La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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Pixies

Je n'écoute pas beaucoup les nouvelles musiques...

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Groupe incandescent et incontournable du rock alternatif de la fin des années 80, les Pixies se sont séparés en 1993, chaque membre embrassant des projets annexes plus ou moins réussis. Le quatuor se reforme dix ans après, tourne, tourne, tourne… et finit par enregistrer un nouvel album en 2013 ! Moment choisi par Kim Deal, la bassiste originelle, pour quitter le navire, remplacée rapidement par Paz Lenchantin.

Une autre décennie et trois disques dispensables plus tard, cette dernière prend, à son tour, congé du band pour laisser la place à Emma Richardson (des injustement sous-estimés Band of Skulls) qui apporte fraîcheur et inspiration. Elle parvient presque à faire oublier Kim Deal sur « The Night The Zombie Came », dernier LP du band, paru fin de l'année dernière.

Co-fondateur du groupe, le guitariste Joe Santiago, qui fait souvent merveille sur ce dernier disque dont l'inspiration et la spontanéité frôlent celles de la première période des Pixies, évoque l'arrivée de cette nouvelle bassiste, l'importance de son jeu de guitare au sein du line up, David Lynch et ses propres origines… philippines.

Avez-vous recruté Emma Richardson parce que sa voix ressemblait un peu à celle de Kim Deal ?

Emma et Kim possèdent des caractéristiques vocales distinctes. Ainsi la voix d'Emma est un peu plus basse. Mais nous avions notre petite liste d'exigences quand nous l'avons auditionnée ; et elle a parfaitement répondu à nos attentes (il sourit).

Comme elle est anglaise plutôt qu'américaine, cette situation change-t-elle la donne ?

L'éloignement n'a jamais été un problème pour nous. Charles (le vrai prénom de Frank Black, leader du groupe) vit sur la côte Est, David (Lovering le batteur) dans le Massachusetts, et pour ma part j'habite en Californie.

Le fait qu'elle soit anglaise ne pose par ailleurs aucune difficulté. D'ailleurs, notre crew et même notre manager sont britanniques.

Pourquoi avez-vous toujours été plus populaire en Europe qu'en Amérique ?

Je n'en ai aucune idée ! L'Europe a tout simplement meilleur goût (il rit).

Sur « Ernest Evans », vos sonorités de guitare réalisent la fusion entre celles des Shadows et des Ramones...

Les guitares dont je joue sur ce morceau sont influencées par le rockabilly.

Pourtant, sur « Primrose », elle résonne exactement comme celle de Hank B. Marvin, le guitariste légendaire des Shadows...

En musique, on produit des sons mais sans jamais vraiment avoir conscience de rivaliser avec qui que ce soit.

Vos interventions à la guitare paraissent essentielles, en particulier sur cet elpee...

En effet. Beaucoup de place m’est réservée sur un titre comme « Primrose », par exemple. En tout cas, j'espère me différencier. L'objectif est de le réaliser sans me mettre en avant pour autant être entendu ; et en même temps ne pas trop l'être et apparaître différent (il rit).

« Ernest Evans » est une chanson sur laquelle votre intervention se révèle également déterminante...

Le morceau évoque la figure de Chubby Checker, dont le vrai nom était Ernest Evans. J'ai tenté de jouer de la guitare comme si c'était un twist... d'où le résultat (il sourit).

« The Night The Zombies Came » me rappelle la première période du groupe, avant sa reformation...

Il y a des parallèles, mais c'est si loin ! On sent cependant une évolution, à laquelle on doit s'attendre sur tout nouvel album...

Comment fonctionne l’écriture des morceaux ? Frank Black compose-t-il seul pour ensuite proposer ses maquettes au reste de la formation ou bien composez-vous ensemble ?

C'est un mix des deux. Frank compose principalement, et nous invite à écouter un résultat pas totalement étoffé... mais presque.

Quels sont vos héritiers ?

Nirvana ou les Smashing Pumpkins, mais ils ont cuisiné cet héritage à leur propre sauce. Même Radiohead affirme avoir été influencé par les Pixies. Nous les incitions simplement à être différents.  La preuve, c’est qu'ils ne nous ressemblent quasiment pas.

Et parmi les combos plus récents ?

Je n'écoute pas beaucoup les nouvelles musiques. 

Même pas Kim Deal, une ‘nouvelle artiste’ qui vient de sortir son premier long playing solo ?

(Il rit) Non. J'écoute beaucoup d'ambient, notamment le groupe allemand Cluster, qui proposait du krautrock, à l'instar de Tangerine Dream ou Kraftwerk.

David Lynch, qui est décédé il y a quelques semaines, a exercé une grande influence sur les Pixies, notamment au niveau des paroles...

Surtout sur Frank qui est très marqué par le surréalisme.

Vous partagez cette passion ?

J'aime les films étranges de Lynch. Nous reprenons d'ailleurs régulièrement en concert l'une de ses chansons, « In Heaven (Lady in the Radiator) », tirée de son premier film ‘Eraserhead’.

Vous êtes originaire des Philippines.  Quelle est l'influence musicale de votre pays natal sur votre style et sur votre approche de la musique ?

Ce trille à la guitare qui est un peu ma signature est sans doute dû à une influence espagnole, héritée de la colonisation du pays.

La seule chose dont je me souviens vraiment à propos des Philippines, que j'ai quittées à 7 ans lors de l'instauration de la loi martiale par Marcos, c'est que la culture musicale y était très prégnante. Les Philippins chantaient constamment. On entendait les chansons des Beatles partout. Lorsqu'ils se sont séparés, les Philippines étaient quasiment en deuil...

En concert le 26 avril à la Lotto Arena d'Anvers.

Pixies : « The Night The Zombies Came » (BMG rights) – 25/10/2024

Pixies

Beneath the Eyrie

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« Beneath the Eyrie » constitue le troisième elpee des Pixies, depuis sa reformation, en 2009. Pour rappel, le groupe n’a rien publié entre 1991 (« Trompe le monde ») et 2014 (« Indie Cindy »), alors que la bassiste originelle, Kim Deal, a quitté le navire, l’année précédente. Depuis, elle a été remplacée par Paz Lenchatin, après un bref intérim assuré par Kim Shatuck.    

« Beneath the Eyrie » a été enregistré aux Dreamland, une église en bois reconvertie en studio, sise près de Woodstock. Un édifice au sein duquel des artistes ou groupes tels que Cell, Joe Jackson, The B52’s, The Breeders, Dinosaur Jr, Nick cave, Suzanne Vega, The National, Parquet Courts, Kurt Vile et bien d’autres, avaient déjà opéré leurs sessions. Des sessions qui se sont déroulées sous la houlette du Britannique Tom Dalgety.

Première constatation, la ligne de basse de Paz s’intègre de mieux en mieux au son des Pixies ; et puis, la native de Mar del Plata a également participé à la composition. Côté textes, Frank Black nous parle de son divorce, de sorcellerie, de mort et de réincarnation, mais aborde également quelques thèmes loufoques. Mais en général, les lyrics sont plutôt sombres. Pourtant, le plus intéressant procède de la présence de titres bien percutants, au cours desquels les guitares crépitent, stridulent ou crissent comme aux débuts de l’aventure du band bostonien. A l’instar de l’offensif « Graveyard hill », une plage hymnique soulignée par la ligne de basse ténébreuse. De la ballade mid tempo « Ready for love » ou encore du morceau qui ouvre le long playing, « In the arms of Mrs. Mark of Cain », une piste également hymnique mais gothique, à la mélodie accrocheuse, caractérisée par de jolies combinaisons de grattes et dont l’intensité monte en crescendo…

Quelques plages adoptent un profil inattendu. A l’instar de « St Nazaire », un psychobilly qui aurait pu figurer au répertoire des Cramps. Ou encore de « This is my fate », une chanson mystérieuse, abordée dans l’esprit du cabaret germanique (Kurt Weil ? Berthold Brecht ?) de Nick Cave. Power pop, « Catfish Kate » nous réserve des sonorités de guitare cornemuse (Big Country ?) alors que malgré ses cordes acérées, « Long rider » lorgne carrément vers Weezer, et tout particulièrement lors du refrain. Plus étonnant encore « Silver bullet » véhicule quelques accents prog (Jethro Tull ?), notamment lors des changements de tempo, le clavier rogné accentuant cette impression. 

On épinglera encore les chouettes harmonies vocales échangées entre Paz et Frank qui parsèment cet LP ; mais regrettera la présence de deux compos dispensables, soit les deux derniers titres de cet LP. N’empêche, Pixies est sur la bonne voie d’un retour en grâce auprès des aficionados de la première heure...

Pixies

Loud Quiet Loud (a film about the Pixies) - Dvd

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Filmé par Steven Dantor et Matthew Galkin, ce film retrace la longue tournée effectuée par les Pixies, en 2004, consécutive à leur réunion. Une chose est sûre, la vie en coulisse n’est guère enthousiasmante et on a l’impression que les musiciens n’aspirent qu’à une seule chose : rentrer chez eux. Motif principal : l’envie de retrouver sa famille, et en particulier leurs épouses respectives ainsi que leurs enfants. Seul scoop, le quatuor avait emmené dans ses bagages Kelly Deal. Pas pour jouer, mais simplement pour accompagner sa sœur. Ce sont d’ailleurs les deux seules personnes qui semblent prendre du bon temps. Elles n’arrêtent d’ailleurs pas de rire pour un oui ou un non. En coulisses, il ne se passe pratiquement rien de bien intéressant. Chez les Pixies, la vie de tournée frôle même parfois le mortel ennui. Heureusement, lorsque Charles Thompson, Joey Santiago, David Lovering et Kim Deal montent sur scène, la magie est à nouveau au rendez-vous ; et on comprend de mieux en mieux pourquoi les Pixies sont devenus un des groupes majeurs de la fin des eighties. Mais pourquoi aussi cette tournée fut un véritable triomphe…

 

 

 

Pixies

Wave of Mutilation. Best of the Pixies

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La reformation des Pixies est donc assortie d’une tournée qui passera par Werchter le 4 juillet prochain. Et puis de la sortie simultanée d’une compile et d’un DVD. Pour un groupe comme les Pixies, difficile de réaliser la compilation parfaite. En 1997, « Death of the Pixies » (NDR : il n’est aujourd’hui plus disponible qu’en import) avait déjà essuyé les mêmes critiques. Et chaque fan possédant l’intégrale du quatuor bostonien s’est sans doute déjà constitué son propre best of. Pas étonnant dès lors d’entendre dire de leur part qu’il y manque l’un ou l’autre titre. Ou que certains n’auraient pas dû y figurer. Sachez simplement que « Wave of mutilation » est découpé en 23 fragments, dont les inévitables « Bone machine », « Caribou », « Monkey gone to heaven », « Where is my mind ? », « Gigantic » , « Here comes your man », « Dig for fire », « Planet of sound », etc. Et puis surtout recèle une cover de Neil Young, « Winterlong » et une autre flip side, « Into the white », deux plages qui figuraient déjà sur « The complete B-sides » (NDR : un elpee consacré aux faces B, vous vous en doutez, paru en 2001). Le plus intéressant procède du DVD. Pas tellement à cause de la présence de huit clips vidéo ni du documentaire retraçant l’histoire des Pixies, à travers des interviews accordées par Bono, Bowie, Thom Yorke, PJ Harvey, Tim Wheeler et quelques autres, mais surtout à cause du film d’un concert accordé par le groupe en 1988, au Town & Country Club de Londres, en première partie des Throwing Muses. Un régal ! Maintenant si vous souhaitez tout connaître d’un des groupes les plus importants de la fin des années 80 (NDR : certains n’ont pas hésité à dire au monde !), il ne vous reste plus qu’une solution : vous procurer l’intégrale. Et vous ne serez pas déçus. (NDR : il vous est également loisible de retrouver une interview accordée par Frank Black, en 2001, sur le présent site)

Pixies

Complete B sides

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En 1997, les Pixies avaient déjà fait l'objet d'une compile. Intitulée " The death of the Pixies ", elle réunissait, sous la forme d'un double CD leurs meilleurs titres ainsi que l'enregistrement d'un concert accordé peu après la sortie de " Doolittle ". Comme son nom l'indique, " Complete 'B' sides " rassemble les flips sides de leurs singles. Et contrairement à ce que vous pourriez imaginer, le résultat est loin d'être inintéressant. Parce qu'il ne s'adresse pas exclusivement aux archivistes ou aux collectionneurs. Bien sûr, on y retrouve l'une ou l'autre rareté. A l'instar de la cover du " Evil hearted you " des Yardbirds, interprété en Espagnol. Ou de l'adaptation surf du " Wave of mutilation ". Et puis des versions inédites. Mais le plus intéressant procède de la qualité des dix-neuf fragments sélectionnés sur ce disque. Des chansons dont la plupart auraient pu mériter une 'A' side, et dont certaines figurent sur l'un ou l'autre elpee du groupe. Et je pense plus particulièrement à " River Euphrates ", " Vamos ", " Into the white ", " Manta ray ", " Dancing in the manta ray ", " I've been waiting for you ", " Theme from Narc " ou encore de " Build high ". Bref de quoi vous replonger avec beaucoup de bonheur dans l'univers d'un des plus grands groupes de la planète qui a sévi entre 1986 et 1992; et puis de retrouver ces sonorités si caractéristiques constamment déchirées entre mélodicité et férocité, entre douceur et violence, qui devaient donner naissance à la popcore, mais aussi et surtout influencer le Nirvana de Kurt Cobain…