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Bertrand Belin

Tambour vision

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Sur son nouvel opus, « Tambour Vision », Bertrand Belin a décidé de se débarrasser des instruments acoustiques pour privilégier l’électronique.

Un tournant qu’il avait amorcé sur son elpee « Parcs ». Et plus de doute, il confirme cette orientation.

Première constatation, si l’aspect minimaliste des compos devrait plaire à certains, il risque fort de déplaire à d’autres.

L’artiste nous plonge au sein d’un laboratoire de sons et de mots. Mais si l’idée est excellente, il y manque parfois une certaine musicalité.

Son désir de s’aventurer dans l’électro-pop où le son prime, au détriment de la chanson française, laisse un peu perplexe.

Le texte est relégué au second plan et laisse la place aux sons des mots et de la musique. Alimentée par des synthétiseurs, cette pop a effectivement, pour vocation première, de céder à la consommation. Or, ce n’est pas le cas, car ici, la musique reste peu accessible pour le grand public. On a l’impression qu’il est le cul entre deux chaises, pour reprendre ses termes. Ou simplement qu’il ne calcule pas et fait sa popote, ses recherches musicales et sa collection de mots. Une question de goût.

On assiste à une performance de répétitions et de jeux de mots, plus parlés que chantés.

Certaines histoires sont encore relatées, comme dans le titre « Que dalle tout », chroniqué dans ces colonnes (à lire ou relire )

mais il faut davantage extrapoler, à l’instar de « Pipe », par exemple. Là, on entre plutôt dans un registre d’impressions.

Sa démarche de recherche reste cependant intéressante car le propre de l’artiste n’est-il pas d’explorer de nouvelles terres artistiques quitte à perdre une partie d’auditeurs pour en gagner d’autres ? Les vrais fans, eux, comme nous, affronteront le challenge avec lui.

En concert :

16.11.22 - Sceaux - Théâtre Les Gémeaux

Méthode chanson

Bertrand Belin

Un charpentier sans langue de bois…

Écrit par

En gravant "Tambour Vision", mais sans trompettes, Bertrand Belin propose un album dénudé, mais pas dénué d'intérêt…

Après avoir joué dans la comédie musicale des frères Larrieu, ‘Tralala’, dont il a composé la musique, c'est le mode du huis-clos qu'a choisi Bertrand Belin pour son nouvel et septième elpee. En fait, un tête-à-tête face à son complice de longue date, Thibault Frisoni.

Le Breton aux paroles parfois granitiques, qui est aussi écrivain et comédien, dépouille, dans "Tambour Vision", sa musique. Une musique qui évoque quelquefois aussi bien Erik Satie qu'une cold wave épurée, organique et parfois ironique, tout en rendant hommage, dans les textes et la voix, à Kat Onoma ainsi qu’au regretté Alain Bashung au travers d'une fantaisie qui n'a rien de gratuite ni de… militaire.

L'opus est à ce point dépouillé que "Carnaval", le titre de la première chanson, constitue plutôt un appel à tomber le masque…

Pour "Carnaval", je voulais plutôt nous montrer tel que nous sommes, l'envers du décor, de l'homme comme je le signale dans la chanson. De renverser les codes sociaux, les valeurs de comportement, les évidences, les genres, de mettre les choses cul par-dessus tête.

Le mot cul revient d'ailleurs souvent dans l'album ?

Me rendant compte que tout le monde en avait un, je me suis dit qu’en parler allait intéresser les Français. (rires)

"Que Dalle Tout" révèle un aspect Mathieu Bogaerts, mais également électronique dépouillée à la Ellie et Jacno.

C'est en effet très dépouillé comme chez Mathieu Boogaerts auquel le morceau ressemble dans la pulsation, la manière d'agencer les rythmes entre eux qui est assez méticuleuse. Mais il s'agit d'une autre esthétique

"Tambour" adopte un profil années 80, cold wave, Stranglers époque "La folie"…

C'est sûr ! Une époque où les synthés étaient très présents, mais où l'on n'en avait pas complètement fini avec le rock, le punk ayant sévi juste avant. Ellie et Jacno procèdent de ce post punk qui vient s'aciduler avec les synthés. J'aime bien cette période que je n'ai pas connue, car j’étais trop jeune. Les synthés sont revenus en odeur de… sainteté depuis une vingtaine d'années ; soit en revisitant des œuvres très savantes, dans l’esprit de Pierre Henry, soit en se référant aux productions des années 80, comme celles de Madonna.

Mais d'autres musiciens comme ceux de Can, Alan Vega ou Martin Rev taquinaient aussi ces machines. J'ai davantage le goût de cette esthétique rock plutôt que de la variété du style Michel Berger, qui a suscité beaucoup d'émules en France.

J'aime les styles râpeux.

Paradoxalement, vous utilisez le mellotron que l'on associe plutôt à la vague psychédélique ?

Je l'utilise surtout pour les instruments à vent, bien que je me serve souvent du sax ou des flûtes, mais pas à la façon des Beatles sur "Strawberry Fields". Dans cette ambiance de sons synthétiques et de boîtes à rythmes qui caractérise cet album, le mellotron apporte une dimension analogique. Les non-spécialistes ont l'impression d'entendre des saxophones.

Dans "Que Dalle Tout, vous chantez ‘je viens d'une ligne de zéros’.

Il y a un côté déterminisme social dans la chanson. Pierre Bourdieu, sociologue disparu il y a tout juste 20 ans, cela vous parle ?

Oui, bien sûr, mais je chante ‘je viens d'une longue lignée de zéros et de uns’. Bourdieu m'intéresse, mais c'est avant tout mon expérience personnelle qui me parle.

Et puis des ausculteurs de transferts de classes et de l'atavisme, il y en a d'autres…

Quelque chose se joue du côté de l'héritage dans la vie : il y a ceux qui héritent d'une lignée d'ivrognes et d'autres d'une multinationale. On pourrait peut-être organiser des petits passages entre ces deux ensembles afin de partager les choses.

Mas je ne parle pas d'une lignée de zéros au sens péjoratif du terme. Les zéros et les uns signifient d'abord qu'il y a couples ; cela évoque ensuite le code binaire de l'informatique, de la sécurité sociale, de gestion des générations. C'est une allusion ironique au fait que nous ne faisons que passer dans les méandres de l'économie planétaire.

"Le Maître de Luth" me fait penser à Robert Wyatt…

Vous ne pouvez pas me faire plus plaisir. C'est une chanson qui subit les influences du jazz et d'un certain lyrisme opératique réalisé avec trois bouts de ficelle.

Et puis il y a le chant élégiaque de Robert Wyatt. Ainsi que cette forme de liberté la plus large possible, même si le résultat est assez caressant. Chez Wyatt, les formes musicales ne sont pas aussi tarabiscotées, mais elles sont accessibles et singulières en même temps. On devine beaucoup de gentillesse et de bonté chez Robert Wyatt.

Sur cet elpee, on sent une liberté qui évoque Eric Satie : un côté ironique, une audace, tout en restant dépouillé…

Il y a d'ailleurs sur "Que Dalle Tout" une petite citation des "Gymnopédies" dans la ligne de saxophone.

Satie m'a toujours paru sympathique ; outre sa musique dont j'aime particulièrement "Pièces froides", il s'agit d'un personnage qui évolue à la lisière de la musique savante, mais qui, dans la forme, a réussi à intéresser les amateurs de pop et de rock. Il pratiquait une forme musicale qui se transmet sans doute plus facilement que Schoenberg… (il rit)

Satie influence beaucoup les musiciens d'aujourd'hui, y compris les adeptes de la musique électronique.

On vous compare souvent à Bashung à cause de votre façon de chanter et de vos paroles cryptiques, …

Ce n'est pas insultant. Je suis né dans un monde où il était déjà chanteur. Il représente pour moi une des modalités possibles de la francophonie dans la musique rock et la pop.

Il y en a d'autres, mais mon goût me guide plutôt vers Bashung.

Quelqu'un qui s'intéressait à la fois à la musique dans son versant expérimental, et possédait en même temps un fort tropisme pour le rock blues américain… un appétit de modernité, un intérêt pour la poésie, contemporaine en particulier, une fantaisie dans le découpage de ses textes, combinée parfois à une profondeur tragique.

Je me reconnais dans ces éléments.

Charpentier comme lui, je travaille aussi le bois. Logique dès lors que nous partagions des troncs communs… (il sourit)

 

 

 

 

Bertrand Belin

Que dalle tout (single)

Écrit par

Bertrand Belin est un chercheur, un traqueur de mots, de sons et d’ambiances. Depuis la sortie de ses deux albums transcendantaux (« Hypernuit » et « Parcs ») sculptés dans le folk, au cours desquels il se servait essentiellement d’instruments acoustiques et se distinguait par une manière fluide de prononcer ses phrases, il arrive au fil de ses pérégrinations à ce titre « Que dalle tout ».

Ce single est le résultat de ses recherches qui amènent des répétitions de mots plus insistants et plus secs. Une ambiance de plus en plus électro. Un genre voyageant entre univers impressionniste et contemporain.

Son texte ici relate le fait qu’il a reçu tout et rien en même temps de ses parents. Assez sombre, il est mis en lumière par un rythme plutôt up-tempo, entraînant… En extrapolant, on pourrait déduire que de leurs comportements négatifs, il a réussi à en extraire sa force créatrice.

Ce côté baroudeur, dandy preneur de risque, a de quoi plaire et puis, il est tout à son honneur, même si une certaine nostalgie de ses premiers elpees est toujours bien présente.

Néanmoins, quand on est à l’affut de ses nouvelles créations, on a hâte de découvrir son futur nouvel opus. Intitulé « Tambour vision », il est en précommande

Pour visionner son clip aux couleurs vives, dans lequel il effectue des gestes et des pas de danse qui n’appartiennent qu’à lui c’est ici

Pour son agenda des concerts, c’est encore

Méthode chanson

 

Bertrand Belin

Une hyper-bonne-soirée !

Écrit par

Discrètement actif en solo depuis 2005, le Français Bertrand Belin tisse peu à peu son univers musical, un univers à part au sein de la très obturée chanson française… En particulier depuis qu’il a publié ses deux derniers albums souvent encensés par la critique : les magnifiques « Hypernuit » et le petit dernier « Parcs ». C’est une Orangerie toutefois réduite d’un tiers de sa capacité qui accueille ce crooner moderne à la voix très profonde.

Soutenu par une drummeuse, un guitariste, un claviériste et un bassiste, Bertrand le débonnaire débute son set par les murmures de « Comment ça se Danse », le morceau qui introduit son nouvel album. D’abord hésitant, il ne faut pas très longtemps pour qu’il se sente à l’aise. Il attaque son « Hypernuit », une compo ultra efficace caractérisée par son ambiance estampillée ‘France profonde’. Il base son improvisation sur les rumeurs locales et se transforme en étonnant acteur. Pas pour rien qu’il a tourné dans plusieurs courts-métrages. Si on savait ses textes particulièrement soignés, tout au long de la soirée, l’artiste va jongler avec les mots de la langue française tout en affichant un sens de l’humour surréaliste mais plutôt séduisant. La musique n’est cependant pas négligée. Aux backing vocals, la drummeuse assure son rôle à la perfection. Et son timbre me fait penser à celui de la choriste qui a participé à l’enregistrement du dernier elpee de Baxter Dury. C’est particulièrement flagrant sur l’allègre « Un Déluge » et « La Chaleur », une chanson au cours de laquelle elle échange un ravissant duo en compagnie du Breton (NDR : il est né à Auray). Empruntant des intonations à Alain Bashung, il échafaude des histoires qui nourrissent des ambiances influencées par l’americana (« Plonge », « Ca va, ça va, ça va, ça » et « Avant les Forêts »). Guitariste inspiré, doublé d’un étrange talent de showman, il communique beaucoup avec son auditoire. Deux rappels et plus d’une heure et demi de concert plus tard, le public est conquis. Il finira même par entrer en communion avec lui. Bertrand Belin est un artiste dont on devrait encore entendre parler dans un futur proche. Et il le mérite. Une ‘Hyper-bonne-soirée’ !

(Organisation Botanique)