une salle entière. Une prestation généreuse, qui donne déjà un avant‑goût d’été et annonce un retour attendu, notamment au Rock Werchter le 2 juillet prochain.

Setlist : Intro préenregistrée : « Do You Remember Rock 'n’Roll Radio ? » (Ramones song),

LP » What Did You Expect From The Vaccines ? » en intégralité mais dans le désordre.

« Blow It Up », « Wreckin' Bar (Ra Ra Ra) », « Post Break-Up Sex », « Wetsuit », « A Lack Of Understanding », « Nørgaard », « Under Your Thumb », « Wolf Pack », « All In White », « If You Wanna », « Family Friend », « Somebody Else's Child ».

« Your Love Is My Favourite Band », « Headphones Baby », « Handsome », « Heartbreak Kid », « Lunar Eclipse », « I Can't Quit », « Teenage Icon », « I Always Knew ».

Rappel : « No Hope » (Acoustique), « Ten Years Too Far » (New song), « Tiger Blood » (sur demande du public), « All My Friends Are Falling In Love »

(Organisation : Live Nation)

 

Franz Ferdinand

Un concert varié, intense et généreux…

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Les Franz Ferdinand investissent ce vendredi 3 avril, Forest National. Préparez-vous à des riffs de guitare tranchants et à l’énergie débordante de ces rockers écossais ! Leur nouvel opus, « The Human Fear », s’ajoute à une série de titres incontournables qui promettent une soirée intense. Dès 2004, la sortie du long playing éponyme impose la formation parmi les références de la scène internationale. Boosté notamment par le single « Take Me Out », le combo se retrouve rapidement sous les projecteurs. Plus de vingt ans après, il affiche six disques studio, plus de 10 millions d’exemplaires vendus, 3 milliards de streams, deux Brit Awards, cinq nominations aux Grammy Awards et 6 millions de billets écoulés dans le monde.

Début 2025, Franz Ferdinand dévoile son sixième disque studio, « The Human Fear ». Au fil de onze titres, il explore peurs et angoisses, tout en mettant en avant notre capacité à les dépasser. L’elpee reste fidèle à une écriture directe et lumineuse, relevée d’une touche pop assumée. Au fil des années, le répertoire s’est étoffé de morceaux devenus des classiques, dont « Do You Want To », « This Fire », « Love Illumination », « No You Girls », « The Dark Of The Matinée », « Walk Away » et, bien sûr, « Take Me Out ».

Pour lancer la soirée, deux formations se succèdent et se chargent de chauffer la fosse de Forest : The Great Leslie puis Irnini Mons.

À 19 h 15, The Great Leslie ouvre le bal. Devant une salle encore clairsemée, le quatuor déroule un rock alternatif mené par les guitares. L’horaire explique sans doute cette jauge prudente, mais le band joue la carte de l’efficacité et de l’accessibilité. La voix, parfois haut perchée, manque de relief par moments ; en revanche, le chanteur sait capter l’auditoire. « Under Your Skin », extrait d’un prochain opus, reçoit d’ailleurs un accueil chaleureux. Une prestation encourageante (photos ici, page ‘Artistes’ ). 

Setlist : « Nochmal », « Feel Alive », « I Like It Here », « Under Your Skin », « Can’t Touch », « King Beard Man », « These Days », « The Party ».

En deuxième partie, Irnini Mons amène un rock hexagonal funky et percutant. À Forest, le trio partage en français son plaisir de jouer ici. Deux harmonies vocales densifient l’ensemble et donnent du relief au set, notamment sur l’introduction a cappella de « Montréal », qui bascule ensuite vers l’un des passages les plus nerveux du concert. Le show monte progressivement en intensité, dans un format cohérent et sans temps mort. Issu d’anciens membres de Decibelles, Irnini Mons avait déjà marqué les esprits en 2014 par un disque au titre à rallonge, « Une Habitante Touchée Par Une Météorite », aux textes volontiers décalés, soutenus par des voix aériennes, une batterie très présente et des guitares au son massif. Sur scène, l’ensemble accroche immédiatement, parfois à la limite du stoner. « T’As Pas Peur », premier morceau au récit improbable (café, vagues, photocopieuse), fonctionne pourtant très bien grâce à une énergie façon Talking Heads. D’abord surpris, le public se laisse séduire. Un supporting act solide pour préparer Franz Ferdinand (photos iici page ‘Artistes’ ). 

À 21 h, Alex Kapranos et ses musiciens montent sur le podium. Ici, Kapranos mène clairement la danse : il occupe l’espace pendant 90 minutes, apostrophe la foule et aimante les regards. Il accentue encore ce rôle en choisissant des couleurs vives, dont un jaune impossible à manquer. Pas besoin d’une entrée spectaculaire : dès les premières notes, il lance « The Dark Of The Matinée », et l’auditoire répond instantanément. Guitare en bandoulière, il donne le ton. Le répertoire, solide, assure la suite : le morceau d’ouverture déclenche immédiatement des réactions dans la fosse. Le son, excellent, met en valeur une incarnation très rock du combo. À la guitare, Dino Bardot s’intègre sans heurt, tandis qu’Audrey Tait se montre irréprochable derrière les fûts.

« Night or Day » met davantage en avant la veine synthétique du band, Kapranos guidant la foule dans un jeu de bras et de mains. Le combo excelle toujours dans le riff groovy, et « Evil Eye » confirme cette maîtrise. La scénographie reste sobre, mais des lumières précises soulignent les lignes de guitare funky. « Walk Away » abaisse ensuite le tempo : des couplets plus calmes offrent une respiration bienvenue. Puis vient « Black Eyelashes », morceau plus récent aux accents grecs, qui touche juste grâce à l’énergie collective et au bouzouki que se réserve Alex, parfaitement audible.

Temps fort : « Walk Away » enchaîne sur « No You Girls », l’un des sommets du troisième elpee, taillé pour relancer la machine et faire bouger la fosse. « Audacious », premier single de « The Human Fear », retombe ensuite un peu en intensité, sans casser la dynamique.

Plutôt qu’un passage plus sage, Kapranos relance aussitôt la cadence par « Do You Want To », qui accroche d’emblée l’auditoire grâce à son impact en live. Sans baisse de régime, le quintette entretient la tension et tient la salle en haleine. « 40 » surgit ensuite et conserve ce grain funk si caractéristique. La formation reste fidèle à sa signature, en évitant la routine et en gardant l’élan. En un peu plus d’une heure, le set principal est bouclé, net et efficace.

Le rappel aligne pourtant six titres, là où l’exercice se limite souvent à trois. Franz Ferdinand ouvre cette séquence par « Hooked », extrait de « The Human Fear », dont les textures synthétiques trouvent facilement leur place en salle. Sur « Jacqueline », Kapranos prend brièvement le devant, avant que le quintette ne reparte à plein régime. La soirée se referme sur une version plus posée de « This Fire ». Entre anciens morceaux et nouveautés, l’équilibre fonctionne : un concert varié, intense et généreux.

(Photos ici)

 

Setlist : « Intro pré-enregistrée », « The Dark Of The Matinée », « Night or Day », « No You Girls », « Evil Eye », « Walk Away », « Black Eyelashes », « Do You Want To », « Audacious », « Michael », « 40' », « Build It Up », « Love Illumination », « Take Me Out », « Ulysses », « Outsiders ».

Rappel : « Hooked », « Right Action », « Jacqueline », « Bar Lonely », « Evil And A Heathen », « This Fire » (accompagné de The Great Lucie).

(Organisation : Live Nation)

DEADLETTER

Un concert proche de l’envoûtement !

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Ce lundi 30 mars, le club de l’Aéronef affiche complet pour recevoir Deadletter. Drivée par le chanteur Zac Lawrence, la formation s’est imposée sur le circuit live britannique depuis 2020, après avoir gravé une poignée d’EPs puis un premier long playing baptisé « Hysterical Strength » (2024). D’abord nourri de folk — à l’époque où les musiciens se produisaient dans la rue —, le projet s’électrifie. Le combo déménage à Londres et bascule vers un post-punk nerveux, rythmique et dansant, que les médias conventionnels rapprochent alors volontiers et schématiquement de Gang of Four ou de Talking Heads. Le saxophone, d’abord joué par Poppy Richler jusqu’en 2024, a depuis été repris par Nathan Pigott, et s’intègre parfaitement dans l’expression sonore. Le second elpee, « Existence Is Bliss », attaque son post punk sous un angle différent, se frottant notamment à une new wave plus synthétique. Et si « Hysterical Strength » s’est forgé sur les planches, au fil de morceaux longuement rôdés avant le studio, ces nouvelles compos ont pris forme en local de répétition, juste avant l’enregistrement, laissant davantage d’espaceet de liberté pour l’interprétation en ‘live’…

En première partie, Blech 9:3 a livré une prestation à l’énergie brute, guidée par une esthétique punk et un son qui puise clairement dans l’alt-grunge des nineties. Le quatuor, dublinois d’origine mais aujourd’hui établi à Londres, affiche une assurance scénique étonnante pour un projet encore jeune.

Formé en 2024, le groupe réunit Barry Baz Quinlan (chant/guitare) Sam Duffy (guitare), James Quinlan (basse) et Luke O’Neill (batterie). Sur les planches, leur identité se dévoile autant dans le visuel — coiffures colorées, tenue punk, attitude — que dans la manière de jouer sur les contrastes, entre couplets tendus et montées plus explosives.

Mais musicalement, c’est le duo Barry/Sam qui fait la différence. Le chanteur-guitariste impose une voix puissante, bien projetée, qui colle parfaitement à ce registre rugueux. À ses côtés, le soliste apporte des textures plus créatives, donnant du relief aux morceaux au-delà du simple mur de son.

A contrario, la section rythmique laisse une impression plus discutable. Le drummer frappe fort, au détriment des nuances, et l’assise globale peine par moments à soutenir les guitares avec la même précision. La basse, elle, marque davantage par le look et la posture de celui qui en est chargé que par des interventions réellement utiles à l’expression sonore.

Chez Bleech 9:3 on sent un potentiel réel, mais il serait bien plus efficient si la section rythmique se mettait au diapason des deux sixcordistes, notamment en matière de subtilité (Photos Ludovic Vandenweghe ici, page ‘Artistes’ ). 

Les six musiciens de Deadletter débarquent alors que l’« Arena » d’Ennio Morricone, tirée du film ’Le mercenaire’ (1968), est diffusée par les haut-parleurs, comme un faux calme avant l’orage. Zac Lawrence (chant), Will King (guitare), Sam Jones (guitare/claviers), Nathan Pigott (saxophone), Alfie Husband (batterie) et George Ullyott (basse) se répartissent l’espace : King se planque à droite, légèrement en retrait, tandis que Jones s’étale à gauche, beaucoup plus expansif. Sur le podium du club, la formation semble à l’étroit.

Un brouillard épais avale les amplis, puis Lawrence, plutôt bien fringué, gagne le centre et agrippe le micro. « Credit to Treason » ouvre le bal dans une interprétation débridée : débit incantatoire, gestes nerveux, petits pas saccadés. Il descend à plusieurs reprises dans la fosse, micro en main, au plus près des premiers rangs.

Dès les premières minutes, l’auditoire se laisse happer. Lawrence, silhouette à la Mick Jagger voire Brian Jones, version vingt ans (coupe de tifs comprise), focalise l’essentiel des regards : sauts, mouvements secs, regard qui scrute la salle. On devine pourtant une retenue au départ ; à plusieurs reprises, il appelle la foule à se masser vers l’avant.

Autour de lui, chacun occupe sa place. Husband, discret derrière ses fûts, verrouille un jeu percussif infatigable qui sert de point d’ancrage. Ullyott déroule des lignes de basse entraînantes, tandis que Pigott, moustache et coupe à la Frank Zappa, épaissit l’air au saxophone puis vient frapper des percussions installées à l’avant, que Zac rejoint parfois, un stick dans une main, le miro dans l’autre. Jones, lui, profite du côté gauche pour tourner sur lui-même, passer au tambourin et relancer les motifs.

Le set déroule ensuite ses tableaux. « Purity I » est imprimé sur un tempo maîtrisé, mais laisse la tension grimper par paliers : Lawrence martèle des phrases répétitives, proches du mantra, sur une diction toujours aussi incisive. « To the Brim » bascule dans une couleur plus trouble ; Jones tire de son clavier des sonorités de mellotron, pendant que guitare et saxophone s’entraînent dans une danse macabre. « He, Himself and Him » installe un groove souple et recentre le propos : le morceau ne vise pas seulement le monde extérieur, il renvoie chacun à sa part de bascule.

Sur « More Heat ! », son écriture tranche net : il raconte un couple qui ne trompe personne, sinon lui-même ; ‘Elle y croit, mais à force d’insister, les choses peuvent changer’, confie-t-il, sous des guitares discordantes et un saxophone râpeux. « Bignones » observe les retombées d’un meurtre et lâche cette formule sèche — ‘l’existence honteuse pourrait se réduire à des condoléances sincères’ ; la basse sombre guide le morceau, le saxophone lui donne un flottement de jazz. « Sangles » aborde la liberté d’expression et la manière dont les opinions se retrouvent étouffées. « Hat the World Missed » tire enfin le concert vers une mélancolie lucide : signaux ignorés, occasions manquées, cécité collective. En fin de parcours, « It Comes Crépine » impose un post-punk spectral, presque violent ; cuivres, percussions et riff menaçant s’imbriquent dans une écriture plus raffinée, où l’inde rock flirte par instants auprès de l’avant-garde.

L’ensemble reste cohérent du début à la fin : une musique dense, parfois presque prog lors des interventions du saxophone (clin d’œil à Dave Jackson du Van der Graaf Generator ?), mais toujours ramenée au nerf post-punk. D’ailleurs, si le public commence à remuer, il semble comme hypnotisé par la musique et le lâcher-prise tarde à se manifester ; beaucoup de quadragénaires et quinquagénaires occupent l’avant de l’auditoire, tandis que les plus jeunes campent derrière. Les gestes de Lawrence finissent toutefois par resserrer les rangs au moment du rappel, où « Binge » (tube de 2022) déclenche les premières vraies tentatives de crowdsurfing. Annoncé sur trois titres, le rappel n’en lâche finalement que deux : « Binge » puis « Cheers ».

Un concert proche de l’envoûtement !

(Photos Ludovic Vandenweghe ici

Setlist : 1. Purity I, 2. To the Brim, 3. Mere Mortal, 4. He, himself and him, 5. (Back to) the Scene of the Crime, 6. More Heat ! 7. Bygones, 8. Songless, 9. Deus Ex Machina, 10. What the World Missed, 11. It flies, 12. Among us, 13. Fit for Work, 14. It Comes Creeping, 15. Frosted Glass

Rappel : 1. Hero, 2. Binge, 3. Cheers !

(Organisation : Aéronef, Lille)

 

Airbourne

Un mur de décibels old school…

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Airbourne effectue une nouvelle tournée internationale au cours de laquelle il dévoile quelques titres inédits, réunis sous la bannière du ‘GUTSY Tour 2026’. Un sixième opus est annoncé pour juillet 2026. Et il se produisait à l’Ancienne Belgique ce dimanche 29 mars 2026. À l’entrée, la file s’étire ; la date affiche complet depuis longtemps.

La formation voit le jour en 2003. Des elpees comme « Runnin’ Wild » (2007), « Black Dog Barking » (2013) et « Boneshaker » (2019) embrasent salles et festivals aux quatre coins du globe. Le nouveau single, « GUTSY », s’inscrit dans cette veine directe : pour les Australiens, ce mot dépasse le simple intitulé et résume un état d’esprit. Sorti en 2019, « Boneshaker » reste leur dernier long playing publié à ce jour ; le disque est produit par Brian Howes et enregistré par Mike Fraser.

Originaire de Sydney, ce quatuor de hard rock revendique l’héritage du ‘pub rock’. Sa recette mêle blues électrifié et heavy metal à l’ancienne, soutenue par la rythmique solide de Ryan O'Keeffe et la voix râpeuse de Joel O'Keeffe. Depuis la fin des années 2000, le band s’est bâti une réputation grâce à des concerts très sonores, nourris par l’influence d’AC/DC et de Rose Tattoo.

La première partie revient aux Britanniques d’Asomvel. Le trio lance la soirée sur un tempo nerveux et chauffe idéalement la salle avant l’arrivée d’Airbourne. De son côté, le quatuor australien — Joel (chant, guitare) et Ryan O'Keeffe (batterie), Justin Street (basse) et Brett Tyrrell (guitare) — s’apprête à transformer l’Ancienne Belgique en cocotte-minute.

Asomvel investit le podium : son rock’n’roll primitif, teinté de thrash, déboule sans préambule. La batterie martèle, le jeu reste frontal, et l’ombre de Motörhead plane sur l’imagerie comme sur les textes. Quarante-cinq minutes durant, le trio pousse les décibels au maximum, non sans humour : ‘On est assez bruyants ?’ puis ‘If it’s too loud, you’re too old !’ L’ensemble gagnera encore en puissance lorsque les baffles Marshall, empilés autour du batteur, entrent pleinement en action. Sur « King of the World », l’intro préenregistrée « Gonna Fly Now (Theme from Rocky) » précède un déluge de lumière venu du haut. En fond d’estrade, une toile frappée du nom du combo sert de rideau, partiellement masquée par l’imposant matériel d’Airbourne. Asomvel maîtrise son sujet et décroche une belle adhésion de l’auditoire, même si la force brute l’emporte parfois sur le charisme. « Born To Raise Hell » (reprise de Motörhead) déclenche une pluie de gobelets (en plastique), lancés depuis la fosse comme depuis les balcons (Photos ici, page ‘Artistes' ). 

Setlist :  Intro préenregistrée « Gonna Fly Now (Theme From Rocky) », « King Of The World », « Louder & Louder », « Born To Rock 'n’Roll », « If It's Too Loud, You're Too Old », « Born To Raise Hell » (Motörhead cover), « Outside The Law », « Set Your World On Fire », « Luck Is For Losers », « Lone Wolf », « Take You To Hell », « Light 'Em Up », « The Nightmare Ain't Over », « Outro (The Final Bell) » (Bill Conti song).

L’ambiance reste électrique : la foule, très variée, vient clairement pour célébrer ce moment privilégié. Sur les planches, en revanche, le rock se décline ici dans une esthétique très masculine, doublée d’une surenchère matérielle. Plutôt qu’une démonstration de force, chaque band déploie un véritable arsenal : murs d’amplis et d’enceintes Marshall, rivalité assumée à coups d’empilements. Lorsque Airbourne prend possession du podium, Ryan O'Keeffe est cerné par une montagne d’amplis, surmontée d’une imposante rampe LED qui arrose la fosse de lumière. Le thème de ‘Terminator’ s’efface, une guitare solitaire s’installe, puis le cri de Joel O'Keeffe tranche l’obscurité. Torse nu, jean largement troué, il déclenche l’explosion des poings levés, tandis que la sécurité rattrape sans relâche les surfeurs qui franchissent la barrière.

Airbourne ouvre le bal par « Gutsy », premier de deux inédits présentés ce soir. « Cradle to the Grave », très AC/DC dans l’esprit, introduit ensuite un bloc de titres issus de « Black Dog Barking ». « Hungry » puis « Back in the Game » s’enchaînent, et l’auditoire scande spontanément le nom du quatuor. Joel O'Keeffe, toujours prêt à provoquer, trinque dès la première bière et s’amuse à projeter des gobelets bien remplis vers la fosse, déjà emportée par un circle pit aussi agité que relativement bon enfant. Sur « Raise the Flag », le groupe ranime le souvenir d’Angus Young et d’une certaine école du hard rock. Moment de bravoure : porté au milieu de la foule, Joel s’éclate une canette sur la tête et arrose au passage ses voisins de nectar ambré.

Le riff mid-tempo de « Cheap Wine And Cheaper Women » relance la machine, avant une courte respiration destinée à présenter un autre inédit. ‘Envie d’apparaître dans un clip ? Voici « Alive After Death »’. Un caméraman rejoint le podium, et la foule se prend vite au jeu. Le morceau frappe juste, mené par un riff massif, même si l’attrait du moment filmé semble tout aussi décisif. La fin du set prend des allures d’apothéose sur « Live It Up » : sirènes, chant collectif, puis apparition du ‘bar éphémère de Lemmy’. Les bières volent ‘à l’australienne’ ; la fosse tente d’attraper les gobelets, au prix de quelques douches involontaires.

En rappel, « Ready To Rock » sonne comme un hymne, Joel menant les chœurs entre deux solos incendiaires. Sur « Runnin’ Wild », l’équipe technique basée à Manchester rejoint le podium, et le combo salue au passage les emblématiques enceintes Marshall qui dominent l’estrade. La soirée s’achève dans une déflagration de guitares saturées, fidèle à la promesse de départ.

Certains auditoires viennent pour écouter, d’autres pour célébrer : ce soir, la fête l’a emportée nettement. Sans ménager les décibels, Asomvel puis Airbourne ont livré un rock’n’roll live brut, parfois viril dans l’attitude, mais pleinement assumé. Finalement, une soirée intense, taillée pour les amateurs de sons épais et old school.

(Photos ici)

Setlist :  Intro préenregistrée : « Main Title (Terminator 2 Theme) » (Brad Fiedel song), « Gutsy », « Too Much, Too Young, Too Fast », « Cradle To The Grave », « Hungry », « Back in the Game », « Raise The Flag », « Cheap Wine & Cheaper Women », « Alive After Death », « Diamond In The Rough », « Breakin' Outta Hell », « Live It Up ».

Rappel : « Ready To Rock », « Runnin' Wild »

(Organisation : Live Nation)

 

Ana Popovic

Un concert placé sous le signe du groove, de la maîtrise instrumentale et du plaisir partagé…

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Pas de première partie pour le retour d’Ana Popovic ce soir au Zik-Zak: la salle enregistre une belle affluence. On y croise de nombreux habitués ainsi quun programmateur de Classic 21, particulièrement avenant, en la personne de JeanPol Wiesmans.

La guitariste est programmée dans le cadre du ‘Dance To The Rhythm Tour’, une tournée nourrie de blues, de soul et de funk.

D’emblée, son parcours impressionnant mérite d’être rappelé. Il serait en effet réducteur de la cantonner au rôle de simple guitariste de blues: elle partage ou a partagé les planches aux côtés de figures majeures du genre telles que Buddy Guy, Eric Johnson, Jonny Lang, Kenny Wayne Shepherd, B.B. King, Joe Bonamassa ou Gary Clark Jr. Elle a même participé à une tournée en tant quinvitée spéciale auprès de celui que beaucoup considèrent comme lun des plus grands chanteurs de tous les temps: Solomon Burke. Quant à Bruce Springsteen, il la décrit comme une ‘guitariste hors pair’. Un curriculum vitae particulièrement éloquent. Née en Serbie et installée aujourdhui à Los Angeles, elle a longtemps séjourné aux PaysBas et à Memphis, des étapes déterminantes qui ont façonné, sans doute, ses choix esthétiques et son identité sonore.

Ce concert confirme une nouvelle fois qu’Ana Popovic demeure l’une des artistes les plus dynamiques et inventives du blues actuel. Pour ce segment de périple, elle s’est entourée d’une formation soudée et aguerrie: le bassiste Buthel, le claviériste Michele Papadia, le batteur Jeremy Thomas, rejoints par une section de cuivres emmenée par Claudio Giovagnoli et Davide Ghidoni. La chanteuse Skyler Jordan, fraîchement intégrée au combo, insuffle une dimension supplémentaire et instaure un dialogue vocal contrasté qui enrichit l’ensemble.

Dès l’ouverture, la soirée s’annonce placée sous le signe du groove, de la maîtrise instrumentale et du plaisir partagé. Popovic navigue sans effort apparent du blues à la soul, du funk au rock, jusque dans des accents R&B, construisant un univers sonore dense et nuancé, à la fois résolument actuel et profondément ancré dans la tradition. Si son approche embrasse plusieurs genres, le blues en demeure le cœur battant : il transpire dans son phrasé, s’impose dans son timbre et transparaît dans un feeling immédiatement reconnaissable.

Son jeu de guitare marque chaque instant du concert. Expressif et parfaitement contrôlé, il se montre rugueux quand la tension le réclame, puis d’une finesse remarquable lorsque le morceau l’exige. Chaque note semble choisie, pensée, chargée d’intention, affirmant une signature sonore personnelle et cohérente. Ana Popovic rappelle volontiers l’importance du direct — ‘Cest sur scène que tout se passe’ — et ce passage sur les planches en constitue la démonstration éclatante. Le lien qui s’établit entre la formation et l’auditoire se révèle immédiat et tangible ; l’énergie circule librement, de l’estrade vers la fosse et en retour. Le fil rouge demeure ce jeu de guitare à la fois gracieux et nuancé. Virtuose incontestable, elle met toujours sa technique au service de la composition, sans jamais céder à la démonstration gratuite.

La setlist propose un équilibre judicieux entre titres bien connus et compositions plus récentes issues de son dernier long playing, « Dance To The Rhythm ». Le rythme et le groove irriguent l’ensemble du concert, conférant au show une énergie irrésistible qui invite à la danse sans sacrifier la profondeur musicale. Même une reprise telle que « 50 Ways To Leave Your Lover » de Paul Simon trouve naturellement sa place dans l’univers de Popovic : immédiatement identifiable, mais entièrement réappropriée.

Tout au long de la soirée, l’artiste démontre non seulement une autorité technique indiscutable, mais également une capacité constante à capter l’attention de la foule, à dialoguer avec elle et à donner chair à sa musique sur le podium. C’est précisément cette alchimie qui continue de la distinguer.

Cette prestation confirme, une fois de plus, que le blues — sous toutes ses déclinaisons — demeure vivant, évolutif et plus pertinent que jamais.

(Organisation : Zik-Zak et Rock Nation)

CMAT

Un concert généreux et intensément vivant…

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Après une date complète à La Madeleine et un passage très remarqué au Pukkelpop en 2025, CMAT signe son retour en Belgique en compagnie de son ‘very sexy’ backing group. L’Irlandaise confirme une trajectoire ascendante sans accroc et profite de cette tournée pour défendre son troisième long playing, « Euro‑Country », paru ce 29 août 2025. Elle investit l’Ancienne Belgique pour une soirée annoncée sous le signe de l’autodérision, de l’excentricité et d’une énergie parfaitement assumée.

Derrière le pseudonyme CMAT se cache Ciara Mary‑Alice Thompson, artiste qui définit sa country pop comme un croisement improbable entre Dolly Parton, Weird Al Yankovic et Katy Perry. Sa capacité à faire cohabiter des univers contradictoires lui vaut un auditoire toujours plus large, deux elpees classés numéro 1 en Irlande ainsi que des nominations aux BRIT Awards, à l’Ivor Novello Prize et au Mercury Prize. Sa voix, tour à tour caressante et affirmée, sert des textes qui explorent des thématiques émotionnelles — comportements autodestructeurs en tête — abordées par le prisme d’un humour ‘camp’ et d’une autodérision constante.

Son dernier elpee s’inscrit dans cette même logique d’équilibre : un disque qui traite de sujets majeurs — capitalisme, revers de la notoriété — sans lourdeur ni posture. Le single viral « Take a Sexy Picture of Me », rebaptisé « Woke Macarena » par les fans, s’attaque notamment aux diktats esthétiques imposés aux femmes. Cet opus affirme un peu plus CMAT parmi les autrices‑compositrices‑interprètes incontournables de sa génération, tout en renforçant une réputation scénique forgée par une présence généreuse, une énergie communicative et un sens aigu du spectacle.

La soirée affiche complet depuis de longues semaines.

La première partie évoque un air de déjà‑vu pour celles et ceux qui avaient assisté au concert de The Last Dinner Party. Katy J. Pearson, originaire de Bristol, s’avance seule, armée de sa voix et de sa guitare électro‑acoustique. Comme au Cirque Royal, elle se présente sans accompagnement, installée en bord de podium devant un rideau rouge encore fermé.

L’écoute reste plaisante : les chansons franchissent aisément la rampe, confirmant pourquoi la Britannique s’est déjà forgé une solide réputation. Pourtant, une retenue persistante l’empêche de réellement happer l’auditoire. L’étincelle tarde à surgir, et l’attention de la fosse se disperse. À mi‑parcours, des conversations s’élèvent des premiers rangs, un manque d’égards manifeste envers l’artiste. Dommage, car Katy J. Pearson dispose d’une superbe voix aérienne et d’un toucher délicat, ses doigts effleurant les cordes avec assurance tandis qu’elle enchaîne des mélodies finement ciselées. Les applaudissements demeurent chaleureux, parfois ponctués de cris tentant de couvrir les bavardages d’une foule dissipée.

La musicienne compte déjà trois elpees à son actif — « Return » (2020), « Sound of the Morning » (2022) et « Someday Now » (2024) — auxquels s’ajoutent plusieurs singles et un EP, « Katy J. Pearson and Friends Present Songs From The Wicker Man ». Elle entame son set par « « Take Back the Radio, extrait du premier disque. Après une brève introduction, ce morceau lumineux, traversé par une quête de rédemption, célèbre un retour sur les ondes et contraste avec le reste du répertoire. Des réminiscences de Fleetwood Mac traversent les esprits, tandis que sa musique navigue entre folk, country, Americana et indie rock. Une touche post‑punk surgit sur « Alligator », où elle délaisse son chant habituel — quelque part entre Stevie Nicks et Belinda Carlisle — pour un phrasé plus monocorde évoquant Cate Le Bon. Une entrée en matière convaincante pour une artiste qui trace sa route et dont la présence est de plus en plus sollicitée sur le circuit britannique pour assurer des supporting acts de prestige (page ‘Artistes’ ici). 

Setlist : Take Back The Radio, Sound Of The Morning, Those Goodbyes, Alligator, Siren Song, Beautiful Soul, Talk Over Town.

Le rideau se lève et révèle un décor structuré autour de deux estrades. À gauche, la violoniste capte immédiatement l’attention. Au centre, un escalier de cinq marches offre à CMAT un terrain de jeu idéal pour multiplier les poses. À droite, le batteur occupe l’espace, tandis qu’un peu plus bas, sur une plateforme avancée, le claviériste — short moulant en lin — se dresse devant le bassiste, flanqué à gauche d’un guitariste grimé en femme. Bottes hautes noires, bas-résille et courte jupe rouge éclatante : CMAT s’impose d’emblée. Les rebords des estrades et de l’escalier s’illuminent grâce à des rampes LED majoritairement rouges, soulignant l’ensemble du dispositif.

CMAT assume pleinement son statut de diva, un rôle qu’elle adopte sur les planches, en parsemant son set de clins d’œil malicieux. Loin d’un simple artifice, cette posture nourrit un spectacle rythmé par des pitreries aussi maîtrisées que savoureuses. Dès l’ouverture progressive du rideau, l’ambiance se dessine. « Janis Joplining » sert d’introduction atypique : plus que la chanson elle‑même, ce sont les regards appuyés et le jeu de séduction adressé à la foule qui dominent. Le morceau agit comme un sas avant « The Jamie Oliver Petrol Station », rapidement repris en chœur. Le clip vient tout juste de paraître — sans la présence du chef étoilé ce soir‑là — mais l’auditoire s’enflamme. Les fans couvrent presque totalement la voix de CMAT, d’autant que le mixage manque encore de précision : tantôt trop en avant, tantôt noyée dans sa formation ‘very sexy’. La prise en main d’une guitare, une première dans le show, prolonge opportunément le titre.

Incontournable de son répertoire, « I Don’t Really Care For You » arrive très tôt. CMAT y déploie sa désormais célèbre ‘pause’, partant en chasse de spectateurs susceptibles de l’agacer. Trois d’entre eux sont épinglés et reçoivent une sérénade teintée d’un regard noir parfaitement dosé. L’artiste maîtrise l’art de capter la fosse en un instant. Une délégation irlandaise bien présente à l’Ancienne Belgique se manifeste d’ailleurs un peu plus tard. Mais place d’abord aux morceaux issus d’« Euro‑Country ». « When a Good Man Cries », livrée avec ferveur malgré une gorge visiblement sèche, précède "Tree Six Foive », accueilli avec un enthousiasme immédiat. CMAT multiplie les montées sur son estrade : le talent s’affirme, et le sentiment que d’autres surprises se profilent s’installe.

« Have Fun ! » s’impose désormais comme un classique. Gestuelle généreuse et échanges appuyés installent une atmosphère chaleureuse. L’amusement ne se dissimule pas : entre deux morceaux, elle glisse un bonbon dans sa bouche, puis engage une courte discussion avec un fan venu de Gand, à qui elle confie le reste de la friandise. Clin d’œil local : ‘ça colle aux dents, Anatole !’.

Le temps s’écoule à vive allure, non pas par abondance de titres — neuf seulement figurent sur la setlist — mais parce que le spectacle gagne en intensité. Les interactions au sein de la formation entretiennent une dynamique réjouissante. Une gorgée de thé humidifie le gosier avant « Take a Sexy Picture of Me », dont le refrain est scandé si puissamment par la foule que la voix de CMAT se fait presque discrète. Elle compense en offrant une succession de poses, laissant aux photographes un court répit avant « Iceberg ». Plus épurée, la chanson la retrouve en duo avec sa violoniste, pour un moment de grâce suspendu.

L’heure réglementaire est dépassée. Les habitués le savent : CMAT conserve toujours quelques pièces longues pour conclure. Peu de place, donc, pour les digressions, même si un extrait improvisé de « J’aime la vie » de Sandra Kim s’invite brièvement. Avant « Running/Planning », elle présente sa formation ‘verys sexy’ avant de quitter le podium.

Le rappel s’articule en trois temps, soutenu par un sextuor au complet. « Euro‑Country », titre éponyme du troisième elpee, frappe d’emblée par son urgence et sa densité sonore. CMAT rappelle son attachement à un activisme joyeux, une manière d’ancrer le message sans l’alourdir. Le propos se fait plus grave, sans rompre l’élan général — un moment marquant de la soirée.

La fête repart de plus belle sous une version extra‑longue de « I Wanna Be a Cowboy, Baby ! » : la fosse se balance sans relâche. Malgré une heure largement entamée, « Stay for Something » s’impose encore. CMAT ironise sur son incapacité à livrer un concert de moins de nonante minutes. Ces minutes offertes renforcent une ferveur déjà palpable. L’artiste se mêle une dernière fois à la foule, point d’orgue d’un concert généreux et intensément vivant. Les applaudissements, assourdissants, résument à eux seuls la réussite de cette soirée. Le compte à rebours est lancé avant ses prochains passages à De Roma et au Rock Werchter…

Setlist: Janis Joplining, The Jamie Oliver Petrol Station, I Don’t Really Care For You, When a Good Man Cries, Tree Six Foive, Have Fun !, Take a Sexy Picture of Me, Iceberg, J’aime la vie (Sandra Kim, extrait improvisé), Running/Planning

Rappel: Euro‑Country, I Wanna Be a Cowboy, Baby !, Stay for Something

(Pour les photos, c'est ici)

(Organisation Live Nation)

 

Stereolab

Une musique tellement riche et rafraîchissante…

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Reformé en 2019, d’abord pour accompagner une salve de rééditions impulsée par Warp, Stereolab est revenu sur le devant de l’actualité grâce à un nouvel opus, « Instant Holograms On Metal Film », paru en mai de l’an dernier. Sur les planches de l’Aéronef, la formation franco-britannique va livrer un set qui assume ses alliages : pop oblique, krautrock motorik, touches de jazz et d’électronique. Les textes, chantés en français ou en anglais, selon les titres, conservent leur message engagé.

Depuis les nineties, le combo s’est imposé dans l’indie pour son art de la superposition : motifs répétitifs, harmonies vocales en couches, claviers vintage et lignes de guitare qui tracent des diagonales.

La foule est constituée majoritairement de quadragénaires et de quinquagénaires.

Le concert s’ouvre par l’intro « Mystical Plosives » : sur ces notes robotiques, les musiciens apparaissent, puis s’installent.

« Aerial Troubles », « Motoroller Scalatron » puis « Vermona F Transistor » définissent d’emblée la méthode Stereolab : pulsation régulière, claviers qui scintillent sans trop s’épancher, et détails de timbre glissés au bon moment. Lætitia Sadier passe au trombone à coulisses sur « Vermona F Transistor » ; en bout de course, les claviers esquissent un clin d’œil au Boléro de Ravel.

Le set se permet ensuite un retour en arrière : « Peng ! 33 », ancien titre, avance sur des claviers volontairement rognés, comme passés au cutter, pendant que la section rythmique garde le cap.

Sur « The Flower Called Nowhere », le chant joue la superposition : voix principale, contre-voix, puis falsetto qui se répondent et se croisent sans jamais saturer l’espace.

Pièce centrale du concert, « Melodie Is a Wound » multiplie les changements de rythme tout en revenant régulièrement vers une bossa nova de traverse. Sadier y prend la trompette, étire les phrases, puis laisse le morceau s’allonger en improvisation. Parfois, le climat devient plus ‘doorsien’, mais en fin de parcours, il s’enfonce dans un psychédélisme spatial.

« If You Remember I Forgot How to Dream Pt. 1 » serpente entre appuis jazzy et pop plus légère. Sadier revient au trombone à coulisses, puis en français, fidèle à des convictions pacifistes assumées, chante : ‘J’appartiens à la terre, je dis non à la guerre’.

« Miss Modular » remet du relief dans la fosse grâce à un groove net et un travail vocal soigné. Sadier y manie un trombone à coulisse, tandis que les chœurs (Joe Watson et Xavier Muñoz) cadrent les mélodies par des secondes voix impeccables.

« Household Names » vire vers un funk discret, avant qu’ « Esemplastic Creeping Eruption » ne réinstalle les boucles et les micro-variations chères au band, sans jamais perdre la lisibilité des lignes.

En fin de parcours, « Percolator » revient à une bossa nova minimale, puis « Electrified Teenybop ! » bascule en instrumental motorik, roues parfaitement alignées, l’expression sonore avançant par petites stries répétées.

Le rappel s’articule en deux temps. « Immortal » installe une matière plus atmosphérique, puis « Cybele’s Reverie » met en avant la voix de Sadier, capable d’enchaîner graves et aigus sans forcer l’effet, tout en restant dans cette distance caractéristique.

Sur le podium, Lætitia Sadier occupe le côté droit, guitare en gauchère. Un petit pupitre placé devant elle lui sert de poste de commande : il lui permet de déclencher des sonorités proches d’un Moog. Veste à brillants sur les épaules, elle passe d’un instrument à l’autre – guitare, claviers, trombone, tambourin puis trombone à coulisse – au gré des morceaux.

À l’autre extrémité, Timothy Gane (barbe grisonnante) reste concentré sur ses motifs de guitare, comme s’il était sans son monde. À l’arrière, Andy Ramsay verrouille la pulsation, pendant que Joe Watson, aux claviers et caché derrière ses partitions ainsi que le multi-instrumentiste (basse surtout, claviers et parfois guitare) Xavier Muñoz consolident l’édifice par leurs interventions et des secondes voix particulièrement justes. Hormis pour les voix, on a l’impression que chaque musicien est sur son île, et paradoxalement ces individualités forment un collectif soudé.

La voix de Sadier, claire et bien timbrée, survole des arrangements qui aiment la stratification. Les harmonies se construisent par couches, parfois en contre-voix puis en falsetto, ce qui renforce l’impression de mouvement interne, même lorsque la rythmique choisit la répétition.

Entre deux titres, Sadier échange quelques mots en français, d’une voix douce et posée. Ces apartés, brefs, ramènent le concert à une échelle simple, loin des postures, alors que la musique, elle, continue d’assembler kraut-pop, échappées jazz et détails électroniques.

Au fil du concert, l’enthousiasme gagne la foule qui applaudit de plus en plus longtemps, à l’issue des morceaux ; et puis, au bout des 13 titres du set, et du rappel, elle salue longuement une prestation maîtrisée en tous points d’une musique tellement riche et rafraîchissante.

Photos Ludovic Vandenweghe ici

En supporting act, le duo liégeois Chaton Laveur s’est plutôt bien débrouillé face à un public encore clairseme, celui-ci ayant décidé de ne rappliquer que pour la tête d’affiche.

Julie, robe noire assez courte, papillonne entre basse (souvent), guitare (parfois) et claviers ; Pierre se réserve la batterie (constamment) et les claviers (dont un moog). Et le tout est enrichi de boucles et d’effets sonores. Ils chantent en harmonie et en falsetto. Il faut reconnaître que le drumming est aussi ample qu’efficace. Les morceaux sont longs et dépassent régulièrement les 5 minutes. La trame de la musique repose sur les rythmes motorik du krautrock, et le tout est traversé d’accès de dream pop et de shoegaze. Leur premier elpee, «   Labyrinthe » est paru ce 13 mars.

Bref, minimaliste, l’expression sonore tient la route, mais – et ce n’est qu’un avis personnel – il serait peut-être intéressant d’élargir le line up à un ou une guitariste, pour donner davantage d’épaisseur à la musique. Tout au moins sur les planches (page ‘Artistes’ ). 

Setlist Sterolab

1.    Intro : « Mystical Plosives »
2.    « Aerial Troubles »
3.    « Motoroller Scalatron »
4.    « Vermona F Transistor »
5.    « Peng ! 33 »
6 .   « The Flower Called Nowhere »
7.    « Melodie Is a Wound »
8.    « If You Remember I Forgot How to Dream Pt. 1 »
9.    « Miss Modular »
10.    « Household Names »
11.    « Esemplastic Creeping Eruption »
12.    « Percolator »
13.    « Electrified Teenybop ! »

Rappel : « Immortal », « Cybele’s Reverie ».

(Organisation : Aéronef, Lille)

 

Sleaford Mods

Une valse de styles sous une pluie de gobelets de bière…

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Quatrième passage de Sleaford Mods à l’Ancienne Belgique depuis 2015 : le duo joue ici en terrain conquis, accueilli comme une équipe de football qui revient jouer à domicile. Dans la salle, l’auditoire répond présent, même si la setlist alterne moments tendus et respirations. Compte rendu !

En ouverture, Snayx connaît aussi l’AB : la formation de Brighton (NDR : encore un rejeton de la côte Sud) a foulé le Club, à l’étage, deux ans plus tôt. Lainey s’installe vite derrière les fûts, en pilotant aussi le séquenceur. Puis un grand bassiste, suivi du chanteur — casquette vissée sur le crâne — surgissent à l’avant de l’estrade, comme deux combattants de MMA prêts à disputer le round. Le son penche franchement vers le punk/hardcore, mené par une basse très en avant, auquel s’ajoutent des phrasés rap/hip-hop qui évoquent Senser, Prodigy ou Clawfinger côté années 90, et, plus près de nous, Slaves ou Wargasm. L’énergie se communique et ramène progressivement du monde dans la fosse. Pourtant, en début de set, l’assistance reste clairsemée, il n’y a guère plus d’une centaine de curieux aux premiers rangs. Si les titres donnent un vrai coup de fouet, ils s’appuient souvent sur un beat punk assez rectiligne ; trente minutes suffisent, finalement, pour cerner le concert (page ‘Artistes’ ici). 

Question : pourquoi programmer Sleaford Mods seulement à 21 h, alors que l’inter-plateau pourrait se limiter à un petit quart d’heure ? Vers 20 h 50, Andrew Fearn ajuste son PC, l’ingé son vérifie le micro ; deux minutes suffisent, montre en main.

Le duo arrive sobrement, à l’heure pile. Jason Williamson, t-shirt sans manches, exhibe une collection de tattoos (NDR : dont le célèbre « British Railways » et son lion). Cette entrée sans effets tranche par rapport à l’accueil de la foule, déjà prête à les porter aux nues. Musicalement, la formule demeure minimaliste, mais l’ensemble se met vite en place sur les planches. Andrew aligne les pas de danse derrière son ordinateur, tandis que Jason, voix râpeuse, lâche ses harangues comme un supporter des Three Lions au terme d’un match. Le début de parcours réserve une large place à « The Dismiss of Planet X » (NDR : un opus déjà bien calé dans le top 2026 de votre serviteur). L’ouverture, « The Unwrap », reste d’abord sur la retenue. Deux miroirs encadrent le podium et un écran vidéo sert surtout à afficher les featurings : sur « Good Life », par exemple, apparaissent Gwendoline Christie et Big Special en streaming. « Megaton » réveille la fosse : ça bouge, les premiers pogos se lancent, sous une pluie intermittente de gobelets de bière.

La setlist, comme l’ambiance, connaît pourtant des variations. Ces creux et relances permettent aussi de mesurer l’amplitude du phrasé : Andrew passe d’un ton post-punk à des séquences plus rap, voire à des saillies punk plus nerveuses, sans lâcher ce chanté-parlé aux inflexions de classe ouvrière du Nord de l’Angleterre. Le tout est ponctué de crachats, de bruitages et de ‘fuck’ déclinés à toutes les sauces.

Dans la dernière demi-heure, « Force 10 From Navarone » offre une nouvelle occasion d’envoyer sur l’écran la séquence tournée en compagnie de Florence Shaw (Dry Cleaning). Puis survient une reprise inattendue, mais efficace pour relancer l’auditoire : « West End Girls » des Pet Shop Boys, qui remet les corps en mouvement, mais pas sans esquisser un sourire goguenard.

Le set s’achève en crescendo : d’abord « Tied Up in Nottz » (NDR : clin d’œil aux contrastes de classes sociales dans leur ville d’origine, Nottingham). « Jobseeker », sur une rythmique martelée, déclenche encore des mouvements de masse aux premiers rangs. Le duo boucle ensuite sur l’entêtant « Tweet, Tweet, Tweet », puis prend le temps de saluer l’auditoire et de distribuer quelques setlists, avant de tirer sa révérence.

(Photos Dieter Boone ici)

(Organisation : AB + Live Nation)

Of Monsters And Men

Huit minutes de final avant de disparaître dans le son…

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Ce mardi 3 mars, à l’Ancienne Belgique, l’Islande est sous le feu des projecteurs. Et pour cause, Of Monsters and Men et RAKEL sont à l’affiche. Le concert est complet depuis longtemps.

Plus de dix ans après l’impact international de « Little Talks », Of Monsters And Men continue d’élargir son répertoire. Quatre mois après la parution de « All Is Love And Pain In The Mouse Parade », le septuor islandais est parti défendre ce long playing tout au long de son ‘Mouse Parade Tour’, qui passait donc, par Bruxelles.

 En ouverture, il revient à RAKEL, artiste islandaise émergente, responsable d’une musique pop/indie intime et atmosphérique de chauffer la salle.

Le set de la chanteuse et compositrice s’ouvre par « Petrichor ». Aux claviers, Salomé Katrin l’accompagne et pose un cadre calme, presque cotonneux. « Rescue Remedy » glisse sans heurt, puis « Pillows » installe un apaisement proche de la suspension. Les titres sont issus de « A Place To Be », paru le 17 octobre 2025.
Un point de jonction s’impose ensuite : Nanna Bryndís Hilmarsdóttir rejoint le duo pour le dernier morceau. Toutes trois proposent une reprise de « Let It Die » (Feist), interprétée sans effet superflu, qui prépare la transition vers la tête d’affiche. La salle applaudit longuement la fin du set (page ‘Artistes’ ici). 

Place, ensuite à Of Monsters And Men.

Les sept musiciens s’alignent : quatre guitaristes (dont deux préposés aux sèches), un multi-instrumentiste qui passe de la basse aux claviers, un second claviériste-accordéoniste, en surplomb sur une estrade, et, à droite, un batteur planté sur une plateforme plus haute. L’arrivée du combo reste sobre, mais l’impact se fait sentir dès les premières mesures.

Le set démarre par « Television Love » puis embraie sur « Dream Team », deux titres qui installent une atmosphère planante, parfois contemplative, sans se limiter au folk du début des années 2010. La formation circule entre pop cinématographique et folk rock, en alternant retenue et poussées mélodiques. La sélection du soir met logiquement l’accent sur le dernier disque, « All Is Love And Pain In The Mouse Parade ». Dix morceaux y trouvent place, joués comme des classiques déjà installés.

Paru en 2011, « My Head Is An Animal » propulse Of Monsters And Men au-delà des frontières islandaises. Ce soir, l’elpee revient régulièrement dans la setlist, cinq titres à l’appui. « Dirty Paws » et, surtout, « Little Talks » déclenchent les séquences les plus fédératrices : la fosse se met en mouvement, les mains marquent le tempo, et l’auditoire reprend les refrains aux côtés de Nanna Bryndís Hilmarsdóttir et Ragnar Þórhallsson.

Les nouveautés reçoivent un accueil franc, même si une partie de la grande salle semble préférer les chansons des débuts. « King and Lionheart » relance immédiatement les chœurs et les pas de danse. Côté nouvel opus, « Kamikaze » affiche des teintes pop rêveuses, « Ordinary Creature » appuie un refrain plus nerveux, et « The Block » ouvre une parenthèse plus introspective : les musiciens se rassemblent en cercle, le clavier en point d’ancrage, et le tempo se resserre jusqu’à suspendre l’instant. Lumières basses, ambiance recueillie.

À la demande générale, le band ajoute « Empire » et prolonge le dialogue auprès d’une foule qui ne lâche rien.

Pour le rappel, la formation choisit d’abord l’épure : « Love Love Love », interprété en solo par Nanna. « Fruit Bat » prend ensuite le relais sur un format étiré, huit minutes prolongées par une sortie instrumentale immersive. Sur la fin, les voix se retirent et le son occupe tout l’espace, comme si la salle n’avait plus besoin de paroles pour rester encore un peu dans leur univers…

Setlist : « Television Love », « Dream Team », « King And Lionheart », « From Finner », « Kamikaze », « Styrofoam Cathedral », « Alligator », « The Actor », « The Block », « Mouse Parade » avec RAKEL, « Dirty Paws », « Crystals », « Empire » (à la demande générale du public), « Ordinary Creature », « Little Talks ».

Rappel : « Love Love Love », « Fruit Bat ».

(Organisation : Live Nation)

White Lies

Une voix fatiguée au cœur d’un concert haut en couleurs…

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Paru l’an dernier, « Night Light » marque le retour de White Lies sr la scène alternative indépendante. Le trio a prolongé cette dynamique par une tournée qui aligne des dates en Europe puis au Royaume-Uni, dont un passage à l’Ancienne Belgique. Sur le podium, la formation pioche dans ce disque récent tout en ménageant une place aux morceaux clés de son répertoire. Le combo britannique évolue dans une pop sombre aux contours post-punk et synthwave, où les claviers étirent l’espace tandis que la basse et la batterie imposent une pulsation nette. Harry McVeigh se consacre au chant et à la guitare, Charles Cave se charge de la basse et des chœurs, tandis que Jack Lawrence-Brown pilote les drums. En concert, le band s’élargit : Tommy Bowen rejoint l’équipage à la guitare et aux claviers, ce qui densifie les arrangements et élargit la palette sonore.

En première partie, She’s In Parties ouvre la soirée, un patronyme vraisemblablement emprunté à un titre de Bauhaus, référence gothique incontournable.

Le quatuor de Colchester installe d’emblée un climat shoegaze mâtiné de dream pop, entre nappes de claviers, guitares brumeuses et refrains à l’éclat mélancolique. Au centre du dispositif, l’Irlandaise Katie Dillon mène la danse au chant, tout en alternant synthé, guitare électrique et tambourin. À ses côtés, Herbie étire des lignes de six-cordes plus tranchantes, Charlie verrouille la basse, Matt maintient une rythmique régulière : une base solide qui laisse respirer les textures.

Le set s’ouvre sur « Fallen », extrait de l’EP cinq titres « Are You Dreaming ? », rapidement suivi par le morceau éponyme, plus immédiatement accrocheur. Quand le tempo grimpe, la fosse répond sans peine, et l’accent eighties des arrangements renforce l’unité de la première partie. Avant « The Man », Dillon lance : ‘Qui est prêt à danser ?’ ; la fin de prestation gagne encore en intensité en livrant « The L Word » puis « REM », laissant une impression nette : un combo en pleine progression, déjà armé pour des formats plus vastes (page ‘Artistes’ ici). 

Chez White Lies, le dispositif s’articule autour de quatre immenses parallélépipèdes blancs, traversés par des sources lumineuses multicolores, qui composent une toile de fond géométrique, prolongée par un large rideau gris. Réputé pour ses partis pris visuels, le trio exploite ce décor durant tout le concert, en modulant intensités et teintes au fil des morceaux. La mise en espace reste lisible et resserrée autour du noyau : Harry McVeigh au chant et à la guitare, Charles Cave à la basse et aux chœurs, Jack Lawrence-Brown derrière les fûts. Sur la gauche, Tommy Bowen occupe son poste guitare-claviers, épaississant un son à la fois tendu et cinématographique.

Les tableaux s’enchaînent, passant d’une chaleur orangée presque estivale à des séquences plus austères, noyées de blancs froids et d’ombres. La machinerie lumière impressionne par sa précision et imprime sa logique à l’ensemble du set. « All The Best » démarre sur un registre retenu et installe immédiatement cette dramaturgie visuelle. Un bémol, pourtant : Harry McVeigh ne semble pas au meilleur de sa forme. Les aigus lui résistent par instants et, lorsqu’il s’adresse à l’auditoire, sa voix trahit une fatigue palpable. Le band compense en dégainant tôt un classique fédérateur : « Farewell To The Fairground » déclenche une réponse massive de la foule, qui reprend les paroles sans se faire prier et lance la soirée sur de bons rails.

Côté raretés, « The Price Of Love » réapparaît dans la setlist de la tournée, une première depuis les concerts célébrant les dix ans du premier opus, fin 2019. Le morceau s’adresse à Ed, l’un des tout premiers fans du combo. « Tokyo » s’habille d’un déluge de couleurs, tandis que « Big TV » attise la ferveur et pousse Harry à haranguer la salle : ‘Bruxelles, levez les mains !’. La prestation se referme sur « Bigger Than Us », puis le rappel revient encadré par trois compos issues de « Night Light ». Le morceau éponyme s’installe calmement avant de basculer vers une montée plus abrasive. Les fumigènes, disposés sur les côtés, redoublent d’activité, mais les faisceaux les plus vifs finissent par dominer, un choix qui souligne bien « Death ». « In The Middle » conclut la soirée sur une ligne de basse nerveuse signée Charles Cave, tandis que la voix d’Harry tient le cap malgré les signes de fatigue. Une date solide, dont l’impact gagnerait encore si le chanteur retrouvait l’intégralité de ses moyens.

Setlist : « All the Best », « Farewell To The Fairground », « There Goes Our Love Again », « Hurt My Heart », « My Lover », « Don't Want To Feel It All », « Is My Love Enough », « Keep Up », « Tokyo », « Time To Give », « Juice », « The Price Of Love », « I Don't Want To Go To Mars », « Big TV », « To Lose My Life », « Bigger Than Us ».

Rappel : « Night Light », « Death », « In The Middle »

(Organisation : Live Nation)

Amy Macdonald

Un concert à dimension humaine, malgré l’affluence...

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Le concert d’Amy Mcdonald, programmé ce dimanche 22 février, à l’Ancienne Belgique, affiche complet, malgré quelques dernières places remises en vente. La file s’étire jusqu’au bout de la rue des Pierres. Sous une pluie battante, la foule attend la native de Glasgow. À 39 ans, l’auteure-compositrice-interprète est venue défendre son sixième opus, « Is This What You’ve Been Waiting For », paru le 11 juillet 2025, quatre ans après « The Human Demands ». Cinq elpees classés dans le top 5 en Europe, plus de 12 millions de disques écoulés, 12 certifications de platine à l’international et plus d’un milliard d’écoutes en streaming : des repères qui expliquent l’ampleur du rendez-vous. Réputée sur scène, elle a déjà joué devant plus de 5 millions de personnes à travers le monde.

Côté musique, Amy Macdonald est responsable d’un mélange folk et de rock teinté de country contemporaine. Le titre éponyme regarde vers la nostalgie sans lâcher l’espoir. Ce nouveau long playing aligne des récits de déceptions, de sursauts et de victoires intimes, et confirme une écriture directe, fidèle à l’élan de « This Is The Life », mais nourrie par les années.

La première partie revient à Better Joy, combo pop-rock nerveux, qui chauffe immédiatement la salle.

Originaire de Manchester, la formation ouvre la soirée, drivée par la chanteuse-guitariste Bria Keely. Votre serviteur ne la connaissait pas, mais son versant indie/alternatif accroche d’emblée l’auditoire. Le set s’ouvre sur le single « Carnival » (2024), pop idéale pour les beaux jours : ligne mélodique efficace, refrains qui accrochent. Better Joy affiche déjà un son étonnamment solide pour un projet récent, sans se répéter : « What A Day » installe ensuite une atmosphère plus feutrée, quand « This Part Of Town » déroule des images de campagne anglaise. « Plugged In » mise sur un riff entraînant et une voix mise au premier plan ; le band dose l’énergie sans saturer l’espace. Bria Keely raconte ses histoires sans forcer le trait. Le combo vient par ailleurs de publier l’EP « At Dusk », dont plusieurs titres figurent sur sa setlist. Finalement, une entrée en matière convaincante, qui donne envie de suivre le combo de près (page ‘Artistes' ). 

Setlist : « Carnival », « What A Day », « This Part Of Town », « Quiet Thing », « Steamroller », « Plugged In », « Waiting On Time », « Dead Plants »

Une estrade surélevée court sur toute la longueur du podium. En fond, une tenture sert d’écran, devant laquelle s’alignent 50 spots, répartis sur cinq rangs (par paires). Sous l’estrade, une dizaine de projecteurs plus puissants arrosent la salle d’une lumière tantôt douce, tantôt aveuglante, au gré des riffs de guitare. Le batteur occupe le centre, flanqué d’un guitariste à gauche et d’un claviériste à droite : tout le monde reste sur une même ligne. Au niveau inférieur, Amy Macdonald prend place au milieu, guitare électro-acoustique en bandoulière, micro planté devant elle, voix rocailleuse en avant. À jardin, la bassiste (quatre-cordiste) ; à cour, un second guitariste.

Amy Macdonald ouvre les hostilités par « Is This What You've Been Waiting For ? » : une entrée en matière idéale. Le premier vrai pic, c’est pourtant « Mr. Rock & Roll », imparable en live ; le changement de tonalité dans le refrain met la foule en ébullition. Sur les planches, la chanteuse impose une présence évidente : elle échange souvent, installe une ambiance détendue, glisse des anecdotes entre deux titres et évoque la qualification de l’équipe nationale écossaise pour la Coupe du monde. Son accent, très marqué, ne laisse aucun doute sur ses racines – plus prononcé encore que celui de Sharleen Spiteri (Texas). La formation enchaîne « Dream On », « The Hudson », « Spark » et « Pride », qui gagnent en impact sur l’estrade par rapport à leurs versions studio. Macdonald prend aussi le temps d’aller vers la fosse : elle lit des pancartes au premier rang et offre même un médiator à un fan qui en réclame un. Malgré l’affluence, ces attentions gardent le concert à dimension humaine. Le guitariste Jamie invite ensuite l’auditoire à allumer les lampes torches des téléphones : en quelques secondes, la salle s’illumine, et l’instant suspend le temps. « I'm Done (Games That You Play) », l’un des titres phares du dernier opus, sonne particulièrement bien ce soir ; les six musiciens jouent sans retenue. Au cœur du set, l’enchaînement « Slow It Down », « Poison Prince » et « Can You Hear Me ? » maintient la tension au maximum, toute la salle reprend les refrains en chœur. Et « This Is the Life », évidemment, rassemble tout le monde : la foule la chante d’un bout à l’autre, nouveau temps fort de la soirée.

Le rappel s’ouvre sur « We Survive » en version acoustique et embraie par une reprise de « The Glen » (Beluga Lagoon) qui déclenche un nouveau chant collectif, le band se retrouvant désormais sur l’avant-scène. Pour conclure, « Let's Start a Band », extrait du premier long playing « This Is the Life », laisse la fosse debout : ça danse, ça chante, jusqu’à la dernière mesure. Les spectateurs quittent l’Ancienne Belgique en fredonnant encore.

Setlist : « Is This What You've Been Waiting For ? », « Dream On », « The Hudson », « Spark », « Mr. Rock & Roll », « Fire », « Pride », « Don't Tell Me That It's Over », « Run », « I'm Done (Games That You Play) », « Slow It Down », « Poison Prince », « Can You Hear Me ? », « Statues », « Barrowland Ballroom », « This Is The Life ».

Rappel : « We Survive » (Solo), « The Glen » (Beluga Lagoon cover) (Acoustique), « Let's Start A Band »

Photos  

(Organisation : Live Nation)

Requin Chagrin

Une dream pop aux accents new-wave et garage

Requin Chagrin, c’est le projet de la chanteuse et multi-instrumentiste française Marion Brunetto. Depuis ses débuts en 2014, elle tisse une dream pop où la new wave, le shoegaze, le surf rock et une pointe garage se mêlent à la perfection. Ce soir, elle dévoile, en avant-première, son nouvel album, « Décollage », prévu pour le 27 mars.

En ouverture, le groupe bruxellois Turquoise, mené par Sarah Boom et Maxime Wathieu, est chargé de chauffer la salle. Voix féminine aérienne, dream pop teintée de new wave, compositions ciselées : tout s’aligne avec une précision rare. La présence scénique est magnétique et le son limpide. Maxime Lombaerts, à la guitare, déploie un jeu cristallin qui évoque parfois Charlie Burchill de Simple Minds – référence absolue. Turquoise prépare déjà la suite de son excellent elpee « Avant Demain », paru il y a un an et demi (page ‘Artistes’ ici). 

À 20h30 précises, Requin Chagrin s’empare de la Rotonde, pleine à craquer. Fidèle à sa retenue élégante, Marion Brunetto apparaît dans un style discret mais soigné : mèches blondes effleurant une chemise kaki, sa fidèle Fender Jaguar en bandoulière, architecte de sonorités vaporeuses.

Le set s’articule autour des nouvelles chansons de « Décollage », pour la plupart inconnues du public, hormis le single « Parachute ». Le risque est calculé, mais ces compos captent immédiatement l’attention. « For You » et « Cœur Joie » s’imposent avec une évidence naturelle, s’inscrivant dans la continuité sonore de la formation. On retrouve bien sûr l’empreinte d’Indochine (Nicolas Sirkis est le mentor du combo), mais aussi de La Femme, Cigarettes After Sex, Beach House, et aussi cette touche rétrofuturiste chère à Flora Fishbach.

Cherchant à se réinventer, Marion Brunetto a étendu sa palette aux textures électroniques. Le Roland Juno déroule ses ‘arpeggios’ pendant « Ultra-Fort ». Malicieusement, en introduction du morceau suivant, elle opère le lien en l'appelant « Séma...phore » ! Celui-ci incarne peut-être le mieux l’ADN du groupe : bedroom pop, guitares noyées de reverb, garage subtil. Il capte à merveille le 'zeitgeist' d'une jeunesse désenchantée. Le refrain, entêtant, est repris à l’unisson par une salle conquise.

Le son surprend par son parti pris 'shoegaze', parfois un peu sale. Là où Turquoise privilégiait la clarté, Requin Chagrin ose des résonances saturées dans les médiums, un mixage qui a la fâcheuse tendance de noyer la voix, mais fait merveille sur les titres les plus nerveux comme « BB ». Ce dernier clôt le set principal sur une énergie belle et tranchante.

En rappel, Marion livre une version épurée, seule en scène, de « Rose », une compo extraite du premier opus – un éponyme, paru il y a déjà onze ans. Et après « Volage », place à « Rêveries », une nouvelle épure carrément électro. Dans un geste inattendu, Marion se déplace soudain pour s’installer à la batterie ! (NDR : rappelons que c’était son premier instrument lorsqu'elle s'essayait aux fûts, à l'âge de 10 ans, sur « Boys Don’t Cry » de The Cure). L’effet scénique est ici saisissant. D'autant que la musicienne assure un max ! Un final en apothéose.

On regrettera, cependant, les remarques, qui paraissent un peu acerbes, adressées par Marion à ses musiciens, au fil du concert. Sans doute une forme de taquinerie? Rappelons leurs noms, car ils ont fourni une prestation remarquable: Gaël Etienne (guitare et claviers), Joseph Deschamps (basse) et Axel Le Ray (drums).

Au sortir de la Rotonde, on emporte l’image d’un concert aérien, lumineux et onirique – comme le songe d’un requin glissant dans les eaux profondes de la Méditerranée...

Setlist :

Décollage

Parachute

For You

Coeur Joie

Adelaïde

Mauvais Présage

Love

Forever

Déjà Vu

Altitude

Ciao Rubello

Ultra-Fort

Sémaphore

BB

Rappel :

Rose

Volage

Rêveries

(Organisation : Botanique)

 

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