Découverte par Will Oldham, Joanna Newson a déjà sorti deux cd’s auto-produits avant que le label Drag City ne la repère. On se demande d’ailleurs encore comment cette jeune chanteuse à la voix d’enfant malingre est ainsi restée dans l’ombre pendant toutes ces années… Parce que Joanna Newsom, en plus d’avoir des cordes vocales d’une étrange consistance (imaginez Minnie Mouse enrhumée imitant Kate Bush), joue exclusivement… de la harpe. Parfois, sa voix mutine se voit décuplée sous l’effet d’échos fantomatiques : à ces instants on croirait entendre une chorale de bambins shootés à l’hélium, qui souriraient de toutes leurs dents (de lait) au croque-mitaine de « L’Etrange Noël de Mr. Jack »… Etrange, surtout dans le noir : autant vous dire qu’écouter Joanna Newsom en pleine nuit peut procurer la chair de poule. Mais qu’on ne se trompe pas sur le talent de cette jeune songwriter : « The Milk-Eyed Mender » regorge de mélodies candides et pétillantes comme un sucre d’orge, à croquer sans crainte de caries. A l’instar des disques de Devendra Banhart et de Coco Rosie, « The Milk-Eyed Mender » est le témoignage sonore d’une artiste unique en son genre, qu’il serait dommage de bouder sous prétexte qu’elle a l’air bien trop bizarre… Vous avez dit bizarre ? Certes, mais qui souhaite encore qu’on lui resserve sans cesse la même sousoupe ?