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Giant Sand

Ramp (Réédition)

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Paru en 1991, « Ramp » constitue le septième elpee de Giant Sand, un disque qui vient d’être réédité après remasterisation. Il a été, en outre, enrichi d’une session live, immortalisée le 30 janvier 1991, aux Mad Dog Studios. Aux treize plages sont donc venues s’ajouter 7 autres, pour un total de 20 morceaux !

Lors des sessions de « Ramp », Howe Gelb avait reçu le concours du jeune et fraîchement arrivé Joey Burns, futur Calexico, à la basse, son compère John Convertino (également futur Calexico) aux drums, Victoria Williams ainsi que Pappy Allen, vétéran de la country, alors âgé de 74 balais, aux vocaux. Sans oublier Howe également au micro et aux grattes.

L’expérience révèle que Howe avait décidé d’enregistrer les compos en studio sous sa forme la plus électrique et d’y insérer l’acoustique (banjo, dobro, pedal steel, harmonica), via la machine DAT. Et le résultat ne manque pas d’allure, même si les brisures de rythmes sont légion. Et puis il y a la voix flemmarde de Gelb, très proche de celle de Lou Reed…

L’opus s’ouvre par l’offensif « Warm Storm », une plage enrobée de chœurs féminins, et s’achève par le funk blues « Patsy’s blues », une piste au cours de laquelle on entend un enfant chanter… faux… Hymnique « Romance of falling » navigue quelque part entre les Pixies et Kurt Vile. Des Pixies qui hantent encore le remuant, déjanté et enlevé « Always horses coming ». Mais encore « Anti-shadow » en fin de parcours, même si les soubresauts en amont évoquent plutôt Pavement. Lorsque l’intensité électrique envahit l’allègre « Wonder », on ne peut s’empêcher de penser à Neil Young et son Crazy Horse. Imprimés sur des tempos bien carrés, « Neon filler », que Gelb déclame en s’accompagnant au piano, et « Z.Z. Quicker foot » auraient pu figurer au répertoire de Lou Reed. Si « Jazzer Snipe » dévoile un jazz bien allègre (Soul Coughing ?), « Resolver » s’ouvre en mode cabaret, une valse lente et saccadée qui vire ensuite au c&w galopant. Country & western qu’on retrouve sur « Nowhere » (?!?!?) avant le retour du rythme. Sans oublier la cover du classique « Welcome to my world » de Jim Reeves, au cours de laquelle Gelb se prend pour un crooner.

Place ensuite aux « Mad Dog Sessions ». Piano, drums et bass alimentent le jazzy et enfumé « Back to the Black & Grey ». Ballade bluesy mid tempo un peu détraquée, « Trickel down system » vire ensuite au skiffle. Entre blues et jazz « Bible black, book II » est entretenu par un piano et une contrebasse. Effilées, les grattes découpent littéralement « Can’t find love », un funk/rock spasmodique, dansant et alerte. Plus électrique encore, la mouture ‘live’ de « Romance of Falling » redessine l’axe Pavement/Pixies. Enfin si la sobriété de « Still to far » nous replonge dans la folk/country, « Shadow to you » nous ressert un rock carré à la Lou Reed. Il y manque trois titres qui figuraient sur les sessions originelles. Pourquoi ? Aucune idée !

Giant Sand

Recounting the ballads of thin line men

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Howe Gelb possède également une discographie longue come un bras (NDR : l’autre pour changer !). En solo, à traves ses collaborations en tous genres –que ce soit dans le rock, la pop, le jazz, le flamenco, l’americana, la country, le folk, le punk ou le gospel– il s’est tout d’abord fait connaître chez Giant Sand. Et notamment en compagnie des futurs Calexico, Joey Burns et John Convertino, mais aussi de l’ex-Green on Red, Chris Cacavas.

En 1986, Giant Sand publiait son second opus, « The ballad of thin line man ». Et Howe a décidé de réenregistrer cet elpee, en compagnie de Tommy Larkins et du bassiste Thøger T. Lund, de changer l’ordre des pistes, d’en éliminer « Watchtower », d’en ajouter un inédite, « Reptilian », plage qui ouvre le long playing, ainsi que deux versions de « Tantamount », dont une en bonus track. Finalement un travail de reconfiguration qu’il avait déjà accompli pour le premier LP, « Valley of rain », l’an dernier, rebaptisé pour la circonstance, « Return to valley of rain ». Le tout est savoureusement électrique et remis en forme sans pour autant dénaturer la nature des compos originales, même si elles se révèlent ici plus énergiques et menaçantes.

Giant Sand

Chore of enchantment / The Rock opera years (25th anniversary)

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Pour enregistrer « Chore of enchantment », Joey Burns et John Convertino font encore, officiellement, partie de Giant Sand, mais manifestement, leur esprit est de plus en plus focalisé sur leur projet Calexico. Ils n’y apportent, d’ailleurs, leur concours, à la basse et aux drums que sur une petite moitié de l’album. Une absence compensée par de nombreux invités. Parmi lesquels figurent Juliana Hatfield et Cat Power aux vocaux. Gelb coproduit l’opus. En compagnie de l’inévitable John Parrish, à Tucson, de Jim Dickinson, à Memphis, et de Kevin Salem à New York.

L’opus est dédié à la mémoire de Rainer Jaromir Ptacek, décédé en 1997, un joueur de slide que Gelb appréciait tout particulièrement. En fin de parcours, il lui réserve d’ailleurs un titre, « Shrine ». Hormis l’une ou l’autre plage plus punk et électrique (« 1972 », « Satellite »), le long playing privilégie les plages indolentes, profilées sur le vocal aride, hanté du leader, dont le timbre semble camper un hybride entre Léonard Cohen et Lou Reed. Parfois même proche de Vic Chesnutt. Pas étonnant que l’œuvre soit aussi ténébreuse et énigmatique. Il y a même ponctuellement du mellotron et une boîte à rythmes. Beaucoup de guitare sèche. Sur le premier cd, on a droit à un remix de John Parish consacré à « Shiver », en bonus track. Ah oui, pour le titre de l’album, Howe a de nouveau pensé à Ptacek, puisque ce dernier appréciait tout particulièrement l’opéra…

La même année, Giant Sand publie un second volume de sa série de bootlegs officiels, qu’il sous-titre « The rock opera years ». Le cd propose 13 titres, dont plusieurs versions différentes de compos figurant sur « Chore of enchantment », et notamment une superbe version live de « Dusted ». Parmi les indédits, on épinglera une cover du « Music Arcade » de Neil Young, à laquelle participent Evan Dando et Victoria Williams (NDR : on suppose aux backing vocals) ainsi qu’une rumba particulièrement entraînante, qui clôt l’opus, « No good ».  Un disque plus expérimental, en général plus électrique, flirtant régulièrement avec le jazz, même si les bases country/rock sont toujours bien présentes. En bref, plus proche de ce que Giant Sand propose, à l’époque, sur les planches.

 

Giant Sand

Is all over the map (25th anniversary)

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Quand Howe Gelb enregistre cet opus, Joey Burns et John Convertino ont quitté Giant Sand pour se concentrer sur leur nouveau projet, Calexico. Cependant, lors des sessions d’enregistrement, il reçoit le concours de toute une série d’invités, parmi lesquels on épinglera la présence de feu Vic Chesnutt, Scout Niblett et Eric Drew Feldman (NDR : il a notamment bossé pour Captain Beeheart). Des tas de musiciens danois également. Sans oublier John Parish. A la production, mais également et circonstanciellement aux drums, au mellotron et à la guitare ‘national’. Et cet elpee en revient à une forme plus expérimentale. Explorant tour à tour, la country, le blues, le folk, le roots, le jazz, le rock, sous leur aspect le plus alternatif. Un essai presqu’aussi audacieux que « Center of the Universe », paru en 1992. Il y a même du ragtime, de la rumba, du paso doble, de la valse, du psychédélisme, du swing, du slowcore (déjà !), de la lo-fi et même une adaptation plus qu’approximative d’« Anarchy in UK » des Pistols, rebaptisée pour la circonstance « Anarchistic Bolshevistic Cowboy Bundel », chantée par sa fille. Bref, un disque qui marque le retour de Giant Sand à l’expérimentation…

 

Giant Sand

Cover magazine (25th anniversary)

Écrit par

Ce disque est une réédition de l’album paru en 2002, chez Thrill Jockey. A cette époque, on pensait que cet opus aurait peut-être été dernier de Giant Sand, vu le succès rencontré par Convertino et Burns au sein de leur projet Calexico. Mais si ce dernier va davantage se concentrer sur sa carrière solo, il ne va pas pour autant abandonner son band, qu’il remontera épisodiquement. Lire la chronique parue en 2002, ici

A l’époque, de nombreux médias vont descendre en flammes ce long playing consacré essentiellement à des reprises, le jugeant bâclé. Or, ce disque de reprises a tout simplement été enregistré sous une forme presque ‘live’. Ce qui explique les imperfections. La nouvelle édition, remasterisée il faut le souligner, propose une version différente de « The Beat Goes On » et deux bonus tracks : « Summertime » et « The Pilgrim (Chapter 33) ».

 

Giant Sand

Blurry Blue Mountain

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Howe Gelb est un cowboy insatiable. Je parie qu’il continuera à publier des albums, jusque sa mort. Et à une cadence métronomique. Son style unique en son genre et son timbre de voix inimitable sont le ferment d’œuvres originales, quoique souvent inégales. D’ailleurs, « Blurry Blue Mountain » n’est pas le meilleur opus du Texan même s’il recèle quelques morceaux très réussis. Et particulièrement, lorsqu’ils baignent dans la plus pure tradition de la country alternative chère à Howe Gelb ; c’est-à-dire lorsqu’il est accompagné de son groupe. Un backing band plus exactement, puisque le line up est à géométrie variable. Ce qui n’a pas empêché Giant Sand de célébrer ses 25 années d’existence.

Que ce soit à travers la ballade foutraque et romantique, « Love a Loser » ou des morceaux davantage rock comme « Thin Line Mane » ou « Better Than Me », l’ami Gelb nous entraîne dans l’immensité des déserts de l’Ouest américain (« Blurry Blue Mountain » a pourtant été enregistré au Danemark…) Alors ne boudons pas notre plaisir à l’écoute d’une œuvre concoctée par un des songwriters yankees les plus réguliers, honnêtes et talentueux de sa génération. Même lorsqu’il est en roue libre. Car chacune de ses livraisons recèle l’une ou l’autre perle. Et je pense tout particulièrement à « Chunck of Coal », caractérisée par son ambiance saloon, entretenue par la pédale steel et le piano vintage. Quant à la voix d’Howe, elle continue de vous accompagner, tel un vieil ami, en compagnie duquel on se sent parfaitement à l’aise et avec lequel on irait boire un verre (de mezcal ?) tranquillement. Moins poignant que Johnny Cash, Gelb n’en demeure pas moins tout aussi authentique !

 

Giant Sand

Cover magazine

Écrit par

Cet opus pourrait bien être le dernier de Giant Sand. En fait, vu son succès, Calexico exige de plus en plus de dépense d'énergie au tandem Convertino/Burns. Résultat des courses, il ne dispose plus assez de temps pour épauler Howe Gelb. Ce dernier va donc devoir, plus que probablement, se concentrer sur sa carrière solo.

Pour fêter le 20ème anniversaire du groupe, le trio est quand même parvenu à se réunir, le temps d'enregistrer cet opus. Un disque presque exclusivement constitué de reprises, qui a bénéficié du concours de leurs meilleurs amis. Et tout d'abord de Polly Jean Harvey. Sur la cover aride, fiévreuse du " Johnny hit and run Pauline " de X. Aux backing vocaux. Ou plus exactement aux gémissements sanglants. Matt Ward ensuite. Aux chœurs et au piano. Pour la version énigmatique, méconnaissable, cuivrée, du célèbre " Iron man " de Black Sabbath. On frôle même parfois ici l'univers du jazz moderne. Neko Case et Kelly Hogan, encore. Toujours aux backing vocaux. Sur le blues lo fi signé Johnny Cash " Wayfaring stranger/Fly me to the moon ", dramatisé à la manière de Will Oldham. Jim Fairchild, le guitariste de Grandaddy, enfin. Chez le crazyhorsien " Blue marble girl ". Une compo de Gelb interprétée 'live' à Oslo. Le disque épingle encore deux enregistrements immortalisés en public. Et en particulier le classique de concert " The inner flame ". Un morceau signé par feu Rainer Ptacek, un pote de Gelb disparu en 1997. Sans oublier l'adaptation du célèbre " The beat goes on " de Sonny & Cher. Qui bénéficie ici de deux versions sculptées dans la rumba. Une live : la dernière de l'elpee. Et une autre en studio, qu'il partage en duo avec Sofia, son épouse. Les autres covers épinglent encore le folk sinistre " Red right hand " de Nick Cave ; le lugubre " Human/lovely head " de Goldfrapp, dont l'atmosphère oscille entre jazz et trip hop ; une interprétation très libre du classique de jazz " King of the road " ; la cover bluesy du " Plants and rags " de PJ Harvey (NDR : encore !) ; " I'm leaving now (Adios) " de Johhny Cash, une adaptation de country jazz que ce même Cash aurait pu jouer s'il s'était mis à écouter Chuck Berry ; et enfin, " El paso/Out of the week end ", un medley qui s'ébroue dans le tex mex, ou si vous préférez le mariachi, avant de virer assez rapidement vers une superbe adaptation d'" Out of the week end " de Neil Young, plage qui figurait sur l'incontournable " Harvest ". La sélection de toutes les plages de cette œuvre varie en style et en genre ; démontrant ainsi que Gelb possède parfaitement l'art d'assortir une cover avec l'invité approprié…

 

Giant Sand

Selections circa 1990-2000

Écrit par

Les compositions retenues pour figurer sur cette compile ne reflètent pas exactement l'identité du Giant Sand de cette dernière décennie. En fait, si on y retrouve bien des extraits de " Ramp ", de " Purge & slouch " et de " Centre of the universe ", les extraits choisis sont les plus accessibles. Maintenant, il est vrai que depuis 1993, le profil mélodique a pris le pas sur les élucubrations expérimentales. Des expérimentations qui, soit dit en passant, ont influencé un tas d'artistes contemporains. Et en particulier Dinosaur Jr, Vic Chesnutt, les Lemonheads ou encore Smog. Maintenant, il ne faut pas imaginer que cet opus ne soit pas intéressant. Que du contraire ! Parce qu'il épingle également des fragments réservés à des " Tribute ", des inédits et des raretés dont une reprise du " Music arcade " de Neil Young et une autre du " Sand " de Lee Hazlewood, par le projet alternatif de Gelb, OP8. En outre, ce recueil réunit toute une série de duos, voire de trios échangés par Howe Gelb avec Juliana Hatfield, Evan Dando, Lisa Geramno, Trina Shoemaker, Lucinda Williams et quelques autres. Bref, à défaut de définir l'œuvre de Giant Sand, ce recueil est surtout très agréable à écouter…

 

Giant Sand

Goods and service

Officiellement, en dix années d'existence, Giant Sand n'a jamais fait l'objet d'un album en public. Officieusement, il existe bien l'un ou l'autre bootleg. Mais en général, ces enregistrements sont d'une qualité médiocre. "Goods and service" comble enfin cette lacune. Un disque constitué de prises "live" réalisées en 1995 tantôt à Tucson, à Ragensburg, New York, Berlin ou New York. Dix titres dont quatre inédits. Une cover du "You're so vain" de Carly Simon, pour laquelle il a reçu le concours de Vic Chessnut (NDR: encore!) au chant, et un tribut à Thin lizzy. "Warm Storm", qui figurait déjà sur l'elpee "Purge & Slouch". Tout comme Jimi Hendrix, Howe Gelb a toujours accordé une part importante à l'improvisation. Dans son style, bien sûr. C'est à dire le garage. Mais un garage infesté de blues, de jazz et de country. Ce qui explique pourquoi certaines compositions atteignent l'intensité crazyhorsienne de Neil Young, alors que d'autres privilégient les sonorités énigmatiques... Claviers discordants, accords capricieux, harmonica décharné, steel guitar indolente, projettent alors dans votre subconscient des images de l'Arizona dont les villes fantômes sont balayées par le vent du désert...

 

Giant Sand

Purge and Slouch

Howe Gelb n'en finit plus de brouiller les pistes. Souvenez-vous de "Center Of The Universe", son dernier opus. Chris Cacavas, ex-claviériste de Green On Red, y avait participé. Et miraculeusement, Giant Sand renouait avec une certaine forme de garage plus rituelle, plus savoureuse. Pour "Purge And Slouch", il a décidé d'expérimenter de nouvelles combinaisons musicales. Basiquement country folk, elles affrontent tantôt le blues, le rock, le free jazz ou la musique concrète lorsqu'elles n'explorent pas le minimalisme sulfureux de Violent Femmes ou le punk déstructuré de Sonic Youth. Et comme le timbre vocal profond, à la limite du beefheartien d'Howe dessèche ce qui subsiste comme élément mélodique, vous comprendrez aisément pourquoi nous pensons que Giant Sand est occupé de prêcher dans le désert...

 

Giant Sand

Glum

Fin de l'année dernière, Giant Sand commettait un disque expérimental, basiquement country folk, mais pigmenté d'accès de jazz, de musique concrète, de minimalisme, voire de punk déstructuré. Un opus difficile à assimiler pour ne pas dire indigeste. Aujourd'hui, la bande à Howe Gelb a décidé de revenir à un garage rock plus conventionnel. Donc chargé d'électricité. Un style qui correspond beaucoup mieux à la définition du rock urbain défendu par Giant Sand. Encore que le timbre vocal rauque, venimeux de Howe s'autorise des inflexions largement dylanesques. Et si l'on décèle l'une ou l'autre extravagance ou élan émotionnel lié à la vie privé de Gelb, en général ce "Glum", qui a bénéficié de la production de Malcolm Burn (Iggy Pop, Neville Brothers, John Mellencamp), navigue dans les eaux tumultueuses, troubles, marécageuses charriées par Pavement, Pixies ou autre Crazy Horse. Deux fragments libèrent même une intensité digne de Neil Young : "Happenstance" et "I helvakoboy song"...

 

Giant Sand

Il faut être fou pour assurer la première partie des tournées de Neil Young !

Écrit par

Giant Sand est un projet monté par Howe Gelb au beau milieu des années 80. Bien que né au Nord des Appalaches, Howe Gelb a véritablement entamé ses aventures musicales à Tucson, dans l’Arizona ; là où il avait émigré. Avant de se lancer dans le projet Giant Sand, il a milité chez les Giant Sandworms (NDR : commettant même un Ep passé complètement inaperçu), puis sorti un elpee sous l’étiquette de The Band Of Rocky Blanchette, disque édité par le défunt et mythique label parisien New Rose (NDR : un second long playing de ce combo, intitulé « Hertland », paraîtra même en 1986). C’est en 1985, que Giant Sand sort son premier opus : « Valley of Rain », un disque pour lequel il reçoit le concours du bassiste Scott Garber et du drummer Tom Larkins. Si on implique Giant Sand dans le mouvement ‘Paisley Underground’, c’est à cause de ses relations qui lui ont permis de côtoyer des musiciens comme Steve Wynn, John Convertino et Joey Burns (NDR : ces deux derniers ont même sévi chez le Géant de Sable, juste avant de fonder Calexico) ainsi que Chris Cacavas (NDR : voir également l’interview qui lui est consacrée). John, Joe et Chris accompagnaient même Howe pour la tournée mondiale de Giant Sand, début 1993, un périple destiné à promotionner l’album « Center of the Universe », auquel les trois protagonistes avaient participé. Le 6 février 1993, le band se produisait même à De Kreun, à Courtrai. Pour un set particulièrement halluciné. Faut dire qu’à l’époque, la musique du G.S. était très expérimentale. Surtout en ‘live’. Une sorte de country/psyché/jazz/blues qui aurait pu naître d’un hypothétique bœuf entre Captain Beefheart, Tom Waits, Thelonious Monk et Neil Young. Bref, la musique de Giant Sand est avant tout alternative. Apre, sulfureuse, urbaine, elle est en outre soulignée de textes très élaborés. Certains n'ont d'ailleurs pas hésité à les qualifier de kafkaïens. Rencontre donc avec un personnage, ma foi agréable, mais qui formule le plus souvent des réponses à prendre au second degré, lorsqu'elles n'atteignent  pas le stade de la dérision à l'état pur. Jugez plutôt du résultat...

Howe Gelb est-il ton véritable nom ?

H.G. : Oui, j'en ai bien peur !

Dans la mythologie du rock'n roll, quels sont les artistes qui t'ont le plus marqué ?

H.G. : Mott The Hoople!

Tiens, j'aurais parié que tu me cites Johnny Winter, Woodie Guthrie et Neil Young.

H.G. : D'un point de vue artistique, ce sont de véritables monuments qui ont toujours affiché une forte sensibilité musicale. Mais ce sont aussi des citoyens américains qui paient leurs taxes comme moi et présentent probablement une anatomie semblable à la mienne (!!!)

N'as-tu jamais rêvé d'assurer la première partie d'une tournée de Neil Young ?

H.G. : Surtout pas ! C'est beaucoup trop dangereux ! Le rythme des prestations est tellement élevé que j'en perdrai la carte. Je ne tiens pas à vivre sur les routes pendant des mois et être astreint à me taper chaque soir un concert. Il faut être fou pour assurer la première partie des tournées de Neil Young !

Combien d'albums as-tu enregistré ?

H.G. : Huit en compagnie de Giant Sand. Onze ou douze si on tient compte des albums solos. J'ai également participé aux projets d'autres artistes. Mais là, je ne me souviens plus très bien...

Pourquoi le désert et le sable sont-ils omniprésents dans ton œuvre ?

H.G. : Je suis amusé d'entendre parler de l'omniprésence du sable du désert dans mon œuvre. Il n'est pas à l'intérieur, mais autour...

Tu as quand même une vision du monde bien particulière ?

H.G. : J'aime cultiver les choses troubles, à double sens (NDR : on s'en serait douté!), mais je n'ai pas de vision du monde très précise.

Tes lyrics semblent exprimer un bien-être, un spleen ou une expression violente à l'encontre de ce qui te déplaît. Est-ce la raison pour laquelle ta musique est tantôt douce, violente, complexe ou difficile ?

H.G. : Selon que je suis heureux, triste ou irrité, mon inspiration se modifie. C'est un état d'esprit qui a une répercussion sur mes textes et ma musique.  Et comme je suis extrêmement sensible aux évènements de la vie, ils peuvent paraître versatiles...

Te sens-tu inspiré par la littérature absurde ? Par Joyce, Beckett et Kafka en particulier ?

H.G. : Kafka est-il absurde ? C'est un excellent musicien et je me suis procuré son dernier album la semaine dernière... (rires)

Mais encore ? Tu as lu Kafka ?

H.G. : Je ne peux le nier, mais chacun en retire ce qu'il veut bien !

Que penses-tu de la mort ?

H.G. : Lorsque tu mets chauffer l'eau et qu'elle commence à bouillir, elle dégage de la vapeur... elle se meurt. L'âme de l'eau se détache alors du liquide. C'est la même chose lorsque nous nous éteignons... nous nous évaporons, nous nous transformons en un état gazeux...

De Dieu et de la religion ?

H.G. : Les deux choses ne sont pas nécessairement  liées...
John Convertino : Dieu est une relation personnelle, tandis que la religion crée Dieu.

Retournes-tu encore parfois à Tucson ? Y-a-t-il une scène spécifique en Arizona ?

H.G. : Je rentre à Tucson pour y retrouver ma famille. Ma petite fille s'y trouve pour l'instant. Il n'existe aucune scène en Arizona. Si tu trempes dans le rock'n roll, tu cherches les meilleurs studios d'enregistrements et les meilleurs musiciens de studio ; or ce n'est pas à Tucson que tu les trouveras. C'est la raison pour laquelle j'ai souvent séjourné en Californie ; et qu'aujourd'hui je vis à New York. C'est juste pour mon travail.

Que penses-tu de la phobie des groupes américains qui s'entassent à Seattle pour chercher fortune? Du noisy rock et du grunge en particulier?

H.G. : Un phénomène ou une phobie? Je ne sais pas pourquoi ! Sans doute pour gagner autant de fric que Nirvana. Ils vont bientôt devoir se marcher dessus pour se faire une petite place. Et je ne vais certainement pas allonger la liste. Le grunge? C'est une affaire privée... (???). Noisy? Regarde autour de nous, l'environnement est noisy... (???).

Bernard Dagnies

Interview (adaptée) parue dans le n°11 du magazine Mofo de mars 1993.