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La vie difficile des Tubs

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Selah Sue

Une véritable bête de scène…

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Caractérisé par ses chorégraphies impressionnantes, des costumes chatoyants et un excellent groupe live, son concert accordé à l’AB, en avril dernier, avait séduit critique et fans. Elle revenait au même endroit ce jeudi 13 octobre 2022.

Sept longues années séparent « Reason » et « Persona », son nouvel opus, publié en mars dernier. Dans l’intervalle, elle a gravé un Ep 5 titres (« Bedroom » en 2020) et surtout donné naissance à deux fils. Mot latin, « Persona » possède plusieurs définitions. L’une d’entre elles signifie ‘les différents masques que l’on porte sur scène’. Aujourd’hui, il évoque l’image publique et les facettes multiples et parfois paradoxales qui constituent chacun d’entre nous. Pour cet LP, Selah Sue n’a pas choisi ce titre au hasard. En passant en revue certaines personnalités qu’elle a incarnées au cours de son existence (l’amoureuse, l’hédoniste, l’angoissée…), la Louvaniste explore son propre moi à travers des morceaux sincères et lumineux, après plusieurs années de pause…

En supporting act, Mixmonster Menno, va dispenser un Dj set de 60 minutes. Une prestation un peu ennuyeuse, surtout qu’il restera dans son monde, sans jamais adresser un regard, une parole ou un geste à l’assemblée. Il a fait son taf, point-barre.

Place, ensuite, à Selah Sue. Un long instrumental (NDR : un extrait de son premier elpee –un éponyme– paru en 2011) résonne dans la salle, alors que le podium est inondé d’une lumière bleue. Les musicos prennent place : le drummer (Klaas De Somer), le guitariste (Dries Henderickx), le bassiste (Dries Laheye) et les trois choristes (Stefy Rika, Judith Okon et Sarah Devos). Sans oublier le préposé aux ivoires (piano, synthé), Joachim Saerens, qui n’est autre que le compagnon de la Louvaniste. Il s’agit des mêmes musicos que lors de son dernier passage, à l’AB. Depuis le backstage, on entend la voix de Selah. Au bout de 2 à 3 minutes, elle débarque sur les planches et vient immédiatement haranguer le public pour l’inciter à réagir. Elle est vêtue de la même tenue jaune et ample qu’en avril dernier.

Elle ouvre le concert par « Just Because I Do ». Déjà les acclamations et les sifflets joyeux de la foule fusent de toutes parts. « Black Part Love » est balisé par les ivoires et enrichi de samples reproduisant beats fortement électrisés et cuivres généreux, qui manquent cruellement en ‘live’.

Son titre emblématique, « Raggamuffin », elle parvient à le réinterpréter, chaque fois, de manière différente. C’est sous un flot de sifflements et d’applaudissements que Sanne Putseys termine la chanson, avant qu’elle ne remercie l’auditoire.  

En véritable bête de scène, elle est partout sur les planches. Chaude, puissante, profonde, légèrement éraillée, faussement fragile l'instant d'après, la voix de Selah Sue est unique et se fond idéalement dans les mélodies reggae-ragga-soul quand elle ne se glisse pas dans les fêlures blues. Petit bémol quand même, les trois choristes couvrent parfois l’organe vocal de Selah ; d’ailleurs, on l’apprécie davantage quand elle chante seule armée de sa gratte.

Sa maman est présente au balcon et Sanne a la bienveillance de la saluer.

Pendant « Alone », le bassiste se lâche à la manière de Bernard Edwards (Chic). Le guitariste aura aussi son moment de gloire, lorsque pendant une dizaine de minutes, il va étaler toute sa technique sur son instrument, qu’elle soit ‘hendrixienne’ (NDR : surtout lorsqu’il traite ses cordes à la pédale wah-wah) ou funkysante (NDR : pensez à Nile Rodgers). C’est le moment choisi par Selah pour retourner dans sa loge afin de se changer et de revenir habillée plus sobrement et légèrement, tout en optant pour le noir, que ce soit le pantalon et le body.

Si la soul et le funk dominent l’expression sonore, la formation va s’autoriser quelques incursions dans le hip hop et le drum’n’bass, en fin de parcours.

Selah Sue révèle au grand jour ses troubles psychologiques et sa façon de les gérer positivement au quotidien. A l’instar de son single « Pills », un de ses succès incontournables, qu’elle interprète à la fin du show.

Selah Sue et son groupe vont accorder un rappel de deux titres (« Full Of Life » et un « This World » énorme). Et comme il y a un anniversaire (NDR : Marcel ou Marcelle) le ‘Happy Birthday’ de circonstance est entonné par le band et la foule…

Un chouette concert ! Que du bonheur !

Setlist : « Just Because I Do », « Black Part Love », « Wanted You To Know », « Catch My Drift », « Raggamuffin », « Right Where I Want You », « Always », « All The Way Down », « Free Fall », « Alone », « Together », « Nouvelle Chanson-titre inconnu », « Kingdom », « Peace Of Mind », « Pills ».

Rappel : Full Of Life », « This World »

(Organisation : Live Nation et Ancienne Belgique)

Selah Sue

La transfiguration de Selah Sue…

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Ce soir Selah Sue est de retour pour présenter son troisième elpee, « Persona », paru le 25 mars 2022. Il aura fallu attendre 7 longues années entre « Reason » et ce nouvel opus. Entretemps, elle a gravé un Ep 5 titres (« Bedroom » en 2020) et surtout donné naissance à deux fils. Ce concert a été programmé dans le cadre d’une tournée mondiale, entamée depuis début janvier. 

Mot latin, « Persona » possède plusieurs définitions. L’une d’entre signifie ‘les différents masques que l’on porte sur scène’. Aujourd’hui, il évoque l’image publique et les facettes multiples et parfois paradoxales qui constituent chacun d’entre nous. Pour cet LP, Selah Sue n’a pas choisi ce titre au hasard. En passant en revue certaines personnalités qu’elle a incarnées au cours de son existence (l’amoureuse, l’hédoniste, l’angoissée…), la Louvaniste explore son propre moi à travers des morceaux sincères et lumineux, après plusieurs années de pause.

C’est Pomrad, le projet d’Adriaan Van De Velde, qui assure les supporting act. Anversois, il pratique une forme d’électro/hip hop mâtiné de funk, de trip hop et de drum&bass. A son actif, une volée de singles, Eps et deux albums.

Seul sur les planches, il est entouré de trois synthétiseurs installés en triangle afin de lui permettre de se dandiner au milieu de ses instruments. Et derrière son micro, il incite la foule à danser et applaudir. Toutes les sonorités, y compris les cuivres (trompette, bugle et saxophone) sont samplées et reproduites par les synthés. Une prestation qui a permis de faire monter la température dans la fosse avant l’arrivée de la tête d’affiche…

Vêtue d’un ensemble plutôt large et à franges, de couleur jaune, Selah Sue monte sur le podium. Elle est suivie par son claviériste (NDR : Joachim Saerens, son époux et co-compositeur), son bassiste Dries Laheye, ses trois choristes (Sarah Devos, Stefy Rika et Judith Okon) ainsi que deux nouveaux musicos, un drummer et un guitariste/claviériste. Une estrade basse est destinée aux musiciens, de manière à laisser tout la place à Selah sur la scène. Les trois choristes sont plantées l’une à côté de l’autre, à l’extrême gauche.

Le set s’ouvre par « Kingdom », un morceau qui tire quand même en longueur.  Selah est bien moins statique que dans le passé. Elle déambule constamment sur les planches, de long en large. Un va-et-vient qu’elle va accomplir pendant les 90 minutes du spectacle.

Chaude, puissante, profonde, légèrement éraillée et fragile, la voix si caractéristique de Selah Sue est à la fois gorgée de soul chaleureuse et traversée de fêlures blues.

Le rappeur Tobi débarque sur le podium pour partager le chant avec Selah sur « Hurray », une compo agrégeant judicieusement soul rap. Mais pas de Damso ce soir pour interpréter le single « Wanted You To Know ».

Au sein des choristes, la voix grave et puissante de Rika supplante parfois celle des deux autres.

Très interactive face au public, Selah signale est heureuse de reprendre la scène après 7 ans. Selah a réussi à chasser tous ses démons et n’est plus addict aux antidépresseurs, c’est une nouvelle femme transformée, bien dans sa peau, qui se produit devant nous.

Fusion de blues et de gospel, la ballade « All The Way Down » est parcourue d’un long solo de guitare ; moment choisi par Selah pour changer de fringues (NDR : elle va les troquer à trois reprises), et opter pour un pantalon et un tee-shirt de couleur rouge incandescent.

C’est Zwangere Guy vient enflammer la salle de son rap démoniaque pendant « Celebrate ».

Elle rend hommage à Arno en reprenant son incontournable « Putain, Putain ».

Bercé de tonalités jazzyfiantes, à la limite du lounge, le single « Pils » baigne dans une ambiance feutrée. D’abord funky, « Alone » vire à la pop puissante et sauvage. Avant d’attaquer « You », Selah déclare avoir composé cette chanson pour ses fils.

Selah n’a pas renié le reggae et le ragga de ses débuts en nous réservant « Peace Of Mind », « Raggamufin » et en clôture du show « This World », morceau qui nous entraîne jusque Kingston.

Sur les 11 titres de la setlist, une majorité était issue du dernier long playing, « Persona ». Nous avons retrouvé une Selah Sue transformée et épanouie. Espérons que ses démons ne reviennent pas la hanter. Une belle soirée au cours de laquelle les spectateurs sont repartis plein de petites étoiles dans les yeux…

Setlist : « Kingdom », « Hurray », « Karma », « Wanted You To Know », « Free Fall », « Peace Of Mind », « Raggamufin », « All The Way Down », « Celebrate », « Putain, Putain », « Pils », « Alone », « You », « This World ».

(Organisation : Live Nation et Ancienne Belgique)

Selah Sue

En attendant la sortie du troisième album…

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La tournée semi-acoustique de Selah Sue passait par l’Ancienne Belgique, ce mardi 1er mai. De son véritable nom Sanne Putseys, la Louvaniste compte, à ce jour, deux elpees à son actif : un éponyme paru en 2011 et « Alone », en 2015. Après avoir accouché de son premier enfant, Selah devrait sortir, début 2019, un troisième album. Ce qui ne l’a pas empêchée de participer à la B.O. du film « Jazz Loves Disney 2 ». Du jazz et de la lounge, des styles auxquels elle a décidé de se frotter après avoir exploré la soul, la pop, le reggae, le dancehall et l’électro contemporaine. Elle est en début de périple. Hier, elle se produisait à la Roma d’Anvers (voir les photos ici). Toutes les dates sont sold out.

Su les planches, Selah est épaulée par son compagnon, Joachim Saeren, au piano et aux claviers, ainsi que Semon Lenski, à la ‘double bass’ (instrument qui cumule violoncelle et contrebasse). Elle se consacre à la guitare sèche amplifiée. Une prestigieuse ‘Martins and Co’ de couleur jais.

A 20 h 30, les lumières s’éteignent. On entend une bande sonore, émaner de fond de la scène. Il s’agit de « Game Is On ». Elles se rallument et Selah apparaît, vêtue simplement d’un legging noir et d’une chemise ample à fleurs. Après une intro aux cordes, les ivoires illuminent une compo que chante Sue, d’une voix trempée subtilement dans la reverb. Elle devient douce sur le lent « So This Is Love », un titre qui navigue quelque part entre lounge et jazz, et que module la contrebasse. Déjà, le corps de Selah ondule sensuellement. A l’issue de ce morceau, Selah salue la foule en français, néerlandais et anglais. Elle ajoute : ‘C’est le début de la tournée, on a quelques nouvelles chansons, mais on a surtout encore le droit de se tromper’. Le tout sur un ton espiègle. Ce qui déclenche de nombreux applaudissements dans la fosse. Et ces nouvelles compos, manifestement, sont bien moins mélancoliques. Il ne faut pas oublier qu’elle souffre de dépression bipolaire. Si pendant « In A Heartbeat », ses cordes sont vaporeuses, celles du violoncelle, torturées, libèrent de l’agressivité. Elle interprète de manière plus académique « Night And Day », un deuxième nouveau morceau.

Elle se sert de sa loop machine pour « Fyah Fyah » et « Peace Of Mind », deux anciennes compos et parvient à superposer sa voix en couches, tout en lui communiquant différentes intonations, alors que le synthé reproduit des sonorités d’harmonium. Et son flow est toujours aussi fluide. Superbe !

Petit problème technique pour « Alone ». Enfin de sangle. De quoi détendre l’atmosphère. Elle nous réserve une cover du « Whatever Will Be, Will Be » de Doris Day. Et soulignée par les ivoires, la version est superbe. Dynamisés par des beats électro, « My Love » et « This World » adoptent un ton davantage électro. Ce sont également les deux morceaux qui achèvent le concert. Avant un rappel unplugged : Selah Sue et sa sèche ! Mais, c’est le public qui choisit les compositions à interpréter…

Setlist : « Game Is On », « SoThis Is Love », « In A Heartbeat », « Night And Day », « Fyah Fyah », « Peace Of Mind », « I Want Go For More, « Alone », « Full Of Love », « Whatever Will Be, Will Be », « I Need », «  My Love »/ « This World ».

Rappel : « Break », « Mommy », « Explanations », « Ragga Medley ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Selah Sue

Pro jusqu’au bout des ongles…

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C’est au moins la quinzième fois que votre serviteur assiste à un concert de Selah Sue. Depuis ses débuts. La dernière, c’était fin 2014, au Cirque Royal. Juste avant la sortie de son second long playing. Aujourd’hui, dans le cadre de sa nouvelle tournée, destinée à défendre cet opus, elle se produit à Forest National. Les tentures sont tirées à hauteur du deuxième balcon. Ce qui permet d’évaluer la foule, à 6 000 âmes. Sous cette forme club, c’est donc sold out. Cinq militaires, de nombreux policiers et un malinois rock'n'roll (NDR : il porte un collier fluo) veillent sur notre sécurité, à l’entrée de la salle.

Hydrogen Sea assure le supporting act. Un tandem bruxellois réunissant Birsen Uçar et PJ Seaux. La première se charge des vocaux. Le deuxième est multi-instrumentiste. Le duo planche actuellement sur la suite à donner au premier Ep, baptisé « Court The Dark ». Et ses singles, « Only Oleanders » ainsi que « Wear Out », ont énormément été diffusés sur les ondes radiophoniques. Ce qui lui a sans doute permis de jouer à New York et puis sans doute d’assurer la première partie du nouveau périple de Selah.

Des lumières blues, puis blanches, inondent l’estrade, en début de show ; soit lorsque le trio attaque « In Dreams ». Car c’est sous ce line up que le band se produit sur les planches. Où il forme un triangle, afin d’affirmer sa cohésion. Et c’est la vocaliste –grande, blonde et sexy– qui occupe la pointe de cette figure, le drummer se plantant à droite et le préposé aux synthés et aux machines, à gauche, une gratte électrique à ses pieds.

Tantôt Birsen susurre ses mots d’une manière fragile et mystérieuse, tantôt sa voix devient limpide et puissante, une voix qui colle parfaitement à l’electronica/pop visionnaire et envoûtante dispensée par la formation. Une expression sonore qui doit autant à Massive Attack, Beach House que Little Dragon.

Lorsque le claviériste empoigne sa gratte, c’est pour insérer une boucle dans sa loop machine, afin de pouvoir continuer à balancer ses beats électro. Plus pop, contagieux et sucré, « Before I Go » est balisé par des ivoires. Une cover ? Le « Wandering Star » de Portishead. Et baignant dans un light show de couleur rouge, la version est superbe. PJ brandit son iPhone. En quelques secondes la foule l’imite, l’auditoire s’illuminant d’une multitude de loupiotes. Et l’inévitable tube « Weat Out » clôt le set. Un groupe intéressant à suivre et de très près.

Setlist: « In Dreams », « Murky Waters », « Our Life », « Worry », « Before I Go », « Wandering Star » (cover de Portishead), « Weat Out ».

Gravé en 2011, le premier long playing de Selah Sue est éponyme. Il s'est écoulé à 120 000 exemplaires en Belgique, 1 000 000 à travers le monde, et a décroché 6 disques de platine. Paru cette année, « Reason » a bénéficié du concours de deux producteurs notoires, en l’occurrence le Danois Robin Hannibal (Little Dragon, Kendrick Lamar) et le Suédois Ludwig Göransson, connu pour son travail opéré auprès du trio pop HAIM ou encore du rappeur américain Childish Gambino. Les sessions se sont déroulées au sein de différents studios. D’abord en Belgique, mais également en Angleterre (Londres), en Jamaïque et aux States (Los Angeles).

Coiffée de son emblématique chignon, vêtue d’un chemisier blanc et d’un pantalon en cuir noir, elle monte sur l’estrade précédée de ses musiciens et de deux choristes. Qui ont un fameux coffre ! Et c’est parti pour un show à l’américaine… A cause du light show, bien sûr. Particulièrement soigné, il est truffé de spots, de lasers et de leds susceptibles de vous en mettre plein la vue. Mais il est destiné à mettre en exergue les artistes sur le podium.

« Alive » ouvre le set. Selah n’a pas encore empoigné sa gratte. Elle s’exprime également à l’aide de ses mains. Ses déhanchés sont sensuels mais étudiés et s’adaptent langoureusement à la musique. « Reason » s'étire sur plus de 10 minutes. De quoi permettre à chaque musicien de se réserver son solo. Puis chaque couche va se superposer afin de s’achever par un bel ensemble, au bout duquel les choristes vont s’associer, avant que Selah ne le ponctue, d’une voix autoritaire. La musique est tour à tour couverte de nappes électro/soul, parsemée de langueurs trip hop ou stimulée par des cascades de beat house…

Pendant « Black Part Love » et « This World », les musicos se dandinent. Pas de cuivres cependant, mais une plus large plage laissée aux chœurs. En toile de fond, l’image de la voie lactée est projetée. Salah Sue présente sa cover du « Blame » de Calvin Harris, en trois langues. Une version quasi-acoustique au cours de laquelle elle avance les mains, un peu comme feu Joe Cocker. L’intro de « Falling Out » est percussive. Selah en profite pour se désaltérer, puis reprend le micro en empruntant un timbre soul, bien soutenue par ses deux choristes. La toile sise en arrière plan ondule, et laisse apparaître l’image de Mrs Sue, jusqu'au plafond.

Hormis le concours discret de son guitariste, « Time » est interprété ‘unplugged’. La température commence à grimper. Les spectateurs jumpent, applaudissent, chantent et allument régulièrement leurs portables. Une belle interactivité s’installe entre l’artiste et son public tout au long d’« Alone » et de « Raggamuffin ». Selah lui tend le micro qui reprend en chœur le refrain. Après le plus drum&bass « Together », le set nous entraîne vers les plages de Kingston, un trip illustré à travers un « Crazy Sufferin' Style » d'anthologie.

Lors du rappel, un quatuor à cordes (3 violonistes et un violoncelleliste) vient rejoindre la troupe. Qui participe activement au ténébreux « Fear Nothing ». Et le spectacle de s’achever par « Right Where I Want You », les mélomanes regagnant leurs pénates, des mélodies contagieuses plein la tête…

On sent qu’au fil du temps, Selah a acquis de l’expérience. Elle est de plus en plus à l’aise avec ses fans. Et parvient à dompter ses émotions. Faut dire que depuis ses débuts, elle a accordé plus de 600 concerts. Elle est devenue une professionnelle jusqu’au bout des ongles. Ce qui explique aussi pourquoi, elle est aujourd’hui capable de remplir des salles d’une capacité semblable à celle de Forest National…

(Organisation : Live Nation)

Selah Sue

2015 devrait être l'année Selah Sue…

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Dans le cadre de sa nouvelle tournée, Selah Sue se produisait donc au Cirque Royal de Bruxelles. Et bien sûr, c’est sold out. Il s’agit de sa deuxième date en Belgique, car la première était réservée à l’AB, ce vendredi 7 novembre. Un mois à peine après avoir publié un single, qui précédera la sortie de l’Ep « Alone », fixée ce 1er décembre, elle est déjà sur les routes pour le défendre. Un disque qui réunira quand même 4 nouvelles compos et qui précèdera le nouvel elpee, « Reason », dont la date de parution est prévue pour le 3 mars 2015. Eponyme, son premier long playing remonte quand même à trois longues années. Elle l’a étrenné sur toutes les scènes européennes et américaines. Triple album de platine en France, il s’est écoulé à plus de 600 000 exemplaires à travers le monde.

La première partie est assurée par un groupe new-yorkais, Son Little. Etonnant que le supporting act soit réservé à un combo américain aussi peu notoire. Pourtant, il faut reconnaître que leur prestation va vraiment épater. D’abord à cause de la voix du chanteur/guitariste. Puissante, soul, elle est bien soulignée par les accords de gratte blues/roots. En outre, il est soutenu par un drummer et un bassiste/claviériste plutôt brillants. Si bien que ravi, l’auditoire applaudit chaleureusement leur set.

De son véritable nom, Sanne Putseys, Selah Sue monte sur l’estrade en solitaire, uniquement armée de sa sèche. Elle interprète alors sa nouvelle chanson « You Always On ». Elle embraie par « Daddy », une compo dédiée à son papa. Chacun son tour ! Sur le premier long playing, elle réservait un hommage à sa maman, tout au long de « Mommy. Agée de 25 printemps, la Louvaniste a la tête bien sur les épaules. Elle est resplendissante et rayonnante dans sa tunique de couleur noire qui flashe lorsque l’artiste est sous les feux des projecteurs. Elle est coiffée de son inévitable chignon haut et blond. Entre Selah et le public, une franche interactivité s’établit. Elle présente ses compos, tantôt en français, en néerlandais et parfois en anglais. Sa version ‘live’ d’« Alone » est percutante. Particulièrement funk, on y ressent l’influence de Nile Rodgers. A cause du phrasé de guitare. Superbe ! « Famous », « Stand Back », « I Won't Go For More » et « Time » sont des plages issues du futur elpee. Il y a du funk, de la soul, du blues, du ska, du raga, de la drum&bass et de l’électro. Mais surtout ces compos libèrent énormément de groove. Faut dire que la section rythmique est particulièrement efficace. Sur un mode rap, « Together » libère une sacrée dose de dubstep novateur. Bien maîtrisée, la voix de Selah colle parfaitement à l’expression sonore. Elle nous réserve une reprise plutôt surprenante du « Lost Ones » de Lauryn Hill, puis enchaîne par « Lost Ones » et Black Part Love ». Elle n’oublie pas ses succès, « This World », « Fyah Fyah », « Please » et « Crazy Vibes ». Lorsqu’elle attaque « Raggamuffin », que l'on reconnaît dès les premiers accords de guitare, il s’établit une véritable communion entre l’auditoire et l’artiste. Selah Sue annonce qu’elle se produira à Forest National, l’an prochain, dans le cadre de la sortie de son nouvel LP. Et le set de s’achever par « Peace Of Mind » et « Crazy Sufferin Style ». 2015 devrait être l'année Selah Sue…

(Organisation : Live Nation)

Voir aussi notre section photos ici

 

Selah Sue

Hey, Soul Sister

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En 1989 naissait dans la commune de Leefdaal (près de Louvain) une jeune fille répondant au nom de Sanne Putseys. A peine après avoir soufflé ses 18 bougies, la demoiselle entame une carrière musicale, sous le sobriquet de Selah Sue. Les réactions positives sont instantanées. Milow la prend sous son aile et lui propose d’assurer ses premières parties. L’Ancienne Belgique renifle, à des kilomètres, son talent naturel et lui propose un stage d’un an. Un stage qui se solde par des concerts à guichets fermés, aux quatre coins du pays. Elle arpente ensuite quelques uns des plus gros festivals belges cet été (Dour, Les Nuits Botanique, Pukkelpop, Couleur Café, Lokerse Feesten…), seule ou soutenue par ses potes d’Addicted Kru Sound, gonflant à l’hélium sa base de fans. Et quelques mois après avoir mis le feu aux planches de la Rotonde, la success story belge de l’année passe à l’étape supérieure en s’appropriant une Orangerie pleine à craquer.

Du haut de ses 21 balais, Selah Sue est un véritable petit ouragan scénique. Normal, quand on possède une voix pareille. Une voix qui évoque tour à tour Erykah Badu, Amy Winehouse voire même Nelly Furtado. Bref, la jeune Louvaniste semble née pour briller en ‘live’. Il suffit à ses cordes vocales d’émettre le moindre son pour parvenir à scotcher l’assistance, sans le moindre effort. A ce stade de sa carrière, elle a bien de la marge pour évoluer scéniquement ; mais son jeu est tellement spontané et décontracté qu’elle semble ne plus rien avoir à apprendre, à ce niveau. Et ce, avant même d’avoir publié sa première œuvre.

Sanne ‘Selah Sue’ Putseys démarre d’ailleurs le set par deux morceaux tirés de son premier disque, dont la sortie est prévue d’ici quelques mois. Deux compos qui, une nouvelle fois, évoquent distinctement Erykah Badu. A l’instar du titre suivant, « Black Part Love », issu de l’Ep du même nom, et qu’elle présente dans une version à la frontière du Hip Hop. Elle est flanquée de quatre musiciens ; mais vu sa prestance, on l’imagine sans mal se produire en compagnie d’un ‘full-live-band’ et d’une poignée de choristes. Après avoir pris la température de la salle, manifestement partagée à part égale entre néerlandophones et francophones, elle s’exprime dans la langue de Shakespeare pour ne pas faire de jaloux. Une initiative unaniment applaudie. Les nouveaux morceaux se mélangent aux plus anciens. Les mieux accueillis sont l’intense « Crazy Suffering Style », une version vitaminée de « Fyah Fyah », son ‘nouveau’ single « Raggamuffin » ou encore « Explanations » et « Mommy », qu’elle interprète seule à la gratte. Bien que la petite Sue soit une singer-songwriter à la plume affûtée, certains textes, comme celui de « Crazy Vibes », trahissent un peu son jeune âge. Un détail, vu la maturité déployée par la demoiselle qui offrira deux rappels en guise d’au-revoir.

Selah Sue deviendra, à coup sûr, l’artiste incontournable de 2011. Et, après ce concert, qui diffusait comme un avant-goût de ‘Couleur Café’, nul doute que les grands festivals du pays lui dérouleront le tapis rouge de leurs ’Main Stages’. On la tient à l’œil, ‘Selah’…

(Organisation : Botanique)