Ponctuellement, Omar Rodriguez met son aventure Mars Volta, entre parenthèses. Le temps, par exemple, de se consacrer à l’un ou l’autre projet parallèle (NDR : et notamment celui qu’il partage avec Damo Suzuki, le chanteur mythique de Can ou en compagnie de Lydia Lunch). Lorsqu’il ne se concentre pas sur ses expérimentations en solitaire. Après avoir milité au sein d’At The Drive-in, certainement un des groupes punks les plus important de ces quinze dernières années, le prodigieux guitariste a ensuite fondé The Mars Volta à l’aide de son acolyte chevelu, Cédric Bixler. C’était en 2001. Originaire d’El Paso, au Texas, ce musicien doué d’une technique hors pair a un peu trop souvent tendance à se disperser quand il ne devient pas démonstratif à l’excès. Et lorsqu’il s’égare dans ses délires créatifs, on a souvent l’impression qu’il se donne un malin plaisir à triturer nos pauvres et frêles tympans. C’est le cas tant au sein de son groupe que dans le cadre de sa carrière solo.
Tout au long de « Megaritual », album enregistré à Amsterdam en 2006, en compagnie de son frère Marcel (percussions, batterie et synthés), le guitariste reste égal à lui-même et nous prouve une nouvelle fois la totale maîtrise de son instrument. Soutenu par les percussions latino-américaines de son frangin, Omar nous assène des riffs puissants dignes des meilleurs moments de The Mars Volta. Hormis l’un ou l’autre morceau comme « Bells at the Slipstream » ou « Hands vs. Helix », au cours desquels il s’abandonne dans des divagations expérimentales aussi inutiles qu’exaspérantes, « Megaritual » recèle quelques perles uniques en leur genre. Et je pense tout particulièrement à « Screaming babies inside out » et « At the push of a button ».
Bref, Omar Rodriguez nous prouve une nouvelle fois, mais était-ce encore nécessaire, qu’il est devenu un des meilleurs guitaristes contemporains et un des plus illustres représentants de la scène rock progressive, même si sa créativité débordante dérape encore trop souvent au point de devenir totalement incontrôlable et incontrôlée. Hormis cette petite réserve, « Maya Ritual » est un elpee de toute bonne facture qui devrait ravir les adeptes de rock progressif.