Westside Cowboy, et ça continue…

Westside Cowboy publiera son premier elpee, It Goes On, le 21 août 2026 chez Island Records. Fondé à Manchester il y a trois ans, le quatuor réunit Jimmy Bradbury et Reuben Haycocks aux guitares et au chant, Aoife Anson O’Connell à la basse et au chant, ainsi…

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One-Eared Boy, la lumière au milieu des ruines

Né en Normandie, Paul B. Picard, alias One-Eared Boy, développe un songwriting d'ombre et de matière, sculpté lentement, sans effets superflus : de l'indie rock contemporain qui cherche la lumière dans les failles. Sur scène, il défend ce répertoire en trio…

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Pomme

Quand Pomme dresse un portrait sans détour des violences de l'ordinaire !

Écrit par

« Il faut trouver le loup avant qu’il ne fasse d’autres victimes. » Derrière les apparences d’une comptine sombre,

Pomme signe avec « le village » une chanson aussi envoûtante que politique. Une œuvre qui s’inscrit dans la continuité de son parcours tout en ouvrant de nouveaux horizons créatifs, à la croisée de l’intime, du symbolique et du collectif.

Depuis la parution de Saisons en 2024, Pomme n’a cessé d’explorer d’autres territoires artistiques. Désormais indépendante, elle avance selon son propre rythme, affranchie des schémas traditionnels de l’industrie musicale, laissant chaque création trouver sa forme et son moment.

C’est dans cet état d’esprit qu’est née « le village », une chanson écrite par Pomme et co-composée avec Aaron Dessner. Comme souvent dans leurs collaborations, le morceau est né dans l’instant, à travers un processus d’écriture automatique où les mots surgissent au même moment que l’enregistrement. Inspirée à l’origine par l’univers du jeu du loup-garou, auquel Pomme joue depuis l’enfance, la chanson s’est progressivement révélée comme une métaphore bien plus profonde.

À travers les figures du loup, de la sorcière ou du chasseur, « le village » évoque les violences systémiques faites aux femmes et aux personnes queer, la peur qui accompagne certains gestes du quotidien, mais aussi le désir de reprendre le pouvoir. Sous ses airs de fable populaire, le morceau porte une colère sourde face à une réalité persistante, tout en laissant entrevoir la possibilité de la résistance, de la solidarité et de la réparation.

Plus rugueux, plus grunge que certaines de ses compositions récentes, « le village » puise son énergie dans cette colère transformée en élan créatif. Les arrangements, portés par la sensibilité cinématographique d’Aaron Dessner et la vision artistique toujours plus affirmée de Pomme, dessinent un paysage à la fois inquiétant et magnétique.

L’univers visuel du morceau prolonge cette réflexion. Entre références au Loup et l’Agneau de La Fontaine, iconographie biblique et esthétique gothique inspirée des gravures anciennes, Pomme met en scène la figure de l’agneau, symbole de vulnérabilité et d’innocence, et face à lui, le loup qui incarne la menace.

Avec « le village », Pomme confirme une nouvelle fois sa capacité narrative, son exigence artistique et sa sincérité. En transformant une expérience à la fois intime et collective en une chanson universelle, elle poursuit son chemin singulier.

Tous les bénéfices liés à la vente de son single sur le store seront reversés à une association de soutien aux victimes de VSS.

Le clip est à voir ici.

Stromae & Pomme

La meilleure ennemie de Stromae & Pomme

Écrit par

« Ma Meilleure Ennemie » de Stromae et Pomme est extraite de « Arcane League Of Legends : saison 2 », la bande originale de la série d'animation.

La vidéo animée et produite par Fortiche Production, capture la profondeur émotionnelle et le pouvoir narratif de la chanson grâce à un mélange de prises de vues réelles et d'animations.

Le clip reprend la fameuse scène de danse entre Jinx et Ekko, personnages adorés des spectateurs, que l'on voit dans l'épisode 7 de la saison 2 d'Arcane. Dans le monde parallèle dans lequel se déroule l'épisode, on voit Powder aider Ekko à faire preuve d'empathie. Un peu plus tard dans la saison, on voit Ekko se servir de cette expérience pour aider Jinx en retour, explorant ainsi davantage leur lien affectif et sincère.

La sortie officielle de « Ma Meilleure Ennemie » a été marquée par le plus grand nombre de streams jamais enregistré par Riot, comptabilisant plus de 10 millions de streams par jour, une place dans le top 3 mondial des charts Spotify ; et la chanson a même atteint la première place sur les radios en France et en Belgique (pendant 10 semaines consécutives). Elle a également décroché un disque de platine en Belgique, en France et s'est classée n°1 dans les charts des États-Unis. Le morceau a par ailleurs fait son entrée dans le classement Billboard Hot 100 des singles, une première pour Stromae et Pomme, et a figuré à la 8e place du Billboard's Global Excl. US.

Envie de la (re)découvrir ? Alors, c’est ici

Pomme

Elle voit des champignons partout…

Écrit par

Deux ans après avoir gravé « Les Failles », pour lequel elle a remporté deux Victoires de la Musique, Claire Pommet, aka Pomme, a publié un nouvel elpee en août dernier. Intitulé « Consolation », elle l’a écrit et produit elle-même. Des nouvelles chansons qu'elle présente en concert lors d'une tournée étalée de janvier 2023 à avril 2024 baptisée ‘Consolation Tour’. La salle n’est pas comble, sur les 8500 places, il en reste 3000 de libres.

Son nouvel album s’avère intimiste, mais plus lumineux que le précédent. Dans « Les Failles », elle parlait notamment de ses anxiétés, de ses souffrances du moment. Une forme de thérapie, en quelque sorte. Pomme partage beaucoup sur la santé mentale et en a fait l’un des thèmes principaux de ses chansons.

Safia Nolin assure le supporting act. Une Québécoise connue et reconnue au Canada, mais méconnue sur le Vieux Continent. Blonde, un peu enrobée, elle (en)chante de son fort accent canadien, il fallait s’est douter ! Armée d’une sèche, elle est soutenue par un guitariste électrique. Suave, son folk chargé de spleen véhicule des textes engagés, interprétés dans la langue de Voltaire, à l’instar de « Lesbienne » …

Pomme est vêtue d’un pantalon noir et d’un body brillant orné de longues cordes blanches retombant sur ses pieds. Le décor ressemble à une immense champignonnière parsemée –bien évidemment– de champignons, mais lumineux et de tailles diverses, mesurant de 20 cm à 2 mètres de hauteur. La scène est divisée en deux parties. Le côté gauche est réservé à Pomme, sa guitare semi-acoustique, son micro et son clavier. Elle est épaulée par un quatuor, soit Elodie (mandoline), Corentin (clavier/guitare), Michelle (bassiste/guitariste), et Zoé (batterie). Ils sont tous coiffés de chapeaux en forme de champignon, mais suivant l’angle d’éclairage, ces chapeaux ressemblent alors à de grands couvre-chefs coniques tonkinois. Pomme va nous entraîner au sein d’une forêt enchantée. Mais la surprise est à chercher du côté de la droite du podium sur lequel est échafaudé une estrade de trois paliers accueillant une douzaine de musiciens classiques. Le premier réunit les violonistes, le deuxième les violoncellistes ainsi que le contrebassiste et le troisième, les cuivres (2 trombones à coulisse, 1 hautbois, 1 flûte traversière et une à bec). Toute la petite troupe est dirigée par une chef d’orchestre.

Le set débute par « Nelly », une chanson inspirée par Nelly Arcan, une écrivaine canadienne féministe qui s’est suicidée en 2009. Pomme se couche au sol pour déclamer son texte empreint de sensibilité. Dès les premières notes de « Dans Mes Rêves », toute la salle est émue, mais chante en chœur le refrain : ‘Ah minuit est là, ah je ne dors pas’. Malgré certaines chansons tristes qui parlent de la mort, elle est très interactive et attentive à l’auditoire. Avant la covid 19, elle devait accorder un set acoustique au sein d’une crypte du cimetière de Laeken (NDR : votre serviteur y était invité), mais entretemps, la pandémie est passé par là et le récital a été annulé. Elle incite la foule à chanter, danser et participer. Sa version acoustique de « Les Séquoias », en solo, constitue un moment fort de cette première partie de concert. Pendant « La Rivière », les sonorités du piano manquent parfois de clarté et de précision, ce qui perturbe le sentiment de quiétude et de sécurité que peuvent procurer les chansons de Pomme. Au milieu du spectacle, elle fait passer un appareil photo argentique, dans la fosse, afin d’immortaliser les visages de celles et ceux qui l’écoutent. Des souvenirs qu’elle publiera sur un compte Instagram dédié, pendant toute sa tournée.

Pomme alterne sans cesse entre mélancolie heureuse et désespoir doux ; son timbre clair conte les amours et tristesses d’une jeune femme de son époque. Elle est follement attachée à la nature et à ses paysages, mais aussi particulièrement engagée dans la communauté LGBTQ+. Elle va ainsi leur dédier une de ses compos. Comme elle aime improviser dans la setlist, elle y glisse une chanson douce qu’elle interprète en japonais. D’une sensibilité extrême et de toute beauté elle touche les cœurs délicats.

Mais le point d’orgue du set se produira lors du rappel. En rendant hommage à Barbara, à travers « B. », et en solitaire. Surprenant ! Et même déroutant. A cause de ce recours aux voix fausses et du vocodeur.

Le Secours Populaire est présent dans le hall de Forest National pour organiser une collecte de jouets destinée aux enfants défavorisés. Une belle initiative !

Un concert de près de 120 minutes, lumineux, parfois déconcertant, délicatement humoristique, détendu et cosy…

Setlist : « Nelly », « Dans Mes Rêves », « Septembre », « Un Million », « Les Séquoias » (Pomme solo), « RDV », « My Baby » (Julia Stone cover), « Ceux Qui Rêvent » (Pomme solo), « Soleil Soleil », « La Rivière », « Je Sais Pas Danser », « Jardin », « Anxiété », « La Lumière », « On Brûlera » (Pomme solo), « Bleu ».

Rappel : « B. » (Pomme solo), « Grandiose » (Pomme solo), « Very Bad », « Une Minute ».

(Organisation : Live Nation)

Pomme

Consolation

Écrit par

Pomme, alias Claire Pommet, nous livre un album subtil, d’une très belle maturité artistique.

Il y a de l’authenticité, de l’humilité. Elle ne cherche pas à plaire mais nous livre son univers, son intimité sans fard, avec générosité.

La musique est douce, sa voix, caressante.

Ses textes sont poétiques, bruts et touchent au cœur. Tous les premiers couplets de ses chansons commencent fort.

Portés par du soundpainting, la musique et les arrangements nous invitent à un voyage empreint de délicatesse.

Pas de doute, c’est de la grande chanson française.

Alors qu’elle remporte le prix de l’Artiste féminine aux Victoires de la Musique en février 2021, Pomme s’attèle à l’écriture de son troisième opus, « Consolation », qui succède à « Les Failles », paru en 2019, et acclamé depuis.

Attirée par l’électronique, Pomme se tourne vers Flavien Berger pour l’accompagner dans cette voie encore inconnue. Au sein de la campagne québécoise, ils coréalisent, un mois durant, l’album qui, à la différence du précédent LP, ne porte pas sur ‘ce qui ne va pas’, mais plutôt sur ‘ce qui fait du bien’. Oscillant entre l’envie de parler de son enfance et de femmes qui l’inspirent, les deux sujets s’entremêlent logiquement dans cette nouvelle œuvre entièrement signée Claire Pommet, également productrice du disque.

Écrit en Bourgogne, à Paris, à Montréal, sur l’Île d’Orléans au Québec ou encore en Ontario, « Consolation » sera d’abord pensé comme un long playing en piano-voix. S’ajouteront par la suite les teintes synthétiques et électroniques auxquelles aspiraient Pomme, qui confèrent au disque une maturité supérieure, traduisant l’ambition et le renouvellement de l’artiste, tout en conservant son identité propre.

Si « Les Failles » marquait assurément une forte émancipation de Pomme qui s’érigeait comme seule autrice et compositrice de son disque, « Consolation » permet à l’artiste de franchir un palier, assurée et déterminée à prouver que ses ressources sont loin d’être épuisées. Œuvre au charme alambiqué, la « Consolation » est une joie qui provient nécessairement d’une peine ; et, de ses belles cendres, renaît Pomme.

Passons les plages en revue.

« Jardin » est une chanson bien balancée dont le texte dur, très touchant, nous parle de son enfance troublée dans laquelle, malgré tout, la lumière a trouvé son chemin. On aimerait en savoir davantage pour mieux comprendre et prendre Pomme, enfant, dans nos bras pour la réconforter. 

« Dans mes rêves » commence par un couplet à l’effet d’une balle de revolver. Texte incisif. C’est l’histoire et le lot de beaucoup d’enfants dont les parents créent une relation hiérarchique et non d’amitié avec leurs enfants. Au début ils veulent leur ressembler et les respectent parce qu’ils sont obligés puis, étouffés par leur position dominante, ils n’ont d’autre choix que de les détester. Quand les parents perdent la faculté de devenir de bons amis, les enfants n’écoutent plus leurs conseils. Ils cherchent les réponses ailleurs. Ici, le rêve d’enfance, encore flou, était une réalisation de vie artistique, d’un projet épanouissant et de recevoir l’amour et la compréhension d’un auditoire désiré.

« La rivière » est un hymne poétique, une aile bienveillante, enveloppante pour aider ceux qui ont souffert. Le piano à la Debussy au début du morceau est un régal.

« Nelly » rend hommage à la défunte écrivaine québécoise Nelly Arcan. Sur son mur Facebook, Pomme a posté : ‘Quand j’ai découvert Nelly Arcan l’année dernière, j’ai pleuré tout au long de la lecture de ses livres. Parce que la beauté de ses écrits et la fatalité de son suicide m’ont anéantie. Elle savait ce qui la détruisait et elle savait qu’elle y participait. Elle était piégée. J’ai été frappée par son honnêteté et par la véracité de ses propos encore à notre époque. Découvrir que l’on est connecté à ce point à quelqu’un.e alors qu’il/elle n’est plus là, c’est toujours aussi douloureux que beau. Alors je lui ai écrit cette chanson comme une lettre, pour me consoler, pour au moins déposer tout ce paquet d’émotions quelque part et m’en délivrer. Cette chanson a donné son nom à l’album, « Consolation »’.

« Septembre » est plus énigmatique. S’agit-il d’une envie de continuer en compagnie de l’être aimé ?

Même flou artistique pour « Bleu ». Une envie d’être avec quelqu’un jusqu’à la démence ?

Pomme opère une transition en anglais sur la chanson « When I c u ». Elle ne se cloisonne pas à la langue de Molière et ose celle de Shakespeare de manière assez réussie. Ici c’est assez clair, elle parle de la douleur d’être loin de son âme sœur.

« Puppy », titre original, court, à deux voix, en français et en anglais superposées, parle de l’amour grandissant, de la mort, du changement et de la peur d’être séparée de son amour. Il est amusant d’essayer de distinguer les deux voix chantées.

« Tombeau » semble parler d’un proche au crépuscule de sa vie. Le refus du départ et la promesse de se souvenir des moments et de la joie partagés ensemble.

« Allô » évoque la rencontre d’une personne qui a vécu le même genre de vie, de frustrations et de questionnement que Pomme. Une amie et confidente qui l’aide à traverser la vie.

« B. » semble être la réponse d'une amie qui partage les mêmes sentiments de gratitude amicale.

Merci Pomme pour ce beau cadeau.

Méthode chanson