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Panda Bear

Buoys

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Après avoir délaissé l’Animal Collective (NDR : il n’avait d’ailleurs pas pris part à la confection du dernier elpee), Noah Lennox, aka Panda Bear, vient d’enregistrer son sixième opus solo. Il fait suite à « Panda Bear Meets the Grim Reaper », paru en 2015.

Ce nouveau long playing a été enregistré à Lisbonne où Lennox vit depuis un bon bout de temps. Pour la circonstance, il a invité une vieille connaissance, en l’occurrence Rusty Santos, mieux connu pour avoir bossé en compagnie de Born Ruffians et Owen Pallett, mais qui s’était déjà investi auprès de l’Américain pour mettre en forme l’excellent « Person Pitch ». Parmi les autres collaborateurs, on épinglera la présence de la Dj chilienne Lizz et du chanteur portugais Dino d’Santiago. Des coopérations apparemment efficaces, puisque les 9 pistes de ce long playing sont excellentes. « Buoys » révèle un Lennox paisible, nonobstant le climat mélancolique au sein duquel baigne l’elpee. Bien sûr, Noah aime toujours autant bidouiller ses machines et poser les harmonies vocales –souvent auto-tunées– en couches, mais en général, l’esprit des compos demeure fondamentalement folk. Et lorsque les différents composants entrent en osmose, on ne peut s’empêcher de penser à l’Animal Collective originel, même si l’aspect expérimental n’est pas aussi exploré que celui prospecté par la formation issue de Baltimore. « Buoys » nous invite à entrer dans la bulle créée par Lennox, une bulle probablement aquatique, à l’instar du titre qui ouvre l’elpee, « Dolphin »…

Bref, ce nouvel LP constitue certainement l’œuvre la plus sereine de Panda Bear, depuis 1999, c’est-à-dire ses débuts en solitaire. Cet artiste hors norme démontre en tout cas qu’il maîtrise toujours aussi parfaitement le sens de la mélodie…

Panda Bear

Un oxymore vivant

Écrit par

La soirée est en principe destinée à prendre du plaisir. Et en même temps, à vivre une découverte.
Tout est parti d’une envie qui s’est rapidement transformée en situation troublante.
Et pourtant, sans la moindre brutalité, des hallebardes nous sont tombées sur la cafetière. Elles menaçaient au cœur du ciel d’hiver…
Et il en a fallu de peu, finalement. De quoi douter de la machinerie sournoise, précise orchestrée par Panda Bear. Capable de soudoyer n’importe quel mélomane lambda. Personne n’y croyait, et pourtant tout le monde est tombé dans le panneau. Sans regrets…
Ce n’était pourtant pas gagné d’avance.

20h00

Au sein de l’Orangerie, en attendant l’ours portugais d’adoption expatrié de Baltimore, il revenait à d’autres troublions, issus de la grosse pomme, de montrer ce qu’ils avaient dans le ventre. Jib Kidder et ses mollusques ont un côté nonchalant et peu soigné qui agace. Je n’ai pas dit qui a la grâce. Ce serait une insulte.  

Vu l’exercice périlleux du supporting act, il faut se montrer indulgent. Mais d’indulgence, il n’en sera jamais question. Jib Kidder nous bassine des reverbs atroces. Son phrasé est grailleux. Sa musique est incohérente, approximative, sans ligne de conduire. Le light show est obsolète. Le backing group insipide.

Chaque morceau semble volontairement biaisé. Désaccordé. Mais dispensé avec un esprit snob. De quoi provoquer un malaise, un haut le cœur, à la hauteur de leurs ambitions. Car, le combo ne manque pas de talent. Et il réunit d’excellent musicos. Mais, en s’égarant au cœur d’expérimentations bancales, leur compos se régurgitent plus qu’elles ne se savourent (NDR : qui a dit à vomir ?) Une épreuve dénuée d’émotion. Fin du match, on règlera les comptes. Au vestiaire…

21h00

Noah Lennox aka Panda Bear, montre le bout du nez…

Il est seul et se faufile discrètement sur l’estrade. Une incursion empreinte de délicatesse. Tout aussi furtivement, il déclenche le processus de mise en route de ses machines qui, pendant une heure, vont entretenir un climat intimiste et confortable au sein de la salle. 

Lennox est rompu au ‘live’ ? 15 ans déjà qu’il roule sa bosse sur les planches, en compagnie d’Animal Collective. Quand il ne se produit pas en solitaire. Ce qui explique pourquoi, il est devenu inébranlable.

La bouche ouverte, les mains pendantes, on se laisse piéger par le feeling mélodique qui vous contamine. Naturellement.

Il se moque des conventions. Y va au culot. Et botte en touche. Tout le monde partage ce point de vue, de toute manière.

Oscillant de mélodies synthétiques aux naturelles et instinctives, il réalise leur enchaînement en manifestant une facilité déconcertante. De fil en aiguille, les univers différents se rapprochent, se touchent, se respectent. Alliant l’eau et le feu, Lennox semble maîtriser les éléments. Il semble bien le seul dans cette salle. Si ses caresses réconfortent, ses coups de cravache ont un pouvoir orgasmique. Il est le Maître absolu de l’arrogance et de la simplicité, de la douleur et de la tendresse, de la puissance et de la tranquillité. Ce soir, Panda Bear est tout simplement un oxymore vivant.

En prenant du recul et en observant l’auditoire, on se rend vite compte que si Lennox nous a réuni dans sa bulle, ce n’est pas pour adresser un discours général à ce public, mais bien un message personnel.

Des corps se déhanchent, certains en abusent, d’autres restent figés, sous le choc. La liesse n’est pas collective. Le plaisir est individuel. Et il est intense, même s’il est profondément enfoui au fond de l’âme. 

22h00

De la même manière qu’il est apparu, Panda Bear file à l’anglaise, côté backstage, le public le contraignant à exécuter le rituel éternel du rappel qu’il viendra assurer encore pendant 20 bonnes minutes...

Guère loquace, jamais avare et même plutôt généreux, Panda Bear a démontré ce soir qu’il avait l’humilité et le prestige des plus grands artistes…

En sortant, je jette un coup d’œil à la table merchandising. Les mollusques de Jib Kidder y sont collés. Mieux vaut fuir. Je voudrais pas revivre le premier épisode.

(Organisation Ancienne Belgique)