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Arno

Concert hommage à Arno

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Un hommage exceptionnel était rendu à Arno ces 17 et 18 juin 2023 à l’Ancienne Belgique. Un événement souhaité et entièrement validé par l’artiste disparu il y a bientôt un an, des suites d’un cancer du pancréas. Arno voulait qu’une sélection de guests et amis soient présents sur les planches de l’institution. Les recettes des deux concerts seront intégralement reversés à ‘Kom Op Tegen Kanker’, une organisation à laquelle Arno tenait beaucoup.

Début 2022, Arno faisait une intervention poignante sur les ondes de Radio 1. À cette occasion, il annonçait le titre ‘Les yeux de ma mère’ par une phrase sans équivoque et (tristement) prophétique : ‘Bientôt, j’irai rejoindre ma mère là-haut’. Ce moment aura un impact considérable. À peine quelques mois plus tard, cette chanson caracolera en tête des listes ‘Belpop 100’ et ‘Radio 1 Classics 1000’. De toute évidence, la nation vient de propulser Arno –déjà sacré Officier de l’Ordre de la Couronne– au rang de Héros national. Le dandy rock ostendais s’envolait à l’âge de 72 ans.

Mais l’intervention d’Arno en ce début 2022 marquera l’histoire pour une autre raison. Ce soir-là, en coulisse, Arno demande de lui rendre, après sa mort, un hommage dans sa salle bien-aimée : l’AB, qu’il surnomme son ‘deuxième salon’. Le line-up devra recenser des artistes ayant reçu sa totale bénédiction : des musicien·nes avec qui il est entré dans l’histoire de la musique, a noué de lumineuses collaborations ou auxquel·les il vouait une profonde admiration. La sélection, établie en étroite concertation avec l’organisation, voit rapidement le jour. Car Arno a toujours su ce qu’il voulait. Et à l’AB, les organisateurs ont cherché à rester le plus fidèle possible à cette liste validée par le chanteur, en consultant son bras droit et bassiste Mirko Banovic, son ami et photographe Danny Willems et son manager Cyril Prieur. Les concerts se sont donc déroulés à l’AB, mais aussi à Ostende, son lieu de naissance, le jeudi 22 juin. Et en novembre, une prolongation se déroulera dans la prestigieuse Salle Pleyel parisienne. Les guests sont : Adamo, Ad Cominotto, Bj Scott, Jan Paternoster (Black Box Revelation), Jean-Marie Aerts, Marie-Laure Béraud, Melanie De Biasio, Patricia Kaas, Pieter-Jan De Smet (PJDS), Roland, Serge Feys, Stef Kamil Carlens (Zita Swoon), Stijn Meuris, Tom Barman (dEUS), Wim Opbrouck, Wim Vandekeybus et enfin Zwangere Guy.

Après avoir bouclé « Opex », son dernier opus paru le 30 septembre, manifestement on ne savait pas ce que la soirée allait nous réserver.

Ouverture des hostilités à 20h30. Le rideau se lève. Un écran apparaît sur lequel est projeté un petit film intitulé ‘Dub In Oostende’ où l’on voit défiler la plage, Arno pieds nus dans le sable et le Casino, soit tous les symboles importants de sa ville fétiche d’origine. Un second embraie sous le titre ‘Vive les moules’. L’écran se lève alors pour laisser place à la scène. Les musicos d’Arno sont présents, soit son fidèle bassiste Mirko Banovic, son drummer et son claviériste. Plus loin, sur la gauche, on devine la présence d’un ou de plusieurs guitaristes. Votre serviteur est plaqué contre le mur du fond des places assises (NDR : la salle est bourrée comme un œuf !), la vue bloquée par l’avancée du premier balcon lui masquant partiellement la vue. Il fait d’ailleurs une chaleur tropicale dans la salle et surtout à cet endroit. A côté de Mirko un second claviériste vient parfois renforcer le line up.

Pieter-Jan De Smet, le bras droit d'Arno, a lancé les hostilités de la soirée en attaquant « Le Java » de TC Matic, un morceau qui rappelle de bons souvenirs… Marie-Laure Béraud, l'une des ex-épouses d’Arno, interprète l’étrange, vu les circonstances, « Mourir à plusieurs ». Rayonnant, Wim Opbrouck débarque ensuite, armé de son accordéon pour délivrer trois chansons : le poignant « Je Veux Nager », ensuite « Tango De La Peau », qui décide les premiers rangs à remuer, ce qui fait encore grimper la température de quelques degrés, et enfin « Vive Ma Liberté ».

Patricia Kaas calme quelque peu l’ambiance et permet à l’auditoire de reprendre son souffle, en chantant le sensuel et gracieux « Dans Mon Lit ». Steve Kamil Carlens, le leader et tête pensante de Zita Swoon, débarque alors à son tour, pour nous livrer une énergique et entraînante version de « Living On My Instinct », une autre plage du répertoire de TC Matic. Il s’installe un peu en retrait sur la gauche pendant « Lomesome Zorro », afin de laisser l’espace à deux danseuses et autant de danseurs, pour donner du mouvement au set. Elles fouleront les planches à 4 ou 5 reprises.

Roland Van Compenhout et Ad Cominotto (outre Arno, il a participé, notamment, aux arrangements des albums d’Alain Bashung, d’Alan Stivell et de David Byrne) embraient. Le premier a emporté une sèche et le second, multi-instrumentiste, a empoigné le piano à bretelles qui traîne derrière lui. Ils adaptent « Drink Till I Sink », un extrait de l’elpee « Charles et les Lulus ». Un blues/americana qui réinjecte du ‘peps’ à la soirée. Et il faut avouer que les sonorités extraites par Roland (pour rappel, à une certaine époque, il a hébergé Ry Cooder) de sa guitare acoustique ont de quoi impressionner. D’une voix sableuse, B.J. Scott pose un rayon de soleil sur « Dancing Inside My Head », poursuivie par les alligators, dans le bayou. Un moment émouvant. Pieter-Jan De Smet est de retour pour « Marie tu m’as », en référence à l’entreprise belge qui produisait des légumes en conserve, Marie Thumas. Une mise en boîte un peu exotique qui correspond parfaitement à l’esprit éclectique et déjanté d’Arno. BJ Scott le rejoint pour interpréter « The Jean Genie » de Bowie. Alors qu’une lampe industrielle descend du plafond, Mélanie De Biasio nous réserve un très touchante version de « Elle Adore Le Noir ». Muni de sa gratte électrique, le sautillant Tom Barman revisite « Die Lie » à la sauce dEUS. Patricia Kaas regagne le podium pour une version assez rock’n’roll de « Take Me Back », même si sa voix concède parfois de la douceur. Serge Feys la rejoint et s’installe derrière le piano. En duo, ils nous réservent un déchirant « Les Yeux De Ma Mère ».

Ce qui déclenche une belle ovation dans la foule. Stijn Meuris et Jean-Marie Aerts affrontent le « The Parrot Brigade », alors que la basse caustique de Mirko claque littéralement.  Et Serge Feys accompagne le tandem d’enfer pour un trépidant « Ha ha » dont le refrain est scandé par une foule de plus en plus enflammée. Marie-Laure Béraud chante « Il Est Tombé Du Ciel ». L’écran redescend et on découvre une vidéo d’Arno amaigri et rongé par la maladie qui interprète « Solo gigolo ». Un moment de recueillement. La paire sulfureuse Jean-Marie Aerts et Serge Feys, flanqués de Zwangere Guy, met radicalement le feu dans une mouture euphorisante de « Putain Putain ». Le même duo est cette fois soutenu par Stef Kamil Carlens, pour un « Oh La La La » décapant. Et puis c’est au tour d’un homme à l’âge plus que respectable, soit Salvatore Adamo, de se joindre au tandem diabolique pour se frotter à « Je ne veux pas être grand ». On ressent énormément d’émotion dans la voix d’Adamo.  

Ad Cominotto vient compléter le trio, pour le morceau final, « Les Filles Du Bord De Mer » d’Adamo. Quel superbe hommage rendu à Arno ! Petite anecdote, parmi les nombreux invités, peu étaient chaussés… et au vu du nombre d’artistes présents ce soir, Arno a vraiment marqué la scène musicale.

Fin du set, tous les guests se présentent, en tournant le dos au public. Arno Hintjens, bête de scène et enfant terrible, est projeté pour la dernière fois sur le grand écran. Le public va alors applaudir pendant 5 minutes. Une soirée que votre serviteur n’est pas près d’oublier.  Vive Ostende et vive les moules !

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Arno

L'humour scatologique, mais pas seulement...

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La grande salle était bourrée comme un œuf pour accueillir le spectacle accordé par Arno Hintjens, ce mercredi 22 janvier, à la Maison de la Culture de Tournai. Honnêtement, je dois reconnaître qu'il y a des lustres que je n'avais plus vu autant de monde assister à un concert rock, dans la cité scaldéenne. Comme quoi, même s'il n'existe pratiquement aucune structure rock à Tournai pour organiser un tel événement, il existe bien un public pour ce style de musique. N'en déplaise à ceux qui pensent que dans la cité de Cinq Clochers, il n'y a de la place que pour les 'coulonneux' et les faits divers…

Arno aime le blues. Il a même monté un groupe, à une certaine époque qui répondait au patronyme de Charles et les Lulus. Il nous le rappelle dès son premier morceau. Et épice régulièrement son set de chansons sculptées dans ce style. En s'accompagnant même parfois d'un harmonica. Il aligne, ensuite quelques nouvelles chansons. Millésimées Arno, elles devraient donc figurer sur son nouvel album. Première constatation, l'Ostendais peut s'appuyer sur une solide formation. Faut dire que son drummer et son claviériste/pianiste l'épaulent depuis plus de vingt ans. Il nous le rappellera à la fin de son concert… Complètent le line up un guitariste plutôt habile, un bassiste particulièrement efficace (NDR : pas cher, ajoute-t-il par boutade : il est Yougoslave !) et un accordéoniste impressionnant de virtuosité qui joue debout en tirant parti au maximum de ses pédales de distorsion. Arno est en forme. Et n'a pas (n'est pas ?) trop consommé… Il ne manque pas de sortir ses vannes scatologiques. Mais pas seulement. Son histoire du Delhaize. On n'y comprend pas grand-chose. Sauf quand il précise que sa femme (son ex ?) habite Lyon… Episodiquement, Arno s'assied. Pour interpréter l'un ou l'autre titre plus tendre. Comme le très beau « Dans les yeux de ma mère ». Il nous réserve également quelques reprises. Celle du « Bon Dieu » de Brel. Une autre encore, mais complètement méconnaissable du « Mother's little helper » des Stones. Et que dire alors de celle de « Drive my car » des Beatles ? Le public s'enflamme. Et Arno de sortir des cymbales (NDR : ça rime !). Puis ses incontournables covers de TC Matic : « Putain putain » et un « Oh la la la », sur lequel l'accordéon fait voler un sulfureux vent d'Est. Le public est debout. Ben oui, avant il était assis. Pour celle des « Filles du bord de mer » d'Adamo, les spectateurs répondent en chœur. Arno peut donc les remercier et s'en aller. Mais ils en veulent encore. Même s'il est, en général, programmé le rappel fait partie des institutions. Un rappel au cours duquel il va nous léguer son très beau « Lola » et puis le classique des classiques : « Vive ma liberté ! ». Tout un symbole ! En tout cas du tout grand Arno…

Arno

Ni en douceur et encore moins en profondeur…

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Arno est en tournée jusque l’an prochain. Il était ainsi programmé à la Maison de la Culture de Tournai, ce mercredi 9 octobre 2015. Il s’était déjà produit au même endroit, en janvier 2013. Et il est revenu. Tout comme le public ‘scaldéen’. La salle est d’ailleurs pratiquement comble. Son dernier album solo remonte à 2012 (« Future vintage »). Heureusement, qu’en ‘live’, il a quand même le bon goût de varier son répertoire. Faut dire que sa discographie est conséquente. Le temps que les spectateurs trouvent leur place assise numérotée et le concert d’Arno peut commencer. Il est alors 20h15.

Avant que le set ne débute, les haut-parleurs crachent une intro baptisée « Ostend dub ». Les musicos montent alors sur le podium. Un guitariste, un drummer ainsi que ses fidèles bassiste et claviériste. Sans oublier Meneer Hintjens. Et l’ouverture (« We want more ») est offensive, malgré les accords de gratte ‘floydiens’. Hormis le théâtral « Laisse-moi danser », la première partie du spectacle est d’ailleurs assez agressive, percutante, funkysante même. Les Tournaisens ne s’y attendaient certainement pas. Avant d’aborder « Vive ma liberté », 3 cuivres (trompette, trompette à coulisses et saxophone) ainsi que deux choristes rejoignent le quatuor. Les premiers s’installent à l’arrière-plan, sur la gauche, et les secondes, également en retrait, mais à droite. Ils campent sur de petites estrades. Et la compo prend une coloration ska. Plusieurs titres vont d’ailleurs adopter ce tempo au cours de la soirée ; et finalement sous cette nouvelle mouture, ils prennent une autre dimension. Arno sort bien sûr quelques vannes, nous raconte l’une ou l’autre histoire tendre. Comme celle de sa grand-mère et de ses tantes, avant d’interpréter un « Lola » aux cuivres sépulcraux et aux sonorités de claviers balkaniques. Il fustige également, sans pourtant les nommer explicitement, certains politiciens issus du Nord du pays (‘comme dans les années trente, mais ils n’ont pas de moustache’). Il présente également sa cover de Pete Seeger, reprise au cours de la second guerre mondiale par Marlène Dietrich (NDR : il doit s’agir de « Sag mir, wo die Blumen sind »), un morceau dont la fin hymnique est enrichie de chœurs gospel (NDR : les choristes ont de remarquables voix !) Un bémol quand même ! Dommage que le claviériste ne passe pas à l’accordéon pour certaines valses ou se contente de reproduire les sonorités slaves de cordes, à l’aide de ses synthés.

Parfois Arno s’assied, même pour certaines compositions qui ont la pêche. A l’instar du funky « L’amor », moment au cours duquel la scène est baignée par un light show de couleur rouge. Le meilleur moment du concert est certainement atteint par « Meet the freaks ». Pas de claviers cependant pour ce blues décapant au cours duquel le gratteur a opté pour une cigar box. Il y fait glisser son bottleneck sur les cordes. Et puis « Whoop that thing », titre qui monte progressivement en intensité avant d’atteindre sa pleine puissance ; et pendant lequel les deux filles (NDR : une Anglaise et une Américaine, dixit Arno) dansent comme des figurines égyptiennes. Soutenu par son pianiste, Arno nous réserve son incontournable « Dans les yeux de ma mère ». Et en fin de parcours n’oublie pas ses deux célèbres reprises de TC Matic, « Oh la la la » et « Putain Putain » (NDR : une version au sein de laquelle il intègre des bribes du « Wild thing » des Troggs ; alors que les cuivres y glissent l’ancien hymne de l’Eurovision), dont le public reprend en chœur ‘Nous sommes tous des européens’. Grosse acclamation ! Une partie de l’auditoire commence à se lever et frappe dans les mains en cadence. Alors quand Arno attaque l’adaptation du tube d’Adamo, « Les filles du bord de mer », le public s’enflamme. Ni en douceur et encore moins en profondeur. Plutôt parce qu’il est conquis. Arno lui demande d’agiter les mains et balayé par les faisceaux lumineux, le spectacle est impressionnant. A ce moment, il en profite pour faire de l’ombre aux psychiatres et autres psychologues…

Le groupe vient à peine de quitter le podium, qu’il y revient pour un rappel. Cependant, il accordera uniquement le classique « Bathroom singer », au cours duquel Arno se sert de cymbales tout en fredonnant ses ‘dingelingeling’. Arno et sa troupe ne reviendront plus. Deux heures de show, quand même. Et manifestement, l’artiste était en petite forme. Sur les planches, il buvait même de l’eau. C’est dire…

(Organisation : Maison de la Culture de Tournai)

Arno

Putain ! C'était vachement bien !

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Pour assurer la promo de son nouvel album "Brussld", Arno l’Ostendais (NDR : le Bruxellois ?) accomplit une tournée digne de ce nom, en alignant cinq dates en octobre rien que pour notre capitale belge : le 22 au Botanique, le 23 au Cirque Royal, le 25 à l'AB, le 27 au club de Vaartkapoen, et le 28 au VK. Pas d'excuse donc pour manquer ce chanteur mythique dont les concerts sont hauts en couleurs. Il serait un peu absurde de présenter Arno, musicien hors pair à la voix rauque, emblème de la scène belge, qui, à 61 balais, rencontre une reconnaissance internationale.

Ce samedi 23, accueilli dans un Cirque Royal bien rempli et heureusement libéré de ses sièges, Arno a donc été applaudi par un public chaud comme une baraque à frites. Pas de première partie. Il se pointe à 20h30 et attaque son show par "Brussels", morceau de son premier album presque éponyme. Dans un mélange d'électro et de rock fortement marqué du sceau des 80's, le titre démarre par ‘Let’s sing this song for Linda, Mustapha, Jean-Pierre, Fatima, Michel and Paul’. Après ‘L'union fait la force’, Arno lance au passage ‘Vive les moules’, et chante ‘Les Flamands et les Wallons’. La couleur est annoncée, et c'est dans un flawalland agrémenté d'anglais qu'Arno s'exprime une fois ce premier morceau terminé. Dans un style scénique proche de Brigitte Fontaine ou Higelin, oscillant entre provoc’ et grande sensibilité, Arno nous livre une vingtaine de chansons. Essentiellement en français et anglais, pas mal de titres sont issus de "Brussld", sorti en mars 2010, que le public connaît déjà ! De petits types aux gueules cassées chantent et semblent avoir studieusement révisé avant d’investir les lieux. Il y a des vieux, des légèrement moins vieux (la moyenne d'âge doit osciller autour des 45 ans ; mais le prix des places y est peut être pour quelque chose), du cuir et des crânes rasés ainsi que des gens chics qui dansent en tous sens...

Autant dire que ce que prône Arno, un joyeux mélange ou joyeux bordel, est ici plutôt bien incarné. Il présente ses musiciens dont le pianiste ostendais Serge Feys, son complice depuis l'époque de TC Matic (premier groupe d'Arno), la jeune choriste Sabrina, Ixelloise d'origine marocaine, son guitariste allemand, son batteur aux racines zaïroise, son bassiste issu d'ex-Yougoslavie...

Le contact avec le public est généreux, Arno n'hésite pas à s'arrêter au milieu d'une chanson pour discuter, et reprendre comme si de rien n'était. Ses présentations sont complètement décalées, foutraques, et le public, acquis à sa cause, rit aux éclats à la moindre boutade... surtout celles évoquant les gros roberts de sa grand-mère ! Le dernier album est bien représenté par "Mademoiselle", "God save the kiss", le frissonnant "Elle pense quand elle danse", l' excité "Ca monte" et ses harmonies vocales qui rappellent les Rita Mitsouko. N'oublions pas "Black dog day", "Quelqu'un a touché ma femme" et une reprise très étonnante de "Get up, Stand up" de Bob Marley, mélancolique et en mode mineur... Des morceaux plus anciens (mais toujours aussi délectables) sont aussi interprétés. Un "Watch out boy" orientalisant, entamé par Sabrina et sa voix envoûtante, "Françoise" dont le refrain ‘Allez danse, danse Françoise, comme une Bruxelloise !’ est repris en chœur par le public. " Nager", "Oh là là", et enfin, le meilleur pour la fin, "Putain putain" qui résonne drôlement dans le contexte politique, le superbe "Ma mère", et pour finir, la fameuse reprise des "Filles du bord de mer" d'Adamo, qui fait valser le public plus qu'il ne faut. Les 22 morceaux seront passés sans que l'on s'en aperçoive ; d’ailleurs on en voudrait encore et encore. Putain ! C'était vachement bien !

(Organisation : Live Nation)